Mort de Lyhanna : "L'institution judiciaire n'a pas su protéger cette petite fille"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
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Est-ce que vous évoquez des dysfonctionnements, un échec collectif ?
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Est-ce que la justice aurait pu empêcher sa mort ?
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Comment est-ce possible que cette plainte n'ait pas été traitée en priorité ?
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Est-ce qu'on a une culture de l'écoute des victimes insuffisante ?
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Est-ce que vous prendrez des sanctions ?
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Vous avez été ministre de l'intérieur, avez-vous une responsabilité ?
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Bonsoir Géraldin. Bonsoir. Merci d'être avec nous pour répondre aux nombreuses questions que soulligne cette affaire.
Est-ce que vous aussi vous évoquer des dysfonctionnements, un échec collectif ? Comment vous définissez ce qui s'est passé ? L'institution judiciaire que je représente, elle a pour but de protéger au nom du peuple français les Français et notamment les plus vulnérables et notamment les enfants.
Et aujourd'hui, l'institution judiciaire, elle a pas su protéger cette petite fille. J'en tirai toutes les conséquences et au nom de la justice comme ministre, je veux présenter mes excuses à cette famille et aux Français qui sont légitimement choqués, terrifiés de voir de telles défaillances. Donc nous en tirons toute conclusion bien évidemment dans le fonctionnement de la justice.
Nous devons aussi mobiliser l'ensemble des services de l'État pour que plus jamais une voix de l'enfant, on le dit depuis plusieurs mois désormais, je l'ai dit moi-même, ne soit tu ou ne soit pas suivi par les adultes. Les parents de Liana posent cette question terrible ce soir. Évidemment, la justice n'a pas tué leur fille, mais est-ce que la justice aurait pu empêcher sa mort ?
Est-ce que vous le formulez comme ça ? Je constate à l'heure où je vous parle et voilà quelques heures que nous regardons avec précision tout ce qui est remonté et on va attendre que l'inspection que j'ai diligenté nous rendre ses conclusions sous 15 jours et je me prononcerai exactement lorsque cette inspection que je rendrai publique pour tous les Français permettra d'en tirer un certain nombre de conséquences. Mais a priori oui, il y a eu des défaillances dans l'organisation du service public de la justice.
Il y en a sans doute eu aussi chez les forces de l'ordre. Le mise à l'intérieur aura l'occasion de le dire et il y en a eu sans doute aussi dans d'autres services publics. Mais je ne veux pas rejeter la faute à quelqu'un.
Nous avons failli dans l'organisation concrète de suivi de plaintes nombreuses et notamment la dernière, celle qui a été déposée en août 2025 et qui aurait pu permettre très certainement de mettre hors de cause cette personne. Justement, revenons sur cette sur cette plainte doute dernier qui qui cristallise la colère, hein. Cette maman qui porte plainte parce que sa fille de 10 ans aurait été violé plusieurs fois.
Le dossier est accablant et pourtant le parquet de Toulouse le transmet au bout de plusieurs mois au parquet d'Auche qui ne va pas entendre lui aussi au bout de plusieurs mois le suspect. Comment est-ce possible ? Est-ce que c'est une procédure classique ou est-ce que là il y a eu défaillance personnelle ou défaillance de l'institution ?
Je sais pas comment c'est possible. Et à trois reprises, depuis plus d'un an que je suis ministre de la justice, j'ai demandé au parquet de pouvoir mettre en priorité absolu les plaintes qui concernent les femmes et les enfants. Cela veut dire quoi ?
Ça veut dire que lorsqu'il y a beaucoup de plaines, on doit prioriser celles qui concerne les êtres les plus vulnérables, les femmes qui sont en danger et les enfants. Je l'ai dit le 7 janvier 2025, 10 jours après mon arrivée au ministère de la justice. Je l'ai répété en octobre 2025 et il y a encore 3 semaines avant même cette affaire, j'ai exigé en priorité absolue.
