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interviewFrance Inter — Questions politiques· 2 juillet 2017 93 min

Aurore Bergé et Clémentine Autain

Source d'origine 10 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:11
Présentateur

Bonjour, soyez les bienvenus dans Questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Au programme aujourd'hui, deux invités, deux femmes, deux toutes nouvelles députées, puisqu'elles sont désormais beaucoup plus nombreuses à l'Assemblée. Pour commencer à 12h15, Aurore Berger, députée La République En Marche, elle est élue des Yvelines. Vous pourrez lui poser toutes vos questions tout à l'heure à 12h30. Et puis à 13h15, Clémentine Autain, elle aussi est une néo-députée, mais de la France Insoumise, cette fois élue de Seine-Saint-Denis. Vos questions pour Clémentine Autain à partir de 13h30.

Pour intervenir, vous le savez, rien n'a changé, tout est permis, le téléphone 01 45 24 7000. Notre site internet franceinter.fr, Facebook Live et évidemment Twitter aussi avec le mot-clé Question Paul.

0:59
Locuteur 3

France Inter, questions politiques.

1:04
Présentateur

Vos rendez-vous, comme chaque dimanche, rien n'a changé là non plus. Le portrait de nos invités avec Laurence Perron, le zapping politique fabriqué et mis en musique cette semaine par Aurélien Colly. Mais d'abord, un peu d'humour, l'humour de Charline Vanunacker dans le 7-9 de Patrick Cohen. Je reconnais que j'ai le trac, comme à chaque fois que j'arrive dans une nouvelle entreprise, sauf que là c'est l'Assemblée Nationale. Bonjour l'espace de coworking. Heureusement qu'on a eu droit à un week-end d'intégration. C'était super, un gros brainstorming, on a disrupté comme des malades. Mais toujours dans l'esprit collectif de bienveillance qui caractérise le parti.

Il y avait plein d'ateliers, ça allait des cours d'autodéfense face aux insoumis, au simulateur de cirage de pompe de Pierre Gattaz. Sinon l'atelier obligatoire était intitulé « Il n'y a pas de droite et pas de gauche ». Ah ben ça oui, ils ont vachement assisté, ils nous l'ont répété pendant deux jours non-stop. J'ai tellement bien intégré le concept que depuis hier, j'ai failli me faire renverser trois fois en traversant la rue. Heureusement, on est bien encadré, on a les meilleurs. Alors si j'ai eu moindre souci, j'en parle à Richard Ferrand, lui c'est un père pour nous. Il m'a même demandé si ça m'intéressait de louer un petit T2 à proximité de l'Assemblée. Trop cool.

Il y a juste un truc que je n'ai pas demandé. Bon alors, tu es député, tu viens de province. Est-ce qu'à chaque siège, il y a des prises où tu peux brancher ton iPhone et ton Mac ? Ce serait cool. Puis si on peut commander des sushis, il serait top, voilà. Ah ça va, je ne demande pas la lune, c'est Macron. Il y a un moment, j'espère au moins qu'il y a des petites bouteilles d'eau et des bonbons dans les pupitres. On est des Hubert députés quoi. Aujourd'hui, ma principale préoccupation, c'est la disposition dans l'open space. Où est-ce que je vais me retrouver ? J'aimerais tellement être assise à côté du matheux, la Cédric Villani.

J'ai toujours voulu être à côté du mec le plus intelligent de la classe quand j'étais au lycée. C'est plus pratique pour copier. En revanche, les deux pires choses qui pourraient m'arriver, c'est de me retrouver assise à côté de Manuel Valls. Et surtout, surtout, pourvu que je ne croise pas Guillaume Meurice dans la salle des 4 colonnes. C'est la calamité. Fernand, il nous a briefé sur le comportement avec la presse. Si j'ai bien compris, ça consiste à maintenir toute forme de déclaration intracorpus. En d'autres termes, il faut qu'on la ferme. Un Macron, il la bloque là-dessus. Il envoie des SMS H24, on doit y répondre, on se croirait chez L'Oréal.

On nous a dit aussi qu'il ne fallait pas retweeter n'importe quoi. Par exemple, relayer une vidéo de chat, c'est prendre le risque d'alimenter le clivage chien-chat. Ce qui enrayerait le processus de bienveillance. Bref, ça peut nous driver à l'impeachment si on n'est pas vigilants. Le seul truc qui m'angoisse vraiment, c'est de penser à l'intérêt général. Moi, je n'ai jamais fait ça et je ne sais pas si je suis capable. Mais si Charline, merci en tout cas. Une semaine politique chargée, marquée par les premiers sous-brosseaux à l'Assemblée. Une Assemblée beaucoup plus féminisée. Mais toutes ces dames n'accèdent pas encore aux plus hautes responsabilités. Aurélien Colly.

3:35
Locuteur 1

Mon premier objectif est de devenir une féministe reconnaissée par une femme.

3:40
Locuteur 3

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait promis beaucoup pour les femmes. Mais une fois élu président, pas de ministère des droits des femmes, pas de première ministre, pas de présidente du groupe parlementaire En Marche et pas de présidente de l'Assemblée nationale.

3:56
Locuteur 2

Monsieur François de Rugy, 353 voix.

3:59
Locuteur 4

Le perchoir pour un mâle encore. Il y avait pourtant des candidates comme Brigitte Bourguignon, députée marcheuse du Pas-de-Calais. Mais voilà pas assez d'expérience.

4:07
Présentateur

Il y a toujours un moment où on vous dira que vous n'avez pas l'expérience suffisante, que peut-être vous n'aurez pas l'autorité suffisante. Il y a de l'amertume pour toutes les femmes. Vous avez bien vu que dans tous les groupes, quels qu'ils soient, ils ont préféré un homme à la tête de leur groupe. En tout cas, moi je vais me battre contre des images comme ça. Monsieur le Président !

4:24
Locuteur 5

Ici se sont écrites des pages essentielles de notre histoire.

4:28
Locuteur 4

Cet hémicycle ne doit donc pas être un lieu de provocation et d'anathème, mais de la sérénité, de la bienveillance et du respect dans les débats. Certes, François de Rugy remettra son poste en jeu à la mi-mandat au nom du renouvellement permanent, mais dans l'hémicycle, ça grince. La France insoumise et sans cravate ne se lève pas pour saluer son élection. Il y a eu des sans-culottes, il y a dorénavant des sans-cravates. La communiste Marie-Georges Buffet ironise sur cet ancien écologiste recyclé, quatrième personnage de l'État.

4:55
Présentateur

Ça ne donne pas une image de renouvellement de la vie politique. Je trouve que c'est plutôt des pratiques très politiciennes.

5:01
Locuteur 4

Dans les rangs socialistes, trahison et opportunisme pour qualifier François de Rugy, qui était encore candidat à la primaire de gauche en janvier, comme un certain Manuel Valls, qui quitte cette fois définitivement le navire socialiste. Je constate avec beaucoup d'amertume, beaucoup de tristesse, ce qu'est devenu le Parti Socialiste. Moi, je veux siéger au cœur de cette majorité. Je quitte le Parti Socialiste ou le Parti Socialiste me quitte.

5:21
Locuteur 3

En lambeau, le PS qui a vu également Benoît Hamon claquer la porte hier. En lambeau aussi, les Républicains qui se déchirent désormais entre constructifs et historiques. Un parti, mais deux groupes et deux chefs, Thierry Solaire et Christian Jacob.

5:43
Locuteur 7

Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent.

5:49
Locuteur 4

Le duel ultime, c'était mercredi. Élection du troisième caisseur de l'Assemblée.

5:53
Locuteur 3

Une miette laissée à l'opposition. Thierry Solaire l'emporte, soutenu par En Marche. A la tribune, règlement de compte entre Christian Jacob et le constructif Franck Riester.

6:01
Locuteur 6

On vient de rompre avec plus de 50 ans de pratiques parlementaires. C'est la majorité qui choisit son opposition. Jamais cette situation n'a existé. Monsieur Jacob, où est le déni de démocratie ?

6:14
Locuteur 4

Il y a eu un vote. Notre groupe politique est dans l'opposition. Alors bien avant, une opposition constructive. Pas une opposition qui vise à faire de l'obstruction. La droite s'écharpe, la gauche s'étouffe. Devant une majorité présidentielle qui rafle tous les postes. Cinq vice-présidents de l'Assemblée sur six. Six présidences de commissions sur huit. Le ton est grave pour le socialiste Olivier Faure et le communiste André Chassaigne.

6:37
Locuteur 6

La promesse de cette élection, c'était d'entrer dans un nouveau monde. Dans quel nouveau monde sommes-nous désormais ?

6:43
Locuteur 2

Vous êtes sur des calculs qui ne méritent qu'un seul objectif. Petit.

6:48
Locuteur 3

Pouvoir centralisé à l'Elysée, Assemblée nationale verrouillée et coup de pression de matignon. Les journalistes aiment travailler dans un environnement épuré. Mercredi, premier conseil des ministres, première réforme sur le code du travail. Et voilà Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, qui invite la presse à ne pas chercher des noises à la ministre du travail, Muriel Pénicaud,

7:12
Locuteur 5

mise en cause dans l'affaire du voyage à Las Vegas d'Emmanuel Macron. Je nous invite à attendre les résultats de l'enquête. Et je vous invite même à ne pas chercher à affaiblir tel ou quel, parce que vous avez raison, on est dans un moment important pour la ministre du travail.

7:24
Locuteur 4

Offre d'emploi, qu'ils appellent ça leur piège à bagneur. En attendant les ordonnances, première manifestation aux abords de l'Assemblée, Pierre Laurent pour le PC, Jean-Luc Mélenchon pour la France Insoumise, ou encore Philippe Martinez pour la CGT.

7:35
Locuteur 3

On est obligé de lire le journal pour connaître les intentions du gouvernement. Et finalement, le gouvernement va écrire ses ordonnances et on les découvrira au dernier moment. C'est pour ça que la mobilisation est importante pour alerter sur ce faux processus démocratique.

7:48
Locuteur 4

Mobilisation nationale le 12 septembre pour les syndicats et les partis de gauche. Mobilisation parlementaire et médiatique bien avant pour Emmanuel Macron, qui termine la semaine en confirmant la visite de Trump le 14 juillet. Et surtout Versailles demain, le Parlement en congrès, pour un discours de politique générale à l'américaine justement. The yes needs a no to win. Les insoumis boycotteront Jean-Luc Mélenchon à Dinon.

8:12
Locuteur 7

C'est trop.

8:16
Locuteur 3

Nous n'irons pas. Non et non.

8:30
Présentateur

Eh bien moi je dis si, si, si, ils sont là avec moi. Ravi de vous accueillir tous les trois. Guillaume Daré pour France Télévisions. Bonjour Guillaume. Vous êtes la caution masculine de cette émission.

8:40
Locuteur 3

Eh bien écoutez, c'est trop rare, mais c'est vrai qu'aujourd'hui, sur cinq personnes, je suis le seul homme.

8:44
Présentateur

Pas trop impressionné donc.

8:45
Locuteur 3

Non, ça va.

8:45
Présentateur

Ok, à vos côtés, Françoise Fressos pour le journal Le Monde. Bonjour Françoise. Et bonjour à vous également, Laurence Perron, France Inter. Laurence, est-ce qu'il y a quelque chose dans l'actualité cette semaine qui vous aura marqué ? Alors, c'est parce que c'est encore assez frais, c'est ce coup de tonnerre hier après-midi sur la plus de Ruyi, dans le 12e arrondissement de Paris, où Benoît Hamon annonce enfin qu'il quitte le PS. Comment ça, enfin ? Vous espériez alors ? Non, ça paraissait être une grande surprise parce qu'effectivement, il n'avait pas été capable de le faire.

Ce n'est pas faute qu'autour de lui, on ait pu lui demander, à commencer par Jean-Luc Mélenchon, mais là, il considérait que c'était se soumettre. Il a pris le temps qu'il fallait. Il paraît qu'il a pris sa décision même avant les législatives. Battu ou élu, en l'occurrence, l'a battu, mais même s'il avait été élu, il assure qu'il aurait quitté le PS. Alors, c'est assez joli, c'est vrai qu'il s'est fait quand même élargir les plaies dans le dos lourdement par ses camarades pendant toute la campagne, qu'il a été frondeur pendant cinq ans, donc on pourrait dire, comme le disait Manuel Valls, que c'est un choix de cohérence.

Il y a peut-être aussi l'ambition d'aller un peu grignoter sur les terres de la France insoumise, tout en essayant de ne pas refaire la bataille de la présidentielle. C'est-à-dire que si la gauche radicale et la gauche dits de transformation sociale et écologique passent son temps à se bastonner, je ne suis pas sûre que même en 2022, on puisse faire plus de 6% dans ces conditions-là. 10 000 personnes hier, c'est ça, sur la pelouse d'Orient, c'est beaucoup ou c'est pas beaucoup ? C'est un joli coup ? Oui, c'est un joli coup. On en annonçait 15 000. Il a annoncé 15 000 inscrits sur le site internet. 10 000, c'est pas mal. En plus, il faisait quand même un froid de gueux, il faut bien le dire.

D'accord, du vent et de la pluie. Françoise Fresseau, osez-vous un fait marquant ? La disparition de Simone Veil et l'immense émotion qu'elle a suscité dans le pays, au point que vous voyez une pétition, deux pétitions même circulent pour que Simone Veil entre au Panthéon. J'ai essayé de comprendre pourquoi il y avait eu une telle levée d'émotion. Alors c'est vrai qu'elle incarnait à la fois la défense des droits de la femme, la défense de l'Europe et du couple franco-allemand. Elle était la jeune fille meurtrie par la déportation, l'horreur des camps, la disparition de sa mère à l'âge de 16 ans.

Et puis elle était aussi cette femme en plénitude qui avait réussi parfaitement sa vie privée et sa vie publique. Mais ce qui fait vraiment d'elle un modèle, une icône, c'est que toute sa vie est marquée par la cohérence de l'action. Elle ne donnait jamais de leçons, mais elle agissait. Et elle agissait toujours dans le même sens qui était la défense de la dignité humaine, dignité des femmes, mais aussi dignité des hommes après l'horreur de l'Holocauste, au point de s'imposer à la fin de sa vie ce devoir de mémoire qui était si difficile pour elle, c'est-à-dire évoquer Auschwitz et évoquer la Shoah, pour que tout le monde se souvienne.

