Convention d’investiture de Benoit Hamon - 5 février 2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 11:14Invité politiqueFait
« Nous avons un idéal qui est une espérance. »
- 12:23Invité politiqueFait
« Tu as eu raison de dire que la dette environnementale est la première des dettes que nous ayons à régler pour nos enfants. »
- 20:18Invité politiqueChiffre
« Nous gérons un budget de 8 milliards d'euros. Nous conduisons le destin de 2,3 millions de personnes. »
- 27:26PrésentateurChiffre
« Les votes nuls, 14 570 voix. Les votes blancs, 18 315 voix. »
- 27:41PrésentateurChiffre
« La participation, au chiffre près, 2 046 628 votants. »
- 29:07PrésentateurChiffre
« Le score de Benoît Hamon, 1 181 872 voix, soit 58,69% des suffrages. »
- 51:32InvitéFait
« On a une enquête européenne sur les conditions de travail qui nous montre que ces conditions en France sont extrêmement médiocres. »
- 51:31InvitéFait
« on a deux enquêtes qui nous montrent très bien les choses »
- 51:33InvitéFait
« on a une enquête européenne sur les conditions de travail qui nous montre que ces conditions en France sont extrêmement médiocres »
- 52:41InvitéFait
« la croissance ne reviendra plus jamais comme on l'a connu »
- 53:04InvitéFait
« la croissance si elle a amené avec elle beaucoup de bienfaits, elle amène également et elle continue à amener de plus en plus maintenant des maux des maux environnementaux et des maux sociaux »
- 54:37InvitéFait
« le CNE dès qu'on supprime de la protection on a une dégradation des conditions de travail »
- 56:46InvitéFait
« beaucoup d'études montrent que la reconversion écologique créera des emplois »
- 1:07:43InvitéChiffre
« Communauté a permis de réorienter 50 politiques publiques »
- 1:08:24PrésentateurChiffre
« le projet de loi République numérique a été coécrit par plus de 20 000 participants sur une plateforme collaborative »
- 1:09:30PrésentateurChiffre
« 66 citoyens tirés au sort ont travaillé pendant plusieurs mois avec 33 élus pour réviser leur constitution »
- 1:09:46PrésentateurChiffre
« plus de 60% des Irlandais ont après débat approuvé par référendum la proposition de cette assemblée »
- 1:10:07PrésentateurChiffre
« ce fut fait à travers la mobilisation de deux assemblées citoyennes de près de 1000 personnes »
- 1:18:32InvitéFait
« trois années consécutives record »
- 1:19:21InvitéChiffre
« un peu plus de 1% depuis 200 ans »
- 1:20:30InvitéChiffre
« si nous ne faisions rien et bien nous irions vers un réchauffement de 4 à 5 degrés d'ici la fin de ce siècle »
- 1:32:38InvitéChiffre
« les actifs financiers c'est plus de 90% du patrimoine de ceux qui possèdent plus de 10 millions d'euros »
- 1:33:53InvitéChiffre
« le rendement de l'ISF de 18% »
- 2:11:55PrésentateurPromesse
« Le revenu universel d'existence permettra notamment de vivre le travail plus librement, de le choisir plutôt que de le subir. »
- 2:12:03PrésentateurPromesse
« Le sens de ma proposition d'un 49.3 citoyens, c'est-à-dire lorsqu'une loi est votée que 450.000 citoyens jugent que la question est trop grave pour qu'elle ne soit traitée que par le Parlement, il me semble légitime qu'on puisse donner au peuple le moyen de reprendre la main. »
- 2:33:50PrésentateurFait
« Quand tu as dit non au traité transatlantique avec les États-Unis, bravo. »
- 2:37:04PrésentateurFait
« A des exercices de confinement au cas où un terroriste vienne dans les écoles. »
- 2:37:25PrésentateurFait
« Je veux saluer aujourd'hui le courage de nos militaires et notamment de ceux qui au carousel du Louvre se sont défendus contre l'attaque d'un terroriste. »
- 2:38:23PrésentateurFait
« Je ne crois plus du tout dans cette forme d'immaturité qui consiste à proposer un guide au peuple et à la nation. »
- 2:38:41PrésentateurFait
« Moi je crois dans l'intelligence collective. »
- 2:39:23PrésentateurFait
« Choisir un homme fût-il le meilleur au lieu de choisir une politique c'est abdiquer. »
- 2:39:31PrésentateurPromesse
« Je vais vous proposer une politique. »
Temps de parole
- Présentateur38 %
- Benoît Hamon13 %
- ?12 %
- Invité8 %
- Invité 28 %
- Invité 37 %
- Invité 47 %
- Invité 54 %
- Invité 63 %
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Et
j'ai cité des parlementaires
et
des ministres, je salue également certains anciens membres du gouvernement, François Lamy, Dominique Bertinotti également, qui a témoigné de son soutien à Benoît Hamon, Philippe Martin également,
et
on me dit qu'on commence dans quelques toutes petites secondes.
Elle
est avec nous aujourd'hui, ministre de l'éducation nationale, elle est venue témoigner de son soutien à Benoît Hamon, Najat Vallaud-Belkacem.
Allez,
on vient de me le dire,
un,
deux, on vient de me le dire dans l'oreillette, je vous demande encore trois minutes de patience, trois minutes de patience et on débute cette convention nationale d'investiture avec Benoît Hamon, notre candidat, le candidat des socialistes, le candidat de la gauche rassemblée pour l'élection présidentielle. Dans trois minutes, on commence.
Et
au second tour de l'élection présidentielle, le candidat pour gagner au deuxième tour de l'élection présidentielle,
je
vous demande de lui transmettre toute votre énergie, notre candidat,
Benoît
Hamon.
La gauche qui gagne, puisque dans un contexte qui n'était pas facile en 2014, elle a déjoué tous les pronostics en gagnant très facilement la ville de Paris. Je vous demande de lui faire un tonnerre d'applaudissements, la maire de Paris.
Cher Benoît, chers amis de vous accueillir, c'est la ville où il fallait être ce week-end. Merci Benoît, cher Jean-Christophe, est une ville qui a massivement participé aux primaires de la belle alliance populaire. Plus de gens ici à Paris, je veux leur dire, qui se sont déplacés la semaine dernière et qui ont donné un message, un message clair. Mais permettez-moi de dire merci aussi aux candidats, à tous les candidats de cette belle alliance populaire. Bien sûr, Vincent, Manuel, Arnaud, Jean-Luc, François, cher Benoît. Vous avez assemblé et je veux que nous étions en voie de disparition, relégués dans les profondeurs du classement.
On est nombreux à aimer les jambes lourdes, le moral dans les chaussettes et aujourd'hui des débats politiques au niveau duquel il n'aurait jamais dû s'écarter. Ce niveau, la projection, d'une pensée, quelle société, nous, des femmes et des hommes politiques, c'est d'être les architectes d'un monde, de demain, de penser à partir de nos expériences, de nos philosophies, de ce qui nous a inspirés, mais de penser le monde de demain.
Et
aujourd'hui, après cet exercice réussi, des hypothèses, des différences, aujourd'hui, nous nous rassemblons. Et tu le sais, Benoît, se rassembler, c'est agréger.
Et
je sais que tu as le souci de le faire. Ce n'est pas soustraire, c'est faire en sorte que nous reconnaissions le message que nous ont adressé les deux millions de participants de notre primaire.
Que
nous leur soyons fidèles,
parce
que oui, je le redis, nous étions presque condamnés à mort, une disparition immédiate, et nous avons repris des couleurs. Et reprendre des couleurs, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nous avons la certitude, nous devons avoir la certitude,
la
certitude d'abord que les grandes idées ne meurent jamais, jamais.
Qu
'elles se diffusent, qu'elles se transforment, que nous les apportions d'avoir un idéal. Vous savez, les gens qui n'ont pas d'idéal, ils sont souvent sans boussole, ils tournent au gré du vent. Ce n'est pas notre cas. Nous avons un idéal, nous avons un idéal qui est une espérance. Et avoir un idéal, ça n'est jamais vulgaire, ça n'est jamais dérisoire. Avoir un idéal, c'est pouvoir poser clairement une pensée, déployer une vision. Nous sommes là pour construire, et pas simplement pour reproduire. C'est dire que nous sommes là pour penser le monde dans lequel nos enfants et leurs propres enfants vont vivre. Alors oui, nous avons placé cet idéal au cœur de cette primaire.
Et cher Benoît, aujourd'hui, tu es dépositaire. Dépositaire, dépositaire de cette confiance et dépositaire de ce chemin que du droit a tracé pour nous tous. Et je veux te dire, nous le savons ici, nous sommes tous pris de justice, de solidarité, d'égalité, d'écologie, de féminisme, d'humanisme. Ce sont les fondements même de nos familles politiques, ce sont les fondements qui nous ont poussés un jour à franchir ou la porte d'une association ou la porte d'un parti politique et à nous retrouver ensemble parce que nous voulons transformer la société.
Et
comme toi, cher Benoît, je pense qu'il n'y a pas de plus grand défi que le défi climatique. J'ai la conviction, tu l'as vraiment exprimé avec courage et force pendant toute la campagne de ces primaires, que ce défi conditionne tous les autres. Il conditionne tous les autres, d'abord parce qu'il y a urgence, il faut agir maintenant, il ne faut pas attendre. Tu as eu raison de dire que la dette environnementale est la première des dettes que nous ayons à régler pour nos enfants.
Tu
as eu
et
tu as raison parce que pouvoir respirer, pouvoir s'alimenter sainement, pouvoir se projeter dans un monde dans lequel la question sociale, l'égalité, mais aussi notre relation aux autres continents est conditionnée par la survie de la planète. Si nous ne posons pas aujourd'hui les actes que nous devons poser, dans cinq ans, il sera trop tard. Ce sera inéluctable, nous ne pourrons pas revenir en arrière. Aujourd'hui, nous avons encore cette possibilité de revenir en arrière et nous pouvons freiner le réchauffement climatique. D'ailleurs, nous nous y sommes engagés tous autour de ce bel accord sur le climat qui porte le joli nom d'Accord de Paris.
Cet accord nous engage et je sais que tu l'as porté dans tes propositions, que tu le portes et tu sais que je serai à tes côtés. Mais au-delà de moi, en tant que maire de Paris, il y a aussi des milliers de femmes et d'hommes. Il y a tous ces jeunes qui pensent à l'avenir de la planète parce qu'ils ne se projettent pas dans un monde qui serait injuste, dans un monde où ceux qui auraient la possibilité de pouvoir se payer un espace sain pourraient le faire et tant pis pour les autres. Ce monde-là, ce n'est pas celui que nous portons au nom de nos valeurs. Merci d'avoir placé ce débat au cœur, au cœur de l'enjeu politique de cette élection présidentielle.
Je
veux vous le dire, quand
quelqu
'un comme Pierre Rabhi, parce que ce sujet concerne aussi l'alimentation, quand quelqu'un comme Pierre Rabhi nous dit, aujourd'hui, quand on partage un repas, il faudrait parfois se souhaiter bonne chance plutôt que bon appétit, vu ce qu'il y a dans nos assiettes. Eh bien, nous qui sommes une terre de gastronomie et un pays qui aime la bonne chair, un pays qui s'intéresse à l'alimentation, qui s'intéresse aux circuits d'agriculture, qui peuvent permettre à nos agriculteurs de vivre de leur production et en même temps de considérer ce sujet comme un sujet de santé publique, je le dis, oui, ce sont des sujets d'une élection présidentielle.
Ce ne sont pas des sujets pour bobos, comme certains ont voulu les caricaturer.
Et
si être bobos, c'est penser le monde avec les enjeux, les défis, et penser le monde avec la solidarité, eh bien, ici, à Paris, vive les bobos
!
Bien
sûr,
bien sûr, bien sûr, je sais que pour porter tout cela, il faut beaucoup de courage et de détermination. On en sait quelque chose dans cette ville, où nous sommes quand même confrontés à un certain nombre de lobbies qui voudraient nous faire penser que le monde doit continuer à épuiser jusqu'à la dernière goutte les énergies fossiles avant de se projeter dans les énergies renouvelables et recyclables. Nous avons ce courage, tu as ce courage, mon cher Benoît, tu peux compter aussi sur notre détermination pour être à tes côtés. Je veux ajouter un thème aussi que tu as abordé, qui me paraît très important.
La question de cette quatrième révolution industrielle, elle est numérique, on le sait, elle doit être un point d'appui aussi de notre réflexion, elle bouleverse tout. Elle bouleverse les modes de consommation, les modes de production, elle bouleverse notre système de protection sociale, elle bouleverse le travail. Et moi, je le vois tous les jours à Paris. Tous les jours, je vois des jeunes, des moins jeunes, qui s'engagent avec cette créativité qui est la leur, qui s'engagent dans des entreprises, qui créent de l'emploi, qui créent de nouveaux services.
Mais ce que je vois dans cette ville de Paris, avec cet écosystème magnifique de l'innovation, c'est que je vois beaucoup de jeunes qui se lancent dans cette économie numérique et qui ont le souci des autres. Ils ont le souci de l'éthique, c'est vrai, tu l'as dit aussi pendant ta campagne, et tu l'as porté en tant que ministre. L'économie sociale et solidaire est quelque chose de très important, qui doit aussi être cette projection. On le voit, toute une jeunesse qui s'engage vers une économie que cette jeunesse veut plus éthique, plus ouverte, plus respectueuse de la planète.
Il y a des opportunités énormes avec cette révolution numérique, parce que nous avons en France les talents, nous avons les ingénieurs, nous avons les écoles qui ont formé, qui permettent aujourd'hui d'être fiers de ce que nous apportons et de la façon dont nous nous plaçons dans cette révolution numérique. Mais tu as raison, entièrement raison, cher Benoît, lorsque tu dis lucidement, lorsque tu dis avec réalisme, que cette révolution numérique doit aussi s'accompagner de protection. Tu n'es pas le candidat de l'ubérisation de la société, tu es le candidat d'une modernité,
d
'une vision moderne, dans laquelle cette économie numérique est là,
elle
va se développer encore, mais pas au détriment de la protection de chacune et de chacun. Je veux te dire merci pour la façon dont tu as porté avec sérieux tous ces sujets et aussi le fait que tu sois finalement le candidat qui dit non à la fatalité, non à ceux qui nous diraient, il n'y a pas d'autre chemin, il n'y a pas d'alternative, il n'y a pas d'autre possibilité. Merci d'apporter cette vision optimiste, lucide. Je sais qu'elle va nous rassembler.
Vous
le savez, moi je suis une social-démocrate convaincue, européenne, écologiste, féministe, je crois à l'ouverture au monde. Je sais que nous avons tous à gauche et chez les humanistes des nuances, peut-être même des différences, mais je peux vous le dire avec conviction et avec expérience. Ces nuances et ces différences sont une force. Ceux qui voudraient qu'il y ait une armée de gens qui soient tous acquis à une pensée, à un homme ou à une femme, ça ne marche pas. Ce n
'est
plus le monde d'aujourd'hui et encore moins le monde de demain. Je le sais. À Paris, après trois ans, trois ans, quasiment trois ans, avec une équipe diverse, mais engagée, nous avons avec les socialistes
toutes
les nuances de rose dans mon équipe, avec les écologistes toutes les nuances de vert dans mon équipe, avec les communistes toutes les nuances de rouge dans mon équipe, et aussi qui viennent de l'engagement syndical, qui viennent de l'entreprenariat, qui viennent du social, qui viennent même d'autres familles politiques plus centristes ou qui ont d'autres engagements. Eh bien, avec toute cette équipe, depuis trois ans, nous conduisons, nous animons, nous portons des politiques au sein de la capitale de notre pays. Ce n'est pas quelque chose ni de dérisoire, ni d'anecdotique. Nous, ensemble, nous gérons un budget de 8 milliards d'euros. Nous conduisons le destin de 2,3 millions de personnes.
