Xavier Bertrand : "Le responsable de la situation, c'est Emmanuel Macron"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse partielle
Vous en pensez quoi des congés payés récupérables en cas de maladie ?
- 0:41ComplaisanteÉludée
Pourquoi je n'ai pas commencé l'interview en disant bonjour monsieur le Premier ministre ?
- 1:46OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez que le nouveau Premier ministre est capable de rompre avec le macronisme ?
- 3:55FerméeRéponse directe
A quelle heure vous allez au marché ?
- 4:45RelanceRéponse partielle
Vous êtes d'accord avec Marine Le Pen sur les franchises médicales ?
- 5:10OuverteRéponse directe
Est-ce que vous faites payer davantage d'impôts aux plus fortunés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11Invité politiqueFait
« 'il faut se battre à l'Europe. »
- 0:18Invité politiqueChiffre
« En Europe, c'est 4 semaines de congés payés. »
- 0:20Invité politiqueFait
« Nous, on est à 5 et on va se faire pénaliser parce qu'on donne plus de congés payés. »
- 2:11Invité politiqueFait
« C'est lui qui a choisi la dissolution. »
- 2:16Invité politiqueChiffre
« on est Thomas Soto au troisième Premier ministre. »
- 3:55PrésentateurChiffre
« 31% des Français, selon une étude du Secours Populaire, n'arrivent pas à faire 3 repas par jour. »
- 4:39Invité politiqueFait
« Vous ne gardez pas cette mesure absolument stupide qui va amener à fermer 20% des pharmacies. »
- 5:40Invité politiqueFait
« Le problème en France, vous bossez, vous payez les impôts, ça tombera toujours sur vous. »
- 7:30Invité politiqueChiffre
« on fait un plan à 40 milliards d'euros ou à 44 milliards d'euros »
- 9:18Invité politiqueFait
« j'ai été son ministre, on a fait des choses importantes à cette époque-là »
Temps de parole
- Xavier Bertrand81 %
- Présentateur15 %
- ?4 %
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Dans LR de la région Hauts-de-France, bonjour et bienvenue sur RTL, Xavier Bertrand.
Bonjour.
Peut-être un mot, parce que je vous ai vu beaucoup réagir à ce que disait à l'instant François Langlais sur ces congés payés qui pourraient être récupérables si on est malade. Vous en pensez quoi ?
Qu
'il faut se battre à l'Europe. Et le ministre du Travail doit aller se battre à l'Europe pour faire bouger ses directives. Il faut dire non. Bien sûr, François Langlais vient de le dire à l'instant. En Europe, c'est 4 semaines de congés payés. Nous, on est à 5 et on va se faire pénaliser parce qu'on donne plus de congés payés. Et encore une fois, quand vous faites de la politique, vous devez vous battre.
Vous qui êtes de droite sociale, ce n
'est
pas un progrès social ça
?
Hier, j'étais avec des jeunes. Des jeunes qui me disaient justement, ça commence à faire beaucoup si on peut rattraper sur ces congés, l'assurance maladie. Donc vous voyez, ce n
'est
pas une réflexion de boomer ou de qui que ce soit d'autre. Même les jeunes trouvent qu'aujourd'hui,
là,
trop c'est trop.
Bon, Xavier Bertrand, pourquoi je n
'ai
pas commencé l'interview en disant bonjour monsieur le Premier ministre ce matin
? Je
crois que j'ai répondu à cette question, voilà, dix jours.
Alors,
dans ce pays,
une
grande partie de la classe politique trempe devant Mme Le Pen et M. Bardella. Et vous savez bien ce qui se passe. Ils n'ont certainement pas l'intention qu'à la tête d'un gouvernement, je fasse ce que je fais dans la région. C'est-à-dire qu'avec des résultats, je les fais reculer. Moi, je n
'ai
pas peur d'eux. Moi, je les
combats. Mais Macron, il a peur d'eux
? On voit bien. D'ailleurs, l'an dernier, c'était l'an dernier que la question s'est posée. L'an dernier, la question s'est posée parce que Mme Le Pen a dit si c'est Bertrand, on censure tout de suite. Ok, c'est leur choix. Alors, je continue, moi, à me battre pour que ça aille mieux pour les Français. Et quand ça va mieux pour les Français, vous savez quoi ? Ça va moins bien pour les extrêmes. Ça veut
dire que Sébastien Lecornu, le nouveau Premier ministre, il est dans la main de Marine Le Pen ?