J'ai pris une circulaire spécifique sur la question du viol, des attouchements qui touchent les enfants qu'on devait les mettre tout en haut de la pile. Donc je ne sais pas vous répondre. En tout cas, mes circulaires en tant que garde des saut alors que la Constitution me donne le pouvoir de donner des instructions de politique générale n'ont pas été manifestement suivi.
Vous nous confirmez qu'en août, dès le mois d'août, il y a des éléments qui permettent de confondre le suspect ou au moins de le De ce que j'en sais, il y a des plaintes. Juger que la plainte est crédible. De ce que j'en sais, il y a des plaintes.
Je de ce que j'en sais, il y a des constats médicaux. De ce que j'en sais, il y a un psychologue qui a confirmé que cette audifie manifestement n'affabulait pas. Et il y a le nom d'une personne qui est connue dans les fichiers qu'on appelle CIOP étage.
Il n'a certes pas été condamné par la justice, mais tout à chacun puisque notre service informatique fonctionne voit que cette personne a déjà eu des plaintes pour des viols ou des attouchements sexuels sur des mineurs. Il n'est pas possible qu'à un moment donné dans les différentes affaires qui apparaissent, les magistrats ne puissent pas constater que cet homme apparaît dans des dossiers précédents. Ça c'est pas possible aujourd'hui avec le logiciel existant.
C'est à l'inspection que de le dire mais entre une plainte, il y en a eu d'autres avant d'ailleurs, mais si je me concentre sur celle-là avec les éléments les plus accablants que vous écrivez vous-même et qui sont désormais dans la presse, une plainte déposée avec une maman, une petite fille qui a été voir les médecins, les urgentistes qui ont constaté qu'il y avait des liaisons anales puisque on parle de ce genre de choses absolument affreuses et un psi qui regarde comment cette petite fille se comporte et ne voit pas de problèmes particuliers. entre le mois d'août 2025 et maintenant, cette personne n'a même pas été mis en garde à vue et je ne sais pas ce que dira l'inspection, mais c'est le contraire aux consignes générales que je donne au magistrat. Vous savez, il y a des tas de magistrats, de policiers, des gendarmes qui font un travail formidable pour protéger nos enfants.
Moi, je voudrais les remercier. Mais il faut savoir dire aussi quand il y a manifestement des fautes et c'est l'honneur de la justice parce qu'elle juge au nom du peuple français de les reconnaître. Il y a une autre dimension que soulligne la maman de cette petite fille.
Elle dit qu'elle a appelé toutes les semaines pour avoir des nouvelles de sa plainte à la gendarmerie et que les gendarmes ont fini par lui dire qu'ils allaient porter plainte pour harcèlement. Est-ce que ça veut dire qu'on a une culture de l'écoute des victimes dramatiquement insuffisante aujourd'hui ? On a sous-estimé la question des agressions des enfants ?
Je veux pas répondre pour la gendarmerie nationale et pour ceux qui apprécient et je crois la parole de cette dame. De manière générale, vous avez parfaitement raison. Nous n'écoutons pas la parole des enfants.
Notre machine judiciaire policière, même si elle a fait des efforts, j'ai créé le premier office de protection des mineurs au ministère de l'intérieur lorsque j'étais en responsabilité. J'ai doublé les effectifs de la brigade des mineurs à Paris, mais nous ne faisons pas encore assez pour les écouter, pour les entendre. Cette plainte ou ces plaintes devraient être traitées tout en haut de la pile et en priorité absolue.
Moi, j'entends la question du manque des moyens. D'abord, ils ont considérablement augmenté sur le président. Justement, si vous permettez, le président de la République s'est justement exprimé face à l'évocation de cet argument du manque de moyens ce matin.
Je vous propose d'écouter sa réponse. Moi, je ne veux entendre aucun argument de moyen dans cette affaire parce que depuis 2017, j'invite chacun à regarder les moyens qui ont été mis dans la gendarmerie, dans la justice. Bon, donc c'est une question de réponse, de fermeté, d'organisation, de responsabilité.
