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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 16 novembre 2020 26 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesTravail & emploiEurope & international

Contrôle du chômage partiel, vaccin contre le Covid-19... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Pannier-Runacher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous allez desserrer le confinement ?

  • 0:56FerméeRéponse directe

    Il n'y aura pas d'exception avant le 1er décembre ?

  • 1:28OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous craignez qu'il y ait de plus en plus de désobéissances ?

  • 2:21OuverteRéponse directe

    Est-ce que le gouvernement doit donner un horizon ?

  • 2:46OuverteRéponse directe

    Quelle est votre conviction aujourd'hui sur les petits commerces ?

  • 4:02RelanceRéponse directe

    Vous leur dites quoi ? C'est non ? C'est catégorique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:05PrésentateurChiffre
    « Je rappelle que toutes les 4 minutes, il y a un mort de ce virus. »
  • 5:30PrésentateurChiffre
    « un artisan, un commerçant qui est fermé aujourd'hui peut bénéficier jusqu'à 10 000 euros pour couvrir sa perte de chiffre d'affaires. »
  • 5:42PrésentateurFait
    « Ses salariés sont pris en charge, sachant qu'une partie de son loyer peut être prise en charge »
  • 6:31PrésentateurChiffre
    « Le nombre de défaillances d'entreprises a diminué de 30% par rapport à l'année dernière. »
  • 9:15PrésentateurFait
    « si c'est pour couvrir effectivement le salaire de salariés qui risqueraient d'être licenciés et qui ne sont pas dans les rayons aujourd'hui parce que ces rayons sont fermés, c'est toute la logique du chômage partiel. »
  • 9:23PrésentateurFait
    « La logique du chômage partiel, c'est de protéger les salariés. »
  • 10:15PrésentateurFait
    « Si effectivement 85 000 salariés sont bloqués et ne peuvent pas travailler, c'est légitime. »
  • 12:22PrésentateurFait
    « c'est la Commission européenne qui, aujourd'hui, met l'argent sur la table. »
  • 12:33PrésentateurFait
    « Au départ, nous étions quatre pays, sous l'initiative, d'ailleurs, du président de la République français. L'Allemagne, les Pays-Bas, l'Italie et la France. »
  • 12:57PrésentateurFait
    « nous sommes évidemment attentifs aux prix que nous négocions. »
  • 13:22PrésentateurChiffre
    « Quatre contrats ont été négociés à ce stade. Deux sont quasiment finalisés. »
  • 14:25PrésentateurFait
    « c'est une répartition qui est faite en fonction de clés de répartition de population. »
  • 17:21PrésentateurFait
    « Non, c'est inexact parce que c'est contraire à la loi. »
  • 17:34PrésentateurFait
    « La loi prévoit que le producteur est responsable du dommage causé par un défaut de son produit. »
  • 21:56PrésentateurChiffre
    « nous sommes producteurs de masques à hauteur de 50 millions de masques chirurgicaux et FFP2, 60 millions de masques chirurgicaux et FFP2 par semaine. »
  • 22:23PrésentateurFait
    « En France, nous avons également complètement rechargé nos stocks de masques chirurgicaux et FFP2. »

Temps de parole

  • Présentateur67 %
  • Agnès Pannier-Runacher14 %
  • Invité8 %
  • Invité 28 %

7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Agnès Pannier-Runacher

Bonjour Agnès Pannier-Runacher. Bonjour Marc Fauvel. Les catholiques vous demandent de rouvrir les églises. Les écologistes veulent s'affranchir de la règle du kilomètre pour pouvoir se rendre en forêt ou dans les espaces verts. Les commerçants ne comprennent pas pourquoi ils sont encore fermés. Est-ce que vous allez desserrer le confinement ?

0:19
Présentateur

Je crois qu'on a encore deux semaines où il faut serrer les dents. C'est la première chose. Pour pouvoir rouvrir plus largement et permettre à chacun de s'y retrouver, il faut aujourd'hui fermer, limiter les interactions sociales. C'est en train de marcher. Serrons les dents encore 15 jours. Et regardons au 1er décembre ce qui peut être réouvert. C'est sur ça que nous travaillons avec Bruno Le Maire et Alain Griset, notamment sur les aspects commerçants. Pour nous, ce serait idéal de pouvoir permettre quelques réouvertures de commerçants au 1er décembre. On n'y est pas encore et on fera tout pour ralentir la circulation du virus.

0:56
Agnès Pannier-Runacher

Il n'y aura pas d'exception avant le 1er décembre ?

