Jean-Claude Mailly : « Le climat social n’est pas bon »
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Questions et réponses
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- 0:08OuverteRéponse directe
Comment qualifiez-vous le climat social dans le pays aujourd'hui ?
- 1:19RelanceRéponse directe
La mobilisation peut-elle être moindre car les gens comptent sur le vote dans 6 mois ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Que signifie « on règlera nos comptes » dans ce contexte ?
- 2:33RelanceRéponse directe
Les Français réglent-ils leurs comptes avec le président de la République ?
- 3:13OuverteRéponse directe
Le pouvoir d'achat des fonctionnaires a augmenté de 5% depuis 2017, comment l'expliquer ?
- 4:28OuverteRéponse directe
Pourquoi les grands mouvements sociaux comme sous Sarkozy n'existent plus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:33Jean-Claude MaillyChiffre
« le pouvoir d'achat des fonctionnaires a augmenté de 5 % en deux fois quand l'inflation était de 24% »
- 5:13Jean-Claude MaillyFait
« le dernier mouvement sur les retraites, ce n'était pas des petits mouvements, c'était vraiment de très gros mouvements, plusieurs démanifestations »
- 8:14Sébastien LecornuChiffre
« il faut faire 54 milliards d'économies »
- 9:24Jean-Claude MaillyFait
« la Cour des Comptes dit sur les fortunes personnelles, sur le pacte d'Utreil, etc., il faudrait revoir les choses »
- 10:00Jean-Claude MaillyPromesse
« une réforme fiscale d'ensemble »
- 10:39Jean-Claude MaillyPromesse
« le financement de la protection sociale »
- 11:15Jean-Claude MaillyChiffre
« le pouvoir d'achat des fonctionnaires a augmenté de 5 % en deux fois quand l'inflation était de 24% »
- 12:34Jean-Claude MaillyPromesse
« il faut commencer par travailler sur l'emploi et le travail »
- 13:11Jean-Claude MaillyPromesse
« il faut donner envie aux gens de rester jusqu'à 65, 67 ans »
- 17:37Patrick MartinFait
« être très inquiet de voir la CGT et la CFDT se politiser à outrance »
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Journée de mobilisation aujourd'hui dans la fonction publique 770 manifestations attendues dans tout le pays enseignants hôpitaux pompiers ils réclament des moyens des hausses de salaire et veulent mettre la pression sur le gouvernement à deux jours de la présentation du budget on est face à une rentrée sociale très politique et pour en parler nous Nous sommes avec Jean-Claude Mailly, bonjour. – Bonjour. – Merci d'être avec nous ancien secrétaire général de Force Ouvrière, interview en partenariat avec la Presse régionale, représentée par Fabrice Vesser-Redon du groupe Ebra, les journaux régionaux de l'Est de la France. – Bonsoir Auriane, bonjour Jean-Claude Jean-Claude Mailly. Bonjour. Jean-Claude Mailly, on est donc dans une journée de mobilisation.
Comment vous qualifiez, vous, aujourd'hui, le climat social dans le pays ? C'est un climat social où il y a beaucoup d'inquiétude, beaucoup d d'anxiété, du mécontentement rentré parfois, du mécontentement qui s'exprime. Non, le climat social n'est pas bon. En même temps, on est dans une période électorale quasiment maintenant, jusqu'à la présidentielle. Donc, une partie des gens se dit « Je vais régler mes comptes à la présidentielle ». C'est évident. Vous pensez que c'est comme ça que ça va se traduire ? Il y a une partie, c'est ça, oui, bien sûr. C'est-à-dire les gens attendent d'aller voter, en fait ? C'est ce que vous êtes en train de nous dire – Oui, c'est une façon d'exprimer. Un bulletin de vote, ça peut être aussi, et il y aura le choix cette année,
ça peut être aussi une manière d'exprimer un mécontentement, bien entendu, mais le climat social n'est pas bon. – Donc pas dans la rue, c'est-à-dire que la la mobilisation peut être moindre parce que les gens se disent on va voter dans 6 mois. Il y a les deux, je pense non. Aujourd'hui il y aura du monde dans la rue. Quand vous avez l'ensemble des syndicats sans exception qui appellent sur plus de 170 manifestations, je ne peux pas vous dire combien, mais il y aura du monde, c'est évident. Mais en plus, je veux dire, il y a ce phénomène que certains disent, bon si bien qu'on y arrive ou pas, même si on manifeste ou pas, on réglera nos comptes au mois de Vous entendez quoi par « on règlera nos comptes » ? Ça veut dire que le bulletin de vote, ça risque ? Ça risque, oui.
