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Conférence de presseLCP (sur YouTube)· 16 mai 2025 59 minContradictoireActualité / polémiqueSantéJusticeSolidarités & familleInstitutions & élections

Soumission chimique : présentation du rapport - 13/05/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous nous éclairer sur l'état d'avancement de l'expérimentation du remboursement des kits de détection de soumission chimique ?

  • 11:00OuverteRéponse directe

    Quelles recommandations pour renforcer la formation des professionnels de santé et améliorer le repérage des cas ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Quelles adaptations juridiques proposez-vous pour mieux protéger les victimes et faciliter les poursuites ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Quelles mesures prioritaires du rapport soutenez-vous pour lutter contre la soumission chimique ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Comment garantir que ce rapport ne reste pas sans suite concrète ?

  • 24:00RelanceRéponse partielle

    Quels moyens chiffrés proposez-vous pour financer la formation des personnels et les analyses toxicologiques ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour, ravi de retrouver à l'Assemblée. Un sujet de société important est à l'ordre du jour. Un sujet qui est susceptible de toucher tout le monde.

Un fléo même celui de la soumission chimique. Alors 5 mois après le procès des viols de Mazan, et bien un rapport parlementaire a été remis au gouvernement pour mieux accompagner les victimes, accélérer le traitement judiciaire et prévenir ces actes qui consistent à droguer une personne afin d'en abuser. Deux parlementaires ont travaillé sur le sujet pendant près de 6 mois.

La sénatrice Véronique Guillotin et la députée Sandrine Josseau, elle-même droguée par un collègue sénateur. Alors, les deux élus émettent une cinquantaine de recommandations, dont 15 quel jug mettre en œuvre dès cette année. Tout de suite, on rejoint la salle de la délégation au droits des femmes devant laquelle le rapport est présenté.

Et à tout à l'heure. Je tiens à vous exprimer ma profonde gratitude pour votre présence aujourd'hui ainsi que pour l'engagement exemplaire dont vous avez fait preuve tout au long de cette mission gouvernementale consacrée à la soumission chimique. Vous avez su traiter avec rigueur, sensibilité et hauteur de vue un sujet encore trop souvent relégué dans l'ombre du débat public.

Votre rapport d'une grande qualité, tant sur le fond que sur la forme constitue une contribution précieuse, lucide et courageuse. La soumission chimique n'est pas un phénomène résiduel si ni nouveau. Vous le rappelez dans votre rapport, la première occurrence clinique qui décrit l'usage de la soumission chimique remonte à 1982.

C'est une méthode de domination utilisée pour contrôler le corps des femmes qui représente 82 % des victimes. Les faire terre effacer leur volonté et leur consentement. Le procès des 51 violeurs de Giselle Péico a marqué une étape importante en mettant en lumière les spécificités de cette violence caractérisée par l'oubli des victimes et qui en fait les proies parfaites.

Si ce procès a bouleversé l'opinion publique, c'est aussi parce qu'il a été celui de la culture du viol dont la soumission chimique est un des outils. Les chiffres issus de l'enquête du CUPA pour l'année 2022 sont sans appel. Après évaluation des cas, 1229 agressions facilitées par les substances ont été retenues dans l'enquête.

Cela représente une hausse de plus de 69 % par rapport à l'année précédente. Si cette organisation, si cette progression est alarmante, elle témoigne aussi d'une prise de conscience croissante. Elle établit avec clarté que la soumission chimique constitue un enjeu de santé publique de première importance touchant de manière préoccupante à l'intégrité des personnes et aux droits fondamentaux des femmes et des enfants.

Ce phénomène appelle une prise en charge structurée et cohérente de la part des pouvoirs publics à la hauteur des défis qu'il soulève. Parler de soumission chimique, c'est aussi rappelé une réalité souvent ignorée. Les violences sexuelles ne sont que rarement commises par les inconnus.

La drogue du violeur que nous connaissons toutes et tous administrée par un inconnu en boîte de nuit ou soirée privée n'est en réalité que la face cachée de l'iceberg. Dans 82 % des cas, le danger réside le plus souvent dans la sphère intime au sein du couple, de la famille ou amicale. Aborder cette question, c'est donc aussi lever le silence sur les violences conjugales et incestueuses.

Il est également essentiel de rappeler que la grande majorité des victimes sont des femmes et des enfants qui pour ces derniers sont trop souvent les grands oubliés de la soumission chimique comme vous le rappelez dans votre rapport. Chers collègues, par ailleurs, nous sommes nous nous sommes battus ici même au sein de la délégation au droits des femmes et à l'égalité des chances entre les femmes et les hommes pour faire évoluer la définition pénale du viol et y intégrer la notion de consentement notamment à partir du rapport de notre présidente Véronique Roton don j'excuse la présence aujourd'hui et notre vice-présidente Marie-Charlotte Garin. Cette proposition de loi adoptée le 1er avril dernier constitue une avancée majeure pour mieux protéger les victimes de violences sexuelles, y compris de soumission chimique.

Vous formulez mesdames, chers collègues, 50 recommandations dans votre rapport dont 15 prioritaires pour lesquels vous demandez une mise en œuvre courant de l'année 2025. Vous avez évidemment notre soutien plein et entier. Les membres de la délégation aux droits des femmes sont à votre disposition pour en assurer la mise en œuvre effective.

Et avant de vous laisser présenter les conclusions de votre rapport, j'aimerais vous poser à partir des échanges que nous avons pu avoir avec notre présidente Véronique Roton quelques questions pour nourrir notre échange. D'abord, le gouvernement avait annoncé l'expérimentation du remboursement par l'assurance maladie de kit individuel permettant de détecter une soumission chimique dans plusieurs départements. Pourriez-vous nous éclairer sur l'état d'avancement de cette mesure dont vous préconisez la généralisation via le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour l'année 2026 ?

Par ailleurs, je me réjouis également que vous insistiez sur la nécessité de renforcer les moyens de l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle dans les établissements scolaires du 1er et second degré. Nous ne cessons de le répéter. L'éducation est l'une des clés du changement.

En outre, les données actuelles révèlent des défaillances dans les détections précoces de ces violences. Quelles recommandations formulez-vous pour renforcer la formation des professionnels de santé et améliorer les le repérage des cas de soumission chimique ? Enfin, quelles sont les adaptations spécifiques du cadre juridique actuel que vous proposez afin de mieux protéger les victimes et de faciliter les poursuites judiciaires ?

L'introduction de la notion de contrôle coercitif notamment peut-elle être une piste ? Chers collègues, je vous remercie, madame la députée, madame la sénatrice pour ce rapport important, très important, qui contribue à notre prise de conscience collective, vous donner à voir, à comprendre et surtout à agir. Je vous laisse désormais nous présenter les conclusions de votre travail puis nous passerons aux échanges avec nos collègues ici présents et dont je remercie la présence.

