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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 26 août 2022 26 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & élections

Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis le cimetière de Saint-Eugène à Alger.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Emmanuel MacronFait
    « Les parents assez âgés de citoyens franco algériens peuvent difficilement avoir des visas. »
  • 0:20Emmanuel MacronFait
    « Quand ils n'obtiennent pas le visa, la totalité de la somme n'est pas remboursée. »
  • 8:10Emmanuel MacronFait
    « Nous avons tout évoqué avec le président Tebboune, avec beaucoup de liberté, et l'intégralité des sujets. »
  • 8:20Emmanuel MacronFait
    « Il ne m'appartient pas ici de m'ingérer dans la politique algérienne. »
  • 10:10Emmanuel MacronFait
    « Le peuple algérien ne peut être que contre une guerre coloniale qui consiste à envahir un État souverain. »
  • 10:20Emmanuel MacronFait
    « La guerre en Ukraine est une guerre de puissance coloniale et impériale. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les parents assez âgés de citoyens franco algériens peuvent difficilement avoir des visas. Y a-t-il une réflexion pour les parents de citoyens ? Oui.

Et, si vous permettez, les gens payent 200 €. Quand ils n'obtiennent pas le visa, la totalité de la somme n'est pas remboursée. Peut-on prendre des frais et rembourser la différence ?

Merci. Non, merci beaucoup. Vous avez raison de parler de ce sujet qui est si sensible et qui fait partie des sujets dont on a longuement discuté avec le président, sur lequel on a demandé d'ailleurs un travail à nos ministres, et qui a fait l'objet, soyons lucides, de tensions qui ont pu exister.

Parce que c'est un sujet qui, si on n'y veille pas à la fois avec beaucoup de précaution, d'exigence et de délicatesse commune, peut conduire à des malentendus. Je crois que nous partageons la même volonté. D'abord, c'est d'avoir véritablement une politique qui permet de lutter contre l'immigration clandestine.

Je le dis parce que, d'une rive à l'autre, il faut comprendre les contraintes. C'est très compliqué d'expliquer aux Françaises et aux Français que l'on ne met plus de contraintes sur les visas si, en même temps, il y a beaucoup d'immigration clandestine. C'était la situation qu'on avait.

Dans le même temps, vous l'avez dit, il y a des tas de familles qui vivent des destins partagés et qui sont les victimes, en quelque sorte, des politiques qu'on doit prendre à ces moments-là. Donc, ce que nous avons décidé, c'est de travailler ensemble et avec aussi une certaine confiance collective. Donc ça ne sera pas par voie de presse mais je vous dis comment on va procéder.

On va être très rigoureux pour lutter ensemble contre l'immigration clandestine et les réseaux, et être beaucoup plus efficaces pour prévenir et pouvoir accompagner plus efficacement. Nous souhaitons avoir une approche beaucoup plus souple sur l'immigration choisie, c'est-à-dire les familles de binationaux, mais aussi les artistes, les sportifs, les entrepreneurs et les politiques qui nourrissent la relation bilatérale. Dans ce cadre-là, on souhaite pouvoir améliorer les délais.

En effet, vous avez tout à fait raison, il y a ce sujet des frais, ce qui permet, si on simplifie un peu nos procédures, d'avoir une visibilité plus rapide et d'éviter d'engager trop de frais qu'on doit ensuite rembourser. Donc c'est un dossier sur lequel on a longuement parlé hier, jusqu'au milieu de la nuit, avec le président, sur lequel nous avons mandaté nos ministres et donc qui va avancer dans les prochaines semaines et prochains mois. Donc on va vers un assouplissement des visas accordés aux Algériens ?

Vous savez, il y avait beaucoup plus de visas qui étaient accordés, je suis transparent avec vous, les chiffres sont publics, il y a cinq ans. Il y a une politique aussi que j'ai souhaitée et qui était à mon avis légitime, de remise sur le métier de ce sujet. Mais, comme je viens de le dire, on souhaite le faire dans un esprit très partenarial et avec beaucoup de délicatesse.

