Israël-Palestine : une polémique honteuse pour faire taire les critiques
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Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur le Média. J'ai le plaisir de vous retrouver pour une nouvelle édition de votre bulletin d'information à la sauce estivale. Nous sommes le mardi 23 juillet 2024. Vous nous regardez sur le canal 350 de la Freebox, sur Youtube ou sur notre site Internet. C'est parti pour le Flash Info. Dans l'attente qu'un nouveau Premier ministre soit proposé, la France insoumise souhaite avancer ses pions. Ce matin, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale a annoncé le dépôt d'une proposition de loi visant à abroger la réforme des retraites. Elle s'en est expliquée sur France Inter.
La retraite à 64 ans a été imposée de force à la représentation nationale par 49-3 contre l'ensemble des syndicats et contre l'immense majorité du peuple. Par exemple, nous avons déposé cette proposition de loi aujourd'hui.
Vous nous l'annoncez ce matin, vous l'avez déposée aujourd'hui.
Nous la déposons aujourd'hui et lorsque nous la soumettrons à l'Assemblée nationale, cette loi, je crois que chacun prendra ses responsabilités pour savoir s'il veut, oui ou non, faire tomber un gouvernement sur la question de l'abrogation de la retraite à 64 ans.
À qui vous tendez la main pour voter cette proposition de loi ?
Eh bien, l'ensemble des députés qui, lors de la précédente législature, je le rappelle, allaient déjà voter contre. C'est pour ça qu'ils l'ont imposé par 49-3. Il y avait déjà une majorité dans la précédente législature pour battre la retraite à 64 ans. Donc je pense qu'il y a une majorité encore plus grande aujourd'hui.
Des Insoumis ou les autres groupes du Nouveau Front Populaire semblent avoir découvert l'annonce de Mathilde Panot ce matin. Mais ils devraient néanmoins suivre la démarche, l'abrogation de la réforme des retraites étant un des piliers du programme commun du Nouveau Front Populaire. Stratégiquement, c'est peut-être aussi un moyen de mettre les contradictions du Rassemblement National sur la question des retraites devant le nez des Français. Le Rassemblement National, justement, par la voix de Laurent Jacobelli, a sauté sur l'occasion de se poser en arbitre de cette potentielle abrogation sur BFM ce matin.
C'est un projet de loi et non pas un décret, ce qui veut dire qu'ils ont abandonné l'idée d'avoir le gouvernement. On a une réponse à nos questions de toute l'heure, une proposition de loi, vous avez raison. Deuxièmement, cette proposition de loi ne passera pas sans les voix du Rassemblement National. Et donc, nous, c'est fidèle à notre programme, donc nous le voterons. Donc notre projet passera grâce à nous, Madame, et il faudra que vous le disiez haut et fort.
Voilà, information importante, effectivement. Donc le Rassemblement National votera cette proposition de loi.
C'était dans notre programme.
On rappelle que l'abrogation de la retraite à 64 ans n'était pas dans le programme du Rassemblement National pour les législatives de 2024. Il y avait renoncé en cours de campagne après avoir tergiversé, suggérant finalement l'idée de faire un audit des comptes publics. Au niveau des calculs, c'est très serré. Si la gauche décide de se passer des voix du RN, tout dépendra des voix à droite d'Éric Ciotti, des non-inscrits ou encore des députés liottes qui avaient déjà tenté de faire abroger la réforme il y a quelques mois. La question qui se pose, c'est de savoir pourquoi la France insoumise se précipite pour déposer cette proposition de loi.
D'autant que le groupe Nouveau Front Populaire pourrait avoir besoin des votes RN si Ensemble et LR venaient à se liguer contre cette loi. Pourquoi déposer cette proposition de loi avant de dégager un nom pour Matignon alors que le Nouveau Front Populaire avait promis d'abroger la retraite à 64 ans par décret ? Du point de vue de la France insoumise, il était nécessaire d'avancer sur la question des retraites sans attendre de savoir si la gauche allait à Matignon ou non, ce qui n'est pas par ailleurs garanti. Le but affiché, tenir une des grandes promesses de la dernière campagne pour les législatives et faire voter l'abrogation de la retraite à 64 ans le plus vite possible.
Si la France insoumise avance autant ses pions, c'est non seulement pour se poser à l'avant-garde du Nouveau Front Populaire, mais également pour ne pas se laisser distancer par la droite républicaine qui, hier soir, annonçait déjà son pacte législatif. Dans l'hypothèse où Laurent Wauquiez assurerait qu'il n'y aura pas de coalition avec la Macronie et que la droite républicaine restera indépendante, ce pacte serait-il tout de même de nature à convaincre Emmanuel Macron que la droite républicaine est prête pour Matignon ? Intéressons-nous un instant à ce pacte.
