Touche Pas à Mon Peuple ! #1 : VSS, vote du budget et Vice-Présidentes de l'Assemblée
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans Touche pas à mon peuple, le nouveau podcast de la France Insoumise. Chaque semaine, nous ferons ensemble un tour de l'actualité insoumise, les luttes que nous menons à l'Assemblée Nationale, au Parlement Européen, ou partout dans la société, ou même dans les médias, pour défendre les sujets qu'on porte, comme la lutte sociale, la lutte antiraciste, la lutte féministe, ou encore, bien sûr, les questions écologiques. Pour ce premier épisode, nous nous sommes entretenus avec Clémence Guettet et Nadej Abou-Mongoli, les nouvelles vice-présidentes insoumises à l'Assemblée nationale.
Nous leur avons demandé ce que c'est ce rôle d'abord pour commencer, quel est ce rôle de vice-présidente, mais aussi comment elles avaient ressenti leur accession à ces nouvelles responsabilités et ce que cela représente pour le mouvement insoumis. président de la commission des finances de l'Assemblée nationale et député insoumis, sur le vote du budget à l'Assemblée. Enfin, l'autre sujet important de ce premier numéro, de ce premier épisode de Touche pas à mon peuple, C'est la lutte contre les VSS, sujet sur lequel nous nous sommes entretenus avec Mathilde Panot et avec Sarah Lebrun.
Sans oublier bien sûr les deux cartes blanches, laissées d'abord à l'insoumission.fr, le site d'actualité de la France Insoumise et à l'Institut Labo ici, l'ILB. On commence tout de suite avec le premier point politique de la semaine de Manu Bompard.
Bonjour, alors on commence par un point sur l'actualité politique de cette semaine qui a été d'abord marqué par l'examen ce mercredi 20 novembre. commission à l'Assemblée nationale des différents textes que la France insoumise a choisi d'inscrire à l'ordre du jour de sa niche parlementaire. La niche parlementaire du groupe insoumis, c'est-à-dire la journée dans l'année où le groupe insoumis peut déterminer les textes qui seront inscrits à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, aura lieu jeudi prochain, c'est-à-dire le jeudi 28 novembre.
Et avant que ces textes soient discutés en plénière, en séance à l'Assemblée nationale, ils sont discutés en commission et c'est ce qui avait lieu ce mercredi matin. A cette occasion, le groupe Insoumis a réussi à faire adopter par la Commission des Affaires Sociales de l'Assemblée Nationale sa proposition, son projet d'abrogation de la réforme des retraites d'Emmanuel Macron. Cette proposition de loi permet à la fois de ramener l'âge de départ à la retraite à 62 ans plutôt que les 64 ans imposés en force par Emmanuel Macron, mais aussi de revenir sur la réforme qu'on appelle la réforme Touraine qui... inscrit dans la loi la volonté d'allonger la durée de cotisation jusqu'à 43 annuités.
Cette proposition de loi a donc été adoptée en commission des affaires sociales à l'Assemblée nationale et elle devrait pouvoir être adoptée jeudi prochain en séance, ce qui serait une énorme victoire et une manière de corriger le passage en force, l'imposition par Elizabeth Borne et Emmanuel Macron de la réforme des retraites sans vote à l'Assemblée nationale. contre la volonté de 90% des actifs, de l'ensemble des organisations syndicales et d'une majorité des députés. Dans notre niche parlementaire, nous avons aussi choisi d'inscrire à nouveau une deuxième motion de destitution du président de la République.
La Constitution permet en effet d'envisager une procédure de destitution du président de la République quand il s'est rendu coupable de manquements graves vis-à-vis de ses devoirs et en particulier de ses devoirs constitutionnels. Depuis la nomination de Michel Barnier comme Premier ministre et donc la décision du Président de la République Emmanuel Macron de s'asseoir sur le résultat des élections législatives, le groupe Insoumis défend la volonté d'inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale une motion de destitution. Nous en avions déposé une première au mois de septembre mais elle avait été écartée par la conférence des présidents de l'Assemblée nationale qui avait refusé de l'inscrire à l'ordre du jour avec l'accord des macronistes et de Mme Le Pen et du Rassemblement national.
Et nous avons donc décidé d'inscrire cette motion de destitution dans notre niche parlementaire. Le groupe Insoumis a aussi choisi de faire avancer à travers sa niche parlementaire la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en proposant une proposition de loi visant à introduire la notion de consentement dans la définition du viol. C'est un sujet qui est malheureusement tristement d'actualité, notamment à travers le procès qui se déroule à...
Avignon dont Gisèle Pellicot a été la victime. Mais c'est un sujet qui plus largement est dans l'actualité depuis plusieurs mois et qui notamment avait occupé une partie de la campagne des élections européennes puisque le président de la République Emmanuel Macron s'était allié à l'époque avec le président hongrois Victor Orban pour empêcher au niveau européen l'introduction du consentement dans la définition du viol. Le groupe Insoumis essaye de faire avancer cette bataille, ce combat. sur la scène nationale à travers sa niche parlementaire.
