Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLCI· 28 janvier 2024 51 min

Yannick Jadot, invité de "L'événement" sur LCI

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:09
Présentateur

Bienvenue dans l'événement du dimanche. LCI, ravi de vous retrouver. Crise agricole, évidemment, colère du monde, paysan. Aujourd'hui, notre invité pour en discuter. Yannick Jadot, bonjour et merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Sénateur écologiste de Paris, ancien candidat à l'élection présidentielle. Une heure d'entretien avec, pour vous interroger à mes côtés, Routel Kriyev, bonjour. Bonjour. Et François Landet, une émission. Je vous le rappelle aussi à suivre en direct sur tous les réseaux sociaux. Côté F1 Info, une question qui nous intéresse en vous ayant sur notre plateau. Les écologistes sont-ils les meilleurs alliés des agriculteurs ?

Vous le martelez, vous et tous vos collègues. Certains en doutent, les agriculteurs en tête. Et vous ont, à plusieurs reprises, remis en cause et interpellé là-dessus. On va évidemment largement en discuter ensemble. Mouvement soutenu, cette colère paysanne par près de 90% des Français. Mouvement très sollicité, très appuyé aujourd'hui par les Français. Des blocages qui continuent, impliquant environ 700 agriculteurs à travers la France, avec près de 40 points de blocage encore une fois, avec en ligne de mire, en ce début de semaine prochaine, Paris.

On va en rediscuter alors que l'on attend encore la prise de parole du Premier ministre Gabriel Lattal, qui, on le rappelle, est en déplacement un peu surprise, annoncée à la toute dernière minute en Indre-Édouard. D'ailleurs, avant d'en parler, le blocage de Paris. Est-ce que vous soutenez ce mouvement de certains syndicats agricoles à bloquer la capitale ?

1:41
Yannick Jadot

Je soutiens le mouvement des paysannes et des paysans. Ça fait 30 ans qu'on voit les fermes disparaître. On est à 200 fermes par semaine qui disparaissent. C'est presque deux suicides tous les jours. C'est une crise économique, sociale absolument dramatique. Ça s'est installé, je l'ai dit, depuis 30 ans, avec l'ouverture de plus en plus forte de l'agriculture aux marchés internationaux.

2:08
Présentateur

Mais ça, on va en rediscuter largement.

2:11
Yannick Jadot

Et une crise écologique qui s'est ajoutée à ça. Dérèglement du climat, inondations, canicules, sécheresses qui remettent en cause puissance 10, l'activité des paysannes et des paysans. Et donc, on a une crise. Tout à l'heure, un de vos éditorialistes parlait de crise existentielle. Je crois que c'est vrai. Et qui est surtout aujourd'hui, c'est la revendication première des paysannes et des paysans, une crise du revenu. Les paysannes et les paysans sont écrasés par l'augmentation des intrants, les semences, les engrais, les pesticides, le soja venu du Brésil. Et puis, l'augmentation des marges de l'agro-industrie, de l'agro-alimentaire, de la grande distribution.

2:54
Présentateur

Je veux dire très précisément, Yannick Ladeau, sur le siège de la capitale pour une durée indéterminée à partir de demain, 14 heures. C'est ce qu'appelle la FNSEA, les jeunes agriculteurs. Est-ce que vous soutenez cet appel ? Est-ce que c'est la bonne solution ?

3:07
Yannick Jadot

Je ne sais pas soutenir un appel organisé par les syndicats, mais moi je soutiens cette mobilisation. Donc, c'est au gouvernement aujourd'hui à apporter les bonnes réponses. Clairement, il n'apporte pas les bonnes réponses depuis des années.

3:20
Présentateur

Alors justement, le gouvernement, pardonnez-moi, je vous coupe. On va écouter le Premier ministre et on parle de ses propos et de ses propositions juste après.

3:27
Invité

Jean-Gérard Pommier, Vincent Louau, Pierre-Alain Roiron. Saluez aussi mon ami Cédric Deolivera, maire de Fondette, président des maires. Monsieur le président de la Chambre des métiers et de l'artisanat. Les représentants colonels, lieutenants colonels de nos forces de sécurité. Monsieur le maire de la Riche, merci de nous accueillir. Merci à chacune et chacun d'entre vous et à tous les élus qui sont présents. Moi, je suis là avec vous ce matin, d'abord pour Fabienne. Fabienne m'a invité il y a plusieurs semaines en me disant si tu peux venir à mes voeux, ça serait super. La première invitation est tombée avant que je devienne Premier ministre.

Et à l'époque, déjà, c'était un peu compliqué de pouvoir m'engager parce que, en tant que ministre de l'éducation nationale, j'avais évidemment beaucoup d'engagement au moment de la rentrée après les vacances. Puis après, je suis devenu Premier ministre, c'était encore plus compliqué. Mais je lui ai dit, on va tout faire pour y arriver. Et je suis ravi qu'on y soit arrivé et d'être parmi vous aujourd'hui. Parce que Fabienne, elle l'a un peu dit, Fabienne et moi, c'est d'abord, ça commence à faire une longue histoire d'amitié. On a été élus députés tous les deux en 2017. On s'est retrouvés à la commission des affaires culturelles et de l'éducation.

On a passé de longues journées, de longues soirées, de longues nuits dans l'hémicycle en commission sur les sujets éducatifs, les sujets culturels, les sujets de jeunesse. Et c'est noué une très solide amitié. Et Fabienne le disait, je suis rentré au gouvernement fin 2018, puis j'ai ensuite eu différentes fonctions. Et probablement que si j'ai pu changer de fonction, évoluer jusqu'à être nommé Premier ministre, c'est parce qu'il a été considéré que je faisais correctement mon travail. Mais quand vous êtes membre du gouvernement et que vous voulez faire correctement votre travail, il faut être capable de prendre les bonnes décisions.

Et pour prendre les bonnes décisions, et ça je le mesure chaque jour depuis que je suis au gouvernement, il faut être connecté avec la réalité du terrain. Alors ça passe par des déplacements, c'est aussi pour ça que je me suis rendu sur une exploitation agricole juste avant de venir ici.

Mais ça passe aussi par le fait d'avoir autour de vous des personnes qui vous parlent, qui sont représentatives d'un territoire, qui sont lucides sur les difficultés que traverse notre pays, qui sont très connectés avec les acteurs économiques, associatifs, culturels, politiques, qui sont capables de vous faire remonter les choses, de vous dire les choses, de vous alerter quand ça ne va pas droit, quand ça ne part pas dans la bonne direction, de vous suggérer aussi des propositions, et donc de vous faire prendre les bonnes décisions.

Et je le dis, Fabienne, elle fait partie de ces personnes qui, autour de moi, et depuis maintenant 7 ans, m'aident à prendre les bonnes décisions, en me donnant les bons conseils à partir de son expérience ici. C'est pour moi aussi l'incarnation, pour notre majorité politique, de ce que nous avons, je crois, réussi à faire avec le président de la République, c'est-à-dire faire émerger des personnalités politiques qui n'étaient pas forcément engagées en politique avant. Fabienne vient plutôt de la société civile en 2017. Elle a su s'imposer comme une élue de terrain, capable d'agir, d'intervenir à Paris sur énormément de sujets, capable aussi de défendre les intérêts de sa circonscription.