Il comprend 13 points, 13 textes, je cite, pour valoriser la France qui travaille ou qui a travaillé toute sa vie, plutôt que la cistana. La lutte contre la cistana, la vieille marotte de la droite classique, notamment depuis Sarkozy, le pacte est ainsi défini en trois axes. Tolérance zéro face à l'insécurité, favoriser la production agricole et industrielle dans les régions et le retour des services publics de proximité. Sur la cistana, c'est vrai que les républicains en connaissent une paire de manches entre les nombreuses affaires de détournement de fonds publics, emplois fictifs ou financements opaques de certains de leurs membres, voire cadres, voire présidents de la République.
À côté de ça, deux lignes rouges. La première, les dépenses publiques. Et pour ça, à l'instar de Bruno Le Maire, les républicains prévoient 25 milliards d'économies. La seconde, aucune baisse des retraites supplémentaires. On se demande comment, dans le même temps, on peut prévoir des milliards d'économies et relancer les services publics. Pour les salaires, les républicains sont opposés à une hausse du SMIC et mises sur une baisse des cotisations. Durant sa conférence de presse, Laurent Wauquiez n'a aucunement fait mention de nouvelles recettes ou rentrées d'argent pour l'État. Bref, un pacte Macron compatible.
La droite républicaine aura donc l'occasion de prouver sa cohérence intellectuelle en votant la proposition de loi du NFP. Mais ça, rien n'est moins sûr. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que dans la course à Matignon, la gauche est peut-être en train d'accumuler du retard. Après le refus de la France insoumise d'avoir recours au vote pour dégager un candidat et le renoncement de Laurence Tubiana, le flou demeure. Trois noms ont été cités, parmi lesquels Cécile Duflo, Benoît Hamon et André Chassaigne. Ce dernier a d'ores et déjà expliqué que Matignon n'était pas à son ambition. À nos confrères du monde, Cécile Duflo a indiqué ne plus vouloir parler de politique.
Quant à Benoît Hamon, il semble ne pas être au courant. Le parti socialiste s'est fixé, la date du 23 juillet, soit aujourd'hui, pour parvenir à un accord. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a fait savoir qu'il n'y avait pas d'urgence. Chez les macronistes, on se délecte de ces atermoiements et on gagne du temps pour tirer ces marrons du feu. JO 2024. Le comité olympique palestinien a saisi ce lundi le comité international olympique pour demander l'exclusion immédiate d'Israël des Jeux olympiques de Paris 2024.
Dans sa lettre officielle, conjointement adressée au président du CIO, Thomas Bach, et au président de la Fédération internationale de football, Gianni Infantino, le comité olympique palestinien fait valoir qu'Israël a brisé la trêve olympique proclamée par le CIO en menant, je cite, des bombardements sur Gaza ayant pour conséquence des victimes civiles. Le comité olympique palestinien rappelle que la CIO et la FIFA ont par le passé agi de manière décisive contre des atteintes à la trêve olympique et cite notamment la suspension des équipes russes par le CIO en réponse à la invasion de l'Ukraine.
Le comité palestinien demande donc d'appliquer la même règle à Israël et de suspendre des équipes des Jeux olympiques. Après 290 jours de guerre génocidaire et jusqu'à 186 000 personnes, voire plus, qui pourraient mourir, tuées dans les bombes, en ce véli sous les décombres ou encore décimées par la faim, la soif et des conditions sanitaires déplorables, qui peut encore douter de la violation de la trêve olympique par Israël ? Eh bien le président du CIO en personne. Interrogé fin mars par le journal Le Monde, Thomas Bach estime que le comité olympique israélien n'a pas violé la charte olympique.
Dans le monde olympique, nous avons depuis 30 ans ce que le monde politique appelle une solution à deux États. Nous avons un comité national olympique d'Israël et un comité national olympique de Palestine qui coexiste pacifiquement. Fin de la blague, pardon, la citation. Sauf que la coexistence supposée pacifique entre les deux comités nationaux olympiques résiste difficilement au constat dressé par la Cour internationale de justice ce vendredi 19 juillet.
Dans son avis consultatif portant sur les conséquences juridiques découlant des politiques et pratiques d'Israël dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem et la bande de Gaza, la plus haute juridiction de l'ONU rappelle que l'occupation du territoire palestinien par Israël est illégale et doit cesser au plus vite. La Cour internationale de justice considère en outre qu'Israël viole l'article 3 de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale et a donc mis en place une situation qui constitue une politique de ségrégation ou d'apartheid. Ce sont des mots forts, mais l'essentiel est ailleurs.
