Rapport de la commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs -11/09/25
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bon ben écoutez mesdames messieurs, bonjour. Merci euh d'être d'être venu euh nombreux, présent. Merci pour l'intérêt que vous avez porté euh à la fois à la présentation de ce rapport et je salue voilà l'or Miller qui a travaillé d'arrache-pied tout l'été pour euh produire euh euh non pas les euh 800 pages de contre-rendu d'audition, le deuxème tome que vous voyez mais qui est extrêmement conséquent et qui est le fruit de près de 3 mois de travail sur 84 jours, même pas ouvrés mais 84 jours calendaire.
Nous avons entendu 178 personnes pour près de plus de 90 heures d'audition. Donc ça c'est le deuxème tome et vous pourrez retrouver lire en intégralité ces compte-rendus qui sont riches d'enseignement. Et le deuxième tome que vous voyez c'est la synthèse donc à laquelle l'or a travaillé tout l'été.
Et je tiens à dire pour y avoir passé quelques heures de journées de lecture la semaine dernière que j'ai été voilà comme l'ensemble des collègues lors de la commission d'enquête et je salue Constance de Péich ici présente. Je salue Constance Legri qui qui rentre dans cette salle. Voilà, extrêmement impressionné à la fois par la qualité de la synthèse qui rencontre, il nous semble et c'est pour cela que nous n'avons adopté à l'unanimité ce rapport des travaux et des auditions donc avec précision et avec effroid également, il faut le dire puisque le constat global s'agissant de la responsabilité de TikTok sur la mise en danger des plus jeunes est àablanc.
Alors aujourd'hui, nous le disons et l'or aura l'occasion de le préciser, c'est pour ça que je serai pas long. La commission d'enquête a eu un effet public important et il me semble en tant que président qu'il est nécessaire de m'y attarder quelques instants. Votre présence nombreuse aujourd'hui témoigne de cette rencontre entre le Parlement et les citoyens, entre un enjeu de société et des enjeux de régulation.
Il y a aujourd'hui en effet urgence à agir, urgence aussi à sensibiliser le grand public. C'est pour cela que l'une des auditions qui a été sans doute les plus commentées, les plus suivies, les plus controversées aussi a eu non seulement un mérite essentiel, celui de faire connaître et de diffuser au plus grand nombre l'existence de cette commission d'enquête, mais elle a aussi été une porte d'entrée vers d'autres auditions. Et à titre d'exemple, sur un forum des associations, la semaine dernière, je tombe sur une dame qui me dit qu'elle s'excusait presque de ne pas avoir regardé l'intégralité des auditions. dit voilà, je suis obligé de les regarder en x de tellement il y en a mais c'est passionnant et ce type de rencontre et j'en ai pas eu qu'une.
Donc c'est pour vous dire à quel point voilà des gens ont découvert la commission d'enquête à travers cette cette audition problématique et derrière ont été stupéfait, effaré et intéressés aussi par l'ensemble des témoignages que nous avons pu recueillir. Donc voilà, quand l'Assemblée nationale sait se saisir de ces enjeux, elle trouve son public. Dans une période où le parlement est parfois contesté dans son utilité, nous considérons ici qu'il s'agit sans doute l'un des premiers apports de cette commission, celui de partager un diagnostic non seulement avec l'ensemble des collègues à l'unanimité, mais aussi de le partager avec la société.
Alors, je tiens à le dire, TikTok est dangereux. Des sujets sont particulièrement ressortis. Moi, il y en a un qui m'a marqué, la diffusion des idéologies extrémistes et en particulier du masculinisme.
Ça c'est je pense l'une des choses que cette commission d'enquête aura pu mettre en avant. Madame la rapporteur présentera ses propositions. Je me permettrai de dire que si le rapport a été adopté à l'unanimité et c'est heureux parce qu'il témoigne de ce travail collectif et du travail personnel de madame la rapporteur ainsi que de l'ensemble notamment des administrateurs qui nous ont accompagné qui ont travaillé avec nous d'arrache-pied sur ces derniers mois y compris pendant l'été.
Ces propositions ne font pas toutes l'unanimité. Voilà, je tiens juste à le préciser. Il peut y avoir des débats et c'est tant mieux parce que les débats qui nous agitent ne sont pas des débats qui sont des débats euh clivants sur les clivages politiques traditionnel, mais c'est des débats aussi qui agitent le corps social, qui agitent aussi euh qu'on peut retrouver quand on va débattre dans n'importe quel collège ou lycée avec les jeunes.
Et donc ben c'est tant mieux. Voilà, il y a pas d'unanimité absolue sur l'ensemble des conclusions, mais le constat, le diagnostic et la première de ces étapes, la plus importante de ces briques. Et je vous laisse, madame la rapporteur, la parole pour présenter votre rapport.
Merci. Merci monsieur le président. Merci cher Arthur.
Euh bonjour à toutes et à tous. Euh quelques mots et puis ensuite je vous montrerai une petite vidéo si vous en êtes d'accord. Euh quelques mots quand même pour dire que euh voilà, ce travail c'est le fruit euh ce rapport c'est le fruit plutôt d'un travail de de 6 mois euh et même davantage puisque cette proposition de résolution euh euh voilà qu'il était votée à l'Assemblée nationale en mars, je l'avais déposé en janvier et euh je veux juste avoir un mot pour remercier à la fois les signataires de cette proposition de résolution puisqu'on était 80 à l'origine de différents partis, c'était une proposition transpartisane mais aussi remercier mon groupe et Gabriel Atal puisqueen fait vous le savez peut-être le le chemin d'une proposition position de résolution comme d'une proposition de loi pour un député, c'est un petit parcours du combattant et il faut pouvoir déjà l'inscrire à l'ordre du jour et ça c'est une vraie étape.
Et donc j'ai eu la confiance de mon groupe Ensemble pour la République pour se faire et c'est la raison pour laquelle on a pu ensuite le faire passer en mars voilà dans l'hémicycle avant la juste après la commission des affaires sociales et puis ensuite travailler avec Arthur et les autres députés membres de la commission d'enquête pendant tous ces mois. Je voudrais aussi dire que cette démarche, elle est évidemment en hommage aux jeunes qui ont été victimes de cet engrenage algorithmique et particulièrement les victimes du collectif Algos Victima que nous avons reçu à travers une des auditions. Et je voudrais évidemment à ce titre les remercier, remercier leur avocat pour le combat qu'il mène en parallèle de nos travaux.
Euh évidemment remercier mes collègues députés qui ont été présents pendant les auditions. Euh au premier rang des cas, Arthur de la Porte qui a pris la présidence de cette commission et qui a permis de réaliser ces auditions avec sérieux euh et sérénité. autant que possible en tout cas.