Je vous remercie et je vous cède tout de suite la parole. Commençons par vous cher collègues Sandrine. Je Merci monsieur le président, chers collègues, je vous remercie sincèrement de nous accueillir au sein de la délégation des droits des femmes de l'Assemblée nationale avec ma collègue et notre collègue sénatrice Véronique Guillotin et l'administratrice de cette mission Marine d'Arnaud.

C'est bien sûr avec beaucoup d'émotions et après 13 mois de travail acharné dans une ambiance politique très particulière que nous nous présentons aujourd'hui devant vous. Nous avons rencontré 275 personnes mené plus de 50 auditions fait plus de 15 déplacements en France et à l'étranger. Ce rapport, il contient 50 de recommandations, dont 15 applicables dès 2025.

Je vais vous proposer les huit premières et Véronique présentera les suisantes. Également, je me permettrai de répondre à quelquesunes de vos questions et donc madame Guillotin complètera mes réponses. La première recommandation, comment concerne la grande campagne nationale àède de sensibilisation à la lutte contre la soumission chimique.

Elle se fera en partenariat avec l'association Mandorpa stop à la soumission chimique. Je salue d'ailleurs la fondatrice et la présidente de cette association qui est Caroline Darian, la fille de Giselle Pélico. Également cette grande campagne sera menée avec le centre de référence des agressions facilitées par les substances, le Crafs.

Hier, madame la ministre berger a insisté également pour faire en sorte que cette campagne soit savamment pilotée par donc la MIPR qui est donc cet organisme qui s'occupe de la formation sur le sujet de toutes les formes de violence sexuelle. Dans le même objectif, nous demandons une conférence annuelle relative à la lutte contre les violences intégrant les faits croissants de soumission chimique et de vulnérabilité chimique. Pour un petit rappel, dans chaque territoire, les préfets pilotent ce qu'on appelle donc le clave qui est euh en fait une sorte de d'organisation qui permet euh de faire un point euh régulièrement sur le territoire et de coordonner les actions concernant tout ce qui concerne les victimes.

Également, nous proposons en recommandation numéro 3 euh le prélèvement. Alors ça c'est vraiment un point capital. Évidemment quand les faits ont été commis, l'urgence absolue c'est le prélèvement de sang d'urine et plus tard si le contre la montre est dépassé des cheveux.

Il s'agit de détecter le plus rapidement possible dans les heures qui suivent. Alors il n'y a pas de kit de détection possible en vent lit par exemple en pharmacie mais uniquement des kits de prélèvement. La toxicologie est vraiment une science de pointe et il faut à cet effet en fait vraiment avoir la certification que les analyses seront faites par un laboratoire référencé avec une capacité aussi d'interprétation avec un médecin toxicologue.

J'insiste donc que la priorité des priorités, ce sont les prélèvements partout sur le territoire. Chaque professionnel doit avoir les bons réflexes pour ne pas faire perdre de chance à la victime, même lorsque la soumission chimique a lieu dans les heures profondes ou le weekend dans un territoire éloigné d'un CHU. Elle doit pouvoir donc faire effectuer des prélèvements.

Pardon. On doit pouvoir faire effectuer des prélèvements car c'est la seule preuve irrifutable et on peut être accompagné à ce moment-là sur le territoire d'infirmières qui sont dans un protocole de coordination nationale avec toutes les parties prenantes, les pharmaciens également les médecins, les laboratoires. Ce protocole, il est en cours d'écriture.

D'ailleurs, dans ce rapport, on a mis en place un groupe de travail pluridisciplinaire pour se faire et une partie de cette écriture figure dans le rapport. La mission recommande également l'autonomatisation officielle du centre de référence des agressions facilitées par les substances sous forme d'unité fonctionnelle ou de services hospitaliers comme structure nationale d'information et de coordination auprès des victimes et des professionnels. Des moyens humains et matériels et financiers lui seront attribués en conséquence.

également la généralisation sur tout le territoire de l'expérimentation de la prise en charge des prélèvements sanguins, urinaire et capilla sans dépôt de plainte. Il faut agir dès le prochain projet de loi de finance de sécurité sociale pour le 1er janvier 2026. La mission recommande également d'intégrer au code pénal la circonstance aggravante pour la victime en cas par exemple d'état d'ivresse ou sous l'emprise de produits stupéfiants.

Euh pour les infractions de viol d'agression sexuelle par exemple sur ces personnes particulièrement vulnérables. En fait, il faut renverser la responsabilité. une personne euh par exemple un agresseur qui s'attaque à une victime en sachant qu'elle est déjà en vulnérabilité euh doit malheureusement euh en fait se rendre compte très rapidement qu'il faut qu'il arrête en fait de mettre en place ses habitudes parce que souvent ce qui se passe c'est que on accuse la victime d'avoir trop but et effectivement le plus important c'est de comprendre que c'est surtout une opportunité pour l'agresseur de d'agresser cette personne.

La mission recommande également les renforcements des moyens. Les professionnels font un travail formidable mais à moyen constant avec des demandes croissantes. Si l'on veut des preuves irréfutables et certifié et aussi indiscutable à l'occasion par exemple d'un procès, il faut renforcer les moyens partout sur le territoire des unités médicojudiciaires.

Dernière chose, nous avons dans cette mission mis en place un groupe de travail de vixteam expert qui nous ont aidé aussi à formuler certaines recommandations. J'ai rencontré comme enfin comme ma collègue Véronique énormément de victimes. Elles ont témoigné lors d'audition et elles ont accepté de participer sur le long cours aux avancées de ce rapport.

Je tiens bien sûr sincèrement à les remercier et j'étudie actuellement une proposition sur le fait que par exemple ces victimes expertes pourraient intégrer ces groupes pilotés par les préfets sur les territoires, ces fameux claves pour apporter en fait leur expérience et finalement pouvoir un peu transformer ce qu'elles ont vécu et donner aux autres le moyen de s'en sortir. Je vous remercie. Merci chers collègue Sandrine Josu.

Madame la sénatrice Chenique Guillotin, je vous cède la parole. Merci monsieur le vice-président. Merci Sandrine.

Mesdames et messieurs les députés. Donc je vais comme l'a dit Sandrine il y a quelques minutes, compléter les propos pour tenter d'embrasser l'ensemble du rapport. bien que je pense que les 50 propositions ne vous seront pas présentées en détail aujourd'hui, mais vous avez, je crois, des exemplaires du rapport devant vous.

Alors, j'ai tendance à dire que ce rapport n n'est pas un rapport comme les autres. Il y a un an, on a entamé nos travaux avec Sandrine sans trop savoir par quel bout on allait on allait prendre ce sujet à la fois sensible et difficile. Donc on a je me souviens vraiment du début où on s'est mis d'accord rapidement pour pour dire que la première des tables rondes devait être la table ronde des victimes parce que ce rapport il est fait avec elle mais pour elle et c'est vraiment cette première table ronde qui nous a permis de de tirer un peu les fils de des différentes pistes à explorer pour tenter en tout cas d'apporter des réponses et et d'améliorer le dépistage, le suivi et et la prise en charge des victimes.