On le voit bien aujourd'hui. Elle avait dit les uns et les autres, dès que mon nom a été évoqué, alors que
je
n
'ai
jamais été dans la course, très clairement, ils disaient « Ah, si c'est Bertrand, on censure. Sans ces pavloviens chez eux. » Bon, je leur pose problème, tant mieux. Ça veut dire que ce que je fais, ce que je porte comme idée, les combats que j'ai dans ma région et au niveau national, c'est ce qui permet de faire reculer les angoisses, les peurs et les extrêmes. Est
-ce que vous le pensez, le nouveau Premier ministre, capable de rompre avec le macronisme ? Comme lui a demandé Marine Le Pen hier soir sur TF1.
C'est le choix du Président de la République que de nommer cette fois-ci, vraiment, l'un de ses proches. C'est plus Michel Barnier, c'est plus François Bayrou, c'est l
'un
de ses proches. C'est une erreur ? Alors, le Président de la République doit venir parler. Le Président de la République doit venir s'exprimer devant la nation. Il ne
peut
pas se laver les mains de cette situation dont il est le responsable. C'est lui qui a choisi la dissolution. On a vu les résultats et depuis maintenant un an, on est Thomas Soto au troisième Premier ministre. Un Premier ministre, ce n
'est
pas inconsommable quand même. Le responsable de cette situation, c'est le Président. Il entend rester jusqu'au bout. Il doit nous expliquer comment il voit les choses pour les 19 mois qui restent.
Vous
avez déjà tourné la page Le Cornu, non ? Non, mais ce n
'est
pas ça. Vous êtes un opposant à Le Cornu aujourd'hui ? Moi, je conteste cette politique depuis maintenant 8 ans.
Et je sais qu'une chose,
c'est qu'il faut clairement un opposant qui a toujours joué la carte de l'intérêt général. Et je ne changerai pas. Je jouerai toujours la carte de l'intérêt général. Au moment des Gilets jaunes pour sortir de la crise, c'est moi qui propose la fameuse prime qui deviendra la prime Macron. Et aujourd'hui, quand je viens à votre micro, c'est pour vous dire que je pense que le plan qu'avait fait François Bayrou, il faut qu'il change ce plan. Parce qu'il faut que ça aille mieux pour les Français.
Vous disiez,
vous disiez, c'est pas le bon plan, mais c
'est
la bonne somme. Vous dites encore, il faut économiser 44 milliards ? La première des choses, le responsable de cette situation, c'est Emmanuel Macron. Il doit, dans les jours qui viennent, nous dire comment vont se passer les 19 mois qui restent. Clairement, c'est le chef de l'État. Il doit assumer cette situation. On a compris que vous voulez qu'il parle. Non, mais pour dire quoi ? Mais comment il va réparer la situation ? Est-ce qu'il est prêt à
ce
qu'on change fondamentalement de politique ? Vous ne pouvez pas continuer aujourd'hui à faire des discours en disant que la sécurité doit s'améliorer sans avoir les lois dont on a besoin pour que les casseurs et les délinquants... Le problème,
c'est que quand on change de gouvernement tous les
4 mois ou tous les 6 mois, c'est difficile de faire passer les
lois.
Deuxièmement, vous ne pouvez pas continuer à avoir autant de problèmes de pouvoir d'achat. Vous en avez parlé vous-même. Regardez, il y a des Français qui, aujourd'hui, même des Français qui bossent, qui n'arrivent pas à faire les repas dont on a absolument besoin.
31
% des Français, selon
une
étude du Secours Populaire, n'arrivent pas à faire 3 repas par jour.
A quelle heure vous allez
au marché, vous ? Je vous ai posé une question.
A quelle heure
vous allez au marché ? J'y vais le samedi matin. Oui, à quelle heure ?
Je ne
sais
pas, vers 10h
? Ok. Pourquoi
? Je
pense que ça intéresse fondamentalement les auditeurs.
Parce que les gens qui vont bien, ils y vont à 9h ou à 10h. Et les gens qui crèvent de faim,
ils
y vont à 14h ou à 15h. Oui, parce qu'ils font les... Exactement.
