Aller au contenu
Tous les transcripts
ChroniqueSébastien Gobert· 28 mars 2025 10 minAutoproduitActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalDéfenseInstitutions & élections

Terres rares en Ukraine: le nouveau diktat américain

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Sébastien GobertChiffre
    « Les États-Unis considèrent qu'ils ont déjà payé leur investissement dans le fond à travers tout l'argent qu'ils ont déboursé en faveur de l'Ukraine à partir de 2022. »
  • 4:00Sébastien GobertChiffre
    « Donald Trump parlait de 500 milliards. Il parle maintenant de 350 milliards de dollars qui ont été déboursé par les États-Unis pour l'Ukraine. »
  • 5:00Sébastien GobertChiffre
    « Selon les institutions internationaux qui suivent ces dépenses occidentales en faveur de l'Ukraine, ça s'élèverait plutôt à 120 milliards de dollars. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les États-Unis sont revenus à la charge avec un nouvel accord sur l'exploitation des ressources minérales ukrainiennes. Et cet accord, ce n'est pas du tout la version qui avait été négocié par les Ukrainiens et les Américains il y a un peu plus d'un mois. C'est en fait un nouvel accord d'exploitation coloniale par les États-Unis qui vise à rembourser entre guillemets, une dette que l'Ukraine aurait vis-à-vis de Washington.

Et les implications de ce nouvel accord, on les voit très clairement alors que la Russie parle d'un changement de gouvernement à Kief. Bonjour à tous, c'est Sébastien. Bienvenue dans cette vidéo où l'on constate ensemble la constance de cette volonté américaine de se payer sur la bête, mais aussi les conséquences de la dispute dans le bureau oval du 28 février, donc il y a exactement un mois.

Parce que vous vous rappelez à l'occasion de cette dispute, on avait compris que les États-Unis étaient potentiellement hostiles envers l'Ukraine, qu'ils n'étaient plus l'allié d'entils étaient prêts à sacrifier le pays sur l'hôtel de leur relation avec la Russie. Et on avait aussi compris que Donald Trump et JD Vence avaient un griff personnel envers Vodimir Zelenski. À partir de là, il était clair que les relations allaient être beaucoup plus tendu entre les Américains et les Ukrainiens, mais aussi entre les Américains et les Européens.

Et ça, on l'a vu tout de suite avec l'arrêt des livraisons d'aide militaire et l'arrêt du partage de renseignement américain. On l'a aussi vu à travers la manière dont les négociations se sont déroulées en Arabie Saoudite et on le voit encore aujourd'hui avec cette nouvelle version de l'accord sur l'exploitation des ressources minérales en Ukraine par les États-Unis. Alors, avant d'entrer dans ce sujet, j'ouvre une parenthèse, pas pour vous dire de mettre un pouce, de vous abonner ou de partager.

Ça, je pense que vous l'avez tous compris, c'est super important et merci beaucoup de le faire. Mais juste une parenthèse pour dire que les Européens, ils ont tiré les enseignements de ce revirement américain et on les a vu ces dernières semaines multiplier les sommets et les réunions de travail pour en tirer les conséquences et pour mettre en place ce qu'on appelle une autonomie stratégique avec notamment des plans d'investissement dans la défense de plusieurs centaines de milliards d'euros à l'échelle de l'Union européenne, de l'Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne. Et ce surceau européen, on l'a encore constaté hier à Paris avec un sommet qui a réuni 31 pays.

Et j'avais pensé parler de ce sommet comme le sujet de ma vidéo du jour, mais je dois bien avouer que c'est un peu limité parce que si on se réjouit du sursaut du réveil européen, il faut aussi bien en constater les limites. C'est-à-dire que les Européens ne pensent qu'à un respect du CC le feu et ils ne conçoivent visiblement ni la négociation en amont de cette trêve, ni les coûts d'après. C'est-à-dire à quoi servir la trêve, comment soutenir l'Ukraine dans la durée, comment prévenir de nouveaux risques de conflit avec la Russie et aussi on va en faire quoi de l'Ukraine dans ce contexte ?

Alors que les Russes et les Américains, eux, ils voient plusieurs coups en avance et par exemple, on le voit dans cette demande russe d'instaurer un gouvernement provisoire sous tutelle internationale en Ukraine le temps de régler les conditions de la paix. Parce que si le gouvernement change en Ukraine et qu'il n'y a plus quelqu'un comme Vodimir Zelenski pour demander le déploiement de troupes européennes en Ukraine, puisque s'ils sont prêts maintenant à envoyer des troupes en Ukraine, c'est quand même à l'invitation de l'Ukraine et il n'est vraiment pas sûr que les Européens sachent réagir à un changement de régime à Kief. Mais ça, je vais y revenir là, je ferme la parenthèse.

