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interviewRTL — Le Grand Jury· 12 avril 2026 50 min

Le Grand Jury de François-Xavier Bellamy

Audio original de l'émission.

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0:00
Présentateur

Présenté par Olivier Bost. Bonjour à tous, bienvenue dans Le Grand Jury. Nous sommes en direct sur RTL et nous sommes en direct sur Public Sénat. Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Vous êtes vice-président des Républicains et député européen. Où va la droite pour 2027 ? Vers une candidature autonome, vers un accord avec le Bloc central ou penché vers l'extrême droite ? Dans une semaine, les adhérents des Républicains vont faire un choix pour l'élection présidentielle. D'ici là, que pensez-vous de la réponse du gouvernement au prix du carburant ? Et la guerre au Proche-Orient va-t-elle encore longtemps déstabiliser nos économies ? Bienvenue dans Ce Grand Jury, François-Xavier Bellamy.

A mes côtés pour vous interroger ce dimanche, Perrine Tarnot de Public Sénat et Loris Boichot du Figaro. Dans Ce Grand Jury, François-Xavier Bellamy, nous aurons une séquence dédiée au Parlement européen pour parler notamment d'immigration. Et vous répondrez aussi à nos questions express.

1:13
Invité

Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.

1:16
Présentateur

Et d'abord l'actualité de ces dernières heures. Le vice-président américain, J.D. Vance, a mis fin ce matin au pourparler avec l'Iran, à Islamabad, pour parler qui auront duré finalement moins d'une journée. Est-ce que le cessez-le-feu, François-Xavier Bellamy, conclut cette semaine et est déjà menacé ?

1:34
François-Xavier Bellamy

Bien sûr. Et de fait, c'est la fin d'un faux suspense, je l'avais dit pour ma part, dès cette semaine. Je crois que quand on regardait le point de départ, aussi bien des Américains que des Iraniens, quand on regardait leurs revendications respectives, il était quasiment impossible d'imaginer qu'un accord arrive entre ces deux parties. La question maintenant est celle de savoir quelles seront les étapes qui viennent. Et surtout, la vraie question pour nous est de savoir quel rôle la France doit avoir dans cet épisode qui s'annonce encore. Le point insoluble entre l'Iran et les Etats-Unis.

Mais le principal, et je crois que c'est un sujet suffisant pour ouvrir les yeux de tous ceux qui refusent de voir, le principal, c'est que les Iraniens refusent de renoncer à leur programme d'enrichissement nucléaire. Rappelons qu'avant que cette guerre ne commence, l'Agence internationale de l'énergie atomique avait annoncé que les Iraniens enrichissaient déjà de l'uranium au-delà des seuils requis pour un programme militaire, c'est-à-dire au-delà de ce qui est nécessaire pour arriver, tôt ou tard, à la maîtrise de la bombe nucléaire. Et les Américains ne peuvent pas laisser faire cela.

Et je crois que le monde entier ne doit pas pouvoir admettre que le régime iranien, régime islamiste, théocratique, qui, dans son principe, porte la volonté de détruire Israël, mais aussi de détruire tout ce que nos pays représentent, puisse maîtriser cette armée.

2:53
Présentateur

Donc les Etats-Unis avaient raison de se lancer dans cette guerre contre l'Iran ?

2:57
François-Xavier Bellamy

La vraie question, c'est est-ce que la guerre suffit pour obtenir la fin de ce programme nucléaire ? Mais ce qui est absolument certain, c'est que tous ceux qui prétendent qu'on devrait pouvoir s'accommoder du régime iranien tel qu'il est et de ses visées, notamment nucléaires, sont en réalité en train de préparer le plus grand danger pour demain.

3:13
Invité

Mais toujours est-il qu'aujourd'hui, le régime iranien est certes peut-être affaibli, mais il n'est pas tombé. Est-ce que cette guerre, malgré tout, n'est pas un échec pour Donald Trump ?

3:22
François-Xavier Bellamy

Encore une fois, nous ne sommes pas, et je le redis depuis plusieurs jours, depuis que le cessez-le-feu a commencé, nous ne sommes pas à la fin de cette guerre. Et ce serait une immense naïveté, ça aurait été une immense naïveté de penser qu'elle allait s'arrêter avec le cessez-le-feu qui vient d'être déclaré. Je ne sais pas, encore une fois, quelles seront les étapes qui viennent. J'imagine que l'activité diplomatique doit être intense. Et je pense que la France doit avoir un rôle à jouer, en particulier avec tous les pays arabes qui, eux aussi, redoutent de voir le régime iranien poursuivre ses activités à l'issue de ce conflit.

3:51
Invité

La France, précisément, appelle à un arrêt des attaques d'Israël contre le Hezbollah au Liban. Plus de 2000 morts ont été recensées dans le pays. Est-ce que vous condamnez les frappes de mercredi qui ont tué 357 personnes, dont des civils ?

4:04
François-Xavier Bellamy

Moi, je condamne d'abord le Hezbollah qui a lancé le Liban dans son attaque suicidaire contre Israël. Rappelons que le Liban était en paix, même après le début de la guerre en Iran, le Liban était en paix jusqu'à ce que le Hezbollah, contrôlé par l'Iran et piloté exclusivement par lui, ne décide d'ouvrir un front avec Israël et de plonger le Liban dans ce conflit avec un risque immense, évidemment, pour les populations civiles qui sont aujourd'hui les victimes de cette escalade exactement, effectivement, infiniment dangereuse.

4:37
Invité

Donc, vous ne soutenez pas la demande d'arrêt des bombardements formulée par la diplomatie française ? La première chose

4:43
François-Xavier Bellamy

que nous devons soutenir si nous voulons vraiment que ce conflit s'arrête, la première chose que la France doit faire qui a une telle responsabilité au Liban, c'est de contribuer enfin, réellement, au désarmement du Hezbollah. Le désarmement du Hezbollah, rappelons ce que c'est que le Hezbollah, c'est un parti politique chiite au Liban. Plusieurs civils, nombreux civils. Mais qui est responsable de la mort de ces civils ? C'est d'abord ce parti politique qui, je le redis, est aussi une milice armée et une milice qui dispose d'un arsenal qui, quand on regarde les capacités militaires de l'Iran, ont évidemment de quoi faire peser un risque majeur sur Israël et sur toute la région.

Et donc, il faut que le Hezbollah soit désarmé. Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les résolutions de l'ONU, les résolutions qui ont été votées il y a désormais plusieurs années et qui n'ont jamais été mises en œuvre. Pourquoi ? Parce que les forces armées libanaises, qui sont les armées régulières du Liban, la seule force qui possède le monopole légitime des armes sur le territoire du Liban, n'ont pas la force nécessaire pour se confronter à cette milice. Et donc, ce que la France peut faire et ce qu'elle doit faire et ce qu'elle aurait dû faire depuis longtemps, c'est venir soutenir les forces armées libanaises pour désarmer le Hezbollah.

Le jour où le Hezbollah sera désarmé, alors la paix sera possible entre le Liban et Israël.

5:53
Présentateur

Mais est-ce qu'on peut désarmer, François-Xavier Bellamy,

5:55
François-Xavier Bellamy

le Hezbollah à coups de bombes ? Mais on doit désarmer le Hezbollah. Et encore une fois, ça ne se fera pas seulement...

6:01
Présentateur

Oui, mais je parle de la tactique utilisée aujourd'hui par Israël. Est-ce que c'est à coups de bombes qu'on peut avoir une chance de désarmer le Hezbollah ?