Et
donc, ce que je veux vous dire... Vous pouvez bien répondre à une question ou deux, quand même. 44 milliards, ça doit être l'objectif du... Oui, parce que j'entends dire aujourd'hui que si on faisait 30 ou 25, ce serait bien. Non. On a besoin de baisser nos déficits. Mais attention. Quand vous faites un plan à 44 milliards d'euros, ok. Vous ne gardez pas les franchises médicales. Vous ne gardez pas cette mesure absolument stupide qui va amener à fermer 20% des
pharmacies. Donc, vous êtes d'accord
avec Marine Le Pen ? Vous dites, elle en fait une ligne rouge. Elle dit, s'il double les franchises médicales... Vous croyez que
j
'ai attendu Mme Le Pen pour m'intéresser aux questions de santé ? Non, mais vous êtes d'accord sur ce point-là
?
Mais attendez, moi je fais des propositions. Les pharmaciens, plutôt que de leur dire, tiens, les génériques ça fait des économies, on va vous pénaliser. Vous devez engager un bras de fer avec les fabricants de médicaments, parce que ce sont les médicaments chers qui aujourd'hui font plomber les comptes de la sécurité sociale. C'est ça qui doit
aujourd'hui changer. Est-ce que vous faites
payer davantage d'impôts aux plus fortunés ? Pas forcément d'ailleurs qu'aux très riches. Visiblement, la Macronie est en train d'évoluer là-dessus, sur le dogme de la non-hausse d'impôts.
Évidemment, mais sans faire d'absurdité.
Ça
veut dire quoi ? Parce que, clairement, qui est-ce qui crée des emplois dans notre pays
? Pas
les politiques. Ce sont les entrepreneurs. Donc il faut arrêter de mettre la tête sous l'eau pour les entrepreneurs.
Il faut que tout le monde
participe à l'effort ? Bien sûr. Et vous ne pouvez plus garder des logiques d'optimisation fiscale, où certains, avec des holdings ou autres, ne payent pas le même pourcentage que l'ensemble des Français. Le problème en France, vous bossez, vous payez les impôts, ça tombera toujours sur vous. Et le problème que les gens vous disent aujourd'hui, c'est que nous, on nous demande, tiens, de refaire encore un cran à la ceinture pour la serrer davantage, mais l'État ne se serre pas la ceinture. C'est ça qui doit changer. Ça suffit, ce système, où ça tombe toujours sur les mêmes. Thomas Soto, quand je vous dis que le Président doit parler, on dit, ouais, mais les Français sont indifférents. Non.
Est-ce qu'ils ont encore envie de l'écouter ? Ils sont hors d'eux. Je sais ce que vous pensez, comme beaucoup, qui se disent. Non. Il doit assumer et nous dire où on va. Vous savez, il y en a beaucoup qui sont à dire aujourd'hui, il faudrait qu'ils partent,
il
faudrait qu'ils démissionnent,
il
faudrait qu
'il
y ait une
solution.
Moi, je ne
fais
pas partie de cela. Parce qu'on est un pays où les institutions sont solides, alors il ne faut pas les fragiliser. Moi, je souhaite qu'ils puissent aller jusqu'au bout, parce que je n'ai pas envie de connaître le chaos, mais je veux que la politique change. Et je voulais
vous dire aussi une chose...
Vous êtes
inquiet ? Oui. Oui. Oui, parce qu'on voit bien, à Paris, ils ont le sentiment que les choses vont continuer comme ça. Mais dans la France, en province, ça ne peut pas durer. C'est la raison pour laquelle, moi, j'allie mes forces à celle de Jean-Louis Borloo, pour dire qu'aujourd'hui, c'est à Paris que ça bloque. Alors, c'est dans le pays qu'on doit bouger les choses. Les politiques ont du mal, alors on fait confiance aux partenaires sociaux. On a un problème de pacte générationnel, alors on met le paquet sur les jeunes. Et on ne
va
pas attendre 19 mois pour ça.
Xavier
Bertrand, en
2013... Est
-ce
que
c'est
une bonne idée
?
C'est ce qu'on a fait, la suppression de l'universalité. Mais vous voulez que
je
vous dise une chose ? Sur les allocations familiales, comme la politique de natalité, pourquoi on fait moins d'enfants aujourd'hui ? Parce qu
'il y a
beaucoup de gens qui vous disent... Déjà qu'à
deux, on n'y arrive pas... Parce qu'on a peur de ne pas
pouvoir les nourrir, parce qu
'on
ne sait pas quel
est l'avenir, parce qu'on
a peur de l'avenir de la planète... À
deux, on n'y arrive
pas. Alors à trois, ça va être plus difficile. Ils feront, cet enfant. Mais plus tard, là encore, sur la question de la démographie, on attend 19 mois... Et Thomas Soto, si on fait un plan à 40 milliards d'euros ou à 44 milliards d'euros, on en prend une partie pour remettre dans l'économie. Une partie de ces économies doit aller dans l'économie. Il faut du carburant pour
l'économie. Vous pouvez faire un
plan à 44 milliards sans étrangler ces Français dont vous dites qu
'ils n
'y arrivent plus ? Bien sûr, parce que vous mettez dans ces cas-là l'accent sur les classes moyennes. Moi, j'en ai marre des politiques qui disent la valeur travail, c'est important, on va faire un effort. Non, vous pouvez faire dans ces cas-là une baisse de l'impôt sur les premières tranches, sur les catégories populaires, sur les classes moyennes...