Et elle a mené ce combat avec une intransigence qui faisait qu'elle était toujours systématiquement au-dessus du microcosme politique. Pas de calcul politicien dans son parcours, jamais. Je pense qu'elle avait côtoyé la mort de si jeune que finalement elle savait aller à l'essentiel. Et c'est pour ça qu'au moment où tout le monde rêve d'une autre façon de faire la politique, elle reste un modèle pour tous. Mais du coup, selon vous, c'est vraiment une politique ou c'est autre chose qu'une politique ? Je pense qu'elle incarne l'action. C'est ça qui me frappe.

C'est que quand on discutait avec elle, elle ne vous imposait jamais une leçon de morale en disant « moi j'ai vécu l'horreur et je sais de quoi ». Elle agissait. Et je pense que c'est un modèle pour l'action politique qui cherche maintenant l'efficacité et une sorte de modèle. Guillaume Daré, même question.

12:01
Locuteur 3

Alors qu'on parle justement de cette nouvelle façon de faire de la politique, ce qui m'a marqué cette semaine, c'est le retour de la petite politique à l'Assemblée Nationale. Cet hémicycle avec une majorité écrasante dont on nous disait encore il y a quelques jours, à nous journalistes, vous allez voir, vous allez vous ennuyer pendant 5 ans. Il ne s'y passera rien. Eh bien non, au contraire, ce sera peut-être l'un des lieux du pouvoir les plus intéressants à suivre. Les plus animés en tout cas.

12:26
Présentateur

Pour l'instant, intéressants, je ne sais pas, mais animés c'est certain.

12:27
Locuteur 3

Celui en tout cas des coups tordus, des petites combines qui existent malheureusement toujours en politique entre amis et faux amis. Ce qui se dessine, visiblement, cette semaine, c'est une majorité un peu hautaine, bien décidée à prendre tous les postes, portée aussi par cette conviction des néophytes que rien n'existait finalement avant eux et qu'ils vont inventer la politique avec un grand P. Mais j'ai envie de leur dire ce matin, méfiance, méfiance à vous parce que les vieux briscards de la politique ne sont pas tout à fait morts.

Et derrière la vexation des socialistes, des républicains ou de tous les autres de s'être fait piquer certains postes, eh bien on voit déjà poindre la revanche. On peut parier fortement qu'au cœur des nuits parlementaires à venir, les Christian Jacob ou André Chassaigne se feront un plaisir de donner une petite leçon aux nouveaux venus car la procédure parlementaire a ses secrets que ces nouveaux venus ne connaissent pas encore.

13:22
Présentateur

Je crois qu'on va justement tout de suite en parler.

13:26
Locuteur 1

Question politique sur France Inter.

13:29
Présentateur

Avec notre invité parce qu'il est grand temps de l'accueillir, bonjour Aurore Berger. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Je rappelle que vous êtes donc députée La République En Marche, élue dans les Yvelines. Votre portrait, il est signé par Laurence Perron. Bonjour Aurore Berger. Vous êtes une bénédiction pour la journaliste politique à la plume fatiguée après cette campagne. S'il fallait distinguer un visage de la Macronie triomphante, eh bien ce serait le vôtre. En dépit du fait que vous avez passé quasiment la moitié de votre jeune vie à faire de la politique, votre indice de notoriété pour l'affaire marketing a grimpé en flèche depuis votre débauchage par En Marche.

C'était en février, une rencontre à Lyon avec le candidat, alors en meeting, qui vous a convaincu de passer l'arme de droite ni ni, ni droite ni gauche et en même temps. Bon bref, le 14 février, faites des amoureux, vous, vous vous rompez. Une tribune tonitruante dans l'Obs, où l'ex-coordinatrice de la campagne digitale d'Alain Juppé, que vous avez été, explique pourquoi elle plante Fillon pour rejoindre Macron. Vous quittez cette droite-là, à moins que ce ne soit elle qui vous quitte, selon l'expression consacrée de l'un de vos nouveaux collègues à l'Assemblée nationale transfuge du PS. Lui, mais là je m'égare.

Et vous écrivez, la droite m'a perdu une première fois quand elle a appelé à défiler contre les droits des autres. C'était le mariage pour tous. En 2017, celle droite m'a définitivement perdu quand elle a choisi un candidat, François Fillon, qui a proposé de revenir sur l'adoption plénière pour les couples homosexuels quand elle a choisi un candidat qui a fait de l'IVG un sujet de l'élection présidentielle. Alors, il vous aura fallu finalement 4 ans pour envoyer valdinguer un engagement auprès d'une formation qui vous a biberonné au temps de Nicolas Sarkozy, vu grandir sous l'aile de Valérie Pécresse.

Vous obtenez votre premier mandat dans les Yvelines, à Manille et à Meaux, au municipal de 2014. Et vous n'atterrissez pas tout à fait par hasard dans l'organigramme d'Alain Juppé. Alors oui, vous êtes jeune, pas encore 31 ans, femme, ça on ne peut pas vous le retirer, de plus-value en Macronie. A gauche, vous avez gagné le respect en vous opposant à ceux qui hurlaient à tue-tête un papa et une maman dans les rues. Les féministes vous sont reconnaissantes d'avoir dénoncé les graveleux bâtons de berger et autres bopins dont certains de vos co-élus au conseil d'agglomération de Saint-Quentin en Yvelines vous ont menacé en plaisantant.

Respect surtout d'avoir terrassé dans la dixième circonscription des Yvelines l'ombrageux conservateur chrétien Jean-Frédéric Poisson, ses verdicts idéologiques et ses nuets de cigares. Il vous accuse aujourd'hui de vagabondage politique et de carriérisme. Alors vous lui répondez quoi ? Et alors ? Je réponds déjà que je suis heureuse que dans la dixième circonscription des Yvelines qu'on disait forcément extraordinairement conservatrice, finalement les électeurs ont fait le choix d'une politique très différente, beaucoup plus ouverte, beaucoup plus progressiste.

Et pour répondre aussi indirectement à ce que disait Guillaume Darès sur le fait qu'on serait une majorité hautaine, moi cette remarque-là, j'ai ressenti moi pendant la campagne vis-à-vis des candidats en marche énormément de condescendance de la part de ceux qui étaient en place et qui considéraient en fait qu'on n'avait pas le droit, nous, de pouvoir entrer en politique. Alors moi c'est vrai, j'ai un parcours militant, même si ce n'était pas mon métier, mais par rapport à tous ces candidats qui venaient de la société civile, je pense que la condescendance dont on fait preuve, ceux qui s'opposaient à nous, ne leur a pas fait du bien, je pense. François Sressose.

Mais quand on regarde votre parcours, vous avez été tour à tour, Filloni, Sarkozy, Juppéiste, pour finalement terminer dans les bras d'Emmanuel Macron. Alors, quelle est la cohérence de votre parcours ? Moi je me suis engagée à l'UMP quand j'avais 16 ans, c'était au moment de la création du parti qui réunissait à l'époque à la fois les centristes, les libéraux et ceux qui venaient de la droite. Et puis je trouve que la droite, elle s'est progressivement recroquevillée et rétrécie. C'est pas un hasard si aujourd'hui on a en effet des gens qui viennent de ce parti, qui sont allés dans des directions extrêmement différentes, qui sont sortis du parti.

C'est bien la preuve qu'à un moment la cohérence idéologique du parti n'existe pas.

17:03
Locuteur 10

Mais quel est l'effet précis qui vous a fait tout d'un coup rompre avec un camp dans lequel vous avez quand même fait une grande partie de votre chemin ? Sur quel élément vous êtes basée ?

17:11
Présentateur

Il y en a eu plusieurs. Il y a eu vraiment un moment de clivage, un moment du mariage pour tous. Pas tant sur le fait qu'on puisse s'opposer au mariage pour tous, mais sur le fait qu'on puisse appeler à défiler contre les droits des autres. C'est quelque chose qu'intellectuellement, moi je ne comprends pas. On peut s'opposer au fait que certaines personnes aient peut-être d'autres droits, mais de là à les défiler, à appeler à manifester contre les droits des autres, c'est quelque chose que je n'ai pas compris.

Je m'y suis opposée d'ailleurs publiquement à ce moment-là, tout en restant à l'intérieur, en me disant qu'on a intérêt à rester à l'intérieur de ce parti, peut-être qu'on peut réussir à le transformer. Je suis restée parce qu'Alain Juppé était candidat à la primaire de la droite et du centre. Et d'ailleurs, il m'a soutenue pendant ma campagne législative. J'étais la seule candidate en marche qui l'a soutenue, alors qu'il a été évidemment loyal à sa famille politique. Mais quand Alain Juppé n'a pas été choisi, quand ça a été François Fillon, moi je ne m'y reconnaissais absolument plus.

Donc soit je restais planquée pendant la campagne présidentielle et je ne la faisais pas, mais dans le secret de l'isoloir, je votais Emmanuel Macron, soit je décidais de m'engager pour lui. Mais avant tout ça, tout de même, quand on regarde, parce que vous n'avez quand même que 30 ans, ça a été souligné par Laurence Perron, les 10 années, voire même les 14 années que vous passez au sein même de cette famille politique, l'UMP, vous commencez auprès de Pierre Bédié, il y a Valérie Pécresse, et puis il y a François Fillon, il y a entre-temps, d'ailleurs j'oublie déjà Nicolas Sarkozy. Moi je ne renie absolument pas à tout cet engagement-là.

Ça fait un peu nomade politique, si vous me permettez d'aller jusqu'au bout de mon raisonnement. Voilà, on a l'impression que vous n'avez pas de maison. Donc finalement, on a l'impression que c'est un peu salutaire que vous soyez tombé sur Emmanuel Macron, ça efface tout. Et puis ça y est, on peut commencer vraiment sa vie politique ? Ça efface rien, parce que déjà je ne le renie pas, je ne le regrette pas, je ne regrette absolument pas de m'être engagée quand j'avais 16 ans, et je ne regrette pas ses engagements.

Alors soit on le voit comme des engagements successifs auprès de certains nombres de personnes que vous avez pu citer, soit on peut aussi se dire que ces gens-là ont énormément changé. Vous soutenez quel Nicolas Sarkozy ? Celui qui fait la suppression de la double peine, par exemple, et qui dit qu'il faut le vote des étrangers aux élections locales ? Ou celui qui, pendant la campagne présidentielle, enfin pendant la campagne des primaires, parle de la viande à l'âle à la cantine ? Vous soutenez quel François Fillon ? Celui qui se revendique de l'héritage gaulliste social de Seguin ?

Ou celui qui, à l'issue de la campagne présidentielle de 2012, dit qu'il faut voter pour le moins sectaire à une élection ? Donc si Emmanuel Macron se renie, vous êtes prête déjà à envisager de le quitter ? Je ne pense pas qu'Emmanuel Macron se renie. Je pense qu'il y a une cohérence évidente dans son parcours, dans le programme qui est le sien. Certains, justement, critiquent le fait qu'on veuille aller vite sur le projet sur lequel il a été élu. Donc je vous dis encore une fois, soit vous soutenez des personnes, peu importe ce qu'elles disent, peu importe ce qu'elles pensent, peu importe leur travers, leur parcours, soit au moment où vous êtes fidèles à des idées.

Et ces idées-là, évidemment, elles peuvent vous amener à ce lien différent d'arrêt.

19:42
Locuteur 3

Est-ce que vous vous sentez aujourd'hui toujours philosophiquement et politiquement de droite ? Et deuxième question, quand Karine évoque votre nomadisme politique, est-ce que ça ne veut pas dire, est-ce que ce n'est pas un exemple du fait que peut-être La République En Marche est aujourd'hui aussi un rassemblement d'opportunistes ?

20:02
Présentateur

Une maison de recyclage, une usine de recyclage. Et peut-être aussi un tremplin pour des gens qui n'auraient pas réussi éventuellement dans des formations politiques trop fermées. C'est-à-dire que là, ça permet à des gens qui n'ont jamais fait de politique d'être propulsés. Ce qui n'est pas votre cas.

20:16
Locuteur 3

Est-ce que vous vous sentez encore philosophiquement de droite ?

20:20
Présentateur

Moi, je me sens libérale. J'ai toujours été et j'ai appartenu au départ à cette famille qui était l'UMP parce que justement, c'était aussi la réunion des libéraux. S'il y avait eu à ce moment-là, quand j'avais 16 ans, encore des libéraux qui existaient, peut-être que j'aurais appartenu à cette famille-là. Sauf que ce courant de pensée-là n'était pas représenté ailleurs qu'au sein de l'UMP. Donc, en effet, je m'y suis reconnue aussi chez Emmanuel Macron parce que pour moi, il est libéral. Et c'est ça qui a fait que j'ai eu envie d'aller chez lui. Et cette cohérence-là que j'ai retrouvée, moi, en tout cas chez lui. Après, est-ce qu'on est un collège d'opportunistes ?

Ce n'est pas à moi de définir ce que je suis. Peut-être que certains le voient comme ça dans mon parcours. Ce que je sais, c'est que quand moi, je suis partie, si vraiment c'était si simple de faire le choix d'aller chez Emmanuel Macron, si c'était un sésame pour devenir parlementaire ou que sais-je encore, je pense qu'on aurait été beaucoup plus nombreux à faire ce choix-là. Et finalement, j'ai été assez seule au départ pendant la campagne présidentielle à accepter de franchir ce cap. Et je ne pense pas, du coup, que ça puisse être vu comme de l'opportunisme. Françoise Fressos.

Vous dites, finalement, moi, je n'ai pas changé, je suis toujours été libérale, c'est la droite qui, finalement, a un peu oscillé. Ce n'était pas le même Sarkozy en 2007, en 2012. Qu'est-ce qui, fondamentalement, a fait que ça s'est déréglé comme ça, à droite, et qui fait qu'on se retrouve avec un nombre de députés extrêmement réduit ? Qu'est-ce qui s'est passé à droite ? Je pense qu'il y a eu une fable à l'issue de la campagne présidentielle de 2012 qui a visé à dire, déjà, si on avait eu 15 jours de plus, on aurait pu gagner la campagne présidentielle, ce qui a empêché toute remise en question, et qui a été de dire, surtout, on a une victoire idéologique en 2012.

Nicolas Sarkozy aurait dû être terrassé, il aurait dû faire 40%. Finalement, on finit pas loin de gagner ce second tour de la présidentielle. Donc, c'est parce qu'idéologiquement, on était bien positionnés. Et si on n'avait pas été si à droite, ça aurait été pire. Moi, je l'ai ressenti vraiment comme ça. C'est-à-dire, incapacité totale à se remettre en question, et l'affirmation que le positionnement idéologique qui était celui de la campagne de 2012 était le bon, et c'est celui-là qui a permis de rattraper le retard supposé qu'on avait sur François Hollande.

