"La Meute", Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise... l'interview en intégralité de Raquel Garrido
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteÉludée
Raquel Garrido, bonsoir. Vous avez appartenu à une secte ?
- 0:07OuverteRéponse partielle
Vous en avez donné une ?
- 1:51RelanceRéponse directe
On a le droit, dans un mouvement politique, de discuter la ligne.
- 2:08RelanceRéponse directe
Il vous purge. C'est quand même particulièrement violent, tout ça, parce que vous n'êtes pas d'accord avec la stratégie.
- 2:43OuverteRéponse partielle
Mais autour de Jean-Luc Mélenchon, il y a une série de jeunes qui sont devenus la plupart députés. On a l'impression qu'ils pourraient mourir pour lui.
- 3:29OuverteRéponse partielle
Infréquentable pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09Invité politiqueFait
« Non, je ne dirais pas du tout ça. »
- 0:18Invité politiqueFait
« les phénomènes d'emprise qu'on peut voir dans les mouvements politiques, ou dans l'entreprise, ou dans les familles, ça existe. »
- 0:23Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon adopte des techniques qui peuvent, par analogie, sans doute y ressembler. »
- 0:39Invité politiqueFait
« il y a de la contestation. »
- 0:43Invité politiqueFait
« En réalité, vous avez deux périodes dans l'histoire de la France insoumise. Il y a celle jusqu'à 2022, où nous sommes, vous le savez, une force nouvelle qui vient s'affronter de façon très virulente à la social-démocratie. »
- 1:07Invité politiqueFait
« le nouveau programme de la gauche qui vient rompre avec la période Hollande, on le met au bénéfice de toute la gauche en la réunifiant sur ce programme. »
- 1:24Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon, une fois avoir lancé la NUPES, veut revenir en arrière. »
- 1:41Invité politiqueFait
« il y a besoin de commencer à faire des purges, des procès en sorcellerie, des méthodes saliniennes. »
- 2:25Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon décide qu'il voit bien qu'il n'est pas le candidat naturel de l'espace de la NUPES. »
- 2:37Invité politiqueFait
« La fidélité. »
- 2:56Invité politiqueFait
« Ce que je ne veux pas, c'est que toute la gauche meure à cause de la France insoumise et plus précisément à cause de Jean-Luc Mélenchon. »
- 3:08Invité politiqueChiffre
« nous avons réalisé 9 millions de voix, le Front populaire, en juin dernier. »
- 5:55Invité politiqueChiffre
« l'extrême droite menaçait d'arriver au pouvoir, puisqu'elle venait de réaliser près de 40% à une élection qui venait d'avoir lieu une semaine avant. »
- 6:34Invité politiqueChiffre
« la France insoumise a perdu dans ce scrutin-là 11 députés. »
- 10:31Invité politiqueFait
« ne pas être en capacité de s'unir, là, les 9 millions du Front populaire, ça veut dire donner les clés du camion à l'extrême droite en 2027. »
- 16:36Invité politiqueFait
« Et ça ne m'étonne pas. »
- 17:12Invité politiqueFait
« C'est un handicap très sérieux. »
- 17:29Invité politiquePromesse
« il peut ne pas être candidat. »
Temps de parole
- Invité politique64 %
- Présentateur12 %
- Invité9 %
- Présentateur 29 %
- Invité 25 %
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Raquel Garrido, bonsoir. Vous avez appartenu à une secte ?
Non, je ne dirais pas du tout ça.
Vous en avez donné une ?
Écoutez, les phénomènes d'emprise qu'on peut voir dans les mouvements politiques, ou dans l'entreprise, ou dans les familles, ça existe. Et peut-être que, en effet, Jean-Luc Mélenchon adopte des techniques qui peuvent, par analogie, sans doute y ressembler. Mais fondamentalement, je pense que s'il y a autant besoin de faire des purges, d'exclure et de faire preuve de discipline féroce, c'est en fait précisément parce qu'il y a de la contestation. En réalité, vous avez deux périodes dans l'histoire de la France insoumise. Il y a celle jusqu'à 2022, où nous sommes, vous le savez, une force nouvelle qui vient s'affronter de façon très virulente à la social-démocratie.
