La chronique de Caroline Yadan du 28/07/26
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 95 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueFait
« ce sont des hommes en treillis qui atterrissent en deltaplane sur un festival de musique. »
- 0:44Invité politiqueFait
« Les hommes en treillis sur son écran s'apprêtent à tuer des gens qui dansaient une heure plus tôt. »
- 0:54Invité politiqueFait
« Elle regarde aussi les artistes, écrivains, journalistes, juifs se faire boycotter, insulter ou violenter au nom du bien, des droits humains ou du progressisme. »
- 1:13Invité politiqueFait
« celle qui ne voit aucun inconvénient à suivre les instructions d'une élue européenne poursuivie pour apologie du terrorisme et provocation à la haine. »
- 2:58Invité politiqueFait
« Je refuse de céder à cette mécanique portée par cette nouvelle gauche populiste, violente, islamisée et antisémite. »
- 3:04Invité politiqueFait
« La gauche, née des Lumières, façonnée contre l'obscurantisme clérical, invite aujourd'hui dans ses amphithéâtres des hommes, qui au pouvoir la feraient taire à la première, elle, ses femmes, ses homosexuels, ses libres penseurs. »
- 3:30Invité politiqueFait
« devant ses conférenciers, venus prêcher la sainteté du couteau, applaudit un public de jeunes gens qui n'ont jamais entendu un obus, jamais vu un père ne pas rentrer un soir. »
- 5:18Invité politiqueFait
« Le peuple juif survivra une nouvelle fois, il se relèvera, et fêtera encore, année après année, siècle après siècle, Roche et Shana. »
Temps de parole
- Caroline Yadan87 %
- Présentateur9 %
- ?3 %
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Merci de nous rejoindre sur Radio-J, excellent choix à l'écoute de Radio-J. Et tout de suite, nous retrouvons Caroline Yadant, députée de la 8e circonscription des Français de l'étranger. Caroline, bonjour, vous souhaitez revenir sur la lâcheté qui salit notre société aujourd'hui, dites-vous.
Bonjour Ilana, oui en effet.
Elle
est assise à la 3e place à partir de la porte et elle regarde son téléphone. Banalité de la scène, tout le monde regarde son téléphone dans le métro parisien. C'est la posture du siècle, la prière moderne, tête baissée et pousse agile. Sauf que ce qu'elle regarde en boucle, sans le moindre trouble sur le visage, ce sont des hommes en treillis qui atterrissent en deltaplane sur un festival de musique. Elle a 20 ans tout au plus. Elle regarde ça comme on regarde un clip. Les hommes en treillis sur son écran s'apprêtent à tuer des gens qui dansaient une heure plus tôt. Elle le sait, ce n'est pas de l'ignorance, c'est pire, c'est de la consommation.
Elle
regarde aussi les artistes, écrivains, journalistes, juifs se faire boycotter, insulter ou violenter au nom du bien, des droits humains ou du progressisme.
Elle
adhère, sans même s'interroger, à ses mises à l'écart.
Elle
regarde son influenceuse préférée, celle qui ne voit aucun inconvénient à suivre les instructions d'une élue européenne poursuivie pour apologie du terrorisme et provocation à la haine. Peu importe le lynchage d'une juive, les insultes antisémites, la contribution à une campagne de cyberharcèlement. Ce qui compte, ce sont les vlogs d'Outsifun, les followers d'un spectacle à Bercy et les euros qui s'entassent. Voilà le vrai sujet de cette chronique et ce n'est pas un sujet géopolitique, le vrai sujet c'est elle.
C
'est cette capacité proprement inédite qu'a acquise notre époque à transformer un massacre en contenu regardable, un boycott de juifs en position politique acceptable et le bannissement en signe d'appartenance à une jeunesse qui se croit lucide alors qu'elle ne fait qu'avaler, sans mâcher, le récit que d'autres ont cuisiné pour elle.
Ce
récit se vit comme une vertu qui digère le réel en acceptant le pire. Un bébé qu'on a étranglé à main nue devient une anecdote qu'il serait inapproprié d'isoler du contexte plus large de l'oppression.