Euh et puis remercier évidemment les administrateurs qui m'ont accompagné à la fois dans les auditions, dans la rédaction du rapport qui font un travail de l'ombre qui est extrêmement précieux et je les en remercie sincèrement. Et puis donc je voudrais voilà vous montrer une petite vidéo qui dure quelques minutes mais qui permet peut-être de poser entre guillemets le décor de ces travaux. Étudiant de 20 ans, j'ai pu trouver dans les format court des personnes partageant les mêmes centres d'intérêt que moi.
Mais le défilement rapide de contenu très court et très différents étaient anxiogène et addictif. J'ai pu me rendre compte et m'en détacher. Mais ce n'est pas le cas de beaucoup de mes amis qui ont besoin de cette sourstimulation.
Certains mettent même le défilm automatique pendant qu'il se brossent les dents. Il faut sensibiliser au danger et surtout développer des raisons de s'en détacher. Et pour ma part, je pense que les réseaux sociaux et notamment TikTok ont bien évidemment des effets positifs parce qu'on peut y apprendre, se divertir et même trouver de lait.
Et ces effets positifs ne doivent pas faire oblig aussi des effets négatifs. Nous sommes censes confrontés à du contenu qui peut proroguer ou de la comparaison de l'anxiété ou de la perte en confiance en soi. Et c'est pour cette raisonlà que je pense que qu'il faudrait un peu plus de réglementation sur ces réseaux sociaux là en TikTok.
Tenu que ma fille regardait et des contenus mortifères, des façons de se scarifier, des ben de lui montrer comment faire un nœud pour se pendre. On a pris le téléphone d'douard et là on a vu les contenus auquels il était confronté de façon quotidienne. Imaginez que sur les réseaux auxquels nos enfants ont accès si facilement il puissent y avoir de tels contenu.
Donc tout a commencé dans une période où j'étais vraiment triste et j'ai republié une vidéo où c'était un lampadaire de la pluie et la musique c'était freak et ça disait I won't wake up this time. Et au bout de 2 jours, j'ai été submergée par des vidéos. des tutos suicides, donc les gens qui expliquaient ce qu'on pouvait prendre pour mettre fin à nos jours, tout en mettant par exemple à la place du S un dollar, à la place du I un 1 et cetera pour détourner tout ce qui est surveillance, des tutosification, harcèlement, anxiété, tout pour promouvoir le suicide, vraiment quelque chose de très toxique.
Puis après, j'ai vu que TikTok c'était très nocif et que ça pouvait emmener à de très graves conséquences. Alors, tout d'un coup, j'ai euh signalé en masse, je signalais deux trois fois si la vidéo ne voulait pas s'effacer TikTok. Il y en a certaines qui veulent pas s'effacer.
Comme par exemple les vidéos avec un paysage où il y a écrit "Moi tout ce que j'attends c'est de mourir sans l'être caché en plus genre vraiment tout écrit mot à mot." On nous a reproché de de enfin on nous a dit elle a cherché enfin elle a trouvé ce qu'elle a cherché en voulant dire c'est elle qui a voulu se mettre là-dedans. Donc elle a bien voulu en fait que non souvent nous il y a des moyens détournés comme les émoticones pour le zèbre pour l'escalification le drapeau su pour le suicide.
La particularité avec l'algorithme TikTok, c'est qu'il crée une sorte de bulle de contenu qui ne va jamais vraiment aller à l'encontre de notre pensée. Et donc quand on regarde du contenu qui concerne la mutilation, qui concerne la dépression ou qui concerne la haine envers soi-même, et ben on va s'enfermer dans cet univers qui nous rassure dans notre mal-être, qui normalise notre comportement et nos pensées et qui nous pousse pas forcément à aller voir au-delà et à aller chercher de l'aide notamment. On n jamais pu contrôler les contenus.
Il y a tout un un environnement pour que l'enfant soit addicte à tout ça. Il rentre dans cette communauté, dans cette spirale néfaste délétaire. Grave et ma choquante sont banalisé sur l'application telle que le suicide, la mutilation, la pornographie et la pédopornographie.
Certains utilisateurs ont trouvé une faille pour parler de ces sujets sans être banni. Ils utilisent des emojis pour en parner. Or, cela fait des années qu'ils sont utilisés et personne ne fait rien alors qu'ils sont connus de tous.
TikTok choisi ses cibles en partageant ce genre de vidéo plus sensible. Certains utilisateurs n'ont même pas 13 ans et ils sont enfermés nuit et jours sur ce réseau social et peuvent tomber sur ces vidéos choquantes car oui, TikTok est une addiction. Donc elle avait un sacré caractère mais je l'ai vu changer.
Elle dévorait des romans et peu de temps après avoir eu son téléphone c'était fini. C'est vrai que j'ai plus profité de ma petite dernière et c'est pour ça qu'on était très très lié. Et du jour au lendemain, c'était fini.
Plus de conversation, plus de plus de de petits moments ensemble, euh plus d'activité manuelle, plus plus de patience pour rien. Elle elle était toujours sur la défensive. juste tapé perte de poids en me mettant dans la tête d'une adolescente et très rapidement en 5 minutes, j'ai commencer à avoir des contenus sur l'anorexie, l'esclarification, le suicide.
Ma triste normalement et ce qui me révle, c'est que TikTok utilise cette faiblesse euh de certains jeunes pour en faire des bénéfices dessus. Par exemple, moi ça m'est déjà arrivé d'être un peu triste et de me réfugier sur les réseaux sociaux et il suffit juste de liker sur TikTok une vidéo avec une musique triste, un texte et souvent aussi des couleurs assez sombres termes et et en fait au bout de 5 minutes, on se retrouve envahi euh par plusieurs TikTok qui sont très sombres. Le professeur en psychiatrie qui le suit arrive à faire le lien entre les réseaux sociaux et le mal-être de notre fils.
Et l'algorithme, il est bien plus fort que nous. Il est plus fort que les parents, il est plus fort que l'accompagnement qu'on pourrait donner à nos enfants. Euh cet algorithme, il lui renvoyait jour après jour bah sa douleur.
Voilà. Et il creusait encore de plus en plus le trou dans lequel elle tombait. fille avait eu ce ces problèmes là, je ne sais pas si il y a 20 ans si elle serait morte aujourd'hui.
Je ne dis pas que c'est TikTok qui l'a tué mais TikTok il a fortement fortement compris. Donc on a du mal à avoir une vision très claire de tous les usages qu'il y a dans cet outil et il faudrait qu'on ait un regard finalement dissocié de chaque usage et qu'on réinterroge chaque usage et et qu'on arrive à le vivre autrement que dans que dans le smartphone. Là aussi, on a été c'est normal, on a été pris de cours par une invention extraordinaire dans laquelle on s'est plongé mais qui nous empêche de réfléchir et nous empêche de réfléchir à chaque usage distinct qu'on a dedans.