On souhaite améliorer la coopération pour lutter contre l'immigration clandestine, pour mieux lutter contre celles et ceux qui troublent l'ordre public et qui sont perçus comme dangereux, et je crois que c'est notre volonté commune, et, à côté de ça, simplifier les choses pour les femmes et les hommes qui construisent la relation bilatérale. C'est surtout qu'on va clarifier notre approche commune de la migration pour être beaucoup plus coopératifs et efficaces dans la lutte contre les trafics et les personnes dangereuses et pour être beaucoup plus proactifs pour les familles de binationaux et ces migrations choisies, comme celles pour nos jeunes en particulier, vers lesquels je vais aller dans un instant. Je vais répondre sur le gaz, reformulez votre question pour que tout le monde l'entende.

Avez-vous manifesté au président Tebboune un intérêt de la France pour augmenter ses importations de gaz algérien ? Je sais que ce sujet, et c'est tout à fait normal dans la période, alimente beaucoup de chroniques. Je veux ici le préciser.

La France, comme vous le savez, dépend peu du gaz dans son mix énergétique. Nous, c'est à peu près 20 % de notre mix, donc c'est très peu. Dans cet ensemble que représente le gaz, l'Algérie représente environ 8 à 9 %.

Donc, vous voyez, nous ne sommes pas dans la situation de beaucoup d'autres pays où le gaz algérien est quelque chose qui peut changer la donne. J'ajoute à cela que, contrairement à nos amis et collègues italiens qui ont un gazoduc, compte tenu de la faible distance qu'il y a entre le territoire italien et le territoire algérien, il n'y a pas de gazoduc, nous c'est du gaz qu'on va liquéfier puis regazéifier. Il y a des volumes qui existent, mais ce n'est pas de nature à changer les choses.

Donc, pour les mois qui viennent, on va continuer de faire ce qu'on fait. On l'a consolidé. On essaiera de faire un peu plus mais la coopération franco algérienne n'est pas de nature à changer la donne et à nous permettre de diversifier davantage compte tenu de la structure même de notre relation sur ce sujet.

Quand j'ai entendu des commentaires disant le président va venir à Canossa, il va y avoir plus de gaz, c'est n'importe quoi. Il faut juste regarder comment ça se passe aujourd'hui, ce n'est pas possible. Par contre, je pense que c'est une très bonne chose qu'il y ait une coopération accrue et plus de volume à travers le gazoduc italien.

J'essaie de dézoomer les choses, nous on ne va pas avoir de problème parce qu'on dépend peu du gaz. On a un seul grand gazoduc, avec la Norvège. On a accru les volumes qui passent par ce gazoduc.

On a diversifié les choses. On est en train d'avoir un nouveau terminal pour avoir plus de gaz liquéfié qui va se faire au Havre, avec nos entreprises. On a sécurisé nos volumes et on est à plus de 90 % de nos stocks.

Donc, en franco français, les choses vont bien se passer pour cet hiver. Le sujet est européen, et c'est un sujet de solidarité européenne. À ce moment-là, s'il y a une solidarité européenne, et elle est nécessaire, il y a des pays qui sont beaucoup plus dépendants du gaz et en particulier du gaz russe.

C'est là qu'il faut faire un effort collectif, et c'est dans ce cadre-là qu'il y a à la fois un plan de sobriété, de diversification du gaz et d'accélération d'autres projets. Ce n'est pas qu'en franco français. Dans ce cadre-là, c'est pour ça qu'on n'est pas du tout en compétition à cet égard avec l'Italie, c'est très bien, et j'en remercie l'Algérie, que l'Algérie ait dit j'augmente les volumes qui passent par le gazoduc entre l'Algérie et l'Italie parce qu'il n'est pas à plein.

Il y a une marge d'augmentation et on peut l'augmenter d'un peu plus de 50 % des capacités aujourd'hui utilisées. Donc il va, d'une part, être un peu augmenté d'ici cette année, et il y a des perspectives ensuite derrière. C'est une très bonne chose.

C'est bon pour l'Italie donc c'est bon pour l'Europe. Donc c'est bon pour nous parce que ça permet d'améliorer la diversification gazière de l'Europe et donc, ce faisant, de nous protéger de tous les aléas géopolitiques. En parralèle de ça et à plus long terme, nous, ce qu'on veut engager avec l'Algérie, c'est d'abord consolider un partenariat qui existe entre nos grands industriels.