Alors comme l'a dit Sandrine, c'est un rapport qui déploie une cinquantaine 50 recommandations dont 15 prioritaires que l'on dont on appelle le gouvernement à les mettre en place le plus rapidement possible courant en 2025 et dont une partie d'entre elles dans le PLFS pour 2026. Globalement, il s'articule autour de de quelques axes. Mieux définir la soumission chimique parce que on ne parle de quelque on parle bien de quelque chose quand on met les mots qui vont bien et lorsque l'on a bien défini.

Donc c'est cette définition du code pénal de la soumission chimique et puis reconnaître la vulnérabilité chimique comme une circonstance aggravante. Cela a été dit. C'est peut-être aussi un angle mort qu'il y avait euh dans le dans le code pénal jusqu'aujourd'hui.

Le deuxième axe, c'était de prendre en charge les victimes dans leur globalité en encourageant le le dépôt de plainte et surtout en améliorant l'accueil des victimes lorsqu'elles vont auprès des professionnels de premier recours, que ce soi les professionnels de santé, mais que ce soit également les professionnels police ou gendarmerie. et puis en sécurisant ce que l'on a appelé régulièrement une course contre la monte du recueil d'épreuves. Recueil d'épreuves qui est éminemment important central et qui est décisive pour une suite judiciaire possible et pénale possible parce que les preuves sont comme vous le savez très très labiles et disparaissent rapidement.

Et enfin, un dernier axe, c'était de développer la recherche, mais j'y reviendrai, et de lutter contre la cybercriminalité parce que le procès maan montré que il y avait à travers cette organisation malsine vraiment un le un rôle un rôle majeur de des réseaux sociaux. Alors, étant moi-même médecin généraliste, je m'attacherai plus particulièrement au volet médical de ce rapport, au demeurance central. Car dans le cas de la soumission chimique et de la vulnérabilité chimique et dans le le l'affaire pélico, l'affaire du viol de Mazan, on s'est vraiment aperçu qu'après cette l'effet de sidération qu'il a qu'il a engendré à titre personnel, mais je crois que l'ensemble de la communauté médicale l'a fait, moi je me suis très vite interrogée sur les 10 années, c'est ce qui m'a choqué peut-être dès le départ, les 10 années d'érance médicale euh qu'a dû traverser la victime.

Alors, je me suis demandé si la possibilité d'évoquer ou en tant que professionnel de santé de penser à la possibilité que son mari drogue, la patiente que j'aurais eu devant moi me serait venu à l'esprit en toute sincérité et vraiment en avec une grande humilité. La la la réponse est clairement non. Euh donc j'ai euh je me suis vraiment interrogée et effectivement c'est un pan, c'est un diagnostic, c'est en tout cas une sensibilisation qu'on avait pas et il nous est euh rapidement apparu euh essentiel en fait euh de de réparer euh cette problématique et et de créer un référentiel unique dans un format euh court et à la fois très lisible pour une détection immédiate.

Alors, je m'explique la la l'explication enfin en tout cas la proposition concrète, c'est effectivement de permettre et de demander la publication dès 2025. Alors, on a euh on a sollicité enfin en tout cas on a insisté du auprès du ministre de la santé pour la date du 25 novembre 2025 qui est la date de la date de la lutte contre les violences faites aux femmes en se disant ce serait qu'un beau signal que ce référentiel HAS puisse être publié à cette à cette date là, chose qu'il a écrit en gros sur sa pochette. Donc voilà, j'espère que en tout cas ça va l'interpeller mais je pense qu'il a été assez sensible à l'argument et l'idée c'est effectivement pour tous les professionnel de santé de pouvoir améliorer le dépistage euh l'orientation des patientes et puis l'accompagnement des victimes sous des victimes de de soumission chimique et de vulnérabilité chimique.

Alors, ces recommandations spécifiquement destinées aux professionnels de santé permettront de clarifier un parcours de prise en charge qui est aujourd'hui peu lisible mais je dirais même peu connu en fait des des professionnels de santé et c'est la date du 25 novembre. Voilà. Donc plus généralement euh la question de la formation nous a apparu nous est apparue central réclamée par les professionnels d'ailleurs.

Alors notamment celle des soignants qui constitue une première ligne souvent pour les victimes. Un besoin récurrent a été formulé pour chaque structure auditionnée d'être formé sur la soumission chimique et la vulnérabilité chimique. Aussi nous formulons plusieurs recommandations dans ce sens.

La première est que dès la deuxème année des études de santé, une sensibilisation à la soumission chimique dans le cadre du service sanitaire puisse être réalisé. Un service sanitaire qui dure 6 semaines qui est réalisé par chaque étudiant en santé. Donc il y a les étudiants en médecine, pharmacie, maque, massokinésithérapie, odontologie, les infirmiers en les étudiants en soins infirmiers.

Donc c'est une formation qui permettra de couvrir une très grande partie des futurs soignants de premier cours et pas exclusivement des professionnels médicaux. Elle sera également utile pour prévenir les phénomènes de vulnérabilité chimique dans un milieu festif étudiant connu pour ses comportements à risque. Et c'est également une un point d'attention qui nous a été relevé régulièrement par les doyens de faculté que nous avons auditionné.

En fait, 54 % des femmes dans le milieu médical, 54 % des femmes actives donc qui travaillent déclarent avoir été victimes de violence sexiste et sexuelle notamment au sein avec leurs propres collègues. Or, cette atmosphère a des conséquences immédiates pour les professionnels de santé qui sont bien évidemment des victimes. Mais c'est également une vraie problématique pour la qualité de la prise en charge parce que lorsque l'on a été victime, c'est peut-être plus compliqué, plus difficile de prendre en charge des des patientes et des victimes également.

Donc voilà, on pense que c'est quand même un sujet important. La 2e recommandation sur la formation, c'est queon puisse continuer cette formation continue en 6e année d'étude médicale, plus particulièrement dans le domaine de la pharmacologie sur le le l'apprentissage ou en tout cas la sensibilisation des usages détournés des psychotropes et des médicaments. On voit bien que la soumission chimique n'est pas que le GHB, ça a bien été dit, c'est un petit peu la partie émergée de l'iceberg.

C'est très souvent des médicaments de la pharmacie de notre propre pharmacie, des antihistaminiques, des psychotropes, le petit hypnotique du soir, enfin voilà. Et donc, il est aujourd'hui important de travailler et de sensibiliser tous les professionnels de santé sur ces ces usages détournés. On a également surtout pas laissé de côté la formation continue à travers des diplômes universitaires ou des MOU qui commencent déjà d'ailleurs à émerger sous l'impulsion d'initiative locales.

