Agnès Evren, est l'invitée politique de la matinale de franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Agnè Sverren. Bonjour. Un mot pour commencer sur la disparition d'Olivier Marlex, ancien président du groupe des républicains à l'Assemblée nationale, député de Réloir qui a mis fin à ses jours hier.
J'imagine que pour vous, ça a été la stupeur. Ça a été la stupeur, la sidération. Olivier Marlex était un ami.
Nous avions été tous les deux nommés vice-présidents par Christian Jacob en 2020. J'ai gardé ce souvenir en tête. C'était un vrai gaoliste avec des convictions solides, attaché à la souveraineté de notre pays euh et qui sur le plan personnel, il faut le dire, était quelqu'un de très secret, de très taiseux, qui verbalisait très peu en fait ses émotions.
Il avait une forme d'élégance comme ça avec une forme de distance intérieure par rapport aux événements et il va laisser un immense vide et dans notre famille chez les républicains évidemment parce que c'était une figure très identifiée euh y compris de notre groupe à l'Assemblée nationale puisqu'il a présidé ce groupe dans des conditions très difficiles. Il avait été très très courageux et puis évidemment dans toute la classe politique en dehors des Républiquains. Vous parlez de toute la classe politique effectivement tout le monde lui a rendu hommage hein de Jean-Luc Mélenchon à Marie Le Pen en passant naturellement par Emmanuel Macron.
François Xavier Belami he le député républicain écrit dans un message que la politique peut-être d'une immense dureté en laissant chaque homme dans la nuit. Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que ça veut dire que Olivier Marlex dans dans euh que la politique était dure pour lui ?
Vous savez la politique c'est un combat permanent de chaque instant. C'est du H24, on ne s'arrête jamais. Parfois c'est vrai qu'il y a des violences psychologiques.
Il faut aussi le dire. Il y a parfois des frustrations, mais je pense que au-delà des déceptions qu'on peut avoir parfois en politique et de la violence, il y avait là forcément un combat intérieur invisible que visiblement avait Olivier Marlex. Et ça, on ne peut pas percer les mystères en fait de l'intime.
Euh, hier, Emmanuel Macron a tenu un deuxième conseil de défense sur l'entrisme des frères musulmans. On s'en souvient fin mai, il y en avait eu un qui avait un petit peu à choper. Cette fois-ci, il a validé la copie de de Bruno Rotaillot notamment.
Mais dans un communiqué, il dénonce le danger de l'amalgame, c'est-à-dire celui de rejeter euh l'ensemble des musulmans. Euh on a le sentiment quand même qu'il y a une petite mise en garde vis-à-vis de son ministre de l'intérieur et ça devient pas compliqué pour Bruno Rotaillon en ce moment ? Écoutez, vous savez, les choses ont toujours été très très claires pour nous.
Quand nous avons accepté d'entrer au gouvernement euh par le biais de Michel Barnier, euh nous n'étions pas dans une idée en fait de se laisser absorber en fait par le macronisme. Nous sommes dans une forme de colocation où en fait à l'issue de la dissolution, c'est vrai que la France était au bord du chaos et nous avons pris nos responsabilités pour tout simplement sauver la France. La réalité c'est que nous voulions éviter l'extrême gauche et la gauche au pouvoir parce qu'ils avaient un programme à la fois dangereux et délirant sur le plan économique.
Et on voit bien que la France est actuellement dans une spirale, j'allais dire même de déclin avec tous les records de dette, de déficit et d'impôts. Et donc oui, nous l'assumons, nous sommes dans une colocation et donc il est normal que Bruno Retaillot fasse entendre sa propre sa propre petite musique compris sur des sujets comme par exemple l'écologie avec cette tribune publiée la semaine dernière dans le Figaro où il prône certes le renforcement du nucléaire, il est assez attendu là-dessus mais en revanche il dénonce la fin enfin il souhaite la fin des financements de l'énergie revenable. Ça va à l'encontre euh de la politique industrielle énergétique euh de de la France qui prône un mix énergétique.
Quelle mouche l'a piqué pour Ret ? Non, écoutez, il faut très clairement expliquer les choses. En fait, l'enjeu c'est quoi ?
Le sujet c'est de garantir aux français une énergie qui soit d'abord décarbonée la moins chère possible et qui soit assuré pour éviter la rupture comme on l'a connu en Espagne. Et bien la solution en effet c'est un mix énergétique et donc s'appuyer sur le nucléaire mais aussi sur les énergies renouvelables. Les éges renouvel c'est de se poser la question de l'opportunité de continuer en fait de financer des projets notamment éoliens alors qu'il y en a déjà en cours et subventionné par l'État tout simplement.
Mais vous savez là-dessus, il y a pas de désaccord profond. Nous ce qu'on a toujours souhaité, c'est de renforcer la filière nucléaire et de s'appuyer aussi sur l'éolien. Mais la véritable hypocrisie, c'est Agnès Panier Runaché qui verse des larmes de crocodile sur Agnè Paner Runaché, la ministre de la transition écologique qui qui dit bah voilà ça ce qu' fait en ce point Bruno Rota c'est du populisme mais c'est elle qui est populiste.
C'est une totale hypocrisie en fait parce que ce sont quand même eux qui ont mis en œuvre. Est-ce que c'est quand même pas populiste finalement d'aller euh on va dire un peu saper euh les politiques de de d'énergie renouvelable et d'aller aussi sur les terres d'électorat du Rassemblement national euh notamment euh l'électorat qui se trouve en ruralité, l'électorat du du euh de la France périphérique. Est-ce que Bruno Rotaillot fait pas de la politique électorale ?