Et il faudrait qu'on soit capable de sélectionner pour un enfant ou un adolescent si on veut lui donner un téléphone, qu'est-ce qu'on souhaiterait qu'il ait ? du SMS, du téléphone peut-être, je sais pas du Google Map ou que sais-je de localisation, mais si ça s'arrête là, ça devrait être largement suffisant. Et euh et nous ce qui nous paraît important au-delà de parler du numérique, c'est de repenser effectivement les alternatives au numérique parce que ça fait aussi 15 ans qu'on est enfermé dans le numérique.
On pense loisirs numérique, on pense information numérique, on pense communication numérique. Donc on narrive plus à créer du lien, on narrive plus à se parler, on narrive plus à s'informer autrement que par le numérique. Et les jeunes effectivement en pâtissent largement et les jeunes ont du mal à recréer du lien.
D'ailleurs, ils ne savent plus forcément le faire. Donc il nous paraît qu'il faut avoir une politique publique forte pour il faudrait pour restreindre finalement la place du numérique dans la vie des jeunes. Il faudrait donc créer des alternatives plus fortes.
Alors des choses qu'on sait bien avant mais peut-être réinvestir dans effectivement des infrastructures d'offre voilà d'activités sportives, culturelles, artistiques, des lieux d'échange, de partage d'activité mais qui soient partout implémenté localement. Depuis la sortie du rapport pour le coup, j'ai pas envie de penser que on est à l'origine d'une rupture civilisationnelle. Il s'est passé quelque chose.
Mais c'est vrai que depuis 20 ans, moi je l'ai dit, ça a été rapporté et répété, on est on avait entre nous une une révolution qui a facilité nos vies, hein, le digital, le numérique et forcément toute la société était tournée vers les aspects positifs. On se réveille 20 ans après avec une explosion de des capacités techniques et technologiques et qui ont produit un effet pervers. c'est que dans lorsque l'humanité est intéressée par un objet, un tuyau, un canal, forcément le profit vient juste derrière pour ne pas dire en même temps dans lesquels on on vit maintenant est devenu un espace essentiellement d'adulte.
On a évacué finalement la les jeunes les jeunes de l'espace qui est le nôtre. Je je dis je le répète, on a de plus en plus d'espaces dans lesquels les jeunes ne sont pas ne sont pas admiss. Des espaces, des vacances sont jeunes, les avions sont jeunes.
Donc l'espace d'échange est un espace adultomorphique. Et donc les jeunes trouvent un espace qui est devenu un espace virtuel dans lequel ils se retrouvent entre eux et ils deviennent finalement captifs et la parole sortie du téléphone ou bien de l'objet de la tablette a plus de po que celle de l'adulte. Voilà.
Merci pour votre attention. C'était un peu long, mais je trouvais que c'était important de pouvoir vous donner un peu une vision pour ceux qui n'ont pas vu toutes les auditions finalement du sujet qui est en fait un sujet de société, un sujet majeur euh qui nous concerne tous, qu'on est des enfants, qu'on en est pas, qu'on est des petits enfants, qu'on soit soi-même jeune, ça concerne tout le monde et on Arthur l'a dit aussi mais voilà, quand on se promène, quand on discute, quand on échange, même dans le cadre privé, on voit bien que c'est un sujet qui concerne tout le monde. C'est à la raison pour laquelle nous avons, vous le savez, souhaité lancer une grande consultation publique qui est une démarche assez inédite pour une commission d'enquête.
Quand on l'a lancé, on savait pas du tout si les choses prendraient, d'autant qu'elle elle avait été évidemment relayée par certains médias et on les en remercie. Mais voilà, tout le monde va pas sur le site de l'Assemblée nationale et puis par ailleurs, il y avait beaucoup de questions donc on ne savait pas si ça prendrait. Au final, on a eu 31000 personnes qui sont venues euh voilà répondre à ce questionnaire ouvert qui portait donc sur l'usage un peu des réseaux sociaux dans nos vies à tous.
Euh donc 31000 personnes et plus de moitié de jeunes euh particulièrement de lycéens qui ont beaucoup répondu, qui se sont emparés du sujet. Alors évidemment, ça a pas valeur de sondage hein, cette consultation, mais ça nous a quand même permis de recueillir finalement une masse de données qui nous ont conforté et qui ont conforté un certain nombre de euh de nos auditions et de témoignages qu'on pouvait avoir de spécialistes qui eux étudient finalement l'opinion et les nos pratiques dans la société actuelle. Euh ce qu'il en est ressorti et les principaux enseignements et vous le savez et on l'a aussi entendu dans les dans les auditions, c'est que le temps passé sur notre téléphone, il va il est croissant euh et qu'il explose particulièrement chez les jeunes.
Euh sur tous les répondants qu'on a eu, euh plus de 50 % passent plus de 3 heures par jour sur leur téléphone. Et si on regarde vraiment juste les moins de 18 ans, c'est plus de 70 % des jeunes qui estiment passer plus de 3 heures par jour sur leur téléphone. S'agissant de TikTok, on a évidemment pu constater que c'était l'application qui a été effectivement utilisée par une large part des mineurs. 72 % des répondants entre 16 et 18 et 64 % des 12 15 ans affirment que TikTok il le consultent au moins une fois par jour.
De ce fait donc non seulement TikTok touche une majorité des Français mineurs, mais ce qu'on constate c'est que les mineurs eux-mêmes constituent finalement la part la plus large de l'audience de TikTok. Et c'est la raison pour laquelle on s'est focalisé sur TikTok à travers cette commission d'enquête. On a pu constater à travers ces enseignements qu'il y a un niveau assez faible de confiance à l'égard de TikTok de la part de la population générale mais des jeunes en particulier.
Donc une forme certaine de lucidité. Évidemment, d'autres réseaux sociaux bénéficient aussi de cette même méfiance de la jeunesse à l'égard des informations qu'il font circuler. On y apprend aussi que les dispositifs de contrôle parental ne sont pas encore évidemment bien appropriés par les parents.
On s'en doutait et on l'avait perçu à travers les les auditions, mais c'est une confirmation. Et on voit aussi que le projet d'interdiction de l'accès aux réseaux sociaux avant un certain âge, il recueille quand même une majorité d'approbation. Alors, évidemment, certains sont plus favorables à 15 ans, d'autres 13 ans, mais on voit bien que c'est un sujet finalement à la fois qui n'est pas euh qui est plutôt un sujet euh voilà populaire, on va dire.