Mais malheureusement, l'abstention des groupes macronistes et d'autres groupes issus du nouveau Front populaire a permis au Rassemblement national et à ses alliés des Républicains et du groupe d'Eric Ciotti de rejeter à ce stade, en commission de notre proposition de loi. Pour autant, c'est une bataille qui n'est pas terminée puisque ce texte sera examiné dans le cadre de notre niche parlementaire. Enfin, et sans être exhaustif puisqu'il y a dix textes qui sont inscrits à l'ordre du jour de la niche parlementaire du groupe Insoumis, le texte qui arrivera ensuite, c'est un texte qui vise à bloquer les prix de l'énergie en Hexagone et dans les départements et territoires d'outre-mer.
C'est une problématique centrale très importante, en particulier ces dernières années où les factures d'électricité ont augmenté parfois de près de 40% et avec un prix de l'énergie qui se retrouve très déconnecté du prix réel. de production de l'énergie et qui est déterminée par des marchés, des marchés organisés en particulier au niveau européen. Il s'agit par cette proposition de loi de rappeler la possibilité par décret de bloquer le prix de l'énergie.
L'actualité de la semaine, c'est aussi une actualité bien évidemment internationale avec la poursuite du génocide en cours à Gaza, la poursuite de l'agression de l'armée israélienne et du gouvernement de M. Netanyahou contre la population libanaise. Et la volonté que nous exprimons depuis maintenant plusieurs mois de manière forte que la France sorte de sa complicité avec les actions du gouvernement de Netanyahou et de l'armée israélienne et prenne des mesures, des décisions importantes pour faire en sorte de peser dans le rapport de force et contraindre le gouvernement de M.
Netanyahou de cesser ses agressions. Ces mesures, c'est la reconnaissance de l'état de Palestine, c'est un embargo sur les livraisons d'armes, c'est des sanctions économiques contre le gouvernement de M. Netanyahou.
Malheureusement, la France, pour l'instant, reste très silencieuse sur le sujet, même si cette semaine, le nouveau Front populaire, qui est majoritaire au bureau de l'Assemblée nationale, a réussi à imposer à l'Assemblée nationale la mise en place d'un groupe d'amitié France-Palestine, qui est un pas encourageant allant vers la reconnaissance officielle de l'État de Palestine. La situation internationale, c'est bien évidemment aussi les dernières évolutions de la guerre en Ukraine, où on sent à la fois la... la possibilité que se nouent enfin des discussions permettant, et c'est le président ukrainien Zelensky qui a indiqué que son objectif, c'était la fin de la guerre en 2025 par la voie diplomatique.
Donc c'est une possibilité encourageante. Mais on voit aussi dans ce qui se passe en Ukraine, des risques d'une nouvelle escalade dans le conflit militaire, avec la possibilité pour la première fois, l'utilisation de missiles de longue portée frappant en profondeur sur le sol russe, qui pourrait conduire à un escalade dans ce conflit. toujours plus meurtriers.
La volonté des insoumis, depuis le premier jour, c'est de créer le plus rapidement possible les conditions de la paix, par la voie diplomatique, et que la France, que les différentes puissances à l'échelle mondiale, puissent jouer leur rôle, leur rôle permettant de mettre l'ensemble des belligérants autour de la table et de créer les conditions d'un accord de paix. Merci Manu, c'est la fin de ce premier point politique. On passe maintenant au sujet suivant.
Ces bruits que vous entendez, ce sont ceux des tambours de la garde républicaine qui résonnent lorsque Clémence Guetté, ou Nadège Abobangoli, arrive pour présider une séance de l'Assemblée nationale. Les deux insoumises sont vice-présidentes, nous les avons rencontrées pour discuter avec elles de ce nouveau rôle. Pour commencer, Clémence et Nadège, est-ce que vous pouvez nous expliquer finalement ce que c'est ce rôle de nouvelle vice-présidente, peut-être Clémence pour commencer ?
Notre rôle c'est de faire respecter les droits des parlementaires, de faire en sorte que le débat se passe bien, mais que tous les arguments et de façon impartiale puissent être entendus. Donc y compris y a des macronistes qui sont quasiment surpris qu'on réussisse à exercer ces fonctions, en fait c'est mal nous connaître parce que...
On respecte ces institutions dans le sens où on veut au contraire que les parlementaires arrêtent d'être écrasés comme ils l'ont été par la brutalité, par l'autoritarisme qu'on a vécu depuis 7 ans. Le rôle de vice-présidente de l'Assemblée nationale dans la période qu'on connaît est particulièrement important. Parce que nous sommes dans une période d'instabilité politique.
Je rappelle quand même que le président de la République n'a pas tenu compte du résultat des élections législatives. Et que nous, en fait, en tant que mouvement progressiste, émancipateur, qui veut redonner la parole au peuple, nous croyons que le Parlement doit être aujourd'hui le centre névralgique de la vie politique. Et dans cette mesure, en tant que vice-présidente de l'Assemblée nationale, nous devons mener les débats.
Nous devons les mener avec équité, avec rigueur. et en rupture avec ce qui a été fait auparavant avec une présidente de l'Assemblée et un libre privé très partiale. Je rappelle que c'est celle qui a le plus sanctionné la parole des parlementaires en quelques années par rapport à l'ensemble de la Ve République.