Certaines universités les déploient déjà. L'idée générale en fait est que chaque soignant puisse avoir à l'esprit l'hypothèse d'une soumission chimique lorsque ce tant que ce diagnostic n'a pas été définitivement écarté. En matière de santé, quand on a un patient devant soi qui présente des symptômes, on a effectivement un panel de diagnostic qui s'offre à nous et que l'on connaît avec des diagnostics un peu rares et un peu isolés.

Et je crois que ce qui a en fait empêché euh Giselle Pélico d'être repéré au bon moment, c'est qu'à aucun moment ce diagnostic de soumission chimique ou de vulnérabilité chimique, mais notamment de soumission chimique est intervenu en se disant ben tiens quand même c'est curieux. Certes, ça peut être un trouble cognitif, certes, ça peut être un problème, il y avait des problèmes gynécaux également, mais dans ce cas-là où on narrive pas vraiment à identifier les choses, soyons voilà, soyons alertés. Il y a peut-être un problème de soumission chimique surtout que le mari en fait était présent en fait à chaque consultation et là aussi ça doit quand même ça doit pouvoir interpeller mais encore faut-il que les professionnels soient formés sensibilisés.

Donc mais la question bien sûr de tous les professionnels de tous les professionnels en contact des victimes est crucial. Donc je reviendrai pas en détail sur chaque proposition du rapport, mais il va falloir collectivement prendre ce sujet à bras lecor pour améliorer concrètement l'accueil et l'accompagnement des victimes. Alors, je parle des notamment des professionnels, les forces de l'ordre, les procureurs, les juges avec des sensibilisations pour chaque corps de métier d'une sensibilisation spécifique à la soumission chimique.

Pour en revenir au médecin, il y a une recommandation qui est également faite dans ce rapport, c'est d'élargir la levée. Et la deuxième recommandation d'ailleurs du rapport, c'est de d'élargir la levée du secret médical en cas de soumission chimique. Que cette que la soumission chimique soit un motif de plus de pouvoir lever le secret médical. un pour protéger bien évidemment les professionnels et pour protéger les patientes ou les patients victimes et victimes qui pour un moment d'altération de de du discernement ou par peur ne porterait pas plainte ou euh aurait voilà des difficultés à le faire.

Donc c'est bien évidemment les inciter mais pouvoir aussi permettre une levée du secret médical pour pouvoir faire avancer des affaires quelquefois très complexes. Alors Sandrine a évoqué la question majeure et sensible du recueil de preuve. Donc je reviendrai pas euh je je reviendrai pas sur sur le sujet, mais on a une petite Maxime qui nous dit que effectivement la soumission chimique est le crime parfait puisque l'PRO disparaissent euh très rapidement.

Sauf qu'avec un tel rapport, on espère euh que le la le réflexe du recueil de preuves traces deviennent en fait le pire ennemi des agresseur. lors de la première table ronde, je vous l'ai dit, qui est consacrée aux victimes également, il y a un sujet qui est également revenu très régulièrement, c'est bien sûr la question du coût des analyses qui a été posé et qui demeure un frein puisque globalement, je parle sous peut-être sous le contrôle, on est autour de 1000 1200 € pour les recueils de preuvit dépôt de plainte qui n qui ne sont pas qui n'étaient pas remboursés. Donc l'expérimentation et la demande de généralisation de cette expérimentation doit être effectivement et on l'appui je pense du côté des deux chambres tant à l'Assemblée nationale qu'au Sénat pour qu'effectivement ce remboursement puisse être effectif et passer dans le droit commun dès dès janvier 2026.

Enfin, une recommandation importante qui est sur la recherche. Alors, avec des axes différents de la recherche. Une recherche bien sûr en matière de galénique et de toxicologie.

On comprend bien les raisons, hein. Le médicament, son détournement, le type de de peut-être de pouvoir mettre dans le médicament ou en tout cas en matière de galénique des produits amer, des produits colorés, enfin des choses pour que le le détournement de de ce de ces médicaments puissent être le plus faible possible. des recherches bien évidemment en santé sexuelle, indispensable pour mieux comprendre la survenue et le développement des violences et pour construire un parcours de soins afin de les enrayer. et puis également des recherches cliniques sur le psychotrauma qui est une facette vraiment majeur de la prise en charge des des victimes qui lié enfin des victimes liées aux violences sexuelles mais ça pourrait être élargi effectivement à d'autres violences pour laquelle nous souhaitons et c'est dans une recommandation bien précise créer un appel à projet spécifique dans le cadre de France 2030 qui mentionnerait explicitement dans cet appel à projet les situations de soumission chimique.

Voilà. Et je concluraai euh sur quelque chose moi qui me tient à cœur, mais je crois que dans cette délégation qui ne peut que raisonner, c'est effectivement euh avoir un axe important sur la prévention et notre mission recommande qu'elle se fasse dès le plus jeune âge avec l'éducation à la vie affective et nous nous recommandons et nous demandons un renforcement des moyens au bénéfices des enseignants pour pouvoir accentuer cette sensibilisation dès le plus âge, le respect, le consentement, euh l'égalité entre les hommes et les femmes, enfin les petites filles et les petits garçons, le genre et le non genré. Euh voilà, que chacun puisse effectivement trouver sa place, que l'on puisse également ouvrir euh des espaces de dialogue avec les enfants, espaces de dialogue qui vont permettre effectivement de peut-être dans des milieux où on ne parle pas beaucoup, dans des milieux familiaux où il y a des sujets tabou peut-être pouvoir amener une connaissance aux enfants, une sensibilisation, mais également peut-être de libérer la parole de certains enfants dans les classes.

On sait qu'il y a au moins deux enfants par classe qui sont victimes de violence et pouvoir également leur libérer la parole parce que on est persuadé, ça a été d'ailleurs clairement par différentes études mis euh mis à jour. Des jeunes sensibilisés, ce sont des agressions en moins. Donc c'est un vrai coût positif pour la société, pour les enfants globalement également pour bien sûr il y a un coût économique derrière que l'on ne peut pas nier.

Voilà. Donc si je me suis particulièrement attardée sur le milieu de la santé, c'est pour pour rappeler un peu que cette introspection que je me suis faite, je pense que tout le monde doit se la faire sur cette invisibilité du phénomène qui a existé trop longtemps et pendant des décennies. Je crois que ce procès ma en tout cas aujourd'hui et le courage de Giselle Pélicot que nous avons tous salué régulièrement en fait nous oblige à agir et nous oblige à ne plus jamais laisser retomber en tout cas cette grande cause et ce combat afin de protéger l'ensemble des victimes.