C'est ce qu'on voit un peu partout, depuis quelques temps quand même. Il y a un phénomène accélérateur, c'est la dissolution. Les gens n'ont pas compris, personne n'a compris. Il y en a qu'un qui a compris, c'est le président de la République, visiblement. Mais personne n'a compris, les résultats sont quand même catastrophiques. Pas simplement au niveau national, y compris au niveau international. Il y a la dette, certes, il y a l'endettement, il faut le réduire. OK, je n'ai pas de problème là-dessus, sauf sur la méthode. Mais ceci étant, l'image à l'extérieur, les marchés disent mais qu'est-ce qui va se passer en France ? Politiquement, qu'est-ce qui va se passer ? L'inquiétude vient aussi de ça. Vous parlez de la dissolution.
Je rebondis sur la question d'Auriane. On va régler nos comptes. Clairement, vous pointez la dissolution, la décision du président de la République. Les Français réglent leurs comptes avec qui ? Avec quelqu'un qui, en l'occurrence, ne va pas se représenter. Oui, mais c'est au-delà d'une personne, ce n'est pas ça. Il y a un phénomène, il y a comme si les gens attendent une rupture. Une rupture dans la manière dont les choses se passent, les problèmes de pouvoir d'achat. Écoutez, c'est une journée fonction publique essentiellement aujourd'hui. Quand vous regardez par exemple que depuis 2017, année d'élection du président de la République jusqu'à aujourd'hui, le pouvoir d'achat des fonctionnaires a augmenté de 5 % en deux fois quand l'inflation était de 24%.
Je prends cet exemple, mais on peut en prendre d'autres sur la désorganisation, sur le sentiment des fonctionnaires. Ça n'est pas nouveau. La dégradation dans la fonction publique, pour moi, je considère qu'elle a démarré sous Sarkozy avec la révision générale des politiques publiques. On a voulu appliquer le même système via des cabinets extérieurs anglo-saxons à la gestion de la fonction publique comme dans les entreprises privées, et ça ne marche pas de la même manière. Donc ça, il y a ce sentiment-là donc c'est par rapport à un système. De déclassement, c'est ça la fonction publique ? Elles se sont déclassées, pas reconnues ? – Perte de sens, il y a une perte de sens. Vous savez, beaucoup de gens, ma génération, quand les gens rentraient dans la fonction publique,
ils voulaient être au service du public. C'était vraiment ce qu'ils cherchaient. Aujourd'hui, vous avez 11 % des postes offerts dans les concours de l'administration d'une manière générale où il n 'y a pas assez de candidats. C'est bien un signe, les gens, ça ne fait plus envie d'aller dans la fonction publique. Ça ne fait plus envie parce que c'est déconsidéré, parce qu'on n'arrête pas de dire des fois taper dans les dépenses publiques, taper dans les dépenses publiques, etc. Ça fait des années que ça dure. Je dis que si j'ose une image, un peu osé je l accorde, c'est Xavier Mireille qui a changé la tronçonneuse contre un rabot. Mais c'est un peu ça ce à quoi on assiste. La seule différence que c'est pas vrai dans toutes les entreprises.