Non. L'écologie, la véritable écologie aujourd'hui, c'est l'acceptabilité sociale aussi des mesures qui sont qui sont prises. Et de ce point de vue-là, encore une fois, je le redis, nous notre il y a pas de désaccord de fond sur le fait que bien sûr, il faut renforcer la filière nucléaire qui a été complètement sapée, il faut le dire, par François Hollande, par Emmanuel Macron qui a mis en œuvre la fermeture de Fessenheim et réouvert une centrale à charbon.
Et donc le populisme, c'est ça regardez, vous dites il y a pas de désaccord de fond. Emmanuel Macron, qu'est-ce qu'il a fait ? Ben, il a recadré Bruno Rotaillot, il a appelé à ne pas tout caricaturer dans notre famille politique, il n'y a pas de désaccord de fond sur le double énergétique.
Il l'appelle surtout Emmanuel Macron, il appelle Bruno Rotaillot et bien à se concentrer sur son ministère. Est-ce que ça peut tenir longtemps quand même ? Bien sûr, encore une fois, je l'aurais dit, nous sommes aujourd'hui dans une colocation, nous avons des convictions et Bruno Retaillot, il est là justement parce qu'il a des convictions solide et que il ne se compromettra jamais en trahissant en fait ses propres idées, ses propres valeurs.
Mais jusqu'où jusqu'où il peut tenir avec des divergences sur le voile, des divergences sur l'Algérie, des divergences maintenant sur l'écologie. tant qu'il sera utile au pays, utile pour redresser la France et régler toutes ces questions de sécurité et d'immigration, il restera évidemment au gouvernement parce que vous savez le pays est dans un tel état qu'on ne peut pas encore attendre 2 ans pour essayer encore une fois de de régler tous les problèmes qui se posent en terme de sécurité et d'ordre de désordre migratoire. C'est un bon premier ministre François Baou où où il tient pas bien ses troupes où il faut pas les tenir justement en fait en tout cas c'est quand même lui qui dès le départ avait dit qu'il avait des poids lourds politiques et que chacun devait exprimer sa singularité et bien quand chacun exprime sa singularité c'est sûr que ça donne parfois le sentiment d'une cacophonie mais voilà on le voit sur le budget il faut désormais avancer sur le budget justement dans une semaine une semaine pile François Baotou devrait présenter des mesures pour lui permettre de faire 40 milliards d'économie c'est ce qui c'est engagé à faire.
Est-ce que c'est possible sans augmenter les impôts ? Beaucoup d'experts he qui étaient tous réunis à EX en Provence pour les journées économiques disent que c'est pas possible. Et bien écoutez, nous nous le souhaitons.
La position des républicains, elle est très claire. C'est 100 % d'économie et 0 % d'augmentation d'impôts puisque la France bat tous les records de déficit d'impôts et de dettes et qu'il faut impérativement tailler en fait dans les dépenses de fonctionnement de l'État. Le Sénat a sorti une commission d'enquête où nous demandait en fait de libérer le pays en supprimant les deux tiers des agences et comités.
Alors ça euh c'est chiffré par le gouvernement à 2 3 milliards et dans les faits par la le rapport de l'enquête c'est plutôt 350 millions. Vous avez tout à fait raison mais le sujet c'est l'exemplarité et l'efficacité de la dépense publique. C'est ça le véritable objectif.
Et vous savez j'ai entendu parler d'une année blanche. Moi, je suis totalement opposée à une année blanche. C'est un manque de courage politique, c'est un manque de choix politique, c'est l'absence de réforme structurelle.
Alors qu'aujourd'hui, on le voyait bien ce matin dans les reportages, aujourd'hui euh cet immobilisme en fait depuis la dissolution euh coûte au ménage français. Euh ça plombe l'investissement, l'activité, les TPE et les PME qui souffrent de l'absence de visibilité. En fait, j'avais le sentiment que vous dites que vous êtes contre cette année blanche.
Vous êtes vous êtes aligné effectivement sur Laurent Voquet. On a le sentiment que Gérard Larchet, lui, qui est donc le patron du Sénat sont plus favorables à cette année blanche. Bien, écoutez, moi je trouve encore une fois que c'est l'absence de décision, c'est l'immobilisme.
Je le redis, la France aujourd'hui quand on regarde en fait les intérêts de la dette, ça va être le premier budget de l'État. Ça veut dire que c'est un enjeu de souveraineté de notre pays, de dépendre en fait en terme d'emprunt des pays étrangers. Et donc l'année blanche n'est pas une bonne idée.
On ne peut plus attendre. Et François Baou, il peut être l'homme de la situation, l'homme d'un budget de rupture, d'un budget de choc. Il a les épaules et il a l'envie d'aller jusqu'au bout.
François Baïou, son marqueur, c'est de dire depuis 30 ans, c'est lui qui parlait le premier de la dette et du déficit. Concrètement, qu'est-ce que que s'est-il passé ? En fait, il a aujourd'hui la possibilité justement de prendre le taureau par les connes et et d'annoncer des réformes enin de ne plus attendre.
Or, il a fait le choix de l'immobilisme puisque on laisse entendre qu'il y aurait une année blanche. C'est dommage pour la France et les Français. Merci beaucoup Ag Sverren.
Bonne journée à vous.
Agnès Evren