Donc nous, en fait, ce qu'on va faire, c'est liberté de parole des parlementaires, débats de qualité et remettre à chaque fois les parlementaires qui sont les représentants du peuple. au centre des discussions. Clémence, est-ce que tu peux revenir avec nous sur la façon dont ça s'est déroulé, le vote qui vous a permis à toutes les deux d'être élue vice-présidente de l'Assemblée nationale ?
En fait, il y a eu une nuit, une nuit très étrange où on a...
On a voté pour les gens qui font partie maintenant du bureau de l'Assemblée nationale. Je dis nuit très étrange parce qu'en fait, à un moment donné, le Rassemblement national, ils sont tous allés se coucher. Un tout petit peu plus tard, une heure plus tard, c'est les macronistes qui sont allés se coucher.
Et donc, on a fini à 4h du matin le nouveau Front populaire totalement majoritaire sur tous les postes. Et donc on a continué à voter et c'est ce qui fait qu'on a cette fois-ci une majorité, y compris parmi les autres postes, c'est-à-dire les guesteurs et les secrétaires du bureau de l'Assemblée. A votre avis, qu'est-ce que ça représente pour le mouvement de la France Insoumise d'avoir deux vice-présidences de l'Assemblée nationale, deux vice-présidentes en l'occurrence de l'Assemblée nationale ?
C'est la traduction d'abord du poids qu'on prend dans le paysage politique, c'est la traduction de notre victoire en réalité aux élections législatives. C'est l'aboutissement du travail d'un mouvement qui a formé des cadres. des militantes et qui aujourd'hui se retrouvent en responsabilité avec toujours en tête que nous sommes à la fois dans la vie, dans le quotidien et puis aussi dans les institutions et qu'on porte une voix particulière en son sein.
Je pense que c'est quand même la reconnaissance de notre travail. C'est un certain aboutissement aussi pour le mouvement. Et c'est vrai que moi, j'ai reçu plein de commentaires enthousiastes des Insoumis et qui font chaud au cœur, qui donnent du courage, parce que c'est une institution qui est quand même assez violente, qui est quand même assez... où parfois on se demande si ce qu'on fait est vraiment regardé, compris par le plus grand nombre.
Et donc c'est vrai que là, on s'est dit qu'en effet, c'était perçu et que les gens pouvaient être fiers. Donc du coup, moi, Nadège, comme vice-présidente, on essaye d'exercer ce rôle du mieux possible, avec le plus de sérieux possible, en ayant aussi en tête l'histoire longue de ce Parlement. C'est quand même...
La chambre révolutionnaire de la souveraineté populaire et dont on a l'honneur de présider les débats, donc évidemment c'est symboliquement extrêmement important. On laisse notre empreinte modestement, Pour finir Nadège, est-ce que tu peux nous dire ce que tu as ressenti quand tu es devenue vice-présidente de l'Assemblée nationale, mais aussi la première fois que tu as présidé une séance au sein de l'hémicycle ? J'ai ressenti une immense fierté, pas seulement pour moi, mais pour tout le monde. pour toutes celles et ceux que je représente.
Et c'est la raison pour laquelle je sais que du côté du clan macroniste, on moque la volonté de Clémence Guettet et de moi-même d'avoir les honneurs de la garde républicaine. La garde républicaine, c'est le symbole de l'armée qui s'incline devant le pouvoir politique. Et aussi, c'est les honneurs des représentants politiques.
Et nous représentons la classe des humiliés de ce pays. Et c'est important pour nous, écoutez, de les représenter. correctement et qu'il soit reconnu à travers nous c'est la reconnaissance de milliers de sympathisants, d'électeurs mais aussi de militants insoumis.
Nadège Clémence, merci d'avoir répondu à nos questions. On vous souhaite bon courage pour tout le travail à l'Assemblée nationale et on vous suivra évidemment avec beaucoup de fierté et d'intérêt dans vos travaux à l'AN. On va maintenant passer au sujet suivant, c'est-à-dire le vote du budget à l'Assemblée nationale et c'est Eric Coquerel, président de la commission des finances, député insoumis bien sûr. qui va répondre à nos questions et nous éclairer.
On a assisté ces dernières semaines à un débat en première lecture du budget 2025 totalement inédit. Pourquoi ? Parce qu'il a été rejeté par l'Assemblée nationale.
Ça ne s'est jamais passé sous la Vème République. Mais alors, deuxième fait totalement nouveau, c'est ceux qui sont censés soutenir ce budget qui l'ont rejeté tout simplement parce que nous avions, nous, député du Nouveau Front Populaire, réussit à le rendre NFP compatible, c'est-à-dire à l'amender de manière tellement importante que nous avons fini, nous, par voter ce budget. On vous explique comment ça s'est passé.
Ok, Eric, pour commencer peut-être, est-ce que tu peux nous expliquer rapidement et le plus simplement possible, je sais que c'est pas facile, comment ça fonctionne le vote du budget à l'Assemblée nationale ? Parce que je ne suis pas sûr que tous les Français sachent bien, que tous les gens qui nous écoutent sachent bien comment ça fonctionne. Donc vas-y, en quelques phrases.
Le vote du budget, il est en deux parties. Partie recette. Les impôts, les parties dépenses, qu'est-ce qu'on en fait ?