Total Énergies, [ INAUDIBLE ] et Sonatrach ont un partenariat. Je souhaite qu'on continue de le développer, et que ce soit un partenariat industriel et de recherche pour limiter aussi les émissions sur le fossile. Nous, on va consolider aussi les partenariats économiques sur matériaux et terres rares, qui est vraiment un immense levier géopolitique entre l'Algérie et la France.

Sur le plan économique, on va aussi le diversifier sur les sujets d'innovation. Pour moi, dans le grand pacte que je veux ouvrir avec la jeunesse, les sujets d'innovation et de digital seront clés. C'est pour ça que j'ai lancé ce fonds, lors du sommet des deux rives, qui va permettre à nos entrepreneurs et notre diaspora de porter des projets en Algérie.

C'est pour ça qu'on veut ici financer et lancer un équivalent de l'école 42, pour aider à former la jeunesse sur ces métiers, et c'est pour ça qu'on veut créer un grand incubateur du numérique, pour permettre de développer des projets. Sur la question des propos qui vous ont été prêtés en septembre dernier, en ce début de voyage ces propos sont-ils oubliés ? Vous savez, c'est une histoire d'amour qui a sa part de tragique.

Il faut pouvoir se fâcher pour se réconcilier. Moi j'essaie, depuis que je suis président de la République et même avant, de regarder notre passé en face. Je le fais sans complaisance.

J'entends souvent, sur la question mémorielle et la question franco algérienne, nous sommes sommés en permanence de choisir, et il faudrait dire : choisissez la fierté ou la repentance. Moi, je veux la vérité et la reconnaissance, sinon on n'avancera jamais. Je ne suis pas un enfant de la guerre d'Algérie, ma famille non plus.

Mais je sais une chose : la France ne peut pas avancer sur ce sujet, et l'Algérie non plus. Pourquoi ? Parce que nos histoires sont liées.

Parce que la place que représente l'Algérie avec le nombre de binationaux, de Français d'origine algérienne et d'Algériens vivant en France aujourd'hui, fait qu'il y a des millions de Françaises et de Français ou de binationaux qui sont concernés par cette histoire. Si j'ajoute à ça les harkis et leurs descendants, et et leurs descendants, ils sont encore plus de millions de français. C'est pareil pour l'Algérie.

Nous avons été ici pendant un siècle et demi. Donc, cette histoire, on doit la regarder en face avec courage, avec lucidité et avec vérité. C'est ce que je fais depuis cinq ans.

Je le fais d'abord et avant tout pour la France, parce que c'est la matrice du problème mémoriel que nous avons avec tant et tant de pays. Je crois que beaucoup de choses ont été faites par nos historiens, ensuite politiquement, comme jamais nous ne l'avions fait. Ce que nous avons acté ensemble hier avec le président Tebboune, c'est une avancée à mes yeux qui est historique aussi puisque, pour la première fois ensemble, on a dit nous allons mandater une commission mixte d'historiens, 5 à 6 historiens de chaque côté.

On va leur ouvrir la totalité des archives. J'ai, dans des périodes récentes, ouvert des archives qui étaient encore fermées. Ils ont évidemment accès à celles-ci, mais le président algérien m'a dit j'ouvre aussi les miennes, de la période de 1830 jusqu'à la fin de la guerre ; On va donner à cette commission la possibilité de travailler sur tout : les premiers temps de la colonisation, avec leur dureté, avec la brutalité, avec ces événements si importants pour la nation algérienne, et sur lesquels il faut revenir jusque, par exemple, le travail qui est fait sur les disparus, qui était une commission administrative et qui doit revenir aux historiens.

Tout ça, on va laisser les historiens travailler dessus, et on va leur demander de nous donner les travaux qui seront peut-être des premiers travaux d'ici un an et, ensuite, nous jalonnerons ce travail avec des gestes communs. Ça, je crois que c'est une avancée considérable pour ce travail de vérité et de reconnaissance, qui est un des socles pour construire la relation d'avenir, sinon on bégaye en permanence. Monsieur le Président, qu'est-ce que vous avez obtenu comme garantie ? [ INAUDIBLE ] jeunesse, pourtant, beaucoup de jeunes à qui on a pu parler dans les rues d'Alger nous disent, nous, on a déjà tourné la page.

