Discours de François Asselineau suite au premier tour le 23 avril 2017
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Merci. Merci à toutes et à tous d'être venus ce soir. J'ai un petit peu mis du temps à venir parler devant vous parce que les résultats ne sont pas stables. Et on est obligé de s'exprimer sur des estimations sorties des urnes. J'ai trop à l'esprit ce qui s'est passé lors du Brexit où jusqu'à minuit, les sondages donnaient le Brexit battu pour qu'ensuite, vers 3 heures du matin, on s'aperçoive que c'était l'inverse qui s'était produit. J'ai trop à l'esprit l'élection aux États-Unis où jusqu'à 3 heures du matin, on donnait M. Trump battu par Mme Clinton. On sait ce qu'il en est advenu. Donc moi, je suis prudent sur les estimations qui sont avancées.
Je ne pense pas figurer au 2e tour, bien entendu. Je le regrette. Je le regrette. Simplement, ce que je vois, c'est que d'ores et déjà, il y a certaines évolutions parce que vous savez comment souvent c'est fait. C'est pour que les responsables politiques s'expriment sur des résultats. Et puis ensuite, on va voir à 22 heures, à 23 heures, à minuit, il y a de nouvelles estimations qui, d'un seul bout, bouleversent la donne. Voilà. Je pense que globalement, les différents sondages me donnent aux alentours de 1% des suffrages, ce qui est, il faut reconnaître, décevant pour celles et tous ceux d'entre vous qui m'ont fait confiance. Ça, c'est un exact dont acte.
Je voudrais quand même remercier 1% des suffrages. On va voir au total le nombre de suffrages que j'ai obtenu. Mais c'est, semble-t-il, quand même aux alentours de 350 000 à 360 000 suffrages, ce qui représente quand même un doublement à peu près du... Toujours encore une fois, si les estimations actuellement disponibles sont exactes et sont confirmées par les événements, ça représentera quand même un doublement du nombre de nos suffrages par rapport aux élections régionales de décembre 2015.
Ça veut donc dire qu'en un an et demi, on aura encore une fois doublé nos électeurs, ce qui commence à faire une base électorale réellement stable et qui me met, semble-t-il, largement au-dessus de Mme Arthaud et de Lutte Ouvrière, et ce qui devrait me mettre à peu près au niveau de M. Poutou et du NPA. Tous ceux-ci, ce sont quand même des éléments de confort qui doivent confirmer que nous avons progressé. On a quand même beaucoup progressé. Je dirais même sous forme de boutade que je suis celui qui a le plus progressé depuis les élections présidentielles de 2012. Je voudrais rappeler quand même dans quelles conditions d'adversité extrême nous sommes battus.
Et de ce point de vue, je voudrais remercier non seulement les personnes qui ont voté pour moi, mais toutes celles qui ont rendu possible ce score de 1% des suffrages à une première élection présidentielle, en particulier tous les militants et adhérents dont vous faites partie, sans doute, tous ceux qui ont collé des affiches, distribué des tracts. Un immense merci à vous tous.
Un grand merci également à toutes les équipes, à commencer par l'équipe de campagne nationale, qui a fait un travail formidable, à l'équipe, aux équipes de campagne au niveau départemental, qui ont fait un travail non moins formidable, à tous ceux, à commencer par Anguerrand, notre régisseur, tous ceux qui ont permis ces meetings extraordinaires. Nous avons rassemblé des milliers de personnes, encore à Strasbourg, vendredi soir, où il y avait plus de 1000 personnes qui étaient présentes. Un grand merci à toutes et à tous.
Alors, je le disais, nous avons été contraints de nous battre dans des conditions d'extrême adversité, puisque, en réalité, j'ai créé un parti politique il y a un peu plus de 10 ans. Pendant 9 ans et 11 mois et 15 jours, je n'ai eu quasiment aucune couverture médiatique. Les seules informations disponibles sur moi l'étaient, notamment par une notice Wikipédia, sciemment, délibérément, parfaitement mensongère et calomniatrice et diffamatoire, et contre laquelle on ne pouvait pas grand-chose. J'ai pu noter qu'à partir du moment où j'étais candidat à l'élection présidentielle, dans un premier temps, tous les journalistes et tous les médias ont entonné les mêmes couplets.