Et derrière, ça a entraîné une espèce de course à l'échalote sur des mouvements, notamment de société civile, type Manif pour tous, qui, justement, étaient encore plus à droite que n'était le parti, et ce qui n'a jamais arrêté. Et je pense d'ailleurs qu'aujourd'hui, il n'y a pas vraiment de remise en question sur ce qui s'est passé pendant la campagne de 2017. Il y a soit ceux qui rejettent exclusivement la faute sur François Fillon et sur l'obstination qui a été la sienne, alors qu'eux-mêmes ont été très obstinés à continuer à le soutenir. Et je pense aussi que, finalement, cette fable-là sur le positionnement politique continue. Or, on le voit dans les résultats des élections législatives.

Les candidats qui étaient de ce sens commun, pour cinq d'entre eux, ont été battus dès le premier tour, et un dernier a été battu au second tour. Les candidats qui étaient positionnés comme les plus à droite pour un certain nombre d'entre eux, où moi, dans mon département, Jacques Myard ou Jean-Frédéric Poisson ont été sèchement battus. Donc, je ne pense pas que le positionnement politique, aujourd'hui, de la droite, qui est extrêmement réduit, soit finalement celui des Français. Merci Aurore Berger. Alors, vous restez, évidemment, avec nous dans Questions politiques. À partir de 12h30, on attend vos questions.

Elle répondra directement à toutes ces questions qu'on espère au téléphone 01 45 24 7000. Je rappelle le mail également de France Inter, franceinter.fr. Vous pouvez donc nous écrire vos questions, ou encore Twitter avec le mot-clé « Questions Paul ». On se retrouve dans deux petites minutes, juste après les titres de l'actualité, qui vous sont présentés par Yves Decau. Retour sur le plateau de Questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Bienvenue à tous ceux qui nous rejoignent. Deux invités, donc ce dimanche, Clémentine Autain, tout à l'heure, à 13h15, députée de la France Insoumise et élue de Seine-Saint-Denis.

Mais pour l'instant, à nos côtés, Aurore Berger, nouvelle députée elle aussi, en revanche de La République En Marche. Elle est élue des Yvelines. Elle répond à vos questions à partir de maintenant. N'hésitez pas, 01 45 24 7000. Sur franceinter.fr également, ou bien sur Twitter avec le mot-clé « Questions Paul ». Avec moi, ici, présent, Guillaume Darret pour France Télévisions, Françoise Fressos pour le journal Le Monde, et Laurence Perron pour France Inter. Françoise Fressos pose la première question. Simone Veil, sa disparition a suscité une intense émotion dans le pays. Qu'est-ce que vous retenez de cette femme ? Déjà, je comprends l'émotion parce que je l'ai partagée.

Je pense qu'il y a peu de gens pour lesquels vous pleurez à l'heure d'essai, alors qu'ils n'appartiennent pas à votre famille ou à votre entourage proche. Je pense que ça a été le cas de beaucoup de Français qui ont été très émus. Moi, je retiens le fait que c'était une résistante, une survivante, une combattante. Je retiens évidemment son travail sur la question de la mémoire, jusqu'à la fin, quand elle est devenue académicienne et qu'elle avait marqué le numéro de matricule, qui était le sien au GITS, sur son épée d'académicienne. Je retiens évidemment le combat qu'elle a eu sur la question des droits des femmes. On lui doit énormément.

Je suis toujours assez en colère par rapport à ceux qui se revendiquent aujourd'hui du discours qu'elle avait prononcé pour essayer de mieux limiter les droits des femmes, alors qu'ils savent pertinemment qu'il y avait un contexte à l'époque qui faisait qu'elle devait prendre l'argument de la question de la santé pour permettre que l'IVG soit dépénalisé. Et la question européenne, qui a été aussi marquée d'ailleurs avec le décès d'Elmoud Kohl et l'hommage qui lui a été rendu hier. Qui incarne aujourd'hui le mieux peut-être la défense du droit des femmes ? Effectivement, elle reste cette icône autour de cela, au-delà de tout ce que vous avez dit qui était très juste également.

Mais qui a repris le flambeau ? Est-ce qu'il y a quelqu'un que vous voyez qui pourrait être, peut-être pas un mentor pour vous, mais en tout cas un modèle ?

Je vois pas d'équivalent, et c'est d'ailleurs un sujet, c'est-à-dire que finalement les figures les plus puissantes sur les questions des droits des femmes sont des femmes qui ont incarné ces combats dans le passé, je pense à Elisabeth Badinter notamment, et je trouve qu'on n'a pas aujourd'hui d'équivalent suffisamment puissant pour arriver à le rassembler, parce que sur la question des droits des femmes, il y a énormément de sujets qui se posent, soit on le cristallise sur les questions d'égalité salariale entre les hommes et les femmes, soit sur la question qui se pose autour de la laïcité notamment, et du combat qui doit être incarné notamment dans les quartiers sur le sujet.

Je vois par exemple la pétition qui a été portée pour que Simone Veil puisse être au Panthéon. Vous l'avez signée ? Je ne l'ai pas signée parce que je ne veux pas signer une pétition qui vient de cette association-là. Politiquel, c'est une association qui à Sciences Po a voulu instaurer le Hijab Day à Sciences Po. Je ne suis pas certaine que Simone Veil se serait reconnue. Il y en a deux, je crois, de pétition. Sur cette pétition dont on a beaucoup parlé, moi je suis évidemment favorable à ce que Simone Veil, et si sa famille le souhaitent, puissent être au Panthéon.

27:08
Locuteur 4

Ce n'est pas un peu tôt pour avoir ce débat, est-ce qu'on ne devrait pas laisser la famille se recueillir ?

27:11
Présentateur

C'est la famille qui doit en décider, mais je vous dis, la récupération qui en est faite par cette association-là, moi, me met très mal à l'aise parce qu'à Sciences Po, organiser cet événement-là, pour moi, est totalement contraire à la question des droits des femmes. Laurence Perron, vous vous revendiquez, vous, comme féministe aussi, et quels sont les combats qu'il faut aujourd'hui porter, selon vous, pour la cause des femmes ? Et ma deuxième question va naturellement vers ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale avec très très peu de femmes, finalement, pas de femmes élues au perchoir, peu de femmes dans les... Président de commission, il y en a quelques-unes.

Il y en a quelques-unes, mais peu, elles sont en minorité, contrairement à l'affichage de féminisation qui était annoncé. Je pense qu'il y a un enjeu d'indifférenciation, en fait. C'est-à-dire qu'on ne doit pas élire une femme parce que c'est une femme, on doit faire en sorte qu'il y ait suffisamment de femmes qui soient en capacité de l'être. En l'occurrence, on a réussi, notamment grâce à La République en marche. Nous, dans notre groupe parlementaire, on est 47% de femmes. Donc, on est à parité. Preuve d'ailleurs que quand on souhaite avoir des femmes élues, on y arrive. Contrairement à ceux qui disaient que c'était toujours difficile de trouver des femmes qui voulaient être élues.

Après, ce qui s'est passé, c'est tout simplement, par exemple, sur le vote du président de l'Assemblée nationale. Nous, on a eu un débat au sein du groupe avec quatre candidats, deux femmes et deux hommes, qui ont présenté et exposé leur projet et un vote à bulletin secret. Et c'est un homme qui a été élu, et pas parce que c'est un homme, parce qu'à mon avis, il avait développé le projet qui était le plus abouti et il menait la meilleure campagne pour pouvoir être élu. Pas parce que les émissaires de l'Élysée avaient un peu accueilli le vote ? Non, ce n'est pas comme ça que ça s'est passé. Moi, je n'ai pas reçu d'appel en me disant, attention, il faut absolument voter pour François de Rugy.

Moi, j'ai voté pour lui. J'aurais aimé voter pour une femme, mais le projet qui m'a le plus convaincue était celui que François de Rugy a porté. Françoise Fressose. Est-ce que le combat aujourd'hui pour la procréation médicalement assistée ouverte à toutes les femmes fait partie d'un combat féministe ? Et comment vous appréhendez cette question-là ? C'est un combat sur la question de l'égalité des droits, évidemment. Donc oui, ça peut se rapprocher pour moi d'un combat féministe. Il y a une évaluation qui avait été faite et le comité a rendu un avis positif. Le comité d'éthique.

Le comité d'éthique, c'était la position du président de la République de dire on consulte d'abord le comité d'éthique sur ce sujet-là et on suivra cette position. En tout cas, moi, j'ai hâte. Alors concrètement, qu'est-ce qui va se passer ? Projet de loi, proposition de loi ? Vous êtes dans ce combat-là ou pas ? Oui, moi, je suis favorable à ce qu'on puisse ouvrir la procréation médicalement assistée à l'ensemble des femmes. Il n'y a pas de raison qu'il y ait une discrimination en fonction de l'orientation sexuelle des femmes sur le fait qu'elles puissent ou non être mères. Mais après, comment vous organisez tout ça ? C'était la salle, la question de France.

Est-ce qu'il faut un débat par le salaire ? Aujourd'hui, je ne sais pas. Est-ce que ce sera dans le cadre d'un projet de loi plus large ? Est-ce que c'est une proposition de loi qui peut émaner des parlementaires de la République en marge ? Je ne sais pas formellement comment ça va s'organiser. Je sais juste qu'il faut que ça puisse être fait et être fait rapidement à partir du moment où le comité d'éthique a rendu sa décision. Vous n'avez pas eu le sentiment, là, cette semaine, que, alors c'est très court, une semaine, mais on devient des appeurs de l'actualité politique, Emmanuel Macron n'a rien dit, alors que finalement, effectivement, il avait presque fait un engagement de campagne.

Mais à partir du moment où le président de la République avait dit qu'on demande l'avis du comité d'éthique, si l'avis du comité d'éthique est positif, il me semble assez naturel que cet avis sera suivi. En tout cas, c'est la position que nous... Est-ce que vous craignez des débats du type de ceux qui se sont passés autour du mariage pour tous ? Et est-ce que vous dites qu'il faut peut-être mieux faire passer les réformes économiques avant de remettre ce sujet sur la table ? Ou vous dites non, non, au contraire, il faut y aller ?

Il y a déjà plusieurs projets de lois qui vont arriver, nous, en session extraordinaire, que ce soit les lois d'habilitation sur la question du travail, que ce soit la question de la prorogation de l'état d'urgence. Donc on a déjà un agenda qui est très chargé, donc je ne pense pas que ça puisse de toute façon aboutir là, sur la session extraordinaire. Après, quel est le calendrier ? Ce n'est pas moi qui vais en décider. Ce qui est certain, c'est que oui, on va retrouver le même type d'opposition que celle qu'on a pu connaître pendant le mariage pour tous.

31:06
Locuteur 3

Vous aviez dit oui, PMA, non à la GPA. Manuel Macron a toujours été très clair là-dessus. Mais comment justifier que des femmes homosexuelles mariées auront donc la possibilité d'avoir un enfant, alors que des hommes homosexuels mariés n'auront pas cette possibilité, puisque la GPA est interdite en France ? Est-ce qu'il n'y a pas là une discrimination entre les couples d'homosexuels hommes et femmes ?

31:30
Présentateur

Parce qu'il ne vous aura pas échappé que la PMA et la GPA, ce n'est absolument pas la même chose, ça n'a pas du tout les mêmes implications. Moi, je suis totalement opposée à la GPA, justement sur la question des droits des femmes. Mais est-ce que ce n'est pas une discrimination

31:41
Locuteur 3

en termes de droits ?

31:42
Présentateur

Mais ce qui serait une discrimination, c'est de faire que des femmes qui sont en situation de fragilité économique, parce que c'est toujours le cas, se retrouvent demain à devoir louer leur ventre de manière à ce que la GPA puisse exister. Moi, je n'ai aucune envie qu'on puisse institutionnaliser le fait qu'une femme peut demain louer son ventre pour permettre à quelqu'un d'avoir un enfant. Il y a d'autres options qui sont aujourd'hui ouvertes, notamment la question de l'adoption. Et c'est très bien que ça puisse être le cas et sans discrimination entre les couples, qu'ils soient hétérosexuels ou homosexuels, hommes ou femmes. Mais sur la GPA, moi, c'est une question de droits des femmes.

Je refuse que des femmes soient contraintes à louer leur corps pour permettre à d'autres de devenir parents. Il est 12h38. Je vous propose qu'on aille au standard accueillir notre premier auditeur. Fabien, on vous écoute, Fabien. C'est à vous.

32:35
Locuteur 10

Bonjour. Bonjour. Déjà, bon appétit à tous les autres auditeurs.

32:40
Présentateur

Merci. C'est la première fois qu'on nous le fait, mais c'est sympa.

32:42
Locuteur 10

Et merci à tous les personnes qui nous permettent de vous écouter.

32:44
Présentateur

On vous écoute. Alors, j'ai une question, Mme Berger. Voilà, le ministre actuel du gouvernement a demandé un audit à la Cour des comptes

32:56
Locuteur 10

sur l'état des finances publiques. Il se trouve que cet audit, apparemment, est très négatif vis-à-vis du gouvernement précédent et de l'état de nos finances actuelles. Or, le président, M. Macron, a fait partie du gouvernement précédent. Alors, peut-être que du coup, c'est aussi un peu de sa faute si on est dans un état pareil de finances. Et ensuite, qu'est-ce que vous en pensez de ça ? Et une toute petite question. Est-ce que vous avez la même indemnité qu'un député homme au niveau de l'égalité des... Très bonne question.

33:31
Présentateur

Merci, Fabien. Aurore Berger vous répond. Bonjour, Fabien. Sur la deuxième question, oui, et heureusement. Après, on va réformer un certain nombre de choses parce qu'il y a des choses assez obsolètes, notamment sur les indemnités qu'on perçoit au-delà des salaires. Sur la première question, sur l'audit qui a été commandé par le Premier ministre à la Cour des comptes, en effet, il est extrêmement sévère puisque, et c'est très rare, il dit qu'il y a plusieurs éléments, en fait, qui sont entachés d'insincérité dans les comptes qui ont été présentés, qui font notamment qu'on pense être à un déficit de 2,8, et on est aujourd'hui à 3,2% de déficit, ce qui va nous obliger... Du PIB. Oui, du PIB.