0:58
Présentateur

Aujourd'hui, on doit travailler à interrompre la circulation du virus. Je crois que c'est un objectif qui doit être partagé par tous. Je rappelle que toutes les 4 minutes, il y a un mort de ce virus. Je rappelle également qu'il y a des séquelles, des séquelles pour des personnes jeunes. Donc c'est une responsabilité collective. Ce n'est pas agréable. C'est encore moins agréable à la veille des fêtes de Noël. Mais plus on respectera le confinement maintenant, plus ce sera facile de définir des souplesses après.

1:28
Invité

Est-ce que vous craignez qu'il y ait de plus en plus de désobéissances ? Agnès Pannier-Renachy, on a vu par exemple ce week-end à Joinville, une fête clandestine avec plus de 300 personnes.

1:40
Présentateur

Moi, je crains... Non, je ne crains pas des désobéissances. Parce que je pense que les Français ont compris l'importance de freiner la circulation du virus. Je suis surprise qu'il y ait des fêtes comme ça. Parce que quand vous rassemblez 300 personnes, statistiquement, en Ile-de-France, vous avez quelqu'un qui a le virus. Et donc c'est vraiment jouer avec les allumettes. Et à la fin, on se brûle. Donc j'appelle son allénement chacun. Encore une fois, c'est agréable pour personne. On a tous envie d'interaction sociale. On en a d'autant plus envie qu'on est au mois de novembre, qui est un mois qui est un peu triste. On sait qu'il y a des dépressions saisonnières.

Plus vite on sort de ce moment de confinement en l'ayant bien fait, mieux on pourra se retrouver tous ensemble.

2:21
Agnès Pannier-Runacher

Est-ce que le gouvernement doit donner un horizon ? Vous dites, c'est triste, novembre, après novembre. Il y a décembre, dans cinq semaines, il y a Noël. Est-ce qu'il faut déjà fixer un horizon ? Commencez peut-être à expliquer quelles seront les règles dans cinq semaines pour les gens qui veulent se retrouver.

2:34
Présentateur

Alors, je crois d'abord que nous avons fixé une première date, qui est celle du 1er décembre, pour lequel nous travaillons avec Alain Griset et Bruno Le Maire, pour savoir s'il est possible de réouvrir les petits commerçants.

2:46
Agnès Pannier-Runacher

Quelle est votre conviction aujourd'hui sur les petits commerces ?

2:49
Présentateur

Ma conviction, c'est qu'encore une fois, si on arrive à définir des protocoles sanitaires qui nous permettent, soit sur rendez-vous, soit de manière organisée, avec une jauge plus importante, de réouvrir le 1er décembre, ce serait une très bonne nouvelle. Donc, par exemple, on ira acheter des fleurs sur rendez-vous le 1er décembre ? Cette nouvelle, elle ne peut être déclenchée que si nous avons ralenti fortement la courbe de diffusion.

3:13
Agnès Pannier-Runacher

Ce qui semble être le cas depuis quelques jours à Alain Griset. Ça frémit positivement, mais ne lâchons pas l'affaire.

3:19
Présentateur

Je me permets d'insister, ne lâchons pas l'affaire. On a fait 15 jours, on voit que ça fonctionne, on a encore 15 jours, et franchement, ça peut marcher. Ensuite, aujourd'hui, vous pouvez d'ores et déjà, par le click and collect, ce qui peut être très simple, pas besoin forcément d'avoir un site internet, tout simplement par téléphone, aller chercher une marchandise au magasin, c'est organisé pour les librairies, ça peut fonctionner pour les fleuristes, donc ça, ça peut déjà être exploité.

3:47
Invité

Agnès Pannier-Runacher, depuis tout à l'heure, vous parlez du 1er décembre, cette date fatidique du 1er décembre, sauf que les syndicats de commerçants demandent une ouverture le 27 novembre, jour du Black Friday, sur internet. Ça coïncide avec cette journée de promotion sur internet. Ils veulent cette réouverture à ce moment-là, pendant ce week-end-là. Vous leur dites quoi ? C'est non ? C'est catégorique ?

4:07
Présentateur

Je dis qu'on travaille ensemble, et à ce stade, on essaye de respecter un enjeu sanitaire.

4:14
Invité

Donc il y a une ouverture ?