Et puis par ailleurs qui a pas cette idée et c'était un peu le risque qu'on avait de dire bah finalement ça va être les jeunes contre les parents et on va avoir un espèce de choc des génération. Bah non, finalement, on voit bien que chez les jeunes aussi, il y a cette idée qu'en effet, peut-être qu'il faut interdire l'accès aux réseaux sociaux avant un certain âge. Ce constat de notre enquête, il a été confirmé par les auditions.
Euh si vous voilà, vous avez dans le dans le rapport un certain nombre d'études qu'on reprend qui ont été reprises à travers nos auditions, mais on voit bien d'après le Credoc que 96 % des Français de 12 à 17 ans ont un smartphone. Vous le voyez autour de vous, mais c'est démontré à travers à travers ces ces études. Depuis 2020, le temps passé par les Français sur les sur les réseaux sociaux, donc depuis 2020, le Covid a augmenté de 86 % selon Médiamétrie.
Et TikTok évidemment a la plus forte progression puisque l'application a gagné 354 % d'utilisateurs français supplémentaires entre 2020 et aujourd'hui. Cet cet équipement et s'accompagne d'un taux d'utilisation élevé. 42 % des enfants de 12 à 17 ans passent entre 2 et 5h par jour devant un smartphone.
Dans le cadre d'une étude qui a été menée par l'association I-enfance, il a été montré que 24 % des jeunes équipés d'un smartphone ne tiendraient pas plus d'une heure sans ce dernier. Et cette proportion, elle est plus élevée chez les lycéens, un peu plus faible chez les écoles chez les enfants d'école primaire, mais elle est elle existe malgré tout de façon assez prononcée. Selon l'association I en France, 86 % des Français de 8 à 18 ans sont inscrits sur les réseaux sociaux.
Euh 60 67 % des élèves de primaire, 65 % des enfants de 6 à 8 ans sont inscrits sur les réseaux sociaux. Chez leurs aînés, évidemment, le taux sont beaucoup plus importants. Selon médiamétrie, les français de 11 à 17 ans qui utilisent les réseaux sociaux et les messageries, il passent en moyenne 3h 11 minutes, ce qui finalement va dans le sens de notre consultation publique.
Euh donc vous le voyez, c'est un sujet qui est finalement omniprésent dans nos vies, peu importe notre âge et donc il y a évidemment un vrai sujet. Moi ce que euh en réfléchissant et en essayant de prendre du recul sur ces 6 mois de travail, je trouve que finalement il y a quelques grandes questions qui se dessinent à travers cette réflexion. La première, c'est euh une question très large, mais c'est l'avenir que nous voulons pour nos enfants.
Il suffit de d'ouvrir les yeux un instant, de se promener dans la rue, de regarder les cours de collège, alors plus maintenant, mais les cours de lycée et la sortie des collèges, les salles d'attente de médecin, les transports publics. Il suffit d'ouvrir juste les yeux pour voir qu'en fait on est face à une forme de d'extrême digitalisation de nos vies et de la vie de nos jeunes à Forcerie, que la place des smartphones dans nos vies, elle est particulièrement importante notamment chez nos enfants. Et finalement voilà, la question c'est celle de à la fois de la vie quotidienne de nos jeunes aujourd'hui, mais de la vie qu'on veut pour les adultes qu'ils vont devenir et du monde que l'on veut pour demain, vu l'importance que cela prend dans nos vies.
Donc est-ce qu'on est condamné finalement à subir cette influence des réseaux sociaux sur notre vie en terme de temps passé, en terme d'influence de ce que l'on voit, en terme d'appréhension du monde, de vision du monde que l'on a puisqu'on vous l'avez vu si vous avez regardé le rapport, mais on voit bien que l'algorithme finalement nous donne une vision tronquée du monde à tous, une vision différente d'ailleurs selon les vidéos sur lesquelles on va s'arrêter et que ça pose quand même un vrai sujet sur ensuite bah voilà la façon dont on se construit personnellement et la façon dont on voit le monde. Bah la réponse à la question évidemment vous l'avez saisi si vous avez lu la première partie de ce rapport puisqu'on a essayé finalement d'ouvrir le capot de TikTok de la machine TikTok et ce qu'on a vu en fait n'était quand même pas très glorieux et pas très beau. On a vu en fait un océan de contenu néfaste euh Arthur en a déjà parlé mais voilà des contenus de promotion du suicide d'automutilation des troubles du comportement alimentaire qui sont mis en avant des conseils de santé qui sont farfelus et donc extrêmement néfastes. une exposition à la violence sous toutes ces formes du racisme, de l'antisémitisme, de la pédocriminalité et des contenus néfastes.
Ceci que je viens de décrire qui bénéficient d'une large audience parce qu'en réalité, vous l'avez tous en tête, mais le modèle économique de ces réseaux sociaux, de ces plateformes repose sur l'économie de l'attention. Certains même nous ont dit sur l'économie de la manipulation. Et pour garder finalement le plus possible notre attention, on pousse finalement les contenus qui vont retenir le plus notre attention, qui sont en réalité des contenus radicaux, les contenus les plus violents parfois les plus clivants.
Parce qu'en fait ce que nous ont expliqué beaucoup de spécialistes, c'est que les contenus qui contiennent le plus notre attention sont ceux qui mobilisent nos émotions négatives. Donc la rage, la colère, voilà, des images qui vont nous choquer, nous sidérer, vont retenir notre attention. Euh les mineurs sont évidemment une cible stratégique et majeure pour les plateformes.
On l'a vu, on l'a entendu et les plateformes elles-mêmes ne l'ont pas nier. Et puis cet algorithme qui est enfermant et finalement on peut résumer la la puissance de TikTok à deux choses. C'est à la fois le design, ces vidéos infinies qui circulent et et qui sont évidemment extrêmement addictives.
Et puis cet algorithme qui est très puissant chez TikTok et qui est d'ailleurs copié par tous les autres. Certains nous ont même parlé de sucrerie mentale, comme on irait chercher un petit bonbon euh à un moment de la journée, finalement, on va chercher ces petites vidéos pour voilà nous euh voilà nous nourrir entre guillemets euh de cette façon. Alors en effet, la question qui était celle fondamentale de notre commission d'enquête, c'était celle des effets sur la santé de nos jeunes.
Évidemment, ils sont aujourd'hui et il y a eu de la nuance dans nos auditions parce qu'ils sont difficiles à quantifier. euh autant la cigarette l'impact sur la santé physique euh des uns et des autres, elle est assez évidente et le lien de causalité est facile à faire. autant sur un sujet une question de santé mentale, il est difficile finalement de prendre tel ou tel facteur qui va causer euh une altération de notre santé mentale et de celle de nos jeunes.