6:09
François-Xavier Bellamy

Mais d'abord, il faut reconnaître qu'Israël a fait beaucoup pour fragiliser le Hezbollah en étant d'ailleurs extrêmement ciblé. Et moi, je crois qu'on a raison d'appeler Israël à la proportionnalité dans les frappes. Bien sûr, aucune perte civile n'est justifiable. Mais que chacun comprenne bien aussi ce qui se joue. Et moi, j'entends tous les grands défenseurs du droit international qui reprochent à Israël de frapper aujourd'hui des quartiers où vivent des civils au Liban.

Mais le fait est que je n'entends pas ces mêmes promoteurs du droit international s'émouvoir du fait que le Hezbollah comme le Hamas à Gaza se cachent dans ces quartiers y compris dans des quartiers sunnites ou dans des quartiers chrétiens en mettant en danger les populations civiles pour pouvoir tenter de poursuivre ces activités militaires. Et ceci est une tactique le fait d'utiliser des boucliers humains qui est dénoncé unanimement par le droit international comme un crime de guerre. C'est le protocole additionnel des Nations Unies c'est la Convention de Genève qui dénonce cette stratégie.

Je crois que ceux qui aujourd'hui appellent avec vigueur à une condamnation d'Israël devraient commencer par condamner le Hezbollah qui je le rappelle encore une fois a plongé le Liban dans cet enfer. Et ceci est parfaitement clair vous savez pendant très longtemps on nous a dit le Hezbollah est une milice qui prétend défendre la sécurité du Liban défendre le peuple libanais mais tous les Libanais savent aujourd'hui et tous ceux qui depuis Paris appellent à condamner Israël devraient écouter un peu plus ce que crient les Libanais.

Tous les Libanais savent que c'est le Hezbollah qui aujourd'hui a mis en danger le Liban a mis en danger la population civile au Liban et que c'est le désarmement du Hezbollah qui constitue la condition pour le retour à la paix au Liban à la sécurité dans toute cette région et la France devrait y concourir. Et le grand drame permettez-moi de le dire c'est que pendant trop longtemps la France a tenté l'apaisement elle a voulu la normalisation du Hezbollah elle a voulu entretenir des relations normales avec le régime iranien il ne peut pas y avoir de relations normales avec le totalitarisme pour la diplomatie

8:08
Présentateur

d'Emmanuel Macron la conséquence directe de la guerre au Proche-Orient ce sont bien sûr pour les Français les prix à la pompe le Premier ministre Sébastien Lecornu veut que la France dépende moins du pétrole et du gaz il a annoncé vendredi un plan d'électrification et des aides supplémentaires pour rouler à l'électrique à destination des Français modestes il compte aussi interdire l'installation des chaudières au gaz dans les constructions neuves est-ce que tout ça ce sont des bonnes pistes ? D'abord

8:35
François-Xavier Bellamy

dépendre moins du pétrole et du gaz c'est évidemment un impératif absolu un impératif pour notre souveraineté nationale un impératif pour notre sécurité donc vous dites

8:44
Présentateur

l'électrification

8:45
François-Xavier Bellamy

et aussi bien sûr pour l'industrialisation de la France parce que maintenant il faut parler de recommencer une industrialisation qui est désormais malheureusement extrêmement fragilisée et pour le budget des ménages donc c'est évidemment un objectif à quoi nous avons toutes les raisons de souscrire y compris bien sûr la lutte contre le réchauffement climatique et la décarbonation

9:06
Invité

pour aider notamment les français à faire face à la hausse des carburants très forte en ce moment

9:10
François-Xavier Bellamy

mais la première chose à faire pour se passer du pétrole et du gaz c'est de miser sur l'énergie alternative dont nous avons besoin c'est-à-dire l'électricité et moi je suis très heureux de voir dans ces déclarations du premier ministre une validation de la politique que nous avons défendue bien seule contre les écologistes contre la gauche contre les macronistes pendant des années à Bruxelles à Strasbourg à Paris nous avons été la seule famille politique qui ait toujours défendu

9:35
Présentateur

notre filière nucléaire votre famille politique François-Xavier Bellamy a aussi défendu des aides directes pour le carburant notamment en 2020 avec un prix du pétrole plafonné à 1,50€ est-ce que vous regrettez ce moment-là où finalement le quoi qu'il en coûte pour les républicains était aussi quelque chose d'important

9:52
François-Xavier Bellamy

on était dans un autre contexte et dans un autre moment oui mais le prix du pétrole était moins cher à cette époque-là c'était après la guerre en Ukraine la mi-2022 et on était dans un autre moment où par définition notre situation et notre trajectoire n'étaient pas exactement la même que celle d'aujourd'hui la vérité c'est je le redis je voudrais revenir à ce point-là parce qu'il est fondamental on ne peut pas prétendre qu'on va électrifier le pays ce qui est fondamental électrifier nos usages électrifier nos usines on ne peut pas prétendre qu'on va faire ce travail-là si on ne commence pas par produire l'électricité

10:22
Présentateur

donc on a besoin je vous parle des aides directes sur le carburant quelle est votre position aujourd'hui est-ce que ce que fait le gouvernement est suffisant est-ce qu'il faut en faire plus ou pas parce qu'encore une fois votre famille politique a eu

10:32
François-Xavier Bellamy

la différence avec le passé notre position aujourd'hui c'est que l'an dernier la France a fait 5,5% de déficit budgétaire et donc dans un pays normal oui on devrait pouvoir aider les français dans un pays normal oui on devrait pouvoir baisser immédiatement les taxes sur le carburant dans un pays normal oui on devrait pouvoir financer cet effort mais nous ne sommes plus dans un pays normal nous sommes dans un pays surendetté et c'est le gouvernement les gouvernements successifs d'Emmanuel Macron qui doivent rendre compte de cette impuissance aujourd'hui le fait est que on touche du doigt un moment très intéressant on nous a expliqué pendant des années Emmanuel Macron en tête que la dette c'était pas grave et je me souviens même de ceux qui nous expliquaient que notre discours sur la dette qui alertait sur la trajectoire budgétaire du pays était un discours de vieux grincheux que quand les taux étaient bas c'était même absurde de ne pas s'endetter que c'était normal d'aller chercher le argent gratuit et qu'on aurait tort de s'en priver le fait est que aujourd'hui notre pays est dans une situation de quasi-faillite et que si on devait faire ce que préconise la gauche ce que préconise le rassemblement national si on devait baisser massivement les taxes sur les carburants aujourd'hui si on devait priver l'état immédiatement de dizaines de milliards d'euros de revenus à minima 12 milliards d'euros par an et bien on ajouterait à la crise des carburants une crise budgétaire une crise de la dette une crise qui toucherait tous les ménages et tous les français d'une manière irréversible et personne ne peut souhaiter ça et donc il ne faut pas mentir aux gens le pays aujourd'hui est surendetté et encore une fois si on avait été plus raisonnable plus tôt au moment où l'économie mondiale était plus favorable on n'en serait pas là

12:01
Invité

il y a une autre piste pour financer éventuellement une aide directe aux français contre la hausse des carburants c'est de taxer les super profits des pétroliers il y a une initiative européenne de 5 pays dont l'Allemagne dont l'Italie qui veulent taxer ces super profits est-ce que vous êtes d'avis de soutenir ou pas cette initiative est-ce que c'est une bonne piste

12:21
François-Xavier Bellamy

d'abord il faut commencer par constater l'existence ou non de super profits le fait est qu'aujourd'hui le prix du pétrole a explosé y compris pour ceux qui le raffinent y compris pour ceux qui le transportent et pour ceux qui le vendent à la fin et donc il faut commencer par vérifier où se trouve exactement l'éventualité de super profits le deuxième aspect c'est que moi je ne partage pas une sorte d'obsession de la gauche qui voudrait que ce soit une catastrophe d'avoir une entreprise comme Total en France

12:47
Invité

je parlais de cette initiative européenne c'est celle de l'Allemagne de Merde c'est celle de l'Italie de Giorgia Meloni

