Face à Face : Bruno Retailleau - 23/04
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RMC Face à face
8h32 et vous êtes bien sur RMC Et BFM TV, bonjour Bruno Retailleau
Bonjour Apolline Demaner
Merci d'être mon invité ce matin et de répondre à mes questions Vous êtes le ministre de l'intérieur, vous êtes aussi chargé des cultes On reviendra évidemment sur le pape Vous vous rendrez d'ailleurs au nom de la France Pour les obsèques, on va parler sécurité On va parler aussi de cette campagne Que vous menez pour prendre la présidence Des républicains Mais d'abord les prisons, parce que vous irez Tout à l'heure à la prison de Saint-Quentin-Falavier Dans l'Isère, une série d'attaques Depuis le 13 avril et de nouvelles tensions A nouveau dans la nuit de lundi à mardi Un surveillant de la prison de Fresnes Dite aussi avoir été suivi En sortant de sa prise De travail Est-ce que ça veut dire que la situation n'est tout simplement Toujours pas maîtrisée ?
Écoutez, on ne peut pas maîtriser Une situation en quelques jours Moi je ne suis pas un précis digitateur Ce que je veux dire c'est que les faits sont récents Depuis 10 jours Le 13 avril Ils sont nombreux Et donc sans doute coordonnés Il y en a eu 65 en France Quand vous regardez la carte de France Vous apercevez qu'il y a quasiment Un tiers des départements Qui ont connu ces faits Je vous rappelle que ces faits C'est des incendies criminels Sur des établissements pénitentiaires Sur des domiciles d'agents pénitentiaires Mais ce que je veux dire En m'adressant A tous les agents pénitentiaires C'est que nous mettons le paquet Nous avons vraiment une mobilisation considérable De nos forces Sous l'autorité judiciaire Très exactement du PNAT Du parquet national antiterroriste Ce sont pas moins de 125 enquêteurs Qui sont mobilisés Au moment où je vous parle Avec l'appui de 30 autres enquêteurs De la police scientifique Et technique Et je ne doute pas Qu'on les aura Comme je l'avais dit d'ailleurs Au moment d'un bras On les auront Voilà Les petites mains Mais il faut aussi Les donneurs d'ordre C'est ce qui rend les choses Un peu plus difficiles
Parce que vous remontez le fil La question justement De savoir qui Pourrait être derrière ces attaques Et sont-elles véritablement coordonnées Vous avez dit Votre intime conviction Qu'il s'agissait d'une narcotrafic Est-ce que ça pourrait être Aussi agité par une main étrangère ?
Écoutez il y avait au départ Le PNAT en a parlé d'ailleurs Trois pistes Une piste ultra-gauche Une piste d'agence étrangère Et la piste Narco-Raca Une narcotrafic Très franchement Quand on voit La configuration des choses Quand on voit Que ça vient juste après La loi narcotrafic Que nous avons partée Avec Gérald Darmanin Avec la question De la sécurisation Des prisons Il y a un lien Qui paraît assez évident Mais pour autant Le PNAT nous le dira Nous le confirmera En tout cas On voit bien Qu'il y a une action Qui est très très coordonnée
Une action coordonnée Est-ce que les prisons Devraient être carrément sécurisées Par des militaires ? La question se pose
On a eu une réunion Bien sûr Avec Gérald Darmanin Pour voir comment On allait déjà transférer Des individus Qui sont extrêmement dangereux Dans les deux prisons L'une est dans l'Orne Et l'autre dans le Pas-de-Calais Évidemment Il y aura un renfort Notamment des forces De sécurité intérieure Il y a bien sûr L'administration pénitentiaire Elle-même Qui dispose de forces Mais il va falloir sécuriser Le chantier Des nouvelles prisons Il va falloir sécuriser Les abords Le périmètre Il va falloir aussi Être en mesure Si jamais il y a demain Des mutineries Intervenir Ce sera le GIGN Ou le RAID Il va falloir aussi Renforcer les extractions Les transferments De prison à prison Ce sont des éléments Des stratégies Des tactiques Que nous étudions De très très près Pour qu'on ne laisse Rien au hasard
Vous avez dit à l'instant Lorsque je vous demandais Est-ce que ça veut dire Que la situation Il n'est toujours pas maîtrisée Vous avez reconnu Qu'on ne pouvait pas Tout faire en quelques jours Vous avez dit Si je ne m'abuse Je ne suis pas prestidigitateur Est-ce qu'on peut dire ça Quand on est ministre de l'Intérieur ?