Il y a des entreprises où les choses se passent normalement en termes d organisation, en termes de négociation. Mais il y a un vrai problème global. Fabrice, vous aviez une question ? Oui absolument. Sur les grèvées des manifestations, nous dites qu'il va y avoir du monde. Vous savez comme nous que c était Sarkozy, le même que vous citiez à l'instant. Ces grands mouvements où toute la France, la France ouvrière descendait massivement dans la rue, c'est fini. Courbuy qui a dit ça. Quand il y a une grève, on ne la voit plus, oui. Ça lui a été reproché. Il a instauré le service de l'Église. Ça l'a été reproché. Comment vous l'expliquez ? Que ces grèves, ces mouvements d'ampleur se soient progressivement – Ça dépend des moments, regardez,
ça dépend des périodes, si vous voulez, d'une manière ou d'une autre, rappelez-vous, il n'y a pas si longtemps que ça, le dernier mouvement sur les retraites, ce n'était pas des petits mouvements, c'était vraiment de très gros mouvements, plusieurs démanifestations, etc. Ça dépend des moments, mais là on est dans une période où les gens disent « il y en a marre, ça suffit, les fonctionnaires n'en peuvent plus, ils sont au bout du rouleau, donc ils ont besoin qu'on les respecte, ils ont besoin que de leur pouvoir d'achat augmente, et dans le même temps, ils sont en préconscient que vu ce qu'on entend sur le budget, etc., c'est pas le moment où ils vont être satisfaits. Et je vous dis, toujours, quand on est dans une période d'élection présidentielle, ça change le contexte quand même.
Juste un mot parce qu'il y a des manifestations et des blocages dans les lycées, également avec des interpellations, 164, je vous cite Laurent Nunez, ce ne sont pas des mouvements de contestation très habituel, mais ça s'apparente à des violences urbaines. Quel regard vous portez sur ces mobilisations ? Alors j'ai pas... Oui, j'ai vu, j'ai entendu, mais je n'ai pas d'analyse. Est-ce qu'il y ces politiques derrière ou pas ? Certains laissent entendre que les filles seraient dans le coup. C'est possible, c'est bien les techniques et les filles, que je connais bien. Vous savez, les trotskistes, anciens trotskistes, je les ai connus dans mon organisation, donc je sais comment ils fonctionnent. C'est-à-dire ? C'est quoi les techniques LFI ? Quel est l'objet de LFI ?
Je pense que Mélenchon ne veut pas gagner la présidentielle, c'est pas ça son truc. Mélenchon, c'est d'être le premier opposant à Marine Le Pen. Et après, pardonnez-moi, c'est on va essayer de monter la révolte. C'est ça son objectif. Je ne l'ai jamais dit comme ça mais moi je le conçois comme ça. Donc alors est-ce que c'est le cas dans le lycée ? Je sais pas. Je peux pas prendre position sur ce que j'ai vu. J'ai vu les réactions de Laurent Nunez qui a pour moi un beau ministre de l'Intérieur. C'est pas un fou de guerre, c'est pas quelqu'un qui va à la bagarre. Je sais pas, j'en sais pas plus. Mais est-ce que vous qui êtes syndicaliste, vous avez géré des mobilisations. Est-ce que quand les lycéens rentrent dans le mouvement, on est sur autre chose ? On est sur un tournant ?
Ah oui, quand les lycéens rentrent dans un mouvement, c'est autre chose, bien entendu. Moi j'ai connu ça différentes Rappelez-vous par exemple le CPE en 2006, j'ai toujours dit que quand les lycéens sont dans la rue c'est comme un dentifrice, vous n'arrêtez plus à aller rentrer.
Vous pensez qu'ils se mobilisent de la même manière, j'en reviens à ma question de tout à l'heure sur l'évolution du mouvement social. Oui mais enfin l'évolution, oui il y a des écoutez, il y a 30 ans 40 ans une seule organisation qui était la un CGT pouvait décider de mettre 2 millions de personnes dans la rue. Aujourd'hui, elle ne le peut plus. Je ne dis pas qu'elle n'existe plus. Mais maintenant, quand vous regardez globalement les adhérents dans tous les syndicats, vous additionnez, ils sont très loin en nombre devant les partis politiques tous rassemblés. Donc ça pèse plus et c'est quand même difficile à comprendre quand un pouvoir public ou des pouvoirs publics ne respectent pas la démocratie sociale. J'ai toujours dit, ça leur revient dans le nez à un moment donné.