Est-ce que vous avez le sentiment, en revenant au cours des 24 premières heures de ce voyage sur cette mémoire, d'être en phase avec cette jeunesse ? D'abord, je regarde ce que nous nous devons faire pour nous. Je suis aussi accompagné par beaucoup de jeunes dont l'histoire familiale est prise par cela et qui en ont besoin.

Je sais aussi que, dans nos pays, on n'a pas de leçons à donner, nous Français, force est de constater que la dernière session de l'Assemblée nationale s'est ouverte avec un député français qui a reparlé de l'Algérie. Vous voyez bien que ça ne passe pas non plus. Il ne faut pas laisser n'importe quelle parole se dire.

Il faut pouvoir dire des paroles de vérité et qui sont historiques. Nous, on n'a pas de leçons à donner. Ce n'est pas passé chez nous non plus.

Et, l'exemple que la France a donné sur le plan politique, je vais raconter, moi, aux Algériens, que nous on a tourné la page et que tout va bien ? Ce n'est pas vrai. Après, je vois aussi qu'il y a beaucoup de manipulation, sur les réseaux sociaux et ailleurs, de puissances impérialistes contemporaines qui utilisent ce passé pour dire la France, regardez ce pays !

Les impérialistes d'aujourd'hui disent n'aimez pas la France, c'était vos colons d'hier. Extraordinaire myopie et manipulation de l'histoire. La seule antidote face à ça, ce n'est pas de donner des leçons, ce n'est pas de manipuler l'histoire face à la manipulation de l'histoire, c'est d'être ouvert et de dire cette histoire est la nôtre, elle est embarquée, c'est notre dette.

Je ne la qualifie pas, mais elle est sur nos épaules, et on doit la regarder et la reconnaître pour que chacun prenne sa place. Je pense que nos jeunesses en ont besoin, oui. Après, pour moi ça n'emporte pas tout et je ne veux pas y rester plongé et enfermé.

Ce que je sais, c'est qu'à chaque fois qu'on laisse ces plis de l'histoire ainsi collés, en quelque sorte, on se heurte au retour du refoulé. Parce que c'est presque psychanalytique, dans la vie des nations. Pour pouvoir vivre après la guerre, il a fallu oublier.

C'est le décret de Sparte : " Tu dois oublier. ", et c'est ce qui s'est passé des deux côtés. Quand il y a ce devoir d'oubli et cette sommation politique parce que tant et tant de vies étaient embarquées, il y a un refoulé.

Ce à quoi on assiste ces dernières décennies, c'est le retour du refoulé. Si on veut avancer, il ne faut pas en rester là parce qu'avec le retour du refoulé, vous avez le ressentiment ; vous avez le mensonge ; vous avez le fantasme qui vient sur l'histoire. Il y a beaucoup de choses qui, du coup, sont brassées.

Nous, on doit pouvoir, et je pense que nos générations peuvent le faire parce que nous n'avons pas été partie prenante, se dire que pour nous-mêmes on doit réussir ce travail de mémoire et d'histoire : vérité et reconnaissance. Quelles sont les garanties que vous avez prévues, du côté algérien, sur l'ouverture de leurs archives et qu'est-ce que vous répondez à certains responsables politiques qui, en France, disent ça y est, encore de la repentance ? Non, mais je l'ai dit, ce n'est pas du tout de la repentance, c'est de la vérité et de la reconnaissance.

Il n'y a pas de grande nation s'il n'y a pas de vérité sur notre histoire ni de reconnaissance. Il n'y a pas de grande nation, ce n'est pas vrai. Il y a un travail politique de chaque jour.

Faire de la politique, au sens noble du terme, présider, c'est en effet écrire une histoire contemporaine, c'est projeter le pays, c'est pouvoir bâtir cette aventure. Simplement, cette histoire ne peut pas reposer sur des mensonges, des oublis ou sur, bloc à bloc, des récits qu'on voudrait opposer l'un à l'autre. Sinon, on construit en quelque sorte l'impossibilité d'une amitié franco algérienne parce qu'on se dit qu'aimer la France, c'est bâtir un récit qui ne vous reconnaît pas, et aimer l'Algérie, c'est bâtir un récit qui ne vous reconnaît pas ou dit que vous n'êtes que cela.