Quand on est ministre de l'Intérieur On ne doit pas mentir aux Français On ne doit pas arriver sur un plateau En disant Demain Les choses seront réglées Ce que je dis aux Français C'est que Rapidement Je pense que Nous aurons des résultats Nous les aurons Vous savez pour AMRA J'avais indiqué Ça prendra Le temps que ça prendra Mais on l'aura On l'a eu à Bucarest Ça nous a pris longtemps Mais très franchement Compte tenu Des moyens qui sont Mobilisés Aujourd'hui J'espère que Nous aurons des résultats Rapides Rapides Vous vous rendez compte quand même ?
Alors bien sûr Votre temps Apolline de Malherbe C'est le temps médiatique C'est le temps de l'instant Et le temps d'une enquête Le temps d'une enquête Il faut quand même Un peu de temps Mais bien sûr
Bien sûr Moi je veux bien Prendre toute ma part Mais est-ce que C'est pas un peu facile De remettre ça Sur le temps médiatique ? Quand on entend L'émotion Des personnels pénitentiaires J'ai encore entendu Hier L'une de ces femmes Surveillante de prison Qui dit qu'elle est Terriblement angoissée Désormais quand elle rentre Je pense que Pour chacun d'eux Quand ils rentrent Désormais chez eux Et qu'ils ont peur Qu'on mette le feu A leur immeuble A leur voiture Qu'on les suive Jusque chez eux L'angoisse Effectivement Chaque jour qui passe C'est une angoisse supérieure
Cette angoisse Je la comprends C'est la raison pour laquelle Avec le premier ministre Gérald Darmanin Nous serons cet après-midi Dans cette prison De Saint-Quentin Mais ce que je veux dire C'est que quand on est Des hommes politiques Et des femmes politiques Bien sûr il faut compatir Mais ça suffit pas Il faut aussi agir Et ce que je veux M'engager Devant notamment Le personnel De la pénisancière Cet engagement que je prends C'est qu'on va mettre le paquet Et ce que Ces petites mains Comme les donneurs d'ordre On les arrêtera On les trouvera Où qu'ils se trouvent
Bruno Retailleau Vous avez rencontré hier Les douze agents Qui ont été expulsés Par l'Algérie Ils sont issus Du ministère De l'Intérieur Qu'est-ce qu'ils vous ont dit Et est-ce que ce matin Vous vous dites Au fond Il y a des chances Qu'ils y retournent Quand Est-ce qu'il y a Des pistes D'une forme Est-ce que cette question Va être réglée En fait Est-ce que vous vous projetez Dans ce temps-là
Je les ai rencontrés Je leur ai parlé Individuellement Tous étaient très choqués Vous vous rendez compte Que certains d'entre eux Ont laissé leur famille Ils ont des jeunes enfants Qui sont scolarisés D'autres ont une épouse Ou une compagne Qui est algérienne Donc il y a non seulement Une rupture Sur le plan professionnel Mais il y a aussi L'aspect affectif L'aspect familial Aujourd'hui Il n'y a aucun avancement Voilem sans salle Est toujours aussi malade Il est toujours aussi âgé Il est toujours dans Les geôles algériennes Il n'a pas été libéré Chaque jour Ou quasiment chaque jour L'Algérie nous renvoie Des individus Des OQTF Qui sont documentés Et qu'elle devrait Accueillir en droit Sur son territoire Si elle respectait Ses obligations Si elle respectait L'accord qui nous lie L'accord de 1994 Donc pour l'instant On en est là Et si on en reste là Je n'imagine pas Qu'on ne puisse pas Prendre de nouvelles mesures
Ça veut dire quoi De nouvelles mesures Est-ce qu'on s'est fait avoir Est-ce que plus précisément Le président de la République Le ministre des Affaires étrangères Qui eux Malgré le fait que vous Vous disiez On va faire le bras de fer Ou le bras de fer est nécessaire Ont été sur place On dit qu'il y avait Une main tendue Est-ce qu'ils se sont fait avoir Est-ce que la France S'est fait avoir
La France ne s'est pas fait avoir Puisqu'on a répondu Coup pour coup Un pour un C'est-à-dire que L'Algérie a expulsé 12 De nos personnels