Parce que de la même manière que je vous dis qu'on est amis depuis 7 ans, je peux vous dire que Lariche, Chinon, Balanmiré, Jouer les Tours, Richelieu, on en a entendu parler matin, midi et soir. Moi, mais aussi tous les membres du gouvernement, et je ne cite pas les 78 communes, mais je pourrais presque le faire, tellement elle nous parle matin, midi et soir de sa circonscription, tellement elle se bat auprès de tous les ministres pour défendre les intérêts de son territoire.

Et la réalité, parce qu'elle est très humble et modeste, c'est qu'il n'y aurait évidemment pas de maison des savoir-faire, ici, dans cette circonscription, dans cette quatrième circonscription, si Fabienne ne s'était pas battue. Parce que je l'ai vu ce jour où j'avais organisé ce déjeuner en tant que secrétaire d'État à la vie associative, avec effectivement des patrons, des grands couturiers, dont Agnès B. Et j'ai vu Fabienne repérer tout de suite Agnès B, lui foncer dessus, s'asseoir à côté d'elle et ne pas la lâcher pendant tout le déjeuner.

Et aujourd'hui, quelques années plus tard, il y a la maison des savoir-faire qui est ouverte ici, avec Agnès B qui a porté son projet ici, dans cette circonscription. Si Fabienne ne s'était pas battue comme elle s'est battue, il n'y aurait probablement pas eu la cité éducative à jouer les tours. Cœur de ville à Chinon. Et tous les projets qu'elle a rappelés, elle ne les a pas tous rappelés, qui ont été portés ici. Donc je le dis, vous pouvez être très fiers de votre député Fabienne Colbock, et je crois qu'on peut l'applaudir une nouvelle fois. Je ne vais pas vous faire un long discours, puisque je crois que l'important, c'est aussi qu'on puisse évidemment boire un coup.

En plus, il y a un groupe qui est là, qui joue, que j'ai rencontré en venant. Moi, je veux simplement vous passer quelques messages qui me semblent importants. Je suis ici, évidemment, dans un contexte, on le sait, où nos agriculteurs, nos agricultrices, nos éleveurs, nos éleveuses, sont dans une situation difficile, et l'expriment depuis maintenant plusieurs jours. On s'est rendu dans une exploitation juste avant avec Fabienne. Ce qui se joue ici, c'est absolument fondamental pour notre pays. Parce que notre agriculture, c'est d'abord une des parts majeures de l'identité de la France. Dans notre identité, il y a notre agriculture, qui est une fierté.

Parce que nous avons une agriculture parmi les plus qualitatives du monde. Parce qu'elle est à l'image de territoire. Il y a des départements dont on parle avant tout, parce qu'on parle de leur vin, parce qu'on parle de leur culture, parce qu'on parle de leur élevage. Il y a des départements, des territoires qui sont nommés à partir de cultures, à partir de races, d'animaux. C'est absolument majeur pour l'identité de notre pays. Et puis, ce qui se joue aussi, c'est notre indépendance et notre souveraineté. Nous, on se bat avec le président de la République, et évidemment que ce n'est pas facile. Mais on commence à avoir des résultats.

On se bat pour la souveraineté et donc l'indépendance de la France. On veut dépendre moins des autres et plus de nous-mêmes. Et on a un certain nombre de crises qui sont survenues ces dernières années, malheureusement, qui ont montré à quel point ça pouvait être fragile. On ne veut plus dépendre des grandes puissances, la Russie, les pays du Golfe, pour notre énergie. D'où l'importance du nucléaire, tu en parlais il y a un instant, et des énergies renouvelables. Et le texte qui a été voté sur le réinvestissement massif dans le nucléaire, suite au discours de Belfort du président de la République, est historique, et on va le développer.

On ne veut plus dépendre de l'Inde pour nos médicaments, de la Chine pour nos panneaux photovoltaïques. On ne veut plus avoir à importer jusqu'à 40% de nos fruits et légumes, alors même que nous avons des exploitants et que nous avons toutes les chances de pouvoir produire encore davantage en France. C'est ça le cœur de notre action. Et oui, on commence à avoir des résultats. Je le disais à l'instant, sur l'énergie, on prend les mesures qui s'imposent, sur l'industrie. On ouvre plus d'usines qu'on en ferme en France depuis quelques années maintenant. Ce n'était pas arrivé depuis des décennies. On crée plus d'emplois industriels qu'on en détruit en France.

Ce n'était pas arrivé depuis des décennies. Alors évidemment, on n'a pas inversé la courbe de 30 ans en seulement 5 ou 6 ans. Mais enfin, on voit que ça va dans le bon sens. Il y a plus d'usines qui ouvrent que d'usines qui ferment, plus d'emplois industriels qui sont créés que d'emplois qui sont détruits dans notre pays. Oui, on commence à inverser sensiblement les choses sur la question du chômage. Le taux de chômage, il était de plus de 9% quand le président de la République a été élu. On est encore un peu au-dessus de 7% aujourd'hui. Il y avait 200 ou 300 000 apprentis chaque année dans notre pays avant l'élection du président de la République. Je regarde M. le Président de la Chambre.

On approche du million d'apprentis chaque année. Et sur notre agriculture, je vous le dis, je suis absolument convaincu qu'on y arrivera. Parce qu'on est déterminé. Parce qu'on va porter et continuer à porter cet enjeu et nos positions, nos convictions au niveau européen. Nos agriculteurs, ils ne demandent pas quelque chose d'extravagant ou quelque chose d'insurmontable. Ils veulent être considérés, ils veulent pouvoir travailler et ils veulent être rémunérés pour leur travail. La considération, elle passe par la réaffirmation absolue. On ne peut pas défendre notre agriculture, nos agricultures, en expliquant qu'il faut produire moins ou arrêter de produire. Ce n'est pas vrai.

Oui, il faut produire. On l'assume, on continuera à l'assumer. La considération, c'est arrêter de laisser cette place, qu'on laisse encore trop, à des discours qui déconsidèrent nos agriculteurs et nos éleveurs. Qui les font passer pour des bandits, pour des pollueurs, pour des personnes qui torturent leurs animaux. Personne n'aime plus la terre et les bêtes que nos agriculteurs et nos éleveurs. Parce qu'ils aiment notre terre, parce que c'est leur outil de travail par ailleurs. Donc la considération est absolument nécessaire et je serai toujours là pour le rappeler. Travailler ensuite.

Sortir de normes, de bâtons dans les roues, de procédures qui se sont, c'est vrai, probablement empilées les unes après les autres ces dernières années, ces dernières décennies. Et qui font que vous avez aujourd'hui des femmes, des hommes, qui, je le disais à l'instant, veulent cultiver leurs terres, élever leurs animaux. Qui passent plus de temps devant leur écran à remplir des formulaires que dans leur champ. Ça, c'est pas possible. J'ai d'ores et déjà annoncé un certain nombre de mesures de simplification, de suppression d'un certain nombre de normes. Et on va continuer.

J'ai demandé que dans tous les départements de France, les préfets réunissent les agriculteurs pour regarder, norme après norme, ce qu'on peut simplifier. Ça a déjà commencé dans un certain nombre de départements, en Haute-Garonne, où j'étais vendredi. Ils ont eu deux ou trois réunions la semaine dernière. Déjà quatre arrêtés préfectoraux qui ont été abrogés. Parce que les représentants des agriculteurs, des éleveurs ont dit, voilà, ça, cette règle, on ne la comprend pas. Elle nous met des bâtons dans les roues et elle ne sert à rien. Donc, on la supprime. Pour l'Indre-et-Loire, cette réunion, elle se tiendra lundi, mardi, mardi après-midi avec le préfet qui est là. Et il y en aura d'autres.