Et on voudrait nous faire croire que ça n'est pas possible à d'autres échelles que celle-là. C'est ce que font beaucoup de mes collègues maires partout en France. C'est ce qu'ils font au quotidien. Et je le sais, je le sais que cette diversité, cette union, c'est exigeant. C'est beaucoup de respect les uns par rapport aux autres. Mais c'est aussi passionnant. C'est passionnant.
Et
est-ce qu'on va me dire que prendre le temps de débattre, de discuter, de se mettre d'accord, ça paralyse l'action
? Je
n
'ai
pas l'impression qu'à Paris, on nous dise qu'on est un peu dans une action inexistante. Parfois, même, nos contradicteurs nous disent qu'on en fait trop. Donc non, ça ne paralyse pas l'action de prendre le temps de discuter ensemble et d'agir ensemble. Mais surtout, surtout, c'est dire haut et fort que ce qui nous unit, c'est d'abord le goût de cette aventure collective. On est plus intelligent à plusieurs que tout seul. Et c'est ça aussi que tu portes aujourd'hui, mon cher Benoît. Donc je veux dire aujourd'hui
aux
écologistes, aux communistes, mais aussi aux humanistes, que nous avons besoin sans attendre, sans attendre aujourd'hui de prolonger cette dynamique, de nous rassembler autour de toi, mon cher Benoît. Et à ceux qui, chez, par exemple, la gauche ou chez les humanistes, hésiteraient encore parce qu'ils se disaient que l'autre bulletin de vote, que le nôtre serait peut-être plus sûr pour faire échec à la droite ou à l'extrême droite, je leur dis, aujourd'hui, ça y est, vous avez un bulletin, là, un bulletin fidèle à vos valeurs, un bulletin parce qu'il faut de l'humilité,
de
modernité, d'espoir et porteur d'un destin collectif.
Je sais aussi comment tu travailles, et on s'est rencontrés, voilà, il y a déjà quasiment 20 ans, on avait nos bureaux côte à côte au cabinet de Martine Aubry, dans cette belle aventure, et déjà à l'époque, ces beaux sujets, la façon dont tu questionnes le travail, la façon dont on se pose, la question des protections collectives qu'il faut donner aujourd'hui, notamment aux jeunes, mais pas uniquement, qui rentrent sur le marché du travail, c'est une question à laquelle on avait déjà travaillé ensemble, avec Jean-Marc aussi, et ensemble, on avait inventé ce fameux programme TRACE, qui était une sorte, déjà, de début, de commencement, d'une sécurité sociale professionnelle qui, d'abord, s'intéressait aux jeunes et à ceux qui n'étaient pas les gagnants de la mondialisation.
Oui, je sais que
tu
dois, tu as l'air insolide pour porter tout cela, je sais que ce que nous portons ensemble, ce sont des valeurs justes, solides, il faut garder la saveur de tout cela, il faut parler à chacune et à chacun, comme tu le fais, aux gagnants de la mondialisation, on a besoin d'eux pour que notre pays soit encore plus performant, mais je sais qu'ils ont le souci, aussi, de ceux qui vont moins bien, et dans une ville comme Paris, nous savons qu'il faut aussi nous occuper de ceux qui viennent chercher refuge, parce que très loin, là où ils sont nés, c'est la guerre, c'est la misère,
et
qu'il faut,
il
faut tendre la main,
et
ce n'est pas le match des gagnants contre les perdants. Je sais aussi qu'il y a toutes ces classes moyennes qui s'accrochent, qui s'accrochent à notre République, qui s'accrochent et qui croient en l'école de la République, qui croient que l'avenir de leurs enfants, parce que c'est ça qui les guide, passe par l'école, par l'éducation, par la culture, c'est à tout cela que tu parles, mon cher Benoît, et je t'encourage, bien sûr, à continuer, à continuer à tracer les contours de ce futur désirable, à agréger autour de toi, je vous le demande, rassemble-nous autour de notre candidat,
j
'aime beaucoup cette phrase de Jaurès qui dit, c'est en allant vers la mer que le fleuve est fidèle à sa source, et bien, cher Benoît, sois fidèle à sa source, et soyons les affluents qui gonfleront ce progrès démocratique, vive la France, sois, cher Benoît, merci.
La
maire de Paris, Anne Hidalgo, qu'on peut applaudir encore plus fort, le prochain intervenant de cette convention nationale d'investiture va essayer de se frayer un chemin parmi les journalistes,
il
a veillé depuis plusieurs mois à l'organisation de cette primaire, il en a assuré la régularité, c'est le président de la haute autorité de la primaire citoyenne, je vous demande de l'accueillir très chaleureusement, Thomas Clé.
Bien.
Mesdames, Messieurs, chers amis,
je
suis très heureux de vous annoncer ce matin les résultats définitifs
des
primaires citoyennes. Je reconnais qu'il n'y a pas beaucoup de suspense,
je
suis très heureux de clore aussi officiellement cette belle séquence
de
la primaire citoyenne et cette belle campagne,
même
si toutes les bonnes choses ont une fin, mais je suis plus heureux encore d'ouvrir officiellement
la
période de la campagne présidentielle de notre candidat en annonçant les résultats ce matin.
Nous
n'avons volontairement
pas
publié cette semaine
jusqu
'à maintenant les chiffres du second tour pour en laisser la primeur à notre candidat
et
évidemment à tous ceux qui le soutiennent et j'observe ce matin qu'ils sont manifestement nombreux et on en mesure l'effervescence.
Alors
ces chiffres, quels sont-ils ? J'irai du moins intéressant au plus intéressant parce qu'il entre dans ma fonction de les donner tous.
D
'abord, les moins intéressants, c'est-à-dire les votes nuls, les votes blancs. Les votes nuls, 14 570 voix.
Les
votes blancs,
18
315 voix. La participation,
au
chiffre près, 2 046 628 votants.
Si
on ajoute
ces
voix aux 1 655 919 votants du premier tour, ça fait presque 3 700 000 votants sur l'ensemble des deux tours. Même si on ne peut pas exclure que certains soient les mêmes et ont voté deux fois, je le reconnais. Mais 3 700 000 suffrages
pour
une primaire dont on disait qu'elle n'intéressait personne, je vais vous dire, c'est quand même pas si mal. Ce chiffre, ce chiffre suffit à donner toute la force nécessaire à celui qui va être investi dans une seconde. Alors les scores maintenant. Troisième et dernier chiffre. Je donne les scores des deux finalistes.
D
'abord, les scores de Manuel Valls, 831 871 voix, soit 41,31% des suffrages.
Et
le score,
le
score de Benoît Hamon, 1 181 872 voix, soit 58,69% des suffrages. Magie, magie de la technologie. Les chiffres s'affichent instantanément sur ces écrans
et
ils seront accessibles et
ils seront accessibles
dans la journée
par
région, par département, par circonscription sur le site internet des primaires citoyennes.
Je
voudrais également préciser que ce chiffre
est
identique ou presque à celui qu'on a annoncé dimanche dernier à 20h30 à 0,04%.
Alors,
pour terminer, pour terminer, si on ajoute
ce
1 200 000 voix
à
celle, Benoît, que tu as obtenue au premier tour, 600 000 voix, on arrive, là encore, à 1 800 000 voix sur l'ensemble des deux tours, même si, là encore, on ne peut pas exclure que certains votants soient les mêmes.
Il
y a donc 1 800 000 suffrages qui se sont portés sur Benoît Hamon pour qu'il soit investi comme candidat de la belle alliance populaire. Il faut te féliciter, cher Benoît, du mouvement que tu as su créer.
Le
message est clair. Alors, la haute autorité que j'ai l'honneur de présider en prend acte
et
déclare officiellement Benoît Hamon comme vainqueur de ses primaires citoyennes et l'investit comme candidat de cette belle alliance populaire. Bravo Benoît !
Benoît
Hamon, désormais notre candidat à toutes et tous
pour
cette élection présidentielle.
Il
a fait
de
la construction d'un futur désirable, la perspective dans laquelle s'inscrit sa candidature. Ce futur désirable,
il
est évidemment pour nous toutes et tous, mais peut-être davantage encore pour la jeunesse. Il s'est adressé à la jeunesse dès dimanche soir, ici même à la mutualité.
Et
c'est justement à un représentant de cette jeunesse que je vais donner la parole je sais qu'ils sont nombreux dans la salle du mouvement des jeunes socialistes. Je vous
demande
d'accueillir très chaleureusement le président du MJS, Benjamin Lucas.
Qui
a l'honneur de parler non seulement après Thomas Clé mais après la proclamation officielle des résultats. Merci et salut à toutes et à tous. Cher Benoît, d'abord notre candidat, cher Anne, cher Jean-Christophe, cher Najat, cher vous toutes et tous, chers jeunes socialistes. et on peut mettre des jeunes socialistes à 9h du matin un dimanche
dans
une salle.
Même
s'ils ont bien fêté cela hier soir. Mais ce
n
'est pas des jeunes socialistes dont je veux vous parler. Moi je veux vous parler de quatre jeunes qui sont dans cette salle, qui se sont engagés cette semaine
pour
Benoît Hamon et pour gagner l'élection présidentielle.
Je
veux parler d'Arnaud qui a 25 ans et qui s'engage pour Benoît Hamon parce qu'il parle de la pollution, de la fin du diesel à l'horizon 2025, de la santé, de notre mode de vie et de notre alimentation. Écologiste de cœur et de raison, il a trouvé son candidat pour l'élection présidentielle.
Je
veux parler
de
Juliette
qui
a 18 ans et qui votera pour la première fois et qui, jusqu'à il y a encore quelques jours, se demandait si son bulletin de vote pourrait changer quelque chose à son quotidien et à son destin et qui voit dans les propositions de Benoît pour la 6e République, pour un 49.3 citoyen, dans la volonté de mettre à terre le mythe de l'homme providentiel et j'y reviendrai, l'occasion de réellement transformer la société et une source de respiration pour notre démocratie.
Je
veux parler de Guillaume qui a 22 ans et
qui
aimerait être des nôtres mais qui doit jongler avec les petits boulots pour payer ses études et qui voit dans le revenu universel d'existence et dans sa première étape qui est la mise en oeuvre pour tous les 18-25 ans une occasion de conquérir sa dignité et de conquérir son autonomie. Et puis, je veux parler de Leïla qui a 27 ans et qui ne supporte plus de vivre dans une société de discrimination où le racisme se présente aux élections et entreprend la dédiabolisation sur les plateaux de télévision
et
qui voit
qui
est féministe
et
qui voit dans le corps d'inspection contre les discriminations que tu proposes Benoît une mesure concrète qui permettra de changer les choses et de faire en sorte que des millions de nos concitoyens
ne
se sentent plus discriminés dans notre République.
Tous
ces jeunes qui se sont engagés sur les réseaux sociaux dans les meetings qui sont là ce matin qui seront là demain ils sont des centaines aujourd'hui des milliers demain et nous l'espérons en mettre des millions pour faire battre le cœur de la France.
Ils
et elles viennent parce que Benoît Hamon parle de leur quotidien et de notre destin collectif. Cette génération qui se lève sous nos yeux c'était dit par Anne tout à l'heure elle n'a pas besoin qu'un chef autoproclamé lui intime l'ordre de se mettre en marche
parce
que marcher c'est bien mais choisir un chemin c'est mieux. Et oui nous sommes cette génération qui veut prendre ce chemin que tu nous proposes Benoît
ce
chemin de l'espérance pour être cette génération qui est consciente que pour être libre il faut être égale et égaux. Cette génération qui est consciente que pour se projeter dans l'avenir et dans le futur il faut maîtriser les conditions de son existence son autonomie
et
que pour vivre bien il faut manger sans pesticides et respirer un air sain.
Nous
sommes aussi cette génération
qui
refuse la concurrence sordide voulue par l'extrême droite et une partie de la droite entre les misères et les souffrances. Cette concurrence entre ceux qui souffrent ici de la faim du froid de la pauvreté et celles et ceux qui meurent là-bas sous les bombes ou sous la misère. Parce que nous sommes une génération
qui
a un cœur suffisamment grand et généreux et des principes suffisamment forts pour les appliquer sans demander la religion l'origine ou la couleur de peau. Alors cette génération Benoît elle compte sur toi mais tu as fait le choix depuis le début de ta campagne de l'intelligence collective et du rassemblement et je le disais de la sortie du mythe de l'homme providentiel. Alors nous allons nous déployer avec tous ces jeunes et toutes ces jeunes qui n'étaient pas engagés qui ne souhaitent pas toujours rejoindre des appareils partisans
et
bien nous allons leur proposer un chemin un bon chemin pour leur avenir pour leur quotidien et il n'y a pas
un
lycée pas une université pas un foyer de jeunes travailleurs pas un centre-ville pas un quartier populaire qui ne regorge aujourd'hui de cette génération qui a soif d'engagement qui a soif d'autre chose que d'un discours de culpabilisation qui voudrait qu'elle ait toujours plus de devoirs et plus de contraintes cette génération qui aspire à la liberté parce qu'elle sera égale et cette génération le 7 mai avec toi Benoît elle fera battre le cœur de la France.