Et après, vous créez des nouvelles tranches, des tranches
intermédiaires
? Et derrière ça, attendez, attendez, et aussitôt, vous faites ça en janvier 26, pas en juin 2027. Xavier Bertrand,
est-ce que les LR
doivent l'aider, doivent entrer dans le gouvernement de Sébastien Lecornu ? Oui, mais pour que ça change, il faut changer de politique.
Si ça change, vous pourriez y aller,
s'il y avait une feuille de route claire
?
Non, mais je viens de vous dire, je viens de vous dire, vous l'avez compris, moi je ne
suis
pas venu ici pour vous déposer un CV sur votre table. Moi, je me bats pour les conceptions, pour les valeurs qui sont les miennes, et je me bats pour que ça aille mieux pour le pays. Et encore une fois, et moi, je ne mets pas un genou à terre devant le Front National.
Il faut garder Gérard
Darmanin, il faut garder Bruno Retailleau, ils
sont à leur place.
Ils ont tous envie d'y rester, mais il faut aussi dire une chose, si les choses changent, le problème qu'il ne faut pas donner comme impression, c'est qu
'ils
veulent la place. Non, il faut que ça bouge, il faut que ça change. Et tout de suite, pas dans 19 mois.
Sébastien Lecornu, il fait une discrète tournée des popotes, il n
'a
pas parlé volontairement, il a vu les présidents des deux assemblées, il est aussi allé rendre visite à Nicolas Sarkozy hier dans ses bureaux. Ça reste le padré, le guide suprême de la droite, Nicolas Sarkozy ?
Non, il a dit qu
'il
ne
faisait
plus de politique, je crois. On l'en fait un peu quand même, non
?
Mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? C
'est
quoi votre question exactement ? Ma
question,
c'est est
-ce
qu'il a raison d'aller consulter Nicolas Sarkozy ? Oui, il a raison d
'aller... Est
-ce que
ça
reste pour vous ? Est-ce que c'est un cap Nicolas Sarkozy ? Il fait plus de politique ? Ok, très bien. Bon, maintenant une chose est certaine, je ne
sais
pas si Nicolas Sarkozy lui a expliqué qu'il allait y avoir une dissolution, parce que c'est sa conviction. Mais en tout cas, moi je vais vous dire une chose sur Nicolas Sarkozy, j'ai été son ministre, on a fait des choses importantes à cette époque-là, aujourd'hui, clairement,
l'histoire de la droite. Il est moins étanche que vous
avec l'ERN visiblement ? Moi
l'ERN, je le combats. Moi je ne vois pas M. Bardella comme lui, je n'ai pas la même conception des rapports avec le Rassemblement National et avec M. Bardella, et moi, et les filles comme l'ERN, je continuerai à les combattre, parce que je sais que la situation n'est pas bonne dans notre pays, mais ce serait pire encore avec les extraits.
Dernière question, rapidement, est
-ce
que vous redoutez que l'agence Fitch dégrade la note de la France ce soir ? Ça vous inquiète ou on joue à se faire peur avec ces agences
?
Je crois surtout qu'il faut se battre pour éviter que ce soit le cas, ce qui veut dire qu'aujourd'hui, ce plan de 40 ou 44 milliards d'euros, il ne
faut
pas qu'il devienne vers 1 milliard d'euros. C'est ça la vérité. Quand vous faites de la politique, vous êtes là pour vous battre, tiens, c'est ce que je vais faire là, je prends la route. Côté d'Amiens, 68 personnes sont virées du jour au lendemain parce que des patrons qui ont des comportements odieux les licencient. Alors je vais me battre avec l'État, avec les élus, pour qu'on respecte ces salariés. Quand on fait de la politique, on se bat, ou alors on
ne
fait plus de politique.
Sauf
que vous n'allez pas prendre la route
tout de suite, que
vous allez rester avec nous,
il y a un autre homme
du Nord.
Xavier Bertrand