Pour autant, ce qui est certain et ce sur quoi tout le monde s'accorde, c'est que il y a des effets euh qui sont évidents sur la santé physique de nos jeunes. Il y a l'effet sur le sommeil en terme de qualité, de quantité, on le voit bien, puisque c'est euh une forme de dépendance qui se développe à l'égard de la plateforme, et bien nos jeunes vont avoir du mal à décrocher et ça aura un impact évidemment sur l'heure à laquelle ils vont se coucher, sur l'heure parfois à laquelle ils vont se réveiller parce qu'il y a des notifications qui vont euh les réveiller et sur l'heure à laquelle ils vont se réveiller aussi le matin. Donc il y a un effet évident sur le sommeil et on sait l'importance de le sommeil pour nous tous mais à forcerie pour nos jeunes qui sont en construction.
Il y a la question de la concentration et du développement cognitif qui a été aussi mise en évidence par les chercheurs et les spécialistes que nous avons reçu. Une réduction de la tolérance à l'ennui. Finalement avec ces vidéos qui défilent, on ne supporte plus des vidéos un peu plus longs ou un temps d'attente et on a ce réflexe de de se jeter finalement sur les réseaux sociaux. un effet aussi sur la construction sociale, on le on l'a bien vu aussi à travers les auditions, il y a une forme de banalisation de la violence et puis euh TikTok et les autres réseaux sociaux sont aussi des lieux de fragmentation identitaire.
Finalement, on va se réfugier et l'algorithme le fait pour nous dans finalement une espèce de bulle identitaire et qui va évidemment nous conforter dans la situation qui est qui est la notre instanté. Et en fait, on a finalement des bulles identitaires qui sont euh euh voilà sur les réseaux sociaux, particulièrement sur TikTok et évidemment qui font du mal aussi à notre cohésion euh sociale et nationale. Et puis comme je l'ai dit tout à l'heure, l'effet sur le rapport au monde euh qui est en effet extrêmement faussé.
Euh ce qui est sûr aussi, c'est que euh sur la santé mentale et sur l'effet que les images qu'on peut avoir euh à regarder, défilé, avoir défilé, euh il y a un effet qui est aussi mis en évidence et qui a été mis en évidence à travers nos nos auditions. C'est l'idée qu'en effet, si nous sommes fragiles, si nous sommes un peu vulnérables, et ben de toute évidence, cette vulnérabilité, elle va être renforcée par l'effet de l'algorithme et de TikTok sur nous. Et la question que beaucoup nous ont posé, c'est enfin nous ont exposé plutôt, c'était l'idée de dire en fait l'adolescence, est-ce que c'est pas par essence une période de vulnérabilité ?
On a tous été adolescents, on est en phase de construction de soi et de toute évidence, on a des points de fragilité qui sont évidents dans notre personnalité. Donc forcément, les réseaux sociaux ont un impact sur tous les adolescents à ce niveau-là. Alors je je j'ai on a entendu et Arthur le les mettait aussi en avant à travers les auditions souvent qui a des effets positifs.
Bah oui, c'est un divertissement et on a des adolescents qui peuvent tout à fait prendre du recul sur ce qu'il voi et se divertir. Il y a bien heureusement des vidéos qui sont aussi très instructives, éducatives bien sûr, mais la question qui se pose, c'est que en effet peut-être que des adolescents un peu plus forts mentalement vont pouvoir s'en sortir, mais est-ce que sous le prétexte que des adolescents vivent bien leur leur vie sur les réseaux sociaux, est-ce qu'il faut qu'on sacrifie finalement tous les autres adolescents qui eux se trouvent enfermés, se trouvent piégés par les effets de l'algorithme et de ce réseau social ? À mon sens, la réponse est non.
Je ne pense qu'il faut pas s'en satisfaire. D'où les propositions que je ferai euh et que vous avez pu euh voir. L'autre question et c'est la deuxème partie du rapport, c'est la question de la régulation.
J'ai titré le combat de David contre Goliath et j'ai titré à l'issue encore incertaine. En effet, si vous lisez cette partie, vous verrez euh le travail qu'on a pu réaliser, le travail énorme qui est surtout fait à l'échelle de l'Union européenne. Euh j'avais été frappé et on a été nombreux à être frappé en auditionnant Thierry Breton de se dire "Mais euh cet homme devrait être une idole en France parce que il a quand même fait un travail colossal à l'échelle de l'Union européenne avec ce DSA. il on partait de très loin et puis par ailleurs, il nous a expliqué toutes les pressions qu'il avait pu subir de la part des plateformes.
Donc en effet, il y a un travail qu'il faut pas nier à l'échelle de l'Union européenne. Simplement, on peut tous se dire que quotidiennement dans nos familles, dans nos vies, on ne voit pas encore du tout l'impact que ce travail a et l'application pleine et entière de ce DSA n'est de toute évidence pas encore une réalité. Donc ce que j'ai ce que j'ai voulu expliquer dans cette dans cette partie, c'est qu'il nous faut évidemment continuer la bataille sur cette application pleine et entière du DSA.
On a eu avec la pression de plusieurs pays et évidemment la France cet été des lignes directrices qui ont été exposées par la Commission européenne et qui visent à renforcer et à faire en sorte que ce DSA il soit pleinement appliqué. Euh par ailleurs, je j'expose aussi dans cette partie le sujet de la modération qui est euh, me semble-t-il, extrêmement imparfaite du travail colossal qui est fait par les signaleur de confiance qu'on a reçu mais qui euh le voilà de si je reprends leur mot eux-mêmes euh sont en train de vider l'océan avec une petite cuillère trouée. Donc en effet, euh pour le coup, nous partageons cette cette idée de de renforcer les signaleurs de confiance notamment dans leur financement.
Pour autant, je crois que c'est pas une solution satisfaisante parce qu'en effet la question c'est est-ce qu'on est condamné à essayer de nettoyer et de passer à postériori pour essayer de de faire en sorte que les les contenus de ce réseau soient le moins néfastes possible et avec une issue qui sera forcément insatisfaisante ou est-ce qu'il faut pas quand même qu'on s'interroge sur la protection a priori de notre jeunesse et de nos de nos enfants ? Ça c'est pour la deuxième partie. Euh et donc je considère que euh tout en menant ce travail euh voilà de de pression euh sur euh euh l'Union européenne pour continuer dans le la protection de nos enfants à tout prix, euh rien n'empêche de fermer le robinet euh de cette industrie au niveau national.
Euh c'est la raison pour laquelle euh en dehors de je je m'arrête là, je ne vous détaille pas toutes les recommandations une à une sinon on va y passer un certain temps. Mais donc sur les sur la question de l'Union européenne évidemment il faut continuer à batailler pour qu'il y ait un âge je pense minimum qui soit établi à l'échelle de l'Union européenne. Ce sera beaucoup plus simple mais on voit bien que c'est pas gagné du tout d'où l'idée de le faire au niveau national.