Oui mais juste avant ça Il y avait eu une sorte De tentative de réconciliation
Bien sûr Bien sûr Vous connaissez ma ligne J'ai toujours pensé Qu'avec ce régime Je prends vraiment Beaucoup de précautions Pour distinguer Le régime algérien Du peuple algérien Ça je pense que c'est important Je pense que ce régime En réalité Voit dans la France Une sorte de bouc émissaire De ses propres échecs Donc On est une cause facile pour lui J'ai toujours pensé Qu'il fallait poser Un rapport de force Maintenant je sais aussi Que lorsque On veut sortir d'une situation La diplomatie Elle est importante Donc chacun A joué son rôle Mais si ça ne bouge pas Je pense qu'on ne pourra pas En rester là Je pense qu'il faudra remettre En cause L'accord de 2013 Vous savez Selon lequel C'est une exception Par rapport aux autres pays Du Maghreb Les diplomates Peuvent se passer Puisqu'ils ont un passeport Diplomatique D'un visa Eh bien moi je pense Je pense que là encore Il faudra remettre en cause Suspendre cet accord Et puis il y aura aussi D'autres voies D'autres moyens Il y a la dette hospitalière C'est quoi d'autres voies ?
À quoi vous pensez ? L'accueil hospitalier Comme vous le disiez ?
Bien sûr Il y a une dette hospitalière Voilà C'est quand même trop facile Qu'on ait des apparatchiks algériens Qui passent leur temps À cracher sur la France Mais qui viennent passer leurs vacances Qui passent leurs enfants Dans nos bonnes écoles Qui viennent se faire soigner Voilà Donc pour vous Ça pourrait être la prochaine étape ? Ça pourrait être la prochaine étape Notamment Cet accord de 2013 Qui touchera La nomenclatura Et les diplomates algériens
Vous avez évoqué la question Des OQTF Qui sont renvoyés Malgré le droit Comme vous dites Notamment par l'Algérie À propos des OQTF Laurent Wauquiez Persiste à vouloir envoyer A Saint-Pierre-et-Miquelon Les OQTF Dit-il Les plus dangereux Qu'est-ce que vous pensez Vous ministre de l'Intérieur Mais aussi vous Qui êtes le concurrent De Laurent Wauquiez Dans la course À la présidence Des Républicains De cette mesure
J'ai fait très attention Depuis le départ Puisque vous avez dit Que j'étais à la fois Un concurrent Et ministre de l'Intérieur Donc je n'ai pas voulu Enclencher une polémique Je ne le veux pas Je pense que la question N'est pas de répartir Sur le territoire français Parce que Saint-Pierre-et-Miquelon C'est la France Le problème La question C'est justement Les expulsions D'où le bras de fer Avec l'Algérie C'est ça qui peut régler le problème Le problème d'ailleurs Qu'on est en train De régler avec le Maroc Puisqu'on a quasiment doublé Les admissions Les réadmissions Les éloignements De Marocains Qui sont chez nous En OQTF Et qu'on renvoie désormais Au Maroc
Mais Laurent Wauquiez Va assez loin Dans le plan Qu'il propose D'abord il dit Que ce seraient les OQTF En effet les plus dangereux Il dit également Que c'est hors de l'espace Schengen Ce qui permettrait D'avoir des mesures d'expulsion Plus rapides Et plus faciles D'abord sur la question Des OQTF Dits les plus dangereux Est-ce qu'il existe Une sorte de liste Est-ce que l'on sait Combien A combien Est-ce que vous estimez Les OQTF Les plus dangereux Et sur quels critères
Nous avons Les plus dangereux Qui sont retenus Dans les CRAS Dans des centres De rétention Administrative On y place 95% Des profils Qui sont des profils Dangereux D'ailleurs j'observe Que 43-44% De cette population Dangereuse Ce sont des Algériens D'où Le gros enjeu Avec l'Algérie Vous savez Ça fait plusieurs centaines A peu près 600 personnes C'est là que Les choses se jouent Voilà
Combien de temps Ils vont pouvoir rester Dans ces CRAS
Le temps qu'il faudra Mais on ne peut Les retenir Vous le savez Que 90 jours
Et au bout des 90 jours On fait quoi ?