12:52
François-Xavier Bellamy

et remarquez la chose intéressante dans ce débat c'est que beaucoup de pays qui aujourd'hui demandent cette taxation le font parce qu'ils n'ont pas de très grande entreprise pétrolière nationale nous avons une très grande entreprise pétrolière nationale qui s'appelle Total Energy et cette entreprise est une chance j'en suis profondément convaincu pour la souveraineté du pays et aussi pour la sécurité des consommateurs c'est Total Energy qui aujourd'hui vend une énergie à un prix bloqué qui permet aux français de pouvoir encore recourir à un carburant abordable et donc ma conviction profonde c'est que on ne gagnera rien pour la souveraineté nationale si on enfourche le cheval de bataille d'autres pays européens qui n'ont rien à perdre au fait de s'attaquer au profit des grandes entreprises du secteur parce qu'en fait elles n'en ont pas

13:34
Invité

Laurice Boachot François-Xavier Bellamy nous sommes à quelques semaines du 1er mai vous avez vu cette proposition de loi qui est en cours de débat au Parlement pour permettre aux boulangers et aux fleuristes d'autoriser leurs salariés à travailler ce jour-là les syndicats demandent au gouvernement de respecter la démocratie sociale ils s'opposent à cette mesure et le Premier ministre a annoncé tout à l'heure une réunion avec les organisations syndicales demain soir est-ce que vous comprenez l'émoi créé par cette proposition ? Non d'abord elle aurait dû être

14:07
François-Xavier Bellamy

poussée depuis bien plus longtemps et c'est frappant de voir aujourd'hui d'anciens premiers ministres y compris qui découvrent avec stupéfaction qu'on ne peut pas travailler le jour de la fête du travail on ne peut pas travailler pas n'importe qui d'ailleurs parce que les mêmes syndicats qui refusent l'ouverture des boulangers le 1er mai ne s'émeuve pas beaucoup que les McDonald's soient ouverts le 1er mai parce que la restauration peut travailler le 1er mai mais pas les boulangers parce qu'on a aujourd'hui des fleuristes alors que le 1er mai est pour eux évidemment un jour absolument décisif qui ne peuvent pas travailler ce jour-là donc c'est absurde qu'on laisse bosser les gens qui veulent travailler c'est le drame de ce pays que la gauche est devenue

14:43
Invité

le camp qui s'oppose au travail c'est un argument qui est opposé ceux qui veulent ne pas travailler le 1er mai

14:50
François-Xavier Bellamy

pourront ne pas travailler mais le fait est qu'aujourd'hui vous avez des gens qui crient qu'ils veulent travailler c'est le jour de la fête du travail et on punit ceux qui veulent bosser et je voudrais dire simplement une chose

14:59
Présentateur

la question derrière quand même François-Xavier Bellamy c'est celle des jours fériés est-ce qu'il faut supprimer ou pas des jours fériés est-ce qu'il y a trop de jours fériés c'est ça que ça vient entamer aussi en tous les cas ce débat

15:07
François-Xavier Bellamy

il faut le resituer dans son contexte général deux éléments importants la France aujourd'hui c'est le pays de l'OCDE où on travaille le moins par habitant sur une vie comment est-ce que vous voulez réindustrialiser la France comment est-ce que vous voulez garder votre souveraineté la maîtrise de votre destin il faut supprimer des jours fériés inventer les solutions dont nous avons besoin pour demain si on ne travaille pas plus oui on va devoir travailler plus et pour ça c'est je crois au fond le constat que nous devons tous faire la condition absolue pour pouvoir sortir de l'appauvrissement qui touche le pays donc oui il y a des suppressions de gens fériés c'est ça que vous dites il faudra aller beaucoup plus loin que ça il faut qu'on libère le travail en France d'une manière générale c'est pas seulement la question des jours fériés c'est la question de la libération du travail aujourd'hui on a un système

15:49
Invité

il y a des crispations qui ont duré des semaines après la proposition de François Bayrou de supprimer deux jours fériés et le gouvernement avait finalement renoncé c'était pas plus tard que l'été dernier mais parce qu'il y avait un problème dans cette proposition

15:58
François-Xavier Bellamy

que je continue de dénoncer qui était qu'il s'agissait de travailler deux jours fériés en moins sans rien gagner de plus pour les français deux jours fériés qui allaient directement dans les caisses de l'état et ce que je dis aujourd'hui ce que nous disons avec toute notre famille politique c'est que le but est de travailler plus pour sortir de l'appauvrissement des français de l'appauvrissement du pays une autre statistique importante qui est un peu passée inaperçue ces derniers jours c'est que la France est passée sous la moyenne européenne en PIB par habitant c'est à dire en richesse produite par habitant sous la moyenne européenne notre pays s'appauvrit à toute vitesse et il y a dans ce pays beaucoup de français qui bosse et qui travaille beaucoup et qui travaille dur et qui pourtant ont du mal à joindre les deux bouts ça devrait être l'urgence pour la gauche comment mieux payer le travail moi je suis désolé de voir que dans notre pays il y a une gauche qui a abandonné les travailleurs qui a abandonné le combat pour le droit des travailleurs et le premier droit des travailleurs c'est qu'on leur rende la liberté de vivre de leur travail de bosser comme ils l'entendent et de vivre de leur travail

16:59
Invité

Dans une semaine

17:06
Présentateur

François-Xavier Bellamy les républicains les militants républicains vont faire un choix pour la présidentielle Bruno Retailleau le patron du parti candidat ou une primaire fermée ou alors une primaire ouverte tout d'abord première question qu'est-ce que vous voterez vous dans une semaine

17:21
François-Xavier Bellamy

moi je voterai pour que le président de notre famille politique puisse être notre candidat je pense que ça fait partie de la tradition de la droite française et je crois aussi qu'elle est d'autant plus justifiée par le fait que nous avons aujourd'hui à la tête de notre parti un homme qui peut représenter nos idées à l'élection présidentielle et qui peut gagner l'élection présidentielle

17:42
Présentateur

je suis complètement convaincu Vous pensez que Xavier Bertrand par exemple ou Laurent Wauquiez pour ne citer que de nom se rangeront derrière cette décision ?

17:50
François-Xavier Bellamy

J'espère que quand on est un parti politique on a le sens du collectif et que quand les militants vont choisir parce que jamais

17:57
Invité

Combien de militants LR sont à jour de cotisation ? C'est-à-dire combien de personnes sont en capacité aujourd'hui de voter samedi prochain ?

18:06
François-Xavier Bellamy

Il était possible d'adhérer jusqu'à hier donc on n'a pas encore les chiffres en tous les cas je n'ai pas encore les chiffres consolidés mais vous les aurez dans les jours qui viennent

18:13
Invité

On était autour de 70 000 c'est ça ? Est-ce que ça va suffire à donner finalement une légitimité ? C'est ça la question qui est derrière à Bruno Rotaio si c'est lui qui est désigné par le vote samedi prochain ?