– On va venir sur la démocratie sociale mais juste pour terminer sur les mobilisations, quelle est la finalité ? On est dans un contexte budgétaire très tendu, Sébastien Lecornu dit il faut faire 54 milliards d'économies, qu'est-ce qu'ils peuvent espérer ces manifestants dans ce contexte ? Est-ce qu'ils peuvent réussir à mettre la pression sur le gouvernement ? Aujourd'hui, ils mettent une pression sur le gouvernement. Qu'est-ce que ce sera demain ? Qu'est-ce que les syndicats vont décider ? Je ne sais Je ne sais pas, moi je ne suis plus en responsabilité, je ne sais pas. En tous les cas c'est aussi qu'ils réussissent ou pas, c'est aussi une manière de dire on est là. Et même si on n'obtient pas satisfaction tout de suite, on l'aura après la présidentielle.
Voilà, c'est une période de montrer qu'on est là, on n'est pas en dehors du temps et de l'espace. – Mais vous nous avez parlé tout à l'heure de la réduction de la dette. Vous nous avez dit j'entends, il faut réduire la dette, je ne comprends pas et je ne suis pas d'accord avec la méthode mais comment on fait ? Non mais attendez, quel est le problème aujourd'hui ? Le problème aujourd'hui c'est que qu'est-ce qu'on a annoncé au fur et à mesure ? Qu'est-ce que le gouvernement a annoncé ? Un coup sur les retraites, un coup sur les fonctionnaires, un coup sur l'APL, etc. Qu'est-ce qu'ils disent les gens ? C'est pas nouveau mais ça s'amplifie. Les gens sont prêts selon leurs moyens à faire un effort. Sauf qu'ils veulent que ce soit équitable.
Or là, tout ce qui est présenté, ça n'est pas équitable. Écoutez, même la Cour des Comptes, c'est quand même pas des gauchos, la Cour des Comptes, même la Cour des Comptes dit sur les fortunes personnelles, sur le pacte d'Utreil, etc., il faudrait revoir les choses. La Cour des Comptes, et vous avez d'autres qui qui disent qu'il ne faut surtout pas y toucher. Donc il y a des choses à faire. – Donc les efforts ne sont pas justes, c'est ce que vous dites ? – Ce n'est pas du tout équitable, mais c'est vrai pour les citoyens comme pour les entreprises. La PME qui paye 25 % d'impôts sur les sociétés, elle se dit « attendez la multinationale par des systèmes d'opposition, elle paye 8 %, ce n 'est pas possible ». Donc ce souci d'équité, vous savez pour moi il y a,
on ne va pas les avoir maintenant, mais il y a trois grandes réformes qui seraient nécessaires dans notre pays, au moins trois, il y en a peut-être d'autres, une réforme fiscale d'ensemble. Une réforme fiscale d'ensemble qui est basée sur l'efficacité bien sûr, mais qui est aussi basée sur l'équité. La deuxième c'est ce qu'on appelle le millefeuille, on appelle ça comme on veut, c'est les strates, plus personne n'y comprend rien. Là-dessus je suis d'accord avec Borloo, par exemple. Et troisième chose c'est le financement de la protection sociale, qu'on regarde clairement les choses. J'en ai marre moi d'entendre les dépenses publiques. Quand ça les arrange, j'y parle de dépenses publiques pour taper Il y a les dépenses de l'État et des collectivités
et il y a les dépenses de protection sociale. Ce n'est pas la même chose, même si au niveau européen, on fait un global. Et le gouvernement, quand ça l'intéresse, choisit l'un ou l Mais il faut le revoir, juste le financement de notre modèle social ? Il faut réfléchir au financement. On ne peut pas sortir la cotisation de tout. Il y a ce qu'on appelle le contributif et le non-contributif. Contributif, c'est l'assurance chômage où l'État, ça a commencé un peu avec Sarko, mais beaucoup avec Macron. Ils ont quasiment pris le pouvoir sur l'assurance chômage aujourd'hui. L'assurance chômage, les retraites, ça c'est du contributif. Et le non-contributif, c'est les allocations familiales par Moi, ça ne me choque pas que les allocations familiales soient financées par l'impôt.