Et de ce point de vue, on joue un rôle dans la société française. Et les électeurs vont nous donner les raisons. Et en 2022, tout cet acquis politique, c'est-à-dire le nouveau programme de la gauche qui vient rompre avec la période Hollande, on le met au bénéfice de toute la gauche en la réunifiant sur ce programme. Et ça, c'est la naissance de la NUPES en 2022. Et ça ouvre un nouvel espoir pour toute la gauche, pour les Insoumis aussi. Et c'est à partir de là qu'il va y avoir un choc à l'intérieur de la France insoumise. Parce qu'en fait, Jean-Luc Mélenchon, une fois avoir lancé la NUPES, veut revenir en arrière.
Et comme de très nombreux Insoumis, dont je fais partie, sont attachés à cette nouvelle stratégie unitaire, dès lors qu'il y a un programme commun, on peut aller comme ça jusqu'à la victoire face au macronisme et face à l'extrême droite, eh bien en fait, il y a besoin de commencer à faire des purges, des procès en sorcellerie, des méthodes saliniennes.
On a le droit, dans un mouvement politique, de discuter la ligne. Mais quand on discute la ligne, on est purgé. Vous-même, vous avez été purgé. Vous n'êtes pas n'importe qui au sein de la France insoumise avec votre compagnon Alexis Corbière. Vous êtes les premiers compagnons de route dans cette aventure. On ne savait pas d'ailleurs où elle allait mener au départ, puisque Jean-Luc Mélenchon quitte le Parti Socialiste avec Alexis Corbière, avec vous. Il vous purge. C'est quand même particulièrement violent, tout ça, parce que vous n'êtes pas d'accord avec la stratégie.
Exactement. C'est exactement ça. C'est-à-dire qu'à partir du moment où on fait la NUPES, où on a une stratégie qui semble assez forte et solide pour nous amener tous, toute la gauche, à la victoire, lui, en fait, en réalité, Jean-Luc Mélenchon, décide qu'il voit bien qu'il n'est pas le candidat naturel de l'espace de la NUPES. Et donc, il préférera casser la NUPES. Se replier sur ses troupes les plus fidèles ? Les plus fidèles. Vous savez, la fidélité. Moi, je suis loyale et fidèle à un programme, à une cause. Oui, mais pardon, mais autour de Jean-Luc Mélenchon,
il y a une série de jeunes qui sont devenus la plupart députés. On a l'impression qu'ils pourraient mourir pour lui.
La question, elle est de savoir, moi, leur soeur personnelle m'importe peu. Ce que je ne veux pas, c'est que toute la gauche meure à cause de la France insoumise et plus précisément à cause de Jean-Luc Mélenchon. Je pense que... Il y a un risque qui entraîne vraiment la gauche dans le mur. Bien sûr que c'est ça le risque. Parce que nous avons réalisé 9 millions de voix, le Front populaire, en juin dernier. Et ça n'est qu'en laissant ces 9 millions de voix unies, en les maintenant unies, et même en élargissant notre socle électoral, qu'on peut gagner. Donc si on laisse Jean-Luc Mélenchon, parce qu'il s'est rendu absolument infréquentable, la gauche, enfin je veux dire, il rend la gauche...
Infréquentable pourquoi ?
Il s'est rendu infréquentable sur plein d'aspects. J'imagine que vous allez me poser des questions dessus. Moi par exemple ? Attendez, attendez, laissez-moi aller jusqu'au bout de mon raisonnement. C'est vous qui utilisez ce terme d'infréquentable. Oui, parce que c'est une stratégie en fait. C'est une stratégie pour rompre le Front populaire et ainsi rendre irrévocable cette division. Or, il ne faut pas qu'elle soit irrévocable. Nous devons, le Front populaire, rester unis.