18:23
François-Xavier Bellamy

Vous savez on n'a jamais eu une méthode de désignation aussi transparente et aussi démocratique au sein de notre formation politique quand Bruno Rotaio a été élu président du parti il a dit je ne confisquerai pas ce débat je proposerai aux adhérents de choisir la manière dont notre candidat sera proposé

18:40
Présentateur

En matière de démocratie interne il y avait eu une primaire Oui mais là on propose aux adhérents

18:47
François-Xavier Bellamy

s'ils veulent une primaire ils peuvent la choisir le vote est dans quelques jours et si vous vouliez participer à la désignation de notre candidat tous les français pouvaient le faire nous avons largement communiqué sur cette échéance tous les électeurs de droite qui voulaient dire comment le candidat de la droite serait désigné pour l'élection présidentielle pouvaient éprendre leur carte pour décider de la manière dont son parti est interne choisirait son candidat

19:07
Invité

vote samedi prochain au sein de votre famille LR soit si peu soutenu par les grands ténors de votre parti voire même certains ont claqué la porte on a vu David Lissnard

19:16
François-Xavier Bellamy

Vous savez nous ce qui compte c'est d'abord de réunir nos électeurs et de faire en sorte qu'ils puissent avoir voix au chapitre pour dire qui sera leur candidat et dans quelques jours ils vont choisir la manière dont notre candidat sera désigné moi je vous ai dit quelle était mon hypothèse d'autres ont d'autres options et les ont fait valoir dans le débat c'est le cas de David Lissnard ma conviction profonde c'est que David pour lequel j'ai une profonde estime et qui est un grand ami sera avec nous dans l'élection présidentielle je ne vois pas de monde possible dans lequel nous avons tant d'idées en commun je ne vois pas comment nous pourrions ne pas être unis ensemble dans le moment de cette élection qui sera un rendez-vous décisif pour l'avenir du pays et c'est de ça qu'il faut parler parce que ce dont les français attendent

19:57
Invité

c'est qu'on leur parle de leur risque pour bien comprendre si Bruno Retailleau dans une semaine est désigné candidat officiellement des républicains ça veut dire que toute porte sera fermée à une éventuelle primaire ou est-ce qu'une primaire sera encore possible ?

20:10
François-Xavier Bellamy

Non, Bruno Retailleau l'a dit et le fait est que nous ne savons pas encore quelles seront les étapes qui nous séparent de ce moment de l'élection présidentielle si parmi les grands candidats qui aujourd'hui prétendent incarner la droite tous se déclaraient favorables à une primaire Bruno Retailleau l'a dit et répété il est tout à fait disposé à y participer s'il devait être désigné dans quelques jours par nos adhérents pour les représenter y compris dans une échéance intermédiaire mais le plus important c'est qu'on ne va pas attendre aujourd'hui Edouard Philippe ne veut pas de primaire

20:38
Invité

ça c'est un petit peu nouveau on entendait jusque là Bruno Retailleau dire qu'il était plutôt opposé à une primaire

20:45
François-Xavier Bellamy

non non encore une fois il n'a jamais dit ça il a simplement dit qu'à partir du moment où vous avez prenez un Edouard Philippe qui de toute évidence dit qu'il incarne la droite et le centre et qui ne veut pas participer à une primaire on ne peut pas proposer à nos adhérents LR de voter pour contraindre Edouard Philippe à un processus auquel il ne se soumet pas

21:01
Présentateur

cette primaire dans votre esprit elle irait de où à où on sait que par exemple Laurent Wauquiez l'a défini d'Edouard Philippe jusqu'à Sarah Knafow moi je pense que cette primaire

21:08
François-Xavier Bellamy

elle doit rassembler tous ceux qui prétendent incarner la droite et ensuite les personnes qui voteront dans cette élection primaire et bien pourraient départager qui incarne la droite pour vous

21:18
Invité

elle irait de où à où alors cette primaire

21:19
François-Xavier Bellamy

moi je pense que la droite c'est Bruno Retailleau qui l'incarne aujourd'hui le mieux et donc je voterais pour lui s'il y avait une primaire mais encore une fois je pense qu'il faudrait si cette primaire devait avoir lieu et si cette primaire rassemblait tous les candidats qui prétendent incarner ce camp là il faudrait qu'elle puisse alors à vous écouter Edouard Philippe n'est pas un vilain macroniste moi je ne pense pas qu'il faudrait que cette primaire ait lieu pour soutenir Edouard Philippe mais pour se confronter à lui

21:43
Présentateur

et je crois qu'Edouard Philippe ne peut pas incarner la droite le principe d'une primaire ça veut dire que vous soutenez le gagnant donc ça veut dire que vous pourriez l'idée ne serait pas totalement exclue de pouvoir soutenir Edouard Philippe c'est pour ça que je vous pose la question c'est pas un affreux macroniste Edouard Philippe non mais je pense que

22:00
François-Xavier Bellamy

Bruno Retailleau gagnerait cette élection primaire et précisément parce qu'Edouard Philippe devra assumer le bilan d'Emmanuel Macron et parce qu'au moment où il rentrera dans l'atmosphère il faudra bien qu'il réponde de son héritage à Matignon c'est pour ça que dans cette élection primaire l'idée ne serait pas de se rallier à lui mais au contraire de confronter non seulement nos projets mais aussi nos actions passées pendant 10 ans nous avons été des opposants au macronisme et j'ai été de ceux vous avez aussi participé

22:25
Présentateur

à un gouvernement d'Emmanuel Macron Bruno Retailleau a été ministre

22:28
François-Xavier Bellamy

nous sommes rentrés dans un gouvernement de cohabitation et chacun aura pu constater que la ligne que Bruno Retailleau a incarnée au ministère de l'intérieur n'était pas vraiment celle qu'Emmanuel Macron n'avait cessé de favoriser à travers ses ministres le gouvernement de François Bayrou n'était pas exactement un gouvernement de cohabitation si bien sûr c'était un gouvernement dans lequel nous ne sommes rentrés que pour une seule et unique raison

22:44
Invité

François Bayrou était un gouvernement de cohabitation encore une fois il n'y avait rien en commun à l'idée historique d'Emmanuel Macron depuis 2017 il n'y avait rien en commun

22:52
François-Xavier Bellamy

il n'y avait rien en commun entre la ligne qu'Emmanuel Macron a portée pendant des années y compris sur les sujets régaliens et celle que Bruno Retailleau a incarnée au ministère de l'intérieur et chacun le constate aujourd'hui c'est parfaitement clair d'ailleurs quand vous voyez le ministre de l'intérieur actuel qui sans doute bien plus proche d'Emmanuel Macron aujourd'hui explique qu'il faut en réalité ne pas appliquer la circulaire de Bruno Retailleau parce qu'elle conduit à éviter trop de régularisation

23:16
Invité

on voit bien la différence dans le Figaro ce week-end Bruno Retailleau se dit prêt à participer à une primaire à condition qu'Edouard Philippe y participe ça veut dire donc que vous êtes prêt à vous rallier à un éventuel gagnant quand on participe à une primaire on est prêt à se rallier à l'éventuel vainqueur qui pourrait être Edouard Philippe dans ce cadre là

23:34
François-Xavier Bellamy

en fait vous envisagez la primaire uniquement à partir du principe que nous la perdrions pardonnez-moi de corriger cette impression ma conviction profonde c'est que si la primaire a lieu Bruno la gagnera et d'ailleurs

23:45
Invité

adhère à un espace politique et à des idées politiques en commun qui permettent un ralliement éventuel derrière il y a une chose qui est un fait

23:53
François-Xavier Bellamy

c'est qu'aujourd'hui Edouard Philippe qui est candidat à l'élection présidentielle prétend représenter la droite dans cette élection présidentielle Bruno Retailleau dit représenter la droite dans cette élection présidentielle le fait est que les électeurs de droite vont légitimement être inquiets de voir une pluralité de candidatures à l'intérieur d'un même espace politique et donc la question qui se pose et qui peut incarner nos idées qui peut apporter l'alternance dont la France a tellement besoin parce que

24:20
Invité

permettez-moi d'aller

24:22
François-Xavier Bellamy

au bout de ma phrase parce que ce dont la France a besoin en 2027 c'est d'une alternance et pas d'une continuité et donc moi je crois qu'une primaire serait utile si elle permet en effet de se confronter à Edouard Philippe par exemple parce que ce serait l'occasion pour lui d'avoir à répondre de son bilan et à le rallier s'il gagne mais de gagner surtout nous gagnerons cette élection primaire et c'est peut-être la raison pour laquelle Edouard Philippe n'a pas très envie d'y aller