Du PIB, exactement. Ce qui va nous obliger, non pas, à revoir le projet qui était le nôtre, mais évidemment, et c'est ce qu'a notamment dit le premier, c'est que pour la première fois, on ne compensera pas la question du déficit de la dette publique par de la hausse d'impôts, mais bien par une réduction de la dépense publique, ce qui était déjà annoncé, nous, dans le cadre du projet du président de la République, sur la question de la responsabilité supposée d'Emmanuel Macron, il ne vous aura pas échappé qu'il n'a jamais été ministre des Finances. Il est l'économie, quand même. Enfin, ministre de l'économie, tout le monde.

Oui, mais ce n'est pas exactement la même chose, ministre des Finances, ministre de l'économie. Inspirateur de la politique économique de François. C'est lui, tout de même. Et surtout, il ne vous aura pas échappé que quand il a eu un désaccord politique, notamment sur les réformes économiques qui devaient être conduites, il a préféré démissionner du gouvernement, créer son mouvement En Marche, qui est devenu le premier mouvement politique dans notre pays, qui lui a permis d'être président de la République. Est-ce qu'on ne peut pas voir les choses différemment ?

C'est-à-dire que, justement, il était peut-être déjà un petit peu trop concentré sur la suite des événements qu'il était en train d'orchestrer et que, finalement, il y a des choses qui lui ont échappé. Je ne pense pas qu'il y ait des choses qui lui aient échappé parce que je pense que... Ce n'est pas le genre de monsieur ? Ce n'est pas le genre de Jupiter ? Je ne reprendrai pas ce terme de Jupiter. C'est lui qui l'a dit. C'est lui-même autoproclamé Jupiter. En tout cas, moi, je ne le reprendrai pas. Je considère juste qu'à mon avis, il n'y a pas des choses qui lui ont échappé.

Il y a, par contre, un constat qu'il a fait, c'est que les réformes qu'il voulait entreprendre, on ne lui permettait pas de les entreprendre et donc il est parti sur un désaccord majeur politique sur des questions économiques, notamment. Par exemple, sur le CIC, c'est clairement Emmanuel Macron qui a voulu cette mesure en collaboration avec François Hollande. C'est l'une des mesures qui va gréver aujourd'hui le déficit. Donc, à un moment donné, il ne peut pas ne pas être responsable de ça. Le CIC, en devenant pérenne, va, je crois, occasionner 20 milliards de coûts pour les finances publiques. Mais le CICE, ça avait une vertu aussi pour libérer nos entreprises.

Et donc là, l'enjeu, c'est plutôt de revoir les modalités du CICE parce que c'est important aussi. C'est quelque chose de nouveau. C'est-à-dire qu'à un moment, il faut légiférer, mais il faut aussi évaluer ce qui a été réalisé. Et c'est rarement ce qui est fait, en fait. C'est-à-dire que se dire qu'en début de quinquennat, justement, on légifère et on légifère vite de manière à pouvoir ensuite évaluer, modifier, rectifier si cela est nécessaire, ça me paraît judicieux, et notamment sur le CICE. On sait qu'on veut justement revoir le cadre du CICE et notamment ses modalités. Françoise Fresseuse. C'est intéressant ce que vous dites.

En fait, vous dites, il faut essayer de changer un peu le rôle du député. Vous arrivez dans une majorité absolument pléthorique où finalement, on va vous demander souvent de voter tel ou tel texte et d'ailleurs, vous êtes engagé sur un certain nombre de textes. Quelle va être votre mission ? Comment vous allez essayer de peser dans cette législature ? On garde notre liberté. Déjà, on ne nous met pas... Pas sur tous les textes puisque vous êtes engagé. On a l'impression, si vous voulez, qu'on a un couteau sur la gorge qui nous dit qu'on est en gros du bétail où on doit voter. Ce n'est pas comme ça que ça s'organise. Ce n'est pas comme ça que ça s'organise. Alors expliquez-nous.

On a un projet présidentiel. On est probablement d'ailleurs le seul parti qui n'a pas changé de projet entre la campagne présidentielle et la campagne législative. Que ce soit les Républicains, que ce soit le Front National, les Parti socialistes ont largement modifié leurs projets en quelques semaines entre la campagne présidentielle et la campagne législative. Ce qu'on n'a pas fait. Donc oui, on a envie... C'est un peu normal quand on a perdu des élections, on essaie d'ajuster un peu le tir alors que vous aviez...

Oui, quand on a passé une année à défendre son projet présidentiel en considérant, y compris sur vos plateaux, que c'était le meilleur projet pour la France et qu'en trois semaines, on le détricote et qu'on le change dans sa philosophie même, je ne suis pas certaine que ce soit une preuve de cohérence. Voilà. Ceci étant dit, nous, on a défendu du coup le même projet et c'est ce projet-là qui nous a permis aussi d'être élus, nous, parlementaires. Donc moi, je n'ai aucune difficulté à dire qu'il va falloir le mettre en œuvre.

Par contre, nous, la liberté qu'on a en tant que parlementaires, c'est déjà une liberté d'initiative sur un certain nombre de propositions de loi que l'on pourrait émettre. Mais sur un agenda

38:03
Locuteur 9

très contraint quand même.

38:04
Présentateur

C'est un agenda qui sera contraint évidemment. Mais enfin, il y a quand même des niches parlementaires qui permettent à des propositions de loi d'émerger et je pense que ce sera le cas et on aura cette liberté-là et puis une liberté de proposition. Je pense que notamment, par exemple, sur le projet de loi sur la confiance dans la vie politique qui était avant, le projet de loi sur la moralisation, vous allez voir qu'il va y avoir un certain nombre de propositions de modifications, d'amendements qui vont être amenés par les parlementaires de la majorité pour améliorer le texte qui sera présenté à l'Assemblée nationale et au Sénat. Guillaume Tarré ?

38:32
Locuteur 3

Sur la méthode maintenant à l'Assemblée nationale, est-ce que cette semaine avec un groupe de La République En Marche qui a raflé tous les postes, est-ce que vous reconnaissez au moins une maladresse qui a été contraire à un certain nombre de traditions ?

38:45
Présentateur

Les traditions, elles sont aussi là pour évoluer. On nous a élus justement pour essayer de bousculer le jeu politique. Donc l'idée, ce n'est pas forcément que l'on s'adapte à représenter le premier groupe d'opposition dans le bureau

39:00
Locuteur 3

de l'Assemblée nationale. Ça, c'est fini. Alors attendez,

39:02
Présentateur

on va juste expliquer pour les auditeurs. Je vous demande juste un instant, il y a un président de l'Assemblée nationale et il y a un bureau de l'Assemblée nationale avec trois questeurs, notamment. Il y en a toujours deux qui reviennent à la majorité et un qui revient normalement au groupe le plus fort de l'opposition. Donc ça aurait dû être normalement les républicains. Explication maintenant d'Aurore Berger. On vous écoute. Un, en effet, qui revient à l'opposition. Ce n'est pas à nous de définir quelle est cette opposition. Ce qui s'est passé, c'est que quand on a voté, nous, à l'Assemblée nationale, on nous a présenté, proposé quatre questeurs.

Il y en avait deux issus de la majorité, ce qui est en effet légitime et normal. Il y en avait deux autres. Il y avait Éric Ciotti pour les Républicains et Thierry Solaire pour les constructifs. Et les parlementaires ont voté. Ils ont arbitré, en effet, entre Éric Ciotti et Thierry Solaire. et ils ont préféré Thierry Solaire. Vous saviez très bien dans la méthode que vous faisiez, entre guillemets, un sale coup. Il prend au regard de la personnalité, des propositions qui sont celles d'Éric Ciotti et la vision extrêmement sectaire qu'il avait aussi de l'opposition. Vous pensez que c'est bien ?

Parce qu'en fait, la petite musique qui est en train de se développer, c'est qu'il a beaucoup de pouvoir et il en veut de plus en plus et l'opposition a énormément de mal à exister. Est-ce que ça ne crée pas un malaise d'entrée de jeu dans le quinquennat ? Est-ce qu'il ne faut pas quand même ménager les droits de l'opposition ? Mais les droits de l'opposition, ils n'ont pas été bafoués. Notamment, par exemple, sur les vice-présidents. Le lendemain, vous avez fait l'inverse

40:26
Locuteur 3

avec Eric Burt, que la République en marche n'a pas pris part au vote

40:28
Présentateur

sur la question du choix du président de la commission de l'EF. Sur la question, par exemple, des vice-présidents à l'Assemblée nationale, vous le disiez, il y a un bureau à l'Assemblée, il y a un président, il y a des casteurs, il y a des vice-présidents de l'Assemblée nationale. Nous, on avait proposé que trois postes de vice-présidents soient justement laissés aux principales groupes d'opposition, les républicains. Ils ont refusé de présenter des candidats. Ils ont refusé de présenter des candidats, ce qui faisait que si nous, nous n'en présentions pas, eh bien, on avait un fonctionnement de l'Assemblée nationale qui était bloqué.

L'objectif des républicains, c'était de bloquer le fonctionnement de l'Assemblée nationale. Pourquoi ? Parce qu'il y a le Congrès, lundi, et que le Congrès n'aurait pas pu se réunir dans ces cas-là. Donc oui, on a pris nos responsabilités. Attendez, Laurence, s'il vous plaît, c'est une mesure de compensation que vous aviez fait, effectivement, de leur accorder ces trois postes de vice-président parce que, donc, vous aviez bien conscience qu'il y avait un problème avec la question accordée à ce groupe des constructifs qui va voter la confiance pour l'essentiel de ses membres à Edouard Philippe. Donc ce n'est pas un groupe d'opposition.

Il a toujours été convenu que des postes de vice-président seraient laissés à l'opposition. Et nous, nous avons proposé qu'en effet, trois d'entre eux puissent être en responsabilité pour les républicains. Ils n'ont pas voulu présenter de candidats parce qu'ils avaient envie d'afficher un blocage de l'Assemblée nationale. Une boudrie, a dit M. Ferrand. C'est la responsabilité après de Christian Jacob et du groupe Les Républicains.

Nous, ce qu'on a dit très clairement, puisqu'on a présenté du coup nos candidats, c'est que si les Républicains souhaitent justement revenir dans le jeu normal, dans le fonctionnement normal de l'Assemblée nationale, nous, trois de nos vice-présidents démissionneraient pour permettre aux leurs d'être élus. Donc ça me semble justement être un respect de l'opposition. Mais cette opposition, encore faut-il qu'elle accepte le mode de fonctionnement parlementaire et qu'elle accepte de présenter des candidats s'ils souhaitent être élus sur la Commission des Finances.

En effet, c'est aujourd'hui institutionnalisé que la présidence de la Commission des Finances revient à l'opposition, quelle qu'elle soit. Et en effet, pour pas qu'on puisse nous accuser de quoi que ce soit et parce que c'est pas à nous de décider quelle est notre position, nous n'avons pas pris part au vote. Les membres de la Commission n'ont pas pris part au vote. C'est donc Éric Woerth, qui est clairement un opposant, on ne peut pas lui retirer ça, qui a été élu président de cette commission. Françoise Fréceuse, On voit que tout est un peu nouveau dans cette nouvelle Assemblée. Qu'est-ce qui s'est passé concrètement au séminaire auquel vous avez participé ?

Quels conseils on vous a donné ? Et comment est-ce que vous allez tenir compte ou non des consignes ? Alors, conseils ou consignes, c'est pas exactement la même chose. Vous allez nous dire s'il y a eu des conseils et des consignes. Sur les conseils qui nous ont été donnés, l'enjeu du séminaire, c'était déjà un enjeu de cohésion de groupe parce qu'on est, vous l'avez dit, un groupe extrêmement nombreux, on est 308 au sein de La République En Marche et on ne se connaît pas tous, ce qui est normal. Mais pourquoi ? Parce qu'en général, dans les autres groupes parlementaires, déjà, ils réinvestissent 50% de parlementaires qui sont des parlementaires sortants.

Donc, il y a déjà entre eux des amitiés, des modes de fonctionnement qui sont établis. Nous, nous sommes en effet nouveaux. Il y a une extrême minorité, une infime minorité de parlementaires sortants qui ont été reconduits. C'est un état de fait. C'est ni une bonne ni une mauvaise chose. C'est un état de fait. Donc, il y avait cet enjeu de cohésion de groupe et plutôt des conseils, en effet, sur le mode de fonctionnement aussi de l'Assemblée. L'idée étant qu'on arrive à moderniser un certain nombre de règles de fonctionnement, de traditions, sans pour autant, voilà, on a un fonctionnement.

Mais le résultat, c'est que la première semaine, on a l'impression que c'est du vieux pot politique qui s'est passé. Surtout qu'on n'avait pas le droit d'y accéder. Les journalistes étaient bloqués à l'entrée de l'Assemblée nationale. C'était à huis clos, tout ça. Donc, ça crée du secret et on a le sentiment que la démocratie fonctionne bizarrement à la République en marche. Non, mais moi, je ne trouve pas qu'il y a un fonctionnement bizarre de la démocratie. Il y a tout simplement une Assemblée nationale qui est souveraine. C'est d'ailleurs ce qu'a rappelé Jean-Luc Mélenchon qui ne me semble pas être dans la majorité en disant qu'à un moment, il y a eu un vote. Est-ce que vous voulez...

C'est votre... Enfin, moi, je ne reproche pas aux parlementaires de la République en marche et peut-être d'autres groupes qui ont pris part au vote, d'ailleurs, d'avoir préféré Thierry Solaire en conscience parce qu'en effet, je ne me sens pas extrêmement à l'aise avec les idées qui sont défendues par Eric Schott. Donc, vous dites que si c'était un autre candidat qu'Eric Schott, peut-être que vous auriez privilégié ce candidat à l'air ou au vote-tif ? Je pense que les Républicains ont fait un choix qui était extrêmement clivant dans le choix de leur casteur. Ils ont présenté Eric Schott. Il me semble, en effet, il y avait une centaine de...

Ils ont une centaine de membres qu'ils auraient peut-être pu présenter quelqu'un d'autre qui était peut-être plus consensuel ou qui n'était pas dans une telle dynamique, on va dire, que celle d'Eric Schott. Il y avait d'ailleurs une vision extrêmement restrictive de l'opposition. Laurence Perron et après, on va en standard. Ils vont parler un peu de ce qui va vous arriver assez vite. Donc, il y a le Congrès. Il y a cette volonté du Président de la République d'inscrire certaines dispositions d'état d'urgence dans le droit commun. Vous, qui êtes libéral en politique, ça ne vous pose pas de problème sur le plan des valeurs ? Sur la question de l'état d'urgence, il y a deux étapes.