Et dès lors que Jean-Luc Mélenchon vous fera un pas de côté, vous verrez que naturellement, la France insoumise, ses militants, ses cadres, retrouveront naturellement toute leur place dans cette belle coalition qu'a été le Front populaire.
Guillaume Daré, née à la trousse. Moi, il y a un élément qui m'avait marqué. Je ne veux pas dire que j'ai vécu votre purge de l'intérieur. Mais au petit matin où ça avait été annoncé, je recevais Marine Tondelier, qui était partenaire d'EVER. Ecologiste. Et qui m'avait raconté que la veille au soir, dans la négociation des circonscriptions, en tout cas des investitures, elle avait échangé avec Manuel Bompard, qui était en charge du côté de la France insoumise, et qu'elle lui avait dit, écoute Manuel, moi je vous demande juste une chose, c'est qu'on n'assiste pas à des purges.
Et quoi qu'il arrive, je vous l'annonce, nous soutiendrons le reste du nouveau Front de Gauche, Alexis Corbière, Akel Garrido, je ne sais pas si elle vous avait livré en tout cas cette version-là. et qu'à ce moment-là, Manuel Bompard lui aura dit, pas de problème, et qu'elle se lève le matin même, vous avez été purgé, et que la réponse de Manuel Bompard à Marine Tondelier, c'est, oui mais le chef l'a voulu.
Et Marine Tondelier me disait, ça a montré à ses yeux, en quoi quelqu'un comme Manuel Bompard, ou d'autres responsables, qui sont des responsables politiques de premier rang, au sein de la France insoumise, tant que Jean-Luc Mélenchon sera présent à la tête de ce mouvement, ne pourront pas avoir une indépendance, que ce soit en termes d'action politique, ou d'indépendance de construction, avec les autres partenaires. Est-ce que c'est vous, ce que vous aviez constaté, ce que j'ai pu voir de l'intérieur ?
Ce que vous racontez là, moi j'en ignorais le détail, mais je pense que, c'est très parlant, ça me parle énormément, et justement, imaginez-vous, le 10 juin, on est à trois semaines peut-être, de l'accession à Matignon de l'extrême droite.
On est dans la nuit du vendredi au samedi, si je ne l'entends pas.
Donc là, vous parlez de la semaine d'après, parce qu'il fallait déposer les candidatures. Moi, dans ma circonscription, j'avais déjà fait un meeting à Bobigny, avec 400 personnes, on était tous, voilà, partants. Il y avait une règle qui avait été actée, c'était que les sortants, en fait, les 150 députés sortants repartaient. Et effectivement, vous voyez bien à quel point, alors que l'extrême droite menaçait d'arriver au pouvoir, puisqu'elle venait de réaliser près de 40% à une élection qui venait d'avoir lieu une semaine avant. Comment, en fait, c'est du sabotage, si vous voulez. Le fait de nous avoir purgés, évidemment, c'est une expérience personnelle qui est terrible. Du coup,
vous avez d'ailleurs été pathogistative.
Oui, moi, oui.
Mais parmi ce côté purgé, vous étiez la seule, finalement, ça n'a pas tellement marché, cette purgée.
Ah non, ça n'a pas du tout marché, d'abord. Et ça n'a surtout pas marché, vis-à-vis de la France insoumise. Je rappelle que le Front populaire, la NUPES avait 150 députés, le Front populaire en a 192. Donc, en juin dernier, on monte à 9 millions de voix, 192 députés, toute la gauche progresse.
Mais est-ce que ça veut dire que, pardon,
sauf la France insoumise ? Parce qu'on le dit peu, la France insoumise a perdu dans ce scrutin-là 11 députés.
11 députés
auxquels il faut rajouter les trois purgés, effectivement.