Et bien justement C'est la raison pour laquelle Ça a été une de Comment dirais-je De mes causes Au lendemain De la mort de Philippines J'avais demandé A ce qu'on puisse Changer la loi Parce que la loi Ne protège pas Justement les français Et porter Les 90 jours A 210 jours
Mais tant qu'on n'aura pas Changé cette loi Vous allez pouvoir Vous ministre de l'Intérieur
Vous allez faire quoi ? Elle a été votée au Sénat Elle a été votée au Sénat Ce que l'on fait C'est qu'on les assigne A résidence Sous surveillance
A Rennes Il y a eu cette fusillade En plein jour La semaine dernière Quatre personnes Quatre jeunes Ont été mis en examen Et écroués Hier La ministre de la ville Était sur place Elle a eu cette phrase Elle s'est adressée Notamment aux mamans Qui étaient présentes Parce que c'était surtout Des mamans Et elle a dit Où sont les pères ? Je recevais ce matin Une des mamans Des collectifs Qui dit Mais ils nous ont abandonnés Les pères sont démissionnaires Et elle en appelait A vous Les responsables politiques Pour ne pas s'inquiéter Uniquement De savoir Si les pensions A été réglées Mais si l'autorité Était exercée Par les pères
Comme ministre de l'Intérieur Moi je ne peux pas combler La déficience des pères Ce que je peux faire C'est restaurer l'autorité Mais je me souviens En avoir parlé Avec un grand pédopsychiatre Qui est Maurice Berger Vous le connaissez sans doute Parce qu'il a fait plusieurs livres Il a été pendant une quarantaine d'années Au contact de ses adolescents Les mineurs Les plus violents Et il constate Lui aussi La démission des pères C'est un vrai souci Un vrai souci Et malheureusement Beaucoup d'échecs De ces jeunes Viennent de l'échec De leur famille D'un cadre Qui n'a pas été posé Simplement pour moi Je pense que la solution Aujourd'hui en France C'est une révolution pénale On ne peut plus rester Avec la politique pénale Pour les mineurs Parce qu'on les enferme Dans des parcours de violence Pourquoi ?
Parce qu'on ne veut pas Les sanctionner Et donc ils commencent par voler Et ensuite Progressivement Ils volent Avec violence Et ensuite Il y a un crime Les gendarmes à Nantes L'autre jour M'ont signalé le cas D'un de ces adolescents mineurs Entre 13 ans et 17 ans Il va faire 89 victimes 141 infractions Le temps de gendarmes Consacrés à cet individu C'est comme si On avait affecté A plein temps Un gendarme Vous vous rendez compte Il faut faire L'inverse De ce qu'on fait aujourd'hui Faire tomber Des courtes peines De prison Dès les premiers délits Un peu graves Comme le fait par exemple Les Pays-Bas Une semaine Deux semaines Dans des prisons Qui ne seront pas Les mêmes Puisqu'on n'enferme pas Ces jeunes Avec des narcotrafiquants Ni avec des terroristes Ça coûtera moins cher Parce qu'elles sont Moins sécurisées Mais il faut revoir De fond en comble Cette politique pénale Pour les mineurs
Je suis un peu frappée Je dois vous le dire Ce matin Bruno Retailleau Par le fait que Habituellement vous êtes Plutôt à l'offensive Ce matin je vous sens presque Sur la défensive C'est à dire Vous vous justifiez De ne pas pouvoir tout faire Vous avez commencé Par me dire Je ne suis pas Précidigitateur Vous m'avez dit à l'instant Je ne peux pas En tant que ministre De l'Intérieur Pas lié à l'absence des pairs Attendez