Parce qu'il y a aussi, de ce côté de la Méditerranée, un récit qui s'est construit, expliquant à la jeunesse : votre avenir, c'est de continuer le combat qui consiste à ne pas aimer la France. Certains le disent. Ce n'est pas vrai parce que cette jeunesse, elle n'a jamais connu la colonisation ni même la guerre.

Vous voyez bien que c'est un travail de confiance. Nous nous sommes engagés en bonne foi, on l'a décidé ensemble. Quand on s'engage en bonne foi, on s'engage à réussir ou peut-être à avoir des échecs ou des écueils.

Mais, enfin, je crois dans la parole du président. Pour la première fois, nous l'avons décidé ensemble, nous allons signer un texte qui va l'acter, et nos historiens vont avancer ensemble. Monsieur le Président, la relation avec le président Tebboune a été tendue, pendant quelque temps.

Elle est amicale et de confiance. Nous avons passé beaucoup de temps à discuter. D'abord, je pense que nous savons l'un et l'autre que, pour nos pays, il nous faut travailler, lever les malentendus et savoir passer beaucoup de temps à nous comprendre, et nous l'avons fait jusqu'au milieu de la nuit.

Je dirais que c'est une relation de respect et d'amitié. Sur la situation au Sahel, la France a acté le retrait de ses armées. L'Algérie [ INAUDIBLE ] dans la région.

Quelle est la position, aujourd'hui, de l'Algérie et, par extension, la présence de Wagner et ses mercenaires russes dans la région ? D'abord, sur la position de l'Algérie, il appartient aux autorités algériennes de la dire, pas à moi. Ce qui est vrai, c'est que l'Algérie a un rôle tout à fait clé dans le Sahel, géographiquement, politiquement, et aussi dans la mesure où les Accords d'Alger restent le texte fondateur de la transition pour le Mali.

Les troupes françaises, auxquelles je veux ici rendre hommage, quelques instants après avoir rendu un hommage pour les morts pour la France ici, dans ce cimetière, ont lutté contre le terrorisme au Mali et contre ce qui était un risque quasi avéré de partition du Mali. Sans les troupes françaises, il est à peu près sûr aujourd'hui que le Mali ne serait plus un pays uni et que le terrorisme aurait refleuri. Je le dis dans un pays qui a connu le terrorisme islamiste.

Donc je veux rendre hommage à nos armées et nos armées se sont retirées du Mali, pas de la région, parce que nous avons réarticulé une stratégie, aux côtés de plusieurs pays du Sahel et du Golfe de Guinée, visant à les consolider, venir en appui pour lutter contre ces mouvements terroristes qui affaiblissent les États, menacent les populations et nous menacent tous, la région et l'Europe. Dans ce contexte-là, la volonté, c'est de renforcer le partenariat avec l'Algérie, de pouvoir œuvrer ensemble, à la fois sur le plan politique et diplomatique, pour le suivi des accords d'Alger, mais aussi pour passer les bons messages et éviter, en effet, que des mercenaires puissent fleurir dans la région, en particulier ceux de Wagner. Avez-vous évoqué la question des droits de l'homme et des centaines de détenus d'opinion qui sont dans les prisons algériennes, avec le président Tebboune ?

Nous avons tout évoqué avec le président Tebboune, avec beaucoup de liberté, et l'intégralité des sujets. Il ne m'appartient pas ici de m'ingérer dans la politique algérienne. Les cas dont j'ai parlé sont les cas que nous connaissions et sur lesquels nous avions à connaître, si je puis dire, et à avancer, et j'ai fait part de la manière dont je voyais les choses, qui est celle, toujours, de la transparence, de la liberté, des libertés politiques et de leur respect.

Je sais qu'il y est sensible et je sais aussi qu'il est attaché à cela. Ces cas se régleront en plein respect de la souveraineté algérienne et du chemin qui l'aura amené. Je reviens un peu à la mémoire...

Est-ce que le dossier de Reggane, vous en avez discuté, et est-ce que les victimes vont être prises en charge ? Alors, nous avons discuté de ce sujet. Comme vous le savez, il fait l'objet d'une commission jointe, qui a avancé.