Il y a une première étape avec un projet de loi qu'on va étudier cette semaine qui est la prorogation de l'état d'urgence. On va pouvoir le faire continuer, si vous voulez, une dernière fois, une sixième fois et ce sera valable jusqu'au tout début novembre. Et après, en effet, la question est de savoir si on inscrit dans le droit commun un certain nombre de ces dispositions. Et là, ce sera une discussion parlementaire. Et la discussion, elle n'a pas encore eu lieu. Et votre avis à vous ? J'attends de savoir ce qui va nous être présenté.

Moi, je ne peux pas, si vous voulez, vous donner un avis sur un texte que nous ne connaissons pas encore et qui n'a pas encore été débattu ou discuté puisqu'il n'a même pas été pour l'instant présenté ni en Conseil des ministres ni évidemment sur la table de l'Assemblée nationale. Donc moi, j'attends de savoir ce qu'il y a dans ce texte avant évidemment de pouvoir vous donner... Alors, on a l'impression quand même qu'il y a beaucoup de choses qu'on n'arrive pas à savoir. Par exemple, c'est pareil sur la loi d'habilitation, sur les ordonnances. Mais là, c'est normal, le texte va être présenté à l'automne.

Oui, mais là, les syndicats débattent et par exemple, pour le moment, on ne sait pas ce qu'il y a. Vous avez un peu de réunions qui... Mais ça ne veut pas grand-chose. Il y a une cinquantaine de réunions quand même qui est organisée, ce qui ne me semble pas être un déni en effet de démocratie ou de dialogue, bien au contraire. Après, il y a plusieurs étapes sur la modernisation du travail, ce qui va s'engager sur un travail parlementaire de 18 mois, puisque la première étape, c'est la loi d'habilitation sur la révision du Code du travail.

Et ensuite, progressivement, il va y avoir la question par exemple du RSI, il va y avoir la question de l'assurance chômage pour les indépendants qui va pouvoir... un droit nouveau qui va leur être accordé et ainsi de suite. Donc, il y a évidemment le fait de vouloir aller vite sur la simplification du Code du travail. Donc, nous, on va nous présenter les lois d'habilitation extrêmement rapidement et on va en débattre évidemment à l'Assemblée nationale. D'ailleurs, l'opposition nous promet entre 10 et 12 000 amendements. Donc, ça va donner lieu à un certain nombre de discussions au sein de l'Assemblée nationale.

Et après, je vous dis, c'est un travail sur la modernisation du travail en général qui va durer 18 mois. Donc, on aura évidemment des dialogues avec les partenaires sociaux qui vont continuer. Et on suivra tout ça de très près. Je vous propose d'accueillir au standard Thomas qui nous appelle de l'Oise. Bonjour, Thomas.

47:23
Locuteur 4

Bonjour. Bonjour, Madame Berger.

47:26
Présentateur

Bonjour.

47:26
Locuteur 4

Est-ce que vous seriez favorable à la proportionnelle à l'Assemblée nationale pour une représentation plus juste et plus large des Français ? Et je voudrais également ajouter ce que vous ne pensez pas que la proportionnelle sera un bon moyen de lutter contre l'abstention ?

47:40
Présentateur

La réponse d'Aurore Berger. Alors, moi, à titre personnel, je suis pour l'introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale. Moi, je ne souhaite pas que ce soit une proportionnelle intégrale. Vous voulez une proportionnelle intégrale, vous, Thomas ? C'est ça ?

47:52
Locuteur 4

Proportionnelle intégrale, oui, absolument.

47:54
Présentateur

Moi, je pense qu'une dose de proportionnelle pour avoir une meilleure représentativité, ça me paraît utile et je pense que c'est un débat qu'on aura au sein de la majorité et je l'espère au sein de l'Assemblée. Sur une proportionnelle intégrale, moi, j'y suis opposée parce que je pense qu'il faut dégager des majorités de manière à pouvoir tout simplement avancer, gouverner. Donc, voilà. Sur la question de la lutte contre l'abstention, je ne suis pas certaine que le mode de scrutin soit vraiment le principal facteur qui fasse que l'abstention soit forte dans notre pays. C'est quoi, selon vous ? Notamment au premier tour parce que vous avez quand même un choix au premier tour.

Moi, je vois, on était 15 candidats donc vous avez l'opportunité quand même de vous exprimer. C'est quoi, selon vous, la cause de l'abstention ? La confiance qui a été rompue, je pense, l'incapacité à obtenir des résultats. Moi, j'ai rencontré dans cette campagne beaucoup de gens qui me disaient qu'ils ne viendraient pas voter. Et vous expliquez pourquoi ? Il y avait des... Par de la lassitude, par de la déception, par des débats qui ne les intéressent pas et dont ils se sentent extrêmement éloignés. Mais personne ne m'a jamais évoqué le mode de scrutin en me disant je ne me sens pas représentée à cause du mode de scrutin.

La représentation, la mauvaise représentation, elle en est issue mais ce n'est pas ça qui provoque, j'ai l'impression, l'abstention. En tout cas, pas sur un premier tour notamment. Et d'ailleurs, elle est beaucoup moins forte sur d'autres élections, notamment municipales ou présidentielles. Vous dites déception. Est-ce que vous vous sentez en tant que députée sur la sellette ? Autrement dit, est-ce qu'il y a un problème de représentation, pas les Bourbons ? Et de se dire finalement, c'est plus comme ça que fonctionne bien la démocratie parce que nos élus nous ont trop déçus. Vous le ressentez ça ou pas ? Le fait d'être sur la sellette, oui.

C'est-à-dire qu'on sent qu'on n'a pas le droit de se planter, qu'on n'a pas le droit à l'échec ou à l'erreur. Ça, c'est très clair parce que les gens qu'on a rencontrés nous ont dit qu'ils étaient prêts à nous faire confiance mais prêts à nous faire confiance une dernière fois. Alors après, qu'est-ce que ça veut dire sur la prochaine ? Est-ce que c'est on n'ira plus voter ? Est-ce que c'est on votera pour des parties d'extrême-gauche ou d'extrême-droite ? Je ne sais pas. Je ne sais pas si eux-mêmes savent déjà ce qu'ils feraient si ça ne fonctionne pas. Mais oui, je me sens sur la sellette parce que je sens qu'on n'a vraiment pas le droit à l'échec et pas le droit de se planter.

Et ça, je pense qu'on l'a tous ressenti en intégrant la seule.

50:01
Locuteur 3

Vous avez évoqué la question de la confiance, de la perte de confiance dans la politique. Richard Ferrand a été exfiltré du gouvernement. C'est le patron de votre groupe à l'Assemblée nationale. Est-ce que si, par exemple, il a été mis en examen, il peut rester à la tête du groupe ? Est-ce que c'est ça la nouvelle façon de faire de la politique ?

50:17
Présentateur

Mais il n'est pas mis en examen pour l'instant, il me semble, et j'espère qu'il ne le sera pas. Je ne peux pas vous répondre sur une situation qui ne se présente pas aujourd'hui. Richard Ferrand, il a été réélu et réélu de manière très claire au sein de sa circonscription.

50:34
Locuteur 10

Il était exfiltré du gouvernement aussi. Il était moins gênant à la tête du groupe qu'au gouvernement.

50:38
Présentateur

Je pense que sur cette question-là, comme sur la question qui a pu se poser d'ailleurs par rapport aux ministres Modem qui d'ailleurs ne font même pas l'objet d'une enquête préliminaire et donc encore moins d'une mise en examen, c'est une question qu'on doit se poser et d'ailleurs peut-être dans le cadre du projet de loi qu'on va étudier, c'est à partir de quand il est légitime qu'un ministre ou qu'un parlementaire ne soit plus en fonction.

51:01
Locuteur 6

Pour vous, à partir de quand ?

51:02
Présentateur

Mais je n'ai pas forcément la réponse. Je me dis juste que finalement la réponse aujourd'hui qu'on a accordée c'est de dire il y a une entrave qui existe dans certains cas de fait parce qu'il y a une pression médiatique, parce qu'il y a une pression populaire qui fait que vous ne pouvez plus exercer vos fonctions comme vous devriez le faire avec sérénité, avec efficacité et donc il vaut mieux que vous démissionniez de manière à ne pas être entravé. Mais du coup, vous faites peser une présomption de culpabilité systématique et je ne suis pas certaine que ça, ce soit positif en termes de démocratie. Merci beaucoup Aurore Berger. Le temps passe toujours trop vite.

Merci en tout cas d'avoir été notre invitée. On vous suivra pendant cinq ans dans vos travaux à l'Assemblée. À suivre notre seconde invitée Clémentine Autain, élue elle aussi pour la toute première fois députée. On se retrouve tout à l'heure à 13h15. Retour sur le plateau de questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Notre second invitée, Clémentine Autain. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes tout fraîchement élue députée, députée la France Insoumise de Seine-Saint-Denis.

À 13h30, vous répondrez aux questions en direct de nos auditeurs, alors soit au 01 45 24 7000, soit sur notre site internet franceinter.fr, Facebook Live également si vous préférez, ou encore Twitter avec le mot-clé. Question Paul, à mes côtés, ils n'ont pas bougé, Guillaume Daré pour France Télévisions.

52:36
Locuteur 3

Toujours le seul homme sur le plateau. Sur le plateau,

52:38
Présentateur

exactement, vous l'endurez parfaitement bien. Bravo Guillaume, vous êtes merveilleux. Françoise Fresseuse. Il n'y a pas de symétrie quand même, faites attention. Les rapports hommes-femmes sont asymétriques. Donc un homme seul ici, logiquement, il n'a pas tout à fait le même ressenti qu'une femme seule. On lui posera la question à la fin. Je vais essayer de finir de présenter le plateau. Françoise Fresseuse pour le journal Le Monde et Laurence Perron pour France Inter. Laurence, c'est à vous, vous dressez le portrait de notre invitée. Bonjour Clémentine Autain. Alors c'est drôle, je vous ai trouvé des similitudes de parcours avec Aurore Berger qui vous a précédé sur ce plateau.

Je sens que vous adorez. Alors vous naissez comme elle dans une famille d'artistes, chanteurs, comédiens. Ses parents à elle sont 68 arts et elle embrasse finalement la droite quand vous, vous êtes tiraillée entre un oncle paternel secrétaire d'État de François Mitterrand qui a fini sénateur Tendance Mélenchon et un père à nard que vous taxez paraît-il de révolutionnaire en fauteuil. Non, non. J'ai jamais dit ça. Bon, je l'ai lu. Révolutionnaire, ah non, révolutionnaire assise. J'avais 15 ans et mon père effectivement regardait la télévision et se plaignait énormément de la misère du monde, du système en place. Il avait un discours très révolutionnaire et très critique.

Mais il regardait la télévision assise sur sa chaise et je ne le voyais pas militer, être actif. Et c'est vrai que je me suis beaucoup construite à la fois j'ai hérité de son regard et en même temps de cette volonté d'être utile et de changer ce réel. Je lui disais mais tu ne peux pas rester le cul sur ta chaise, pardonnez-moi l'expression. Il faut faire quelque chose, on ne peut pas laisser la situation aller de mal en pied. Alors, révolutionnaire assise donc. Clémentine Autain ne respecte aucune règle sur ce plateau. Elle n'arrête pas de parler donc on va essayer. Voilà, vous avez une vraie insoumise. Je l'écoute et je réponds après.

Voilà, c'est pour les auditeurs qui comprennent un peu le portrait qu'est le vôtre. Alors, comme on a reproché Aurore Berger qui vous a donc précédé sur ce plateau, son vagabondage politique, on retrouve fréquemment cette pique dans la bouche de vos détracteurs et j'emploie le masculin à dessein du côté de votre détracteur donc cette accusation de butinage politique ou pour le dire autrement d'arrivisme. C'est drôle encore ce procès en opportunisme qu'on fait généralement plutôt aux femmes qu'aux hommes. Surtout quand elle déboule en trombe à l'horrie du XXIe siècle pour vous, dans un monde où elles sont encore rares et toujours chaperonnées.

C'est à Bertrand Delanoé que vous devez vos premiers projecteurs médiatiques lorsqu'ils vous bombardent, apparentés communistes déjà, au rôle d'adjointe à la jeunesse à la mairie de Paris. On est en 2001. Six ans plus tard, vous rompez les amars et vous tentez d'incarner le visage de la gauche antilibérale à l'élection présidentielle. Finalement, vous ne passez pas le cap de l'aspiration à la candidature. Alors, c'est l'époque où la LCR d'Alain Crivine que vous connaissez depuis toujours, je crois, Alain Crivine, se mue en NPA mais à l'époque, vous dites je ne suis pas révolutionnaire où se constitue sous la houlette de Jean-Luc Mélenchon. Ah bon ? Vous l'auriez dit comme ça ?

Oui, vous l'auriez dit comme ça. On en reparle après, c'est ma question de fin. Merci Laurence. Où se constitue sous la houlette de Jean-Luc Mélenchon. Donc, un parti de gauche plein de mauvaises têtes, de bruit, de fureur. Vous le trouvez, lui, encore un peu trop socialiste bontain. Alors, vous creusez votre propre sillon dans la touffeur de cette gauche radicale, écologique et de transformation sociale. Ce sera la phase de la Fédération pour une alternative sociale et écologique qui se continue aujourd'hui dans l'ensemble le mouvement que vous avez fondé en 2013.

Alors, vous avez pris langue avec Jean-Luc Mélenchon depuis la campagne de 2012 où vous étiez l'une de ses porte-paroles non officielles et vous êtes désormais l'une de ses insoumises à l'Assemblée nationale. C'est votre premier mandat de député de la Nation. Il a député, il a député, débuté, au point levé et au cri de résistance. Alors, est-ce que vous croyez désormais à la révolution ou est-ce que vous avez toujours été révolutionnaire ? Vous avez droit à la parole Clémentine Houtin. Vous pouvez dire tout ce que vous voulez.

Je voudrais, si vous me le permettez, dire un mot sur la cohérence du parcours politique parce que, en effet, vous le disiez, j'ai commencé mon premier mandat d'élu comme apparenté au Parti communiste français et vous me retrouvez aujourd'hui députée, soutenue par la France insoumise et par le Parti communiste français. Et depuis 20 ans, j'ai creusé un sillon, donc ce n'est pas du butinage, c'est un sillon, qui est cette intuition que nous étions dans un moment politique de refondation et qu'il fallait réinventer un projet social et écologiste avec, y compris, en termes de stratégie, sans doute à chercher du côté du neuf dans l'articulation entre réforme et révolution.

