Terres rares: L'Ukraine sécurise un accord avantageux / Les USA livrent des armes?
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- 0:25Sébastien GobertFait
« Le 1er mai au matin, on apprend que l'administration Trump aurait autorisé la vente d'armes à l'Ukraine pour une valeur de 50 millions de dollars. »
- 3:00Sébastien GobertFait
« L'accord respecte aussi l'intégration européenne de l'Ukraine en ne créant pas de préférence pour des entreprises américaines. »
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L'Ukraine et les États-Unis ont signé le fameux accord sur l'exploitation des ressources minérales d'ukrainienne. C'était le 30 avril aux États-Unis et donc la nouvelle est tombée en Europe dans la nuit du 1er mai. Et déjà on a beaucoup de détails, on a le texte complet de l'accord et c'est une grande victoire pour l'Ukraine en particulier si on compare ce texte à des versions précédentes qui avaient été proposées par les Américains.
Et ce n'est pas tout puisque le 1er mai au matin, on apprend que l'administration Trump aurait autorisé la vente d'armes à l'Ukraine pour une valeur de 50 millions de dollars. C'est une première depuis le 20 janvier et le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Et on a aussi une majorité de sénateurs américains qui soutiendraient l'imposition de nouvelles sanctions contre la Russie.
Ce qui fait que ce 1er mai pourrait bien être la meilleure journée que l'Ukraine a connue sur le plan diplomatique depuis déjà un certain temps. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette vidéo où l'on décortique ces nouvelles qui pourrait bien s'inscrire dans un nouveau virage de l'administration Trump sur le dossier ukrain-russe. Sachant que quoi qu'il en soit, la signature de cet accord sur les minerais est historique à tout point de vue pour l'Ukraine.
On se rappelle évidemment les négociations, elles ont été très difficiles dès le 20 janvier et l'entrée en fonction de Donald Trump, les Américains sont venus plusieurs fois avec des propositions néocoloniales qui visaient à ce que l'Ukraine rembourse une somme imaginaire que les États-Unis auraient investi dans leur aide à l'Ukraine et des propositions qui visaient à extraire le plus de ressources possibles de l'Ukraine sans que Kiff n'en retire le moindre avantage. Tout ça s'été compris dans le virage idéologique de l'administration Trump, son alignement sur les positions russes, l'humiliation de Vodimir Zelenski lors du tracknard tendu dans le bureau oval. Et c'est ce qui a marqué les 100 derniers jours.
Mais là, le ton a visiblement changé. On le voit dans les dernières déclarations de Donald Trump. On le voit dans la rencontre avec Volodimir Zelenski au Vatican.
Politico vient tout juste de révéler que des diplomates britanniques et français ont fait un réel travail de fond pour convaincre l'administration Trump que les Russes n'était pas vraiment sérieux dans leur discours de paix. Et l'accord sur les minera qui a été signé, c'est un des symboles de ce changement de ton. Même si l'accord qui a été signé cette nuit, il n'a pas été décidé au Vatican il y a quelques jours.
C'est l'aboutissement de négociations qui ont duré plusieurs semaines. En fait, depuis la fin mars quand le secrétaire au trésor américain avait proposé un dictate néocolonial en espérant, c'est-à-dire en exigeant que Kief le signe et le ratifie en moins d'une semaine. Mais les Ukrainiens, ils n'ont pas lâché aussi facilement que ça.
Et un mois plus tard, le document qui faisait 90 pages et qui allait dans les intérêts des seuls États-Unis, il s'est transformé en un document de 12 pages dont les modalités sont bien plus équilibrées. Alors, dans les grandes lignes, les principaux points de l'accord, il concerne 57 minerais terre rares et aussi le gaz et le pétrole. C'est une liste bien définie et qui assure que l'accord ne s'étendra pas à d'autres ressources.
Je vous fais pas la liste dans les détails, vous pouvez la trouver en ligne si jamais ça vous intéresse, mais pour résumer, c'est un peu tout ce dont on a besoin dans les batteries de nos téléphones portables ou dans les batteries des voitures électriques. Je fais un petit point ici entre parenthèses, il faut quand même que tout ça passe par une phase d'exploration puisque on ne sait pas ce qui est contenu dans le sous-sol ukrainien. Pour l'instant, on ne dispose que d'estimation qui remonte à l'époque soviétique.