Donc j'aurais moi un seul mot, c'est passer à la mobilisation collective. Mais c'est pas ici qu'on va convaincre les uns et les autres. Mais en tout cas, on aura besoin effectivement de tout le monde, l'Assemblée nationale, le Sénat, les associations, vous parlementaire et puis bien évidemment le gouvernement auquel nous adressons ce rapport mais qui comme tu l'as dit Sandrine, je crois qu'on les a senti bien mobilisés, bien à l'écoute et je crois que tu tu as posé une question avec une réponse très positive peut-être de la ministre Aurore Berger.

Voilà, merci. Merci beaucoup madame la sénatrice. Merci beaucoup chers collègues pour la présentation de ces travaux très clairs et et complet.

Je vous propose que nous passions à l'intervention de chacun des orateurs de groupe pour 2 minutes chacun en commençant par monsieur Emmanuel Tacher de la pagerie pour le groupe du Rassemblement national. Monsieur le président, euh je voulais saluer la précision et l'exhaustivité du rapport concernant la soumission chimique qui nous est apportée par nos collègues Josu et et Guillotin et qui permet de mettre définitivement, je ne sais pas mais évidemment en lumière ces ces crimes de la honte. La soumission chimique définie comme l'administration d'une substance psychoactive à l'insu de la victime ou sous la menace à des finins criminel ou déluel et la vul vulnérabilité chimique qui désigne un état de fragilité induit par la consommation de ces substances sont des pratiques qui mêlent prédation, préméditation et évidemment lâcheté.

Elles permettent aux agresseurs de tenter de camoufler leur crime avant même de les commettre, rendant la trace judiciaire encore plus complexe. Comme pour toutes les violences sexistes et sexuelles, les victimes doivent surmonter des conséquences dramatiques. Stress traumatique, post-traumatique, pardonnez-moi, trouble physique et psychologique, errance médicale et judiciaire, ça a été dit, et une solitude avérée.

Face à cette réalité, nous devons agir vite et fort. Nous avons une possibilité quasi immédiate d'horizon 2025-2026. Le rapport conséquemment propose 50 recommandations que nous ne pouvons que soutenir.

Parmi elles, je retiendrai la simplification de la procédure de recueillement d'épreuves, le déploiement des kits de prélèvement biologique, l'intégration au code pénal d'une circonstance aggravante pour les infractions de vol et agression sexuelle lorsque la victime est sous l'empire de substances psycho-actives. Au-delà du drame de l'affaire Péico qui nous a tous sauté au visage et qui a ému, je crois, au-delà de nos frontières, les chiffres parlent de même. En 2022, 1229, soumission et vulnérabilité chimique ont été analysées.

Je souhaitais redire la détermination effectivement qui doit nous nous animer de façon quasiment immédiate et à titre personnel redire à notre collègue Sandrine Rousseau mon admiration pour sa détermination, son courage et sa dignité. Je vous remercie. Merci beaucoup chers collègues Sandrine Joso.

Euh merci beaucoup chers collègues. Je cède la parole à madame Julie despêche pour le groupe ensemble pour la République. Merci monsieur le président.

Mesdames les rapporteurs, chers collègues, au nom du groupe Ensemble pour la République, je tiens à saluer l'engagement et la rigueur avec lequel vous avez mené ce travail. Ce rapport est bouleversant. Il met des mots sur une violence qui agit dans l'ombre, vous l'avez dit.

Une violence invisible, silencieuse, mais terriblement destructrice. Celle de la soumission chimique. Derrière chaque chiffre, derrière chacune de vos recommandations, il y a une vie.

Une femme qui se réveille sans souvenir, une jeune fille qui doute d'elle-même, une victime qui, faute de preuves, ne sera jamais crue. C'est elle que nous devons entendre aujourd'hui grâce à vos travaux. La soumission chimique ainsi que la vulnérabilité chimique sont des réalités encore trop méconnues et pourtant en constante progression, vous l'avez rappelé.

Le fait que ces violences soient souvent indétectables, qu'elle laisse peu ou pas de traces ne les rend pas moins destructrices. Pire encore, elle prospère sur le silence, la honte et le sentiment d'impunité. Je me félicite des recommandations des 50 recommandations que vous avez formulé et notamment des 15 priorités à mettre en œuvre pour 2025.

Ces mesures vont dans le bon sens et rejoignent pleinement nos engagements pour une République plus protectrice des femmes. Il nous appartient maintenant de faire vivre ce rapport par des actes et de garantir que chaque victime soit reconnue, protégée et accompagnée. Aussi, il est de notre devoir de faire en sorte qu'il ne reste pas l'être morte.

Vous pourrez compter sur notre soutien. Et puis à titre personnel au nom de mon groupe évidemment je je nous sommes au côté de Sandrine Joso dans son combat depuis le début et vous pourrez compter sur nous jusqu'au bout pour vous accompagner. Merci chers collègues.

La parole est maintenant à madame Sarah Lin pour le groupe la France insoumise. Merci monsieur le président, mesdames les rapporteurs, chers Sandrine Joso, chers collègues. Alors cette présentation de votre rapport sur la soumission chimique est un de ces moments importants qui d'ailleurs je crois aurait dû mobiliser aujourd'hui davantage de nos collègues.

Un de ces moments importants où nous passons d'une parole qui s'est courageusement faite entendre, la vôtre, Sindrine Josu, à un déferlement de témoignage, à un constat de société et à des préconisations politiques. Un constat qui est accablant sur l'ampleur jusqu'ici totalement sous-estimée d'un phénomène, celui des violences sexuelles par le recours à la soumission chimique, un phénomène qui est celui des violences sexuelles qui rentre dans cette ce système là mais qui a aussi des conséquences spécifiques sur les victimes, sur les difficultés qu'elles vont rencontrer dans leur parcours pour la justice, pour la réparation. Et euh de ce constat, vous tirez des préconisations politiques aussi, notamment en matière de formation des personnels, de remboursement des textes, des tests toxicologiques.

Et je me dois de dire d'emblé que maintenant que ces préconisations sont faites, je crois qu'il il faut qu'on arrive à un autre moment qui sera très important qui sera celui des moyens pour appliquer ces recommandations. Donc, j'accentue mes questions là-dessus. Ce rapport intervient, votre présentation intervient à un moment singulier, doublement singulier.

Aujourd'hui, Gérard Depardieux a été condamné. Une part du verdict est historique parce que elle prend en compte la dimension de la victimisation secondaire puisque Gérard Depardu est condamné à 1000 € pour chacune des des plaignantes du fait que il y a eu des propos particulièrement stigmatisants, dénigrants, violents lors de la défense. Et on sait que cette victimisation secondaire, elle n'a pas lieu qu'au moment du procès.

On l'a vu au moment du procès pélico, mais elle a lieu aussi dans toutes les étapes. Et donc, je voulais vous demander peut-être ce focus spécifique sur le type de victimisation secondaire dont peuvent être victimes euh les euh les victimes de violence sexuel par la soumission chimique euh qui euh euh là encore peuvent donner lieu à des réactions spécifiques, désobligeantes, culpabilisantes. Quels sont vos GOSTA et quelles sont aussi vos recommandations y compris en terme de financement pour la formation de tous les personnels qui vont être confrontés à ces à ces enfin qui vont rencontrer ces victimes ?