Même des personnalités extrêmement fortes, comme Manuel Bompard, comme Mathilde Panot et d'autres, n'ont aucune capacité d'indépendance et de marge de manœuvre à l'égard de Jean-Luc Mélenchon.
Je vais même compléter la question, puisque dans le livre, vous évoquez une coupure qui aurait lieu en 2022, mais le livre raconte des passages dès 2016-2017, où déjà, Jean-Luc Mélenchon vous reproche de le contredire en termes de stratégie de campagne, avec des mots extrêmement violents. Je lis, alors qu'elle s'exprime, vous-même, il arrive à Jean-Luc Mélenchon de quitter la salle ou de hurler, je cite, « ferme ta gueule ». Vous vivez des moments très durs avec Jean-Luc Mélenchon dès ce moment-là. Oui, c'est vrai, bien sûr, c'est vrai. Je vous ai dit « ferme ta gueule ». Mais bien sûr, bien sûr. Mais si vous voulez... Pardon, mais juste pour compléter, sur le rapport que...
Et devant tout le monde. C'est pas moi qui l'ai raconté en tout cas, c'est des témoins. Vous dites même Mélenchon est un maltraitant qui crée des maltraitants en racontant comment il pouvait se jouer précisément de votre couple avec Alexis Corbière, être gentil avec l'un quand il veut, s'en prendre à l'autre, etc. Il dit même visiblement que vous avez influencé d'une façon assez néfaste Alexis Corbière.
Bon, ça c'est machiste, on va dire, c'est paix du machisme. Mais vous nous confiez
d'avoir vécu tout cela et donc de ce fait, dans l'expérience qui était la vôtre, avoir été l'une des seules à par moments dire ce qui vous aurait valu la mise de côté, là où d'autres présents autour de lui aujourd'hui ont peut-être moins de marge de manœuvre ou moins de...
Vous aviez même été affublée pour compléter le complément d'un surnom.
Alors ça, je le découvre...
Voilà, dans le livre. Merkava. Voilà, c'est... En fait, on va expliquer sur Raquel et Rarido que certains surnoms Merkava en interne, c'est le nom des chars israéliens parce que vous seriez identifiés comme sionistes. Raquel, elle est super, le seul problème, c'est qu'elle est extrêmement naïve sur l'influence de la communauté juive de France.
Sur les rapports humains dans ce monde mélenchoniste, je confirme que ce sont des rapports humains qui sont détestables. Je ne sais pas, c'est traitant. Brutaux, etc. Dites pas, c'est traitant. Dites pas, c'est traitant. Dites maltraitant. Oui. Alors, j'ignore, à vrai dire, si dans les autres parties, il y a des choses aussi graves ou pas. Ce qui n'excuse pas, d'ailleurs. Et ça n'excuse d'ailleurs pas. Mais, en tout cas, en ce qui me concerne, c'est vrai que... Moi, j'ai épousé une cause. Je n'ai pas épousé un leader. J'ai déjà un mari. Donc, dans le parti, je ne cherchais pas à être aimée de Mélenchon. Donc, en fait, je n'ai pas été courtisane. Je n'ai jamais été courtisane.
Je n'ai d'ailleurs jamais été rémunérée. Quand j'étais porte-parole de la campagne présidentielle de 2017, tous, Benjamin Griveaux, tous, là en face, ils étaient tous payés. Moi, j'étais bénévole. Je n'ai jamais été permanente des partis successifs qu'on a fait avec Jean-Luc Mélenchon. J'étais là vraiment pour la cause et mon raisonnement était le suivant. Si, moi, je pense que ce qui pourrit la vie française, la vie politique française, c'est la monarchie présidentielle. C'est les effets de cours autour de... Ah, je vais être avec le président, le président qui a tous les pouvoirs, etc. Donc, je me disais, l'important, c'est la VIème République.
