LA NUPES : UN MODÈLE POUR LA GAUCHE EUUROPÉENNE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« Que vous soyez en Grèce, en Irlande, en Espagne, en France, en Allemagne, partout les prix augmentent et partout les dirigeants politiques affirment que c'est à cause de la guerre en Ukraine. »
- 1:28Invité politiqueFait
« Qui dit depuis des années que le marché de l’énergie ne fonctionne pas et ne devrait pas être en place ? »
- 2:57Invité politiqueChiffre
« Devinez combien de voix ils ont obtenu au Parlement ? Et bien, 40... C’est le nombre de députés que nous comptons dans notre groupe. »
- 2:57Invité politiqueFait
« Maintenant, même la Commission européenne dit qu’il existe des bénéfices exceptionnels qui devraient être taxés. »
- 3:41Invité politiqueFait
« Prenez, par exemple, le semestre européen et la règle des 3 % de déficit. C'est tellement génial que la première chose qu’ils ont faite juste après le début de la crise, c’est de s’en débarrasser. »
- 5:15Invité politiqueChiffre
« En France le week end dernier avec 140 000 personnes dans les rues. »
- 6:44Invité politiqueChiffre
« nous avons remporté plus de 50 % des voix par exemple. »
- 7:28Invité politiqueFait
« Quand je suis arrivée au Parlement européen en 2019, c'était mon premier mandat. »
- 8:56Invité politiqueFait
« Prenez la taxation des super profits, par exemple. Elles sont ensuite âprement combattues. »
Temps de parole
- Manon Aubry100 %
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Merci beaucoup Pierre, je vais commencer en anglais et je continuerai en français pour assurer la diversité et rappeler l’utilité d’avoir plusieurs langues ici. Je vais commencer de manière assez directe : camarades, soyons fiers de ce que nous avons accompli. Bien sûr, nous sommes ici dans un contexte très complexe. L’Europe traverse des crises multiples : la guerre, la crise climatique, la crise du COVID et, bien sûr, dernièrement, la crise de l’inflation. Que vous soyez en Grèce, en Irlande, en Espagne, en France, en Allemagne, partout les prix augmentent et partout les dirigeants politiques affirment que c’est à cause de la guerre en Ukraine.
Et bien, comme on dit en français “la guerre a bon dos”. C'est une bonne excuse. Mais le fond du problème n’est pas seulement la guerre, c'est aussi les résultats de l’échec des politiques néolibérales. Et soyons clairs, leurs politiques, leurs règles, ne fonctionnent pas. C'est pourquoi je dis “ne soyons pas timides”, car qui dit depuis des années que le marché de l’énergie ne fonctionne pas et ne devrait pas être en place ? Qui dit depuis de des années que les plus riches détiennent entre leurs mains une très grande partie de la richesse de l’Union européenne ?
Qui n’a cessé de dire que la libéralisation du secteur de l’énergie, mais aussi des services publics, aurait des conséquences - et nous l'avons vu avec les hôpitaux. En d’autres termes, soyons fiers d’être assis ici. Nous ne sommes pas là pour donner des leçons, mais pour agir. Et avec notre groupe au Parlement européen - nous ne sommes certainement pas le premier groupe au Parlement européen, mais personne n’a la majorité au Parlement européen - nous avons mené un certain nombre de campagnes qui se sont avérées fructueuses. La première concernait la levée des brevets, au tout début de la campagne.
Je me souviens que nous avons tout de suite dit “nous avons besoin d’une levée des brevets sur les vaccins”. Cela a pris du temps. Mais finalement, le Parlement européen a soutenu notre demande de dérogation aux brevets. De même, et je l’ai vérifié avant de venir, nous avons été les premiers à parler des bénéfices exceptionnels. J’ai vérifié les tout premiers amendements que nous avons déposés. Devinez combien de voix ils ont obtenu au Parlement ? Et bien, 40... C’est le nombre de députés que nous comptons dans notre groupe. Entre-temps, un certain nombre de dirigeants politiques au niveau européen disaient “vous savez, il n’y a pas de bénéfices exceptionnels”.
C'est ce que notre cher ministre de l’économie a dit en France. Et ils faisaient semblant, que ce n’était pas un problème. Devinez quoi ? Maintenant, même la Commission européenne dit qu’il existe des bénéfices exceptionnels qui devraient être taxés. Alors bien sûr, c'est incomplet. Bien sûr, ce qu'ils proposent ne concerne pas tous les secteurs. Mais tout de même, il s’agit d'une victoire et c'est notre victoire. Je pourrais continuer avec une longue liste, mais ce n’est pas le but ici, car nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir. Mais c'est la même chose pour le plafonnement des prix : nous disons depuis des mois que nous devons plafonner les prix.
Il en va de même pour l’échec du marché de l’énergie. Comme Alexis l’a souligné à juste titre dans son discours au début, ce sont en réalité leurs nouvelles politiques qui se sont avérées néfastes, qui se sont avérées ne pas fonctionner. Prenez, par exemple, le semestre européen et la règle des 3 % de déficit. C'est tellement génial que la première chose qu’ils ont faite juste après le début de la crise, c’est de s’en débarrasser. En fin de compte, ils se débarrassent des règles qui nous ont menés ici, et nous devons nous arrêter une seconde pour constater que nous avons remporté une victoire. Maintenant, nous devons gagner la guerre. Alors comment faire ?