Il y a la question du paramétrage en fonction de l'âge. En effet, on pourra avoir un réseau social qui s'adapte à notre âge et dont les contenus sont adaptés à l'âge auquel que l'on a au moment où on se connecte. Ça aussi, c'est quelque chose qu'il faut qu'on pousse.
On voit bien qu'on commence à faire entendre cette idée à l'échelle de l'Union européenne, c'est pas gagné. Donc, il faut continuer à le pousser. Il faut définir aussi là aussi on on et beaucoup de mes collègues voilà c'était un sujet qui leur tenait à cœur il faut aussi qu'on développe des standards minimaux en matière de contenu et de durée des formations des modérateurs et qu'on s'attache à à mieux réguler leurs conditions de travail.
On a eu une audition d'un modérateur qui nous expliquait comment se passait ces journées. C'est effrayant et donc il faut aussi se poser la question de de sujet de la modération et des modérateurs eux-mêmes. Et évidemment poursuivre en tout cas, je l'estime, la réflexion sur le changement de statut des plateformes.
Elles sont aujourd'hui hébergeures, sterte avec une responsabilité renforcée, mais elles ne sont pas considérées comme éditeur de contenu alors même que l'algorithme de voilà de leur propre mot est quand même un algorithme qui voilà qui identifie certains contenus, qui pousse certains contenus. À ce titre là, on peut se demander si ce statut ne pourrait pas être modifié quand même pour renforcer considérablement leur responsabilité dans les contenus qu'elles diffusent. On va avoir dans un horizon un peu lointain de 3 ans le Digital Fairness Act. là encore qui est un renforcement de la de la protection aussi de de nos jeunes en ligne.
Là aussi, il faut qu'on prenne les devant, qu'on bataille déjà des députés au Parlement européen de français qui qui font ce travail avec d'autres parlementaires européens. et ben il faut qu'on soit à la manœuvre aussi pour pouvoir là encore faire pression et faire en sorte que ce ce nouveau règlement il soit satisfaisant et qu'il aille vraiment qu'il soit ambitieux sur la question de la protection des mineurs. On en a parlé aussi beaucoup et ça ten à cœur à beaucoup de membres de la commission la question du pluralisme algorithmique qu'on puisse quand même maîtriser finalement l'influence de l'algorithme sur les contenus qu'on va avoir à regarder.
Donc tout ça c'est la partie de de recommandation sur le fait de continuer le combat et d'intensifier le combat à l'échelle de l'Union européenne. Ce que je vous disais en effet, c'est que malgré tout, je pense qu'il faut pas se satisfaire de ça parce que ça va pas assez vite et il faut qu'on puisse reprendre la main, reprendre le contrôle sur la vie de nos jeunes et sur notre vie globalement en France. Et là, il me semble qu'il existe un certain nombre de recommandations que je formule qui peuvent être qui peuvent être mises en œuvre très rapidement.
La question en effet euh qui fait débat euh de l'interdiction des réseaux sociaux avant un certain âge. Euh moi je l'assume et nous sommes nombreux à lapporter, à l'assumer. Ça ne veut pas dire pour autant qu'à partir de 15 ans euh c'est open bar et que il y a plus aucun danger à aller regarder les réseaux sociaux.
Évidemment qu'à 16 ans, on peut être plus fragile et que d'autres jeunes peuvent à 14 ans avoir déjà une force d'esprit qui leur permet de de prendre du recul sur ce qu'il voient. simplement, je suis persuadé que en fixant une limite dans la société, on passe déjà un message très fort à l'égal à l'égard des enfants, à l'égard des familles, à l'égard de la société tout entière qui n'est pas passé aujourd'hui de toute évidence. Et donc, je pense qu'il faut qu'on puisse légiférer là-dessus.
Par ailleurs, vous l'avez peut-être vu mais on a une fenêtre de tir qui me semble être idéale puisque cet été, la Commission européenne nous a expliqué le 15 juillet qu'elle ouvrait cette possibilité aux droits nationaux. C'était pas le cas avant. Vous le savez que la loi marchangélique que nous avions voté n'avait pas été mise en œuvre puisque le droit européen nous l'empêchait.
Aujourd'hui, la Commission européenne sous la pression notamment de la France nous dit "Vous pouvez y aller, vous pouvez légiférer." Je pense qu'il faut évidemment sauter sur cette occasion pour le faire très vite. Par ailleurs, j'ajoute que le problème le sujet central, c'est celui de l'identification de l'âge.
Quand on va sur le réseau social, si vous pouvez entrer n'importe quelle date de naissance sur le réseau social en vous inscrivant, tout ça n'a pas beaucoup de sens. Nous sommes d'accord. Pour autant euh là encore fenêtre de tir idéale, en tout cas je l'estime puisque au printemps prochain, nous sommes un des pays qui va qui allons tester euh un logiciel qui va nous être fourni par la Commission européenne pour pouvoir avoir un système de vérification d'âge donc labellisé et fiable avec un système de double anonymat.
Donc ça c'est à l'horizon de du printemps prochain. Si bien que finalement ces deux ouvertures qui sont celles de la Commission européenne vont nous permettre d'avoir un dispositif qui sera efficace. En tout cas, c'est ce que je souhaite et donc j'estime qu'il faut sauter sur l'occasion.
Vous savez, le temps prend le processus législatif chez nous, on pourrait arriver au printemps prochain avec tout ça en ordre de marche dans notre pays. Euh néanmoins, comme on le disait, à partir de 15 ans, on a quand même encore évidemment des fragilités et puis on voit bien le phénomène de dépendance lié aux réseaux sociaux qui a un impact sur la vie quotidienne de nos jeunes. Raison pour laquelle je plaide pour un couvre-feu numérique qui pourrait évidemment commencer, tout ça été à discuter, mais à 22h et se terminer le lendemain à 8h.
L'idée derrière ça, c'est on a eu beaucoup de témoignages, vraiment beaucoup de témoignages de jeunes qui nous disaient "Ben, j'essaie d'arrêter mais en même temps, c'est vrai que mes parents me disent à 21h à 22h éteins ton téléphone et puis en fait je regarde 5 minutes puis en fait je pars pour 2h de défilement de de vidéo et je n'arrive pas à m'arrêter." Et donc beaucoup nous disaient et ce matin, il y avait des témoignages à la radio qui de jeunes eux-mêmes qui disaient "Bah ça serait peut-être une bonne idée parce que finalement au moins ça clos le débat, le téléphone s'arrête, l'application s'arrête à 22h et je vais me coucher sereinement sans avoir les notifications et cette pression qui peut reposer sur l'enfant qui peut être aussi un facteur d'anxiété très fort." Donc l'idée du couvre-feu numérique pourrait permettre voilà de de sanctuariser finalement la nuit de nos jeunes et de leur permettre de dormir sereinement.