Après, on regarde quel impôt. Par contre, les retraites, l'assurance-chômage, nous. Le premier conseil sur le sujet des finances publiques, le Conseil économique, social et environnemental va lancer une convention citoyenne. Vous avez vu ça ? Vous y voyez intérêt ? Qu'est-ce que vous leur diriez si vous les rencontriez, ces citoyens ? – Ah non mais moi je trouve que l'initiative du Conseil économique est intéressante, de travailler sur les dépenses publiques avec des citoyens. Pour moi c'est pas… ça me pose aucun problème, je trouve ça plutôt bien qu'il y ait une réflexion. – Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire à ces citoyens ? Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire ? – Allez-y, discutez, vous allez voir des experts,
l'objectif c'est de sortir une position à la fin, qui fasse ce consensus comme ça a été fait sur la fin de vie, etc. Et après le problème c'est qu'est-ce qu'on en fait ? Est-ce qu'il y a une suite ou pas ? Mais que le Conseil économique social qui est la troisième assemblée consultative, c'est important, du pays, qui se saisissent de ce dossier de cette manière-là, je trouve ça bien. – Ça va demander des efforts, tout ça ? Réduire la dépense ? – Bien sûr qu'il y aura des efforts, le problème c'est… Moi je suis persuadé, le peuple français est un peuple très et politique. Si nos dirigeants, quels qu'ils soient, ne comprennent pas qu'il y a un besoin énorme de justice et d'équité, ils iront dans le mur. Et à un moment donné, ça se révoltera.
Est-ce que les syndicats sont prêts à ces efforts Est-ce qu'ils sont prêts à accompagner des réformes ? Oui, mais il faut que ce soit équitable.
Et puis qu'on laisse les syndicats négocier avec le patronat, même si le MEDEF en ce moment traîne un peu. On va en parler. Mais par exemple sur la réforme des retraites, est-ce que oui ou non il faut une réforme des retraites pour moi ? – Moi je dis, ça a commencé d'ailleurs, si vous voulez faire une réforme correcte des retraites acceptée, il ne faut pas commencer par les retraites. Il faut se poser une question. Pourquoi les gens ne veulent partir ? Pourquoi les gens ne veulent pas rester ? Donc ça veut dire travailler sur le travail, c'est le cas de le dire, l'emploi et le travail, les conditions de travail. Et d'ailleurs je remarque dans, j'ai pas tout lu, mais que le rapport que viendra de Jean-Denis Combrexel avec la conférence, c'est cette logique-là qui est retenue.
Il faut commencer par travailler sur l'emploi et le travail, les trois sages là, ils ont raison. Donc il faut donner envie aux gens de rester jusqu'à 65, 67 ans, Oui, il faut regarder, même s'il faut rester plus longtemps. Il y a des gens pour qui rester jusqu'à 65, 66, ça ne pose aucun problème. Je rappelle que dans le privé, vous pouvez rester jusqu'à 70 si votre employeur l'accepte. Il ne faut pas l'oublier, ça. Mais encore au-dessus, il y a certes, il y a le problème de la pénibilité, physique, mentale, etc. Il faut traiter ces questions-là. En France, c'est comme dans la médecine. En France, les médecins, j'en discutais avec un médecin il n'y a pas longtemps, disent oui, en France, la médecine, on apprend à détecter et à soigner, mais on n'apprend pas la prévention.
C'est pareil, il faut prévenir avant de... – Le travail des seniors est suffisamment pris en compte dans les réformes successives ? – Non, ça augmente légèrement, mais pas suffisamment, non encore aujourd'hui. Il faut de la formation. Pourquoi après 50 ans, c'est plus dur d'avoir de la formation aujourd'hui ? Donc non, y compris dans les entreprises, il y a un gros travail à faire. Sur la démocratie sociale, on a un petit peu commencé à en parler, mais est-ce que les partenaires sociaux pèsent encore aujourd'hui – Ils pèsent encore suffisamment ? Est-ce qu'ils ont encore une influence ? – Oui, si, ils ont une influence. Si, si, ils ont une influence. Elle pourrait être plus grande. Elle pourrait être plus grande, notamment dans toutes les structures paritaires.