Et ça, ça va se passer dans tous les départements de France dans les semaines à venir. Et je ferai le même travail avec le ministre de l'Agriculture, Marc Fénaud, au niveau national avec la présentante des agriculteurs. On va continuer à avancer pour lutter contre la concurrence des loyales. Parce que ça aussi, c'est un enjeu absolument majeur pour nos agriculteurs. Se voir imposer des règles qui peuvent, pour certaines, évidemment, avoir leur justification sur le papier, mais qui ne sont pas imposées à d'autres, et voir les produits de ceux qui n'ont pas ces règles importer sur le sol national. Ça s'appelle de la concurrence des loyales.

On a pris un certain nombre de décisions, là aussi, depuis 2017, qu'on a assumées. On a assumé de dire, pas d'interdiction sans solution. On a même assumé de réautoriser certaines molécules qui avaient été interdites avant l'élection du président de la République, à l'époque, sans se préoccuper de savoir s'il y aurait des solutions. Ce qui, pour la filière Bétrave, par exemple, menaçait de faire disparaître la filière Bétrave de notre pays. On a assumé, et totalement assumé, de dire, il n'y a pas de solution. On a une filière qui est totalement en danger. On assume de réautoriser cette molécule. Et à l'époque, on n'était pas dans la même expression très forte du malaise de nos agriculteurs.

Et on a eu assez peu de soutien quand on a pris cette décision. On l'a assumé. Et puis vivre de son travail. Évidemment, nos agriculteurs, nos agricultrices, qui ne comptent pas leurs heures, qui ne comptent pas leurs jours de repos, ils en ont peu, ils se lèvent tous les jours pour travailler. Évidemment qu'ils doivent vivre dignement de leur travail. C'est pour ça qu'on a fait voter des lois importantes dans le premier mandat, les fameuses lois EGALIM, qui sont probablement perfectibles, surtout qui doivent être appliquées, pour lesquelles on doit renforcer encore les contrôles, prendre des sanctions. J'ai annoncé trois grandes entreprises qui vont être lourdement sanctionnées.

Mais enfin, qui ont été un progrès. Et ça, tous les agriculteurs le disent, ils nous l'ont dit encore ce matin. Parce qu'avant, c'était la loi LME qui datait de 2009, c'est-à-dire les pleins pouvoirs pour la grande distribution et les industriels. On a changé cette logique-là, maintenant il faut la faire appliquer, évidemment. Et puis la retraite de nos agriculteurs, on en parlait aussi, pour laquelle des progrès ont été votés par le Parlement, maintenant il faut les faire appliquer. Bref, on va continuer à travailler avec eux. Moi je l'ai dit, vendredi, j'ai annoncé des premières mesures qui étaient attendues, qui ont d'ailleurs conduit certains à cesser leur mobilisation.

Mais je sais bien qu'à travers ces premières mesures, on n'a pas répondu encore à tout ce que je viens d'évoquer, et ce qui constitue le malaise et le mal-être de nos agriculteurs aujourd'hui. Mais je suis résolu à avancer, à avancer résolument, à avancer vite. A chaque fois qu'on pourra prendre des décisions, tout de suite on les prendra. Et on aura dans les semaines qui viennent, évidemment, d'autres décisions à prendre avec eux. Tu l'as dit Fabienne, mardi je présenterai ma déclaration de politique générale. Je ne suis pas ici pour, évidemment, le faire. Avant mardi, ce ne serait pas tout à fait respectueux de la représentation nationale.

Mais ce que je veux vous dire, c'est que je suis absolument déterminé à avancer sur un certain nombre d'enjeux que tu as évoqués. Je viens de parler de la question du travail. On doit continuer à mieux valoriser le travail en France. Travailler doit toujours être mieux valorisé à tout point de vue que ne pas travailler. Et ça, ce sera le cœur de ma déclaration de politique générale et de la politique du gouvernement dans les mois à venir. Nos services publics, tu en as parlé aussi. Au premier rang desquels, l'éducation et la santé. Vous savez l'importance que j'attache à l'éducation. J'étais ministre de l'Éducation nationale il y a encore quelques semaines.

Oui, on doit continuer à avancer et décliner les mesures que j'ai annoncées. Tu as parlé du choc des savoirs. On doit remettre de l'exigence à tous les étages. Et on ne peut pas accepter de voir classement international après classement international, le niveau diminuer en France. Notamment en mathématiques pour ce qui est du dernier classement PISA. Et donc j'assume totalement un certain nombre de décisions que j'ai prises et qui vont s'appliquer. Remettre de l'exigence partout. Et considérer que la meilleure personne qui sait ce dont les enfants ont besoin pour réussir, ce sont les enseignantes et les enseignants.

Et donc j'ai annoncé que sur la question du redoublement, le dernier mot serait à nouveau confié à l'enseignant plutôt qu'aux familles. J'ai annoncé qu'on avancerait sur les groupes de niveau au collège. Parce que les enseignants eux-mêmes vous le disent. Quand vous avez dans la même classe, dans le même groupe, des élèves qui ne savent pas lire, et des élèves qui lisent parfaitement, vous avez du mal à faire progresser tout le monde. Qu'il faut assumer de vouloir faire réussir tout le monde et de relancer l'ascenseur scolaire au collège. Évidemment qu'on va continuer à avancer sur la lutte contre le harcèlement.

Je veux aussi qu'on avance sur la médecine scolaire et la santé de nos enfants, de nos jeunes, et notamment la santé mentale, évidemment sur lesquelles on doit être encore plus présent, être beaucoup plus efficace. J'en parlerai dans ma déclaration de politique générale. La santé aussi, et je sais les préoccupations qu'il y a ici s'agissant de l'accès aux soins. Mais une préoccupation d'ailleurs dans l'ensemble de notre pays aujourd'hui. Vous trouvez très peu aujourd'hui de territoires ou de communes dans lesquelles vous n'avez pas de difficulté d'accès aux soins.

Parce que, c'est vrai, pendant des années a été maintenu un numerus clausus qui limitait le nombre d'étudiants en formation pour devenir médecin. On le paye aujourd'hui le plus durement au moment où vous avez beaucoup de médecins qui partent à la retraite et vous avez des jeunes médecins, et je ne porte pas de jugement, on peut le comprendre, qui ne veulent plus travailler totalement comme travaillaient leurs aînés. Plus de temps pour la vie de famille, pour d'autres projets. Et donc, ça veut dire qu'on doit former encore davantage. On a pris des décisions en 2018 sur le sujet. Ça mettra un peu de temps maintenant, il faut 10 ans pour former un médecin, arriver sur le terrain.

Et dans l'intervalle, on doit continuer à prendre des décisions qui nous permettent de libérer du temps médical et de renforcer l'accès aux soins. J'en parlerai aussi, évidemment, mardi. Et puis, la transition écologique, tu l'as évoqué, qui est d'ailleurs immédiatement liée à ce que j'évoquais sur l'agriculture, là aussi. Qu'on arrête d'expliquer que notre agriculture, nos agriculteurs, nos agriculteurs sont des ennemis de l'environnement. Le plus souvent, ils protègent l'environnement. Donc, permettent de maintenir des terres qui ne sont pas bétonisées, qui ne sont pas artificialisées. Et puis, par ailleurs, ils sont les premières victimes du dérèglement climatique.