J'étais, paraît-il, complotiste, conspirationniste. On se demandait ce que je venais faire là. Et puis, petit à petit, les journalistes, en découvrant mes analyses, mes conférences, ont commencé à évoluer de telle sorte qu'à la fin, la tonalité des journalistes avait changé. Mais nous n'avons disposé, en tout et pour tout, que d'à peu près un peu plus d'un mois. Et pendant les trois premières semaines, disons cinq semaines, les trois premières semaines, c'était le principe d'idéquité, c'est-à-dire d'extrême inéquité en définitive, puisqu'au total, j'ai bénéficié de moins de 1% des temps de parole, alors que ceux dont on savait déjà tout, eux, triomphaient sur les ondes.
Au total, je rappelle que vous connaissez les martingales qui sont établis depuis Belle-Lurette, venus d'ailleurs d'outre-Atlantique, où on a découvert, d'outre-Atlantique, qu'il y a une corrélation très forte entre le nombre d'heures passées dans les médias, notamment dans les médias audiovisuels, le montant budgétaire déconsacré à une campagne, et le résultat dans les urnes. Ce soir, c'est une très grande tristesse. M. Macron arrive, semble-t-il, en tête. Mais pourquoi ? Parce qu'il a bénéficié depuis un an d'une couverture médiatique que je n'hésite pas à qualifier d'obscène. Il a eu... M.
Macron, dont je maintiens qu'il est une marionnette de l'oligarchie financière, est en fait poussé par des puissances d'argent qui ont monopolisé l'ensemble des médias à son bénéfice. Pendant de nombreuses semaines, il avait droit à 25, 30, 35 % du temps de parole, mais sur des mois et des mois et des mois. C'est la raison pour laquelle, hélas, hélas, un certain nombre de Français sont tombés dans le panneau, encore une fois, qui leur étaient tendus.
Je rappelle au passage que, d'après les informations dont je dispose, il semble qu'il a consacré, il semble qu'il aurait consacré, ou demandé en tout cas, c'était un truc comme ça dans les médias, dépenser quelque chose comme 17 millions d'euros pour sa campagne électorale, là où nous, nous avons un budget de l'ordre de 800 à 900 000 euros. En fait, la situation qui se dégage de ce premier tour est une situation assez calamiteuse. En tout cas, le paysage politique français, mine de rien, est en train d'être détruit. La deuxième chose, après l'arrivée en tête de M.
Macron qui apparaît, la deuxième chose, c'est que les partis, les Républicains d'un côté et le Parti socialiste de l'autre sont détruits ce soir, détruits complètement. Parti socialiste sombre dans la... Si j'ai bien compris, M. Hamon va faire six fois... Seulement le candidat officiel du Parti socialiste ne va faire que six fois plus de voix que moi. j'aurais aimé disposer d'un sixième de la couverture médiatique dont a bénéficié le Parti socialiste depuis un an. Quant aux Républicains, même si M. Fillon est maintenant donné dans les sondages en troisième position devant M. Mélenchon, qui est en quatrième position, il est quand même loin des deux premiers, c'est-à-dire de M.
Macron et de Mme Le Pen. Le paysage politique français est détruit. Nous allons assister, en fait, à la réédition de la même tragédie grecque que la France subit depuis maintenant plus de trente ans. D'ores et déjà, j'entendais à la radio M. Fillon, M. Hamon, M. Xavier Bertrand, M. Raffarin, Mme Kosciusko-Morizet, M. Pierre Laurent, appelle à voter pour Macron. On va assister au sketch habituel comme une tragédie grecque. Tous les ingrédients sont mis en ligne et nous allons assister pour la septième fois, septième fois, septième fois à la défaite d'un membre de la famille Le Pen. Tout le monde le sait, tout le monde a compris ce qui va se passer.
Il va y avoir un front républicain, il va y avoir des cris, des hurlements. Probablement, M. Le Pen va sortir d'un chapeau pour dire une horreur, pour bien merquer le coup. Et puis, ça se terminera comme ça. Donc la question qui se pose, c'est de savoir est-ce que les Français vont cette fois-ci comprendre ? Est-ce qu'ils vont enfin comprendre ce qui se passe ? Est-ce qu'ils vont comprendre ce qui se passe ou est-ce qu'ils vont comprendre ? Vous savez ce qui va se passer, ce que je crains ? C'est que les électeurs de Mme Le Pen nous disent que ça sera bon la prochaine fois. Pour la huitième fois. Parce qu'ils nous l'ont fait à chaque fois.