Benjamin Lucas président du mouvement des jeunes socialistes
et
je vais inviter maintenant
à
cette tribune celui qui depuis de longs mois veille à la bonne organisation de cette primaire qui dès dimanche a créé les conditions du rassemblement de tous les socialistes je vous demande d'accueillir chaleureusement le premier secrétaire national du parti socialiste Jean-Christophe Cambadéris
chers
amis
chers
camarades permettez-moi avant de commencer mon propos
d
'avoir une pensée pour quelqu'un qui aurait voulu être parmi nous ce matin
c
'est Martine Aubry
ma
chère Anne merci pour ton accueil
toujours
important dans cette belle ville dont tu portes les couleurs
et
j'espère qu'elles mêleront loin
dans
les défis que tu as posés
pour
les futurs Jeux Olympiques bon courage
merci merci à
ces deux millions d'hommes et de femmes
qui
sont venus voter
alors
que l'on disait
que
ceci était impossible improbable
merci
à eux
qui
malgré les mots
qui
malgré les reportages
qui
malgré la titraille des journaux sont quand même venus
poser
leur bulletin
parce
qu'ils ont confiance dans la gauche que nous internons collectivement
merci
aux responsables politiques aux premiers fédéraux du parti socialiste mais pas simplement
qui
ont organisé concrètement sur le terrain ces primaires citoyennes
merci à
Christophe Borgel et Rachid Temal
qui
ont organisé le CNOP
ils
en avaient bien besoin
merci au
président des plus de 7000 bureaux à leurs assesseurs
qui
ont fait en sorte
que
ces primaires puissent être organisées
dans
les meilleures conditions merci à Thomas Clé
qui a
bien sûr
été
notre responsable à tous
qui
portait la responsabilité de ces primaires et qui a dû affronter
comme
nous maintenant
les
positions les analyses les anathèmes d'un certain nombre de médias merci Thomas d'avoir tenu dans la bourrasque
merci
aux candidats
Jean
-Luc Benamias Sylvia Pinel
François
de Rugy Vincent Péion Arnaud Montebourg
merci
à le directeur de campagne
j
'en vois quelques-uns ici Mathieu Annotin
j
'ai vu Didier Guillaume dans la salle
merci
pour le travail
que
vous avez accompli je vois Gilles Casanova là-bas qui me fait des signes merci
à
Manuel Valls
pour
son discours le soir du second tour
où
il nous a demandé malgré le résultat de rester unis dans la bataille qui se mène
merci au
président de la République
qui
a eu
la
hauteur de vue
le
courage
de
ne pas se présenter à l'élection présidentielle
d
'autres devraient dans d'autres conditions s'en inspirer aujourd'hui
et
se retirer pour que le débat sérieux nécessaire pour la France ait lieu
merci
à toi Benoît
qui a
fait souffler
le
vent frais de tous les renouveaux
tu
as
donné
ces lettres
de
nomles à
cette
phrase du philosophe Merleau-Ponty
Vincent
Péron n'est pas là il me le pardonnera
c
'est parfait
le
monde
est
ce que nous voyons
et
ce qu'il faut nous apprendre à voir
dans
ton intervention dans tes interventions
il
y avait à la fois
la
description du monde
tel
qu'il est
et
l'anticipation
de
ce qu'il va advenir et comment la gauche les socialistes
doit
se comporter dans ce monde qui vient
merci d
'avoir été
fier courageux et
rassembleur
dans
ce débat
j
'imagine
j
'imagine ta fierté
j
'imagine ton émotion
ce
n'est pas rien que mettre ses pas
dans
ceux de François Mitterrand
de
Lionel Jospin
de
Ségolène Royal
ou
de François Hollande
ce
n'est pas rien d'incarner un pays
qui
est confronté à mille difficultés et mille tensions
ce
n'est pas rien d'être président de la République dans un monde incertain et dangereux
ce
n'est pas rien d'avoir dans les mois qui viennent à affronter
à
la fois le défi posé par Donald Trump celui posé
par
monsieur Poutine celui posé par la dislocation de la construction européenne mais aussi nous le savons
ce
malheur qui peut intervenir chaque jour avec les attentats terroristes et je voudrais avoir une pensée pour nos soldats qui se sont bien comportés dans le moment que nous avons connu
ce
n'est pas simple
et
c'est une grande ambition
que
de devenir le candidat
de
l'ensemble de la gauche
pour
diriger la France
une
France
où
les français savent ce qu'ils ne veulent plus
mais
ne savent pas encore ce qu'ils veulent
une
France
où
nous avons la décomposition à droite et la fragmentation à gauche
une
France
où
tout est possible
et
même le pire
Benoît tu
es c'est sûr Benoît
tu
es
l
'espoir d'un camp
de
la justice
de
la sociale écologie
de
la prévention
de
la protection
alors
je te dis
ensemble ensemble nous
serons le point de convergence
de
toutes les gauches
et
de tous les écologistes
ensemble nous
serons avec toi et déjà
ta
candidature
en
huit jours
est
devenue incontournable rien ne sera fait maintenant sans nous
tout
sera fait avec nous c'est déjà le premier succès de ta campagne
ensemble nous
donnerons
à
ce pays
ce
dont il a besoin
l
'espoir
le
renouveau
ensemble nous
ferons
que tous
ensemble
nous
serons
avec
toi Benoît
et dans
quelques jours
nous
ne crierons pas Benoît président
mais
à mon président
à
tout Benoît
pour
poursuivre
cette
convention nationale
je
vais vous proposer de regarder ensemble maintenant
un
petit clip de campagne qui revient sur cette primaire et qui nous met en appétit pour les 11 et les 13 semaines qui nous séparent maintenant du deuxième tour de l'élection présidentielle
comme
vous l
'avez
dit tout à l'heure Benoît Hamon est désormais investi comme le candidat de tous les socialistes Jean-Christophe Camadélis l'a réaffirmé c'est notre candidat toutes et tous et nous sommes maintenant de plus en plus nombreux à vouloir faire battre le coeur de la France avec lui alors je vous pose la question aujourd'hui j'allais dire ce soir ce matin plutôt à la mutualité est-ce que vous voulez avec Benoît Hamon dans le cadre de cette élection présidentielle faire battre le coeur de la France
je
suis sûr Benoît je suis sûr Benoît que lors de nos prochains rendez-vous peut-être à des heures un peu plus tardives on arrivera à faire un peu plus de bruit on réessaye est-ce que vous voulez faire battre le coeur de la France avec Benoît Hamon
et
je précise la salle est beaucoup beaucoup trop petite pour accueillir toutes celles et tous ceux qui auraient souhaité être parmi nous aujourd'hui pour cette convention nationale d'investiture alors n'hésitez pas à partager l'événement sur Facebook à tweeter pour que toutes celles et tous ceux qui n'ont pas pu rentrer puissent être avec nous aujourd'hui dans cette convention nationale d'investiture
je
vous l'avais dit tout à l'heure cette convention nationale d'investiture Benoît a tenu c'était le cas dans le cadre de sa campagne à lui donner une forte tonalité société civile si je puis dire puisqu'il a fait le choix depuis le début de s'appuyer sur l'expertise sur les travaux de chercheurs de personnalités de la vie associative de la vie syndicale qui ont beaucoup apporté au débat public ces derniers temps et donc avant de l'entendre pour clôturer cette convention d'investiture il a fait le choix de donner carte blanche à 5 chercheurs 5 experts qui les uns après les autres vont nous éclairer sur les évolutions du monde et sur des évolutions qui ont fondé aussi le projet qu'ils portent aujourd'hui pour commencer je vous demande d'accueillir celle qui est sociologue philosophe du travail spécialisée des questions d'emploi sur les questions également de rapport entre vie professionnelle et vie familiale l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes également figure parmi ses principaux travaux elle est titulaire de la chaire reconversion écologique travail emploi
à
l'université de Paris Dauphine je vous demande de l'accueillir très chaleureusement Dominique Méda
Bonjour
à tous merci beaucoup à Benoît d'avoir imaginé ce dispositif de nous associer 5 personnes de la société civile 5 intellectuels alors moi j'ai quelques minutes pour vous parler du travail et de son avenir c'est un sujet que j'aime bien sur lequel j
'ai
des positions assez tranchées c'est vrai que j'étais très heureuse de voir qu'elle convergeait beaucoup avec celle que Benoît Hamon portait alors donc je vais être assez sérieuse pendant ces quelques minutes et vous faire un petit panorama de ce qu'on peut dire et peut-être ne pas dire sur le travail et son avenir premièrement je crois qu'il faut je
crois
qu'il faut bien prendre conscience du fait que contrairement à ce qu'on entend un peu partout il
n
'y
a
en France aucune dégradation de la valeur travail les français sont très attachés au travail ils ont envie de travailler et les attentes au contraire qu'ils posent sur le travail sont absolument immenses ils attendent du travail un revenu mais aussi une place dans la société un moyen de s'exprimer de dire qui ils sont il y
a
même un sociologue allemand qui s'appelle Voss Winkl qui me dit que le travail est devenu la principale arène dans laquelle les personnes peuvent faire montre de leur capacité alors le problème c'est que vous le savez ces attentes ne sont pas totalement comblées elles ne sont surtout pas totalement comblées pour tout le monde beaucoup de gens n'accèdent pas à ce travail épanouissant et
on
est finalement plongé dans une double crise crise de l'emploi qu'on connaît très bien avec les taux de chômage la précarité mais aussi crise du travail et je suis très reconnaissante à Benoît Hamon d'avoir amené cette question du travail dans les primaires et dans la campagne parce que oui nous avons un problème de conditions de travail de conditions d'exercice du travail en France on a deux enquêtes qui nous montrent très bien les choses on a une enquête européenne sur les conditions de travail qui nous montre que ces conditions en France sont extrêmement médiocres et puis on a une enquête française absolument passionnante aussi sur les conditions de travail qui nous montre qui met en évidence notamment les secteurs si on la regarde bien par exemple on voit tout de suite que dans la fonction publique hospitalière ça va pas du tout donc qui nous montre que les conditions d'exercice du travail posent véritablement un problème alors comment se sortir de cette double crise de l'emploi et du travail comment essayer de donner un peu de chair à ce qui est devenu le travail parce que j'ai envie de dire qu'on est passé il y
a
eu un basculement pluriséculaire du travail très pallium du travail instrument de torture au travail avec une norme du travail épanouissement donc est-ce qu'on peut lui donner chair à cette norme du travail épanouissement ou pas alors premier élément de contexte vous savez que les grandes suppliques aujourd'hui elles sont adressées à la croissance croissance revient s'il te plaît et tous nos maux seront abolis bon le problème c'est que ça ne marche plus comme ça ça marche plus comme ça d'une part parce que la croissance ne revient pas deuxièmement vous savez qu'un certain nombre de chercheurs par exemple Robert Gordon même s'ils sont controversés nous disent que la croissance ne reviendra plus jamais comme on l'a connu et puis surtout je crois qu'on est en train de prendre conscience du fait que le retour de la croissance à l'identique comme pendant les 30 glorieuses ça n'est sans doute tout simplement pas souhaitable parce qu'on est en train de comprendre et beaucoup de chercheurs nous font comprendre que la croissance si elle a amené avec elle beaucoup de bienfaits elle amène également et elle continue à amener de plus en plus maintenant des maux des maux environnementaux et des maux sociaux donc peut-être que cette croissance nous devons avoir un certain recul vis-à-vis d'elle et ne plus la vouloir comme nous la voulions auparavant ça ne veut pas dire que nous allons devenir tous des croissants ça ne veut pas dire que nous ne devons pas relancer l'activité mais certainement pas la croissance en tant que nous l'avons construit dans les années 40 cet indicateur le taux de croissance du PIB qui de toute façon par construction cache un certain nombre de choses cache les dégâts derrière ces indicateurs alors quelle voie de sortie une fois qu'on a dit ça comment est-ce qu'on peut faire est-ce que la situation est dramatique est-ce que c'est catastrophique il me semble qu'il y a trois scénarios trois voies de sortie qui peuvent être utilisées et qui sont aujourd'hui dans le débat public
la
première voie c'est une voie assez classique je l'appelle le démantèlement du droit du travail elle consiste à dire que nos principaux problèmes viennent du coût du travail et du code du travail et donc il faut diminuer et le coût du travail et l'influence du code du travail d'ailleurs j'en profite pour signaler que des universitaires collègues sont en train de sortir un nouveau code du travail qu'il sera très intéressant de regarder cette voie du démantèlement du droit du travail elle me paraît extrêmement risquée extrêmement périlleuse parce qu'elle mène tout simplement à une spirale de précarisation on l'a vu par exemple avec le souvenez-vous le CNE dès qu'on supprime de la protection on a une dégradation des conditions de travail donc je ne crois pas que ce soit la bonne voie il y a une autre voie dont Benoît parle souvent c'est la voie de la révolution technologique alors il n'en parle pas comme toi les chercheurs qui soutiennent que la révolution technologique va être notre voie de sortie parce que finalement elle va être extrêmement créatrice de croissance on ne le voit pas encore dans les chiffres parce que les instruments dont nous disposons pour la mesurer ne sont pas les bons nous disent-ils mais ça va être formidable et grâce à la révolution technologique tout va changer simplement comme vous le savez il y a de nombreuses ambivalences dans cette révolution technologique d'abord elle risque de supprimer des emplois on ne sait pas combien 50% nous disent les uns 9% nous disent les autres en tout cas l'ensemble des emplois va être bouleversé et un autre risque évidemment c'est la déshumanisation du travail que peut amener cette révolution technologique et la mise en cause du salariat dont je crois qu'il faut continuer à le considérer comme véritablement un
acquis
que nous devons préserver donc je ne crois pas que la révolution technologique
je
ne crois pas que la révolution technologique soit la voie que nous devons embrasser pleinement elle est pleine de dangers et surtout essayons de ne pas être pied et poing liés derrière le déterminisme technologique il nous faut absolument et je crois que c'est un certain nombre de choses que propose également Benoît lutter contre ce déterminisme technologique essayer d'avoir de remettre notre voie là-dedans alors il y a un troisième scénario qui a ma préférence personnellement que j'intitule le scénario de la reconversion écologique qui consiste tout simplement à mettre en premier la question écologique et à considérer qu'elle détermine absolument toutes les autres et alors ce que je trouve formidable c'est que comme par surcroît si nous traitons bien la question écologique il me semble que nous pouvons également avancer sur le règlement de la question sociale c'est-à-dire renouer avec le plein emploi et changer le travail pourquoi ?