Donc, je n'ai pas le sentiment d'avoir butiné l'arrivisme. Je ne sais pas très bien ce que ça veut dire. J'ai de l'ambition politique et je l'ai toujours dit et je ne m'en cache absolument pas. Je pense que si j'avais été arriviste, j'aurais continué auprès de Bertrand Delannoy et peut-être j'aurais pris à l'époque ma carte au Parti socialiste. Je ne l'ai jamais fait un programme de conviction en ayant d'ailleurs plus de dix ans à ne pas vivre de mandat politique. Donc, je suis également engagée dans un journal depuis très longtemps qui s'appelle Regards.

Je suis une femme qui aime les combats politiques, les batailles sur des enjeux précis et qui cherche sans cesse à être utile et à être utile aussi à la refondation à gauche. Mais tout de même, je n'ai pas très bien compris. Bertrand Delannoy, c'est une parenthèse, c'est parce qu'il n'est ni l'LCR ni il n'est pas très extrême gauche. Pas du tout. Il vous a déçu peut-être ? Non, ce n'est pas du tout ça. C'est le moment où il y a un accord politique à Paris. Il faut comprendre ce que c'est. Moi, j'ai grandi à Paris. Je suis depuis dix ans en Seine-Saint-Denis. J'habite en Seine-Saint-Denis, mais j'ai grandi à Paris.

Et quand il y a eu cette possibilité de faire en sorte que Paris ne soit plus à droite, la domination de la droite était là depuis un siècle. Il m'a semblé que c'était une bataille formidable. Et je suis très heureuse de l'avoir menée. Et il y avait d'ailleurs, quand on a été élu, je ne sais pas si vous vous souvenez de l'équipe un vrai changement à Paris, un changement d'air véritable. Et puis ensuite... C'était la première fois que la gauche arrivait à l'hôtel de ville, Paris. Et puis ensuite, j'ai eu envie d'abord de vivre personnellement au moment où j'ai eu des enfants, de vivre personnellement en banlieue et de m'ancrer sur un territoire plus populaire. Et j'en suis très heureuse.

Aujourd'hui, je suis élue de Sevran-Ville-Pinte-et-Tremblay, qui est un territoire qui est au sud de Roissy, pour ceux qui ne voient pas, qui est un territoire très populaire dans lequel je me sens vraiment chez moi et qui est un vrai bonheur d'être élue d'une banlieue populaire comme celle-ci. Françoise Fressose. Après Orberger, vous êtes la deuxième personnalité politique à dire aujourd'hui « J'ai jamais changé, j'ai mes convictions, mais c'est plutôt l'environnement qui a changé. » C'est-à-dire, pourquoi, à part en t'es communiste, vous ne trouvez pas totalement votre compte ? Pourquoi vous vous rapprochez de la France insoumise ?

Pourquoi vous n'arrivez pas à faire la jonction aujourd'hui entre les deux ? Qu'est-ce qui s'est passé dans votre gauche pour que vous ne soyez pas dans le même parti au début et à la fin ? Je n'ai jamais été membre du Parti communiste français, donc en fait, le seul parti auquel j'ai adhéré un jour dans ma vie, mais je pense que c'est très symptomatique de ma génération. J'ai 44 ans maintenant et je pense appartenir à une génération qui a été assez désenchantée vis-à-vis des propositions des cadres politiques existants.

Donc si je n'ai pas été membre d'un parti jusqu'à il y a très peu, c'est le signe aussi d'une inadéquation entre les cadres politiques existants et l'engagement que j'avais envie de prendre et les façons de militer aussi et le rassemblement que je ne voyais pas, en tout cas formé tel que je l'espérais, que je le voulais. Alors, pourquoi on en arrive là aujourd'hui ? Moi, je le regrette. J'ai fait partie des députés qui ont souhaité œuvrer pour avoir un groupe commun entre les députés du Parti communiste français et les députés de la France insoumise. Malheureusement, André Chassaigne ne m'a pas invité à la réunion de son groupe. La France insoumise m'a invitée à la réunion de son groupe.

Donc, les chances se sont passées de façon assez simple pour moi et donc, je siège au groupe qui m'a invitée à siéger avec eux puisque j'avais le choix entre les deux ayant été soutenue par les deux formations et voilà, je dois dire que je suis heureuse dans ce groupe parce qu'il est particulièrement jeune, dynamique et renouvelé.

Je crois qu'il a aussi une diversité sociale qui n'est pas à l'image de tous les groupes de l'Assemblée et voilà, je pense que vous allez entendre parler de nous et je ferai partie de celles et ceux qui chercheront les ponts pour travailler avec le groupe qu'on appelle GDR, des députés du Parti communiste français et plus encore parce que les frontières ne sont pas aujourd'hui terminées. On est dans un tel moment de recomposition, refondation qu'on ne va pas commencer à ériger des murs entre les uns et les autres et j'en vois qui se positionnent de façon nouvelle. Moi, je suis pour rassembler largement dès lors qu'on est clair sur l'objectif politique.

Opposition à la politique d'Emmanuel Macron et volonté de faire vivre une gauche de rupture sur le plan démocratique, social, écologique et je pense que voilà, il y a matière à faire grandir une force à vocation majoritaire. Guillaume Daré et François Sressouz.

1:00:59
Locuteur 3

Alors Benoît Hamon, on va en parler justement, ne se reconnaît plus visiblement au Parti Socialiste, il annonce qu'il le quitte. Dans cette recomposition-là, est-ce que vous pourriez travailler avec lui ? Est-ce que vous pourriez rejoindre son mouvement ? Ou à l'inverse, qu'est-ce qui vous différencie ?

1:01:12
Présentateur

Est-ce que lui pourrait rejoindre le nôtre ?

1:01:13
Locuteur 3

Qu'est-ce qui vous différencie ou qu'est-ce qui vous rapproche de Benoît Hamon ?

1:01:16
Présentateur

D'abord, je pense que c'est une bonne nouvelle qui quitte le Parti Socialiste, ça fait partie des éléments de clarification. Il aurait peut-être pu le faire avant, au moment de la déchéance de nationalité ou de l'adoption de la loi travail. Il a fait le choix de rester dans le cadre du Parti Socialiste, c'est son choix, c'est son droit, c'est son histoire. Il en sort, il crée un courant politique d'une gauche plus modérée sans doute que la nôtre mais qui existe dans le paysage politique. Donc c'est parfaitement son droit et moi je pense que dès lors qu'il dit je m'oppose à ce gouvernement, nous avons vocation à discuter.

Donc moi, je pense que nous avons besoin de se parler, de nous parler et de voir quelles sont les plages de convergence, qu'elles sont aussi ce qui peut rester de différent et c'est bien normal. Est-ce qu'il vous différencie

1:01:58
Locuteur 10

avec Benoît Hamon concrètement ?

1:02:00
Présentateur

Eh bien justement, moi je suis pour qu'on entame la discussion pour savoir précisément déjà l'histoire récente. Voyez ? L'histoire récente, il s'est inscrit dans la primaire du Parti Socialiste, il a été... Il a tendu la main à Jean-Luc Mélenchon et rien ne s'est produit. Est-ce que vous le regrettez ça ? Voyez le résultat. Il y en a un qui a fait 19,5% et l'autre qui a fait 6%. Moi je l'ai dit à l'époque... Vous avez fait 19,5% enfin 19,6% parce que Benoît Hamon n'était pas avec vous et vous aurez plombé. C'est ça que vous êtes... Non mais c'est une autre histoire.

Je veux dire que la famille politique du Parti Socialiste ait eu un candidat et que dans la primaire y compris les sympathisants aient envoyé un message pour sanctionner ce gouvernement qui a mené une politique de droite au nom de la gauche. Non mais vous voyez comment on peut s'y retrouver ? Moi j'ai dit à l'époque que malheureusement quel que soit le candidat issu de la primaire il aurait un sparadrap comme celui du capitaine Haddock vous voyez qui l'empêcherait d'une certaine manière qui ne lâcherait pas. C'est ce qui lui est arrivé. Maintenant Benoît Hamon continue à tracer son sillon.

Ce que je regrette et très bien très bien ce que je regrette je l'ai écouté hier c'est qu'il renvoie dos à dos d'une certaine manière Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Il parle qu'il appelle le populiste. Donc il faut qu'on ait une discussion sur ce point. Je ne partage pas cette vision là je pense qu'à un moment donné il y a ceux qui vont s'opposer à la case du droit du travail à l'état d'urgence permanent à toute une série de mesures

1:03:19
Locuteur 3

depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron.

1:03:22
Présentateur

Toute une série de mesures que va prendre ce gouvernement et je pense qu'à gauche si on veut la refonder cette gauche si on veut la reconstruire et la remplir parce que le mot gauche il ne suffit pas enfin je veux dire qui compte non mais écoutez-moi là-dessus qui compte a fait campagne sur un territoire populaire c'est que quand on arrive et qu'on dit bonjour je suis une femme de gauche on me dit ah bon vous êtes avec François Hollande non bon donc Jean-Luc Mélenchon quand il a rempli de contenu la gauche plutôt que d'ériger comme un étendard je suis la gauche je pense qu'il a marqué des points pour une reconquête populaire et entendez bien cela ce qui s'est produit à l'occasion de cette élection et à la faveur de la campagne autour de Jean-Luc Mélenchon c'est une reconquête populaire dont nous avons la responsabilité aujourd'hui pour qu'elle soit plus forte qu'elle grandisse qu'elle s'élargisse et c'est notre responsabilité c'est pour ça que moi je tends la main mais je dis attention renvoyer dos à dos Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ne me paraît pas de bonnes méthodes si nous voulons demain rassembler pour construire des majorités d'une gauche franche mais remplie remplie de contenu d'abord on écoute la question de Laurence Perron ensuite il y aura Françoise Fresseuse et on filera au standard on a une question très intéressante l'idée de la refondation de la gauche elle est portée aussi par Pierre Laurent qui en début de semaine a dit moi je veux refonder le parti communiste sans tabou je suis même prêt pourquoi pas à changer de nom et à faire une structure peut-être plus évolutive que celle qui existe aujourd'hui plus l'âge plus fluide Benoît Hamon d'un côté on a l'impression qu'aujourd'hui c'est pas un mouvement commun mais ce sont trois mouvements concurrents que d'un côté il y a la France insoumise de l'autre côté il va y avoir le mouvement du 1er juillet de l'autre côté il va y avoir la refondation communiste qui s'appellera peut-être plus communiste est-ce que vous pensez qu'avec ça il y a de quoi faire une nouvelle gauche d'abord je ne pense pas que chacun vient avec son histoire son identité on ne va pas faire table rase totalement du passé chacun à son rythme bon ce qui compte c'est d'avancer par le projet par le contenu politique il y a beaucoup de rancœurs vous savez il y a beaucoup d'histoires récentes de batailles de choses humaines aussi qui se sont produites moi je pense qu'il faut apaiser les choses et pour les apaiser il y a deux conditions la clarté sur le projet politique et à partir de cette clarté sur le projet politique des uns et des autres nous pouvons engager ou non des discussions il faut passer par la politique et non pas par des règlements de comptes en permanence ou des questions personnelles etc c'est la politique ce que nous devons à des millions de gens aujourd'hui qui vont subir des politiques néolibérales renforcées qui subissent aussi d'ores et déjà une démocratie qui est totalement malade et sur laquelle le président de la république a décidé de tirer un trait net parce qu'on va peut-être en parler tout à l'heure mais enfin ce qui se prépare sur les ordonnants sur l'allotravail demain le spectacle à Versailles etc ce que je veux dire c'est qu'il y a un climat politique qui va nécessiter que nous ne nous regardions pas le nombril mais que nous soyons dans l'action dans l'action rassemblée pour combattre ce gouvernement et pour imaginer quel est le chemin pour pas venir tout simplement à empêcher les reculs terribles et à faire venir de nouvelles majorités sociales politiques idéologiques et Clémentine Autain vous dites voilà on respectera chacun vient avec son histoire on verra si on arrive à travailler ensemble à coller les morceaux j'ai presque envie de dire est-ce qu'il n'y a pas quand même mais il faut faire du neuf je vais vous dire on va pas simplement on va pas simplement essayer de comment dire de reconstituer un cartel avec des courants politiques on ne fait pas une grande force politique qu'avec du neuf ça j'en suis absolument convaincue mais dans la période qui s'ouvre il faut que le neuf domine et ça c'est fondamental il faut que le neuf domine ma question n'est pas là c'est aujourd'hui la dynamique est autour de Jean-Luc Mélenchon pour éventuellement l'apprendre effectivement c'est de gauche et c'est bien la raison pour laquelle on vous pose la question le problème c'est il y a énormément de gens qui hésitent qui n'ont pas envie de franchir le cap parce que son discours radical ça radicalique elle ne plaît pas à tout le monde en fait à gauche est-ce que là il n'y a pas un problème est-ce que le personnage doit changer alors écoutez d'abord elle ne plaît pas à tout le monde je veux redire mais il a quand même rassemblé 11 millions je peux vous assurer qu'au mois de septembre tout le monde aurait signé alors je sais que depuis on nous dit oui vous a manqué 600 000 voix je suis totalement d'accord pour franchir le second tour en attendant c'est un score qui est un vrai score et qui nous positionne désormais moi je vais vous dire ce qu'on lui doit c'est la clarté vis-à-vis du gouvernement Hollande pendant 5 ans c'est ce qui nous a permis d'être audibles dans cette campagne présidentielle nous lui devons également le fait qu'il a pris la mesure du fait que le mot gauche ne suffisait pas à l'emporter mais ma question c'est est-ce qu'il n'est pas arrivé à un plafond de verre est-ce qu'il n'est pas coincé et troisièmement il a fort bien compris que les partis politiques dans leur fonctionnement traditionnel étaient aujourd'hui critiqués qu'il y avait de nouvelles aspirations dans la façon de faire de la politique à partir de là il a posé des jalons qui sont importants maintenant lui mais pas que lui nous sommes devant nos responsabilités aujourd'hui parce que ce qui a fonctionné pendant une présidentielle est une chose ce qui doit être mis en mouvement pour que ça dure suppose du pluralisme suppose beaucoup de choses d'un fonctionnement démocratique qui n'est pas exactement celui qui convient pour une présidentielle donc nous avons de nombreux chantiers pour pouvoir rassembler faire prospérer mais il faut le faire je ne sais pas comment vous dire je ne vais pas commencer à dire tel ou tel est-ce que c'est Jean-Luc Mélenchon bien sûr qu'il a une responsabilité personnelle mais nous avons toutes et tous une responsabilité dans cette affaire de refondation et d'amplifier la reconquête populaire et j'insiste là-dessus c'est un mouvement de reconquête populaire quand vous regardez le nombre de députés que nous avons aujourd'hui en Seine-Saint-Denis 6 sur 17 c'est considérable et ça indique quelque chose de profond dans le pays donc la radicalité qui est peut-être critiquée à certains endroits est aussi correspond en réalité à une aspiration qui existe dans le pays radicalité ça veut dire prendre à la racine les problèmes et c'est ce que nous voulons faire prendre à la racine les problèmes si vous croyez qu'on va pouvoir résoudre la crise environnementale le défi climatique ou même sur la démocratie qu'on va s'en sortir avec une loi de moralisation pour répondre à l'ampleur des problèmes on se met le doigt dans l'oeil et les français l'ont bien compris il faut changer la logique qui est à l'oeuvre et donc aller vers des chantiers qui sont des chantiers de profonde refondation il y a quand même une interrogation sur la nature du mouvement de Jean-Luc Mélenchon il a remplacé le clivage gauche-droite par un clivage peuple-élite il arrive à l'Assemblée nationale et il dit je vais enlever la cravate je ne respecte pas les codes je suis sans cravate comme il y avait les sans culotte est-ce qu'on alors est-ce qu'il est dans l'hémicycle pour faire dynamiter le système radicaliser tout ou comment est-ce qu'on est insoumis à l'Assemblée nationale et quelle est la nature de Jean-Luc Mélenchon c'est assez rigolo parce qu'en fait quand vous dites la radicalité moi ce que je trouve très radical c'est le contenu de la loi travail on vient de la voir on doit déposer nos amendements d'ici à demain 17h et ce qu'il y a dans la loi travail c'est très radical vous savez c'est la fin enfin ce que je veux dire c'est que c'est la dégociation on va en parler après répondez à la question parce qu'elle est vraiment la nature de Mélenchon sur la nature de Mélenchon non mais si on veut parler de radicalité moi je vous dis que la radicalité aujourd'hui elle est du côté du gouvernement qui a un comportement qui s'assoit sur le pouvoir du parlement qui est de nature monarchique et qui sur la loi travail est très radicale pour casser le code du travail mais avec les cravates vous espériez en fait c'est ce que je suis en train de dire donc la cravate à côté d'abord c'est pas Jean-Luc Mélenchon personnellement qui a eu l'idée il l'a enlevé par solidarité le premier jour mais il va la remettre parce qu'il la met il y avait des jeunes hommes dans ce groupe qui disaient moi j'ai jamais mis la cravate j'ai pas envie de mettre la cravate on va pas se déguiser pour aller à l'Assemblée nationale