Mais il faut revenir à un vrai… Enfin, je prends l'assurance le président de la République, il a tout cassé là. Puis de manière un peu... Rappelez-vous quand même, quand il dit je vais supprimer la cotisation des salariés à l'assurance chômage, on va la remplacer par de la la CSG, comme ça vous aurez un peu plus sur votre fiche de paie. Ils ont eu un petit peu plus. Puis après il a dit, maintenant vous allez négocier, mais voilà où vous devez aboutir. Ce n'était pas possible d'aboutir à ça. Donc la négociation n'a pas marché. Qu'est-ce qu'il dit après vous voyez quand je vous demande de discuter vous n'y arrivez pas est ce que c'est uniquement la faute du président de la république ou est-ce que c'est aujourd'hui syndicats et patronat qui n'arrivent pas à se mettre d'accord
les partenaires sociaux vous pouvez pas vous mettre d'accord
la seule question qu'ils vont peut-être se poser est-ce qu'ils auraient dû ouvrir la négociation est-ce qu'ils n'auraient pas dû envoyer bouler le président de la république ça c'est autre chose mais comme c'est pas possible après qu'est ce qu'il dit le président vous voyez je vous confie une mission vous n'y arrivez pas d'abord la C'est de l'impôt et l'impôt, c'est moi. Ça, ça tue le paritarisme. Donc il faut revenir sur la science... Mais Emmanuel Macron, il a tué le paritarisme ? Il l'a esquinté, sérieusement, oui. Ah oui, oui, sérieusement, oui. Parce que l'assurance chômage, c C'était les retraites complémentaires. Bon, il n'a pas encore réussi. Son système de retraite universel n'a pas marché. Bon, parce que vous savez, les retraites complémentaires,
tous les gouvernements l'ont dessus. Que ce soit seul des salariés, des avocats, des experts comptables, des pharmaciens, etc. Parce qu'ils veulent piquer les réserves. Tout le monde a résisté jusqu'à maintenant. Donc moi je pense, mais là c'est aussi... Je pense que les syndicats, qu'on appelle plus réformistes, sont prêts à négocier. Il y a quand même des négociations qui vont s'ouvrir avec le patronat. Moi, je pense que c'est une période où le patronat doit accepter d'ouvrir le plus possible de négociations, montrer, y compris politiquement, que voilà, nous, on prend nos responsabilités, on fait quelque que fassent les politiques. – Est-ce qu'il n'y a pas aussi, vous dites, la responsabilité d'Emmanuel Macron qui n'a pas assez pris en considération
les partenaires sociaux aussi, c'est ça ? – C'est pas son truc. – Quand je je dis, c'est pas son truc. Rappelez-vous, quand il était en campagne avant l'élection de 2017, il disait la place des syndicats, c'est dans l'entreprise, pas ailleurs. Au niveau national, c'est l'État. Donc il ne croyait pas. Au début, moi j'ai négocié avec lui avec Laurent Berger, tous les deux, parce que les autres sont partis. Mais avec lui, on a négocié les ordres de lance-travail. Tout n'est pas bon, on l'a dit, mais on a obtenu au moins de préserver la branche. Je ne crois rien, pas sur le détail. Mais Et là, au début, il a accepté la négociation. Dans son bureau, on obtenait des choses. Je ne sais pas ce qui s'est passé. En 2018, ça s'est terminé. Mais c'est uniquement la faute d'Emmanuel Macron.
C'est aussi la responsabilité des syndicats. Est-ce qu'il n'y a pas aussi des figures moins identifiées Il y avait vous, il y avait Laurent Berger, il y avait Bernard Thibault. C'était des figures qui étaient très identifiées des Français. Est-ce qu'aujourd'hui c'est moins le cas ? Oui mais ça c'est une question de médiatisation, c'est autre chose. Non, oui il peut y avoir une responsabilité des partenaires sociaux tous ensemble si il n'arrive pas à négocier, par exemple négocier. Et un dossier qui pour moi serait essentiel c'est l'organisation du travail avec un dossier C'est l'organisation du travail avec avec un accord-cadre interprofessionnel, jusqu'à ce moment le patronat n'a jamais voulu, considérant que l'organisme du travail est de sa seule responsabilité.