Pour revenir à cette nouvelle version de l'accord sur l'exploitation des ressources minérales en Ukraine, ça a été proposé par les Américains le 23 mars, donc il y a déjà quelques jours. On en a eu les détails hier qui ont été révélés par un député du Parlement ukrainien parce que entre-temps, Volodimir Zelenski avait juste confirmé qu'il avait reçu cette nouvelle version de l'accord mais il en avait révélé aucun détail et on comprend pourquoi puisque c'est un texte de 58 pages qui franchit presque toutes les lignes rouges que l'Ukraine avait fixé dans les négociations en février. Je reviens pas sur ce qui avait été négocié en février.

Je vous laisse revoir ma vidéo sur le sujet et je me concentre sur cette nouvelle version de l'accord qui prve l'Ukraine d'une partie de sa souveraineté, qui contredit les perspective d'une future adhésion à l'Union européenne et qui oblige également l'Ukraine à rembourser toute l'aide américaine déboursée depuis 2022 alors que cette aide n'avait pas vocation à être remboursée. Alors quand je dis privé, l'Ukraine d'une partie de sa souveraineté, c'est-à-dire que l'accord prévoit la création d'un fond d'investissement conjoint mais qui ne serait pas géré sur un pied d'égalité entre les Américains et les Ukrainiens, que ce soit au niveau de la composition du Conseil d'administration, mais aussi du fait que ce sera un fond de droit américain qui payera ses impôts aux États-Unis et qui se référera à la justice américaine, à un tribunal de New York en cas litige. le financement du fond.

Les États-Unis considèrent qu'ils ont déjà payé leur investissement dans le fond à travers tout l'argent qu'ils ont déboursé en faveur de l'Ukraine à partir de 2022. On le sait, il y a un gros contentieux sur le montant de cette somme. Donald Trump parlait de 500 milliards.

Il parle maintenant de 350 milliards de dollars qui ont été déboursé par les États-Unis pour l'Ukraine. En fait, selon les institutions internationaux qui suivent ces dépenses occidentales en faveur de l'Ukraine, ça s'élèverait plutôt à 120 milliards de dollars. Et dans la nouvelle version de l'accord sur les minerais, il est précisé que le montant de la somme à rembourser, donc encore une fois entre guillemets, il sera calculé juste avant la signature de l'accord et il sera précisé dans une annexe.

Concernant la gestion du fond, seul les États-Unis peuvent se retirer du fond à n'importe quel moment. L'Ukraine n'a pas la possibilité de se désengager. Pour ce qui est de la répartition des profits, les États-Unis se réservent tous les profits jusqu'àattant que leur aide soit remboursée.

Et comme cette aide américaine depuis 2022, elle n'est pas partie dans l'exploitation des minerais, mais elle est partie dans la défense du pays, et bien ça veut dire que aucun projet d'exploitation des ressources minérales n'a été financé jusqu'à présent, que les États-Unis ne vont rien payer et que donc c'est à l'Ukraine de financer les projets d'exploration et d'exploitation de ses ressources minérales et elle ne recevra aucun dividende jusqu'à ce que sa dette donc encore une fois entre guillemets soit remboursée. Sachant qu'il y a aussi une pénalité, il y a aussi un taux d'intérêt de 4 % par an. Ce qui fait que plus l'exploitation des ressources minérales dure et plus l'Ukraine devra de l'argent aux États-Unis.

Pour financer les projets d'exploration et d'exploitation des ressources minérales, l'Ukraine doit utiliser les revenus tirés de l'exploitation de ses ressources minières et de ses hydrocarbures. Donc ça veut dire que le budget d'État va perdre les revenus tirés de l'activité actuelle des entreprises qu'elle soit publique ou privée. L'accord prévoit aussi que tous les projets d'infrastructure que l'on voudrait mettre en œuvre en Ukraine, ils doivent passer par le conseil d'administration du fond pour approbation.

Et donc on parle même de route ou de pont qui n'auraient rien à voir avec l'exploitation des ressources minérales. Et l'accord prévoit que les entreprises américaines ont la priorité sur ces investissements. Et c'est seulement si ça n'intéresse pas ces entreprises américaines que d'autres entreprises ukrainiennes ou étrangères auraient la possibilité de faire leur propre proposition.