Et on sait que l'Ukraine a des ressources minérales puisqu'il y en a déjà certaines qui sont en cours d'exploitation, mais on a absolument aucune idée des quantités réelles. Le deuxième point de l'accord, c'est que le fond d'investissement qui est créé pour gérer l'exploitation de ces ressources minérales, il va être géré à 5050 par les États-Unis et l'Ukraine. C'est très important puisque dans la version qui avait été proposée il y a un mois, les États-Unis voulaient une majorité de contrôle et ils voulaient aussi que ce fond d'investissement soit subjugué au droit américain, ce qui n'est plus le cas dans l'accord qui a été signé puisque maintenant les litiges entre les partis, donc entre les États-Unis et l'Ukraine, doivent être réglés en bilatéral sur la base de consultation interne.
Très important aussi, l'Ukraine conserve le droit de propriété sur les minér, le gaz, le pétrole qui vont être exploités. Évidemment, les États-Unis auront leurs mots à dire, mais c'est une protection juridique qui est très importante et qui respecte la Constitution ukrainienne, qui garantit que les ressources de l'Ukraine appartiennent au peuple ukrainien. L'accord respecte aussi l'intégration européenne de l'Ukraine en ne créant pas de préférence pour des entreprises américaines qui auraient pu contrevenir aux règles de la concurrence du marché unique.
Encore un point très important, les revenus tirés de l'extraction de l'exploitation de ces ressources minérales vont rester en Ukraine. Dans la version précédente, tout devait partir aux États-Unis et l'Ukraine ne devait en retirer absolument rien tant que les États-Unis ne se seraient pas remboursé. Mais là, les revenus restent en Ukraine et ils vont être dirigés vers la reconstruction et le développement économique du pays.
Et ça pour une durée de 10 ans. Après 10 ans, les États-Unis pourront récupérer une partie des revenus. Après 10 ans, les États-Unis pourront récupérer une partie des revenus, ce qui est évidemment moins avantageux que ce que l'Ukraine avait négocié à la fin février, mais c'est toujours ça prix.
Et ces revenus, ils sont exemptés d'impôts à la fois aux États-Unis et en Ukraine, ce qui garantit leur réinvestissement maximal dans la reconstruction et le développement du pays. Et en ce qui concerne le financement et le fonctionnement du fond, il y a encore beaucoup de détails qui ne sont pas décidés mais qui doivent être inclus dans un accord technique qui est encore en cours de discussion. Il y a encore d'autres détails, mais je m'arrête ici parce que ça donne déjà une idée assez claire de la teneur de cet accord et ça montre que les négociateurs ukrainiens, ils sont vraiment pas si mauvais que ça.
Compte tenu de la dernière version qui avait été proposée par les Américains il y a un mois, ils ont vraiment réussi à renverser la vapeur. Alors évidemment, il n'y a pas de garantie de sécurité. Cette garantie de sécurité que Vladimir Zelenski voulait voir inclus dans l'accord.
Il y a juste la mention d'un alignement stratégique entre les États-Unis et l'Ukraine sur le long terme, ce qui reste très vague et il faudrait voir comment est-ce que ça pourrait se concrétiser dans la durée. Mais à l'heure actuelle, la signature de cet accord qui doit encore être ratifié, c'est une grande victoire pour le gouvernement ukrainien. Donald Trump a déjà commenté la signature de l'accord et dans sa vision, ça reste un accord pour se faire rembourser des 350 milliards de dollars que Joe Biden aurait tout simplement donné à l'Ukraine depuis 2022. mais il peut dire ce qu'il veut pour vendre cet accord à son électorat et en retirer un succès politique.
Mais les termes de l'accord qui sont écrits noir sur blanc ne concernne pas du tout un quelconque remboursement. Et donc pour le gouvernement ukrainien, c'est une victoire et il faut se rappeler que les Ukrainiens eux-mêmes appelaient à la signature de cet accord parce qu'ils sont très intéressés d'avoir des investissements internationaux pour assurer l'exploration et l'exploitation de leurs ressources minérales. Ce qu'ils n'ont pas réussi à faire en 34 ans d'indépendance.