24:46
Invité

loin derrière Edouard Philippe dans les intentions de vote

24:48
François-Xavier Bellamy

mais vous savez il y a les intentions de vote un an avant la présidentielle et il y a la réalité des élections c'est une image aujourd'hui de la classe politique en effet c'est une image aujourd'hui c'est une photo à l'instant T qui est peut-être

24:58
Invité

importante aussi pour les électeurs de droite qui pourraient voter les primaires

25:01
François-Xavier Bellamy

mais vous m'accorderez que dans les élections passées il est rarement arrivé que ceux qui étaient en tête un an avant l'élection soient les gagnants un an plus tard et donc la question qui se pose pour nous c'est aussi d'ailleurs si Edouard Philippe est si certain de pouvoir incarner la droite dans cette élection pourquoi aurait-il peur d'une primaire qu'il y vienne et que le débat ait lieu et d'ailleurs le débat peut avoir lieu le plus rapidement possible primaire ou non nous nous y sommes prêts parce que notre conviction profonde c'est que la France attend le changement et que ce changement nous pouvons l'incarner et Bruno j'en suis convaincu peut apporter les ruptures profondes dont la France a tellement besoin

25:34
Présentateur

vous comprenez les réserves de Jean-François Copé de Xavier Bertrand de Valérie Pécresse de Michel Barnier sur les choix que fait Bruno Rotaillot pour sa famille politique mais ces choix

25:46
François-Xavier Bellamy

ils sont parfaitement transparents nous les avons discutés en bureau politique il y a quelques jours je ne sais pas exactement quelle est la source de cette espèce d'éternel procès d'intention que certains cherchent à livrer contre leur propre camp en permanence comme si la meilleure manière de nous renforcer c'était de jouer le jeu éternel de ces divisions qui ont tant fragilisé la droite moi je ne crois pas à ça je ne passe pas mon temps à accuser mon propre camp j'essaye de commencer par apporter les solutions dont la France a besoin et si tout le monde pouvait se comporter de cette manière là je pense que le débat public s'en porterait mieux mais tout de même

26:13
Invité

qu'est-ce qui s'est passé depuis quelques mois pour que Bruno Rotaillot qui rassemblait une grande partie de votre famille politique ait perdu à ce point là de crédit auprès des différents ténors des républicains

26:24
François-Xavier Bellamy

mais encore une fois moi ce qui m'intéresse c'est pas les ténors comme on dit ce qui m'intéresse c'est les français et les électeurs de droite aujourd'hui je crois qu'ils continuent on le verra dans quelques jours

26:33
Invité

ils représentent aussi ils font remonter peut-être des sensibilités qui s'expriment au sein de votre mouvement politique

26:38
François-Xavier Bellamy

mais d'ailleurs la vérité c'est qu'encore une fois nous avons loin de l'image qui peut être donnée parfois dans les médias nous avons un débat interne chez LR qui est un débat démocratique ouvert qui est un débat de confiance et d'ailleurs dans le dernier bureau politique que nous avons eu c'est de manière quasi unanime que nous avons décidé des étapes qui viendraient pour préparer l'élection présidentielle les votes qui ont été faits ont été emportés à la quasi unanimité donc je souhaite à tous les partis politiques en France d'être aussi transparent aussi démocratique ce qui veut dire aussi libre et du coup aussi pluriel parfois c'est vrai mais aussi confiant dans leur unité que nous le sommes aujourd'hui et maintenant je le redis la seule chose qui compte c'est pas de parler indéfiniment des problèmes derrière boutique c'est de parler de ce qu'attendent les français de ce qu'attend le pays parce que le pays traverse une inquiétude profonde il connaît une crise existentielle aujourd'hui et mon sentiment c'est que notre devoir notre responsabilité et on l'a vu au moment des élections municipales où nos candidats ont été ceux qui ont pu faire barrage contre l'alliance entre la gauche et l'extrême gauche notre responsabilité c'est d'être à la hauteur du rendez-vous présidentiel qui nous attend pour pouvoir réunir les français autour d'un projet clair et préparer notre avenir

27:46
Présentateur

et l'immigration votre proximité avec l'extrême droite à Bruxelles ou à Strasbourg et également les élections en Hongrie on parle de tout ça juste après la pause François-Xavier Bellamy à tout de suite pour la suite Suite du Grand Jury présenté par Olivier Bost Le Grand Jury de François-Xavier Bellamy vice-président des Républicains et député européen Périne Tarnot de Public Sénat et Boris Loach pardon Loris Boachot du Figaro sont à mes côtés pour vous interroger

28:25
Invité

Le Grand Jury l'actualité de la semaine

28:30
Présentateur

Il y a des élections en Hongrie aujourd'hui une défaite de Victor Orban François-Xavier Bellamy au pouvoir depuis 16 ans serait-elle une bonne nouvelle pour l'Europe ?

28:43
François-Xavier Bellamy

Le fait est que Victor Orban depuis plusieurs années maintenant a fait de la Hongrie une porte d'entrée pour bien des puissances étrangères qui cherchent à fragiliser l'Europe et c'est un immense regret de voir au fond qu'à travers cette stratégie la Hongrie est devenue la tête de pont de la Russie il y a quelques jours a pris les discussions parallèles qui existaient entre la diplomatie hongroise et les autorités russes mais aussi de pays comme la Chine par exemple c'est en Hongrie que va s'installer une immense usine de voitures chinoises BYD qui vont pouvoir être fabriquées grâce à la Hongrie sur le sol européen et donc contourner toutes les règles qui tentent de protéger le marché européen contre l'explosion de l'automobile chinoise et du coup le risque majeur que cela fait poser sur nos industries

29:30
Invité

Peter Magyar qui est conservateur mais pro-européen et pro-Ukraine Peter Magyar

29:34
François-Xavier Bellamy

fait partie de notre famille politique il est au sein du PPE nous nous siégeons dans le même groupe au Parlement européen et aujourd'hui il veut pouvoir poursuivre une politique de droite en Hongrie mais une politique qui affirme la nécessité que l'Europe se renforce face à ses puissances étrangères et je pense encore une fois à la Russie à la Chine à la Turquie aussi dont Victor Orban est très proche donc il faut maintenant qu'on arrive à avoir une vraie cohérence européenne

29:58
Présentateur

sur ces enjeux-là vous regrettez d'avoir longtemps soutenu Victor Orban c'était une erreur ?

30:03
François-Xavier Bellamy

non parce que nous espérions pouvoir garder le lien avec le gouvernement qui le dirigeait et j'observe que la rupture avec le PPE c'est-à-dire avec la droite européenne le moment où lui a choisi de quitter le PPE a été le point de départ de cette dérive qui se révèle extrêmement inquiétante

30:21
Invité

Et est-ce que vous avez trouvé normal le soutien la visite en Hongrie du vice-président américain J.Devance est-ce que c'est de l'ingérence selon vous ?