Les États-Unis ont aussi l' primeur pour disposer des terres rares et des minerais qui seraient exploités dans le cadre de ce fond et de décider s'ils veulent se les accaparer ou s'ils préfèrent les vendre au plus offrant. Et ça, ces dernières clauses, elles contredisent ouvertement la perspective d'adhésion à l'Union européenne puisqu'elles contredisent les règles du marché unique et les principe de concurrence en vigueur au sein de l'Union européenne. Et donc, on le voit, cet accord, il est extrêmement contraignant.

C'est en fait un nouveau dictate qui revient à une exploitation coloniale avec extraction de ressources au profit d'un seul prédateur économique. Et je ne l'ai pas encore mentionné, mais ça paraît évident. Cet accord ne prévoit aucune garantie de sécurité, aucun engagement américain sur le long terme.

Et ça c'était la première démotivation de Vladimir Zelenski pour proposer un tel accord. Mais on voit bien que la situation ne finit pas de se retourner contre lui. Fin février, ce que les Ukrainiens avaient réussi à négocier, c'était un accord cadre qui ne faisait que poser les bases pour une nouvelle négociation qui devait mener à la création d'un tel fond.

Maintenant, ce qu'on a, c'est un accord global qui ne prévoit plus d'étapes intermédiaire, mais plutôt une signature et une ratification par les Ukrainiens le plus tôt possible. À Washington, on parle même d'une signature que l'on voudrait voir dès la semaine prochaine. Volodimir Zelenski et l'Ukraine en règle générale se retrouvent donc encore une fois dans une situation impossible puisque il ne peut pas signer cet accord colonial et même s'il le signe, le parlement ne le ratifiera pas.

Il n'y aura pas une majorité de 226 députés pour ratifier ce texte. Et s'il ne le signe pas, et bien il ravivra le conflit avec Donald Trump qui s'était un peu calmé ces derniers temps et il risque des nouvelles pénalité de la part des États-Unis. Donc arrêt des livraisons d'aide militaire, arrêt du partage de renseignement, mais aussi par exemple des restrictions sur l'utilisation des licences d'armes qui pourraient contraindre leur utilisation sur le champ de bataille sans même évoquer l'hypothèse que les États-Unis collaborent directement avec la Russie pour nuire aux intérêts ukrainiens.

Ça, il semble que c'est une logique qui a été à l'œuvre à Coursk. Toutes ces pénalités handicaperont évidemment les fort de guerre ukrainien et les Européens ne seront pas en mesure de les compenser. Donc l'Ukraine se retrouve à nouveau dans une situation impossible.

Elle peut évidemment tenter de gagner du temps et tenter de renégocier les termes de l'accord. Tenter de convaincre les Américains que ça ne va pas bien se passer en Ukraine si jamais l'accord reste en l'État. Mais on voit bien le positionnement politique et même idéologique de l'administration de Trump et on se demande vraiment si les Ukrainiens ont les mêmes marge de manœuvre qu'en février pour renégocier les termes de cet accord.

Et c'est particulièrement dangereux pour l'Ukraine parce que c'est précisément le moment que Vladimir Poutine choisit pour proposer un changement de régime à Kief à travers l'instauration d'un gouvernement provisoire sous tutelle internationale le temps de négocier les conditions de la paix. Donc évidemment on sait tous ce que ça veut dire. Ça veut dire se débarrasser de Volodimir Zelenski et de son équipe pour obtenir un gouvernement qui soit plus conciliant, qui soit plus docile.

Et pour l'instant, les États-Unis ont rejeté l'idée, en tout cas officiellement. Mais si les Américains considèrent que les Ukrainiens recommencent à poser des problèmes et qu'ils refusent de signer l'accord, je ne serais pas du tout étonné que Donald Trump s'approprie cette idée de Vladimir Poutine pour se débarrasser de Volodimir Zelenski qui de toutes les manières l'agace depuis 2019 et qu'il méprise profondément. Ce qui fait que comme je l'ai dit à travers mes précédentes vidéos et la dernière vidéo c'était sur le cesser le feu partiel dans la mer noire qui va vraiment dans le sens des intérêts russes plus qu'rainien et bien l'Ukraine doit avaler une couleœuvre après une autre et on est visiblement très loin de la fin de cette séquence.

Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. Je file et je vous retrouve très vite.