Je vous laisse revoir ma vidéo sur le sujet. C'est aussi évidemment une victoire pour l'Ukraine dans le contexte actuel puisque imaginez elle fait face à l'invasion russe, elle fait aussi face aux pression américaine depuis déjà 3 mois. Et entre ces deux géants, et bien Kiev n'a pas baissé la tête et a réussi à obtenir des concessions très intéressantes.
Et ça montre bien que cette administration Trump, elle nous fait certes basculer dans un monde tout à fait nouveau. Après le Covid, l'Ukraine, le Proche Orient, maintenant l'administration Trump, on est vraiment dans quelque chose de nouveau par rapport aux années précédentes. Mais ce n'est pas non plus un mouvement radical avec les quatre cavaliers de l'apocalypse qui ferait que tout serait foutu.
En fait, c'est un mouvement, une transformation qui bouscule nos certitudes, mais qui donne aussi de la place pour manœuvrer et qui ouvre en fait des opportunités qu'il faut saisir. Et ce n'est pas non plus un mouvement qui va dans un seul sens et qui serait irrévocable. On voit que le discours de Donald Trump et de son administration évolue sur le dossier russo-rainien.
Bon, d'abord et avant tout parce que son administration fait preuve d'un amateurisme crasse. Et sur le sujet de la guerre russe en Ukraine, comme sur d'autres sujets, il est très très difficile avec cet amateurisme d'obtenir des résultats probants. Mais aussi parce que Donald Trump est déçu par Vladimir Poutine, parce que les Européens le travaillent au corps et parce que dans sa majorité au Congrès, de plus en plus de Républicains se sentent mal à l'aise avec des concessions qui sont jugées trop généreuses vis-à-vis de la Russie.
Et c'est comme ça qu'on apprend aujourd'hui que 72 sénateurs, donc républicains et démocrates qui forment une grosse majorité dans le Sénat qui compte sans représentant, il serait prêt à voter des sanctions additionnelles très dures contre la Russie et notamment imposer des droits douanes de 500 % sur les pays qui achèteraient de l'uranium, du pétrole ou du gaz de la Russie. Et donc là, on parle de renforcement de sanctions secondaires qui étoufferait un peu plus la Russie. Évidemment, on pense que ça viserait la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud, le Brésil, mais aussi des pays européens dont la France qui continuent à acheter du gaz et de l'uranium de la Russie.
Ça n'est pas encore fait, mais ça montre que l'humeur change à Washington. Et d'ailleurs, ce 1er mai, on apprend que l'administration Trump a donné son autorisation pour une vente de 50 millions de dollars de services de défense et de données techniques dans le secteur de la défense. Donc ce qui reste relativement vague et relativement modeste, hein, on ne parle pas de système de défense antiaérienne patriote, mais c'est la première fois depuis le 20 janvier, donc depuis 3 mois que l'administration Trump donne son autorisation pour que l'Ukraine achète commercialement des armes des États-Unis.
Et c'est un changement vraiment remarquable. Donc on ne parle pas d'un don, on ne parle pas d'un prêt, mais on parle bien d'une transaction commerciale que Donald Trump bloquait jusqu'à présent. D'ailleurs, il ne manquait pas une occasion de se moquer de Volodim Zelenski qui n'arrête pas de demander des armes.
Personnellement, j'ai du mal à croire que tout ça change les données fondamentales de l'équation, c'est-à-dire le désir de Donald Trump de s'aligner sur les positions stratégiques de la Russie, sa volonté d'en finir avec cette guerre, quel que soit le prix à payer pour l'Ukraine, son projet de se désengager d'Europe, son refus d'assurer une quelconque garantie de sécurité pour l'Ukraine dans la durée. Mais en tout cas, on voit que ça bouge au marge et l'Ukraine qui aurait pu être forcée à capituler face à la fois à la Russie et aux États-Unis dans des conditions dramatique il y a encore quelques semaines, et bien elle pourrait maintenant obtenir un traitement bien moins défavorable et des conditions moins sévères que prévues qui ne remettraient pas en cause sa stabilité politique ou son développement économique dans le cas d'un cesser le feu. Tout ça reste à suivre et on continuera à le suivre ici ensemble.
Mais en tout cas, comme je l'ai dit en introduction, ce 1er mai, ça pourrait bien être la meilleure journée sur le plan diplomatique que l'Ukraine est connue depuis déjà très longtemps. Merci d'avoir suivi cette vidéo jusqu'au bout. fil et je vous retrouve très vite.