Et puis à cette question de la formation des personnels de justice et de police, s'ajoute celle des personnels de santé. Vous l'avez dit en fait, les 10 ans d'érance de de Giselle d'érance médicale de Giselle Pélico nous ont tous saisi. Nous sommes tous demandés comment c'était possible en fait qu'autant de rendez-vous médicaux aient lieu sans que personne ne se pose cette question.

Et puis on se pose aussi du coup la question évidemment derrière le remboursement du coût causé par les analyses toxicologiques de l'information. Et donc pour cela, il faut des personnels encore une fois de santé qui soient formés pour informer les victimes sur la possibilité de faire ces tests et pour toutes les démarches à suivre. Et donc là encore, à combien chiffrez-vous ces besoins ?

Parce que je pense que nous aurons besoin ensuite au moment du budget de financement de la sécurité sociale et du budget général de l'État d'avoir des chiffres pour que ces recommandations elles soient réellement appliquées. Je vous remercie. Merci beaucoup chers collègues.

La parole est maintenant à madame Karine Lebont pour le groupe GDR. Merci monsieur le président, mesdames les rapporteurs, chers collègues. Alors, je tiens à saluer votre travail remarquable qui permet de mettre en lumière un sujet encore trop souvent relégué dans l'ombre, emprisonné, dans des clichés tenaces.

Votre rapport démonte ces clichés profondément ancrés qui contribue à invisibiliser les victimes et à entretenir ce sentiment insupportable d'impunité. Il nous rappelle une réalité dure mais incontournable. Aujourd'hui, les femmes et les filles ne sont en sécurité nulle part, pas même chez elles.

Alors oui, il faut sensibiliser l'opinion, mais aussi former massivement les professionnels de santé, vous l'avez dit, les forces de l'ordre, les magistrats et les magistrates. On ne pourra pas avancer si ceux et celles qui accueillent la parole des victimes ne sont pas préparées, formées, soutenues. Alors, j'ai pour exemple très récent une femme de la Réunion qui est venue me voir parce qu'elle a porté plainte pour viol sous soumission chimique.

En fait, elle souffre de fibromyalgie et son mari l'encourageait à prendre ses antidouleurs qu'il endormait. Euh et le psychologue agréé comme expert par le tribunal lui aurait dit "Mais madame, de quoi vous plaignez ? Il vous a pas fait mal, vous étiez inconsciente." Donc ce type de propos inacceptable ne doit plus être tenu.

Donc, vous le disiez, ce rapport a été remis à la ministre Aurore Berger dans son communiqué à l'évoque des priorités, éducation, respect au consentement, évolution du droit. Très bien. Mais elle ne dit pas un mot des mesures qui demandent des moyens, rien non plus sur le budget 2026.

D'où ma question. En octobre, à votre avis, pourra-t-on constater une augmentation claire des crédits pour lutter contre les violences sexuelles ? Et quelle garantie pouvez-vous espérer obtenir d'ici là ?

Sur les prélèvements biologiques sans dépôt de plainte, la mission propose de généraliser l'expérimentation. À la Réunion, les équipes de l'UMJ que nous avons rencontré demandent une ligne budgétaire dédiée intégrée au budget global du service. Est-ce une piste que vous jugez solide et applicable ailleurs ?

Sur l'effectivité du protocole national, quel mécanisme de contrôle vous semble le plus adapté pour garantir une mise en œuvre réelle partout en France et pas seulement sur le papier ? Et enfin, un mot sur les outresemes. Ces territoires sont peu présents dans le rapport.

Pourtant, eux aussi sont touchés durement par les violences sexuelles. Le manque de coordination, d'information, de moyens y est souvent encore plus criant. Alors, madame Josau a évoqué les outremères dans ses prises de parole, mais selon vous, est-ce que la situation y est différente ?

Et si oui, comment y répondre spécifiquement ? Je vous remercie. Merci.

Chers collègues, je vous propose mesdames les rapporteurs de répondre en gardant le même ordre de présentation que tout à l'heure. Donc madame Josau d'abord puis madame Guillotin. Merci monsieur le président.

Chers collègues, je voudrais vraiment vous remercier pour vos propos. Monsieur de la pagerie, madame Delpêche, madame madame Lin et également madame Dubon. euh pour répondre directement aux questions de la victimisation secondaire.

Effectivement euh elle est très importante. Elle commence en fait dès le départ, c'est-à-dire que euh la victime, si elle parle, voilà, elle peut déjà être confrontée par la société tout entière à plein d'endroits dans le monde judiciaire, bah à commencer, mais aussi dans son entourage au fait que on la croit pas. Donc ça c'est déjà ça nous regarde tous et ça c'est aussi une préoccupation en lien avec l'éducation et la prise en compte dans la société de de ces victimes là qui deviennent finalement coupables dès le départ.

Et ça c'est très important d'insister parce que en fait c'est ce qu'on appelle en fait le renforcement du traumatisme et du psychotrauma. également moi ce que ce que j'ai remarqué c'est que parfois il y a des bonnes intentions. Par exemple à la police judiciaire, on peut proposer après par exemple qu'une victime est portée plainte un accompagnement.

Très souvent les psychologues qui accompagnent ces victimes en fait exercent et viennent en permanence en fait dédié dans les mêmes locaux où cette victime a porté plainte. Donc le fait de revenir sur le lieu de dépôt de plainte, ça fait parfois aussi partie de la victimisation secondaire. Il y a vraiment une attention très particulière à à avoir là-dessus.

Moi, ça m'a particulièrement ému et vraiment douloureusement ému ce sujet. Ensuite, sur la victimisation secondaire, il y a d'autres étapes, des étapes en lien aussi avec la procédure. Quand il y a une instruction, les victimes sont amenées à voir plusieurs fois les juges d'instruction, à répéter ce qu'elles ont vécu et puis il y a cette étape de confrontation où il y a un biais dans la société qui fait croire que lors de la confrontation, le mis en cause va passer aux aveux.

Or voilà, vous comprenez bien que ça arrive très peu. Donc là, on a encore une situation de victimisation secondaire. Donc elles sont euh elles sont nombreuses, elles sont à plein d'endroits.

Et puis euh il y a aussi euh toutes les situations où euh financièrement la victime se retrouve aussi en difficulté. Euh quand elle parle, elle peut aussi être rejetée euh de sa famille euh mais aussi par exemple dans son milieu amical, professionnel avec parfois des victimes qui euh m'ont expliqué que quand elles ont parlé, elles ont perdu leur emploi et n'ont pas pu. en retrouver d'autres.