La machine médiatique se contrefiche du droit, elle se nourrit de la polémique et va jusqu'à la créer quand elle n'a rien à se mettre sous la dent. La machine médiatique, elle est aussi en marche et elle aussi contre la France insoumise. Et c'est cette fois le député Thomas Porte qui est depuis des jours dans le viseur des chaînes d'information en continu. Les médias détenus par les oligarques et des personnalités politiques ne lui pardonnent pas les propos qu'il a tenus ce samedi 20 juillet à l'occasion d'un rassemblement de soutien au peuple palestinien.
Nous sommes à quelques jours d'une échéance internationale qui va se tenir à Paris qui sont les Jeux Olympiques. Et moi je suis ici pour dire que non, la délégation israélienne n'est pas la bienvenue à Paris. Les sportifs israéliens ne sont pas les bienvenus aux Jeux Olympiques à Paris. Et il faut utiliser cette échéance, tous les leviers que nous avons pour créer des mobilisations.
La séquence filmée a depuis été maintes fois partagée sur les réseaux sociaux et instrumentalisée par les soutiens inconditionnels d'Israël. En premier lieu, le CRIF, son président Johan Arfi, est allé jusqu'à faire un parallèle entre la prise d'otages de 11 athlètes israéliens par un comando palestinien au JO de Munich. Depuis le 7 octobre, je cite Thomas Porte légitime le Hamas. Il met maintenant une cible dans le dos des athlètes israéliens, déjà les plus menacés des Jeux Olympiques. Les éléments de langage sont désormais distillés et consciencieusement assimilés par Gérald Darmanin, qui accuse à son tour Thomas Porte de mettre une cible dans le dos des athlètes israéliens.
Le ministre de l'Intérieur enfonce le clou et dénonce des relents d'antisémitisme.
Je veux dire que ce député de la France insoumise met une cible dans le dos à ces athlètes israéliens. Ces relents d'antisémitisme dans ses propos sont évidents. Ils n'attaquent pas la délégation nord-coréenne ou iranienne. Ils attaquent sciemment, parce qu'ils sont juifs, les athlètes israéliens. Je veux dire mon dégoût devant cela et la protection entière qu'auront les athlètes israéliens, comme tous les athlètes bien sûr, mais particulièrement eux, leur dire la bienvenue. Bien sûr, on est fiers qu'ils soient là aussi et qu'ils puissent faire du sport et pas dans une option politique de violence montrée, quoi que ce soit, qui n'est pas conforme au pacte républicain.
En parlant de relents d'antisémitisme qui inspire le dégoût, on ne résiste pas à l'envie de rappeler à notre ministre de l'Intérieur qu'il s'est dit choqué par les rayons cachères dans les supermarchés et qu'il louait dans son livre « La politique de Napoléon contre les Juifs en France ». Parenthèse fermée. Suite à la vague d'indignation suscitée par une déclaration qui, l'on rappelle, s'inscrit dans le contexte de la guerre génocidaire menée à Gaza, Thomas Porte est revenu sur ses propos dimanche sur le site du Parisien, affirmant défendre une position claire et constante.
« Je considère que la diplomatie française doit faire pression sur le CIO pour que le drapeau et l'hymne israélien ne soient pas admis pendant ses Jeux olympiques, comme cela est fait pour la Russie. Il faut en finir avec le deux poids deux mesures. »
Même amendé, les propos de Thomas Porte continuent de provoquer un tollé. L'ancien député socialiste Julien Dré l'a qualifié d'incendiaire, tandis que Meyer Habib, l'ex-député Les Républicains, a qualifié la France insoumise de « parti antisémite ». Quant à Christian Estrosi, le maire de Nice, il est allé jusqu'à demander la dissolution du parti. Du côté de la France insoumise, des députés ont apporté leur soutien à Thomas Porte, à l'image du coordinateur national du parti, Manuel Bompard, ou encore Demric Caron, qui a dénoncé une polémique indigne, estimant que le drapeau israélien entaché du sang des innocents de Gaza ne devrait pas flotter à Paris cet été.
Le député ne manquera pas de rappeler que c'est l'armée israélienne qui fait un lien entre ses soldats et les athlètes olympiques dans un clip promotionnel qui date de 2021. Quant à François Ruffin, un soumis repenti, il s'est prêté un exercice qui ressemble beaucoup à une parade macroniste.
