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Podcast / conversationSébastien Gobert· 4 juin 2026 12 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & élections

La Hongrie débloque les négociations d'adhésion de l'Ukraine à l'UE

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Sébastien GobertFait
    « On voit que après 16 ans de règne de Victor Orban, la victoire au législative de Peter Mayard a changé radicalement l'approche de Budapest par rapport à Kief. »
  • 3:00Sébastien GobertFait
    « la Hongrie de Victor Orban avait apposé son véto et en fait ça bloquait. Donc c'est un peu technique mais ça bloquait le système de remboursement. »
  • 3:30Sébastien GobertFait
    « La Hongrie levait son véto négociation d'adhésion de l'Ukraine et de la Moldavie à l'Union européenne. »
  • 5:30Sébastien GobertFait
    « le gouvernement ukrainien va être mis devant ses responsabilités évidemment en terme de réforme mais aussi de lutte contre la corruption. »
  • 7:00Sébastien GobertPromesse
    « la Moldavie vise une adhésion accélérée, elle vise environ 2030. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

L'Ukraine et la Hongrie ouvre un nouveau chapitre de l'histoire de leur relation. Ce sont les mots du ministre des affaires étrangères ukrainien Hry Sibira. On voit que après 16 ans de règne de Victor Orban, la victoire au législative de Peter Mayard a changé radicalement l'approche de Budapest par rapport à Kief.

Ça a des effets sur la relation bilatérale, mais aussi au niveau européen puisque ni la Commission européenne ni les États-membres n'ont plus aucune objection à l'ouverture des négociations d'adhésion de l'Ukraine et de la Moldavie à l'Union européenne, ce qui devrait être officialisé le 15 juin. C'est une révolution copernicienne pour la région et évidemment pour les efforts de Kiev et de Kishino pour rejoindre l'Union européenne. Alors, parlons-en.

Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où l'on parle donc de ce changement de politique notable à Budapest depuis l'élection de Peter Mayard aux législatives, même si bien sûr il reste des obstacles, il reste des défis et je vais par exemple à la fin de la vidéo rappeler le cycle de réforme interne en Ukraine mais aussi les tensions nouvelles qui s'éveillent avec la Pologne. On se rappelle he Peter Mayard a remporté une majorité constitutionnelle ce qui lui donne les coups des franches pour mettre à bas le système il libéral et la dérive autoritaire qui avait caractérisé ces dernières années du règne de Victor Orban. Péter Mayard n'arrête pas de faire les gros titres en exposant la corruption du régime précédent en prenant des mesures symboliques comme par exemple réduire le salaire qui était astronomique du premier ministre.

Donc son propre salaire. Il s'applique aussi évidemment à réformer la machine d'état, à restaurer l'indépendance de la justice et à réorganiser le secteur médiatique qui avait beaucoup souffert des 16 ans de règne de Victor Orban. On en est qu'au début et l'exemple polonais nous indique qu'il y a énormément de choses à faire et que c'est extrêmement complexe.

Il faut aussi se rappeler que Peter Mayar est un conservateur souverainiste. Par contre sur la scène extérieure là on a vu des modifications et ça a été très rapide. Peter Maya a renoué une relation qui s'annonce constructive avec Bruxelles pour dégeler des aides européennes qui avaient été gelées à cause des dérives autoritaires de Victor Orban.

Et aussi évidemment donc j'en viens au sujet de cette vidéo en reprenant des relations constructives avec Kief. Ça, on le voit au niveau de plusieurs rencontres qui ont déjà eu lieu, notamment au niveau ministériel. Kief fait aussi sa part puisque ce fameux oléoduc drougeba qui avait été endommagé dans un bombardement russe et qui avait mis énormément de temps à être réparé jusqu'à ce qu'on se demande si jamais Volodimir Zelenski et son gouvernement ne jouaient pas un peu la montre en attendant l'élection en Hongrie.

Et bien cet oléoduc maintenant il est remis en service et le pétrole russe coule de nouveau vers la Hongrie et la Slovaquie ce qui évidemment apaise les relations entre Budapest, Bratislava et Kief. aussi parmi les symboles qui ne trompent pas, l'équivalent de 100 millions d'euros qui avaiit été saisi par les autorités hongroises d'un fourgon bancaire ukrainien qui traversait la Hongrie. Et ça c'était dans le cadre d'une pseudo enquête de contreerrorisme.