Dans ce qu'il dit de vous et ce qu'il citait dans ce livre, la meute, ça a quand même temps à prouver que chez Jean-Luc Mélenchon, il y a une volonté d'alimenter l'antisémitisme. Je ne sais pas s'il est antisémite, mais en tout cas, c'est ce que dit le livre. Il fait souvent référence au sionisme, au lobby juif. On voit ce qui est réservé à Jérôme Guège. Vous l'avez ressenti, ça ?
Alors, écoutez, moi, je pense vraiment très important de dire que les militants insoumis, l'électorat insoumis, la France insoumise, oui, mais justement, n'est pas antisémite. Et d'ailleurs, si elle l'était, ça rendrait absolument impossible l'union avec la France insoumise. Or, ne pas être en capacité de s'unir, là, les 9 millions du Front populaire, ça veut dire donner les clés du camion à l'extrême droite en 2027. Donc, je ne veux pas, je ne veux rien dire qui puisse alimenter ce discours qui, par moment, est d'une grande mauvaise foi.
Or, Jean-Luc Mélenchon fait partie des quelques individus, on va dire, qui doivent se compter sur les doigts d'une main qui, à la France insoumise, ont eu des propos mal calibrés, faisant, on va dire, montrant un certain manque d'empathie. Non, pas antisémite, mais montrant... Vous avez fait peur de dire ? Non, j'ai eu moins peur. Moi, dans cette bagarre, j'ai laissé mon mandat. suffisamment ambiguë... Je veux dire, si elle a bien une qui est une vraie insoumise qu'elle a historique dans son caractère, c'est moi. Donc, ce n'est pas le sujet.
Mais suffisamment ambiguë pour faire passer un message ?
En tout cas, c'est important que ça cesse. Et je pense qu'il faut que Jean-Luc Mélenchon soit mis hors d'État de nuire à la France insoumise et au Front populaire par ces petits mots qui ne représentent pas la France insoumise. Si n'importe quel militant de base, s'ils avaient eu ce type de discours, ils auraient été virés. Mais ils ne peuvent pas virer Mélenchon.
C'est-à-dire qu'il faut exclure Jean-Luc Mélenchon comme Jean-Marie Le Pen a été exclu du RN ? Oui.
Pas exactement. Vous voyez, l'analogie n'est pas...
La finalité politique, ça doit être telle. Mais ce que je vais dire, c'est que c'est là le courage que la France insoumise
est-ce que c'est Jean-Luc Mélenchon ? Eh bien non. Parce que justement, la France insoumise, sa promesse, c'était d'être ce mouvement nouveau qui allait changer... C'est Luc qui a fait plus de 20% des voix à la présidentielle. Oui.
Bon.
Et on n'a pas parlé... Oui, grâce au fait que les gens étaient d'accord avec l'idée de passer à la 6ème République et d'améliorer la démocratie française.
On n'a pas parlé non plus et c'est ce que dit quand même sous-entend Fabien Roussel ce matin l'emprise d'un couple, Sofia Chikirou. Alors c'est un secret de polichinelle. Jean-Luc Mélenchon et Sofia Chikirou sont ensemble et les députés de la France insoumise. D'ailleurs, les auteurs en parlent. Et vous-même, vous l'avez tweeté sur les réseaux sociaux. Pourquoi ?
Parce que je ne comprends vraiment pas bien pourquoi les journalistes depuis des années, vous ne le dites pas alors que vous êtes tous au courant.
Vous posez la question aux journalistes politiques.
Non, bah vous aussi, vous êtes journaliste politique donc vous ne le dites pas. Alors moi, je veux bien... Ah bah oui, si, si, je l'ai dit mais c'est quelque chose effectivement qui ne se dit pas. Je ne sais pas pourquoi. Il y a 20 ans, Sofia Chikirou n'était pas quelqu'un je veux dire de connu publiquement donc on pouvait considérer qu'il y avait une part de respect de la vie privée. Mais aujourd'hui, elle est députée, elle est chef du premier parti de la gauche. Donc il n'y a aucune raison de taire ces liens-là parce qu'en plus, ils influencent effectivement le fonctionnement du parti.