Il y a eu à nouveau des réunions qui se sont tenues en juin. Donc les choses avancent en toute transparence. Elles ont beaucoup avancé aussi sur les constats qui sont faits.

J'ai montré, ces dernières années, ma volonté aussi d'ouvrir et d'indemniser. Donc oui, le chemin se fera. Il faut, après, que chaque cas soit documenté et que l'on puisse, derrière ce travail très précis, qui est historique et individuel, pouvoir ensuite mettre en place les indemnisations.

Une autre question sur l'Ukraine, Monsieur le Président. On dit que le jury ne s'est pas prononcé sur si vous étiez un ennemi ou un ami de la Grande-Bretagne. Comment vous régissez ?

Écoutez, ce n'est jamais bon de trop perdre ses repères dans la vie. Si on me posait la question, puisque c'est plutôt comme ça que je vais vous répondre en creux, quelle que soit la personne qui ait à considérer le leadership à venir en Grande-Bretagne, je ne m'interroge pas une seule seconde : le Royaume-Uni est ami de la France, et vous savez, nous vivons dans un monde compliqué. Vous avez de plus en plus dِ'illébéraux de démocraties autoritaires, de puissances de déséquilibre.

Si on n'est pas capables, entre Français et Britanniques, de dire si on est amis ou ennemis, le terme n'est pas neutre, on va vers de sérieux problèmes. Donc oui, à coup sûr, je le dis, le peuple britannique, la nation qu'est le Royaume-Uni, est une nation amie, forte et alliée, quels que soient ses dirigeants et parfois malgré et au-delà de ses dirigeants ou des petites erreurs qu'ils peuvent faire dans des propos d'estrade. Sur l'Ukraine, Monsieur le Président...

Parlons du retour du refoulé, l'opinion, le point de vue de l'Algérie sur la guerre en Ukraine et la Russie ? Là, il appartient aux autorités algériennes de se prononcer. Je sens ici et je vois ici comme vous, je le sais, je pense au contrôle de vos confrères algériens, la nation algérienne s'est construite contre le colonialisme et l'impérialisme.

La guerre en Ukraine est une guerre de puissance coloniale et impériale, qui va envahir un voisin. Donc j'en tire une conclusion simple, de par ce syllogisme : le peuple algérien ne peut être que contre une guerre coloniale qui consiste à envahir un État souverain et à violer sa souveraineté et son intégrité territoriale. Il n'y a pas de doute là-dessus.

Est-ce que vous êtes inquiet à cause des derniers événements à Zaporijia ? Est-ce qu'il y a une inquiétude particulière ? Il y a une préoccupation et une inquiétude très fortes sur la sûreté nucléaire.

C'est pour ça que, depuis mars dernier, je me suis profondément engagé, en lien avec le directeur général de l'Agence internationale pour l'énergie atomique, pour tout faire pour protéger, d'abord Tchernobyl, puis maintenant Zaporijia. J'ai rencontré hier matin le directeur général, après de nombreux contacts durant l'été et des contacts avec les présidents Zelensky et Poutine. Je veux dire deux choses très simples.

La première : la guerre, en aucun cas, ne doit porter atteinte à la sûreté nucléaire du pays, de la sous-région et de nous tous. Et donc le nucléaire civil doit être totalement protégé. C'est l'objet de cette mission qui se tiendra très rapidement et pour laquelle nous avons obtenu les garanties de sécurité de la part des Ukrainiens et des Russes, et qui pourra donc se déployer, faire une mission indépendante et aider à protéger.

La deuxième chose, c'est que le nucléaire civil ne doit pas être un instrument de guerre, et donc la souveraineté des États doit être respectée, quant aux installations nucléaires. Président, sur les nouvelles puissances impérialistes, est-ce que vous faites le constat d'un certain désamour avec la France sur le continent africain ? Est-ce qu'il y a une autocritique sur la politique française, sur les dernières années, à faire ?