Qui subit le plus durement le gel, la sécheresse, la canicule, les tempêtes, les inondations, les incendies ? C'est nos agriculteurs et nos éleveurs. Donc, évidemment qu'ils sont partie prenante dans cette transition et qu'ils attendent de nous qu'on continue à agir. On a une planification écologique qui a été annoncée, présentée par le président de la République. Je suis moi-même Premier ministre en charge de la planification écologique. C'est le souhait du président depuis 2022. C'est-à-dire l'importance qu'on accorde à cet enjeu. Et évidemment, on va continuer à avancer de manière forte et résolue, toujours avec la logique qui est la nôtre.

Pas chercher en permanence à sanctionner ou taxer. Mais chercher plutôt à accompagner et à investir. Parce que c'est ce qui permet d'aller plus loin et d'être plus efficace. Je ne vais pas être beaucoup plus long, mais je sais qu'on a une cérémonie de vœux. Et donc, moi, je veux d'abord vous souhaiter, et on a encore quelques jours pour le faire, à chacune et à chacun d'entre vous, une très belle année 2024. Et puis souhaiter une très belle année, évidemment, à tout ce territoire et plus globalement à notre pays. Et si je devais dire ce que je souhaite pour cette année 2024 à notre pays, d'abord, je souhaite que ce soit une année de rassemblement.

Il y a des tensions dans notre pays, évidemment. Il y a beaucoup de Français qui doutent, qui sont inquiets, parfois en colère. Mais il faut toujours, toujours garder en ligne de mire le rassemblement. On aura de belles opportunités pour se rassembler cette année, notamment sportive. Cherchons dans chacun des projets, chacun des axes qu'on poursuit au niveau national et au niveau local, à rassembler le plus grand nombre. Et puis je souhaite que ce soit une année de sursaut. J'ai eu l'occasion de le dire pour l'agriculture vendredi, quand je me suis exprimé. Une année de sursaut à tout point de vue, pour se ressaisir en se rassemblant.

La France, c'est un pays qui a toujours su avancer, y compris dans des moments de doute, dans des moments de colère, dans des moments de tristesse, dans des moments dramatiques. Tu parlais tout à l'heure de commémorations. Nous commémorerons cette année le 50e anniversaire du débarquement. Nous aurons en fin d'année la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Dramatiquement incendiée il y a 5 ans, et à l'époque, quand le président de la République a dit « On la réouvrira, on la rouvrira en 5 ans », beaucoup n'y ont pas cru. On l'a fait. On a été capables de le faire. Et quand je dis « on », c'est pas le gouvernement.

Toutes les femmes, tous les hommes, artisans, ingénieurs qui ont été engagés ces 5 dernières années sur cet immense chantier. Impossible n'est pas français. On est un pays qui sait toujours se rassembler quand il le faut, qui sait toujours avancer, y compris dans des moments difficiles. Et je sais que nous y arriverons tous ensemble, et j'en suis encore plus convaincu avec vous ce matin. Alors merci à toutes et à tous, et meilleurs voeux pour 2024.

22:49
Présentateur

L'opération déminage du Premier ministre Gabriel Attal en visite surprise dans l'Indre-et-Loire. L'agriculture, dit-il, majeure pour l'identité de la France. Yannick Jadot, vous l'avez écouté, comme nous, avec ces mots. Répétez, arrêtez de dire que les agriculteurs sont les ennemis de l'environnement. Vous en êtes-vous visé, vous en tant qu'écologiste, quand il prononce ces mots et ces paroles ?

23:27
Yannick Jadot

Clairement, il vise les écologistes, la stratégie du bouc émissaire. Mais il ne propose aucune solution aux paysans et aux paysans. Et c'est ça qui est profondément choquant. Il a quand même, encore une fois, brassé beaucoup de vent. Je pense que les agriculteurs qui l'ont regardé doivent être un peu sidérés qu'il n'y ait aucune mesure sur le revenu. C'est ça la demande. Depuis des semaines, des mois, le gouvernement, pour ne pas agir sur le revenu des agriculteurs et des agricultrices, essaye de cibler les écologistes en disant que tout ça, c'est la faute des écologistes. Je l'ai dit, ça fait 30 ans qu'il y a une crise économique et sociale profonde.

Il n'y a pas un plan social plus violent que l'agriculture depuis 30 ans dans notre pays. On a dit le diagnostic, tout le monde l'a fait. Mais quand vous avez des personnes, quand vous avez un agriculteur sur cinq qui vit sous le seuil de pauvreté, les suicides, les fermes qui disparaissent, c'est dramatique. Les mesures de revenus, vous pensez à quoi ? Quel type ? Quel est le bon levier ? Le bon levier aujourd'hui, incontestablement, c'est la négociation avec l'agro-industrie, l'agro-alimentaire, la grande distribution. On sait que l'agro-industrie, l'agro-alimentaire ont profondément à augmenter leurs marges, font beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent.

Dans l'agro-alimentaire, dans la grande distribution, les prix ont augmenté, alors qu'une partie des prix payés aux paysans ont baissé. Et qu'en plus, ils font face à une augmentation des prix des pesticides, des engrais, des importations, des semences. Tout ça contraint le revenu des paysans, de certains paysans. Parce que quand on parle d'une agriculture et des agriculteurs, il y en a qui ont fait beaucoup d'argent ces dernières années, et d'autres qui sont en train de disparaître.

25:16
Présentateur

Quand vous voyez le gouvernement qui prononce des sanctions, de premières sanctions lourdes contre des groupes agro-alimentaires, vous dites bravo ?

25:23
Yannick Jadot

On l'attend. On les attend, ça fait longtemps. On voit le ministre, le maire en permanence, dès qu'il y a un problème de revenu, dire « Je vais gronder les employeurs, les entreprises, le patronat, l'agro-industrie. » Enfin, ils prennent des mesures pour qu'effectivement, on ne puisse pas acheter un produit en dessous de son coût de revient. Ça va dans le bon sens. Mais on voit bien que c'est l'ensemble de la politique agricole. Et c'est là qu'ils ne veulent pas y toucher. Parce qu'ils ne parlent qu'avec la direction de la FNSA et pas avec les petits paysans. Ils ne veulent pas toucher un système. Vous savez, la PAC, c'est 55 milliards au niveau européen.

9 milliards qui vont sur la France tous les ans. Mais 80% des aides au niveau européen vont à 20% des fermes les plus importantes.

26:10
Présentateur

Ils ne parlent qu'à la FNSA, mais la FNSA dit continuer les mouvements.

26:14
Yannick Jadot

Ils ne parlent qu'à la direction de la FNSA. Vous voyez bien que la direction de la FNSA n'avait pas initié ce mouvement et court après, y compris pour un... Et donc, ce que je veux dire, c'est que si on continue à avoir le gros des aides publiques qui aident les plus puissants, les plus forts, plutôt que d'aider les plus faibles, les plus fragiles, les plus vulnérables, ceux qui gagnent le moins, eh bien vous allez continuer à avoir cette crise sociale. Donc il faut, nous nos propositions elles sont fortes, c'est un, ce qu'on a toujours défendu au niveau européen et au niveau français, doubler les primes aux premiers hectares, c'est-à-dire augmenter l'aide aux petites fermes.