Et bien ces fonds ont été rendus à l'Ukraine et on a appris ces deux derniers jours à travers une enquête de journaliste d'investigation Hongrois qu'il n'y avait aucune raison légale pour que Victor Orban ordonne la saisie de ce fourgon bancaire. Et donc ça, non seulement ça contribue à l'apaisement des relations entre Budapest et Kiev, mais ça montre aussi à quel niveau Victor Orban s'était abaissé à la fin de son mandat. Un autre élément qui s'inscrit dans cette révolution copernicienne qui a un impact plus ou moins direct sur la relation bilatérale, c'est le fait que la nouvelle majorité de Peter Mayard a annulé la sortie de la Hongrieut de Rome et donc maintient son adhésion à la Cour pénale internationale.

Et au moment où l'Ukraine compte énormément sur la justice internationale et notamment sur la CPI pour faire valoir ses droits par rapport à la Russie, et bien évidemment ce regain de légitimité envers la CPI ne peut que soutenir la cause ukrainienne. Dans le cadre de la reprise des dialogues notamment donc au niveau ministériel, Peter Mayard et Volodimir Zelinski ne se sont pas encore rencontrés, et bien on a appris ces deux derniers jours que la Hongrie levait son véau à ce qu'on appelle la European Peace Facility qui est un programme européen qui prévoit le remboursement jusqu'à 40 % des armes que les États-membres envoient à l'Ukraine. La Hongrie de Victor Orban avait apposé son véto et en fait ça bloquait.

Donc c'est un peu technique mais ça bloquait le système de remboursement. Et donc l'enveloppe totale, elle fait 40 milliards d'euros et là c'était un remboursement donc qui allait à différents pays membres de 6,6 milliards d'euros qui étaiit bloqués. La Hongrie a levé son véto et donc maintenant et bien ces remboursements peuvent directement aller vers les Étatsmembres concernés.

Donc attention, ça ne veut pas forcément dire que la Hongrie va livrer des armes à l'Ukraine. La Hongrie conserve quand même une politique très particulière vis-à-vis de l'Ukraine. Par exemple, elle conserve son embargo sur l'importation de produits agricoles ukrainiens, de même que la Slovaquie et la Pologne.

Donc tout n'est pas réglé loin de là, mais clairement ça s'améliore et comme preuve ultime, on a appris entre mercredi soir et jeudi matin que la Hongrie levait son véto négociation d'adhésion de l'Ukraine et de la Moldavie à l'Union européenne. Et cela ça s'est fait après une session de négociation donc bilatérale sur la question des droits de la minorité d'Ukraine. Là-dessus, ça mériterait presque une vidéo à part puisque la question de la situation de cette minorité nationale comme d'autres minorités nationales, c'était un problème qui n'en était pas un.

C'est-à-dire que les Ukrainiens ces dernières années avaient poussé pour l'Ukrainisation de l'éducation et aussi du marché du travail. et les pays desquels se revendiquaient ces minorités nationales, donc les Hongrois, mais aussi les Roumains, les Bulgares et encore d'autres, et bien dénoncer cette politique d'Ukrainisation comme une politique de répression de ces minorités et de réduction de leurs droits dans les sphères de l'éducation, de la culture, de l'administration ou encore de l'exercice d'un mandat politique. Encore une fois, c'était un problème qui n'en était pas vraiment un puisque la situation sur le terrain de cette minorité ou des autres minorités, elle est assez consensuelle.

C'est pas comme s'il y avait des barricades dans les rues, c'est pas comme s'il y avait vraiment des tensions au jour le jour. Mais la question a été instrumentalisée à la fois en Ukraine mais aussi à l'étranger. Et cette instrumentalisation a pu être poussée à l'extrême notamment par les gouvernements de Victor Orban.

Et on voit tout de suite que avec Peter Mayard et bien ce problème qui paraissait insoluble, il a été réglé en l'espace de 3 semaines. D'ailleurs, c'est l'expression que Peter Mayard a utilisé. Il a dit "On a fait plus en 3 semaines que Victor Orban n'a fait en 10 ans." Donc voilà, encore une fois, ça mériterait une vidéo à part.

Ce qu'il faut retenir ici, c'est que ça permet l'ouverture des négociations d'adhésion de l'Ukraine et de la Moldavie. Et ça, ça devrait être concrétisé, ça devrait être officialisé le 15 juin lors d'un prochain sommet européen. On parle pour l'instant de l'ouverture du chapitre 1 qui est le chapitre sur les fondamentaux, mais ça lance le processus et ça permet et bien d'entrer dans le concret et ça va permettre et c'est là où je voulais en venir de confronter le gouvernement à Kief entre ses demandes d'adhésion accélérées et la réalité de son cycle de réforme puisque ça fait déjà plusieurs mois voire plusieurs années que les Ukrainiens traînent que les réformes sont lentes.