Il y a une première lecture à l'Assemblée nationale, qui a donc eu lieu avec le rejet du texte. Ça part au Sénat, ce qui là est presque en cours. Ça revient à l'Assemblée nationale.
Là, ça dépend, ça peut être la fin de la discussion budgétaire. Si à l'issue du Sénat, il y a ce qu'on appelle une commission mixte paritaire qui est conclusive, c'est-à-dire en gros c'est les députés qui représentent le Sénat, qui représentent l'Assemblée, qui se mettent d'accord. S'ils sont d'accord, le texte revient au Sénat, à l'Assemblée, et là, il faut qu'il soit voté conforme.
Donc, ça ne se passera pas comme ça. L'Assemblée ne sera pas votée conforme, puisqu'il n'y a pas de majorité. Et dans ces cas-là, on pourrait très bien avoir, on sera mi-décembre, un texte à 49.3 pour que le gouvernement essaie de passer en force, et une motion de censure.
Éventuellement, il peut y avoir une troisième lecture qui repousse ce moment fin décembre. Mais ça va se terminer par un vote, quoi qu'il en soit, parce qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale pour voter. le texte qui sera issu du Sénat.
Eric, dans la première partie du vote du budget, les parlementaires de la France Insoumise et du Nouveau Front Populaire ont réussi à obtenir pas mal de victoires et à changer finalement la nature, l'orientation du budget qui avait été proposé par Michel Barnier. La question que j'ai à te poser, c'est est-ce que tu peux faire un tour rapidement, nous expliquer ce que vous aviez réussi à construire, comment vous aviez réussi à changer le budget et à le réaxer vers quelque chose de plus NFP compatible ? On avait annoncé qu'on avait une majorité pour rendre ce budget NFP compatible.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire des amendements votés qui rapprocheraient le budget suffisamment du programme que nous avions défendu aux législatives pour que nous votions à la fin pour ce budget. C'est exactement ce qui s'est passé.
Sur les recettes, il faut bien considérer que la première victoire, ça a été d'aller chercher des recettes auprès des ultra-riches, donc plus d'impôts, auprès des ultra-riches et des très grandes entreprises. Et on a été en chercher pour 75 milliards d'euros. Le solde net de tout ça, c'était 58 milliards d'euros.
Et qu'est-ce qui s'est passé ? Eh bien, le déficit de l'État est passé en dessous de 3%. Vous entendez bien, un déficit qui était prévu par le gouvernement à plus de 5%, on l'a amené en dessous de 3%.
Donc ça, c'est la première victoire, parce qu'on a montré que le problème dans ce pays, c'était bien les recettes et non pas trop de dépenses publiques. Et qu'en descendant ainsi le déficit, ça nous libère de l'argent. pour la bifurcation écologique, pour les investissements en matière écologique, de santé, d'éducation, etc.
Dans ces recettes, qu'est-ce qu'on a principalement fait ? On a été taxé les multinationales, c'est-à-dire celles qui délocalisent leurs profits. On a été taxé les super dividendes, on a été taxé les super profits, on a été taxé, j'allais dire, les super riches, c'est-à-dire l'argent qui, depuis 2017, va dans la poche des 500 plus riches de ce pays pour aller vite. parce que monsieur Macron leur a donné des avantages fiscaux.
Et donc ça fait beaucoup, beaucoup d'argent, d'où les 75 milliards de recettes que nous avons trouvées. On a été aussi imposer des taxes kilométriques sur des critères socio-écologiques aux frontières. C'est une première forme de protectionnisme.
On a été aussi abaisser la TVA à 0% pour les produits de première incité, par exemple en Outre-mer. Donc ça, c'est aussi des avantages. Et enfin, on a supprimé, par exemple...
Les taxes prévues par le gouvernement qui allaient framper tous les Français, notamment sur l'électricité. Donc je résume, on va chercher l'argent là où il est, ultra riche, grande entreprise, pour commencer à le mettre au service de tous les Français. Voilà ce que nous avons réussi à faire dans cette première partie du texte.
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'à l'Assemblée nationale, on a assisté à un très curieux scénario. Pendant toute la discussion budgétaire, au maximum, il y a eu entre 15 et 30 députés de ce qui est considéré comme le socle du... commun de M.
Barnier. Il n'y a pas de socle. Ces gens-là n'étaient en accord sur presque rien.
Ils ont voté des textes différents, selon qu'ils soient modem, selon qu'ils soient horizon, selon qu'ils soient républicains, selon qu'ils soient macronistes purs et durs à Ensemble pour la République. Et puis, non seulement il n'y a pas de socle, mais en plus de ça, il n'y a même pas, je veux dire, c'est une armée en déroute. Très, très peu de monde.
Et au final, on les a vus se mobiliser pour faire quoi ? Pour voter contre leurs propres textes, effectivement, avec l'appui du Rassemblement national qui, à chaque fois, est venu au secours, on va dire, de cette majorité gouvernementale pour essayer vaille que vaille de ne pas s'effondrer et de ne pas voir, par exemple, le texte au final rendu NFP compatible voté par l'Assemblée nationale. Donc pour l'instant, les lupénistes, le Rassemblement national est venu au secours de M.
Mardier et de M. Macron. Ça a été ça l'enseignement de cette première lecture.
Est-ce qu'ils le feront jusqu'au bout lorsqu'il y aura une notion de censure finale ? À moi. À mon sens, je pense que c'est le scénario le moins probable.
Je pense qu'au final, ce gouvernement tombera avec son texte. Merci Eric, on va suivre avec intérêt la fin des débats sur la question du budget qui se passe au Sénat, puis voir ce qui se passe quand ça revient à l'Assemblée nationale. On va pouvoir passer aussi dans ce podcast au sujet suivant.
Chaque semaine, le podcast de La France Insoumise, Touche pas à mon peuple, laissera une carte blanche à l'insoumission.fr, le site d'actualité de La France Insoumise que nous vous conseillons de lire et auquel nous vous conseillons de vous abonner, notamment sur les réseaux sociaux. Voilà, pour cette première, on laisse la parole à Sylvain Noël, rédacteur en chef de l'Insoumission.fr.
Bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui, l'Insoumission vous parle d'un événement considérable. Ce jeudi, les juges de la Cour pénale internationale ont délivré un mandat d'arrêt contre Benjamin Netanyahou pour crime de guerre et crime contre l'humanité.
C'est un événement qui est significatif car il marque une avancée du droit sur la loi du plus fort. Concrètement, cela signifie que les 124 états membres de la CPI, dont la France fait partie, ont l'obligation d'arrêter Netanyahou s'il venait à venir sur le sol français. La décision de la CPI peut aussi faire un effet boule de neige qui inquiète beaucoup les génocidaires.
Des tribunaux, en effet, peuvent à leur tour lancer des mandats d'arrêt contre des officiers et des soldats israéliens. Donc aussitôt, vous vous en doutez. C'est la panique à bord du côté de Netanyahou et de ses complices.
Il a osé se comparer au capitaine Alfred Dreyfus. C'est toujours la même petite musique. Il active le rayon paralysant de l'accusation d'antisémitisme pour faire taire toute critique.
En France, c'est la même rengaine depuis plus d'un an. Toutes les voix qui appellent à la fin du génocide sont diffamées. Jean-Luc Mélenchon, Edgar Morin, l'ONU, De Villepin et même le pape, tous ont été qualifiés d'antisémites.
Résultat des courses ? après le mandat d'arrêt émis par la CPI, tous les propagandistes complices se sont rangés derrière Netanyahou, avec Joe Biden en tête, qui trouve la décision scandaleuse. Rappelons que Joe Biden, c'est avant tout le pourvoyeur principal de Charnier, avec la livraison de 22 milliards de dollars d'armement depuis bientôt un an à l'armée israélienne.
Et ce n'est pas étonnant que les Nord-Américains critiquent la CPI. Ils n'en font même pas partie. On connaît la cause.
Ils ont bombardé le Vietnam avec de l'argent orange....
Ils ont détruit la moitié de l'Irak et j'en passe. Même chose pour Israël qui ne fait pas partie de la CPI en raison des nombreux crimes que commet l'État israélien. Quant à CNews, même topo habituel, la chaîne de Bouloré a assimilé la CPI à l'islamisme, rien que ça.
Même chose pour les macronistes. Sur un plateau de France Info, le macroniste Sylvain Maillard a osé demander des détails à la CPI. Et à la question, la CPI est-elle anti-hémite ?
Il a botté en touche. C'est complètement lunaire mais pas étonnant. Toute cette clique avait applaudi des deux mains lorsque Netanyahou était passé sur TF1 en mai dernier.
Pour eux, il n'y a pas d'équivalence entre crimes de guerre. En conclusion, ce qu'il faut retenir, c'est que la propagande de ces répandeurs automatiques du génocide prend de moins en moins. Les gens ne sont pas dupes.
La décision de la CPI donne une nouvelle fois raison aux insoumis qui, dès le 7 octobre, ont condamné tous les crimes de guerre. Voilà, c'est la fin de ce billet de l'insoumission. N'hésitez pas à vous abonner à tous nos réseaux, Twitter, Telegram, Youtube, Instagram. et TikTok.
Merci Sylvain pour cette carte blanche et on passe maintenant au sujet suivant de notre podcast. Le sujet suivant, ce sont les VSS, les violences sexistes et sexuelles. Pour en parler, nous nous sommes entretenus avec Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise NFP à l'Assemblée Nationale et avec Sarah Legrin qui est députée de La France Insoumise et qui va nous parler d'une proposition de loi que La France Insoumise va d'ailleurs défendre dans la niche parlementaire dont nous avons parlé en début de podcast avec Manuel Bompard.
Une proposition de loi qui vise à inscrire la notion de consentement dans la définition du viol. Pour commencer le sujet, Mathilde Panot qui nous dresse un portrait alarmant de la question des VSS en France en 2024. Le 25 novembre a lieu la journée internationale pour l'élimination des violences sexistes et sexuelles contre les femmes.
Cette année, c'est le 23 novembre, le samedi, que nous marcherons aux côtés des organisations féministes, comme nous le faisons chaque année. Pour dénoncer l'inaction du gouvernement d'Emmanuel Macron, qui lorsqu'il était arrivé au pouvoir en 2017, avait dit qu'il faisait de la cause des violences faites aux femmes la grande cause du quinquennat, et pourtant, sept ans après, il y a d'ores et déjà, selon le collectif Nous Toutes, mille femmes et filles qui ont été victimes de féminicides dans notre pays. Un millier de femmes tuées parce qu'elles sont femmes.
Et en France, nous continuons toujours à avoir une femme victime de viols ou tentative de viol toutes les deux minutes et demie, un enfant victime de viol ou de tentative de viol toutes les trois minutes et un tiers des femmes qui disent subir du harcèlement sexuel sur leur lieu de travail. Les violences sexistes et sexuelles dans notre société ne sont pas une fatalité. Elles dépendent de volontés politiques et il est possible, si les moyens sont donnés aux associations, les 2,6 milliards réclamés depuis des années par les associations n'ont jamais été données et ne permettent pas aux associations de pouvoir faire leur travail convenablement pour accompagner les victimes des violences sexistes et sexuelles.
Pire, non seulement ils ne donnent pas les 2,6 milliards par an demandés par les associations, mais le gouvernement s'est engagé dans une répression sans précédent des mouvements sociaux et féministes. De même, nous demandons depuis des années une formation des magistrats et des policiers pour faire en sorte de lutter efficacement contre les violences sexistes et sexuelles. Nous demandons une prise en charge de toutes les victimes des violences sexistes et sexuelles, là aussi avec des moyens.
Et cette semaine, nous avons déposé une proposition de loi par la voix de Louis Boyard, qui est une proposition de loi qui existe déjà en Espagne, qui est sur les recommandations de l'Organisation internationale du travail, qui permet notamment d'interdire les licenciements des femmes victimes de violences conjugales, qui permet de donner 10 jours de congés supplémentaires aux victimes de violences conjugales pour faire en sorte qu'elles puissent faire leur démarche à l'hôpital, au commissariat et à tout autre endroit. Bref, de mettre en place des recommandations que la France a déjà signées, mais n'a jamais mises dans sa loi, qui sont les recommandations de l'Organisation internationale du travail. On s'entretient maintenant avec Sarah Legrin, députée insoumise, avec qui on parle de l'inscription de la notion du consentement dans la définition du viol.
C'est un sujet un peu technique, mais très intéressant, qui va être défendu par les insoumis dans leur niche parlementaire. Est-ce que déjà, Sarah, tu peux nous expliquer pourquoi est-ce qu'on porte cette proposition à l'Assemblée nationale ? Parce qu'aujourd'hui, l'agression sexuelle et le viol sont définis en fonction de quatre critères dans le Code pénal.
La violence, la contrainte, la menace et la surprise. C'est-à-dire que si vous n'avez pas réussi à prouver l'un de ces quatre critères, en réalité vous êtes présumé consentant. On considère qu'il n'y a pas de possibilité de prouver l'agression sans ces quatre critères.
Au fond, vous pouvez avoir une relation sexuelle non consentie, avec conscience par votre agresseur que vous n'étiez pas consentante, mais si vous n'arrivez pas à prouver violence, contrainte, menace ou surprise, eh bien vous n'êtes pas couverte par la loi. Alors voilà pourquoi il faut mettre le consentement dans la loi, il faut essayer de faire en sorte que la loi couvre davantage de cas, notamment tous les cas de sidération, les cas de dissociation, les cas où tout simplement par peur, parce que la victime est aussi face à un agresseur qu'elle connaît, on sait que de plus en plus maintenant, on sait que la plupart des agresseurs sont des personnes connues, donc ça provoque un certain type de réaction. Donc quand on n'a pas pu... réagir, eh bien, on doit pouvoir quand même, à un moment, obtenir justice.
Est-ce que, Sarah, tu peux aussi peut-être nous expliquer un peu plus dans le détail à quoi ça sert exactement d'essayer d'inscrire cette notion de consentement dans la loi ? L'inscrire dans la loi, c'est aussi clarifier et c'est aussi le définir. C'est-à-dire que je ne compte pas juste le mettre dans la loi, mais le définir d'une façon qui ne puisse pas être justement utilisée par les agresseurs ou utilisée de façon sexiste au sein de la justice, puisqu'aujourd'hui...
En fait, dans les procès, on entend beaucoup, beaucoup parler de consentement. D'ailleurs, on interroge beaucoup la victime sur tout son comportement, en essayant d'en déduire un consentement ou un non-consentement. Et justement, inscrire le consentement dans la loi, c'est aussi le définir et dire qu'il doit être libre et éclairé, qu'il faut aller chercher dans les circonstances et surtout dans le comportement de la personne mise en cause, dans le comportement de l'agresseur, tout ce qu'il a fait pour ne pas respecter le consentement ou pour essayer d'empêcher. le consentement, d'empêcher le fait qu'il s'exprime de façon libre et éclairée.
Et donc là, c'est aussi analyser tous les rapports de domination, etc., qui ne sont pas forcément couverts par contraintes, violences, menaces, surprises. Donc évidemment, en inscrivant le mot consentement, il faut aussi mettre un certain nombre de choses pour garantir que la loi soit plus protectrice qu'elle ne l'est actuellement pour les victimes, et pour essayer d'empêcher un certain nombre de classements sans suite qui ont lieu actuellement.
Avant d'être portée dans l'hémicycle, cette question a été portée. En commission, elle a été soulevée en commission. Est-ce que tu peux nous revenir sur ce point ?
Qu'est-ce qui s'est passé au moment où le sujet a été abordé en commission ? En commission des lois, mon texte a été rejeté. D'abord parce qu'il y a eu des votes contre du Rassemblement national.
Alors là, c'était assez intéressant à entendre, puisqu'ils nous ont expliqué qu'au fond, il n'y avait pas vraiment de problème dans le traitement judiciaire des violences sexistes et sexuelles, que la loi était déjà très répressive. C'est intéressant parce qu'eux qui nous parlent beaucoup de laxisme et de la justice quand il s'agit de questions féministes, alors là, ils ne sont pas d'accord. Donc, ils ont voté contre.
Mais il y a eu aussi, et ça c'est très surprenant, des votes contre et des abstentions dans le camp macroniste. Alors que, si vous avez bien suivi, depuis qu'Emmanuel Macron a bloqué une directive européenne contenant la notion de viol et de consentement au niveau européen, il a fini par un peu revenir sur ses positions, dire qu'il fallait quand même que la France peut-être envisage un changement de loi. Et puis...
Là, on a un ministre de la Justice et un ministre de l'égalité femmes-hommes qui se sont tous les deux dits pour l'introduction du consentement dans la loi et qui le répètent à peu près tous les quatre matins. Donc, c'est un peu étonnant de voir que les soutiens de ce gouvernement, eux, se sont abstenus ou ont voté contre. En fait, ont permis le rejet du texte.
C'est un peu moins étonnant si on entend leurs arguments qui est il est urgent d'attendre, nous allons, nous, vous proposer un texte Alors, un texte transpartisan, qu'ils disent, mais c'est un petit peu...
On se demande un peu quand aura lieu ce texte, s'il existera vraiment et surtout s'il existe, on peut se demander quelle en sera la teneur parce qu'il y a quand même un risque de se retrouver avec un texte avec juste marqué non consenti. et qui ne soient pas du tout davantage protecteurs pour les victimes, ou au contraire qui finissent par alimenter tous les stéréotypes sexistes qu'on veut justement combattre. Et vous avez quand même des gens à gauche et dans les autres groupes du Nouveau Front Populaire qui aussi ont exprimé leur réserve, leur inquiétude sur l'introduction du consentement dans la loi.
Et donc ce n'est pas particulièrement rassurant de se dire que le gouvernement et les macronistes ne valident pas notre proposition de loi qui est sécurisée, qui est vue avec des juristes, des avocats de féministes, etc. et nous renvoie à un texte ultérieur dont on n'a toujours pas vu la couleur. Donc ce sont vraiment deux gros hypocrites.
On va continuer à se battre en étant très vigilants. Et évidemment, l'examen aura lieu jeudi prochain en séance. Et du coup, qu'est-ce qu'on peut attendre de cet examen dans l'hémicycle ?
On pourra leur demander finalement qu'est-ce qu'il en est de ce texte. Est-ce que vous avez un texte qui est similaire au mien ? Dans ce cas-là, je ne comprends pas pourquoi vous n'amendez pas et n'adoptez pas le mien tout de suite pour qu'on avance, parce qu'il y a quand même 80% des Français qui sont pour, 500 féministes qui ont signé une tribune pour, et une petite urgence quand même dans le pays.
Ou alors, votre texte, finalement, c'est un texte moins disant, voire pas de texte du tout, finalement, et vous êtes en train de nous mener en bateau. Donc, on leur expliquera tout ça en hémicycle, et n'hésitez pas, d'ici là, à leur mettre... un petit coup de pression.
Voilà. Merci Sarah d'avoir accepté de discuter avec nous de l'inscription de cette notion de consentement dans la définition du viol et de tout ce qui se passe politiquement autour. Merci aussi à Mathilde Panot d'avoir accepté de répondre à nos questions au sujet des violences sexistes et sexuelles.
On passe maintenant au sujet suivant qui est la carte blanche que nous ouvrons dans le podcast Touche pas à mon peuple à l'Institut La Boétie, l'ILB, cette semaine. C'est Antoine Sales-Papou de l'ILB qui va nous présenter la note de l'Institut sur la situation économique en France. Antoine, c'est à toi.
Bonjour. Chaque trimestre...
Le département d'économie de l'Institut La Boétie, coanimé par Aurélie Trouvé et Éric Baer, publie un point de conjoncture économique et sociale. Cette note régulière permet de faire le point à partir des données disponibles sur l'état de l'économie française. Ce trimestre, ce sont deux économistes, Sylvain Billot et Raoul Sampognaro, qui nous peignent un tableau assez sombre.
Les voyants économiques tournent tous un à un au rouge, et l'économie française en général semble être sur le point d'être entraînée dans une spirale dépressive. Elle souffre en premier lieu d'un manque de consommation des ménages. Celle-ci stagne à peine du fait d'une baisse des salaires réels.
En effet, après deux ans où l'augmentation des prix a été supérieure à celle des salaires, le salaire net moyen a baissé de 3%. Et la mauvaise nouvelle, c'est que les prévisions d'évolution des salaires pour l'année prochaine ne laissent pas présager de rattrapage de cette perte de pouvoir d'achat. Or, la consommation des ménages fait aussi les carnets de commande des entreprises.
Ce qui entraîne logiquement un deuxième phénomène, la baisse de la qualité de l'argent. baisse de l'investissement des entreprises sur cinq trimestres consécutifs. Faute de perspectives de débouchés, les entreprises n'investissent pas pour améliorer leur production.
Et bien sûr, l'investissement des unes est aussi la production des autres. C'est donc ce qu'on appelle la demande globale des entreprises, c'est-à-dire tout ce qui constitue leur carnet de commandes qui est orienté à la baisse. La seule chose qui contribuait encore tant bien que mal jusqu'à maintenant à contrecarrer cette tendance était la dépense publique.
Et oui, les dépenses publiques sont aussi des sources de commandes, et donc de revenus pour les entreprises privées. Ce problème de demande se conjugue et renforce un autre problème profond et structurel du capitalisme français, son improductivité. Les capitalistes français réussissent même cette prouesse, une économie moins productive que ce qu'elle n'était en 2017.
Ce qui signifie qu'à même quantité de travail employé, on produit moins de valeur aujourd'hui qu'il y a 7 ans. C'est en partie dû au sous-investissement chronique privé, en partie à la multiplication de l'emploi de mauvaise qualité, comme l'auto-entrepreneuriat ou l'apprentissage. Mais dans ce paysage déprimant, rassurez-vous.
Il y a une bonne nouvelle. Les profits se maintiennent. Ouf !
On est soulagé pour les actionnaires. Mais sérieusement, comment cela est-ce possible ? Les auteurs de la note montrent, graphique à l'appui, qui payent pour maintenir les marges dans un contexte de baisse de la productivité et de la demande.
Et c'est nous, et oui, à travers l'argent public. Sans les baisses d'impôts, les exonérations de cotisations sociales et les subventions versées aux grandes entreprises, les profits seraient eux aussi en baisse. Mais bien entendu, cette politique de perfusion des profits privés par de l'argent public à un inconvénient, elle creuse le déficit et les services publics deviennent alors une variable d'ajustement pour sa continuation.
Un seul chiffre suffit à montrer à quel point. Depuis 2000, la dépense publique au profit des entreprises a augmenté cinq fois plus vite que celle consacrée aux services publics. C'est d'ailleurs la philosophie du budget présenté par Michel Barnier au Parlement.
Il s'agit d'une cure d'austérité inédite par son ampleur pour la France. Elle représente l'équivalent de 1,4 point de pourcentage de la richesse nationale d'une année. A quoi pourrait-on comparer cette cure d'austérité dans l'histoire ? 1,4 points de la richesse nationale, c'est du même niveau que ce qu'ont connu certains pays de l'Europe du Sud sous l'emprise de la Troïka au début des années 2010.
L'Italie par exemple s'est vue imposer une austérité de 1,1 point de sa richesse nationale entre 2010 et 2012. Le résultat a été une véritable dévastation économique. L'Italie n'a regagné son niveau de richesse antérieure à 2008 que l'année dernière, 15 ans de perdu.
Le taux de chômage est monté jusqu'à 13% et il n'est toujours pas aujourd'hui revenu à son niveau d'avant 2008. Et la dette publique, elle est passée de 114% du PIB à 139% du PIB, une contre-performance totale. En France, l'OFCE estime que le plan Barnier pourrait amputer la croissance de près d'un point l'an prochain.
Pire, le remède pourrait s'avérer pire que le mal. Car l'argent retiré à l'Etat, c'est aussi comme on l'a vu de l'argent retiré au secteur privé. Et donc en bout de course, des impôts en moins qui rentrent dans les caisses.
Il y a donc un niveau qui pourrait bien être atteint, où l'effet d'un plan d'austérité est bel et bien d'aggraver la situation des comptes publics. C'est le résultat plus que probable du plan Barnier. Voilà, c'est la fin de cette chronique.
Pour en savoir plus, consultez tous les chiffres et les graphiques. Vous pouvez retrouver cette note et même la télécharger sur le site de l'Institut Laboissi, institutlaboissi.fr.
On arrive à la fin de ce podcast, ce premier numéro de Touche pas à mon peuple, le podcast de la France Insoumise. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro. D'ici là, vous pouvez découvrir deux choses.
D'abord, La Base, la nouvelle émission hebdomadaire de la France Insoumise, diffusée le mardi à 20h en direct sur nos réseaux sociaux, notamment notre chaîne Twitch. Et vous pouvez aussi en retrouver des extraits sur le compte Instagram de La Base. Vous pouvez aussi découvrir nos nouveaux posters, des posters mensuels qui sont disponibles à partir de 5€ sur... le site de la France Insoumise, vous aurez toutes les infos, mais c'est à vendre sur actionpopulaire.fr.
Voilà le poster du mois, il est magnifique, c'est sur la thématique de l'espace. Je vous remercie de nous avoir écoutés jusque-là, et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau numéro de Touche pas à mon peuple. Ciao !
Manuel Bompard