Deux, mieux répartir les aides entre les agriculteurs. Encore une fois, on doit faire plus de justice sociale, y compris, et puis accompagner la transition écologique. C'est ce qu'on nous défendons depuis 30 ans. Nous ne sommes pas les ennemis des agriculteurs. Les agriculteurs sont les travailleurs de la nature. Mais on ne peut pas s'affranchir de la nature en étant travailleur de la nature.

27:17
Invité

Jadot, c'est incroyable de vous entendre parler comme ça, parce que quand on entend les agriculteurs, et pas n'importe lesquels, un certain nombre de leaders, pour eux, il n'y a pas de doute, c'est la pression écologiste, c'est la surcharge de normes imposées par les écologistes, encore plus en France même qu'au niveau européen, avec la surtransposition des normes en France. Et je voudrais qu'on écoute tout de suite peut-être Christiane Lambert, l'ancienne patronne de la FNSEA, qui est d'une personnalité assez forte, et qui, alors elle, elle y va très cash. C'était chez Elisabeth Martichoux sur LCI il y a quelques jours.

J'entendais hier soir des écologistes, Jadot, Tondelier, dire des choses totalement fausses, contredites par des agriculteurs. C'est parce qu'il a été raconté n'importe quoi sur notre profession, sur des réglementations qui n'existent pas, que les agriculteurs ont aussi envie de dire écoutez-nous et qu'on sorte de cette espèce de fake news permanente qui a mis l'agriculture française dans la situation délicate où elle est. Parce qu'il y a en France une espèce de climat anti-agriculture, des écologistes et des mouvements associatifs. Un climat anti-agriculture, vous êtes...

28:24
Yannick Jadot

Vous savez, moi, au-delà du fait que j'ai passé mon enfance à la campagne, au milieu de fermes, mais ça ne me donne pas un brevet de défense des agriculteurs. Mais ce que je veux dire, c'est que je sais d'où je viens, je viens de l'Aisne. Ça fait 30 ans qu'on travaille avec les agricultrices et les agriculteurs, pas simplement quand il y a les caméras de LCI. Je veux dire, il y a quelques semaines, on était, la plupart des parlementaires, nos responsables, surtout les territoires français, avec toutes les filières, pour travailler à la transition de notre agriculture.

Mais, si vous voulez, le problème de la direction de la FNSEA, qu'a incarné Christiane Lambert, et qu'incarne aujourd'hui Arnaud Rousseau, c'est qu'en fait, ils se satisfont très bien de gagner des marchés à l'international. Vous ne pouvez pas en permanence revendiquer de gagner des marchés à l'international et être sérieux quand vous dites qu'il faut arrêter les traités de libre-échange, parce que sinon c'est prendre les gens pour des gogos. Et plutôt que de mieux répartir les aides, c'est tellement facile de taper sur les écologistes et de dire, c'est simplement les normes. Vous savez, moi j'ai fait le grenelle de l'environnement en 2007, sous le président Sarkozy.

On devait réduire de 50% les pesticides d'ici 2020. La réalité, c'est qu'on a maintenu les pesticides. Est-ce que ce sont les tribunaux, ce sont les tribunaux qui empêchent les méga-bassines, alors que les gouvernements les soutiennent ?

29:47
Invité

Si vous en parliez des pesticides, un exemple qui est très concret, tous les Français l'ont en tête, c'est l'affaire des cerises. Il n'y a aujourd'hui quasiment plus de cerises produites en France, parce qu'un insecticide qui était utilisé naguère n'est plus autorisé en France, alors qu'il l'est en Espagne, en Italie. Résultat, les cerises sont importées d'Espagne et d'Italie. Elles contiennent ce fameux pesticide, donc pour la santé des consommateurs, c'est probablement regrettable. Mais les producteurs français sont privés de la possibilité d'exploiter leurs terres et de vendre leurs produits.

Là, on est bien dans un exemple où c'est la France qui a pris l'initiative de, je ne sais pas si on peut appeler ça littéralement de la surtransposition, en tout cas d'imposer cette interdiction, alors que les pays environnants, et je parle bien des pays européens, eux n'ont pas voulu le faire. C'est bien le signe d'un dysfonctionnement.

30:39
Yannick Jadot

Est-ce qu'il y a un problème d'harmonisation au niveau européen ? Oui.

30:43
Présentateur

De clauses miroirs qui ne sont pas appliquées ?

30:45
Yannick Jadot

De toute façon, les clauses miroirs, c'est du discours aujourd'hui. Parce que quand le président de la République ou le Premier ministre disent « Nous, regardez tout ce que... » Attendez, j'y arrive, j'y arrive, parce que j'ai été renvoyé sur autre chose. Vous avez raison, il y a un problème d'harmonisation au niveau européen.

31:00
Invité

Mais la faute de qui ?

31:02
Yannick Jadot

Parce qu'en fait, une bonne partie des pays, au fond, c'est la... Il y a une réglementation européenne sur les pesticides. Il y a les molécules autorisées et les molécules non autorisées. D'accord ? Et après, les pays choisissent, dans cette liste de molécules, celles qu'ils utilisent ou pas. La France utilise à peu près autant de molécules que ses voisins. Un peu plus que l'Allemagne, un peu moins que l'Italie, tout ça. Bon, c'est comme ça que ça s'organise. Après, le sujet de départ. Pourquoi il y a des molécules interdites ? Pourquoi il faut sortir des pesticides ? Et d'ailleurs, la plupart des agriculteurs en conviennent. Ce n'est pas tout à fait le sujet. J'y arrive.

C'est qu'en France, c'est interdit et ailleurs, ça ne l'est pas. Monsieur Langlais, j'y arrive. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas échapper à votre question. Simplement, j'explique pourquoi on essaye de sortir des pesticides. C'est parce qu'on a 70% des insectes. Non, mais attendez. Ils ont compris ça. Non, non, non, non. Ils ont compris ça. Non, non, non, parce que le débat, il est là. C'est de savoir qu'est-ce qu'il faut faire.

31:59
Invité

Non, pourquoi vous en faites plus ? Pourquoi vous en faites plus ?

32:01
Yannick Jadot

Pourquoi il faut en faire plus ? Madame, elle crie, j'y arrive. Mais si on peut avoir, dans ce débat, un peu de moment de pédagogie, dans l'ensemble du débat sur l'agriculture en ce moment, un peu de pédagogie, je pense que ça aidera tout le monde. Un, il faut en sortir. 70% des insectes, 60% des oiseaux des champs ont disparu. On a des problèmes quand même de maladies, des enjeux majeurs, et donc il faut en sortir. Qu'est-ce qu'avait fait la France ? Effectivement, on interdit la molécule diméthoate, pour être précis. Qu'est-ce qu'avait fait à l'époque le ministre Le Foll ?

Il avait dit, nous on interdit, pour éviter la concurrence déloyale, nous activons une clause de souverte, c'est-à-dire qu'on n'importe plus de cerises. Pour protéger nos producteurs de cerises. Donc on peut le faire, y compris maintenant, il y a des nouvelles techniques.

32:54
Invité

Donc on n'a plus de cerises en France.