4:16
Présentateur

Écoutez, à ce stade, on en est encore au stade des consultations. Donc je ne vais pas faire d'ouverture et de fausses promesses. Je pense que ce qu'attendent les commerçants aujourd'hui, c'est de savoir très exactement comment ça va se passer dans les semaines qui viennent. Donc ne multiplions pas les scénarios, ce serait irresponsable de notre part.

4:32
Agnès Pannier-Runacher

Écoutez ce qu'en disait tout à l'heure le président des centres Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, qui était l'invité de France Info.

4:38
Invité

Nous souhaiterions que les libraires qui ont la place, les magasins de jouets aussi, qui ont la place, qui ont la compétence, qui peuvent signer des protocoles sanitaires, qu'ils soient petits ou grands, puissent ouvrir dès la dernière semaine de novembre.

4:54
Agnès Pannier-Runacher

Avant le 1er décembre, qui est la date prévue d'ouverture.

4:56
Invité

Pour désengager un petit peu l'arrivée de ce flux de consommateurs. Il y a des tas de commerces aujourd'hui qui pourraient ouvrir et qui ne posent aucun problème.

5:07
Agnès Pannier-Runacher

Rouvrir un peu avant le 1er décembre avec un protocole sanitaire renforcé pour éviter le grand rush à partir du 1er décembre et le début des cours de novembre.

5:14
Présentateur

Le rush ça s'organise aussi, c'est bien un des enjeux de ces protocoles sanitaires. Si vous êtes sur rendez-vous, le rush sera organisé. Donc notre enjeu c'est de regarder toutes les manières de faire en sorte que les petits commerçants puissent réouvrir en sécurité sanitaire, en sécurité économique. Et je veux dire une chose aussi, ce mois de novembre, nous avons mis un paquet d'argent en soutien des petits commerçants et des artisans. J'aimerais qu'on le redise parce qu'un artisan, un commerçant qui est fermé aujourd'hui peut bénéficier jusqu'à 10 000 euros pour couvrir sa perte de chiffre d'affaires.

Sachant que ses salariés sont pris en charge, sachant qu'une partie de son loyer peut être prise en charge, ça veut dire que ce soutien massif, il est au rendez-vous et nous faisons cet effort pour sauver ces commerçants et ces artisans.

6:02
Invité

Parfois ça ne suffit pas, Madame la Ministre, parfois ça ne suffit pas. Toutes ces aides, elles sont sur la table, mais parfois ça ne suffit pas. On voit des commerçants mettre la clé sous la porte. Pourquoi ne pas rouvrir les commerces en fonction, par exemple, de la circulation du virus selon les régions ? Est-ce que c'est impensable ça ? Laïla Bracli, moi je voudrais juste vous donner un chiffre. Je vous corrige, Salia, pardon.

6:22
Présentateur

Je voudrais juste vous donner un chiffre. Le nombre de défaillances d'entreprises a diminué de 30% par rapport à l'année dernière. Donc attention à ne pas trop manipuler. Enfin, les chiffres qu'on manipule aujourd'hui en termes de faillite, vous avez 30% de faillite en moins que l'année dernière. Est-ce que c'est comparable quand on a mis l'économie sous cloche ? Précisément parce que nous avons mis le pays sous cloche. Mais on ne peut pas dire que les commerçants mettent la clé sous la porte par milliers. Aujourd'hui, ils sont inquiets sur l'avenir. Et c'est parfaitement légitime comme crainte. Et notre travail, c'est de faire en sorte qu'ils passent le cap. Ils le passent.

Chaque mois est difficile. Et nous les accompagnons. Et nous avons fait un accompagnement massif jusqu'à 10 000 euros, là où on était à 1 500 euros au mois d'avril. Et c'est notre travail de faire en sorte qu'effectivement, il n'y ait pas des milliers de commerçants qui déposent la clé sur la porte. Donc chaque mois qui passe est un mois de gagné. Et nous nous y employons.

7:14
Agnès Pannier-Runacher

Avec Salia Bratlia, nous recevons Agnès Pannier-Runacher, la ministre de l'Industrie jusqu'à 9 heures. On va parler dans un instant, si vous voulez bien, des grandes surfaces qui ont eu recours au chômage partiel assez fortement ces derniers jours. Vous nous direz si ça vous semble normal, si les grandes surfaces souffrent aujourd'hui de la crise économique ou si pour vous elles abusent ou elles contournent ce dispositif qui est censé être réservé aux groupes les plus en difficulté. D'abord le fil info à 8h40 avec Mélanie Delaunay.