En réalité, c'est une guerre qui est livrée au peuple français, une guerre de la manipulation de l'information, une guerre de la manipulation des médias. Le débat, d'ailleurs, les vrais débats de fond sur l'indépendance nationale, sur l'explosion à venir de l'euro, ont encore une fois été cannibalisés par une toute petite caste qui a mis la main sur les médias français et qui est en train de détruire notre pays. Je rappelle que M. Macron a un programme auquel se rallient Alain Madelin, Robert Rue, Pierre-Laurent, M. Fillon, M. Juppé aussi, M. Bayrou, M. Hamon, etc. Ce programme, je l'ai présenté à la presse de nombreuses fois. Jamais, ils ne l'ont rappelé. Le programme de M.
Macron et de l'oligarchie qui l'entoure consiste dans le démantèlement de nos acquis sociaux parce que la Commission européenne le demande, dans le démantèlement de l'assurance chômage parce que la Commission européenne le demande, dans la baisse du SMIC parce que la Commission européenne le demande, dans l'ubérisation généralisée de la société parce que la Commission européenne le demande, dans la destruction des acquis sociaux des Français, dans la privatisation rampante de nos services publics parce que la Commission européenne le demande, dans la destruction de la sécurité sociale publique pour tous parce que la Commission européenne le demande.
Et quand je dis la Commission européenne, ce sont évidemment les traités européens qui sont derrière et l'oligarchie financière qui ligote et qui verrouille le tout. Nous allons avec M. Macron, je rappelle comment M. Macron qui n'a aucune expérience en matière internationale avait pris note du bombardement de la Syrie par M. Trump il y a quelques jours. D'ailleurs, on n'en parle plus de cette affaire, vous avez remarqué. Ça veut dire que M. Macron est quelqu'un qui est capable d'entraîner la France dans un conflit nucléaire avec la deuxième puissance mondiale si nécessaire, c'est-à-dire avec la Russie. La situation est donc malheureusement très grave. Elle est très grave.
Pour ce qui me concerne, j'ai fait ce que j'ai pu. J'espère, j'espère que tout simplement, le temps va faire son œuvre. En fait, j'ai donné... Je voyais tout à l'heure M. Mélenchon ne s'est pas encore exprimé, mais j'ai vu que sa porte-parole était sur la télévision et elle commençait à expliquer qu'en fait, tout le mal venait de la monarchie républicaine. Elle refusait de s'exprimer, mais enfin, on croit comprendre que bon, non, mal, en gros, M. Mélenchon va bien entendu faire appel à faire barrage à la bête immonde. Et donc, nous allons avoir la Sainte Alliance pour maintenir ça. J'espère que ceci va non seulement...
J'espère que la situation va non seulement déciller les yeux des électeurs du Front National qui ne comprennent pas que la famille Le Pen est ce qui permet au système de se maintenir. J'espère... J'espère que cette situation va également déciller les yeux des gens qui ont fait confiance à M. Mélenchon. M. Mélenchon qui jamais... D'ailleurs, ça a sa porte-parole ce soir à la télévision, n'a pas prononcé une seule fois le mot de Europe. Et M. Mélenchon qui jamais n'a présenté à ses troupes le rapport des grandes orientations de politique économique. Je vous invite à ne pas baisser les bras.
Je vous invite à bien comprendre que nous avons quand même, semble-t-il, multiplié par deux, encore une fois, nos électeurs en un an et demi. C'est-à-dire que nous sommes en forte croissance à le dépit de tout. Je vous invite à bien comprendre que des millions de Français ont fait ma découverte et celle du mouvement politique et celle des analyses et qu'il y a, vous le savez bien d'ailleurs, un temps de latence, un temps de gestation pour comprendre. Je note d'ailleurs que depuis que les sondages et les premiers résultats sont tombés à 20 heures, nous avons fait 25 nouvelles adhésions.
J'en profite d'ailleurs au passage pour signaler que nous avons franchi le cap des 26 000 adhérents hier et surtout, surtout, je vous appelle à vous mobiliser parce qu'il ne faut pas baisser la mobilisation, il faut continuer la mobilisation pour les élections législatives qui arrivent. Nous allons présenter des candidats dans les 577 circonscriptions. J'espère qu'aucun brave qui a été investi ne va vouloir baisser les bras parce que nous avons une petite déception. De toute façon, avec 1% des suffrages au niveau national, nous sommes assurés de dépasser le stade fatidique des 50 candidats dans des circonscriptions avec 1% et ayant dépassé 1% des suffrages.