Or c'est un problème de fond aujourd'hui dans l'administration certes, mais dans les entreprises Ça, si les partenaires sociaux arrivaient à négocier là-dessus par exemple, ça changerait beaucoup de choses, y compris sur les questions d'emploi des seniors, etc. Et vous le dites, il y a les divergences syndicats patronat. Patrick Martin, le patron du MEDEF, qui déclare la semaine dernière, être très inquiet de voir la CGT et la CFDT se politiser à outrance. Qu'est-ce que vous en dites ? – Ce n'est pas nouveau. Franchement, dans le paysage syndical français, ce n'est pas la première fois que certaines organisations, dont ces organisations prennent des positions à l'occasion d'élections politiques. Ce n'est pas la première fois de voter pour un tel, même appeler à voter pour quelqu'un.
En 1981, par exemple, ils ont appelé à voter Mitterrand. Après, il y a eu un peu de recul. Là, ils sont par rapport au Rassemblement national. C'est le choix de ces organisations. – Mais est-ce que ça jette une ombre suspecte sur la démocratie sociale ? C'est ce que dit Patrick Martin ? Chacun s'est responsable. Mon organisation ne pratique pas comme ça, n'a jamais pratiqué comme ça, y compris dans les périodes difficiles où on rappelle par exemple toujours, et là ils le font encore, j'ai vu qu'on est contre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie. Pour autant on ne donnera pas de consigne de vote, contre ou pour. On a toujours considéré que le syndicat n'est pas un directeur de conscience. Fabrice sur la présidentielle ? Oui absolument sur la présidentielle, vous êtes un homme en cagé,
vous êtes un homme de gauche. Moi j'étais très longtemps au Parti Socialiste, je ne le cache pas, j'y suis plus. Pourquoi ? Parce que je ne m'y retrouvais plus avec la loi travail de 2016, je ne m'y suis plus retrouvé. C'est le cas de beaucoup de Français. J'ai dit toujours, c'est comme d'autres le disent aussi, c'est le Parti Socialiste qui m'a quitté. C'est le Parti Socialiste qui vous a quitté ? Pour vous, ça veut dire que cette loi, c'était sous le quinquennat de François Hollande, donc un président de gauche, ce n'était pas une loi de gauche ? C'est-à-dire que le PS n'était plus de gauche à ce moment-là ? – Non. Une fois que cette loi est passée, on a pu avoir derrière, on nous a passé la loi de 2017, les ordonnances. S'il n'y avait pas eu la loi de 2016, ça ne serait pas passé.
Je me souviens des discussions à l'époque avec François Hollande, on n'était pas d'accord. Non, non, c'est pas… Et d'ailleurs… – Mais ça veut dire qu'il n'a pas fait une politique sociale de gauche, François Hollande ? – Pas là-dessus, pas sur cette loi-là en tous les cas. Et on dit toujours « El Khomri », ce n'est pas elle la responsable. Le responsable de cette loi, c'était Emmanuel Macron à l'époque. Nous ne l'oublions pas. – Revenons-en aujourd'hui. Est-ce que la gauche française a la personnalité politique nécessaire à être présente dans l'élection présidentielle voire la remporter écoutez pour le moment moi j'ai commencé à regarder je n'ai plus de mandat donc je peux le dire j'ai commencé à regarder notre fois à la télé, je suis pas allé jusqu'au bout, hein, la primaire...
D'abord, je considère que c'est une erreur de faire des primaires, moi. Les partis politiques font des primaires quand ils n'ont plus d'adhérents. C'est quand ils ont des adhérents. Ben, c'est les adhérents qui choisissent je me souviens de l'époque où les débats dans le parti socialiste dans les sections du parti socialiste il y avait des votes etc et à la fin il y avait un choix fait par les adhérents comme on n'est plus d'adhérent donc vous faites des primaires je pense pas qu'on donne un beau spectacle y compris aux citoyens d'une manière que ce soit le primaire de gauche première de droite peu importe la première puis là en plus les candidats mais juste dernière question quelle personnalité aujourd'hui à votre préférence qui vous avez envie de voir à l'Elysée ?
Pour le moment, je ne le dirai pas pour qui je vois de sa regard personne, mais pour le moment, je ne sais pas pour qui voter. En tout cas, ce n'est pas Mélenchon. Ah non, non, non, non, pas d'extrême pour moi. C'est l'extrême, Mélenchon, pour – C'est un extrême, oui. – Merci Jean-Claude Mailly. Merci beaucoup d'avoir été avec nous.