7:40
Invité

Tout porte à croire que nous avons passé un pic épidémique, dit Olivier Véran après 17 jours de reconfinement. Le ministre de la Santé affirme que nous reprenons le contrôle sur l'épidémie de Covid, mais qu'il est trop tôt pour crier victoire. La France s'approche des 2 millions de contaminations détectées. Dans le monde, record absolu ce week-end, selon l'Organisation mondiale de la Santé, plus de 660 000 cas positifs samedi. Jean Castex reçoit cet après-midi les représentants des principaux cultes alors que des catholiques ont manifesté ce week-end pour un retour des messes en public. C'est interdit depuis le reconfinement.

Le procès de l'attentat déjoué du Thalys pendant l'été 2015 s'ouvre aujourd'hui à Paris. Ce sont des passagers, dont des militaires américains, qui ont désarmé le tireur et évité un carnage à bord du train. Quatre astronautes sont en ce moment à bord de la fusée SpaceX qui fait route vers la Station Spatiale Internationale. Première mission opérationnelle après un aller-retour accompli pendant l'été. L'arrimage est prévue la nuit prochaine.

8:39
Présentateur

Toujours avec Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l'Industrie,

8:52
Invité

Casino, Auchan, Monoprix, Leclerc, Carrefour, une partie de la grande distribution a décidé de placer une partie de ses salariés au chômage partiel suite à la décision de votre gouvernement de fermer les rayons de produits dits non essentiels. Vous leur demandez de revenir sur leur décision, même si elle est légale, ou alors vous dites que c'est tout à fait normal ?

9:10
Présentateur

Je dis que si c'est pour couvrir effectivement le salaire de salariés qui risqueraient d'être licenciés et qui ne sont pas dans les rayons aujourd'hui parce que ces rayons sont fermés, c'est toute la logique du chômage partiel. La logique du chômage partiel, c'est de protéger les salariés. L'argent, il ne vise qu'une chose, c'est à financer des salariés qui sont empêchés de travailler parce que soit les carnets de commandes ne sont pas au rendez-vous, soit les activités pour lesquelles ils sont employés sont fermées. Mais vous allez quand même vérifier, vous allez vérifier qu'il n'y ait pas d'abus ?

Le chômage partiel, c'est une règle toute simple, c'est-à-dire que quand vous revenez à la maison et que l'État prend en charge votre rémunération, vous n'êtes pas censé passer des coups de fil pour vérifier l'approvisionnement du magasin au 15 décembre ou pour faire un point sur les stocks. Donc chômage partiel, ça veut dire pas de travail et ça, ça se vérifie.

9:59
Invité

Mais quand vous voyez que chez Carrefour, par exemple, 85 000 des 110 000 salariés sont concernés, est-ce que vous ne dites pas quelque part que c'est un abus de la part des dirigeants ?

10:08
Présentateur

Je dirais, quand j'aurai, et c'est ce que dit très bien Elisabeth Borne, c'est que tout ça se contrôle, donc ça se vérifie. Si effectivement 85 000 salariés sont bloqués et ne peuvent pas travailler, c'est légitime. Si c'est seulement 50 000, eh bien il y a un problème.

10:25
Agnès Pannier-Runacher

France Info a révélé ce week-end que certaines grandes surfaces contournent, on en parlait tout à l'heure, la pratique du click and collect, en proposant aux gens qui se présentent directement au magasin de remplir un petit papier et de repartir par exemple avec un jouet pour Noël. Là encore, est-ce qu'il y aura des contrôles et est-ce que ça vous semble normal ?

10:39
Présentateur

Je crois, et j'en appelle à la responsabilité l'ensemble des acteurs. Il ne faut pas jouer dans les interstices des règles du jeu. Nous avons fait une ouverture, une ouverture d'ailleurs qui concerne surtout les petits commerçants parce que les grandes surfaces, elles ont déjà du click and collect, elles sont déjà organisées sur Internet, elles ont déjà des sites de vente en ligne. Donc, ce que nous souhaitons, c'est que les petits commerces puissent continuer à faire du chiffre d'affaires.

Et je rappelle une chose importante, c'est que le chiffre d'affaires que ces petits commerces feront par du click and collect, de la réception de commandes qu'ils donnent aux clients ou de la livraison ne sera pas pris en compte pour le paiement des aides. Très important parce que c'est vraiment une incitation, c'est que du plus et ça permet de les accompagner dans leur transformation numérique. S'agissant des grands magasins, je trouve que ce n'est pas très élégant. Et là encore, on vérifie l'application des règles du jeu.