1:11:00
Locuteur 6

est-ce que vous faites pas ce que vous reprochez aux autres c'est-à-dire de la politique spectacle

1:11:03
Présentateur

non nous faisons de la politique telle que les français qui ont voté pour nous l'attendent nous ne sommes pas là pour nous déguiser et pour rentrer dans les normes institutionnelles aller au congrès

1:11:14
Locuteur 3

ça ne relève pas du rôle de député par exemple ? aller au congrès ça ne relève pas du rôle de député pour lequel vous avez été élu ?

1:11:19
Présentateur

alors aller au congrès c'est-à-dire être convoqué par le président de la république la veille c'est dans la constitution puis je voudrais faire plus qu'une phrase sinon je peux pas vous répondre je vous assure parce qu'il y a plusieurs arguments plusieurs raisons pour lesquelles nous avons décidé de ne pas nous rendre à cette convocation du monarque nous ne pouvons pas nous exprimer devant lui c'est-à-dire que nous allons pour écouter la bonne parole et ensuite les représentants des groupes s'expriment mais le président n'est plus là donc effectivement c'est tout à fait constitutionnel ça existe mais c'est une façon d'escamoter le rôle du parlement d'être particulièrement humiliant pour le premier ministre qui vient le lendemain s'exprimer devant le parlement pour obtenir la confiance donc nous voyons là plutôt l'expression d'une hyper-présidentialisation du régime nous avons milité pour la sixième république nous allons continuer à le faire et nous estimons que notre rôle c'est plutôt d'être place de la république demain pour dire notre volonté d'un changement institutionnel plutôt que d'aller écouter le monarque qui lui ne veut pas nous écouter donc en effet c'est un geste politique et je pense que nous avons été élus pour ces gestes politiques la cravate elle a quelque chose d'anecdotique j'entends bien c'est pas fondamental et en même temps elle est symbolique moi je suis féministe et je peux vous dire que de par l'histoire au 20ème siècle quand une femme rentre à l'assemblée nationale et qu'elle met un pantalon on peut trouver ça anecdotique et en fait c'est profondément politique ce que nous avons voulu dire c'est attention à la normalisation dans cette institution et nous ne serons pas ceux qui nous prêteront à cette normalisation qui est un peu aujourd'hui je sais pas comment dire mais il y a quelque chose d'un peu désuet parfois dans certaines coutumes de cette assemblée donc c'est symbolique ni plus ni moins et encore une fois j'espère ne pas partir avant de vous dire quel est contenu de la loi travail on y reviendra je vous assure je vous promets questions politiques intervenez au 01 45 24 7000 et sur les réseaux sociaux avec le mot clé question Paul mais avant cela il y a Didier Dugar qui aimerait bien vous poser une question bonjour Didier bonjour Didier Dugar je ne me trompe pas oui absolument alors on vous écoute

1:13:23
Locuteur 7

d'abord je tiens à vous remercier je suis très touché de parler dans une émission animée par des femmes

1:13:29
Présentateur

merci infiniment

1:13:31
Locuteur 9

pas seulement

1:13:31
Présentateur

je suis électeur

1:13:34
Locuteur 7

Front de Gauche France Insoumise donc camarade voilà camarade je tiens à vous dire que comptez-vous faire par rapport aux attaques libérales extrêmement violentes comment comptez-vous agir

1:13:49
Locuteur 10

en sachant que au mois de janvier a priori donc vous n'avez plus de sécurité sociale comment comptez-vous

1:13:56
Locuteur 7

lutter contre le libéralisme ambiant

1:13:58
Présentateur

alors on va vous demander de préciser pourquoi il n'y aurait plus de sécurité sociale en janvier

1:14:02
Locuteur 7

parce que donc on va supprimer

1:14:05
Locuteur 10

les charges ce que le gouvernement appelle les charges sociales qui est en réalité les cotisations sociales qu'on va reporter sur la CSG

1:14:12
Présentateur

il parle pour les retraités

1:14:14
Locuteur 10

donc comment comment en étant divisé donc

1:14:19
Présentateur

vous avez quel âge Didier si je peux me permettre vous avez quel âge Didier

1:14:24
Locuteur 10

j'ai 52 balais

1:14:26
Présentateur

d'accord 52 balais et la CSG en fait c'est ça l'augmentation de la CSG vous inquiète oui il y a une augmentation merci pour cette question il y a une augmentation de la CSG qui est prévue par le gouvernement et qui va concerner en particulier les retraités et on nous dit pour remplacer les cotisations salariales bien sûr bien sûr bien sûr enfin au total vous allez voir que ceux qui vont continuer à payer sont toujours les mêmes c'est à dire les plus pauvres et les classes moyennes voilà il n'y a pas oui oui écoutez quand on a une retraite à 1200 euros moi j'estime que oui c'est les retraités mais les salariés vont y gagner ben oui mais là je vous parle de la hausse de la CSG pour les retraités à partir de 1200 euros on est touchés c'est pour ça que je demandais l'âge de Didier en fait parce que j'allais pas que ça soit un retraité qui était inquiet on nous explique qu'à 1200 euros on n'est pas riches mais moi non c'est pas le problème c'est de dire que les salariés on est riches pardon on est trop riches excusez moi j'ai dit à l'envers on est riches mais il faut juste voilà un petit peu redescendre sur terre et comprendre que la politique qui est menée aujourd'hui elle est au service des plus riches et la loi travail elle va faire plaisir avant tout au MEDEF et certainement pas aux personnes qui vont subir de plein fouet la libéralisation du travail du dimanche du travail de nuit le fait qu'on va négocier maintenant par entreprise non plus par branche que les normes vont être les normes du moins dix ans et non pas du mieux dix ans donc c'est une attaque gravissime et ça ne fait que commencer mais là vous dénoncez mais là vous dénoncez je vais répondre à la question de l'auditeur le projet est en évolution aux dernières nouvelles ils ne vont pas supprimer les branches et il va y avoir un bon le travail du dimanche beaucoup de salariés l'ont signé à Paris et ça marche plutôt bien donc est-ce que vous n'êtes pas caricatural dans une opposition absolument systématique j'ai peut-être une petite différence avec vous c'est que le projet de loi nous l'avons eu hier donc avant-hier nous sommes dimanche pardon vendredi donc vendredi donc nos équipes ont travaillé jusqu'à une réunion hier des députés insoumis hier soir pour précisément regarder ces neuf articles du projet de loi oui mais il ne rentre pas dans le détail et c'est l'un des problèmes vous rendez-vous compte on va toucher au code du travail en faisant une loi El Khomri puissance 1000 et on le fait au mois de juillet dans des conditions inadmissibles nous travaillons nous n'avons toujours pas de bureau on n'a toujours pas de bureau on n'est pas installé dans l'assemblée nationale et dès lundi soir il faut déposer les amendements et il s'agit du périmètre à partir duquel le gouvernement va pouvoir agir le conseil le conseil le conseil d'état a déjà donné des recommandations en demandant au gouvernement de faire attention de ne pas agir par autoritarisme mais là en catimini en une semaine alors que les français commencent à regarder le tour de France où vont partir en vacances et je leur souhaite et bien il y a un projet de loi qui va être adopté à la majorité du parlement ce qui ne suppose pas mais c'était dans le projet d'Emmanuel Macron il a été élu là-dessus donc est-ce que vous pouvez dire que c'est un déni de démocratie alors que les électeurs l'ont élu en toute connaissance de cause puisqu'il avait dit la loi travail la réforme du code du travail ça sera par ordonnance ma conviction je vais vous dire madame Fresso très très franchement les choses ma conviction est que Emmanuel Macron a été élu à la faveur d'abord d'une vague qui voulait renvoyer le parti socialiste et l'UMP les républicains qui ont gouverné depuis 30 ans le dégagisme en menant une politique il voulait du renouvellement il voulait ne plus entendre parler de ces deux partis qui ont mis quand même la France dans le mur et qui ont je dirais oeuvré pour un creusement des inégalités sociales et territoriales et une perte je dirais de confiance dans l'avenir on a l'impression que nos enfants vont vivre moins bien que nous c'est quand même extrêmement terrifiant pour la majorité des français donc on vit plus mal il y a un appauvrissement dans ce pays un appauvrissement concret mais aussi un appauvrissement du sens du sens de la politique du sens de l'économie du sens de la démocratie donc on est dans ce climat là et à la faveur de cela en effet Emmanuel Macron a été élu avec un profil une capacité en communication très élevée et je ne suis pas convaincue je vous le dis très franchement qu'il y ait une majorité d'idées sur le programme politique d'Emmanuel Macron et c'est ce qui va être un peu le fil conducteur de la période qui s'ouvre qui à mon avis va être beaucoup plus instable qu'il n'y paraît avec la majorité qu'il a au Parlement prenez notre famille politique l'auditeur nous disait mais comment vous allez faire si vous êtes divisé que notre auditeur sera sûr le groupe des députés communistes et de la France insoumise sera soudé quand il s'agira de déposer des amendements contre la loi travail mais c'est certain dans les votes vous verrez bien surtout le quinquennat quand il va s'agir de voter contre les propositions néolibérales on peut l'imaginer André Chassagne et Jean-Luc Mélenchon ne sont pas les meilleurs amis mais nous sommes 30 au Parlement nous sommes une trentaine de cette famille sur 177 au Parlement croyez-vous sincèrement que c'est la réalité politique du pays je ne le crois pas ce n'est pas la réalité du pays de la même manière vous savez comme je combat le Front National 8 députés du Front National à l'Assemblée Nationale ne me racontaient pas que c'est la réalité du pays malheureusement donc il y a quelque chose qui ne tourne pas rond il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le système politique institutionnel français et je pense qu'on peut s'attendre dans les mois qui viennent à des contestations je ne sais pas d'où elles vont partir je ne sais pas comment elles vont partir mais notre groupe sera l'initiative pour favoriser cette contestation sociale et nous nous sommes engagés nous députés de la France Insoumise à dire tout simplement que comment dire on sera au rendez-vous pour initier ces batailles-là est-ce que vous ne l'êtes pas un peu trop tôt parce que les syndicats on ne les entend quasiment pas on entend un tout petit peu de temps en temps monsieur Martinez de la CGT mais en attendant on sent qu'ils ont envie de jouer le jeu de la négociation il y a 50 réunions de négociations prévues et pour l'instant ils ont envie de dire on va voir ce que ce gouvernement est capable de nous proposer est-ce que vous n'êtes pas un peu voilà en avance en fait sur le temps qui ne s'est pas encore écoulé d'abord difficile de mobiliser au mois de juillet et le gouvernement l'a bien compris parce que s'il s'empresse à vouloir faire adopter ce projet de loi c'est précisément parce qu'on est au mois de juillet il se dit comme ça ensuite il va avoir plusieurs mois c'est à dire que là on lui donne d'une certaine manière le parlement lui donnerait cette semaine ou la semaine d'après les pouvoirs le pouvoir de détricoter le code du travail donc la loi elle concerne le périmètre du détricotage d'une certaine manière mais c'est pas ce que disent les syndicats encore une fois moi j'entends Jean-Claude Mailly j'entends également M.