30:30
François-Xavier Bellamy

j'observe que d'une manière générale ceux qui parlent le plus de souveraineté nationale ne sont pas ceux qui la pratiquent avec le plus de constance moi je ne voudrais pas si j'étais hongrois que ce soit le vice-président d'une hyperpuissance américaine qui vienne me dicter ce que je dois faire et pour qui je dois voter donc ça vaut aussi pendant une peine qu'il y a deux semaines

30:49
Présentateur

est allé soutenir Victor Orban

30:50
François-Xavier Bellamy

mais là encore je me souviens de ceux qui il y a quelques mois nous expliquaient que la réélection de Donald Trump était une chance pour l'Europe que c'était une magnifique nouvelle il faut aussi que cela vienne rendre des comptes devant les français quand le président Trump augmente les droits de douane asphyxie notre agriculture met en danger le commerce mondial je pense que le comportement très agressif des américains à l'égard de l'Europe et de tous les pays européens devrait aujourd'hui constituer une question pour ceux qui se sont réjouis de son élection et qui ont été paradés à sa cérémonie d'inauguration

31:23
Invité

donc Donald Trump dessert aujourd'hui finalement si on vous suit la cause des populistes et des conservateurs en Europe

31:28
François-Xavier Bellamy

en tous les cas il faut que ceux qui se sont revendiqués de lui et qui ont applaudi sa victoire nous expliquent maintenant comment il regarde les conséquences de cet événement dont il se montre

31:39
Invité

la Hongrie de Victor Orban bloque pour le moment 90 milliards d'euros d'aide à l'Ukraine ça veut dire que s'il perd le scrutin aujourd'hui cette aide pourra être débloquée d'ici à quelques semaines quelques mois

31:52
François-Xavier Bellamy

oui je le crois et au delà de la question de l'aide à l'Ukraine c'est toute une cohérence européenne qu'il s'agit de retrouver parce que aujourd'hui les états membres et je pense que c'est nécessaire ont un droit de veto qui leur permet de garantir que leurs intérêts fondamentaux ne sont jamais mis en danger mais le fait est que dans la discussion européenne le veto hongrois a plus souvent servi ces dernières années de moyens de chantage d'occasion d'exprimer

32:13
Invité

les priorités quelques jours quelques semaines

32:16
François-Xavier Bellamy

oui oui je pense qu'on n'y est pas encore une fois d'abord ce qui compte c'est que le peuple hongrois se détermine mais c'est vrai qu'au lendemain de cette élection on pourra sans doute retrouver il faut continuer d'aider massivement l'Ukraine et encore une fois l'Ukraine bien sûr il faut continuer de soutenir l'Ukraine parce que évidemment c'est la sécurité de l'Europe qui est en jeu mais c'est même pas seulement l'Ukraine j'étais il y a quelques jours en Arménie pour retourner soutenir le peuple arménien à la veille d'élections qui sont là aussi très importantes pour son avenir et l'Arménie est l'un des grands sujets que j'ai défendu au cours des dernières années quand l'Arménie a été attaquée par l'Azerbaïdjan je pense que si l'Europe avait réagi fermement elle aurait sans doute dissuadé d'autres agressions territoriales futures le fait est qu'elle ne l'a pas fait et pourquoi ?

notamment parce que Viktor Orban très proche de M. Erdogan refusait que l'Europe sanctionne l'Azerbaïdjan et donc vous voyez je crois que là encore c'est aussi de cette unité européenne autour de principes fondamentaux que nous devons pouvoir retrouver le chemin

33:09
Présentateur

Devant la commission de la défense de l'Assemblée nationale cette semaine le chef d'état-major des armées Fabien Mandon a dit que sa préoccupation première était la perspective d'une guerre ouverte avec la Russie il a raison ou ça vous semble excessif ?

33:24
François-Xavier Bellamy

Il est chef d'état-major des armées il dispose des informations qui permettent de juger la réalité d'une agressibilité que certains veulent toujours minorer moi ce que j'observe c'est que la Russie elle est déjà en train de se confronter à nos forces armées elle l'a fait par exemple dans bien des pays africains en menant une guerre extrêmement dangereuse contre nos militaires à travers ses propres militaires Donc la menace russe

33:46
Présentateur

est aujourd'hui la menace numéro 1

33:48
François-Xavier Bellamy

Elle le fait aujourd'hui sur les mers j'étais il y a quelques jours à la rencontre des marins dans la rate de Brest qui parlent aujourd'hui parce qu'ils la rencontrent quotidiennement de cette agressivité russe en mer et donc il ne faut surtout pas se voiler la face sur la réalité du danger mais ça n'est pas seulement la Russie d'une manière plus générale ce que nous sommes en train de vivre c'est le retour du risque de conflits de haute intensité de guerre inter-étatique et la France doit être prête pour ça

34:15
Invité

Et justement dans ce contexte est-ce que vous craignez que les Etats-Unis lâchent l'OTAN ? Donald Trump a eu encore des propos très amers cette nuit contre l'OTAN

34:23
François-Xavier Bellamy

mais quelle que soit la trajectoire des Américains notre devoir c'est d'être prêt le grand drame de l'Europe c'est que pendant trop longtemps elle a confondu l'alliance avec les Etats-Unis avec la dépendance à l'égard des Etats-Unis l'année dernière les Européens ont acheté 79% de leurs armements hors d'Europe dont l'essentiel aux Etats-Unis 64% et bien c'est de ça qu'il faut sortir et l'agenda que nous défendons au Parlement européen et sur lequel j'ai travaillé en portant un programme très important le premier programme pour l'industrie de la défense en Europe c'est un agenda de reconstruction de nos capacités de production industrielle le but n'est pas de faire la guerre le but c'est de garantir la paix mais pour rester en paix il faut c'est vieux comme l'histoire de l'Europe être prêt à la guerre et aujourd'hui nous ne le sommes pas et j'observe que vous parliez de ces déclarations du chef d'état-major des armées moi ce qui m'inquiète le plus c'est que l'essentiel dans le travail qui nous appartient ça n'est pas d'abord les mots ce sont les actes et aujourd'hui la France n'est pas au rendez-vous de l'action il y a quelques jours on a appris le budget des armées ne cesse d'augmenter le budget des armées doit augmenter il doit continuer d'augmenter mais encore une fois le plus important c'est comment est-ce que nous équipons nos forces armées comment est-ce que nous leur donnons les moyens de leur mission en Europe j'ai porté ce programme et nous l'avons voté il rentre en ce moment en application pour l'industrie de défense européenne mais en France malheureusement les industriels attendent désespérément des contrats de la part de l'état pour commencer à produire il y a quelques jours on a appris que la fonderie de Bretagne qui avait été rachetée il y a un an qui fabrique des éléments essentiels pour des obus des munitions la fonderie de Bretagne est de nouveau en vente parce qu'elle n'a pas reçu de contrat au cours de l'année qui vient de s'écouler c'est une aberration que nous avons un chef d'état-major des armées qui parle du retour de la guerre de haute intensité et pendant ce temps-là malheureusement nous avons des industriels qui sont revendus parce qu'ils n'ont pas de contrat et que de fait il se trouve aujourd'hui l'arme au pied attendant que l'état veuille bien se décider à avancer

36:26
Présentateur

François-Bellamy vous êtes vice-président du PPE du groupe de la droite au parlement européen et on parlait de Victor Orban il vous arrive de plus en plus de voter avec l'extrême droite que ce soit donc le groupe de Victor Orban de Jordan Bardella celui piloté par Georgia Meloni ou celui de Sarah Knafo en l'occurrence il arrive surtout que ces groupes votent avec nous d'accord mais est-ce que ça veut dire que vous faites finalement au niveau européen ce qui pourrait nous attendre au niveau national après l'élection présidentielle

36:54
François-Xavier Bellamy

mais moi je fais une seule chose au niveau européen comme au niveau national je défends mes idées et en l'occurrence comme député européen je tiens les engagements que j'ai pris

37:02
Présentateur

devant les Français c'est nouveau de s'allier dans les votes mais de s'allier dans les votes avec l'extrême droite est un fait nouveau au parlement européen non j'imagine que vous faites référence à ce vote récent les questions sur l'écologie questions sur l'immigration où vous êtes

37:17
Invité

la motion de censure à l'automne dernier contre la présidente de la commission européenne