Le manque de moyens n'est pas un argument non plus pour vous dans cette affaire. Le président de la République a parfaitement raison pour une raison assez simple. Il y a 3 millions de plaintes aujourd'hui en attente, en souffrance dans les commissariats, les brigades de gendarmerie.
C'est beaucoup dedans. Il y a des il y a de tout. Il y a des vols de téléphone portable, il y a des ferbresseries, il y en a 3 millions.
D'accord ? Bien sûr qu'il manque des moyens pour traiter ces 3 millions. Mais ce que dit le ministre de la justice depuis un an et demi et je suis sûr que mes prédécesseurs disaient pareil, mais en tout cas je l'ai dit et je l'ai répété, je l'ai même dit publiquement à plusieurs reprises.
J'ai réuni procureurs sur ce point, c'est qu'on priorise les plaintes qui concernent les viols et les attouchements sur les enfants et sur les femmes. Il y a 70000 aujourd'hui plaintes ouvertes par les procureurs de la République en France pour des viols ou des attouchements sexuels qui concernent les mineurs. 70000 sur 3 millions, ça fait moins d' 1 %.
Ce que demande le ministre, c'est priorisé. D'abord les plaintes qui concernent les viols des femmes et des enfants, ensuite le reste. Ça n'a pas été priorisé.
L'argument des moyens n'est pas un bon argument. En effet, quand on est par quand on est procureur, qu'on entend une petite fille nous dire ce que la petite fille en août dernier a dû raconter et qu'on ne se dit pas que cet homme peut mettre en danger d'autres enfants, est-ce que c'est normal ? Est-ce que c'est habituel ?
Et sinon, est-ce que vous prendrez des sanctions ? Et quel type de sanction ? Si jamais les intuitions qui sont les miennes et de ce que je peux en lire dans la presse dans la remontée de mes services sont avérés, je proposerai évidemment des sanctions.
Je les proposerai au conseil suplature qui donne un avis sur ces sanctions parce qu'en France, il y a forcément des responsabilités. Moi, j'assume les miennes en proposant en en donnant mes excuses et en parlant devant vous, devant les Français, en répondant aux questions de l'Assemblée nationale et du Sénat, j'assume mes responsabilité, mais si les faits semblent être confirmés, je proposerai des sanctions. En effet, pour des défaillances des fautes professionnelles.
Vous avez été ministre de l'intérieur pendant des années, vous êtes garde des sauts depuis un an et demi. Est-ce que vous aussi vous avez une responsabilité ? Certains disent que vous ne pouvez pas découvrir aujourd'hui l'état de la justice française et le fonctionnement de la justice française.
Je pense que tout le monde a vu que j'essayais sous l'impulsion du président de la République de mettre davantage de fermeté dans la justice, que ce soit les prisons d'eau de sécurité pour les narcotrafiquants ou que ce soit une politique pénale plus ferme. C'est pas facile de gérer et de gouverner le ministère de la justice. Les magistrats, ils ont un statut d'indépendance, il faut les respecter.
C'est la démocratie. Mais j'essaie de faire comprendre que l'indépendance n'est pas l'irresponsabilité. C'est très difficile.
Donc oui, je me je m'en veux personnellement parce que je suis père de famille, parce que je suis un citoyen comme tous les autres et que moi je réfléchis pas comme parce que vous êtes ministre, je réfléchis pas comme un comptable. Je réfléchis parce que j'ai du cœur et que je vois la souffrance de cette famille atroce. Il y a rien de pire que de perdre son enfant assassiné, violé peut-être.
Et je pense que les Français ont raison d'être en colouère. Moi, je suis furieux de cette situation et toutes les minutes, toutes les heures que je passerai à mes fonctions, ce sera pour réformer la justice. C'est pas évident.
Manifestement, il y a des échecs. Aujourd'hui, c'est un immense échec. Mais je veux dire au français qu'il y a un ministre de la justice qui commande son administration et qui la réformera.
Gérald Darmanin