Euh il y a la question aussi de l'éducation nationale. Euh personnellement, à travers ce rapport, j'ai voulu quand même euh demander euh et insister sur une forme de prise de conscience de l'éducation nationale. Là encore, c'est le fruit aussi de beaucoup de témoignages des associations de parents d'élèves qu'on a reçu à travers cette commission d'enquête qui nous disent "Vous êtes gentil mais finalement on essaie de tenir nos enfants relativement éloignés de des écrans et puis finalement c'est l'éducation nationale qui nous ramène et qui ramène nos enfants devant l'écran parce que les devoirs on les obtient à travers un logiciel qu'on va consulter soit sur son téléphone soit sur son iPad soit sur son ordinateur le soir parce que maintenant les livres sont exclusivement dans certains établissements numériques.
Donc évidemment, bah pas le choix, il faut se mettre devant un ordinateur ou devant un iPad parce qu'il y a des boucles de discussions qui sont parfois même initiées par les professeurs qui finalement font font que on n pas le choix, on est obligé de se mettre sur les sur les réseaux sociaux et sur des boucles sur WhatsApp ou Telegram. Et donc je pense qu'on doit pouvoir à la fois étendre la pause numérique enfin les le portable en pause qui est aujourd'hui est présent au collège au lycée et à la fois euh euh voilà avoir une euh se poser la question et surtout le faire très rapidement des d'une forme de décroissance numérique, de décroissance digitale au sein de l'éducation nationale. Il y a des pays dans le nord de l'Europe qui ont entrepris ce phénomène de retour en arrière en se disant on est peut-être allé un peu trop loin.
Il y avait pas d'intérêt pédagogique à mettre du numérique partout. Et ben revenons tout simplement en arrière. Et bien je pense qu'il est urgent pour l'éducation nationale de le faire.
S'agissant du du de l'interdiction des portables au lycée, on voit bien qu'il y a eu des expérimentations par-ci par-là de portable interdits au lycée. Et quand on regarde les articles que vos confrères ont pu faire sur le sujet, on voit qu'en fait les jeunes eux-mêmes sont satisfaits parce que ça les libère finalement d'un poids, de regarder tout le temps leur téléphone, de regarder les notifications. Ils sont tranquilles pour la journée, ils le récupèrent le soir en sortant du lycée et ça apaise les relations.
Moi, j'ai beaucoup de témoignages aussi du jeune, mais vous le voyez peut-être vous-même qui dans les lycées en fait passent leur temps sur le téléphone. pendant les interclasses passent le temps sur leur téléphone à la cantine, on les AirPod et passe leur temps sur leur téléphone. Enfin, il faut être aveugle pour pas se rendre compte qu'il y a quand même un petit sujet ne serait-ce que pour les les interactions qu'on peut avoir avec ces camarades de classe.
Évidemment, je pense qu'il y a une sensibilisation et on est tous tombés d'accord là-dessus massive à faire et qui aujourd'hui n'est pas du tout n'existe pas du tout dans notre société. sensibilisation pour les parents. On a un carnet de santé qui est donné aux parents lorsqu'ils ont leurs enfants, quand ils sortent de la maternité avec un certain nombre de euh d'éléments de prévention qui sont inscrits euh d'office dans le carnet de santé.
Bah pourquoi pas rajouter des éléments sur la question des écrans et sur la question des réseaux sociaux. Ça permet d'avoir une première approche pour les parents lorsqu'ils sortent de la maternité. On a aussi tous les réseaux de PMI qui sont là auprès des parents qui peuvent les sensibiliser sur tout un tas de sujets d'alimentation, de bien-être de l'enfant.
Et bien, je pense qu'il serait intéressant aussi d'expliquer aux parents euh d'expliquer le fonctionnement du cerveau de leur enfant. C'est pas l'idée de les culpabiliser, mais de leur montrer qu'un cerveau d'un enfant, c'est pas un enfant, c'est pas un adulte miniature, donc son cerveau, il est en phase de construction et qu'en effet, ben passer quelques heures par jour sur un écran, mais ben c'est en effet, ça peut abîmer le cerveau de façon de façon irrémédiable. Et donc je pense qu'il y a un effort vraiment à faire et sur le rapport sans faire de polémique mais j'estime quand même qu'on a une commission enfant et écran qui a rendu son rapport au président de la République il y a maintenant un peu plus d'un an avec finalement deux trois idées extrêmement fortes et extrêmement basiques. notamment pas d'écran avant 3 ans, des écrans fortement déconseillés avant 6 ans, une interdiction, en tout cas c'est ce qu'il préconisait des téléphones à 11 ans, une interdiction des smartphones donc avec un accès à internet avant 13 ans, une interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans et une interdiction des réseaux sociaux enfin une interdiction en tout cas un accès aux réseaux sociaux éthiques entre 15 ans et 18 ans.
C'est basique. Tout le monde a salué ce rapport il y a maintenant 1 an et demi quasiment et finalement on se rend compte ça a pas encore irrigué vraiment tous les pans de notre de notre administration de nos administrations et je crois que le moment est venu peut-être de le faire. C'est des messages qui sont simples, qui sont basiques mais là encore qui ne sont pas encore passés.
Pour vous donner un exemple, un site internet qui est très bien fait qui s'appelle je prototègemonenfant.fr et ben il est pas à jour. C'est-à-dire qu'il propose encore à des parents qui ont un enfant de moins de 3 ans un système de mettre en place un dispositif de contrôle parental sur le téléphone auquel l'enfant a accès.
Bah non, en fait normalement le message qu'il faudrait passer qu'il n'y a pas de téléphone fort heureusement et et nécessairement avant 3 ans. Donc il faut mettre ce ce site à jour de toute urgence et puis il faut le faire connaître par tous les parents. On a eu à travers aussi les auditions beaucoup de parents qui nous disaient "Moi, je sais pas du tout quel dispositif de contrôle parental on peut prendre.
On me dit en plus que les enfants on ont facilement des moyens pour les contourner et cetera. Je pense qu'ussi il faut que l'État prenne ses responsabilités et labellise finalement tout un tas de de petites applications qui aujourd'hui existent. On a des tas de de start-up notamment en France qui déjà commencent à sortir des dispositifs qui sont des bons dispositifs mais on n'est pas forcément quand on est parents au courant de tout cela.