37:21
François-Xavier Bellamy

contre le Mercosur oui je suis contre le Mercosur donc quand une motion de censure est déposée contre le Mercosur nous la votons avec mes collègues des républicains

37:28
Invité

contre une présidente de commission européenne pourtant issue de vos rangs

37:30
François-Xavier Bellamy

ceux de la droite européenne mais moi je ne défends pas une étiquette je défends les Français je défends la voix des Français et je tiens mes engagements et en l'occurrence ça brouille la ligne avec la commission européenne nous avons un désaccord majeur sur le Mercosur et c'est grâce à nous c'est grâce au travail

37:43
Invité

parce que là c'est quand même une ligne taboue au sein de votre famille politique de s'allier ou pas avec l'extrême droite

37:46
François-Xavier Bellamy

mais encore une fois je ne fais que défendre ma ligne est-ce qu'on voudrait que je renonce à mes idées au motif qu'il se trouve que d'autres votent la même chose la saisine de la cour de justice de l'Union Européenne contre le Mercosur est passée au Parlement européen à dix voix d'avance elle est passée avec les voix des députés de notre famille politique qui avait porté cette saisine mais aussi avec les voix de tous les parlementaires français qu'ils viennent du Rassemblement National des socialistes ou des écologistes donc vous voyez que ça n'est pas une alliance c'est simplement le fait que nous défendons nos engagements et le texte auquel vous faisiez la vision le règlement retour qui va transformer

38:20
Présentateur

on va en parler en détail mais ce que je veux dire c'est que ça nourrit aujourd'hui François-Xavier Bellamy des reproches au sein de votre famille politique par exemple Jean-François Copé cette semaine sur RTL qui estime que qui parle d'un schisme chez LR en ciblant votre ligne à ses yeux extrêmement complaisantes je le cite à l'égard du Rassemblement National qu'est-ce que vous lui répondez ?

38:41
François-Xavier Bellamy

D'abord je le redis je serais très heureux d'inviter Jean-François Copé au Parlement Européen pour lui montrer comment fonctionne le travail quotidien dans notre institution donc vous vous dites

38:48
Présentateur

qu'il se trompe alors ?

38:49
François-Xavier Bellamy

Mais bien sûr est-ce que je vais renoncer à mes idées au motif qu'il se trouve qu'elles pourraient être adoptées avec le soutien des voix des groupes qui sont sur notre droite ? Est-ce que demain je vais aller dire aux Français je me suis engagé devant vous pour reconstruire les frontières de nos pays pour retrouver une situation dans laquelle des gens qui ont été ciblés par une OQTF repartent effectivement chez eux ?

Mais en fait je vais abandonner ce projet parce que le risque c'est que le projet que je porte parce que c'est moi qui l'ai porté ce projet le projet que je porte passe avec les voix des groupes de droite donc j'abandonne je laisse tomber est-ce que c'est en abandonnant le terrain qu'on va être plus fort y compris face au Rassemblement National ? Vous dites finalement

39:25
Invité

comme Bruno Retailleau que la seule chose qui vous sépare aujourd'hui du Rassemblement National c'est son programme économique

39:29
François-Xavier Bellamy

Mais pas du tout nous avons des différences majeures avec le Rassemblement National C'est ce qu'a dit Bruno Retailleau Vous parlez de Victor Orban à l'instant C'est ce qu'a dit Bruno Retailleau Mais Bruno Retailleau l'a dit lui aussi en parlant de la Hongrie Moi je crois que Victor Orban aujourd'hui dessert la souveraineté de nos pays Marine Le Pen est allée soutenir Victor Orban ça ne fait pas une petite différence mais je ne vais pas passer mon temps à me justifier de défendre les idées que je défends et j'observe une dernière chose pardon une dernière chose une dernière chose c'est très important Jean-François Copé puisque vous parlez de lui qui me fait ce procès en schisme Jean-François Copé quand il a commencé sa carrière politique il a hérité d'une droite qui était hégémonique les familles politiques dans lesquelles il est passé le RPR l'UMP ont eu tous les pouvoirs et lui-même a eu tous les pouvoirs et toutes les responsabilités moi je suis rentré en politique en 2019 j'ai accepté de prendre la tête de liste des républicains quand la liste était donnée à 5% dans les sondages et depuis je fais partie d'une famille politique qui tente de faire valoir la ligne d'une droite qui demain doit pouvoir se reconstruire mais aujourd'hui en effet face à un rassemblement national qui lui pour le coup est devenu quasiment hésémonique donc si ça marchait si bien que ça ça se saurait et j'appelle tous ceux qui prennent part à ce débat à le faire en particulier quand ils ont une si grande et si longue expérience avec un peu plus d'humilité au regard des résultats qui est laissé aujourd'hui à la génération qui vient

40:48
Présentateur

François-Xavier Bellamy si je vous citais tout à l'heure Bruno Retailleau qui disait que la seule différence avec le RN c'était sur le plan économique si Jordan Bardella mais trouvez-moi la citation elle vient d'où ? ah bah c'est une seule alors là je

41:01
François-Xavier Bellamy

je ne crois pas avoir jamais entendu Bruno Retailleau dire une formule comme celle-là

41:04
Présentateur

si si dans une interview il a dit qu'effectivement la différence aujourd'hui avec le Rassemblement National ça change déjà

41:10
François-Xavier Bellamy

principale et seule différence c'est pas exactement la même chose mais de toute façon on ne se définit pas par opposition à qui que ce soit nous ce que nous faisons c'est défendre nos idées

41:18
Présentateur

et la question derrière si vous voulez c'est qu'on voit très bien quel était le programme économique de Marine Le Pen on voit très bien qu'il y a une différence avec Jordan Bardella en clair plus libéral

41:27
François-Xavier Bellamy

mais laquelle ? j'attends de voir quelle ligne portera un candidat du Rassemblement National à la présidence de la République ce sera très intéressant de savoir qu'est-ce qu'il propose en effet sur les retraites qu'est-ce qu'il propose sur la baisse

41:39
Présentateur

de la réponse publique qui évolue ? ça peut devenir intéressant de travailler avec le Rassemblement National c'est ma question

41:44
François-Xavier Bellamy

en fait pour moi ce qui m'a tenu éloigné du macronisme depuis l'origine du macronisme c'est que je ne crois pas au en même temps je ne crois pas au en même temps de droite et de gauche je pense que la vie politique c'est pas la fin des clivages la vie politique c'est du clivage et je crois que c'est normal d'ailleurs que le pluralisme existe dans une vie démocratique et c'est pour ça que je n'ai pas cru au macronisme parce que moi je crois qu'il y a dans ce pays une gauche qui s'assume et je la vois et je vois qu'il y a dans ce pays une droite qui doit se reconstruire et qui doit s'assumer elle aussi et quand j'entends Marine Le Pen elle a un point commun évident avec Emmanuel Macron elle dit et je respecte cette cohérence elle n'a jamais changé de discours elle dit qu'elle non plus ne se définit pas de droite et qu'elle refuse de considérer que le Rassemblement National soit de droite moi je peux faire une citation précise et exacte après le ralliement d'Éric Ciotti elle avait dit dans le Figaro le Rassemblement National n'est pas n'a jamais été ne sera jamais un parti politique de droite ça nous distingue moi je ne vais pas passer

42:36
Invité

elle dîne avec les gros patrons du CAC 40 cette semaine est-ce que vous dites qu'il n'y a pas une inflexion sur le programme économique vers une ligne plus pro-business Emmanuel Macron

42:46
François-Xavier Bellamy

dînait aussi avec des grands patrons ça ne l'a pas empêché de faire une politique de gauche sur beaucoup de sujets

