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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 avril 2025 17 min

L'Europe face aux droits de douane, négociations pour l'Ukraine, meeting du RN... Le "8h30 franceinfo" de Benjamin Haddad

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Benjamin Haddad, c'est une journée très politique qui nous attend aujourd'hui avec des rassemblements, le parti Renaissance est à Saint-Denis, le RN Place Vauban avec en face une partie de la gauche à République, comment vous pourriez résumer les enjeux de cette journée assez dense ?

0:17
Benjamin Haddad

Il y a ceux qui ne vont parler que d'eux, que d'eux-mêmes et de leurs problèmes comme le RN et puis notre famille politique qui va faire des propositions, qui va continuer à porter les valeurs, le projet qui est le nôtre depuis la création d'En Marche par Emmanuel Macron en 2016, la nécessité de la réforme économique pour notre pays, le dépassement, l'Europe.

Vous savez, quand vous regardez les sujets aujourd'hui qui font l'actualité, on va en parler, les droits de douane, les crises internationales, la menace de la Russie face à nos démocraties, la nécessité de continuer à adapter notre modèle économique en France comme en Europe, la transition technologique avec l'intelligence artificielle. Vous vous rendez compte que Marine Le Pen, elle a eu tort sur tous les sujets depuis 15 ans. Imaginez si Marine Le Pen avait été présidente de la République en 2017, en 2022. Aujourd'hui, où on en serait ?

Elle faisait campagne pour le Frexit au moment où on a besoin justement d'une Europe forte et unie pour pouvoir se défendre face aux Etats-Unis, face à la menace de la Russie. Elle était pour l'alliance avec la Russie dans son programme en 2022, alors même qu'il y avait déjà les menaces de la Russie contre l'Ukraine. Elle s'est opposée à tous les tournants contre les mesures de soutien à l'Ukraine. Elle s'est opposée à toutes les réformes économiques qui ont permis de baisser notre chômage à son plus bas niveau depuis 40 ans. Et donc, ce qu'on porte avec Emmanuel Macron, ce dépassement...

Moi, je venais de la droite, il y a des gens qui venaient de la gauche, qui ne se reconnaissaient plus dans l'offre politique en 2016-2017. Je crois que c'est toujours très fort, ça répond toujours plus que jamais aux enjeux et qu'on doit continuer à pérenniser, à porter cette famille politique pour l'avenir.

2:00
Invité

Il n'empêche que cette journée de renaissance, par la force des choses, change de nature. Et l'actualité du RN balaye le programme initial, qui était effectivement censé être une restitution des fameuses conventions thématiques voulues par Gabriel Attal pour retrouver du souffle, du fond, etc. Ça tourne même presque à un match de campagne présidentielle à Attal-Le Pen. Et on a envie de dire, tant pis pour le programme. Est-ce que ça va être ça, dans les faits ?

2:26
Benjamin Haddad

Nous, on a toujours parlé de programme, on a toujours parlé de fonds, on a toujours parlé des Français. Pas encore. Marine Le Pen, Marine Le Pen, aujourd'hui, ce sera une mobilisation contre la justice et contre une décision de justice.

2:37
Invité

Le discours depuis trois jours, pardon, de vos troupes, c'est vraiment, nous sommes les défenseurs de la démocratie face à ce qui s'est passé, face à la contestation du RN.

2:46
Benjamin Haddad

Mais les défenseurs, bien sûr, de l'État de droit, les défenseurs de la démocratie, au moment où elle est remise en cause partout en Europe et sur la scène internationale par ses adversaires, qui ne s'y trompent pas, d'ailleurs, puisqu'ils travaillent entre eux, ils s'allient entre eux, les défenseurs du libéralisme politique, économique, de l'Europe. Encore une fois, tout se comporte depuis toujours. Moi, je vois Marine Le Pen, aujourd'hui, et ses troupes qui se mobilisent, qui manifestent contre des décisions de justice. Je veux bien qu'on ait des débats...

3:11
Présentateur

Le RN dit que c'est une déclaration d'amour à Marine Le Pen, de soutien, avant tout.