11:31
Agnès Pannier-Runacher

Ce n'est pas élégant ou c'est illégal ?

11:34
Présentateur

Il faut voir dans le détail, là encore, comment ça se passe.

11:36
Agnès Pannier-Runacher

Vous vous présentez en magasin, vous repérez le jouet qui vous plaît, qui est dans un rayon qui est normalement fermé, et vous passez directement à la caisse avec un petit papier et vous le récupérez là.

11:47
Présentateur

Théoriquement, click and collect, vous l'avez pré-réservé par téléphone.

11:50
Agnès Pannier-Runacher

Il n'y avait pas trop le clic.

11:51
Présentateur

Voilà, vous le réservez par téléphone ou sur un site de vente en ligne et vous allez le rechercher. Donc, vous n'êtes pas censé le repérer en magasin.

11:58
Agnès Pannier-Runacher

C'est vous, Agnès Pannier-Runacher, qui êtes chargée au sein du gouvernement de négocier avec la Commission européenne pour les commandes des futurs vaccins contre le Covid-19. Question toute simple, sur cette question des vaccins, est-ce que votre budget est illimité ? Est-ce qu'il est, quoi qu'il en coûte, tant le sujet est important pour notre santé collective, ou est-ce qu'on vous a tout de même demandé de vérifier à une bonne utilisation des deniers publics ?

12:18
Présentateur

Alors, d'abord, c'est la Commission européenne qui, aujourd'hui, met l'argent sur la table. Et ce que nous négocions, c'est avec les laboratoires pharmaceutiques. Ce n'est pas avec la Commission européenne. C'est un collectif. Au départ, nous étions quatre pays, sous l'initiative, d'ailleurs, du président de la République français. L'Allemagne, les Pays-Bas, l'Italie et la France. Et nous avons négocié ensemble le premier contrat avec AstraZeneca. Et la France a été très instrumental pour faire en sorte que ces contrats soient immédiatement repris à leur compte par la Commission européenne et que la Commission européenne, au nom des 27 pays, puisse négocier. C'est un enjeu politique.

C'est un enjeu de santé collectif. La deuxième chose, c'est que nous sommes évidemment attentifs aux prix que nous négocions. Évidemment. Et nous avons obtenu, par rapport aux premiers chiffres exprimés par certains laboratoires, une forme de convergence vers des prix que nous estimons être réalistes et correspondre à l'effort qui est fait en termes d'accélération de développement, de réservation de capacités. Parce que produire un vaccin très vite, ça veut dire faire en même temps la partie essais cliniques, mais en même temps réserver les capacités industrielles.

Et donc consacrer de l'argent qui d'habitude ne sort de la poche des laboratoires pharmaceutiques que quand on est sûr que les essais cliniques fonctionnent. Donc nous soutenons ça et nous allons continuer à négocier. Quatre contrats ont été négociés à ce stade. Deux sont quasiment finalisés. Et l'importance pour la Commission européenne, c'est d'avoir une diversité de vaccins pour être sûr que quelques-uns arriveront jusqu'au bout de l'effort. Parce qu'aujourd'hui, aucun vaccin n'a d'autorisation.

14:02
Agnès Pannier-Runacher

Parmi les quatre, il y a celui de Pfizer.

14:04
Présentateur

Parmi les quatre, non, il est dans les deux qui suivent, qui devraient être conclus la semaine prochaine. En fait, le texte est finalisé, mais il y a une dernière validation à faire.

14:15
Invité

Alors, si on prend l'exemple de Pfizer, l'Union européenne a précommandé 300 millions de doses. Combien de doses la France peut espérer récupérer ? Parce que vous l'avez dit, il y a plusieurs pays sur le coup.

14:25
Présentateur

Oui, tout à fait. Et d'ailleurs, c'est une répartition qui est faite en fonction de clés de répartition de population. Donc chacun a un droit à un nombre de doses correspondant à sa population. Et ensuite, on peut décider entre nous que si sur une zone, le virus circule plus, parce que c'est notre intérêt d'arrêter la circulation du virus, on peut privilégier telle zone, mais ça sera dans le cadre d'accords du moment. Et chaque fois qu'il y a une décision à prendre, on nous demande, est-ce que vous confirmez que vous voulez votre quota ? Et s'il en reste, on dit, est-ce que vous confirmez que vous vous en voulez plus sur le quota qui reste ?

14:59
Invité

Et si on prend l'exemple de l'Allemagne et de Pfizer, justement, Pfizer développe son vaccin avec un laboratoire allemand, BioNTech. Est-ce que l'Allemagne, à ce titre, peut dire, nous, on en voudrait plus et on a le droit, on n'est plus légitime ?

15:10
Présentateur

Non, l'accord nous réunit tous les 27. Donc encore une fois, vous avez une première question qui est, est-ce que vous prenez ce que votre population représente ou est-ce que vous souhaitez en prendre moins ? Il arrive que certains pays demandent moins parce qu'ils estiment que ce n'est pas le vaccin qu'ils souhaitent, les conditions de conservation, d'administration sont trop complexes. Et sur ce qui reste, les pays sont appelés une deuxième fois en disant, est-ce que vous en voulez plus ? Et nous, sur les 300 millions de Pfizer, on peut en espérer combien ? C'est une clé de répartition. On n'a pas les chiffres pour la France ? C'est une trentaine.

J'ai les chiffres, mais je ne veux pas vous dire... Une trentaine de millions ? Oui, puisqu'on représente...

15:47
Agnès Pannier-Runacher

A priori, sachant qu'il faut deux doses de ce vaccin, ça voudrait dire...

15:50
Présentateur

Non, c'est un peu plus qu'une trentaine de millions, pardon. C'est un peu plus qu'une trentaine de millions, mais soyons clairs. Nous sommes... L'objectif, c'est de commencer par des publics prioritaires. C'est ce sur quoi l'autorité, la haute autorité de la santé...

16:05
Invité

Donc, il est plus égé, le personnel soignant.

16:07
Présentateur

Ça, c'est la haute autorité de la santé qui va le définir. Attention, chaque plateforme vaccinale est différente. Vous avez des vaccins ARN, vous avez des adénovirus... Et pour chacun de ces vaccins, la haute autorité de santé va dire, en fonction de ce que donnent les résultats de l'étude clinique, en fonction de ce qu'on sait de ce type de virus, voilà les clientèles qui sont prioritaires pour bénéficier d'un accès au vaccin.

16:29
Agnès Pannier-Runacher

300 millions de doses qu'on achète, à quel prix ?

16:32
Présentateur

Alors, ça, c'est encore confidentiel, parce que comme nous...

16:34
Agnès Pannier-Runacher

Ça va le rester confidentiel ou pas ?

16:36
Présentateur

Non, ça ne le restera pas jusqu'au bout, bien entendu, mais l'enjeu que nous avons aujourd'hui...

16:39
Agnès Pannier-Runacher

Oui, pourquoi ? Je vous pose la question, parce que toute l'usine à complotistes tourne déjà derrière.

16:44
Présentateur

Mais nous souhaitons conserver la confidentialité jusqu'à la fin d'une négociation, puisque l'objectif est quand même d'avoir le maximum de leviers sur les laboratoires pharmaceutiques avec lesquels on négocie, et donc de ne pas leur donner des références sur d'autres contrats sur lesquels ils pourraient se raccrocher pour obtenir les meilleures clauses.

17:04
Agnès Pannier-Runacher

Il existe une clause, a dit hier la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, dans le contrat qui lie l'Europe au laboratoire, qui indique que s'il y a des effets néfastes ou nocifs du vaccin, l'Union européenne s'engage à ne pas aller devant la justice contre le fabricant du vaccin. Est-ce exact ?

17:21
Présentateur

Non, c'est inexact parce que c'est contraire à la loi. C'est contraire à la loi.

17:24
Agnès Pannier-Runacher

Ça n'est écrit nulle part dans aucun des contrats ? Nous n'avons pas accès à ces contrats, vous l'avez rappelé, ils sont en cours de négociation.

17:29
Présentateur

Même s'il y avait une telle clause, étant contraire à la loi, elle est réputée non écrite. La loi prévoit que le producteur est responsable du dommage causé par un défaut de son produit. Et qu'une clause qui dirait le contraire serait réputée non écrite. En revanche, il y a un cas d'exonération, c'est quand l'état des connaissances scientifiques et technologiques n'a pas permis de déceler la difficulté. Et ça, c'est ce qui existait déjà pour H1N1. Dans ces cas-là, il y a des dispositifs, un peu comme des dispositifs de catastrophe naturelle, qui permet effectivement de prendre en charge des difficultés et des indemnisations.

18:07
Agnès Pannier-Runacher

Donc pour être précis, dans quels cas l'Union européenne paierait ?

18:10
Présentateur

Alors d'abord, à ce stade, les seuls cas dans lesquels l'Union européenne pourrait partager, et chaque contrat est différent, chaque contrat est différent, pourrait éventuellement partager la charge.

C'est comme dans les contrats H1N1, c'est-à-dire que ce serait la survenance d'un épisode qui serait nuisible et qui ne serait pas connu en l'état, ni par nous, ni par le laboratoire pharmaceutique, et sur lequel le laboratoire pharmaceutique pourrait démontrer qu'à chaque instant, il a fait preuve de transparence, et donc ça sera à lui de faire la démonstration qu'il n'était pas en situation de prévoir un problème, et que par ailleurs, il a donné et transmis en transparence toutes les informations. Mais toute négligence d'un laboratoire pharmaceutique serait évidemment devant les tribunaux avec une indemnisation à la charge du laboratoire pharmaceutique.

19:05
Agnès Pannier-Runacher

Enfin, d'un mot, l'ensemble des contrats signés avec l'ensemble des laboratoires, entre les laboratoires et l'Europe, sera-t-il rendu entièrement public ?

19:13
Présentateur

Alors ça, ça ne dépend pas de moi.

19:15
Agnès Pannier-Runacher

Mais est-ce que ce sera le cas à la fin ?

19:17
Présentateur

Non, c'est une décision qui dépend de la Commission européenne.

19:20
Agnès Pannier-Runacher

Est-ce que vous le souhaitez ?

19:21
Présentateur

La France a aujourd'hui pris une position qui consistait à communiquer à minima les points, les éléments saillants.

19:28
Agnès Pannier-Runacher

Jusqu'à la fin de la négociation, on l'a compris. Mais après ?

19:30
Présentateur

Mais après, c'est ce que je vous dis, la France a tenu une position vis-à-vis de la Commission européenne, mais nous ne sommes pas seuls à décider. Je rappelle que c'est une décision où il y a 27 participants à communiquer les données clés de ces contrats, par exemple le prix, les quantités, les conditions de responsabilité, de façon à ce qu'il y ait une transparence, notamment vis-à-vis du Parlement européen. Et vous savez que Pascal Canfin, qui est dans la majorité, je dirais proche de nos idées, porte également ce projet.

19:58
Agnès Pannier-Runacher

8h50 de l'Eufi d'Info, Mélanie Delaunay.

20:00
Invité

Trois ans après le meurtre d'Alexia Daval, c'est ce matin que s'ouvre le procès de son mari, Jonathan Daval, devant les assises de Haute-Saône à Vesoul, celui qui a fait croire à un meurtre pendant un footing et joué les veufs éplorées pendant trois mois, a reconnu les faits. Grâce au reconfinement, la circulation du virus baisse, la France reprend le contrôle de l'épidémie, estime le ministre de la Santé Olivier Véran dans la presse régionale. 27 000 nouvelles contaminations enregistrées en 24 heures et 300 morts. Le nombre de personnes en réanimation se stabilise à près de 4 900 patients.

Le maire de Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne, porte plainte aujourd'hui après l'organisation d'une fête clandestine dans sa commune. 300 à 400 participants au début du week-end. Trois personnes sont en garde à vue. Ambiance tendue au sein de l'équipe de France féminine de football. La capitaine Amandine Henry dénonce le management de la sélectionneuse Corinne Diacre. Le président de la fédération Noël-le-Grette prévient qu'être en conflit avec les meilleures joueuses de France, ce n'est pas durable. France Info

21:05
Présentateur

Le 830 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.

21:10
Invité

Toujours avec Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l'Industrie. On parlait à l'instant du vaccin contre le Covid-19. S'il était disponible dans les mois à venir, est-ce que vous, vous êtes pour une vaccination obligatoire pour tous les Français ?

21:21
Présentateur

Moi, je n'ai pas à prendre position sur ça. C'est-à-dire que je n'ai pas fait 10 ans d'études supérieures pour savoir ce qui est bon en épidémiologie. Et je me rangerai aux recommandations de la Haute Autorité de Santé. Je pense qu'à un moment, il faut arrêter de mélanger tout et n'importe quoi et d'avoir chacun une opinion sur ce qui est bon et pas bon, en particulier dans les matières scientifiques et technologiques.

21:43
Agnès Pannier-Runacher

Deux questions toutes simples sur les masques. D'abord, est-ce que cette fois-ci, les stocks sont prêts ? Est-ce qu'ils sont au plus haut ? Et est-ce qu'on va tenir encore des semaines et des semaines sans aucun souci ?

21:52
Présentateur

Alors, le grand changement par rapport au précédent confinement, c'est que nous sommes producteurs de masques à hauteur de 50 millions de masques chirurgicaux et FFP2, 60 millions de masques chirurgicaux et FFP2 par semaine.

22:07
Agnès Pannier-Runacher

Ce qui n'est pas énorme.

22:07
Présentateur

Par semaine, si c'est beaucoup. Si on en met un chaque jour, ça fait 50 millions. Et que par ailleurs, vous avez ça, qui sont des masques textiles, donc je montre pour ceux qui sont sur la télévision, qui sont des masques textiles sur lesquels nous sommes capables de produire plus de 20 millions de masques par semaine également. En France, nous avons également complètement rechargé nos stocks de masques chirurgicaux et FFP2. Donc aujourd'hui, il n'y a pas de tension sur les masques chirurgicaux, FFP2 et tissus. Les masques tissus, vous savez, les entreprises, elles attendent plutôt les commandes.

22:42
Agnès Pannier-Runacher

Est-ce que vous êtes tombé de l'armoire ? Comme nous, la semaine dernière, à la lecture de l'étude du FC Que Choisir, nous apprenons qu'il suffit de laver les masques chirurgicaux à 60 pour les réutiliser.

22:51
Présentateur

Alors, je ne suis pas tombé de l'armoire. Si, je suis tombé de l'armoire, parce que la question, je l'ai posée au mois d'avril à mes équipes. Et qu'est-ce qu'on vous a dit à ce moment-là ? À l'époque, il semblait que c'était délicat. Alors, je vais juste te dire un truc important. L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament, pour des raisons liées à des années de travail sur les maladies nosocomiales, en fait, les maladies qu'on attrape dans les établissements de santé, étaient extrêmement réservées sur l'idée de réutiliser des masques chirurgicaux, des masques FFP2.

Donc, moi, j'accueille cette étude en disant, pourquoi pas, parce que je préfère encore une fois qu'on vérifie avec nos technologies et en appliquant les mêmes modèles d'évaluation que ceux que nous avons appliqués sur toutes les réglementations précédentes de masques chirurgicaux et de masques textiles, pour pouvoir donner l'information aux Français.

23:49
Agnès Pannier-Runacher

Mais en attendant, Xavier et moi, on fait quoi de nos masques ? On les lave, on les réutilise ou pas ?

23:54
Présentateur

À ce stade, ce sont des masques à usage unique et la recommandation est de ne pas les réutiliser. Vous avez des techniques qui ont été mises au point dans différents pays, ne serait-ce que les UV, etc., qui sont censés aider la disparition du virus. Mais en milieu professionnel et en milieu de santé, la recommandation française est de ne pas les réutiliser. En tant que particulier, on va faire en sorte, par des contrôles et par des examens, on va faire tout le protocole sur ces masques-là, en reprenant l'étude, pour vous donner des indications et des recommandations qui soient les plus précises possibles. Juste une dernière question avant de terminer.

24:36
Invité

Ce week-end, des centaines de catholiques se sont rassemblés dans une trentaine de villes de France pour réclamer le retour des messes. À titre personnel, est-ce que vous réclamez vous aussi une dérogation ? Vous demandez une dérogation au confinement pour les croyants, pour le culte ?

24:48
Présentateur

Alors, je redis la même chose que pour tous les sujets. Nous sommes en train de casser la courbe de circulation du virus. Le virus circule dès qu'on a des interactions sociales. Tout le monde peut aller dans une église, dans une synagogue, dans une mosquée. Elles sont ouvertes pour se recueillir. En revanche, rassembler des croyants ensemble pose un problème puisque ça augmente le niveau d'interaction sociale. Donc, rendez-vous le 1er décembre ? Jean Castex réunit les ministres du culte cet après-midi pour faire le point.

Mais c'est toujours la même chose, c'est trouver le juste chemin entre des considérations sanitaires qui nous concernent tous et le fait que chacun, parce qu'il a des activités spirituelles qui comptent pour lui, parce qu'il a des activités économiques qui comptent, parce qu'il a des activités sociales, d'aller voir des vieux parents, d'aller voir des amis qui comptent aussi, puisse trouver cet équilibre.

25:43
Agnès Pannier-Runacher

Pas de dérogation avant le 1er décembre, on l'aura compris à l'ensemble de vos propos. Merci beaucoup Agnès Pannier-Runacher, invitée ce matin de France Info. Bonne journée à vous dans une minute, le journal, et puis les informer avec Renaud Dely.