Donc il faut absolument se mobiliser parce que nous aurons ensuite des moyens financiers très importants si nous nous présentons aux élections législatives.
Ça paraît un petit peu ça paraît un petit peu bas de gamme ce que je vais dire et pourtant, c'est quand même important puisque actuellement, nous avons 0 euro d'argent public, 0 euro d'endettement financier mais si nous nous présentons aux élections législatives et si nous faisons rien que si nous faisons déjà le même score qu'à la présidentielle mais cette fois-ci aux législatives, on peut espérer avoir 600 000 euros de financement public chaque année ce qui sera évidemment, ça changera tout puisque ça va permettre de renforcer encore notre mouvement politique. Mais au-delà de l'argent, ce qui est important, c'est que, je crois, nous détenons la vérité. Bonnes analyses. et que si M.
Macron est élu, les Français très rapidement vont découvrir qu'il applique ce programme. Je vous invite à le faire comprendre, à le faire connaître à tout le monde. Je vous invite à faire comme j'ai fait l'autre jour sur France 2, c'est-à-dire que nous, on est là pour le déchirer. Parce que nous avons raison, le temps va agir en notre faveur puisque nous ne sommes plus du tout ce que nous étions avant l'élection présidentielle. Désormais, nous avons atteint une notoriété nationale. Désormais, dans la rue, il y a 60-70% des gens qui me croisent, qui me reconnaissent. Et donc, ça veut dire que des millions de personnes, en ce moment, sont en train de découvrir nos analyses.
C'est ça qu'il faut comprendre. Et je suis absolument convaincu que nous allons pouvoir améliorer notre score aux élections législatives parce qu'il faut avouer qu'une des raisons pour lesquelles nous avons ce résultat décevant, c'est parce qu'un certain nombre de Français ont cru voter utile. Ils se sont dit, nous avons fait l'objet de campagnes constantes. Moi, j'ai vu des gens qui disaient, mais de toute façon, vous allez faire 0,5. Donc, je vais voter utile. Je vais voter pour Mélenchon. Voilà. Je vais voter pour un tel ou un tel. En réalité, ce n'était pas utile, c'était totalement inutile. Aux élections législatives, le même réflexe n'aura pas lieu.
Donc, je pense que nous allons développer encore nos voies. Et puis, surtout, ce qui est en train de se passer en ce moment, c'est que les Français, de plus en plus nombreux, commencent à découvrir de façon de plus en plus approfondie nos analyses. Rappelez-vous, toutes celles et tous ceux d'entre vous, très peu ont été ceux qui ont été convaincus en 15 jours. C'était 15 jours dont on a disposé, en fait. Et tout le monde n'a pas la volonté d'aller se renseigner. Mais désormais, ce sont des millions de personnes qui ont découvert nos analyses et parmi elles, des centaines de milliers de personnes qui vont aller se renseigner dans les semaines, les mois, les semestres qui viennent.
Ça sera ici ma conclusion. Je voudrais dire que, pour ce qui me concerne, je ne donnerai aucune consigne de vote. Je vous ferai ce que vous voudrez. Moi, je prends les Français pour des gens intelligents. Vous ferez ce que vous voudrez. D'ailleurs, vous n'avez pas besoin de moi pour le faire. Et c'est heureux. Ce que je sais, en tout cas, c'est que Macron, c'est l'horreur. Quant à Mme Le Pen, comme vous le savez, non seulement c'est un mouvement qui stigmatise constamment une partie de la population, mais je vous rappelle qu'elle n'a jamais proposé de sortir de l'Union européenne par l'article 50. Donc, vous ferez ce que vous voudrez.
De toute façon, je crains, hélas, que la France ne connaisse de plus en plus de mauvais jours. Je crains que la France ne continue à s'enfoncer. Je crains, effectivement, qu'elle ne s'enfonce dans le chaos face à cette évolution. En tout cas, vous pourrez compter sur moi avec... Vous me connaissez, avec mon honnêteté, ma sincérité, ma droiture et ma rectitude. Et ma rectitude. Je pense que notre rectitude collective, notre droiture, le fait que nous disons toujours la même chose et que nous faisons toujours ce que nous disons, va finir par nous servir. Je vous donne un grand merci à tous. Je vous demande de vous mobiliser pour les élections législatives qui arrivent.
Et puis, je terminerai en vous disant à tous vive la République et vive la France.
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François Asselineau