Donc vous voyez tout ça c'est des expressions de victimisation secondaire auxquelles il faut faire très attention. Et également ce qui m'a beaucoup marqué dans les auditions des médecins, notamment par exemple de la professeure Coraline Ingret qui a créé la maison de la résilience, la première maison de la résilience en France à Nancy, elle a expliqué que pour la soumission chimique en fait la l'intentionnalité est extrêmement traumatisante quand vous savez en fait que votre agresseur il a tout prémédité et ça c'est le début du trauma. Et sur cette victimisation, sur les surtraumas, ce qu'il faut comprendre, c'est que si on tend la main dès le départ aux victimes, en fait, on va permettre d'éviter cela en mettant en place notamment un suivi psychologique, mais pas que.

Pour remettre une victime debout, par exemple, il faut aussi avoir en conscience que il y a d'autres disciplines qui permettent d'aider à reprendre confiance. Ça peut être des disciplines qu'on appelle euh communément ce qu'on des disciplines de santé intégrative. Ça peut être par exemple une une discipline comme le yoga ou d'autres activités euh notamment l'art thérapie et des choses comme cela qui sont très bien proposées dans les maisons des femmes qu'il faut développer encore plus.

Donc je m'en arrêterai là sur la victimisation secondaire, mais elle est absolument intolérable. Il faut vraiment que ça cesse et qu'on mette en place des mesures pour quelque part pénaliser ceux qui osent le faire et ceux qui continuent à le faire. Également, je souhaite revenir sur le sujet des moyens.

Le sujet des moyens est un bon sujet parce que à plein d'endroits, par exemple dans les unités médico judiciaire, il fonctionne à moyen constant. C'est-à-dire euh que les médecins euh légaux en fait opèrent voilà tout leur travail dans euh en fait des situations où avant ils s'occupaient plus des sujets en lien directement avec des décès. Et là, ils se sont retrouvés en fait à s'occuper des sujets de violence sexuelle sans avoir en fait un vrai renforcement de leur moyens.

Et également, il fonctionne, on va dire très bien dans les CHU, mais dans les hôpitaux périphériques, la médecine légale est en extrême souffrance encore plus que dans les CHU. Donc, il y a vraiment quelque chose à regarder de très près vis-à-vis de cela parce que si les victimes en fait ne sont pas vues par les bonnes personnes, imaginez une victime, elle va voir son médecin généraliste ou par exemple un gynécologue. Si à un moment donné cette victime, elle veut aller à la barre d'un tribunal, ce qui se passe que s'il y a un avocat en face de la défense qui en fait est très aguéri, il va dire que le certificat d'un médecin généraliste, que le certificat par exemple d'un gynécologue ne tient pas et qu'il faut à tout prix des certificats de médecin légiste.

Vous voyez comment on complique en fait l'accessibilité à la preuve de manière en fait très très fonctionnelle. Sur ce sujet-là, c'est vrai que on a dans notre groupe de travail lors de la mission intégrer beaucoup d'avocats dont maître Karine Durubt qui en fait est en ce moment, on va dire très très mobilisé sur le sujet avec le procès de Bardieu mais qui a aussi écrit un livre très intéressant et on a la chance d'avoir voir beaucoup d'avocats mobilisés dans les divers groupes de travail, notamment dans celui précisément qui les concerne et ils souhaitent eux-mêmes continuer à œuvrer dans ce groupe de travail. C'est quelque chose qui pourra avancer au long cours et on pourra avec eux, je pense de manière très concrète sur des propositions législatives.

Et également madame Dupont, j'ai vraiment eu à cœur d'écouter ce que vous avez dit. Pardon, le bon le bon mais le bon a du bon. Voilà madame Lebon sur les outres mères sur l'expérimentation qui a été demandé par un de mes amendements dans le projet de loi de finance.

Donc pour faire en sorte que les victimes puissent avoir un accès au test sans dépôt de plainte. J'ai demandé à ce que l'expérimentation se fasse dans trois régions et j'ai tout fait pour qu'il y ait une région outreem qui soit identifiée et je peux vous rassurer, il y a un groupe qui est en train de se mettre en place donc au niveau de la direction générale de la santé qui confirme qu'il y aura bien une région d'outre mer qui sera dans ce ce dispositif d'expérimentation et nous comptons bien que cette généralisation se fasse le plus rapidement possible partout dans toutes les régions de France dès 2026. Voilà, je m'en arrêterai là.

J'invite maintenant ma collègue sénatrice Véronique Guillotin que je remercie encore une fois vraiment de manière, on va dire très solennelle sur la qualité des travaux que nous avons menés ensemble ainsi que madame d'Arnaud qui complétera aux besoins à la suite de cette audition des questions subsidiaires si vous le souhaitez. Merci Sandrine, merci pour vos propos déjà et et pour vos questions. Je vais peut-être tenter juste de compléter pour bien évidemment sur déjà la victimisation secondaire.

Moi, c'est quelque chose qui m'a marqué euh dès le départ et vous avez raison madame Lebon sur les la formation des professionnels et notamment, j'ai essayé d'insister dans dans mes propos liminaires, l'accueil en fait des victimes peut être dévastatrice et et on voit bien que les petits mots, les doutes, ne serait-ce que les doutes ou comment c'est possible, mais vous êtes sûr ? Enfin voilà, il suffit qu'il y ait de deux mots qui permettent encore une fois de de renforcer de renforcer cette souffrance et et d'accélérer une fois une victimisation et quelquefois qui font même reculer un frein au dépôt de plainte parce qu'en fait le parcours est est compliqué. Donc quand je dis que la formation des professionnels, pas que de santé hein, des professionnels dans leurs ensembles étaient dans leur ensemble pardon était essentiel et primordial, je crois que c'est aussi pour répondre pour répondre à cela et permettre à des victimes de porter plainte.

Il faut que l'état d'esprit change, il faut que la société entière en soit consciente et qu'on entend on entend encore trop souvent, c'est pas la peine d'aller porter plainte. De toute façon, je pousse la porte du commissariat ou personne me croit ou on m'a on m'a dit telle ou telle chose et en fait c'est c'est un espèce de bruit de fond de la société qui absolument doit changer. Je crois que cette form alors ça se fera pas en d'un claquement de doigt, c'est bien évident mais c'est vraiment une forme de de changement profond qu'il faut faire et c'est par cette formation initiale dès dès le plus jeune âge, initiale dès le début des études et continue bien évidemment tout au long de tout au long de la vie.

Vous aurez l'occasion de regarder mais il y a plusieurs propositions sur les moyens. Alors moi je crois qu'il y a des mesures qui peuvent se faire à moyen constants et des mesures où il faut effectivement renforcer les moyens. Les mesures à moyen moyen constant c'est tout simplement les maquettes des formations.