D'une part parce que comme vous le savez beaucoup d'études montrent que la reconversion écologique créera des emplois il y aura un solde d'emploi net alors ça n'est pas du tout une partie de plaisir et nous devons faire très attention à ce que cette reconversion ne se fasse pas comme les autres restructurations que nous avons connues le textile la sidérurgie c'est-à-dire des gens qu'on met en pré-retraite et dont on s'occupe absolument plus qu'on laisse sur le bas côté cette reconversion écologique qui fait signe à la fois vers une conversion des mentalités mais aussi vers une restructuration qui va devoir accompagner les personnes d'un emploi à un autre elle doit s'accomplir selon ce que nous propose la confédération syndicale internationale c'est-à-dire elle doit être une transition juste pour que les personnes ne soient pas laissées de côté à côté
si
nous sommes malins si nous sommes malins ces nouveaux emplois créés par la reconversion écologique puisque nous allons devoir rebâtir la totalité de notre système énergétique et la totalité de notre système productif si nous sommes malins et si nous l'accompagnons d'un nouveau partage du travail plus civilisé que celui que nous connaissons actuellement alors nous pourrons redistribuer l'emploi sur l'ensemble de la population active sur l'ensemble de la population en âge de travailler alors j'essaie de ne plus employer le mot de réduction du temps de travail mais je dis quand même que nous devrions aller vers une nouvelle étape de réduction du temps de travail réduction pour les uns réduction pour les uns et augmentation pour les autres pour éviter notamment ce qui s'est passé en Allemagne j'aime bien comparer l'Allemagne et la France à dont on nous dit il faudrait absolument toujours faire comme nos voisins mais regardez ce qui s'est passé en Allemagne il y a eu une incroyable fragmentation de l'emploi avec en gros je caricature vous me pardonnerez des hommes qui ont des temps complets bien longs plus longs que les nôtres et puis des femmes qui ont des tout petits temps partiels dégoûtants pas protégés pas payés dans les services
et
ça donne quoi ça donne 22% de salariés pauvres alors que la France grâce aux 35 heures a réussi à avoir une norme de travail pour tout le monde un peu plus convergente et je crois que il n'y
a
que 8% de salariés pauvres
et
je crois que c'est vraiment dans cette voie que nous devons aller c'est à dire la société qui fait des efforts en permanence pour ramener les personnes hors de l'emploi dans l'emploi et dans une norme de durée du travail sans doute plus courte
et
puis alors si nous sommes encore plus malins si nous créons des emplois si nous les redistribuons bien sur la totalité de la population peut-être que nous pouvons aussi changer le travail vous vous souvenez changer le travail c'était le slogan de Martine Aubry à une époque nous pouvons changer le travail j'aime bien les perspectives ouvertes par l'économiste Jean Gadret qui nous dit que peut-être qu'aujourd'hui il faut arrêter de poursuivre à tout prix les gains de productivité qui peuvent détruire le sens du travail mais qu'il faut au contraire poursuivre aujourd'hui des gains de qualité et de durabilité pour faire ça
pour
faire ça nous avons besoin de nouveaux instruments nouveaux instruments on a besoin de tout changer un changement de paradigme un changement de vision du monde un changement de grands indicateurs macro et un changement de ces indicateurs qui vont nous aider à guider nos actions publiques et privées chaque jour voilà je crois que j'en ai fini pour ce que je voulais vous proposer peut-être un dernier point pour vous rappeler que la réduction du temps de travail et la convergence vers une durée normale de travail plus courte c'est la clé de l'égalité homme-femme ça me paraît très important
et
donc j'ai envie de finir sur une question qui est à la fois une question très opérationnelle et une question un peu théorique une question de recherche je crois et je crois que Julia me poursuivra cette réflexion est-ce qu'il y a un lien quel est le lien entre une production décente d'une part et d'autre part des organisations du travail plus démocratiques est-ce qu'il ne faut pas que désormais nous rompions radicalement avec la conception de l'entreprise que nous a proposé Milton Friedman vous vous souvenez la seule responsabilité sociale de l'entreprise c'est de faire du profit est-ce que nous ne devons pas rompre avec ça et avancer vers une conception beaucoup plus démocratique de l'entreprise et est-ce que ça n'est pas la clé pour obtenir à la fois une plus grande qualité du travail et une production décente merci
Dominique Méda qu'on peut applaudir encore plus fort s'il vous plaît
alors avant
de céder la parole à la prochaine carte blanche qui se fera en binôme
je
voulais encore une fois ça a été fait depuis le début de cette matinée saluer l'ensemble des candidats à cette primaire qui vient de s'achever donc avec la proclamation des résultats de Thomas Clé et je crois savoir je ne sais pas si on va l'accueillir maintenant mais qu'il est à quelques zectomètres ou quelques décamètres seulement de cette salle Carnot Montebourg va nous rejoindre dans quelques toutes petites secondes évidemment
évidemment
quand il arrivera
on
lui fera l'ovation l'ovation qu'il mérite et il viendra bien entendu il l'avait déjà fait au soir du premier tour de la primaire il viendra dans cette campagne qui commence maintenant cette nouvelle cancane qui commence maintenant il sera au côté de Benoît Hamon en première ligne dans le combat contre la droite et l'extrême droite deuxième
deuxième
carte blanche maintenant sur les questions de démocratie et de citoyenneté on va accueillir je vous le disais un binôme qui a publié il y a quelques mois un livre le coup d'état citoyen qui se nourrit des expériences à travers le nom de partout où on réinvente la démocratie où on essaie de revitaliser la citoyenneté l'une d'entre elles de ce binôme était déjà aux côtés de Benoît Hamon au tout début de sa campagne à la fin du mois d
'août
elle était à Saint-Denis à ses côtés je vous demande de les accueillir tous les deux Romain Slitin et Elisa Léouissa
Bonjour
à tous
cela
ne vous aura pas échappé
face
aux grands enjeux de notre temps et aux transitions écologiques économiques et sociales
certains
voudraient encore croire en l'homme providentiel
regardez
en France ceux qui promettent la manière forte pour régler les problèmes de notre pays
regardez
ceux qui promettent de gouverner par ordonnance
les
figures autoritaires ne sont jamais bien loin
comme
le montre l'actualité récente en Europe
et
outre-Atlantique
croire
en l'homme providentiel est une illusion
aujourd
'hui
plus
personne ne peut prétendre incarner seul
la
solution
au
problème de notre pays
si
certains croient cette illusion
c
'est d'abord parce que les citoyens
ont
pris leur distance par rapport à notre démocratie
l
'abstention
la
désertion des partis politiques ou encore une défiance vis-à-vis des représentants sont les symptômes de cette démocratie à bout de souffle
le
problème
c
'est que notre démocratie n'est plus adaptée à l'époque dans laquelle nous vivons
nous
sommes aujourd'hui en capacité de contribuer de manière collaborative
à
la fabrication des connaissances
nous
pouvons agir pour favoriser le développement d'énergie 100% renouvelable au sein de coopératives comme Enercop
nous
pouvons nous engager dans l'économie sociale et solidaire activement
nous
pouvons nous mobiliser instantanément
sur
les réseaux sociaux pour faire entendre notre voix
mais
nous sommes dépossédés de toute capacité réelle d'intervention dans le débat public entre deux élections
nous
sommes des citoyens du 21ème siècle faisant de notre mieux pour interagir avec des institutions dont les fondamentaux n'ont pas bougé depuis plus de deux siècles
cela
n'est plus tenable
aujourd
'hui
pour
être pleinement citoyen
voter
tous les 5 ou 6 ans ne suffit plus
et
c'est notre conviction fondamentale
l
'un des enjeux de cette élection
et
de la page politique qui s'ouvre c'est de redonner du souffle à notre démocratie
pour
respirer
la
démocratie doit permettre aux citoyens de faire irruption dans la vie politique
et
à l'inverse
de
l'homme providentiel ce que nous proposons donc c'est un véritable coup d'état citoyen car ce dont nous avons le plus besoin
c
'est de construire une force collective inclusive et tourner vers l'avenir
deux
ans nous avons rencontré nous avons travaillé avec celles et ceux qui inventent aujourd'hui la démocratie de demain collectifs citoyens élus activistes hackers contrairement aux thèses sur l'apathie généralisée de la société nous avons au contraire constaté une société vibrante traversée par de nouvelles espérances et qui redouble d'énergie et de créativité
notre
monde est entré dans une phase d'ébullition démocratique sans précédent
dans
la construction de ce renouveau démocratique le premier impératif bien sûr est de permettre à la diversité des voix dans la société de s'affirmer
des
favelas de Rio à Paris en passant par Aubervilliers les habitants et les jeunes imaginent de nouvelles formes de s'engager au sein de collectifs d'éducation populaire d'associations ou à l'aide de nouveaux outils numériques à Rio par exemple près d'un jeune sur 15 et membres du collectif Meo Rio
une
palette d'outils qui permet en ligne et hors ligne aux habitants de construire leur propre agenda politique de construire des alliances et de s'engager concrètement
pour
que la politique ne se fasse plus sans eux mais avec eux Communauté
a
permis de réorienter 50 politiques publiques faisant tomber par exemple un projet de loi trop permissif sur l'environnement ou encore encourageant la mairie à rendre publiques certaines de ces données
Pour
inventer ces nouvelles formes d'engagement politique nous avons besoin des citoyens car comme le rappelait Robert Dalle
la
démocratie c'est l'égale possibilité pour chacun d'influencer la décision
L
'heure est également à la collaboration de la loi entre les élus et les citoyens
En
France par exemple le projet de loi République numérique a été coécrit par plus de 20 000 participants sur une plateforme collaborative Suite à cette consultation inédite l'ensemble du projet a été réécrit notamment pour introduire de nouveaux amendements citoyens directement issus de la consultation
Cette
expérience fait écho à de nombreux autres à Taïwan au Mexique en Argentine
Ce
qui est en jeu ici c'est le passage d'une logique où les lois sont écrites à huit lots avec quelques-uns à une logique où elles seraient écrites à ciel ouvert avec tous ceux qui ont envie de participer
Cette
logique d'ouverture et de transparence
est
la condition d'une loi au service de tous écrite par les élus avec les citoyens
Cette
confiance passe aussi par des assemblées citoyennes qui travailleront sur les grands enjeux de la transition écologique, économique et politique
Il
y a deux ans par exemple en Irlande
66
citoyens tirés au sort ont travaillé pendant plusieurs mois avec 33 élus pour réviser leur constitution
Et
cela a permis d'arriver à un consensus spectaculaire
dans
ce pays pourtant très conservateur plus de 60% des Irlandais
ont
après débat approuvé par référendum la proposition de cette assemblée en faveur par exemple de la légalisation du mariage homosexuel
En
Islande après la crise financière de 2008
c
'est l'ensemble de la constitution qui a été réécrite de A à Z par des citoyens ordinaires
Ce
fut fait à travers la mobilisation de deux assemblées citoyennes de près de 1000 personnes pour définir les grandes orientations du pays
puis
grâce à l'élection d'un comité de 23 personnes
qui
ont également mobilisé un dispositif numérique participatif qui a mobilisé près de 12% de la population
Nous
le voyons face à la complexité et l'importance de nos défis il est essentiel
de
penser en dehors des cadres traditionnels pour imaginer un rôle renforcé des citoyens
Enfin
offrir un véritable droit d'initiative citoyenne nous semble essentiel
En
France comme dans de nombreux pays
le
système institutionnel ne prévoit
que
de manière de mettre à l'ordre du jour une loi
soit
par le Parlement soit par le gouvernement
les
citoyens doivent pouvoir mettre directement à l'ordre du jour des propositions d'évolution législative qui leur paraissent importantes
Au
-delà de la Suisse l'Italie ou la Finlande pratiquent déjà ce mécanisme avec succès
Le
faire en France permettra de bousculer l'ordre établi et de faire remonter
aux
institutions les attentes l'attente
de
la société
Nous avons
vraiment à cœur aujourd'hui de pouvoir porter ce témoignage de ces expériences à la fois réussies et inspirantes
Il
n'y a pas de fatalité en politique Il existe au contraire un véritable champ d'innovation pour la démocratie
et
nous aurions tort collectivement de ne pas nous en saisir
Bien
sûr il y a toujours ceux qui diront que la question démocratique n'est pas vraiment la priorité
ou
alors que c'est une douce utopie
Pire
encore que remettre ou partager le pouvoir avec les citoyens ce serait rendre la France ingouvernable Selon nous ceux-là sont les somnambules qui vivent les yeux grand ouvert dans le monde d'aujourd'hui en rêvant de celui d'hier
La
tension démocratique qui remet les citoyens au cœur de la politique
c
'est le meilleur antidote en réalité sans doute le seul que nous ayons pour éviter que ces citoyens invisibles dont parle souvent Benoît Hamon ne soient ou consumés par la colère ou écrasés par l'indifférence
Laissez
notre démocratie se déliter est l'une des pires menaces posées à la liberté et à la résilience de notre société Il n'y a pas de transition écologique possible pas de justice sociale pas d'émancipation sans une forme de révolution démocratique Acceptez avec beaucoup de joie et un très grand honneur l'invitation d'aujourd'hui car nous sommes habités par cette conviction
La
question démocratique est la condition d'un projet de société crédible et tourné vers l'avenir
Il
faut donc réussir le pari de l'intelligence collective et citoyenne
Pour
propulser ce nouvel imaginaire il est nécessaire que chacun s'en empare
Les
résultats des primaires ont montré que ce mouvement commence à prendre forme et qu'il présente un formidable potentiel mobilisateur
Il
y a dans la société des gens qui portent des nouvelles idées
et
sur ce terreau émergent des responsables politiques comme toi Benoît dont on peut espérer qu'ils transformeront ces initiatives en quelque chose de plus grande ampleur un véritable coup d'état citoyen dans une coopération élu citoyen renouvelée
Elisa
Lewis
et
Romain Slitin auteurs du coup d'état citoyen
Avant
de céder la parole à la prochaine carte blanche permettez-moi de saluer encore une fois l'ensemble des élus des parlementaires présents ici ce matin
les
membres du gouvernement également je les ai cités en début de convention mais certains nous ont rejoints
depuis
Laurence Rossignol Mathias Feckel Emmanuel Kos Arlem Désir Pascal Boitard je crois que Thierry Mandon et Clotilde Walter sont parmi nous également les parlementaires bien entendu et puis je vais vous demander d'accueillir maintenant quatre soutiens importants pour la campagne qui s'annonce ils vont faire leur entrée dans quelques toutes petites secondes on a des anciens ministres parmi nous j'ai eu l'occasion de parler de Dominique Bertinotti tout à l'heure François Lamy également une autre ancienne ministre qui va nous rejoindre maintenant elle était ministre de la culture Aurélie Filippetti
et
avec Aurélie Filippetti l'ancien ministre de l'éducation nationale candidat à la primaire Vincent Péion
Arnaud
Montebourg candidat à la primaire qui a apporté son soutien
à
Benoît Hamon
et
Christiane Taubira
Christiane
Taubira Arnaud Montebourg Vincent Péion Aurélie Filippetti
c
'est toute la famille socialiste qui se rassemble autour de Benoît Hamon toute la gauche qui va se rassembler demain autour de lui
et
la victoire que nous allons construire ensemble
tous
ensemble pour cette élection présidentielle Benoît Hamon nous dit depuis quelques mois
qu
'il ne sera plus jamais socialiste sans être écologiste et je crois que cette assertion est aujourd'hui largement partagée dans cette salle nous ne serons plus jamais socialistes sans être écologiste
celui
que je vais inviter à prendre la parole maintenant
est
glaciologue et climatologue il est chercheur au CEA de Saclay il est surtout membre du groupe intergouvernemental d'experts sur le climat
c
'est l'un des plus illustres climatologues au monde je vous demande de l'accueillir très chaleureusement Jean Jouzel
Bonjour chers tous et toutes cher Benoît Hamon bonjour et
un
grand merci de m'avoir invité à m'exprimer sur l'évolution de notre climat
je
suis bien conscient que
ce
n'est qu'un des problèmes environnementaux auxquels nos sociétés auront à faire face
au
cours des prochaines décennies et au-delà
qu
'il nous faudra prendre collectivement des mesures pour limiter la perte de biodiversité et les pollutions d'origines diverses faire face aux
aspects
de plus en plus critiques santé environnement
et
bien conscient aussi que ces problèmes environnementaux sont encore plus prononcés dans des pays plus vulnérables que le nôtre
où
accès à l'eau et sécurité alimentaire pourraient être ne plus assurés
pour
toutes ces raisons je remercie Benoît Hamon d'avoir mis l'écologie
au
coeur de son programme présidentiel
c
'est au nom de toute une communauté scientifique que je vais témoigner de la réalité du réchauffement climatique de ses conséquences
des
mesures qui devraient être prises pour limiter ce réchauffement de façon à ce que les jeunes d'aujourd'hui puissent s
'y
adapter du succès de l'accord de Paris mais aussi de l'ambition qui doit être relevée
la
réalité du réchauffement elle est sous nos yeux trois années consécutives record et aussi un réchauffement très marqué dans l'océan avec l'élévation du niveau de la mer lié à la fois au réchauffement de l'océan qui se dilate et à l'apport de glace en particulier du Groenland et de l'Antarctique de l'Ouest vraiment ce réchauffement il est devant nous à la fois dans l'océan dans les glaces dans l'atmosphère
son
origine humaine ne fait pas de doute
ce
que nous voyons
de
façon très claire c'est l'augmentation de l'effet de serre de ces gaz à effet de serre qui ont comme propriété d'accroître la quantité de chaleur piégée dans notre atmosphère et qui est utilisé ensuite pour l'océan pour réchauffer l'ensemble du système climatique cet accroissement il est notable un peu plus de 1% depuis 200 ans il est lié pour une large partie à notre utilisation des combustibles fossiles les trois quarts
un
peu de déforestation mais aussi les pratiques agricoles pour un peu moins de un quart qui contribuent elles disons de façon notable aux émissions de méthane et de protoxyde d'azote
donc
ceci c'est disons le fait de serre augmente sous nos yeux
et
de façon très claire nous avons à la fois un réchauffement qui est sans équivoque et qui est très certainement dû aux activités humaines alors nous en
avons
beaucoup d'arguments disons les causes naturelles du réchauffement climatique ne peuvent expliquer probablement qu'un dixième de degré de ce que nous avons observé depuis le milieu du vingtième siècle près de deux tiers de degré qui eux sont dus pour l'essentiel au réchauffement climatique alors vers quoi allons-nous
de
façon très claire c'est nous qui allons en décider même si nous avons déjà malheureusement beaucoup engrangé de gaz à effet de serre qui vont agir et continuer à agir sur le réchauffement qui est désormais inéluctable
en
gros si nous ne faisions rien
et
bien nous irions vers un réchauffement de 4 à 5 degrés d'ici la fin de ce siècle c'est énorme c'est en moyenne globale l'équivalent de ce que notre planète a vécu entre le dernier maximum glaciaire aujourd'hui mais de façon 50 à 100 fois plus rapide donc je pense que nous ne sommes pas sur ces trajectoires je l'espère en particulier après l'accord de Paris mais si c'était le cas et bien les conséquences sont vraiment dans tous les domaines et sont très palpables on en ressent déjà quelques je dirais le réchauffement est perceptible il n
'est
pas encore dangereux c'est bien ça qu'il faut voir quand on parle de réchauffement les gens pensent à ce que l'on vit aujourd'hui mais c'est ce que l'on prépare pour les jeunes disons en particulier au-delà de 2050 qui sont vraiment qui posent vraiment problème problème pour ce qui concerne par exemple l'acidification des océans la perte des récifs coralliens le risque d'accroissement des extrêmes climatiques globalement de façon un peu simple mais aussi les populations sont affectées quand on parle de réfugiés climatiques par millions quand on parle d'accès à l'eau quand on parle de sécurité mais aussi de sécurité alimentaire vraiment les rendements agricoles seraient affectés quand on parle aussi de tous ces autres problèmes environnementaux perte de biodiversité pollution accès à l'eau oui sécurité alimentaire et en fait quand on les regarde et bien on se rend compte qu'un réchauffement climatique non maîtrisé les exacerberait en général et aussi les aspects irréversibles fondre du permafrost dans le grand nord mais aussi élévation du niveau de la mer qui si rien n'était fait pour être atteindre voire peut-être dépasser il y
a
beaucoup de discussions là-dessus le 1 mètre être pas loin de 1 mètre d'ici la fin du siècle alors ces conséquences il faut tout faire pour les éviter et nos gouvernants je dirais l'ont bien compris à travers en particulier l'accord de Paris l'objectif de l'accord de Paris est tout à fait louable enfin disons l'objectif de maintenir le réchauffement climatique en deçà de 2 degrés et si possible 1 degré et demi ça sera très difficile s'inscrit évidemment dans une dans cette possibilité que d'adaptation au réchauffement climatique il faut absolument que cet objectif soit respecté et je salue vraiment l'accord de Paris est un succès a été un succès et je crois qu'il faut saluer ici disons à la fois le président de la république Laurent Fabius qui en a été président jusqu'à la COP et bien sûr Ségolène Royal grâce à l'action de laquelle eh bien
disons
son action a été essentielle action essentielle pour la ratification de cet accord et nous sommes dans une situation assez favorable en ce sens que même si les Etats-Unis s'en retiraient et bien cet accord rentrera en tout état de cause en vigueur disons d'ici 2020 en 2020 donc c'est quand même extrêmement disons fort que cet accord soit ratifié et il sera mis en vigueur et je crois qu'il va être au coeur de notre développement de nos sociétés au cours des prochaines décennies
voilà
donc au niveau français évidemment la loi sur la transition énergétique en est un des instruments qu'il faut mettre en oeuvre complètement avec tous les objectifs qui lui sont attachés 2020, 2025, 2030 mais aussi 2050 division par 4 de nos émissions de gaz à effet de serre je suis très attaché alors il faut aussi bien sûr faire disons être attentif à tout ce qui vient de toutes les contributions de l'agriculture mais aussi des opportunités offertes dans le monde agricole par cette lutte contre l'échauffement climatique et ce changement de mode de développement aller vers une société sobre en carbone est vraiment indispensable je suis très attaché à la loi sur la transition énergétique j'en ai été disons rapporteur de l'avis donné par le conseil économique social et environnemental et puis je me suis aussi impliqué dans le cadre de ce conseil sur des aspects comme l'adaptation au réchauffement climatique qui est vraiment indispensable sur la transition énergétique et cette dimension européenne qui doit être très forte nous n'arriverons pas à une véritable transition sans une dimension européenne qu'il faut saluer elle est très importante et je crois qu'elle doit être renforcée un dernier point et bien un dernier point sur le dernier aussi j'ai travaillé sur la justice climatique plus précisément sur le risque d'accroissement des inégalités qui résultent du réchauffement à l'échelle planétaire où certains pays certains secteurs de l'économie sont manifestement plus vulnérables que d'autres
mais
également dans des pays développés comme le nôtre où les couches les plus pauvres des populations risquent aussi d'être les plus fragiles face aux conséquences du réchauffement climatique et ça c'est très important d'en prendre conscience dès maintenant ce problème d'inégalité d'accroissement des inégalités
enfin
je suis avant tout chercheur
et
je souhaite redire merci à madame la ministre d'être là je ne sais pas si Thierry Mandon est là mais merci beaucoup je souhaite redire vraiment l'importance Benoît Hamon a été aussi ministre de la recherche
voilà
je suis vraiment je souhaite redire l'importance de la recherche alors pas simplement pour nos domaines au sens large bien sûr c'est vraiment je crois que
alors
il y a quelques semaines je disais que l'environnement était le grand oublié de cette campagne présidentielle ce n'est plus le cas mais je maintiens que la recherche est encore la grande oubliée de cette campagne présidentielle
donc
merci beaucoup merci beaucoup de m'avoir donné cette opportunité au nom de notre communauté d'intervenir c'est vraiment très important je crois beaucoup je
crois beaucoup
à la recherche fondamentale à l'innovation à l'inventivité et je crois qu'on doit aller avec un certain enthousiasme vers vraiment et je le dis aux jeunes ici cette société que nous souhaitons et bien elle doit être aussi enthousiasmante pour les jeunes à ce titre là d'inventivité vraiment merci Benoît Hamon de votre de l'engagement de cet engagement pour l'écologie c'est très important merci beaucoup
Jean
Jouzel le climatologue Jean Jouzel qu'on peut applaudir encore plus fort quatrième carte blanche
maintenant je
me tourne vers elle
elle
est professeure d'économie à Sciences Po Paris titulaire d'un doctorat de l'université de Harvard spécialisé sur la question des médias et de l'information en démocratie elle a notamment publié le livre Sauver les médias capitalisme financement participatif et démocratie vous pouvez l'accueillir très chaleureusement également Julia Cagé
chers
amis
quand
j'ai décidé il y a près de dix ans de faire de la recherche en économie
c
'était avec un désir un peu fou
celui
de contribuer à changer la vie
entre
devoirs et inquiétudes je suis partie à la recherche d'un monde meilleur
car
comme Paul Éluard j'avais en moi la conviction profonde qu'il se trouvait dans celui-ci
or
le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui
ce
monde ne me plaît pas
trop
d'injustice trop d'inégalisation trop de misère trop de laisser pour compte
un
monde dans lequel certains vont jusqu'à se détourner de l'éducation car ils ont intégré comme une fatalité que les jeux seraient déjà fait
un
monde dans lequel certains voudraient s'élever grâce à l'éducation
mais
ils portent sur leurs épaules le point d'un travail étudiant qui les ralentit à l'université alors même qu'on leur refuse la solidarité
de
demain
la
France qui nous appartient de construire ensemble doit être une France plus inclusive une France plus juste où le pouvoir et les opportunités sont mieux répartis où les salariés sont au cœur de leurs entreprises des salariés décideurs dont la voix porte enfin
c
'est ce chemin que je veux tracer aujourd'hui avec vous animé d'une triple conviction la revalorisation du travail la justice sociale et la démocratie surtout et partout en entreprise tels sont les trois éléments clés d'une politique économique résolument moderne et tournée vers l'avenir
la
revalorisation du travail pour commencer dont le cœur doit traître un revenu universel d'existence
qui
s'il est bien fait sera reconnu demain comme l'un des acquis sociaux majeurs du 21ème siècle
le
revenu universel d'existence doit redonner de la liberté et de l'autonomie aux jeunes en formation il doit redonner de la liberté et de l'autonomie aux jeunes qui entreprennent ou à ceux qui essaient de s'insérer sur le marché du travail il doit redonner de la liberté et de l'étonomie à ceux qui font face à l'émiettement du travail et il doit aussi s'adresser à ceux qui ont un travail mais dont le salaire est trop faible dont le travail est trop peu considéré
l
'universel d'existence doit être un outil au service de la feuille de paix
c
'est pourquoi il est essentiel de lier la question du revenu universel à celle du salaire juste et de la réforme fiscale il faudra le construire à partir de l'existant mais en mettant fin à de véritables dénis de droit
un
exemple
celui
d'un salarié au SMIC je vous parle là de 2 millions de français majoritairement des employés et des ouvriers majoritairement des jeunes majoritairement des femmes aussi actuellement un employé au SMIC touche un salaire brut de 1460 euros par mois
mais
son salaire net celui à partir duquel il peut vivre celui qu'il touche sur son compte en banque n'est que de 1150 euros certes le salarié peut obtenir s'il en fait la demande une prime d'activité équivalent à 130 euros par mois
mais
seulement s'il a fait la demande et uniquement dans tous les cas avec plusieurs mois de retard or quand on vit dans la précarité c'est tous les mois que l'on se serre la ceinture c'est tous les mois que l'on a besoin de quelques centaines d'euros supplémentaires c'est tous les mois qu'il faut habiller sa famille nourrir ses enfants vivre dans la dignité
ce
qu'il faut
ce
qu'il faut c'est que ce salarié touche chaque mois directement sur son bulletin de paie un salaire net de 1400 euros ce qu'il faut c'est repenser le revenu universel comme une automatisation du versement de la prime d'activité et augmenter le montant de la prime d'activité de 130 à au moins 250 euros par mois
et
que la droite ne vienne pas nous dire qu'une augmentation de 120 euros par mois cela serait trop alors que Pénélope Fillon a touché pendant chaque mois pendant des années plus de 84 fois ce montant
cette
vision nous la défendons avec Emmanuel Saez avec Camille Landet avec Dominique Médard avec Thomas Piketty car n'en déplaise à certains c'est cela aussi le revenu universel
c
'est cela la revalorisation du travail c'est cela qui fera que demain il y aura davantage de justice sociale davantage de cohésion et moins d'inégalité
c
'est cela ma vision de l'économie
à
l'opposé de celle d'un Emmanuel Macron
qui
vient de nous inventer
le
principe extraordinaire
de
l'impôt régressif sur le patrimoine
Macron
veut en effet maintenir l'impôt sur la fortune sur l'immobilier
mais
en exonérer ce qu'il appelle faussement l'entrepreneurial
mais
qui s'appelle en réalité les actifs financiers or les plus gros patrimoines sont composés exclusivement de portefeuilles financiers les actifs financiers c'est plus de 90% du patrimoine de ceux qui possèdent plus de 10 millions d'euros et on les exonérerait d'impôt sur 90% de leur patrimoine Emmanuel Macron revient à supprimer l'ISF
mais
uniquement pour les plus riches
à
côté de ça François Fillon passerait presque
pour
un progressiste
mais
il doit s'agir là d'une dégénérescence
ou
bien jusqu'où ira-t-il pour faire plaisir à ces donateurs dont le patrimoine dépasse sans doute les 10 millions d'euros mais dont ils refusent de nous donner les noms
vous
expliquer que l'ISF conduirait à une fuite hors de France des contribuables les plus aisés la réalité de l'ISF c'est que les riches en France sont de plus en plus riches et de plus en plus nombreux rien qu'en 2014 le nombre d'assujettis à l'ISF a augmenté de 6% le rendement de l'ISF de 18% un tel niveau d'inégalité est non seulement profondément injuste et antisocial mais puisque l'on parle d'économie de telles inégalités sont également inefficaces économiquement elles viennent handicapées de notre futur tant elles pèsent sur les opportunités que nous offrons à nos enfants en particulier en matière d'éducation
il
faut lutter contre ces inégalités
par
davantage d'investissement dans l'éducation par davantage de justice sociale par l'impôt juste et par le revenu juste qui redonne tout son sens au travail
et
à la solidarité revaloriser le travail
c
'est enfin donner demain davantage de pouvoir politique aux salariés dans leurs entreprises
c
'est une idée que je défends depuis longtemps pour les médias des médias détenus par les citoyens et par leurs journalistes plutôt que par des capitaines d'industrie aux poches sans fond qui s'achètent qui des danseuses
qui
de l'influence
qui
des éditorialistes tous plus sages et conservateurs les uns que les autres qui ne cessent d'asséner qu'être de gauche c'est ne pas savoir calculer
mais
la crédibilité économique elle est de notre côté et pas de celui de la droite qui s'embrouille toute seule dans ses soustractions de fonctionnaires et dans ses prévisions de déficit
Tracy
en entreprise elle doit bien sûr aller au-delà des seuls médias elle doit concerner l'ensemble des salariés
aujourd
'hui en France la présence de représentants des salariés dans les conseils d'administration s'impose pour les entreprises qui emploient au moins 1000 salariés
c
'est au cours du quinquennat qui s'achève que l'introduction de sièges avec voie décisionnelle et pas seulement consultative a enfin été réalisée et nous pouvons en être fiers
plus
loin notamment en ce qui concerne le nombre de ces représentants seulement un dans les conseils de moins de 12 membres à peine deux au-delà
il
faut être beaucoup plus ambitieux sur ce point et prendre exemple sur le modèle allemand celui de la co-gestion
en
Allemagne la loi impose depuis des décennies qu'il y ait autant de représentants des salariés que de représentants des actionnaires dans les conseils des entreprises de plus de 2000 salariés un tiers des sièges dans les sociétés de 500 à 2000 salariés un tiers des sièges c'est aussi la place accordée aux salariés en Norvège ou en Suède
en
la co-gestion ne semble pas trop avoir pesé sur la productivité des salariés allemands ni sur la compétitivité de leurs entreprises
le
patronat français
ne
peut pas montrer l'Allemagne un exemple quand cela l'arrange puis en faire un épouvantail lorsqu'on lui parle de démocratie en entreprise
les
patrons français s'imaginent-ils donc tellement plus intelligents que leurs homologues allemands pour penser qu'ils peuvent prendre eux seuls toutes les décisions
la
co-gestion permettra d'améliorer la nature même du capitalisme de dépasser l'illusion selon laquelle seule une action pourrait valoir une voie de dépasser l'illusion selon laquelle le travail ne serait qu'un instrument aux mains d'un capital seul créateur de richesses et donc seul à même de prendre les décisions la France doit innover sur ce terrain aussi notre pays a été à l'avant-garde de la démocratie politique il devra être demain à l'avant-garde de la démocratie en entreprise
chers
amis
l
'économie doit être sociale revalorisation du travail justice sociale démocratie en entreprise les solutions sont à portée de main
et
nous sommes face à une opportunité historique de travailler ensemble à la création d'un monde meilleur
il
y a un an je menais le combat avec mes amis dont Dominique Médard dont Yannick Jadot
pour
une grande primaire de la gauche et des écologistes nous avions deux objectifs
une
gauche unique qui puisse gagner l'élection de 2017 et l'émergence de nouveaux candidats qui redonnent goût à la politique
avec
toi Benoît cet objectif est rempli merci de faire battre à nouveau mon coeur à gauche merci de faire battre à nouveau nos coeurs à gauche
il
reste trois mois pour réfléchir et innover ensemble car c'est de ta victoire que dépendra notre avenir commun nous comptons beaucoup sur toi et tu peux aussi compter sur nous merci
je
pense que ça mérite
encore
plus de bruit Julia Cagé merci pour tout
alors
dernière carte blanche cinquième et dernière carte blanche
je
vais vous demander
on
va pouvoir faire du bruit encore ne vous inquiétez pas on va encore pouvoir faire du bruit on a une cinquième carte blanche et je vais vous demander d'accueillir
celui
qui est historien spécialiste de l'immigration et de la citoyenneté il est directeur de recherche au CNRS rattaché au laboratoire d'histoire sociale du 20ème siècle à l'université de Paris 1 il est également fondateur de l'ONG bibliothèque sans frontières qui oeuvre pour la culture et la connaissance dans le monde c'est un honneur je pense pour Benoît Hamon de pouvoir l'avoir aujourd'hui pour cette convention d'investiture on peut très chaleureusement applaudir Patrick Veil
chers
amis Benoît Hamon m'a demandé de venir vous parler d'un sujet
qui parfois vous divise
alors
qu'ils devraient vous réunir et vous permettre de réunir tous les français c'est celui de la laïcité
et
je pense que s'il parfois il vous divise c'est qu'il y a un malentendu
j
'enseigne aussi aux Etats-Unis
ce
sujet là
et
je commence mon cours en disant à mes étudiants voyez-vous dans votre pays
le
blasphème est totalement autorisé il est légal il est constitutionnel vous pouvez brûler la Bible et le Coran rien ne vous arrivera
mais
si vous émettez le moindre doute sur l'existence de Dieu vous n'avez aucune chance d'être élu dans une élection
il
y a donc un décalage chez nous comme chez eux entre ce qui est légal et autorisé et ce que sont les croyances majoritaires
nous
avons une grande différence sur les croyances majoritaires chez nous
nous
sommes un peuple où la majorité sont non croyants ou agnostiques
et
ce sont les croyants que l'on regarde parfois avec suspicion en disant ils n'ont pas été encore touchés par les lumières
mais
qu'est-ce qu'il fait
que
l'on ait le droit chez nous de blasphémer jusqu'à en mourir comme ça a été le destin de nos amis de Charlie Hebdo il y a deux ans
et
le droit aussi de croire
et
de manifester sa croyance
qu
'est-ce qui fait ce fond commun
c
'est le principe premier de notre laïcité qui n'existe pas dans le droit américain qui n'est pas affirmé comme chez nous celui de la liberté de conscience
c
'est la liberté individuelle de conscience dont découlent tous les autres principes de la loi de 1905 et tous les autres principes de notre laïcité pourquoi la séparation des églises et de l'état pour éviter qu'une institution religieuse fasse pression sur les citoyens
pourquoi
la liberté d'exercice des cultes pour que chacun puisse librement s'il ou si elle le souhaite exercer sa foi
donc
si l'on vous demande et je sais qu'on va vous le demander dans les mois et les semaines qui viennent alors la laïcité c'est quoi ? et bien la laïcité c'est d'abord du droit
c
'est le libre choix de chacun sans pression ce que la loi de 1905 condamne jusqu'à la prison
c
'est la pression soit pour exercer une religion soit pour l'empêcher d'exercer et bien ce discours là
si
vous le tenez et vous le mettez en pratique il peut vous rassembler et rassembler tous les français
mais
alors que dire à ceux qui s'inquiètent
de
la montée des croyances religieuses dans notre pays parce qu'ils ont été élevés dans le rationalisme dans les lumières et bien ça ça n'a rien à voir avec la laïcité c'est le combat pour la libération des esprits
et
ça cela passe
par
une école
par
une éducation nationale qui enseigne les sciences l'histoire la philosophie qui ouvre les esprits pour que celui qui a été enseigné par ses parents dans la religion
se
voit soumis à d'autres approches du monde c'est aussi l'ouverture des bibliothèques
à
l'heure où les jeunes et les adultes ont
le
besoin de les fréquenter le soir et les week-ends
mais
cela ne suffit pas
cela
ne suffit pas
car
parlons-nous franchement
ce
qui nous arrive aujourd'hui
c
'est que nous ne nous sentons pas assez compatriotes
un
certain nombre de français se disent
je
ne reconnais plus le pays dans lequel j'ai grandi
et
ça les amène parfois à voter pour le Front National
et
d'autres se disent
je
suis français certes
sur
le papier
mais
je ne suis pas reconnu comme tel alors comment les réunir tous ces français
qu
'est-ce qui se passe là
ce
qui se passe là
c
'est que la façon dont on a enseigné notre histoire commune a été défaillante
il
y a un trou noir sur l'au-delà de la France métropolitaine
la
France c'est une histoire mondiale c'est une histoire de l'outre-mer de l'outre-méditerranée qu'on n'a pas assez enseignée
aux
enfants de nos écoles
les
plus grands historiens de notre pays ne savaient pas encore il y a quelques années que la République française avait reconnu l'esclavage comme crime contre l'humanité dès 1794 et encore en 1848 avant que Christiane Taubira l'inspire explicitement dans sa loi
et
c'est pas c
'est
pas une histoire dépressive qu'il s'agit d'enseigner c'est pas un roman national c'est une histoire de progrès car nous sommes passés de l'esclavage à son abolition et de la colonisation à la décolonisation
et
il vaut mieux enseigner cette histoire qui amènera des débats des discussions des confrontations
que
de l'évacuer et de se concentrer uniquement sur l'histoire du fait religieux qui enferme une partie de nos compatriotes dans une identiquée qu'ils n'ont peut-être pas choisie la maison commune de tous les français c'est leur citoyenneté la liberté de conscience elle ne peut exister
que
si l'on se change chez soi dans sa citoyenneté et dans son histoire si l'on n'a pas de place dans la citoyenneté et dans l'histoire alors on trouve parfois refuge sans l'avoir décidé
dans
d'autres groupes et dans d'autres identifications
chers
amis
je
crois
à
l'importance des partis politiques
pour
faire vivre la démocratie et la république
chaque
parti apporte sa pierre à la construction de la république
les
socialistes
ont
apporté beaucoup de pierre à cette construction
mais
la laïcité fait partie de l'héritage que les socialistes ont léguée à l'ensemble des républicains Clémenceau qui n'était pas socialiste qui était radical mais qui faisait partie de la grande famille de la gauche jusqu
'au début
de sa carrière politique représente une figure unificatrice de cette histoire commune
car
dans ses combats de jeunesse il a été pour une laïcité fondée sur la liberté de conscience il a été un combattant de l'affaire Dreyfus pour l'innocence de Dreyfus et il a été contre la décolonisation contre la colonisation excusez-moi le premier combattant contre la colonisation
mais
je vais conclure en citant Gambetta Gambetta et beaucoup de républicains disaient à la fin du 19ème ne dites jamais vive une personne
vive
moi
il
disait vive une idée
donc
ensemble je crois que l'on peut dire vive la laïcité et vive la république merci
merci
à Patrick Veil merci avant lui à Julia Cagé à Dominique Méda
à
Jean Jouzel à Elisa Lewis à Romain Slitin pour leurs éclairages
pour
leurs interventions
avant d
'accueillir à cette tribune dans quelques minutes
Benoît
Hamon
vous
l'avez vu arriver aux côtés d'Aurélie Filippetti aux côtés de Vincent Péion et aux côtés d'Arnaud Montebourg
c
'est sans doute
l
'une des figures
qui
fait office de boussole pour beaucoup d'entre nous à gauche une grande figure de la gauche celle qui a porté cette belle loi pour le mariage pour tous celle qui a résisté aux attaques scandaleuses de la droite et de l'extrême droite elle est là avec nous aujourd'hui
elle
est là avec nous aujourd'hui avec Benoît Hamon je vous demande vraiment de lui faire
un triomphe
Christiane Taubira
merci
vraiment
merci
à tous merci vraiment
merci bravo
à vous surtout vous avez toujours été là
l
'exercice de la vie
quelques
combats au dénouement sans solution mais avec
des
motifs valides
m
'ont appris à regarder la personne humaine
sous
l'angle du ciel dans le bleu d'orage
lui
est le plus favorable
c
'est de René Char
et
c'est la raison pour laquelle nous faisons de la politique
nous
faisons de la politique parce que nous avons le souci de la personne humaine
de
sa dignité
de
son intégrité
de
sa relation aux autres
de
son émancipation
de
son épanouissement
de
sa participation de sa
participation au
destin commun
de
son rapport à l'environnement
de
sa compréhension du monde
nous
faisons de la politique
parce
que nous savons que dans les sociétés plurielles
les
opinions divergent
que
des volontés peuvent se confronter
et
que des intérêts s'affrontent
pour
permettre la vie sociale aussi bien au quotidien que dans l'espace public
il
existe deux modes de régulation
soit
la force
avec
tous les arbitraires que cela suppose
soit
le droit
c
'est-à-dire des règles qui s'imposent à tous
nous
faisons de la politique
et
nous la faisons à gauche
parce
que nous osons porter un regard critique sur l'ordre social
pas
pour déclarer la guerre à qui que ce soit
mais
pour affirmer et afficher notre parti pris pour des rapports de justice
plutôt
que des rapports de force
nous
choisissons de protéger les plus vulnérables
et
la classe moyenne
plutôt
que de les livrer à la dureté du marché ou aux casseurs de la fonction publique
nous
refusons de considérer
que
la pauvreté et la précarité
sont
un mal nécessaire ou une variable d'ajustement entre l'abondance et l'opulence
nous
faisons de la politique
nous
la faisons à gauche
et
nous voulons la faire à hauteur de la puissance publique
nous
n'allons pas gaspiller l'expérience acquise
nous
ne voyageons pas léger
pendant
cette campagne nous vous parlerons de ce que nous avons fait pour vous
avec
vous
des
ministres des députés des sénateurs vos élus locaux
vous
dirons ce qu'ils ont relayé ce qu'ils ont soutenu ce qu'ils ont amendé ce qu'ils ont enrichi
nous
vous dirons nous-mêmes le sens de l'action accomplie
le
sens aussi de nos refus
mais
surtout
nous
vous parlerons de ces routes nouvelles
que
nous vous proposons d'emprunter ensemble
et
nous commencerons par vous dire
combien
nous sommes forts
combien
nous sommes riches
de
ce que nous sommes
avec
nos tempéraments tous ici et bien au-delà
mais
surtout
avec
nos expériences multiples
à
travers nos engagements syndicaux associatifs politiques
à
travers nos expériences professionnelles
ces
morceaux de vie sociale
qui
nous permettent de nous rencontrer de nous connaître d'agir ensemble
après
avoir beaucoup discuté c'est comme ça que nous sommes
mais
cette ingéniosité que vous déployez au quotidien
pour
faire face aux problèmes matériels
aux
fins de mois difficiles
à
cette précarité qui s'infiltre et parfois s'installe cette créativité dans l'adversité
renforcée
par cet art en particulier que nous avons de mêler toutes nos diversités individuelles culturelles territoriales
cette
ingéniosité et cette créativité
sont
un capital extraordinaire
pour
affronter les épreuves collectives
et
pour maîtriser notre futur
vous
verrez
nous
allons faire le compte de nos talents
le
tour de nos habiletés
l
'inventaire de nos capacités
et
vous verrez
nous
allons nous éblouir nous-mêmes
les
temps qui viennent seront encore difficiles
un
peu difficiles
mais
qu'une chose soit difficile nous est une raison de plus de nous y tenir c'est de réunir Maria Rilke
la
gauche a toujours accédé aux responsabilités par temps rude lorsque la croissance est en berne que les finances publiques sont exentes
le
chômage tenace
que
les perspectives s'estompent au point de s'éclipser
que
de nouveaux dangers surgissent
que
l'Europe se dévoie que le monde vacille
que
la confiance déserte
la
gauche est toujours arrivée au pouvoir dans ces moments rudes
parce
que les incertitudes
ainsi
que les désespoirs se mêlent aux convictions
pour
confier à la gauche la conduite des affaires publiques
et
la maîtrise de notre destin commun
de
sorte que la gauche est toujours arrivée au pouvoir au moment où les impatiences sont maximales
où
les espoirs sont intenses
où
l'urgence est extrême
c
'est pour ça que
les
déceptions commencent à piaffer dès le premier jour
mais
nous saurons faire face
nous
sommes bien décidés à faire face
nous
sommes décidés à faire face parce que nous avons conscience
des
dangers
qui
nous menacent des défis qui sont devant nous et ces défis sont multiples
les
bouleversements économiques
les
nouveaux rapports sociaux
la
très très grande mobilité des ressources financières
la
raréfaction des ressources naturelles
la
fragilité des écosystèmes
les
nouvelles circulations humaines
et
puis ces espaces qu'il faudra dégager amplifier pour permettre que la culture recommence à irriguer nos pensées et nos modes de vie
bien
sûr
bien
sûr il y a
ces
périls de déflagration
qui
viennent dans nos lieux familiers semer la mort la haine la peur
cette
violence aveugle et massive
vise le
socle même de notre société démocratique
et
essaie de faire croire que nos libertés nos valeurs seraient des faiblesses
mais
en résistant à la tentation de riposter à l'instinct
nous
avons démontré non seulement notre maturité notre courage
mais
nous avons consolidé nos valeurs
nous
avons surtout fait que nos forces restent des forces
c
'est pour ça que ce monde qui change
a
plus que jamais besoin de la gauche
il
a plus que jamais besoin d'égalité
d
'égalité pour les territoires délaissés
dans
les quartiers périphériques les communes rurales
d
'égalité entre les citoyens tous les citoyens
d
'égalité d'accès au savoir
aux
soins aux droits aux emplois aux responsabilités
nous
sommes en capacité
d
'assurer cette égalité
mais
nous allons commencer par être vertueux
en
assurant l'égalité entre les femmes et les hommes
les
femmes
nous
les femmes dit-elle en regardant Benoît
nous
les femmes nous sommes la moitié du ciel et même un peu plus
nous
entendons
nous
entendons être la moitié de tout pas vos moitiés
la
moitié de tout
être
au moins la moitié partout où se prennent des décisions le monde qui vient devra s'habituer à la présence
la
présence forte
de
nos filles de vos filles
avec
toi Benoît
avec
toi Benoît nous partons
à
la reconquête des cœurs et des esprits
nous
sommes bien armés nous avons des atouts
notre
histoire
notre
vision du monde
nos
valeurs
notre
projet
ce
projet que tu portes avec tant de force et d'énergie
nous
allons redevenir une gauche de combat
plutôt
qu'une gauche de constat
nous
avons de quoi
parce
que l'héritage
l
'héritage est dense
et
foisonnant
nous
voulons nous mettre à la hauteur de ceux qui nous ont précédés
au
service de ce même idéal d'égalité
ils
ont cru la fraternité possible
et
l'ont mise en œuvre concrètement
par
des politiques d'émancipation et de solidarité
ils
ont proclamé ils ont démontré que nos libertés sont précieuses mais qu'elles sont fragiles et qu'elles peuvent dépérir
si
nous n'en sommes pas nous-mêmes les vigies
nous
sommes dans le prolongement de cette longue histoire qui a fini par confondre les combats pour l'émancipation individuelle le progrès collectif la cohésion sociale
avec
le combat pour la République et nous revendiquons cette filiation
nous
sommes
bien
résolus
à
mettre en cause toutes les formes de domination d'oppression d'exclusion ici et ailleurs
nous
pensons qu'aucune différence ne peut servir de prétexte aux inégalités nous combattons les discriminations et les exclusions
nous
pensons que les destinées individuelles se forgent et s'épanouissent dans le destin collectif
nous
sommes dépositaires des avancées démocratiques
des
conquêtes sociales
des
progrès civiques qui nous viennent de la révolution de la deuxième république
du
front populaire du conseil national de la résistance
des
législatures Mitterrand de la législature Jospin et même de la législature qui s'achève et nous portons haut tous ceux qui sont fidèles à nos idéaux
à
nos combats
à
nos engagements pour la justice sociale les libertés et l'égalité
nous
sommes fils et fils
des
communards
des
dreyfusards
des
hussards noirs de la république
nous
continuons à tirer enseignement
des
batailles anticoloniales des luttes syndicales des mobilisations écologistes
nous
savons ce que l'éducation populaire
peut
apporter pour consolider le lien social
nous
aimons la vigueur de la laïcité ce principe de concorde qui nous permet de transcender nos différences nos singularités nos appartenances de façon à nous réaliser à nous accomplir en égalité au sein de la république
voilà
d'où nous venons
et
nous en sommes fiers
mais quels
que
soient
les enseignements dont est chargé le passé
le
passé n'est pas notre présent
et
il ne nous exonère pas des efforts pour inventer notre avenir
et
si nous regardons ce que nous sommes capables de faire vous verrez que nous sommes capables de rendre cet avenir lumineux
où
allons-nous
oui
Benoît tu as commencé tu continueras à tracer les routes que nous allons emprunter ensemble
d
'abord refuser ici et ailleurs
que
la dignité de femme d'enfant d'homme
soit
déniée
et
porter toutes ses causes
nous
disons que l'économie n'est pas obligée d'être brutale
et
que l'économie collaborative
fait
la démonstration d'un possible partage
l
'économie circulaire montre qu'il est possible de réduire les gaspillages
la
vieille économie a encore du souffle d'ailleurs et il nous faut la considérer et l'accompagner à la mesure de la longueur des vies
qui
lui ont été consacrées et qui lui sont encore consacrées
nous
pensons que les services publics contribuent à la citoyenneté
et
que les solidarités sont des joyaux de civilité et le caractère même des civilisations
nous
pensons que le repli sur soi le rejet des autres
sont
des réactions vénéneuses
que
les égoïsmes sont une impasse qui ne profite qu'aux trafiquants d'influence
nous
voulons veiller au bien-être et au bien-vivre dans tous les territoires dans les villes dans les quartiers délaissés dans les communes rurales et les communes abandonnées
et
si nous considérons
les
défis qui sont devant nous nous affirmons qu'il n'y a pas de rivalité entre les pauvretés et les détresses
qu
'il ne peut y avoir de compétition entre les solidarités et l'hospitalité
alors
nous allons regarder
nous
allons regarder ce que nous avons déjà été capables de faire
et
nous allons constater qu'ayant passé tant de péripéties
affronté
tant de drames et de tragédies
nous
serons capables de traverser les temps qui sont les nôtres même s'ils sont parfois funestes
et
surtout nous refusons
la
guerre de tous
contre
tous
et
pour surmonter Hobbes
nous
allons écouter Paul Éluard
nous
vivons dans l'oubli de nos métamorphoses
sommes
-nous près ou loin de notre conscience
où
sont nos bornes nos racines
notre
but
les
rendez-vous donnés par la face au profil
par
la souffrance à la santé
par
la lumière à la forêt
par
la mine
à
la fleur par la montagne à la vallée
par
le soleil par la perle au soleil
nous
sommes corps à corps
nous
sommes terre à terre
nous
naissons de partout
nous
sommes sans limite
Christiane Taubira pour qui on peut
montrer
encore plus d'enthousiasme ce milieu à la mutualité
avant d
'accueillir Benoît dans quelques instants maintenant
je
vais vous demander
d
'applaudir encore une fois celle qui nous a accueillis et qui a ouvert nos travaux aujourd'hui la maire de Paris Anne Hidalgo
je
vais vous demander de saluer également l'ensemble des parlementaires présents dans la salle et de saluer tout particulièrement le président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale Olivier Faure
je
vais vous demander
de
bien vouloir saluer également tous les ministres qui sont avec nous aujourd'hui et de réserver une standing ovation pour l'une d'entre elles celle qui elle aussi a fait face pendant tout le mandat à la droite et à l'extrême droite la ministre de l'éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem
on
salue évidemment
le
premier secrétaire du parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis Christiane Taubira qui vient de s'exprimer à l'instant et permettez-moi pour finir de saluer l'ensemble des candidats les sept candidats à la primaire mais je vais vous demander d'applaudir très très chaleureusement ceux qui sont aux côtés de Benoît aujourd'hui Vincent Payon et Arnaud Montebourg Benoît c'est dans quelques instants
mais
d'abord
on
va regarder ensemble un dernier petit film un film qui retrace
l
'histoire la grande histoire de la gauche et qui place la candidature de Benoît dans cette perspective
présidentielle
et je participerai à la primaire organisée par le parti socialiste
l
'outsider qui peut-être va créer la surprise pas question de renier ses convictions l'homme tranquille Benoît Hamon Benoît Hamon Benoît Hamon
Benoît Hamon
Benoît Hamon en tête du premier tour
Benoît Hamon Emmanuel Valls se sont affrontés hier Seule en fuite
J
'insiste sur la solidarité nationale et sur la cohésion sociale La solidarité n'est pas la bonne conscience de la modernisation elle est la condition
de sa réussite Ensemble préparons l'avenir rassemblons
-nous unissons le meilleur de nos idées et de nos forces
et
nous les ferons bientôt triompher
dans
l'intérêt de
tous
dans
l'intérêt de la République
dans
l'intérêt de la France
Je
préfère toujours le nous au jeu
Est
-ce que cette campagne vous a changé
?
Benoît Hamon s'est transformé en Bilal Hamon
Tout
en durcie épaissie peut-être Je suis fier qu'il m'appelle Bilal et je serai fier aussi qu'il m'appelle Élie David Peu importe
C
'est frappant de voir comment la question écologique et la question sociale sont mêlées Les premières victimes de ces maladies liées à la dégradation de notre cadre de vie ce sont les plus modestes et les plus pauvres Il ne faut pas se préoccuper seulement de la planète que nous allons laisser à la jeunesse il faut se préoccuper de la jeunesse que nous allons laisser à la planète Les banquiers on peut négocier avec la planète on ne peut pas négocier avec elle
La
révolution numérique va avoir des conséquences qui peuvent être négatives sur l'emploi si nous ne les maîtrisons pas
Le
revenu universel d'existence permettra notamment de vivre le travail plus librement de le choisir plutôt que de le subir
Le
sens de ma proposition d'un 49.3 citoyens c'est-à-dire Lorsqu'une loi est votée que 450.000 citoyens jugent que la question est trop grave pour qu'elle ne soit traitée que par le Parlement il me semble légitime qu'on puisse donner au peuple le moyen de reprendre la main
Je
l'ai dit et je le confirme je ne crois pas en l'homme providentiel Notre pays a besoin d'une gauche moderne innovante capable de fabriquer et de porter un futur désirable
Qu
'elle propulse un imaginaire collectif puissant en capacité de bousculer et la droite totale et l'extrême droite Avec un projet qui revendique le changement du rapport au travail Une aventure de transformation sociale démocratique et écologique Nous avons là les passerelles qui nous permettront de relier les différentes familles de la gauche Prenez-la Rassemblez la gauche Imposez le rassemblement de la gauche
Alors
oui Seuls on va peut-être un peu plus vite Mais ensemble on va plus loin Et plus loin il y a la victoire La victoire de la gauche Vive la République Vive la France Rebattre le cœur de la gauche Il va faire rebattre le cœur de la France Dans les 13 prochaines semaines Nous sommes 2700 à ses côtés Aujourd'hui Nous étions plus de 2 millions à voter à cette primaire Avec lui La gauche est de retour Du bruit Du bruit Et de l'enthousiasme Pour notre candidat Benoît Aumont En fait je m'étais dit qu'après le clip c'était bon Presque
Je
pouvais
presque
zapper mon discours d'investiture Mais c'est un discours d'investiture Et vous l'avez vu dans le petit clip
Vous
imaginez Mon émotion De voir Le visage de François Mitterrand De voir Celui de Lionel Jospin De voir Celui de Ségolène Royal Et de François Hollande Celles et ceux Qui m'ont précédé Dans la candidature Aux élections présidentielles Celles qui ont représenté Notre Celles et ceux Qui ont représenté Notre famille politique Aux élections présidentielles Avec quel succès Et avec quel bilan D'ailleurs Et c'est pour moi Une immense émotion D'être ici A cette place Aujourd'hui Avec mon histoire Ma trajectoire Qui croise Pour beaucoup d'entre vous La vôtre Qui s'est nourrie De la vôtre Et qui m'amène A devoir Au nom de la gauche Représenter
Les
intérêts De celles et ceux Qui ont le moins
Celles
et ceux Pour qui la vie N'est pas facile Celles et ceux Qui constituent Cette majorité sociale Que nous avons Toujours voulu Dans toute notre histoire Représenter Et qu'il me reviendra Non seulement de représenter Mais je l'espère De porter au pouvoir En mai prochain
Alors Je
voudrais Adresser Quelques Remerciements Je commencerai Par le premier secrétaire Du parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis Qui a organisé Avec Thomas Clé Qui a présidé La haute autorité Ce magnifique exercice Qui a été celui Des primaires Cela donne Une force Incomparable Une légitimité démocratique Incomparable Celle d'avoir été Choisie Par le peuple Peut-être Certains y trouveront Que c'est une fraction Encore trop réduite Du peuple de gauche Mais c'est une composante Du peuple de gauche Qui s'est déplacée Aux urnes Et qui a choisi De démentir Tous les pronostics De s'impliquer De s'investir Et de choisir Parmi sept candidats Que je veux saluer Manuel Arnaud Vincent Sylvia François Et Jean-Luc Pour la campagne Que nous avons Offerte Qui a été Comme toutes les campagnes Politiques et démocratiques Parce qu'elle était engagée Et que chacun d'entre nous Voulait avoir l'honneur Qui est aujourd'hui le mien Qui a été une campagne Je crois extrêmement riche Et s'il est
Un
acquis collectif Qu'il faut que nous conservions Précieusement aujourd'hui Et qui est le fruit De cette campagne Je veux le dire A cet instant Cet acquis pour moi C'est que nous avons Démenti ce qui devait être Le paysage de cette campagne Présidentielle L'identité nationale Et l'islam Comme obsession Pour certains Et des objectifs En matière de politiques Économiques Qui étaient si réducteurs Qu'ils ne se résumaient Qu'un objectif de réduction De la dépense publique Nous avons fait quoi ?
De
la question sociale De la question écologique De la question de la maîtrise Des transitions Qui nous concernent Du futur de nos enfants Nous avons fait du futur De ces enfants La question centrale Du débat politique Et aujourd'hui même
Quand
je vois Je reviendrai tout à l'heure Mais le candidat de la droite
S
'il le reste encore Quelque temps Mais je le prends
Je
le prends
Mais
je prends même Ce qui lui succéderait Avec plaisir
Mais
quand on voit Le candidat de la droite
D
'autres candidats Plus hybrides Aujourd'hui Se positionner Par rapport à quoi ? Par rapport au chemin Que nous avons ouvert
Sur
le travail
Sur
le modèle De développement Et ils devront répondre
Si
aujourd'hui Oui ou non Ils acceptent Les transitions Qui arrivent Les métamorphoses Qui bouleversent La vie de nos compatriotes Ou s'ils veulent Simplement Prolonger de quelques années Un modèle Qui s'est déjà éteint
Ce
sont ces choix-là Qui seront au cœur De l'élection présidentielle Et je veux remercier Le premier secrétaire Du parti socialiste Je veux remercier La haute autorité D'avoir organisé Cette primaire Parce qu'elle a fait Éclore ces sujets Qui aujourd'hui S'imposent Dans le débat présidentiel Je veux aussi Saluer Les membres du gouvernement Qui sont là C'est pour moi Il y a beaucoup D'anciens collègues Que je connais bien Mais c'est pour moi Aussi une grande chance De vous avoir Ici J'en dirais un mot Parce que ce qui paraît Je suis très attendu Sur le bilan Donc je dirais Tout à l'heure Comment je conçois Évidemment Ce bilan Et tout ce que nous avons fait De positif Qui est incontestablement Un acquis A partir duquel Se propulser Mais l'essentiel Est pour moi Évidemment De regarder l'avenir Ce que nous avons à dire Aux français Pour les 5, 10, 15, 20 ans Qui viennent Merci en tout cas D'avoir été là Merci aux parlementaires Merci aux élus Et merci aux citoyens Nombreux Que nous avons invités A cette investiture Et qui nous donnent Et qui sont même La condition de la victoire En mai prochain
Je
voudrais Adresser Plus particulièrement Un message Aux 5
Auteurs
6 Puisqu
'il
y avait un binôme Des cartes blanches Que vous avez vu Tout à l'heure
Pour
moi
L
'essentiel Est pas là Mais beaucoup
Et
dans ce qu'ils ont dit Dans ce qu'a dit Dominique Méda Sur le travail Et en pensant justement Ce que sont Les transformations Qui viennent Et sur lesquelles Je reviendrai Et la manière Dont nous devons penser Le partage du travail De façon à ce qu'il ne soit pas Aussi inégalitaire Que nous le trouvons aujourd'hui Entre ceux qui ne travaillent pas Ceux qui travaillent Et parmi ceux qui travaillent Ceux qui sont malheureux au travail Quand d'autres Sont heureux au travail Et vous parlent De la société du travail Mais Et le choix Qu'elle a fait De se propulser De nous offrir Des scénarios Qui sont des scénarios Possibles Fait partie de ce futur désirable Que je veux mettre en oeuvre Mais j'y reviendrai tout à l'heure Merci aussi à Julia Cagé Pour le formidable plaidoyer Qui a été le sien Pour le revenu universel d'existence