Attendez Attendez Précidigitateur Bien sûr que non En revanche Je me suis pris J'ai pris un engagement Un engagement important De dire qu'on va les avoir Qu'on va les retrouver Donnez-moi rendez-vous Donnez-moi quelques jours Apolline Malheur Donnez-nous quelques jours Les premiers incidents Vous l'avez dit vous-même C'est le 13 avril Le 13 avril C'est il y a 10 jours Vous n'imaginez pas Quand vous avez 65 faits Dans 30 et quelques départements L'énergie qu'il faut Que nos policiers Les enquêteurs L'autorité judiciaire Déploient pour tout recouper Vous n'imaginez pas Tout ce travail Laissez-nous quelques jours Vous verrez Dans quelques jours Je reviendrai Et vous verrez Qu'on les aura eus Par ailleurs Sur la politique pénale Pardon Je suis ministre De l'intérieur Je ne suis pas Garde des Sceaux Et aussi Il y a un problème De majorité A l'Assemblée nationale Mais encore une fois Quand la droite reviendra Parce que si je suis candidat C'est pour faire gagner Nos idées demain Nos convictions Il faudra faire Cette révolution pénale
Révolution pénale Dites-vous Mais quand je dis Qu'effectivement Vous êtes un peu Sur la défensive Je me demande Malgré tout Si ça n'a pas à voir Avec le fait Que précisément Ce que vous dit Votre concurrent Pour la tête des Républicains C'est que Au fond Vous ne pouvez être candidat Qu'à mi-temps Et donc ministre Qu'à mi-temps Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
Que je suis pleinement ministre Et que je suis pleinement candidat Moi j'ai toujours Assumé d'être un ministre Qu'il ne soit pas un ministre techno Je suis un ministre politique Si je fais de la politique C'est pour porter des convictions Et à aucun moment d'ailleurs Alors que je suis ministre De l'Intérieur Ministre d'Etat Dans un gouvernement Je n'en ai rabattu Sur mes convictions Je suis libre J'ai une parole Qui porte Je crois Et en tout cas Ma parole Je n'en rabattrai certainement pas Vis-à-vis de mes convictions
Vous serez à Rome Pour les obsèques du pape Parce que je le disais Vous êtes non seulement Ministre de l'Intérieur Mais vous êtes aussi Chargé des cultes A propos du pape Est-ce que vous êtes plutôt Philippe de Villiers Ou Jean-Luc Mélenchon ? Avez-vous entendu Chacun des deux Parler du pape ?
Je n'ai pas entendu Jean-Luc Mélenchon
Eh bien je vais vous le dire Philippe de Villiers Dont vous avez longtemps été proche Je ne sais pas si vous l'êtes toujours En tout cas vous êtes tous les deux vendéens Dit du pape François En tant que chef d'Etat Le pape François A toisé la France Lui témoignant A plusieurs reprises du mépris Il voyait d'un bon oeil Le multiculturalisme Et l'islamisation de l'Europe En tant que chef d'église Il a persécuté Le mot est quand même très fort Il a persécuté les chrétiens Attachés à la tradition de l'église Et de notre enfance Et Jean-Luc Mélenchon A l'inverse dit Le pape François A pris sa part Pour éclairer le chemin commun Il dit partager La tristesse et l'émotion des chrétiens
Écoutez Je vais vous faire une confidence Le dernier voyage officiel Du pape C'était en Corse Et j'avais été délégué Par le gouvernement Pour l'accueillir C'était à Ajaccio C'était le 14 décembre J'ai passé un petit quart d'heure avec lui J'étais très ému par cette rencontre J'avais évidemment moi Quelques caricatures Des clichés Sur le pape François Mais sa jovialité Sa bienveillance Son humour M'ont beaucoup touché Vraiment m'ont beaucoup touché Je garde les phrases Les mots que nous avons eu L'un pour l'autre Peu importe Mais je pense que Essayer d'enfermer dans des cases Dans des étiquettes Des hommes qui sont des papes Des hommes d'église Dont la dimension religieuse Et spirituelle Est primordiale Je pense qu'on loupe l'essentiel