Écoutez, j'ai réengagé depuis 5 ans une politique, avec le continent, la jeunesse, totalement nouvelle, que j'ai essayé de théoriser dès Ouagadougou, qu'on a ensuite déclinée. Là aussi, on a parfois les oripeaux du passé et ça met du temps pour construire la confiance. Mais je le fais avec patience, engagement et affection pour le continent africain et pour l'Algérie en particulier, parce que nous sommes liés et parce que je pense qu'il y a là quelque chose, dans nos âmes profondes, qui nous lie et doit nous permettre de bâtir ensemble.

Et donc, oui, la France est critiquée. Elle est critiquée pour le passé, elle est critiquée parce qu'on a laissé trop longtemps des malentendus s'installer. Elle est critiquée aussi parce qu'il y a une immense manipulation et que - soyons clairs - beaucoup des activistes de l'islam politique ont un ennemi, la France.

Beaucoup des réseaux qui sont poussés en sous-main, qui par la Turquie, qui par la Russie, qui par la Chine, ont un ennemi, la France, et ont un agenda d'influence et un agenda néocolonial et impérialiste. Et il y a un ennemi simple, c'est la France. Ça met tout le monde d'accord.

C'est trop facile ! Donc moi, je veux dire simplement à la jeunesse africaine : expliquez-moi le problème et parfois, ne vous laissez pas embarquer, parce que votre avenir, ce n'est pas l'anti-France. Ce n'est pas vrai !

Peut-être que ç'a été le combat de vos grands-parents ou de vos parents mais là, partout en Afrique, on vous raconte des craques, des carabistouilles. Faux ! Quand il y a des problèmes, faisons-les ensemble.

Moi, j'appartiens à une génération qui n'est pas celle-là. J'aborde tous ces sujets avec beaucoup de liberté, d'ambition, d'amour. Donc, avançons.

Monsieur le Président, vous avez parlé de sport hier. La dernière fois que la France et l'Algérie se sont rencontrées au foot... c'était il y a vingt ans, il y a eu un envahissement de la pelouse, ça s'était mal fini.

Est-ce que vous souhaitez, Monsieur le Président, qu'un nouveau match de foot ait lieu entre les sélections algériennes et l'équipe de France ? Écoutez, on va en parler avec, évidemment, le président et ses équipes. Ce n'est pas à moi de me prononcer, et puis ça dépendra aussi du hasard des compétitions à venir, pour certaines, je ne nous le souhaite, mais moi, je pense que le sport doit réconcilier.

Donc c'est pour ça que demain, à Oran, j'y serai avec nos sportifs, en prévision des J.O. Le sport et la culture.

Exactement ! On fera les deux. Ce sont des lieux où on doit, ensemble, financer des projets, porter des projets, aider la jeunesse à s'engager.

L'innovation, la culture, comme je l'ai évoqué hier dans la conférence de presse, et le sport, ce sont des terrains où nous devons être ensemble. Alors, parfois on peut s'affronter mais on s'affronte amicalement. Donc oui, il y a un match entre les équipes de France et algérienne ?

Je pense que ce serait une bonne chose, pour conjurer le. [INAUDIBLE] vous croyez qu'un accord est imminent ? Vous croyez à un accord dans les prochains jours ?

Écoutez, il ne m'appartient pas de faire des pronostics. Il m'appartient de dire que nous, nous avons été très vigilants à ce que les équilibres d'un accord sérieux soient préservés. On a eu des discussions importantes ces derniers jours avec le président Biden, le chancelier Scholz, le Premier ministre Johnson, pour avancer.

Maintenant, la balle est dans le camp des Iraniens. J'ai pu aussi réassurer le directeur général de l'AIEA de notre attachement à l'indépendance de l'Agence et au fait que la France sera derrière l'agence pour que tous les sujets techniques qui relèvent de celle-ci ne fassent pas l'objet de pressions politiques. Je pense que c'est un accord, S'il est conclu dans les termes qui sont aujourd'hui présentés, est utile ; il vaut mieux qu'un non-accord.

C'est aussi un accord qui ne règle pas tout, nous le savons, qui fait que la question iranienne demeurera une question qui impose de parler du balistique, de l'influence régionale, des déstabilisations multiples. Et il nous faudra réengager. Voilà ! [INAUDIBLE] Merci, on continue.

À tout à l'heure. Merci beaucoup. [INAUDIBLE]