J
'étais en train de me dire Qu'étais presque prête Pour passer de l'autre côté Je ne
sais
pas Si c'est du bon côté Ou du mauvais côté de la force Pour ce qui me concerne Mais bon En tout cas C'était vraiment remarquable Merci à Elisa et Romain Ils m'ont aussi beaucoup accompagné Avec ce coup d'état citoyen Qu'ils appellent de leur vœu Ce n
'est
pas un coup d'état Guerrier, conflictuel Ce n'est pas brutal C'est simplement Le retour à cette idée Très belle Je me souviens de François Mitterrand Qui disait Mon objectif Ce n
'est
pas de prendre le pouvoir C'est de vous le rendre Et bien c'est ce que nous allons essayer de faire Dans les semaines et les mois qui viennent Rendre le pouvoir
A
ceux qui dans cette république Aspirent à l'exercer Pour les décisions Qui les concernent Merci à Patrick Veil Pour le rappel Sur la laïcité C'est curieux Qu'on ait ce genre de rappel à faire Mais tu as tout dit Et dans cette loi Qui est probablement Une des plus belles Sinon La plus belle loi de la république La loi de 1905 Parce qu'elle nous
Elle
nous permet
Elle
nous permet de vivre ensemble Et je citerai d'ailleurs Sur cette loi de 1905 Une très belle Phrase de François Hollande Qui disait La laïcité Ce n'est pas un dogme de plus
Ce
n'est pas la religion De ceux qui n'ont pas de religion C'est l'art de vivre ensemble Et c'est ceux-là Qu'ont combattu la droite Et l'extrême droite En 1905 C'est ceux-là Qu'a fabriqué la gauche En 1905 Et c'est le leg Que nous portons Et que je porterai Avec beaucoup de fierté Merci à toi Patrick
Je
voudrais saluer Évidemment Jean Jouzel Qui a parlé Avec
rigueur
Et que là aussi De ce qui est pour moi Devenue une question Centrale Celle De l'impact De l'activité humaine Sur notre cadre de vie La manière dont La biodiversité Aujourd'hui est menacée La façon dont la planète Se réchauffe La façon dont ces menaces
Aujourd
'hui Pèsent Sur les conditions D'existence De nos enfants
Et
la capacité Qu'ils auront eux A faire des enfants Demain dans une société Qui ne soit pas Troublée par le désordre La violence
Les
injustices Nées justement Du fait Que nous n'aurions pas Choisi de maîtriser
Les
conséquences De nos modes de production Et de nos modes De consommation Sur la planète Moi je veux dire Que c
'est
pour moi Une grande fierté De vous avoir eu Dès aujourd'hui A mes côtés Parce que cela irrigue Largement Le projet politique Que je veux porter Jusqu'en mai Et au delà A l'Elysée Avec une majorité Pour gouverner Et changer la France
Merci
donc à vous
Merci
donc à vous cinq Vous six pardon Et je voudrais terminer Par deux remerciements particuliers Pour deux femmes
L
'une a ouvert L
'une a ouvert
Ces débats Anne Hidalgo C'est pour moi Une immense Mère de Paris Elle est un exemple Pour beaucoup d'entre nous
Elle
est courageuse Elle est tenace Et surtout Je veux lui dire Et c'est ce qui
Fait
ma fierté Quand je parle d'elle Chaque fois Que c'est dur Chaque fois Qu'elle doit faire face A une adversité Qui est portée Manipulée Par des lobbys Puissants Privés Qui n'aspirent qu'à une chose C'est que rien ne change D'ailleurs en ce moment Un peu l'humeur du temps Une sorte de doctrine du guépard Qui inspire peut-être D'autres candidats Tout change En surface Pour qu'en réalité Rien ne change derrière
Et
on les voit On les voit Les jeunes guépards
On
les voit Les jeunes guépards
Les
créatures du système Qu'une habile manipulation Transforme soudain
Par
la grâce peut-être
En
grand transformateur Moi je n'y crois pas J'y reviendrai peut-être Un tout petit peu Aussi tout à l'heure Je voudrais aussi Dire à Christiane Combien démarrer Cette campagne Avec elle Est pour moi Un immense honneur Tu es notre fierté Ça tu le sais déjà Mais moi je veux te dire Ici Parce que
En
ces occasions Il faut dire Que je suis très fier D'être ton ami Et que c'est pour moi
Quelque
chose d'extrêmement précieux Que tu sois là Aujourd'hui en particulier
Alors Je
voudrais Commencer en évoquant La responsabilité Immense Qui est désormais la mienne Celle Pas simplement De rassembler Notre famille politique
De
rassembler Au-delà Toute la gauche De rassembler Des citoyens Autour D'un horizon Nouveau Et puis De nous porter A la victoire En mai prochain
Merci
à ce qu'a dit Jean-Christophe Tout à l'heure Pour dire que Quelque chose A changé Dans l'humeur Et dans Depuis quelques semaines
Ou
quelques jours
Nous
étions Relégués A devoir Constater
Qui
allait pouvoir Se qualifier Au second tour Un second
tour Un second
tour Dont nous étions Exclus Par définition
Et
d'ailleurs Les commentateurs Nous regardaient Avec cette posture De ceux qui savent Les importants Vous savez
Pour
acter le fait Que le parti socialiste Son candidat Le candidat De la belle alliance Populaire Le candidat Qui serait sorti De cette primaire N'aurait aucune chance D'être au second tour De l'élection présidentielle Non seulement
D
'ores et déjà Ces faits sont démentis
Mais
je peux vous dire Que tout ce que je perçois Partout où je vais Partout où nous allons Montre qu'est en train De se lever un vent Un mouvement Une aspiration A nous tourner vers l'avenir
Qui
va une fois de plus
Une
fois de plus Démentir tous les pronostics Je vous le dis
Mais
je voudrais commencer Par la première tâche Qui est la mienne Et qui l'a été Dès le soir Des élections Du résultat Du second tour Des primaires Rassembler Rassembler les socialistes Et rassembler la gauche
Je
veux dire ici Que
c
'est pour moi Extrêmement important De voir les représentants De tous les candidats
Qui
ont été Qui ont postulé A cette primaire Présents dans cette salle Je saluais Luc Carvounas Que je vois là-bas Je veux saluer Évidemment Guillaume Bachelet Je veux saluer Christophe Borgel Je veux saluer Didier Guillaume Que j'ai vu Je veux saluer Bref Je ne
vais
pas vous saluer tous Parce que en fait Comme vous êtes de toutes les familles Ça va être un peu compliqué Mais je veux dire Que c'est très important pour moi
C
'est très important pour moi Parce que Cela me donne de l'élan Cela me permet De me propulser Et de me propulser Vers d'autres rendez-vous
Car
je ne conçois pas Demain Que le rassemblement Se réduise à un accord d'appareil
Et
je veux le dire A toutes celles et ceux Qui voudraient nous amener Ou m'amener Sur ce terrain-là
Il
me semble aujourd'hui Que ce qui a fait La force de cette primaire C'est qu'elle a débordé Qu'elle a débordé largement Le cadre des associations Des groupes Des appareils Pour montrer quoi ? Qu'il existe une gauche féconde Qu'il existe une gauche collaborative Qu'il existe une gauche horizontale Coopérative Qui prend des initiatives Sans attendre que les appareils Prennent des décisions Qui ne rejette pas les partis politiques Mais qui n'y adhère pas forcément
Qui
ne rejette pas les mouvements politiques Mais qui aspirent à voir plus haut Plus loin
Et
cette gauche-là C'est celle que je veux Pour commencer rassemblée Parce qu'il me semble Que c'est elle Qui montre la voie C'est elle qui nous indique Ce que sont les solidarités Qu'il faut construire C'est elle qui nous indique Le type de citoyenneté Avec laquelle il faut Que nous nous réconcilions Et qui donne toute sa place Aux citoyens C'est elle
Cette
gauche Qui nous montre Quel est le geste naturel Hospitalier Que nous devons avoir A l'égard des migrants Plutôt
que
de les choisir De les sélectionner De les trier Comme le proposent la droite Et l'extrême droite Et au bout du compte De leur fermer les portes
C
'est cette gauche-là Que je veux rassembler Par priorité
Et
quand je me suis adressé
Aux
autres responsables politiques de gauche Aux autres candidats Qui seront présents Au premier tour De l'élection présidentielle
Qu
'ils me comprennent bien
Je
ne pose pas comme préalable
Parce
que serait La cinquième République Qu'il faut se mettre derrière Benoît Hamon Le doigt sur la couture du pantalon Et ne rien dire Sinon suivre celui qui est le chef Ça n'est pas ma conception De l'action politique
Mais
je leur demande Je leur demande en échange
De
ne pas me demander des têtes Parce que cela n'a aucun sens Le rassemblement Ça ne commence pas Par le fait d'exiger des têtes Oui, il y a des désaccords entre nous
Comme
il y en a toujours eu Dans la gauche
Et que
serait le Front populaire Ou qu'aurait-il été S'il n'y avait pas eu plusieurs gauches
Le
programme commun C'était aussi plusieurs gauches Différentes La gauche plurielle de Lionel Jospin C'était aussi plusieurs gauches
Mais
comment avait-elle construit Leur rassemblement
Sur
le fait de dessiner ensemble Un horizon Et moi je vous le dis
Peu
m'importe
Qui
vous êtes Que vous soyez ministre Que vous soyez élu Que vous soyez simple citoyen Engagé ou pas Peu m'importe Que vous ayez choisi de voter Écologiste, socialiste Ou Front de Gauche Ce qui m'importe aujourd'hui Je le dis A tous les citoyens de gauche C'est là où nous voulons aller ensemble C'est l'horizon que nous voulons dessiner
Et
il ne peut pas se réduire A un accord d'appareil
Il
ne peut pas se construire
Sur
je ne sais quelle négociation D'antichambre Il se fera dans la clarté La transparence Ce rassemblement Autour de cet horizon Et rien d'autre Dites-moi où vous voulez aller
C'est
ce que beaucoup de citoyens M'ont demandé Pendant toute cette élection primaire
Dites
-moi où vous voulez aller Je sais que nous ne partons pas de nulle part
Et
je voudrais évoquer le bilan
Vous
savez, j'ai rencontré le président de la République cette semaine
Merci
pour lui
Je
le connais depuis longtemps
Et
je sais ce que nous lui devons Au moment où il a dû prendre
Des
décisions graves Importantes
Pour
assurer la protection des Français
Au
moment où il a choisi D'engager nos forces armées au Mali
Au
moment où il a réussi Grâce à cette intervention A éviter que se constitue un sanctuaire Théoriste et djihadiste
Il
a sauvé des vies de Français Il a su nous protéger Et à ce titre Comme des millions de Français Je lui suis reconnaissant de l'action Qui a été la sienne
Mais
je veux dire aussi simplement les choses
Si
nous ne partons pas de rien
Je
vois Najat Valo-Belkacem qui est devant moi Notamment dans l'éducation nationale Regardons aujourd'hui ce que la droite veut défaire Et nous saurons ce que nous avons fait de bien
Et
elle veut défaire beaucoup de choses Donc nous avons aussi fait beaucoup de bien
Et
notamment dans l'éducation nationale Parce que cette priorité qui a été donnée Pas simplement au recrutement d'adultes supplémentaires Dans les écoles, les collèges et les lycées Mais la priorité aux primaires Vincent est là Qu'il avait donné dès le départ Avec la loi de refondation de l'école de la République Le choix de nous inscrire Dans un objectif qui était de lutter Contre les inégalités à l'école De ne pas accepter les phénomènes De reproduction sociale à l'école Comme une fatalité Ces choix politiques que nous avons faits aujourd'hui Aucun d'entre nous ne les remettra sérieusement en cause Ou ne peut sérieusement les remettre en cause Voilà un acquis incontestable Je vais même aller au-delà Il y a Mathias Feckel qui est là Mais bravo Mathias Quand tu as dit non Au traité transatlantique avec les Etats-Unis Bravo
C
'était ça aussi notre fierté De dire
Il
n'y a pas de fuite vers le libre-échange Qui permet de reconstruire l'Europe Parce que tout cela Ça remettra en cause notre modèle social Nos préférences collectives Notre volonté de protéger l'environnement De cela aussi moi je suis très fier
Et
de beaucoup d'autres choses
De
la façon dont nous avons lutté Pour l'égalité femmes-hommes De la manière dont nous sommes impliqués Dans la lutte pour favoriser L'insertion des personnes en situation de handicap Le dernier plan autisme Tout ça va dans le bon sens Mais je veux dire ceci
C
'est que ce bilan a laissé aussi
Des
personnes mécontentes
Qui
le rejettent
Qui
le critiquent
Et
qu'il ne faut pas mépriser cela
Qu
'il ne faut pas mépriser cela Au moment où nous voulons rassembler Qu'il faut tenir compte de ce qu'ils disent
De
leur déception De leurs inquiétudes De leur mécontentement Et transformer cette colère Quand elle existe même contre nous En une aspiration
A
construire quelque chose Qui nous dépasse Nous transcende Et nous tourne vers l'avenir
Voilà
ce que nous devons réussir
Mais
c'est surtout Ce que je veux
Vous
dire C'est que
Ce
bilan
De
toute façon
S
'il est là Ne peut pas être L'axe autour duquel Nous faisons une campagne présidentielle Même
Quand
Lionel Jospin
Avait
un bilan Dont personne Personne à gauche A part
Les
grinchos habituels Ne contestait qu'il ait été Sur les 35 heures Les emplois jeunes La loi exclusion La CMU Tout ce que nous avions fait Absolument exemplaire
Le
Pax
Qui
précédait
Le
mariage pour tous Grande fierté aussi Pour ce quinquennat Même Lionel Jospin Avec un bilan exemplaire Nous avons vu que Un bilan ne suffisait pas A gagner l'élection présidentielle Notre responsabilité Elle est de prendre Ce bilan De nous tourner vers l'avenir Et de dire Où nous voulons aller Et c'est ainsi Que j'engage Cette campagne Aujourd'hui
Où
voulons-nous aller
Il
y
a
une phrase De Pierre Rabhi Qui a été citée tout à l'heure Qu'on entendait Dans le petit clip Qui n'est pas un homme Avec lequel je suis d'accord Sur tout
Mais
qui M'a beaucoup interpellé
Qui
dit Pierre Rabhi Il ne s'agit pas simplement De se préoccuper De la planète Que nous allons laisser A la jeunesse
Mais
il s'agit De se préoccuper Aussi De la jeunesse Que nous allons laisser A cette planète
Et
voyez-vous
Le
sens de ma candidature Repose pour partie
Sur
les conditions D'existence De mes filles
Je
veux le dire
Ici
simplement
C
'est frappant De voir dans une école De la République Aujourd'hui
On
apprend A aux petites filles Et aux petits garçons
Que
certains jours
Il
ne faut pas aller Dans la cour de récréation Et surtout pas courir Parce que courir
A
cause des pollutions Atmosphériques Peut vous rendre Très gravement malade
C
'est marrant Qu'à ces jeunes enfants Puisque nous ne connaissions pas
On
leur demande De s'exercer A des exercices De confinement
Au
cas où Un terroriste Vienne dans les écoles
Voilà
ce que sont Aujourd'hui
Les
conditions
Dans
lesquelles
Nos
enfants Mes filles Vos enfants Grandissent
Un
monde Qui n'a jamais été Aussi anxiogène Aussi menaçant Et je veux saluer Aujourd'hui
Le
courage De nos militaires Et notamment De ceux Qui au carousel du Louvre Se sont défendus Contre l'attaque D'un terroriste
Parce
que tous les jours
Ils
sont en première ligne
En
première ligne Pour assurer Notre sécurité Mais ce monde
Dans
lequel grandissent Nos enfants Est un monde Particulièrement Menaçant Et angoissant Angoissant pour eux
Comme
il devrait l'être Pour nous
Qui
avons les clés
Pour
faire en sorte Que les choses changent
Et
c'est de cela Dont je veux vous parler Aujourd'hui
Je
veux me concentrer Sur
ce
projet L'option que je vous propose
Mais
je commencerai Par vous dire Que
Comme
je l
'ai
dit Dans toutes les
primaires
Je ne suis pas
Je
ne suis pas
L
'homme providentiel Pas de chance Pour ceux qui le guettaient Mais je ne le suis pas
Non
seulement Je ne le suis pas Mais je ne le demande Surtout pas Surtout pas Parce que je ne crois Plus du tout Dans cette forme D'immaturité Qui consiste à proposer Un guide Au peuple Et à la nation D'ailleurs Dans un rapport Assez abstrait Aux foules Et au peuple
Qui
vous amène A assumer Tranquillement Être La solution Au problème De tous les français Moi je crois Dans l'intelligence collective Je crois Dans notre capacité Collective Et démocratique A proposer Des solutions Et des options Et je rejette Absolument Ce costume Que l'on voudrait Me mettre Sur les épaules Je le rejette Parce qu'il n'est pas bon Parce qu'il n'est pas utile Et parce qu'au bout du compte Je pense qu'il repose Sur une tromperie Et une imposture Donc
Je
me retrouve donc
Dans
cette phrase De Pierre Mendes France
Je
le cite Et moi j'y crois Dans Pierre Mendes France
Qui
disait Choisir un homme Fût-il le meilleur Au lieu
De
choisir Une politique
C'est
abdiquer Et bien moi Je vais vous proposer Une politique
Je
vous propose De ne pas abdiquer Derrière la figure Charismatique D'un guide Ou d'un homme Je vous propose
Benoît Hamon