32:55
Yannick Jadot

Non, il n'y a pas plus de cerises. Moi qui adore ça, on n'a plus de cerises alors. Non, non, attendez, des fois il y en a, des fois il y a des attaques, des fois il n'y en a pas. Mais voyez aussi qu'on a 60 000 paysans en agriculture biologique dans le pays. 60 000 fermes, 60 000 fermes, pas 60 000 paysans, 60 000 fermes. Ce que je veux dire, c'est que sortir des pesticides, c'est possible également. Il y a d'autres modèles, il y a des alternatives.

33:19
Invité

Le secteur bio aujourd'hui, il va très mal.

33:21
Yannick Jadot

Mais il y a plein de secteurs qui vont mal. Sauf que quand c'est le secteur bio, on dit qu'il faut le condamner. Quand il y a une filière qui va mal dans notre pays, on met de l'argent pour la soutenir. C'est souvent légitime. Mais quand c'est l'agriculture bio, structurellement, elle ne va pas. Vous avez le rapport du Haut Conseil sur le climat qui est sorti il y a trois jours, qui dit qu'il faut passer à l'agroécologie. Le seul sujet, et c'est là qu'on a un débat avec la FNSEA, pas avec la Confédération Paysanne qui est sur le même point de vue que nous. Donc il y a dans l'agriculture un débat.

C'est est-ce qu'on est capable de dire les aides plutôt que de servir ce que certains paysans appellent le cannibalisme agricole ? C'est-à-dire qu'au fond, comme les aides, plus vous avez d'hectares, plus vous avez de têtes de bétail et plus vous touchez. Donc quand vous êtes en difficulté, l'objectif c'est presque de bouffer le voisin, c'est ce que disent les paysans, pour augmenter le niveau d'aide et tenter de survivre. Mais si, au lieu de faire ça, on avait des aides, qu'à aller plus tôt sur les petites fermes, qui ont plus en plus d'emplois sur la ferme, qui organisent la transition agroécologique pour avoir autant de revenus, plus de revenus, plus de stabilité...

34:32
Invité

Aucun mea culpa.

34:34
Yannick Jadot

Mais vous n'allez pas me faire un mea culpa quand dans notre pays, depuis 20 ans, on n'a quasiment pas réduit le niveau de pesticides, que ce gouvernement passe son temps à taper sur les écologistes, mais à annuler toutes les mesures écologiques. Ce n'est pas l'écologiste qui est responsable de la crise agricole depuis 30 ans, c'était quand même gonflé.

34:55
Invité

Yannick Jadot, est-ce que cette crise...

34:56
Yannick Jadot

On est coupable du climat ? Cette crise... Cette crise, elle vient des Pyrénées, ok ? Justement, elle n'est pas seulement... Il n'y a pas d'eau, il n'y a plus d'eau. Quand ils ont une canicule, je peux vous dire que, quand vous avez 40-45, au niveau de la vigne, mais vous n'allez pas inventer des méga-bassines quand il n'y a plus d'eau. Et comment on boit de l'eau ?

35:14
Invité

Yannick Jadot, c'est une crise européenne. Oui. On voit que les agriculteurs se mobilisent à peu près sur les mêmes... Vous avez raison. ...aux Pays-Bas, en Allemagne, etc. Est-ce que ça ne pose quand même pas, de façon très directe, la stratégie choisie par l'Europe sur la transition écologique ? Est-ce que ça ne demande pas qu'on aménage, notamment pour les populations qui sont les plus exposées ? Si on se met à la place d'un agriculteur...

35:38
Yannick Jadot

Mais François Langlais, 100% d'accord !

35:40
Invité

Un agriculteur... C'est un problème de stratégie, vous avez raison. On lui dit, votre gazole, il doit être taxé parce que ça pollue. Il voit des contingents de touristes qui prennent l'avion à 150 euros pour aller en Europe du Sud, et qui polluent sans... François Langlais, vous avez raison. ...des différences qui sont insupportables.

35:58
Yannick Jadot

C'est un problème de stratégie, mais ça ne peut pas être un problème d'objectif. Quand vous avez tous les experts, les Nations Unies, qui disent, nous sommes entrés dans l'effondrement...

36:07
Invité

Est-ce que vous ne pourriez pas faire un mea culpa, justement, sur la stratégie ?

36:12
Yannick Jadot

Vous ? Moi, je veux bien faire des mea culpa, si vous voulez, mais reconnaissez que, depuis tant d'années, sur l'agriculture, nous disons, faisons les aides différemment, pour accompagner. Personne ne dit que c'est simple, la transition. Mais, ignorer, comme le fait le gouvernement, on ne peut pas répéter en permanence, comme le fait Gabriel Attal, « Ah, ben, les paysans sont les premières victimes du dérèglement climatique, de l'effondrement de la biodiversité, » et ne pas agir pour protéger la biodiversité, pour protéger le climat. Il faut accompagner, on ne peut pas être dans le déni, sinon, c'est l'impasse.

Enfin, si on continue à faire du maïs irrigué dans des régions où il n'y a plus d'eau, vous pensez que les producteurs de maïs vont survivre ?

36:56
Présentateur

Mais, pour reprendre la question, François, sur l'Europe...

36:58
Yannick Jadot

Mais, sur l'accompagnement, je suis d'accord, sur la stratégie. Vous savez, quand il y a eu la taxe carbone, vous vous souvenez, on a eu le débat, il y a eu les gilets jaunes. Je l'ai dit, dès les années 2000, quand le débat est arrivé sur la table, on a dit, attention, accompagnement social, accompagnement social, accompagnement social. Celles et ceux qui peuvent être impactés par la transition écologique doivent être les premières victimes, doivent être les premiers vainqueurs de cette transition écologique.

Quand vous avez les ZFE, dont on parle beaucoup, les autres, à faire une émission en ville, ça fait des années qu'on dit, investissons sur les transports collectifs, investissons sur les transitions pour les personnes qui ne peuvent pas, il n'y a pas de transport, il n'y a pas de gare, il n'y a pas de bus, il n'y a pas de machin. Ça n'est pas fait. Et donc, on se retrouve aujourd'hui, effectivement, parfois dans une impasse, parce qu'on n'a pas accompagné socialement, industriellement. Mais, vous qui connaissez bien l'industrie, pendant des décennies, on a délocalisé. Il y a même un moment où les gens disaient, ça cause des écolos, la bonne blague.

Ça fait 50 ans qu'on délocalise, c'était la faute des écolos. Aujourd'hui, sur quelle base on relocalise ? On relocalise sur la base de la transition écologique. Pour faire la transition écologique, on remet des industries dans le pays. Moi, je veux faire la même chose sur l'agriculture.

38:15
Présentateur

Yannick Jadot, on va reparler précisément aussi de certaines mesures annoncées par le Premier ministre, qui annoncent aussi aujourd'hui des mesures, en tout cas envisagées, supplémentaires, pour et contre la concurrence et l'alliage, plus précisément, juste sur ce qui est en train de se passer. On parlait peut-être d'un blocus sur Paris à partir de demain. À date, la stratégie du gouvernement et du ministre de l'Intérieur, c'est de ne pas intervenir sur les blocus.

38:39
Yannick Jadot

Ça ne m'a pas échappé.

38:40
Présentateur

Ça ne vous a pas échappé. Quel est votre commentaire déjà là-dessus ? Est-ce que vous saluez ou pas du tout, d'ailleurs ?