Le gouvernement a beau jeu de répéter que si le cycle de réforme est lent, c'est à cause de l'invasion et c'est à cause de la pression militaire de la Russie. C'est en partie vraie, mais on voit que le gouvernement et les parlementaires arrivent à faire passer des réformes structurelles de temps en temps en période de guerre sur les quatre dernières années, mais c'est en général dans l'urgence quand il s'agit d'obtenir une aide financière vitale, que ce soit de l'Union européenne ou du FMI. Et donc là, avec l'ouverture de ces chapitres de négociation, le gouvernement ukrainien va être mis devant ses responsabilités évidemment en terme de réforme mais aussi de lutte contre la corruption.

Un autre exemple, c'est que le gouvernement ukrainien aime beaucoup se mettre en avant comme un des champions de la numérisation des services publics et comme un champion de la numérisation de la vie administrative ici en Ukraine. Par contre, depuis déjà plus de 10 ans, ils n'ont pas été capable de construire un système de registre douignier qui soit compatible avec le marché unique européen. Et ça donc ça montre que c'est d'abord et avant tout une question de volonté politique.

Donc voilà, ça ça va être particulièrement intéressant. Évidemment, il y a d'autres choses à dire sur la Moldaie où là pour le coup le cycle de réforme va beaucoup plus vite, le pays est beaucoup plus petit et donc la Moldavie vise une adhésion accélérée, elle vise environ 2030. Et c'est là aussi où ça nous amène à un autre défi euh qui va être posé par l'ouverture de ces négociations d'adhésion, c'est de savoir si l'Union européenne est prête et de savoir si cette perspective d'adhésion, elle peut se traduire à un moment donné par un acte politique d'élargissement.

On l'a vu ces dernières années, le processus d'élargissement, il ne va vraiment plus de soi. Il va falloir trouver un équilibre par rapport aux pays des balcons occidentaux, par rapport à la Turquie qui sont candidats depuis bien plus longtemps que l'Ukraine et la Moldavie. Il va aussi falloir trouver un équilibre au sein de l'Union européenne puisque si on considère sérieusement l'adhésion d'un pays comme l'Ukraine, alors dans ce cas-là, il va peut-être falloir penser à une réforme des traités, à une réforme de la Pâque et encore énormément d'autres secteurs.

Et puis parmi les nombreux défis et obstacles qui restent sur le chemin de cette adhésion à l'Union européenne, et bien il y en a un autre qui vient tout juste d'être réactivé, c'est la relation bilatérale entre l'Ukraine et la Pologne parce que on a vu encore une fois le ton monté entre Varsovi et Kiev ces dernières semaines et c'est encore une fois à propos de questions historiques et mémorielles. Les Ukrainiens ont procédé au rapatriement depuis le Luxembourg et à l'inief de la dépouille d'Andry Melnik et de son épouse qui était des grandes figures de Loupa, des grandes figures de la mouvance nationaliste radicale des années 1930-1940 et donc exilé et puis il était mort au Luxembourg et dans la foulée Volodimir Zelenski a avalisé le changement de nom d'une unité militaire en l'honneur justement de Loua, donc de l'armée insurrectionnelle ukrainienne étant donné que l'héritage de cette Oupa est extrêmement controversé parce que bien évidemment il s'était battu contre les bolcheviques, il s'était battu pour l'indépendance de l'Ukraine, mais il s'était aussi livré à des exécutions contre les Juifs et contre les Polonais en collaborant pendant une petite partie de la Seconde Guerre mondiale avec les nazis. Et bien la réaction à Varsovi a été épidermique et on entend déjà et notamment de la part du président Navrotki des appels à bloquer les négociations d'adhésion à l'Union européenne pour l'Ukraine.

Ça ça n'est pas la première querelle historique, ça n'est pas la dernière, mais c'est potentiellement un caillou dans la chaussure des Ukrainiens dans cette séquence qui par ailleurs leur est extrêmement profitable, que ce soit sur le front, dans leur stratégie de tir dans la profondeur dans la Russie et aussi sur le front européen par rapport à l'apaisement de ses relations avec Budapest et à l'ouverture prochaine des négociations d'adhésion. Donc voilà, je m'arrête là. On va suivre tout ça évidemment.

Pour l'heure. Je vous remercie beaucoup d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout.