SMART ÉCO - Industrie : Redex accélère
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Fabricant de machines outils dédiées au travail des métaux, vient d'engager un plan d'investissement de 7 millions d'euros pour répondre à l'accélération de son activité.
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Est-ce que ça a été difficile à maintenir cette activité européenne ?
- 1:32OuverteRéponse directe
Ce plan de 7 millions d'euros, c'est parce que le carnet de commande est plein ?
- 1:57OuverteRéponse directe
Quelle est la vision de ce plan d'investissement ?
- 2:50OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui tire ce volume de commandes ?
- 3:57OuverteRéponse directe
Est-ce que l'industrie est dans un tournant aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« fabricant de machines outils dédiées au travail des métaux, vient d'engager un plan d'investissement de 7 millions d'euros »
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« On voit affiché sur votre site, fabricant produit 100% de ces machines en Europe. »
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« Mais le B2B, les machines, les équipements, les logiciels qu'on va retrouver dans les usines, c'est une spécialité européenne. »
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« Quand Elon Musk a besoin d'innover dans sa Tesla, il veut faire une structure en aluminium, eh bien il consulte des Européens pour lui faire ses machines. »
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« On a nous-mêmes été consultés d'ailleurs aussi pour les fusées, pour SpaceX. »
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« le carnet de commande est bien garni, mais on a également d'énormes problèmes de recrutement. »
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« Il y a du logiciel d'ailleurs, parce qu'on suit évidemment toute cette révolution autour de l'intelligence artificielle, mais même d'une manière générale de la numérisation, de la cybersécurité, aussi un sujet très important. »
- 2:12InvitéFait
« On a eu une attaque d'ailleurs dernièrement sur notre système d'information. »
- 2:39InvitéFait
« on est présent, par exemple, là, on est en train de livrer une très grosse machine pour la Chine. »
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« aujourd'hui beaucoup en Inde, toujours un peu en Chine. Les États-Unis, qui se sont réveillés depuis le plan Biden, l'IRA, beaucoup d'investissements aux États-Unis. »
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« Avant, c'était des grands sites qui étaient attaqués. C'était pour des raisons assez souvent de géopolitique. »
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« Mais aujourd'hui, des PME, des ETI, des groupes de toute taille peuvent être attaqués. »
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« La difficulté, c'est que les métiers de l'industrie ont été beaucoup dévalorisés. »
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« On ne trouve plus, en France, suffisamment de personnes à la fois qualifiées et motivées. »
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Redex,
fabricant de machines outils dédiées au travail des métaux, vient d'engager un plan d'investissement de 7 millions d'euros pour répondre à l'accélération de son activité, pour comprendre ce développement. Je suis ravie d'accueillir Bruno Grandjean. Bonjour.
Bonjour.
Vous êtes CEO de Redex. Et tout d'abord, je regardais un petit peu vos actualités, votre site.
On
voit affiché sur votre site, fabricant produit 100% de ces machines en Europe. Je me demandais déjà, ça c'est quelque chose qui
est
présent de tout temps, de tout temps de
l
'entreprise. Est-ce que ça a été difficile à maintenir cette activité européenne
? Vraiment, parce que c'est quelque chose qui n'est pas connu du grand public. Mais le B2B,
les
machines, les équipements, les logiciels qu'on va retrouver dans les usines, c'est une spécialité européenne. D'ailleurs, on parle souvent du décrochage de l'Europe dans les logiciels. Mais les logiciels de gestion sont beaucoup européens, SAP. Les logiciels de conception sont beaucoup européens, je pense à Dassault Systèmes. Donc on va retrouver beaucoup de machines européennes. Quand Elon Musk a besoin d'innover dans sa Tesla, il veut faire une structure en aluminium, eh bien il consulte des Européens pour lui faire ses machines. On a nous-mêmes été consultés d'ailleurs aussi pour les fusées, pour SpaceX.
Donc ça reste une spécialité européenne et l'Europe est une marque qui marche bien dans le B2B, dans les machines, dans les équipements.
Et donc là, vous avez lancé ce plan d'investissement, cette million d'euros.
C
'est un plan que vous avez décidé parce que le carnet de commande est plein de votre côté ?
Oui, le carnet de commande
est bien garni, mais on a également d'énormes problèmes de recrutement. Et donc on est obligé, contraint, de faire énormément de productivité. Et donc ce programme d'investissement, c'est aussi une réponse à des problèmes de recrutement.
D'accord.
Mais
alors, comment est-ce que vous allez l'appliquer d'abord, avant de parler recrutement
? Alors, il y a...
Quelle est la vision de ce plan ?
Bon, il y a plusieurs volets dans ce plan. Il y a du logiciel d'ailleurs, parce qu'on suit évidemment toute cette révolution autour de l'intelligence artificielle, mais même d'une manière générale de la numérisation, de la cybersécurité, aussi un sujet très important. On a eu une attaque d'ailleurs dernièrement sur notre système d'information. On a toutes nos données techniques qui sont vraiment le savoir-faire, le métier de l'entreprise, qui sont stockés sur des serveurs.
Donc, un volet informatique assez important, puis un volet bâtiment et machine, des machines plus robotisées, des machines plus performantes, plus précises, suivent les tendances technologiques, toujours restées à la pointe, pour justement vendre du made in Europe, de la précision que demandent nos clients à travers le monde, puisqu'on est présent, par exemple, là, on est en train de livrer une très grosse machine pour la Chine. Il y a encore des choses que ne sait pas faire la Chine et qu'elle achète en Europe, et notamment chez Redex.
Oui, parce que qu'est-ce qui tire ce volume de commandes
?
Derrière,
ce
qu
'on
va retrouver, c'est la mondialisation, et contrairement à ce que l'on voit, les flux de marchandises, la mondialisation continue à fonctionner. Bien entendu, il y a des difficultés dans le détroit d'Hormuz, il y
a
des difficultés géopolitiques. On a même eu, nous, un laminoir, une grosse machine qui était bloquée dans un bateau de l'autre côté du détroit d'Hormuz, donc bloquée pendant plusieurs semaines avant d'aller en Inde. Mais la mondialisation, elle fonctionne toujours, les flux de marchandises continuent, et donc il y a toujours énormément d'investissements. Aujourd'hui, beaucoup en Inde, toujours un peu en Chine. Les États-Unis, qui se sont réveillés depuis le plan Biden, l'IRA, beaucoup d'investissements aux États-Unis. Donc le Brésil, qui est aussi un marché dynamique actuellement. Donc on est tiré, on est au cœur de la mondialisation.
On est dans un territoire, on est en province, dans le Gatinet, mais on a vraiment la tête dans la mondialisation. Cette semaine, on a des visiteurs américains, on a des Chinois. On a vraiment, aujourd'hui, la situation française est très anxiogène, mais quand on regarde globalement, l'activité est très soutenue dans de nombreux domaines.
Vous avez parlé de cybersécurité. Est-ce que l'industrie est dans un tournant aujourd'hui ? Il faut que l'industrie française se mette à niveau
en
ce
moment
? Oui, il y
a
une vulnérabilité terrible. Avant, c'était des grands sites qui étaient attaqués. C'était pour des raisons assez souvent de géopolitique. On parle beaucoup de l'influence de la Russie ou d'attaques destinées à déstabiliser des organisations. Mais aujourd'hui, des PME, des ETI, des groupes de toute taille peuvent être attaqués. Et donc, nous, on s'est rendu compte qu'on était relativement vulnérables. D'où le volet cybersécurité de ce plan d'investissement, avec aussi beaucoup de formation, beaucoup de sensibilisation. On est en train de mettre les clés USB dehors. On est en train d'avoir une politique de sécurité beaucoup plus musclée que ce qu'on a pu faire dans le passé.
Et c'est un élément de compétitivité majeure. On peut risquer sa peau à un moment. On a failli perdre des données techniques, des programmes de nos machines, les données techniques, les plans. On s'est un peu fait peur il y a à peu près six mois. Et donc, désormais, on a décidé d'investir dans ce domaine.
Et vous avez parlé des États-Unis, les droits de douane, et notamment sur l'acier et
l
'aluminium. Ça, ça doit vous toucher particulièrement
? Oui et non, parce que dans nos métiers, on parle toujours des États-Unis comme une puissance technologique. C'est très clair. Dans certains domaines,
il
y a une force de frappe qui n'existe nulle part ailleurs. Mais dans beaucoup de métiers, notamment les machines, les équipements, l'Europe reste une référence. Et donc, quand vos autres concurrents sont italiens, sont allemands, finalement, les droits de douane s'appliquent à tout le monde. Et il y a beaucoup aujourd'hui de trésorerie. Il y a beaucoup de niveaux d'investissement qui doivent se faire avec des équipements européens si les Américains veulent revenir dans la course. Donc, on est un petit ASML, si je peux m'exprimer ainsi. On a besoin de nous. Et donc, finalement, les droits de douane, eh bien, on trouve des arrangements avec les clients.
Et vous avez parlé tout à l'heure de recrutement, de besoin en recrutement. Vous recrutez 20 postes, une vingtaine de postes.
Oui, oui, on a énormément de postes ouverts. Quelle est votre
difficulté à ce niveau-là
? La
difficulté, c'est que les métiers de l'industrie ont été beaucoup dévalorisés. Nous, on avait des liens très privilégiés avec des lycées techniques qui, aujourd'hui, ne sont plus capables de fournir des personnes ayant les bases, les bases de connaissances scientifiques, technologiques nécessaires. Et en plus, on a dissuadé, je pense, les jeunes d'aller dans nos métiers en expliquant que les métiers manuels, finalement, parce que nos métiers, même les ingénieurs mettent la main à la pâte, ce n'étaient pas des métiers d'avenir.
Et donc, aujourd'hui, des problèmes énormes pour recruter des opérateurs qualifiés sur nos machines, des personnes capables de faire des mises en service à travers le monde, etc. Beaucoup de postes, aujourd'hui...
Et vous ne trouvez pas les compétences, du coup...
Ah, localement,
on ne les trouve
pas.
Vous êtes obligé d'aller recruter
des gens européens, par exemple ? On a quelques cas.
Par exemple, notre directeur technique, un de nos directeurs techniques, selon les différents métiers, est d'origine libanaise. On ne trouve plus, en France, suffisamment de personnes à la fois qualifiées et motivées, parce que l'industrie, c'est évidemment des salaires supérieurs à la moyenne, c'est des métiers passionnants, c'est des métiers de long terme, mais ce sont des métiers exigeants, qui nécessitent une implication, qui nécessitent de vraiment apprendre un métier. Et donc, aujourd'hui, c'est vraiment une pénurie qui touche, je crois, toutes les entreprises, et qui est la première limite qu'elles touchent en termes de développement.
Aujourd'hui, c'est évidemment la fiscalité, c'est évidemment des problèmes réglementaires, des problèmes de complexité administrative, mais les recrutements et les formations professionnelles, c'est la première raison, aujourd'hui, le premier handicap de l'industrie française. On en est arrivé, nous, à créer une école de production, où des jeunes sont formés par leur père, par ceux qui ont fait les mêmes études, finalement, quelques décennies auparavant, et qui apprennent progressivement les métiers de l'industrie.
J'imagine que le classement PISA ne vous a pas réjoui dans ce sens.
Non, clairement. Merci beaucoup Bruno
Grandjean, vous restez avec nous. Tout de suite, on va ouvrir le débat aux nombreux défis, dont les compétences de l'industrie pour la réindustrialisation.