Elle a une mauvaise influence ?
Mais parce que les gens, comme ils ont peur d'être maltraités s'ils s'en prennent à elle, du coup elle a tous les droits.
C'est le mauvais génie, Jean-Luc ? Parce que dans le livre...
C'est comme Mélenchon qui dit que je suis le mauvais génie de Corbière, c'est toujours la faute des femmes à la fin. Elle est brutale aussi.
On ne va pas essentialiser en disant si une femme c'est un homme. S'il y a quelqu'un qui a une mauvaise influence, il a une mauvaise influence, qu'elle soit femme ou elle, est-ce qu'elle a une mauvaise influence
sur Jean-Luc Mélenchon ? Probablement, mais le responsable c'est quand même Jean-Luc Mélenchon. D'accord ? Parce qu'il a beaucoup de choix sur des gens qui peuvent l'influencer ou non et au final, il choisit de se replier ne lui disent rien. Quiconque, effectivement, apporte un raisonnement un peu différent se fait écarter. Et au fond, il faut mûrir. Il faut mûrir.
Dans le livre, Sophia Chikirou, elle apparaît brutale, violente, très dure avec ceux qui ne sont pas d'accord avec la ligne. C'est un portrait quand même très négatif qui est fait de cette députée. Qui était auparavant la communicante en chef des campagnes de Jean-Luc Mélenchon et qui, du coup, l'accompagne depuis un certain moment. Alors, pour répondre à l'interrogation de pourquoi les journalistes politiques ne disaient pas que l'un et l'autre étaient en couple. Parce que, tout simplement, en règle générale, on dit les choses quand on en est sûr et que, vraisemblablement, il y a eu plusieurs versions différentes de l'histoire qui nous étaient racontées.
Donc, on l'entendait dire, on n'a pas toujours su si c'était véritablement un couple installé, s'il y avait des hauts et des bas. Enfin bon, dans le marasme ambiant et ce livre confirme. Oui, parce que les auteurs disent qu'elle se présente comme la femme du chef et en tant que femme du chef, elle a ce pouvoir. Le livre semble confirmer et permettra de poser la question de manière beaucoup plus claire. On peut le dire
que des journalistes, quand on voyait Sophia Chikirou, ce n'est jamais un discours qui nous a été tenu dans ce sens-là. C'est-à-dire que ce discours qu'elle tenait visiblement en interne, elle ne le tenait pas vis-à-vis des journalistes pour tenter d'en reposer. Mais d'ailleurs,
c'est un des enjeux derrière tout ça. C'est parce que tous les militants de la France insoumise, les cadres franciliens, etc., qui voyaient dans l'intimité ou dans des événements politiques ce couple, savaient qu'ils étaient en couple parce qu'ils ne se cachaient pas. Mais à eux, on leur demandait de mentir. C'est-à-dire que si vous vous posez la question à un député, etc., qui dîne avec eux, qui le sait, il va vous répondre non, ils ne sont pas en couple. Donc, en fait, c'est une façon d'obliger tout le monde à faire de la politique en mentant. Mais pour vous, pourquoi est-ce que c'est un secret qui devait être tu ?
Ah mais je n'ai pas le début de commencement d'une idée, je ne comprends même pas pourquoi. Si ce n'est effectivement de tester qui veut bien mentir ou pas et de faire en sorte que le mensonge soit un comportement habituel et normal dans... Pourquoi ? Parce que le chef a décidé. C'est un pur arbitraire. C'est une marque de pouvoir, effectivement, mais qui, à mon avis, nous met à distance de l'éthique qu'on doit incarner dans la politique française.