Je vais maintenant passer au français, pour nos interprètes et pour ceux qui ne comprennent pas encore le français, vous pouvez mettre vos écouteurs. Alors comment on y arrive ? Comment on y arrive ? Et c'est là ou l'expérience française dont a parlé Aurélie est utile. Elle est utile parce que il se passe des choses aujourd'hui en Europe. Des mouvements sociaux sont en train d'être émergent naturellement partout en Europe. En France, mais je sais qu'il y a eu des mobilisations aussi en Grèce, en Belgique, en Allemagne, en Irlande, en Angleterre, en Italie, en Autriche, partout. La colère monte et elle monte précisément à cause de l'explosion des prix.
A cause de ce partage inégal des richesses et à cause de la responsabilité d'un petit nombre de politiques qui préfèrent protéger les intérêts des plus riches. Alors, parfois, elle prend une forme de grande mobilisation, comme cela a été le cas en France le week end dernier avec 140 000 personnes dans les rues. Mais je crois que ça doit aller plus loin et ouvrir une nouvelle ère de changement politique, une nouvelle ère de changement politique avec un mouvement politique qui construit sur le mouvement social.
Ma gauche, notre gauche, la gauche du XXIᵉ siècle est la gauche qui se construit sur les mouvements syndicaux, mais aussi sur les mouvements féministes, sur les mouvements antiracistes, sur les mouvements thématiques. J'ai 32 ans et ma politisation. Elle est née précisément aujourd'hui des conséquences du changement climatique dans notre monde. Alors c'est comme ça que nous avons construit en France. La France insoumise, et puis la NUPES, avec en toile de fond la construction d'un programme commun de rupture, ce qui a permis de clarifier l'élection présidentielle, mais aussi en construisant toujours vers l'extérieur. C'est ce que nous faisons au quotidien au Parlement européen.
Oui, la vie du Parlement européen est technocrate, loin des réalités trop souvent. Mais notre travail à nous, nous qui sommes en lien avec les mouvements sociaux, est précisément de détruire les murs, ces murs si épais qui séparent le Parlement européen de la vraie vie. Construire cette gauche du XXIᵉ siècle et s'appuyer là dessus, mais aussi s'ouvrir vers l'extérieur dans un contexte ou c'est le cas dans de nombreux pays, on voit trois blocs émerger un bloc d'extrême droite, un bloc de libéraux et de la droite et un bloc de la gauche.
Notre objectif est d'aller conquérir aussi celles et ceux qui ne voient pas forcément un intérêt dans le vote, celles et ceux qui sont désillusionnés, celles et ceux qui se disent mais pourquoi aller voter ? Qu'est ce que ça va changer dans ma vie ? C'est ça aussi que nous avons fait en France en se tournant vers les jeunes ou nous avons remporté plus de 50 % des voix par exemple. S'est créé ce cadre collectif et je vous le dis ici depuis le Forum européen, que c'est ce cadre collectif que nous devrons aussi recréer au niveau européen, y compris dans la perspective des prochaines campagnes et des échéances électorales.
Parce que ce sera notre gauche de rupture ou le chaos, ce sera notre gauche de rupture ou l'extrême droite dont on a vu la force en effet, en Italie ou en Suède. Et je pense que c'est aussi sur la base de ce qui a été fait ces dernières années au Parlement européen que nous pouvons construire. Quand je suis arrivée au Parlement européen en 2019, c'était mon premier mandat. Nous n'avions pas l'habitude de mener des campagnes et je vous l'ai dit, nous avons mené des campagnes pour la levée des brevets sur les vaccins, sur le marché de l'énergie et pour faire de l'énergie un bien public, ou encore pour la taxation des super profits.
Je formule le vœu et le souhait que ces campagnes, nous puissions les mener collectivement, au delà même de l'ensemble des parlementaires européens, avec toutes les forces de gauche au niveau européen. Parce que je vous le dis et je vais conclure là dessus. Vous savez, il y a une phrase en France qui dit que les idées nouvelles sont souvent ridiculisées. Prenez la taxation des super profits, par exemple. Elles sont ensuite âprement combattues. C'est la deuxième phase. Et puis, il y a une troisième phase, c'est qu'elle s'impose comme une évidence. C'est cette bataille culturelle que nous sommes en train de mener.
Mais cette bataille culturelle, nous la gagnerons que si nous nous tournons vers les mobilisations, nous nous tournons vers celles et ceux qui se battent au quotidien et avec qui nous devons continuer à construire pour réussir à prendre le pouvoir dans un certain nombre d'Etats. Et je souhaite que Syriza puisse accéder au pouvoir aux prochaines élections, mais que partout en Europe, ce vent de mobilisations sociales se transforme en mobilisation et en changement politique. Parce que c'est ça ce dont nous avons besoin. Je vous en remercie.
Manon Aubry