– D'abord dire sur le fond quand même qu'on a d'abord deux otages qui viennent d'être tués par le Hamas d'un côté, de l'autre côté, encore hier, des dizaines de personnes qui ont été bombardées et tuées dans la bande de Gaza. Donc il y a un massacre qui est en cours et qu'il s'agit d'avoir un cessez-le-feu, il s'agit d'avoir la reconnaissance de l'État paniscien, il s'agit d'avoir la fin des livraisons d'armes. Maintenant, pour ce qui est de la place des athlètes dans ces conflits-là, c'est pas ce que je préfère, taper sur les athlètes et les utiliser comme boucliers dans les guerres.
Ce qui était fait pour les athlètes russes en disant ils viennent, ils participent aux Jeux olympiques mais c'est sans bannière et sans hymne, je pense qu'on pourrait faire la même chose pour les athlètes palestiniens et qu'il n'y ait pas de poids, de mesure. Mais en revanche, ils peuvent participer aux Jeux tout comme leurs collègues russes.
– Mais ça vous a choqué ou pas les propos ? Parce que c'est ce à quoi on fait référence là, le député LFI Thomas Porte qui a dit samedi dernier qu'il n'était pas les bienvenus, les propos qui ont fait polémique des propos au relant d'antisémitisme selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.
– Parce qu'on accueille les athlètes russes, je le suis pour qu'il n'y ait pas de poids, de mesure.
– Et ça vous choque ce qu'il dit là Thomas Porte ?
– Je ne suis pas du tout sur la position de Thomas Porte. Je pense qu'en tant qu'individu, en tant qu'homme, tout le monde doit être le bienvenu sur le territoire français pour participer à ces Jeux olympiques. Encore une fois, on pourrait mettre à égalité ce qui se passe pour les athlètes russes et pour les athlètes israéliens, ça pourrait être sans bannière et sans hymne.
– Toute cette veine polémique nous a presque fait oublier que la maire de Paris, Anne Hidalgo, en déplacement à Kiev, déclarait ceci il y a quelques mois.
– Je veux dire aux athlètes russes et aux athlètes biélorusses qu'ils ne sont pas les bienvenus à Paris et dire aux athlètes ukrainiens et à l'ensemble du peuple ukrainien que nous les soutenons de façon très active, très forte.
– La fin du deux poids deux mesures plébiscité par Thomas Porte, eh bien, ce n'est pas pour maintenant. Malgré les nombreux appels à l'exclusion et en dépit du dernier avis retentissant de la Cour internationale de justice, les 88 athlètes israéliens participeront à 16 épreuves, comme toutes les autres équipes assurent le comité olympique. L'ensemble des délégations israéliennes seront intégralement protégées par la police française 24h sur 24, y compris les arbitres, a indiqué Gérald Darmanin. En prime, le président israélien Israël Herzog, celui qui déclarait qu'il n'y a aucun innocent à Gaza, pas même les bébés, assistera à la cérémonie d'ouverture des JO de Paris ce vendredi 26 juillet.
On l'a appris ce matin, 14 organisations palestiniennes, dont le Hamas et le Fatah, ont trouvé un accord pour une gouvernance d'après-guerre. Après une réunion de deux jours à Pékin, la possibilité d'un gouvernement intérimaire de réconciliation nationale, comme il en a été question et sur la bonne voie. Nouvelle tentative de rapprochement, notamment entre le Hamas et le Fatah, qui semblait irréconciliable depuis le coup de force du mouvement islamiste, qui a chassé l'autorité palestinienne de la bande de Gaza en juin 2007. Un rapprochement aussitôt dénoncé par le ministre des Affaires étrangères israélien Israël Katz.
Ce dernier s'est attaqué au chef de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas et a fustigé, je cite, « cette étreinte avec des meurtriers » plutôt que de rejeter le terrorisme. Fin de citation. Cet accord est d'autorité plus important que la Cour internationale de justice a rappelé ce week-end l'illégalité de l'occupation israélienne sur le territoire palestinien, une position partagée par le chef de la diplomatie européenne, Joseph Borrell. L'occupation en cours à Gaza est quant à elle marquée par un nouveau bilan catastrophique du nombre de morts à Gaza. Selon le ministre de la Santé du Hamas, plus de 39 000 personnes ont été tuées et 90 000 blessés recensés.
Des chiffres qui pourraient exploser avec un risque de polio que l'OMS craint de plus en plus. Merci d'avoir suivi ce bulletin d'information. Je vous rappelle que nous avons déposé notre dossier auprès de l'ARCOM dans l'espoir d'obtenir un canal TNT. C'est l'un des plus grands défis de l'histoire du média que nous ne pouvons relever sans votre soutien. Rendez-vous sur tnt.lemédiatv.fr et d'ici là, restez connectés. Nos programmes se poursuivent en continu sur notre antenne. Bonne journée sur le média.
Mathilde Panot