Vous écoutez, Jean-Luc Mélenchon aurait pu devenir le nouveau François Mitterrand qui amène la gauche unie au pouvoir, en tout cas, qui arrive à amener la gauche au pouvoir dans un pays qu'on dit plutôt à droite. Et c'est Fidel Castro, quoi, en fait.
Alors, oui, je ne sais pas s'il est Fidel Castro. Fidel Castro, il a donné de sa personne pour faire la guérilla et abattre une dictature. Pour l'instant, la dictature, la monarchie présidentielle française, elle se porte bien, là. Et dans deux ans, peut-être, il y aura l'extrême droite. Donc, au final, le bilan de tout ce qu'on a fait... Peut-être à cause de Mélenchon, parce que vous avez vu le sondage IFOP ? Mais oui, parce que la réalité, c'est que... Vous avez vu le sondage IFOP ? Oui, j'ai vu le sondage IFOP.
Ils ont testé, au second tour, Jean-Dane Bardella avec d'autres adversaires. Et celui qui ferait le plus mauvais score face à Bardella au deuxième tour, c'est Jean-Luc Mélenchon.
Et ça ne m'étonne pas.
67, 33, 33%, il serait balayé. C'est brutal.
Mais je préfère... Vous savez que je déteste les sondages d'intention de vote, je vous ai toujours pourfendu. Et je préfère m'appuyer sur des vraies données électorales. Et vraiment, je regrette que vous, les chroniqueurs politiques, vous n'ayez pas suffisamment étudié la séquence des élections législatives de 2024. Le Parti Sociale s'est progressé, que la France-Saint-Georges n'avait pas progressé. C'était imperdable, l'élection municipale.
À quel garido pour vous, Jean-Luc Mélenchon, ça reste aujourd'hui, malgré tout, le meilleur atout de la gauche ou le pire handicap pour la prochaine présidentielle ?
C'est un handicap. C'est un handicap très sérieux. Parce que s'il persiste à vouloir fracturer la gauche et se rendre absolument infréquentable par le reste du peuple franc populaire, alors nous perdrons.
Mais vous avez un doute sur sa candidature à la présidentielle, franchement ?
– Ah mais je pense qu'il peut ne pas être candidat. Je n'ai pas de doute quant à sa volonté de l'être, mais je n'ai pas non plus de doute quant au fait qu'il puisse ne pas être dans la ligne de départ. Et je le dis, je le dis à tout le monde, écoutez bien, les Insoumis, les Français… – C'est qui alors ? – Alors ça, c'est leur affaire. – C'est votre affaire aussi ? – Oui, mais… – Choisir un candidat. – Moi, je ne suis plus dans ce mouvement. – Non, attendez, je ne t'ai pas… – Qui peut l'empêcher d'être candidat ? Évidemment, non. – Non, mais je veux dire, Raphaël Luxman, il ne fait pas partie du périmètre du Front populaire. Il faut qu'on trouve une… – François Ruffin ?
– Il y aura une primaire. – Clémentine Autain ? – Il y a plein de gens vachement bien. – C'est les gens bien Ruffin et Clémentine Autain ? – C'est un groupe politique qui, à lui tout seul, cherche à fixer et diviser le camp des 9 millions d'électrices et électeurs du Front populaire parce que ça, c'est donner les clés du camion à l'extrême droite. Et c'est pour ça que je pense qu'effectivement, Jean-Luc Mélenchon peut comprendre que si c'est lui le problème, eh bien, il fera comme il a fait à d'autres moments un pas de côté pour laisser prospérer l'idée d'une victoire de la gauche en 2027.
– Merci, Raquel Garrido. Juste une dernière précision à toutes fins utiles, c'est-à-dire que nous avions bien évidemment invité sur le plateau de BFM Story ce soir les proches de Jean-Luc Mélenchon, l'entourage qui est abondamment critiqué dans ce livre « La Meute ». – Personne n'a voulu venir. – Mais voilà, personne n'a voulu venir. – Merci.