Vous êtes vous-même Un chrétien convaincu Bruno Retailleau Vous êtes ministre de l'intérieur Lorsque sur des questions Comme les questions des migrants Comme la question de l'accueil Comment vous faites ? Est-ce que vous vous sentez parfois Tiraillé ? Comment on fait Pour à la fois dire Il faut être beaucoup plus ferme Et renvoyer dans leur pays Des gens qui parfois Pour certains Ont traversé au péril de leur vie La Méditerranée Et en même temps Vouloir appliquer le message Qui est aussi celui Qui avait été défendu par le pape
Moi je suis républicain Et donc laïque Et vous savez que Foi et politique Appartiennent à deux ordres La foi c'est L'ordre religieux Spirituel Et la politique L'ordre temporel Les papes sont dans leur rôle De dessiner un idéal Mais permettez-moi de vous dire Que nous sommes dans notre rôle Nous les hommes Et les femmes politiques Puisque nous sommes confrontés Non pas à un idéal Nous sommes confrontés D'abord à des réalités Et je me souviens D'une phrase Qu'il avait dit au retour C'était en août 2018 Je crois il revenait de Dublin C'était le pape François Où il a vu cette phrase Avec ses mots Un pays qui peut t'accueillir Mais qui ne peut pas intégrer Mieux vaut qu'il ne l'accueille pas Donc c'était sans doute plus subtil Mais le message de l'église A toujours été L'accueil du plus pauvre L'accueil de l'autre Sauf que dans une société Ce n'est pas comme ça Que ça fonctionne Parce que c'est une question De proportion Et quand les sociétés accueillent On accueille nous Un demi million d'étrangers Par an C'est l'équivalent De la ville de Lyon A ce moment-là Il y a des troubles Et moi justement Ma fonction c'est de prévenir Les troubles Il faut tenir compte Des équilibres sociaux Quand les capacités d'accueil Sont dépassées C'est là qu'arrivent justement Les désordres Et des désordres Naissent les violences
Est-ce que la France Est-ce que la France est toujours Ce que l'on disait La fille aînée de l'église ?
Je pense que ce temps est éloigné Je pense qu'il y a Très peu de pratiques aujourd'hui En revanche Je pense que Cette marque chrétienne Malraux Qui était agnostique Il ne croyait pas Avait une très très belle phrase Malraux avait dit que De toutes les cicatrices En tout cas De toutes les marques Que l'histoire a faites Sur le visage de la France La chrétienne est sans doute La plus profonde Je pense que Et quand on voit Voyager en France Ce qu'on appelle La toponymie C'est-à-dire Le nom des communes Les Saint-Laurent Les Saint-Hilaire Les Saint-Malo Tout cela façonnait un paysage Jusqu'à François Mitterrand Je me souviens En 80 Quelle était son affiche ?
C'était l'affiche D'un village rural D'où émergeait Justement Un clocher D'une église
Lorsque Les obsèques du pape Auront lieu à Rome Les drapeaux en France Seront en Berne Certains comme Notamment Alexis Corbière Estiment que c'est une atteinte A la laïcité Est-ce qu'il aurait Fallu Ne pas mettre Les drapeaux en Berne ?
Non Moi je pense que C'est une très bonne chose L'émotion elle est mondiale L'émotion elle est mondiale Partout sur la planète Quelles que soient d'ailleurs Les origines Les croyances Les religions On a bien mis d'ailleurs Les drapeaux en Berne Pour la reine d'Angleterre Donc c'est une figure Universelle BFM et d'autres Ont tout interrompu Ont consacré des heures Et des heures
Parce que
Bien sûr Parce qu'il y a cette émotion Et je pense que C'est une figure universelle Qui concerne la France Et par ailleurs Comme je vous le disais Cette marque chrétienne D'ordre culturel Plus beaucoup d'ordre Cultuel ou religieux Est importante Ça fait partie désormais De notre culture De notre civilisation De notre histoire Qu'il faut respecter
Merci beaucoup Bruno Retailleau D'avoir répondu à mes questions Ce matin Vous qui êtes ministre de l'Intérieur Il est 8h52 Sur RMC BFM TV
Bruno Retailleau