38:46
Yannick Jadot

Moi, j'ai participé sur les retraites, à des mobilisations. Mon passé à Greenpeace fait que j'ai fait de la désobéissance civile. Avec des agriculteurs, nous arrachions les OGM pour que l'agriculture ne dépende pas de Monsanto et de son Roundup et du glyphosate. Combien de milliards pour Monsanto aux États-Unis ? On a 16 milliards de dédommagements sur les cancers aux États-Unis, sur le glyphosate. Bon. Donc, moi, ce que je regrette, c'est que quand c'est les écologistes qui manifestent, ils tapent dur d'un main-nain. C'est ça que je regrette.

39:17
Présentateur

Un deux poids, deux mesures.

39:18
Yannick Jadot

Mais moi, je ne veux pas qu'on sanctionne ou qu'on empêche les paysannes et les paysans de manifester. Après, moi, je suis pour la non-violence.

39:32
Invité

Franchement, on a du mal à vous suivre là-dessus. On se souvient de Notre-Dame-des-Landes. Ça a duré des années. Des années pendant lesquelles la police n'est pas intervenue. Et à l'époque, on disait deux poids, deux mesures. Les écologistes ne sont pas privilégiées. Pardon ? Vous vous souvenez de l'opération César ? Mais finalement. À la fin. Au bout de combien d'années ? À la fin.

39:50
Yannick Jadot

Mais parce que pendant longtemps, en fait, les élus savaient que c'était un projet bidon. Par ailleurs, vous citez les retraites, etc.

39:59
Invité

Il y avait des casseurs. Mais il y avait des casseurs. Aujourd'hui, les agriculteurs...

40:03
Yannick Jadot

Sauf que, si vous vous souvenez, le président de la République, quand il parlait des manifestants sur la retraite, il parlait des factieux, il parlait de la foule. Pardon ? Je pense qu'on n'a pas ces propos-là. Il y avait un niveau de violence qui n'était pas comparable à celui d'aujourd'hui. Je ne veux pas que la police réprime les... C'est quoi la limite ? C'est la non-violence. C'est la non-violence. Pardon ? Quand on met le feu à une MSA, ou qu'on attaque...

40:30
Invité

La mutuelle social agricole.

40:31
Yannick Jadot

On attaque une culture...

40:32
Invité

À Narbonne.

40:32
Yannick Jadot

Pardon pour moi ça, y compris... D'ailleurs, ça a été dénoncé par la plupart des paysannes et des paysans qui se mobilisent parce qu'ils savent qu'ils sont soutenus par les Françaises et les Français. Ils veulent éviter ces dérapages-là. Mais quand le Premier ministre parle du commerce international...

40:50
Invité

Attendez, pardon, juste là-dessus. Oui. Est-ce qu'on peut voir une image ? Ça s'est passé tout à l'heure. Et c'était au Louvre. Ce sont des activistes écologistes qui ont aspergé de soupe tout simplement la Joconde. Alors, on va voir l'image. On va voir l'image, ça arrive. La voilà.

41:08
Présentateur

Mais c'est un happening qui a lieu ce matin en effet au Louvre. L'image d'écologistes qui disent aujourd'hui que la réponse du gouvernement n'est pas à la hauteur. Qu'est-ce que vous dites de ces images qui vont arriver ? On a un petit problème en résumé.

41:21
Yannick Jadot

Si vous voulez, on a aujourd'hui... Alors, je n'ai pas les images. Enfin, vous les connaissez, vous les connaissez. On a aujourd'hui des jeunes hommes, des jeunes femmes qui sont terriblement inquiets du dérèglement climatique et qui agissent à visage découvert pour dire leur angoisse absolue. Après, sur ce mode d'action, moi, je pense qu'une partie des Françaises et des Français ne comprennent pas.

41:48
Présentateur

Ne comprennent pas et ce n'est pas complètement contre-productif, pardonnez-moi.

41:51
Yannick Jadot

Parce qu'au fond, faire une action contre un pollueur, ils comprennent. Là, si vous voulez, ça fait parler, mais ils se disent quel est le lien entre ce que je vois et le combat. Moi, si vous voulez, j'ai été activiste pendant très longtemps. Donc, quand vous êtes activiste à Greenpeace, vous vous interrogez toujours sur en quoi l'image que je construis, que je produis, elle fait immédiatement sens pour celles et ceux qui vont la voir. Quand on bloquait des cargos d'OGM, c'était voilà. Vous avez la source de la pollution, on la bloque, on interpelle. Bon, là, je pense qu'il y a, pour beaucoup de Françaises et Français qui regardent, de la confusion.

Donc, pour moi, sur le mode d'action, pas sur la légitimité de ces jeunes gens à manifester, ils le font pour la survie de l'humanité. Ils le font pour la survie de l'humanité. Mais sur le mode d'action, je déréserve incontestablement. Mais pour revenir sur les traités de libre-échange, parce que c'est quand même le cœur du sujet, ce gouvernement a validé, il y a quelques jours, quelques jours, un traité de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande. On va avoir 40 000 tonnes d'agneaux qui vont rentrer en Europe. C'est l'équivalent de la moitié de la production ovine de notre pays. Les revenus sur les éleveurs, c'est les ovins et les caprins qui prennent le plus cher.

C'est eux qui gagnent le moins. Donc, voilà comment vous tuez des éleveurs et vous réduisez leurs revenus. Ils soutiennent la droite renaissance. Ils soutiennent l'accord avec le Chili. Plus de bœufs sur nos marchés. Avec le Kenya, plus de fruits et légumes. Et personne, il n'y a aucune clause miroir. C'est du bullshit ce qu'ils racontent. Pardon de ce mot un peu. Un peu grossier. Mais il y en a assez d'avoir cette langue de bois en permanence et de faire le contraire au niveau européen.

43:41
Invité

Ces traités, vous le savez, parce que vous avez suivi cette mécanique européenne de près. Effectivement, ils sont signés à chaque fois. C'est toujours plus long que prévu, mais ils sont signés à chaque fois. Pourquoi ? Parce qu'au plan européen, il y a des pays qui sont pour, qui vivent massivement de l'exportation, notamment en matière agricole. Parce qu'en France, vous l'avez dit vous-même, il y a des exploitants qui sont pour les céréaliers, les viticulteurs notamment, qui vivent de l'exportation. Et parce que souvent, ça contribue à faire baisser les prix pour le consommateur. Et on a vu lors de la crise inflationniste que ce n'était pas un petit sujet.

Comment est-ce que vous vous arrangez de ça ?

44:18
Yannick Jadot

Oui, vous avez raison. Un, il y a des agriculteurs et notamment, encore une fois, à la direction de la FNSA. Enfin, ce n'est pas pour cibler personnellement. Moi, je respecte M. Rousseau. Mais M. Rousseau, il a des centaines d'hectares de céréales. Il fait de l'agro-industrie. Il gagne beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent dans l'agro-industrie et dans l'exportation.

44:39
Présentateur

Ce n'est pas un bon représentant, selon vous ?

44:41
Yannick Jadot

Le vin, enfin, pardon, avant qu'on signe avec la Nouvelle-Zélande, les Néo-Zélandais buvaient déjà du vin français. Ce n'est pas non plus qu'il n'y a pas du vin qui est bu, du vin français qui est bu dans le reste du monde. Sinon, ça voudrait dire qu'on n'en vend pas.