Il y a des téléphones aussi qui existent sans accès à internet qui ont l'apparence d'un smartphone mais qui n'en sont pas un qui peuvent être un premier une première approche pour un enfant et pour des parents qui peuvent être stressés que l'enfant n'est pas de téléphone et ben tout ça doit être labellisé pour être finalement mis en valeur et puis ça puisse servir d'exemple évidemment pour les autres et pour tout le privé qui pourrait finalement avancer aussi sur ce sujet mais pour que les parents soient un peu aiguillés. On avait aussi et là c'est peut-être des actions qui sont plus de de moyen et de long terme la question de la formation d'un certain nombre de professionnels. On voit bien, on l'a entendu, que que ça soit au sein de l'éducation nationale mais aussi au sein de nos professionnels de santé.
Finalement, on sait à peu près ce que c'est que TikTok, mais on n'y est jamais forcément allé et on n' pas conscience de l'ampleur que que ça peut représenter. Et beaucoup de parents nous le disaient aussi. Finalement, lorsque un enfant est en phase de mal-être qui va consulter par exemple un psychiatre, et ben jamais il y a ce réflexe ou en tout cas rarement il y a ce réflexe de dire "Mais est-ce que tu vas sur les réseaux sociaux ?
Quelle approche tu as des réseaux sociaux ? Combien de temps tu passe ?" Et en fait c'est un peu l'éléphant au milieu de la pièce.
C'est-à-dire qu'on voit bien que l'enfant il est alimenté sans cesse parce qu'il passe 4h, 5h parfois plus sur les réseaux sociaux chaque jour mais on n parle pas alors que c'est quand même le cœur du sujet. Donc je on préconise avec euh cette commission d'enquête vraiment une formation massive et continue que ça soit des professeurs euh donc au sein de l'éducation nationale puis de tous les professionnels de santé pour que ce sujet finalement il soit quand même omniprésent dans nos esprits parce que c'est en fait le quotidien euh de nos jeunes, de nos enfants. Je suggère aussi alors un quelque chose qui dont on m'a parlé déjà un petit peu mais la question de d'un délit de négligence parentale numérique.
Alors évidemment, l'idée n'est pas de taper, de mettre en prison des parents, c'est pas du tout l'objet, mais c'est l'idée de de créer peut-être un électrochoc, de dire finalement tout le monde est responsable dans l'histoire. Évidemment, les premières responsables sont les plateformes mêmes qui ont créé cet outil terrible. Évidemment, l'État et on doit prendre nos responsabilités pour protéger nos enfants, mais les parents doivent aussi et sans aucun doute protéger leurs enfants.
Et je pense que là, si on a comme on le souhaite tous une phase de sensibilisation massive dans les deux trois prochaines années, je pense qu'il faudra se poser la question quand même de pouvoir avoir voilà un acte un peu fort à l'égard des parents et de leur dire vous êtes aussi responsable de de ce que vous faites et de ce que l'objet que vous mettez entre les mains de votre enfant. qui n'a pas vu euh au restaurant des parents qui mettent un téléphone devant les yeux de leurs très jeunes enfants pour être un peu tranquille pendant leur déjeuner ou leur dîner dans une salle d'attente de médecin pour éviter que l'enfant pleure. Hop, on lui met un écran devant les yeux pour qu'il soit un petit peu calme.
Et moi, j'entends aussi beaucoup de professeurs dans les quartiers, moi je suis de Reince, qui me disent "Bah nous, on récupère des enfants à l'école maternelle à 3 ans dont on voit bien que en fait en raison de leur comportement, ils ont eu accès à des écrans pendant plusieurs heures par jour depuis leur naissance quasiment. Et euh et je pense qu'il faut pouvoir faire passer un message un peu choc de dire enfin c'est pas anodin euh ces écrans présents dans la vie des plus jeunes, ils ont un impact sur le cerveau qui a un impact fort et très délétaire évidemment. Euh un dernier mot aussi euh parce que on a eu ce sujet qui est un petit peu revenu et parce que je pense que notre rôle en tant que législateur et puis que hommes et femmes engagés en politique, c'est aussi d'imaginer le monde de demain et de pas avoir une vision à court terme.
Je pense aussi qu'il faut qu'on puisse et on l'a entendu dans à la fin de la vidéo imaginer un monde et des alternatives au numérique pour nos enfants. Peut-être en effet que si nos enfants se réfugient sur ces téléphones, c'est parce qu'ils ont pas forcément d'alternative joyeuse et intéressante autour d'eux ou qu'il ne les voit pas assez et que les parents ne les voient pas assez. raison pour laquelle je pense qu'on a tout un tas de financements qui sont fléchés sur nos quartiers, sur des associations, sur des centres de jeunesse, des centres sociaux dans dans toutes nos villes, dans tous nos territoires.
Et ben, il faudrait que l'État ait un petit peu une une vision un peu plus claire et puisse flécher tous ces financements sur des alternatives au numériques, sur le fait de valoriser des initiatives qui sont prises pour nos jeunes lorsqu'ils ne sont pas à l'école le soir, le weekend, le mercredi pour qu'ils puissent avoir des activités qui les apaisent, qui les rendent un peu plus joyeux et qui leur permettent de voir qu'en fait il y a autre chose que le téléphone. Ça c'est du plus long terme évidemment, mais je pense qu'il faut avoir cette vision. La jeunesse est quand même un angle mort, je trouve, de nos politiques publiques aujourd'hui et notamment la phase adolescente.
On a beaucoup de choses qui sont faites sur les les jeunes enfants et sur les les notamment les 1000 premiers jours puisqu'on a considéré que c'était essentiel. Maintenant, il faut qu'on puisse réfléchir à la phase adolescente. On voit bien qu'à 12 ans, on vous proposez des jeux de société à un enfant dans les maisons de quartier ou les centres sociaux, ça sera plus hyper satisfaisant et c'est pas vraiment vendeur.
Donc, il faut qu'on puisse réinventer un peu euh des activités pour nos jeunes pour qu'ils restent voilà enthousiastes et qu'il puissent éviter de se réfugier dans ses réseaux sociaux. Voilà, je suis désolée d'avoir été sans doute trop longue. Voilà les les éléments et le fruit de notre travail de de 6 mois de de cette enquête.
Euh comme je vous le disais, je pense que c'est un sujet de société qui s'éteindra pas demain. Et puis peut-être ajouter un dernier mot pour vous dire que dans une phase politique sans doute un petit peu compliqué, c'est rien de le dire, euh avec une assemblée euh un peu morcelée, c'est rien de le dire aussi et ben c'est un sujet je pense qui peut nous rassembler euh et qui pourrait être un sujet à mettre sur la table du Premier ministre pour les prochains mois parce que je pense qu'on peut faire quelque chose et surtout je dois je pense qu'on doit absolument agir rapidement. C'est ce que les familles et les jeunes eux-mêmes nous demandent.
Je vous remercie pour votre attention. Merci. [Applaudissements]
Arthur Delaporte