Berger la CFDT après le gouvernement va décider de comment il détricote donc ça ça va être sans doute septembre-octobre donc à la fois les choses sont très engagées de mois de juillet dès lors que cette loi serait votée par la majorité du parlement et en même temps ne croyez pas qu'au mois de septembre ou au mois d'octobre il n'y aurait pas des moyens de continuer la mobilisation pour faire pression sur le gouvernement pour qu'il ne détricote pas tout voilà c'est là où nous en sommes donc ces manifestations de rue c'est vous attendez septembre très chaud je ne vous annonce pas moi je ne suis pas je ne suis pas la météo je ne fais pas la météo je vous dis ce que je veux donc oui j'ai un état d'esprit combatif et nous ne voulons pas laisser ce gouvernement tout casser ce que nous avons en termes de droits sociaux et de voir finalement un système un système à l'allemande ou à l'anglaise vous savez qu'en Allemagne on a 2,5 millions de personnes qui travaillent pour moins de 5 euros de l'heure c'est ça la réalité moi cette société là je vous le dis franchement j'en veux pas et j'ai pas confiance je vais vous donner une anecdote enfin anecdote s'il faut le dire mais vous avez peut-être vu monsieur Macron quand il a inauguré la gare TGV enfin la nouvelle ligne de TGV voilà il y a cette petite vidéo qui moi m'a énormément frappé il dit une gare c'est un lieu où l'on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien rendez-vous compte on est un président de la république qui est capable de parler ainsi du monde populaire des gens qui ne sont rien voilà le mépris de classe qui est au sommet de l'état moi je suis révoltée contre ce mépris de classe et donc oui nous serons là alors vous dire exactement combien de personnes seront dans la rue quelles seront les formes de cette contestation je ne suis pas capable de vous le dire ce que je peux vous dire en revanche c'est que nous en serons que nous essaierons de favoriser ce réveil des consciences cet éveil des consciences et que nous participerons nous initierons des mobilisations pour empêcher une dégradation plus grande encore des conditions de vie des travailleurs des chômeurs tout simplement de la population de notre pays Guillaume Daré

1:22:50
Locuteur 3

Deux petites questions cette semaine a été évoquée ça a été démenti l'idée d'une loi de moralisation pour les syndicats est-ce que vous y êtes favorable et ensuite vous parliez de la représentation politique est-ce que vous espérez que demain Emmanuel Macron lors du congrès confirme son engagement d'instiller une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale

1:23:06
Présentateur

oui oui moi je me bats pour qu'il y ait une bonne dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale c'est un élément de confiance renouvelée entre le peuple et les institutions parce qu'on en est là on est à un état de défiance qui est terrifiant et aussi parce qu'il y a un décalage entre la réalité politique du pays et un système institutionnel un peu en vase clos très fermé sur lui-même au service d'une oligarchie et pas franchement au service du peuple donc c'est ça qui se joue donc la proportionnelle est un élément c'est pas le seul nous voulons le statut de l'élu le non-cumul des mandats dans le temps et puis en fait une nouvelle république parce que ce qu'on doit refonder c'est aussi ça concerne aussi la justice les médias la démocratie elle ne fonctionne pas qu'à l'Assemblée nationale ou dans les ministères elle fonctionne partout dans les syndicats est-ce que ça veut dire qu'il y a des thèses que vous pourriez voter bien sûr non mais nous notre idée est d'être utile je ne sais pas comment vous le dire nous ce que nous voulons c'est être utile au pays donc si à un moment donné il y a un bout de proposition de loi de projet de loi qui nous convient nous le voterons évidemment nous voulons faire avancer notre pays en revanche dès lors qu'il y a des attaques à ce qui nous paraît faire partie du bien des biens fondamentaux on dit des acquis mais en fait des conquêtes sociales qui ont été les nôtres alors nous serons en effet au rendez-vous pas simplement pour dire arrêtez laissons la situation en place parce que souvent on nous renvoie à ça on nous dit mais finalement c'est soit l'existant le compromis de 45 avec sa sécurité sociale soit la casse totale et on va à grands pas dans un monde plus libéral plus individualiste c'est pas notre projet et une loi de moralisation pour les syndicats alors

1:24:39
Locuteur 3

une loi de moralisation vous m'avez pas répondu c'est pour les syndicats ça a été évoqué

1:24:44
Présentateur

vous avez raison il faut refonder

1:24:46
Locuteur 3

les médias la politique le taux de syndicalisation est très faible en France est-ce que ce serait pas une façon de redonner confiance aussi aux salariés de dire ok on moralise y compris les syndicats

1:24:55
Présentateur

écoutez s'il y a à choisir si on pouvait faire une loi de moralisation pour les patrons ça serait pas mal parce que vous voyez j'entends parler non mais sans rire sans rire excusez-moi moi j'aimerais bien qu'on parle aussi de la moralisation pour les patrons voilà et c'est pas à l'ordre du jour le niveau de leur salaire etc une question de l'ordre du jour dans ce gouvernement en parlant de la moralisation des patrons vous avez pensé quoi de la mise en examen de Jean-Luc Mélenchon pour s'être attaqué à la société générale au patron de la société générale il a eu raison Jean-Luc Mélenchon de s'attaquer à la société générale c'est dans l'affaire Kerviel oui Panama Papers ah Panama Papers excusez-moi parce qu'il y a plusieurs affaires donc j'étais oui oui tout à fait mais je pense qu'il a raison il a raison et ce sont des lanceurs d'alerte que nous avons la chance d'avoir à travers le monde et heureusement qu'ils sont là et ils mènent un travail contre des puissances qui sont des puissances de l'argent et je crois que c'est dans notre rôle politique que d'accompagner de prendre parfois des risques contre ce voilà ces pouvoirs de l'argent il y a un procès d'ailleurs justement pour exactement que les choses soient sur la table vous savez que les choses soient sur la table ça me paraît tout à fait correct et qu'il puisse y avoir un procès en justice mais un procès citoyen c'est-à-dire dans le débat public il y a trop de choses qui se passent aujourd'hui à travers le monde qui sont cachées vous voyez j'aurais aimé je ne sais pas s'il reste quelques minutes mais dans l'actualité de la semaine moi ce qui m'a totalement bouleversée c'est cet article dans la revue 21 sur le Rwanda bon il y a eu un génocide de Rwanda la France ne sait pas prendre ses responsabilités pour dire que les morts qu'il y a eu et il s'agit quand même excusez-moi mais c'est terrible même à dire il s'agit d'un génocide qui a généré la mort de plus de 800 000 personnes la France a des responsabilités dans cette affaire-là l'État bon moi je demande solennellement au président de la République que les archives puissent être ouvertes et que nous puissions c'est un minimum connaître la vérité connaître la vérité sur les responsabilités de la France dans le génocide de Rwanda bon voilà cette question-là j'aurais aimé la cravate c'est très intéressant tout ça vous aimez bien le spectacle ça fait partie de la politique de la France infomise mais c'est pas du spectacle ce sont des symboles politiques c'est très important mais je trouve que parfois comme y compris le commentaire sur la photo du président de la République ou d'autres sujets qui ont leur importance mais n'oublions pas toute une série de sujets de fond majeurs qui doivent avoir leur place dans le débat public il y a quand même du spectacle excusez-moi j'étais présente le jour de l'élection du président de l'Assemblée Nationale et François Ruffin si si mais François Ruffin se débraille pour aller voter et se rabille quand il a terminé de voter je veux dire c'est choquant aussi et donc on sent bien quand même qu'il y a la volonté de faire le show à l'Assemblée Nationale ça fait partie de votre politique aussi c'est savoir est-ce qu'un parti de contestation qui conteste le système est-ce qu'on est hors système ou est-ce qu'on peut être élu comment il se comporte dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale est-ce qu'il est représentant global du peuple ou est-ce qu'il est représentant d'une faction qui dit les institutions actuelles ne fonctionnent pas ça c'est une vraie question de fond et je pense que l'histoire de la cravate elle résume ça alors puisque vous préférez la cravate au mandat il n'y a pas de problème enfin il n'y a pas de problème je le dis avec un peu d'ironie mais bon pour vous répondre nous sommes les représentants du peuple et précisément parmi le peuple tout le monde ne met pas la cravate et nous avons envie de rester nous-mêmes François Ruffin ne met pas de cravate il a enlevé sa veste je vais vous dire pourquoi il a débrayé sa chambre débrayé non mais écoutez arrêtez je suis désolée non mais c'est délirant il faisait je crois 30 degrés dans cet hémicycle on crevait de chaud moi j'ai une pensée aussi pour les huissiers qui sont à l'entrée de l'Assemblée habillés avec 25 000 couches on se dit mais comment ils peuvent vivre bon il y a des choses qui peut-être peuvent un petit peu bouger et oui si on vote je crois que personne n'est indécent dans sa tenue nous représentons le peuple regardez moi je vais dire je suis de la gauche bien à gauche je mets une veste je suis bien habillée mais je ne supporte pas l'idée de la norme et qu'on m'impose une norme et que d'une certaine manière parce que je suis élue députée alors je ne serai plus la même femme qu'il y a quelques semaines Ruffin qui ne veut pas gagner plus que le SMIC vous approuvez vous ?

c'est un engagement qu'il avait pris au moment en initiant sa campagne ses personnels ça n'engage pas le groupe il l'a dit lui-même ses personnels ça n'engage pas le groupe ceci étant ce qui est vrai c'est qu'il y a une tradition dans notre famille politique qui n'est pas partagée dans toutes les familles politiques ou sur notre indemnité nous reversons beaucoup plus qu'à peu près tous les groupes c'est quel moment en vous ?

c'est encore en discussion mais enfin pour donner un ordre de grandeur non non mais c'est vrai en plus je vous assure ça fait combien de jours qu'on n'a pas encore été rémunérés mais la question arrive et je ne veux pas l'esquiver mais par exemple à la précédente pandature me semble-t-il que ceux qui reversaient le plus c'était les députés d'Europe Écologie Les Verts ils étaient à 20% de leur indemnité reversée voilà on est à minima dans ces ordres de grandeur à minima dans cet ordre de grandeur et ça fait partie de nos traditions et je ne vois pas pourquoi on en bougerait on repart au standard et on accueille Stéphane bonjour Stéphane on attend votre question et merci de votre patience parce qu'on vous a fait attendre très très longtemps

1:29:48
Locuteur 10

oui c'était très intéressant bon très bien

1:29:50
Présentateur

allez-y Clémentine Autain vous écoute et vous répond

1:29:53
Locuteur 10

oui donc je fais partie du mouvement des Insoumis et quelque part on a un petit souci moi quand je faisais les marchés pour défendre la bonne cause on nous disait à chaque fois Mélenchon vous êtes Mélenchoniste Mélenchoniste Mélenchoniste et nous on disait on est Insoumis ça a été écrit par 4000 personnes qui ont participé à ce programme et tout ça et j'ai trouvé un peu dommage merci à Jean-Luc Mélenchon d'avoir fait ce qu'il a fait et je l'ai trouvé plutôt intéressant moi je me suis situé ailleurs et je suis venu dans ce mouvement parce que j'ai trouvé que c'était l'occasion de faire de la politique différemment et ben voilà et là j'aurais aimé que ce soit un peu l'occasion pour la présidence du groupe à l'Assemblée un peu qu'on change un peu de tête c'était l'occasion je remercie vraiment pour tout ce qu'il a fait je trouve ça très bien mais Clémentine je pense qu'on l'aurait été très bien aussi et ça aurait été l'occasion de montrer qu'on voulait vraiment faire de la politique différemment et que voilà on veut faire du neuf et ben c'était l'occasion je ne regrette pas du tout qu'il soit présent parce qu'il a une verbe qui est très intéressante et tout ça mais voilà j'aurais aimé peut-être que comme ça ça aurait été l'occasion de bien montrer aux gens que non on n'est pas mélenchoniste on est pour un mouvement un mouvement différent donc la France Insoumise

1:30:53
Présentateur

est un peu trop incarnée par Jean-Luc Mélenchon c'est ça votre souci ?

1:30:56
Locuteur 10

moi je l'ai pas mal ressenti sur les marchés dans nos réunions dans nos petits communautés locaux tout ça donc on a quand même un petit problème avec ça et je pense que les médias s'en servent aussi quelque part à chaque fois on dit Mélenchon Mélenchon Mélenchon il n'y a pas Mélenchon c'est un mouvement c'est autre chose et un dernier petit mot sur la radicalité là vous parlez beaucoup de l'histoire de la cravate mais pour nous pour une partie en tout cas des gens qui sont allés chez les Insoumis c'est qu'on veut de la radicalité je ne sais pas si vous vous rendez compte de la situation environnementale par exemple qui arrive il faut de la radicalité selon nous c'est à dire qu'on n'a plus le temps de faire de la demi-mesure il va falloir vraiment qu'on comprenne que rapidement il faut faire des grands changements voilà et donc mettre une cravate ou mettre de cravate je pense vraiment c'est pour moi pour nous en tout cas une partie de la population ça ne nous intéresse pas ce qui nous intéresse c'est qu'on parle du fond qu'on dise une cravate ça n'a pas d'importance tant mieux on vous a entendu

1:31:46
Présentateur

merci beaucoup Stéphane Clémentine Autain vous répond et vous avez 40 secondes pour le faire non mais on a une personnalité de Jean-Luc Mélenchon qui est très tranchante qui parfois peut cliver y compris dans notre famille au sens large et en même temps c'est aussi ce qui a fait sa force à un moment donné ce qui a entraîné le bruit et la fureur sur un style un peu fort je constate en tout cas que c'est aussi ce qui a permis de réveiller sans doute quelque chose dans le monde populaire et en même temps d'autres voilà mais vous regrettez qu'il n'y ait pas eu une femme élue à la tête du groupe la France Insoumise ça aurait été un beau symbole non ?

écoutez à partir du moment où il a été notre candidat à la présidence de la République qu'il forme ce groupe bon nouvellement en plus avec des personnalités comme François Ruffrin ou moi qui n'étions pas jusqu'ici partie prenante de la France Insoumise donc ça a été le moyen de voilà ça s'est trouvé comme ça et je ne le conteste pas sincèrement maintenant qu'il y ait davantage de figures qui émergent parce qu'en effet ce qui nous raccroche ce qui nous raccorde c'est un projet politique c'est un programme politique donc ça c'est important et je pense que c'est y compris la volonté de Jean-Luc Mélenchon en l'occurrence l'impression que j'en ai là dans les jours dans lesquels nous sommes merci beaucoup Clémentine Autain d'avoir été notre invitée merci à tous pour votre fidélité dimanche prochain question politique et bien revient oui mais ce sera la dernière de la saison cette fois d'ici là je vous souhaite une excellente semaine et avant cela même une excellente fin de week-end merci à tous

1:33:11
Locuteur

merci à tous merci à tous