3:14
Benjamin Haddad

Vous savez, moi, je veux bien qu'on ait des débats sur l'exécution provisoire ou sur l'inéligibilité. Mais ce que je constate, c'est que Marine Le Pen a voté pour ces lois, qu'elle a toujours mis dans son programme la question de l'inéligibilité pour ceux qui étaient condamnés en justice. Elle pourra faire appel, bien sûr, comme n'importe quel justiciable. Mais à un moment, la politique, ça ne peut pas être tout le temps, faites ce que je dis et pas ce que je fais. On a un devoir d'exemplarité. On doit être irréprochable. Moi, je crois qu'on doit aussi faire de la politique à un moment différemment que quand on voit des comportements, justement, qui sont différents de ce qu'on prône.

Les Français le voient et ça crée aussi un dégoût, un recul vis-à-vis de l'engagement politique qui est noble. Donc, on a chacun une responsabilité. Et là, ce que je vois avec le RN, au fond, c'est de la vieille politique. Ça ne m'intéresse pas. Et surtout, ça ne parle pas des Français.

4:02
Invité

Vous dites exemplarité, responsabilité. Est-ce que vous êtes troublé, comme le Premier ministre François Bayrou, par cette exécution provisoire ou alors vous êtes troublé par son trouble, vous ?

4:10
Benjamin Haddad

Non, mais je vous l'ai dit. Je pense qu'on peut avoir un débat, en effet. Et d'ailleurs, Marine Le Pen va faire appel. Elle peut faire appel. C'est son droit. Mais je le rappelle, il y a une indépendance. C'est pas ma question. Non, mais il y a une indépendance de la justice. Je suis dans un gouvernement. Je ne commente pas les décisions de la justice. Il y a une indépendance de la justice. Et je constate une fois de plus que Marine Le Pen a non seulement voté cette loi, mais qu'elle a toujours mis la question de l'inéligibilité pour n'importe quelle reprise de justice dans son programme. Donc, je dis encore une fois qu'à un moment, je vois le décalage. Je vois surtout une mobilisation.

Le Premier ministre a été très clair dans son interview aujourd'hui en disant qu'on ne fait pas des manifestations, des meetings, des mobilisations contre des décisions de justice. Ça ne contribue pas à la sérénité et à l'apaisement de notre débat démocratique. Nous, avec Renaissance, avec Gabriel Attal, on parlera des grands sujets qui nous entourent, de l'environnement à l'intelligence artificielle, en passant par l'Europe et la défense de la démocratie. C'est ça, aujourd'hui, les enjeux d'avenir pour notre pays et notre continent.

5:12
Invité

Vous avez bien compris la question qui est portée aussi sur le trouble de François Bayrou, qui est quoi ? Qui est une maladresse à minima ?

5:20
Benjamin Haddad

Non, mais il s'est exprimé, encore une fois, sur l'exécution provisoire. Mais, de toute façon, je vous le dis, Marine Le Pen peut faire appel. Donc, il y aura un appel en 2026, comme n'importe quelle procédure judiciaire. Donc, l'enjeu, il n'est pas là. L'enjeu, encore une fois, c'est de rappeler les principes fondamentaux de l'état de droit de notre pays.

5:38
Invité

Juste encore un mot sur la journée de Renaissance. Il va aussi falloir gérer un autre match en interne pour Gabriel Attal, avec Elisabeth Borne, qui suggère de fusionner le parti Renaissance avec le Modem. D'ailleurs, François Bayrou, dans Le Parisien, ce matin, dit qu'il est d'accord. Elle dit qu'il n'y a pas de désaccord entre nous, autant unir nos forces. Vous êtes d'accord ?

5:55
Benjamin Haddad

Moi, je crois que l'unité de notre famille politique, elle peut aussi passer par la diversité des mouvements, par la diversité des partis. Je pense que Renaissance a, depuis sa création, une voie spécifique à porter dans le dépassement, dans le rapport à l'Europe, dans le rapport à la réforme, aux questions liées à la transition technologique. Le soutien à l'innovation, à l'entrepreneuriat, c'est ce qu'on porte, une certaine confiance aussi dans ce que la France peut porter en Europe. Je crois que l'enjeu, en revanche, à terme, ce sera de réfléchir à ce qu'on est un candidat pour l'élection présidentielle.