Ça demande pas énormément plus de financement public que d'orienter de la formation au sein d'une maquette d'étude de santé par exemple. une sensibilisation des étudiants dans leurs services sanitaires, un déploiement des services sanitaires auprès des des événements festifs, auprès voilà de de groupes de jeunes. Tout ça ne demande pas plus de moyens, ça demande une vraie volonté politique de tous, une espèce de mouvement collectif bien évidemment des ministres qui peuvent impulser, mais on a également des doyens de faculté, des directeurs d'université.

Enfin, il faut vraiment que tout le monde tout le monde s'y mette. Donc ça c'est à moyen constant. Après euh madame Lin, oui, vous vous avez raison, il va falloir qu'il y ait des axes où on a besoin de renforcer les moyens tout simplement parce que on le voit sur les schémas et en tout cas les chiffres qui ont été donnés, il y a de plus en plus de déclarations.

Euh et ces déclarations, on sait encore qu'elles sont sous-estimées. Elles sont sous-estimées parce que les preuves sont la parce que les médicaments sont peu détectables, parce qu'on a encore un phénomène de honte et de culpabilisation. Donc sur un panel de 1200 plaintes ou recueil qui remontent, je peux même pas savoir combien en fait il y a il y a vraiment de réalité.

Et plus le travail sera fait, bien évidemment, on va se dire "Bah, il y en a beaucoup plus." Je sais pas s'il y en a beaucoup plus qu'avant, mais en tout cas, il y aura beaucoup plus de remonté, de signalement et c'est tant mieux et de prise en charge. Donc plus il y aura de de victimes patientes, ben plus il y aura bien évidemment besoin de professionnel dans un contexte que l'on connaît aujourd'hui.

Et si on regarde l'état de la psychiatrie aujourd'hui, en général, on est déjà quand même bien en difficulté. Donc il y aura bien sûr un besoin de moyen concernant la formation. Ce que l'on demande également, enfin en tout cas ce qui est préconisé, c'est qu'il y ait une harmonisation en fait de la formation pour les psychiatres et les psychologues judiciaires notamment sur des connaissances générales en droit et en criminologie.

Mais ça c'est des formations qui peuvent encore une fois se faire à moyen constant. Donc on voit bien qu'il y a il y a les deux piliers. On a des choses qui peuvent être sur une forme de réorganisation. demander une levée de secret médical, ça va pas demander un moyen supplémentaire.

Par contre, on voit bien effectivement que pour la prise en charge et quand on regarde, tu en as parlé Sandrine, mais on a été visité la maison de la résilience à Nancy. Le professeur Ingré nous a clairement euh voilà nous a un petit peu attrapé au bord du chemin. Alors moi j'ai une casquette de conseillère régional, je suis sur conseillère régional de de le de la région Grandes, donc la maison de la résilience et à Nancy.

Bien sûr qu'elle attend elle attend un peu de financement sur ses programmes de recherche. On a parlé de la recherche, il va bien falloir aussi que la que enfin donner les moyens à la recherche d'aller plus loin dans ces domaines-là. Donc euh ça sera euh je crois que ce rapport doit vivre euh si on le laisse à l'état des recommandations, on va avoir quelques recommandations qui vont pouvoir très rapidement s'appliquer parce qu' a moyen constant et d'autres recommandations qui va falloir pour lesquelles il va falloir se battre sur des projets de loi de financement de la SQ et des projets de loi dans un contexte quand même contraint que l'on connaît.

Donc ce que l'on a effectivement convenu, c'est que il va falloir qu'il y ait un point d'étape pour se remettre autour de la table. notamment avec avec les avec le gouvernement avant le PLFSS et savoir ce que l'on va pouvoir effectivement travailler, renforcer pour pouvoir avant faire avancer ce dossier. On a également les moyens, on l'a écrit clairement pour les Crafs, hein, tu l'as dit, les centres régionaux.

Alors, j'ai jamais l'acronyme mais euh centre de référence des agressions facilité par les facilés par les substances. donc qui euh notamment a également euh voilà besoin de plus de moyens puisque elles sont en assistance aux victimes et aux professionnel de santé. Donc plus le phénomène sera connu, plus il y aura besoin d'opérateurs et de gens qui soitent derrière le téléphone pour pouvoir orienter, conseiller et tout ça effectivement demande demande plus de monde.

Là, moi c'était un peu près et puis oui, moyens sécurité sociale puisque si on demande une généralisation, c'est pas une généralisation de l'expérimentation, une que l'expérimentation passe dans du droit commun avec un remboursement des actes et une cotation des actes notamment au niveau des services hospitaliers, bien évidemment qu'il va falloir que l'on travaille avec la CNAM pour obtenir cette ce financement possible. Donc derrière cela, oui, il y a à la fois une volonté politique, une volonté d'ensemble des acteurs et puis des moyens à mettre sur des axes particulier. Merci madame la sénatrice.

Chers collègues Josau, vous vouliez rajouter quelques mots complémentaires. Je vous cède la parole. Merci monsieur le président.

Peut-être une information intéressante aussi pour pour tout le monde. En fait, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que il y a une augmentation des signalements entre demain 2021 et 2022. C'est le centre de référence des agressions facilité par les substances qui l'expriment et qui le valident par ses recherche.

Mais il faut quand même ajouter quelque chose. Dans notre mission, on a mis en place un groupe de travail sur la cybercriminalité et là il y a un point d'extrême vigilance qui dit que il faut vraiment un changement total de paradigme. Pourquoi ?

Parce que dans le monde virtuel, il faut savoir que les prédateurs se donnent des conseils et que derrière ça, par exemple, c'est illustré sur les sites de rencontre qui se révèle aussi être des lieux où les prédateurs en fait opèrent, ils peuvent s'inscrire sous des faux noms sur plusieurs sites de rencontre. Et ça euh il faut à tout prix aussi que ces applications euh en fait fassent tout pour permettre le signalement de ces comportements, ce qui n'est pas aujourd'hui optimal. Ça c'est quand même quelque chose d'intéressant parce que malheureusement ça fait des milliers de victimes.

Moi j'en ai encore rencontrer la semaine dernière victime en fait de ces situations avec ces prédateurs qui œuvrent en toute impunité. Et sachez que bien souvent la réalité dépasse la fiction et il faut vraiment euh aider notre société au regard de tout ce qu'on voit là, aider aussi toutes ces victimes à revenir dans la vie. Elles font 50 recommandations, dont 15 à mettre en œuvre de toute urgence selon ell pour prévenir le fléau de la soumission chimique.

Présentation de ce rapport survient 5 mois après le verdict dans le procès des viols de Mazan, à l'issue duquel Dominique Pélico a été condamné pour avoir drogué et livré sa femme à des dizaines d'inconnus qui l'ont violé. Vous pouvez retrouver cette séance parlementaire sur notre site lcp.fr. fr.

Je vous redonne rendez-vous très vite ici même au cœur de l'Assemblée pour voir ou revoir une autre séance parlementaire. À bientôt sur LCP.