44:56
Invité

Enfin, c'est l'Europe. Dans l'Europe, il y a d'autres pays qui sont intéressés. Vous êtes pour l'Europe. Non, mais d'accord, mais comment vous faites à l'intérieur de l'Europe ? S'il y a un certain nombre de pays qui sont pour, vous, vous êtes un Européen convaincu. Alors, vous dites quoi ? Les autres pays qui sont pour ces accords-là, on leur dit, zut, alors on sort de l'Europe, on sort de ces accords ? Mais non, mais non.

45:14
Yannick Jadot

Parce que, un, les opinions publiques, au regard des dégâts aujourd'hui économiques, sociaux, environnementaux, tout le débat sur la souveraineté qu'on a eue autour de la Covid ou autour du gaz russe, redéfinissent, devraient redéfinir nos politiques commerciales. Le problème, c'est qu'en fait, ils n'ont rien changé. Ils pensent toujours qu'au fond, pour servir effectivement moins cher des consommateurs, il faut continuer à faire baisser les prix sur nos marchés. Sauf que ça tue de plus en plus, et nos industries, et nos agricultures. Là, quand vous parliez de stratégie sur l'agenda européen, regardez les États-Unis, 370 milliards de dollars pour accompagner la transition de leur industrie.

L'Infaction Reduction Act. Voilà, la Chine met beaucoup d'argent aussi. Nous qui sommes les meilleurs en Europe sur le climat, internationalement, c'est incontestable. On ne fait pas assez, mais on est les meilleurs. Ah oui, c'est bien. Par les normes, par les règles, par les politiques publiques, nous ne faisons ni l'accompagnement social, parce que ce n'est pas une politique européenne, ni l'accompagnement industriel.

46:21
Présentateur

Mais qu'est-ce que vous dites, pour reprendre la question aussi de François, aux consommateurs français, de ce dilemme entre, finalement, patriotisme, aider nos agriculteurs, et puis contraindre du porte-monnaie ? Aujourd'hui, on regarde, en tout cas la majorité des Français, on regarde le bas des rayons de produits qui ne viennent pas forcément de France.

46:37
Yannick Jadot

Mais vous avez parfaitement...

46:38
Présentateur

Comment on les accompagne ?

46:40
Yannick Jadot

Un, on ne résout pas la crise de pouvoir d'achat en construisant la crise sociale des paysans. Ce n'est pas en affamant les paysans qu'on va résoudre la crise sociale de ceux qui n'ont pas assez de revenus. On peut, vous avez vu tous les chiffres, tout le monde en a parlé, de la smicardisation de notre pays, c'est-à-dire qu'il y a une difficulté à augmenter les bas salaires. C'est un vrai problème. Donc, il faut aussi augmenter les salaires dans notre pays. Il faut... Et puis, il y avait une belle idée qui avait été sortie, que nous, on a défendu longtemps, qui a été sortie de la Convention citoyenne sur le climat. Le climat, oui. C'était le chèque alimentaire.

7 millions de Français ont accès à l'aide alimentaire, vont chercher des paniers. Ok ? Et on a, de l'autre côté, des paysans qui n'arrivent pas à vivre de leur métier.

47:32
Invité

Donc, l'État, l'État, l'État.

47:35
Yannick Jadot

Oui, il y a de l'État, mais enfin, l'agriculture, c'est l'État. Quand vous mettez 13 milliards sur un secteur, c'est l'État. Voilà. Quand vous faites un smic, oui, c'est des règles, c'est l'État.

47:44
Invité

Mais le chèque alimentaire, à date, a été abandonné, supprimé par le gouvernement.

47:48
Yannick Jadot

Voilà. Vous aviez là un outil qui permettait à la fois de faire face pour celles et ceux qui souffrent le plus. Selon le Crédoc, 16% des Français ne mangent pas à leur faim. 16% ! Qui leur permet de manger à leur faim, mais en plus d'acheter des produits de nos terroirs et des produits de l'agriculture durable et biologique. On a dans les cantines scolaires, on devrait faire beaucoup de local et 20% de bio. Eh bien, la plupart des cantines scolaires ne respectent pas la loi.

48:20
Présentateur

On est plus dans l'inquintatoire, en effet, très clairement.

48:22
Yannick Jadot

Les solutions sont là, mais il faut un peu de volonté pour changer notre modèle agricole, pour faire qu'il y ait plus de paysannes et de paysans qui en vivent, qui, je l'ai dit, sont les travailleurs de la nature. Mais trop longtemps, dans notre pays et le discours du gouvernement, c'est au fond, la nature est dégradée, mais on va continuer à soutenir une agriculture qui s'affranchit du dérèglement climatique en cours, qui s'affranchit de l'effondrement de la biodiversité. Ça ne peut pas être la solution. Il y a un grand projet pour l'agriculture et, encore une fois, des dizaines de milliers de paysans mettent déjà en œuvre cette transition.

Donc, c'est possible à nous de soutenir les autres.

48:59
Présentateur

Yannick Jadot, parce qu'on arrive à la fin de cette émission, le ministre de l'Agriculture, à l'instant, dit que bloquer Paris ne risque pas de servir l'intérêt des agriculteurs. Vous leur répondez quoi ?

49:08
Yannick Jadot

Mais que l'intérêt des agriculteurs, c'est qu'ils prennent les bonnes décisions. C'est que le gouvernement prenne les bonnes décisions. Vous voyez l'erreur du gouvernement ? Ils tapent sur les écolos à bras raccourcis. Ça ne satisfait pas les agriculteurs. Parce que quand on en débat avec eux, leurs problèmes, ils savent bien le dérèglement climatique, ils savent bien les inondations, les sécheresses, ils savent bien l'impact des pesticides. Eux, ils veulent être accompagnés dans ces transitions.

49:31
Présentateur

Vous êtes inquiet d'une agrégation des colères ? Vous êtes inquiet que se joignent à ce mouvement peut-être d'autres professions ?

49:36
Yannick Jadot

Il y a beaucoup de colère dans ce pays, parce que malheureusement, le président de la République ne s'attaque pas aux enjeux de justice sociale et d'inégalité. Il polarise le pays, y compris sur l'immigration. Il polarise le pays sur le chômage. Il polarise le pays sur tellement de sujets, sur les services publics. Enfin, regardez ce remaniement. S'il avait voulu servir l'extrême droite, il n'aurait pas remanié autrement. Les Français doivent regarder ça abasourdis. Ils se disent, mais à quoi ça sert d'aller voter ? C'est pour avoir des gens qui ne s'occupent pas de nous. Il n'y a pas de ministre du logement. Première préoccupation des Français, le logement, il n'y a pas de ministre.

Oui, il sera nommé, mais ça veut dire que ce n'est pas important. Ça veut dire qu'ils s'en foutent. Combien d'entreprises sont en train de fermer dans le bâtiment parce qu'on ne s'occupe pas du logement ? L'école, l'hôpital, bref. Donc, on s'occupe des Françaises et des Français. Il n'y aura pas d'agrégation des colères. Il y aura un rassemblement des Françaises et des Français autour d'un beau projet pour notre pays.

50:36
Présentateur

Merci beaucoup Yannick Jeannot. Tout de suite, LCI Medi avec Laurence Occelli qui reviendra évidemment sur cette colère du monde paysan, de ses agriculteurs. À dimanche prochain.