Donc, pas fusionner les partis, mais qui est à terme, mais je crois que ce n'est pas encore le moment, parce qu'il nous reste deux ans pour agir et deux ans pour réformer, mais qu'on ait un mode de désignation du centre, du centre droit, je dirais aussi, du socle commun, d'une certaine façon, parce qu'on aura une extrême gauche qui sera très forte, une extrême droite, on le sait, qui sera très forte. Et donc, je crois qu'on a intérêt à avancer. Et c'est quoi ? C'est une primaire ?

Ça pourrait passer par une primaire, mais après, vous savez, ça peut soit passer par une primaire, soit vous aurez peut-être un candidat, une candidate qui se dégagera naturellement, mais je crois qu'on aura intérêt à en parler. Je crois beaucoup à ce qu'on a construit avec le socle commun qui va de renaissance aux Républicains. Je pense que ça marche. On a chacun des diversités, des sensibilités, mais ça contribue et ça enrichit notre débat et nos familles politiques. Donc, je souhaite qu'on continue à porter ça au-delà.

7:17
Présentateur

Benjamin, vous êtes, je le rappelle, ministre délégué chargé de l'Europe. On va donc parler des droits de douane dans quelques instants avec vous. Et cette guerre commerciale lancée par Donald Trump, ce sera juste après le fil-info de Diane Ferschit à 9h40, à 8h40.

7:28
Invité

Une attaque de missiles sur Kiev, elle a déclenché des explosions et des incendies. Au moins trois personnes ont été blessées. D'autres tirs de missiles ont été constatés depuis le nord de l'Ukraine. En réaction, l'armée polonaise dit avoir débuté des opérations dans son espace aérien. La mobilisation des soutiens de Marine Le Pen cet après-midi près des Invalides à Paris, six jours après sa condamnation à cinq ans d'inéligibilité dans l'affaire des assistants d'eurodéputés FN. Les soutiens de Marine Le Pen qui veulent faire entendre leur colère.

Elle prendra la parole, tout comme le maire de Perpignan, Louis Alliot, lui aussi condamné dans ce dossier et contre manifestation prévue aussi place de la République, toujours dans la capitale, à l'appel des Verts et de la France insoumise. De son côté, Renaissance est en meeting à Saint-Denis, meeting prévu de longue date. Objectif, relancer la relation France-Algérie. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, attendu à Alger, doit concrétiser avec son homologue algérien la reprise du dialogue sur les sujets les plus sensibles entre les deux pays, dont la question migratoire.

Suite et fin des huitièmes de finale de la Coupe des champions de rugby, deux clubs français encore à suivre aujourd'hui. L'Union Bordeaux-Bègle qui reçoit l'Hulster à 13h30. Le tenant du titre, le stade Toulousain reçoit lui les Anglais de Sale. Coup d'envoi à 16h. Avec ce matin, Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe et membre du comité exécutif de Renaissance. Il faut qu'on parle évidemment des droits de douane américains. Comment vous interprétez la déclaration ce matin d'Elon Musk lors d'un congrès italien anti-immigrants qui espère une zone de libre-échange en Europe et en Amérique du Nord avec des droits de douane nuls ?

9:10
Benjamin Haddad

Parfois, on en est un petit peu loin. On s'est quand même pris des droits de douane. Ça vous fait rire. Non, mais c'est vrai que ça paraît un peu en décalage avec le débat qu'on est en train d'avoir en ce moment. On a des droits de douane complètement injustifiés, déconnectés de toute base factuelle réelle sur ce qu'est la relation commerciale entre l'Europe et les Etats-Unis qui ont été imposées par les Etats-Unis les semaines dernières. On va dire un mot de la façon dont on réagit, mais je voudrais quand même déjà expliquer la façon dont ils ont été calculés. Parce que fondamentalement... Vous avez compris, vous ?

Alors, ce que je comprends, c'est qu'on prend le déficit commercial des Etats-Unis par rapport à certaines zones et on considère que le ratio de déficit commercial, c'est un droit de douane, un tarif qui est imposé. Donc, 39% de déficit commercial avec l'Union européenne, ça fait 39% de droit de douane. Et en plus, on y inclut les biens, mais pas les services. Donc, les services numériques, par exemple, les GAFAM qui sont en Europe, ce n'est pas inclus dans le déficit commercial des Etats-Unis. On compte la TVA.

Donc, cette administration nous explique que la TVA, que les entreprises européennes paient elles-mêmes, bien sûr, sur le territoire européen, est considérée comme un droit de douane. Donc, on est complètement déconnectés là de la réalité. Ça va faire mal à l'économie mondiale. Ça va faire très mal à l'économie américaine. Regardez la réaction des marchés financiers américains qui sont en train de dévisser, des entreprises qui se posent des questions pour investir.

C'est un recul en arrière historique par rapport à ce qu'on a réussi à construire dans les relations commerciales entre les Etats, précisément pour éviter ce protectionnisme, ces guerres tarifaires qui ne sont dans l'intérêt de personne. Le système commercial international du GATT puis de l'OMC, il avait été fait largement aussi à l'initiative des Etats-Unis, des démocraties, pour pouvoir avoir un libre-échange qui est dans le bénéfice de tout le monde. Donc là, c'est un recul en arrière qui sera dans l'intérêt de personne. Et face à cela, est-ce que la réponse de l'Europe ne tarde pas à venir ? Oui, il ne faut pas confondre la précipitation et la fermeté.

On aura une réponse unie, une réponse ferme, parce que la meilleure façon de se faire entendre et de désescalader, pourquoi pas d'avoir une négociation, c'est de montrer qu'on est capable d'assumer un rapport de force. Alors, dans les prochains jours, mi-avril, il y aura un premier paquet de réponses, qui sera une réponse qui a été conçue contre le paquet assez aluminium. Donc, à peu près 28 milliards d'euros. Et dans les semaines qui suivront, il y aura une autre réaction qui peut avoir plusieurs natures. Ça peut être, là aussi, des réponses sur un certain nombre de biens de l'économie américaine qu'on aura identifiés pour avoir un effet maximum. Mais il y a d'autres instruments.

Vous savez, l'Europe, c'est 450 millions d'individus. C'est un énorme marché unique intégré. On a développé largement, sous l'initiative de la France ces dernières années, des instruments de réponse commerciale, comme ce qu'on appelle, par exemple, l'instrument anticoercitif, qui permet aussi d'inclure les services numériques, la propriété intellectuelle. C'est un instrument qui, on donne à la Commission la possibilité de constater que les droits douanes, les tarifs, sont utilisés comme un moyen de pression. Pas comme une réponse légitime à un désaccord commercial, mais comme un moyen de pression politique.

Et ça, si c'est avéré, qui paraît quand même être le cas ici, à ce moment-là, on peut avoir une réponse qui est beaucoup plus forte et inclure typiquement les services numériques, la propriété intellectuelle. Ça, ce n'était pas possible. Par exemple, lors du premier mandat de Donald Trump, on n'avait pas encore ces instruments. Donc, l'Europe aujourd'hui, elle est sortie de sa naïveté commerciale. Elle est capable de se défendre, d'assumer des rapports de force. On le fera pour défendre nos intérêts. On n'aura pas d'état d'âme pour défendre nos intérêts. Mais l'objectif, une fois de plus, c'est de pouvoir négocier.

Mais quand vous voulez, en diplomatie, avoir une négociation, il faut créer d'abord les conditions. D'un rapport de force. L'Europe est beaucoup... Ce qu'on a constaté ces dernières années, c'est que l'Europe, c'était souvent une force, une puissance qui s'ignorait. Et là, face à la pression des événements, eh bien, on assiste au réveil stratégique des Européens.

12:52
Invité

Benjamin, cette guerre commerciale, en tout cas, occulte, on a le sentiment totalement, les négociations de paix sur l'Ukraine et change la donne peut-être sur ce sujet-là, justement, sur le rapport de force. Où en sont ces négociations, déjà ? Ça fait un mois, le fameux clash à la Maison Blanche, Trump-Zelinski, c'était il y a pile un mois.

13:10
Benjamin Haddad

Oui, vous avez raison de le souligner. Cette nuit, la Russie a encore bombardé massivement la capitale ukrainienne de Kiev. Il n'y a pas de soldats à Kiev. C'est contre des infrastructures civiles, contre... Donc la Russie ne veut pas la paix. La Russie ne veut pas la paix. La Russie tourne le dos de façon sérieuse aux négociations. Il y a presque trois semaines maintenant, Vladimir Zelensky a accepté à Jeddah le principe d'une trêve de 30 jours. La Russie n'a jamais répondu. Quand il y a eu, après, les négociations à Riyad, on a parlé d'une trêve sur les infrastructures énergétiques et les frappes en mer Noire.

Et la Russie a d'abord topé avant de se perdre dans des manœuvres dilatoires en demandant la levée des sanctions. La vérité, c'est que la Russie continue son agression sur le terrain, continue à avoir des objectifs maximalistes. En réalité, c'est effacer l'Ukraine en tant que nation indépendante. Désarmement de l'Ukraine, le fait de changer de président, ce n'est pas à la Russie d'en décider, c'est aux Ukrainiens de décider de leur leadership, contrairement d'ailleurs aux Russes qui, eux, ne peuvent pas décider de qui est le président de la Russie.

Continue de demander la démilitarisation de l'Ukraine, alors qu'au contraire, il faudra donner, même après un cessez-le-feu, les moyens à l'armée ukrainienne d'être forte et de pouvoir dissuader une agression future. Donc la seule voie pour en sortir, c'est, nous, on soutient les négociations, mais c'est d'augmenter la pression de façon maximale sur la Russie en continuant les livraisons d'armes à l'Ukraine et en les augmentant, ce qu'on a fait quand Vladimir Zelensky était à Paris la semaine dernière, avec 2 milliards d'euros de nouvelles livraisons d'armes, et de continuer la pression économique.

14:37
Invité

Sauf que ça s'accompagne d'ingérences russes sur l'Europe, contre l'Europe, qui s'aggravent, qui s'accroient, d'après ce que vous dites ?

14:45
Benjamin Haddad

Bien sûr, mais la Russie ne fait qu'augmenter son agressivité, ses menaces contre l'Europe. Ça prend quelle forme ? La Russie a toujours désigné l'Union Européenne, l'architecture de sécurité européenne issue de la guerre froide comme son ennemi. Son but, c'est de réviser les frontières, de remettre en cause la souveraineté des États qui sont issus de la guerre froide. Rappelez-vous, Vladimir Poutine avait dit que la fin de la guerre froide, la chute de l'URSS, c'est la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle. Ça prend quelle forme ?

Vous prenez juste cette semaine, TikTok en Roumanie, qui a révélé que, lors de la dernière élection présidentielle, plus de 100 000 faux comptes, 100 000 dans une élection présidentielle roumaine, avaient été révélées. Plus de 35 000 bots. On a vu un candidat, Georges Escu, candidat d'extrême droite, populiste pro-russe, qui a été amplifié de façon totalement artificielle par la Russie. pour vous donner un exemple. À un moment, son nom était le huitième nom le plus trending pour faire un anglicisme. Tendance. Tendance. Je fais la traduction. Sur TikTok au monde pour une élection en Roumanie sur un réseau social chinois.

15:52
Invité

Et l'Europe n'arrive pas à détecter ça ? L'Europe et la France, est-ce qu'on est armés pour ça ? Est-ce qu'on est en train de s'armer pour ça ?

15:59
Benjamin Haddad

On s'est armés. On a à la fois renforcé nos moyens cyber. On renforce aussi notre coopération. J'étais en Roumanie, j'étais en Moldavie précisément pour signer des accords de coopération à la fois pour savoir ce qui s'est passé, pour en tirer les leçons, mais aussi pour renforcer notre soutien à ces pays via Viginum, via nos agences de renseignement. On a des règles aussi dans le cyberespace, dans l'utilisation de l'espace numérique comme le Digital Service Act.

Et puis surtout, et ça me ramène aussi à la question des droits de donne, d'une certaine façon, l'enjeu aussi, c'est de réduire nos dépendances, de réduire nos dépendances technologiques, les réseaux sociaux, l'intelligence artificielle, d'investir dans notre propre compétitivité, de soutenir nos innovateurs, de faire notre union des marchés de capitaux. Donc l'enjeu aussi de la souveraineté, c'est la compétitivité, c'est l'innovation, c'est l'entrepreneuriat. Et ça, c'est l'un des grands rendez-vous européens qu'on va porter.

16:47
Présentateur

Des défis que vous avez à défendre, Benjamin Haddad, ministre en charge de l'Europe. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur France Info. Merci Bérangère. L'info continue sur France Info. Merci Benjamin.