Un
festival violenté devient la conséquence logique d'un rapport de force historique plus ancien. La grille explicative précède le crime et l'absorbe sans même avoir le sentiment de mentir.
L
'inversion de la charge de la preuve sert d'outil efficace à cette mécanique, tout comme les mots « sioniste » ou « fasciste » brandit en guise d'excommunication.
Il
suffit qu'il soit prononcé pour que toute parole adverse devienne suspecte, pour que l'interlocuteur devienne une cible qu'on pourchasse, qu'on déprogramme, qu'on empêche de parler.
Les
mots n'ont même plus besoin d'être vrais, seulement d'être criés assez forts.
On
a inventé le tribunal de la disqualification. Celui des esprits en manque d'arguments, qui transforme le désaccord en suspicion morale et le contradicteur en suspect, pour éviter de débattre sur le fond.
Je
refuse de céder à cette mécanique portée par cette nouvelle gauche populiste, violente, islamisée et antisémite. La gauche, née des Lumières, façonnée contre l'obscurantisme clérical, invite aujourd'hui dans ses amphithéâtres des hommes, qui au pouvoir la feraient taire à la première, elle, ses femmes, ses homosexuels, ses libres penseurs.
Elle
a sacrifié sa propre généalogie à un logiciel qui ne connaît plus qu'un axe, oppresseur contre-opprimé. La nature exacte du crime commis devient secondaire, pourvu que l'accusé porte le bon uniforme idéologique. Et devant ses conférenciers, venus prêcher la sainteté du couteau, applaudit un public de jeunes gens qui n'ont jamais entendu un obus, jamais vu un père ne pas rentrer un soir. La frontière pour eux est un concept qu'on déconstruit, non la ligne que des hommes armés franchissent un samedi matin pour égorger des danseurs. Ils théorisent la violence avec la légèreté de ceux dont le confort matériel offre le loisir de romantiser la barbarie.
Tout
cela ne serait peut-être pas si grave si la haine ne se nourrissait pas aussi d'indifférence.
Celle
de l'homme et de la femme ordinaire, qui préfèrent devant le retour de la judéophobie changer de conversation, plutôt que de rompre avec leur tribu sociale.
Ils
n'ont digne doctrine à défendre ni haine à proclamer, ils savent seulement que certaines vérités peuvent coûter un dîner gâché, une amitié refroidie, un silence au dessert.
Alors
ils se taisent, ou pire, ils opinent mollement quand quelqu'un parle de contexte, parce que le contexte est une politesse qu'on doit à ceux qu'on fréquente encore le samedi soir.
C
'est ainsi qu'une jeune fille peut regarder des tueurs en deltaplane, dans le métro parisien, sans qu'un seul muscle de son visage ne trahisse la moindre horreur.
Elle
n'a pas inventé ce regard, on le lui a fabriqué patiemment, à coups de mots retournés, de tribunaux inversés, d'anathèmes hurlés, de logiciels qui digèrent le crime avant qu'elle n
'ait
eu le temps de le voir nue et de dîner, où personne n'a voulu gâcher le dessert. Elle est l'aboutissement de lâcheté réunie.
La
lâcheté de l'esprit peut se déguiser en courage, aussi longtemps qu'elle trouve en face, assez de lâcheté tiède pour l'applaudir ou pour se taire. Le jour où ce silence se brisera, et il se brisera, il ne restera plus nu qu'un crime parmi tant d'autres. Le peuple juif survivra une nouvelle fois, il se relèvera, et fêtera encore, année après année, siècle après siècle, Roche et Shana. Parce que rien, ni la haine, ni la violence, ni les persécutions, n'ont jamais réussi à éteindre un peuple qui, depuis des millénaires, choisit obstinément la vie. Shana Tova à tous.
Eh
bien, Shana Tova, Raksa Meher, Caroline, on vous retrouvera en studio très bientôt sur Radio-J. Ne bougez pas dans quelques instants, le Zoom Israël de Pascal Zonshine, la revue de la presse israélienne avec Daniel Haïk.
On
va faire le point de ce que disent les principaux journaux d'information, les sites d'information également. Restez avec nous. Merci.
Caroline Yadan