42:51
Invité

c'est la première fois que des grands patrons du CAC 40 notamment Bernard Arnault acceptent de dîner ouvertement avec Marine Le Pen et Jordan Barnella c'est quand même un signe de normalisation très fort du Rassemblement National d'un point de vue économique

43:02
François-Xavier Bellamy

mais grand bien lui fasse moi je ne crois pas et c'est peut-être la différence que j'aurais avec Jean-François Copé je ne crois pas qu'on combattra le Rassemblement National par la diabolisation je pense qu'on réussira à gagner quand nous serons crédibles et convaincants et quand nous montrerons que nous avons un programme qui refuse le en même temps qui refuse les ambiguïtés qui refuse le nini et le nini c'est celui que j'entends aussi bien chez Marine Le Pen que chez Emmanuel Macron nous ne sommes ni de droite ni de gauche mais qu'est-ce que ça veut dire et oui on peut effectivement quand on est seulement dans l'opposition jouer des ambiguïtés entre une figure qui fait des clins d'oeil au patronat et une autre qui parle aux militants des Nimbomont à la fin la question c'est qu'est-ce que le Rassemblement National proposera pour l'avenir du pays la vraie question c'est celle-là la France va avoir besoin de vivre des ruptures majeures et il faudra beaucoup de clarté et beaucoup de courage pour la sortie de l'ornière dans laquelle elle se trouve aujourd'hui aujourd'hui ni cette clarté ni ce courage ne se trouve ailleurs j'en suis convaincu que dans notre famille

43:59
Invité

et en même temps on voit que le Rassemblement National reste sur ses fondamentaux anti-européens pardon que pensez-vous des maires RN qui ont retiré le drapeau européen du fronton de leur mairie

44:09
François-Xavier Bellamy

mais je ne comprends pas ce réflexe et revenons à des choses très concrètes qui intéressent les français le règlement retour que j'ai porté au Parlement européen et que le Rassemblement National après l'avoir beaucoup critiqué a fini par soutenir ce règlement retour il va permettre de mettre un terme à l'immigration illégale face à laquelle nos états sont impuissants aujourd'hui ma conviction profonde c'est que pour que nos états soient plus forts face à l'immigration illégale il faut travailler en Europe à des solutions communes parce que demain nous ne pourrons pas éviter que nos pays soient mis en danger si n'importe quel pays européen se trouvait de facto incapable de faire face à l'immigration

44:49
Présentateur

cette semaine c'est notamment la création de hubs de retours de migrants c'est à dire des plateformes d'expulsion qui soient dans des pays hors Europe de l'Union Européenne est-ce que vous pensez que ça va fonctionner parce que par exemple on voit que l'Italie fait ça avec l'Albanie c'est pas la même chose ce que l'Italie fait

45:06
François-Xavier Bellamy

avec l'Albanie c'est qu'elle refoule des demandeurs d'asile en dehors de ses frontières là nous ne parlons pas de la même chose nous parlons de personnes qui ont été déboutées du droit d'asile aujourd'hui si vous venez d'un pays qui refuse de coopérer avec l'Europe en matière migratoire vous ne serez jamais expulsé prenez par exemple l'Algérie c'était l'un des grands sujets donc l'idée c'est de les expulser dans d'autres pays je mentionnais Bruno Rotaillot aujourd'hui l'Algérie refuse de coopérer avec la France en matière de lutte contre l'immigration illégale si vous êtes un ressortissant algérien illégalement présent en France et que vous recevez un OQTF pourquoi partiriez-vous de toute façon l'Algérie refuse de vous reprendre vous ne serez jamais expulsé et donc nous ce que nous disons c'est qu'il faut sortir de cette impuissance et cela nous le faisons avec le règlement retour en créant en effet des centres de retour dans des pays tiers qui font que si vous ne rentrez pas dans votre pays vous serez expulsé dans un autre pays

45:54
Présentateur

dans un centre de retour qu'est-ce que vous répondez aux socialistes européens qui estiment que vous vous inspirez des politiques de l'administration Trump et d'un régime de déportation de type ICE je les cite du nom de la police de l'immigration américaine je réponds aux socialistes européens

46:09
François-Xavier Bellamy

que si on ne veut pas lutter contre l'immigration illégale aujourd'hui alors on ne peut pas protéger nos modèles sociaux on ne peut pas protéger nos droits fondamentaux y compris le droit d'asile aujourd'hui le droit d'asile il est contourné tous les jours parce que la vérité c'est que l'essentiel des gens qui demandent l'asile en France et qui sont déboutés du droit d'asile ne sont jamais reconduits et donc si vous tenez tant que ça à l'asile et moi je tiens au droit d'asile alors vous ne pouvez pas vous satisfaire d'une situation dans laquelle 90% des gens qui reçoivent un OQTF en France ne sont jamais expulsés et si vous voulez défendre ces principes fondamentaux même en étant de gauche vous devriez être d'accord avec l'idée de tenter de sortir de cette impuissance et j'observe d'ailleurs que des socialistes dans les pays nordiques par exemple que des membres du groupe Renew le groupe des macronistes ont soutenu ce texte ont soutenu ce texte avec nous ont voté pour que ce texte s'applique à la différence malheureusement de tous les socialistes français de toute la gauche française et à la différence de tous les macronistes français qui s'opposent à cette évolution pourtant demandée par une écrasante majorité d'états membres aujourd'hui en Europe

47:09
Présentateur

ce règlement il vient compléter le pacte asile-immigration qui avait été adopté l'année dernière ce pacte est applicable dans tous les pays d'Europe à partir du mois de juin il y a une particularité en France c'est que les lois n'ont pas été adaptées pour qu'ils puissent s'appliquer est-ce que vous redoutez une situation un peu kafkaïenne pour les étrangers en France ?

47:29
François-Xavier Bellamy

malheureusement on va se retrouver dans une situation effectivement très bancale le pacte asile-immigration il est constitué pour l'essentiel d'une série de directives et les directives doivent être transposées dans le droit français par le Parlement et aujourd'hui il n'y a sans doute pas de majorité au Parlement français pour transposer le pacte asile-immigration le fait est que le règlement retour lui va s'appliquer immédiatement parce qu'il s'applique comme un règlement de droit dès le lendemain de sa publication dans tous les états membres de l'Union Européenne donc on ne pourra sans doute pas transposer le pacte asile-immigration le plus important pour moi ça n'est pas de se concentrer sur ce problème purement concret de technique parlementaire le plus important ce sera d'abord de réviser le pacte asile-immigration parce qu'il a été voté par une précédente majorité nous nous sommes opposés à une grande partie de ce pacte parce qu'il était insuffisamment robuste notamment face à l'immigration irrégulière et donc c'est pour ça que dans le sens du règlement retour il faudra qu'on avance rapidement vers une révision de ces textes

48:22
Présentateur

une dernière question sur l'une de vos collègues au Parlement Européen Rima Hassan vous aviez porté plainte contre elle pour menace de mort et incitation à commettre un crime contre un élu alors elle a fait l'actualité la semaine dernière est-ce que vous avez des nouvelles d'abord de cette plainte cette plainte je l'ai appris

48:40
François-Xavier Bellamy

à l'occasion de ce dernier épisode a été classée sans suite Rima Hassan avait fait l'objet de 13 plaintes différentes et le parquet a classé sans suite 10 des 13 plaintes probablement pour ne pas en réalité avoir à gérer 13 affaires judiciaires simultanément je le regrette parce que parmi ces 13 plaintes votre plainte n'était pas recevable

49:02
Présentateur

non ?

49:02
François-Xavier Bellamy

j'ai du mal à considérer qu'elle ne soit pas recevable le parquet dit que la menace n'était pas insuffisamment caractérisée malgré reconnaît-il la virulence du propos en effet si je resitue le propos c'était Rima Hassan qui avait tweeté en parlant de moi que monsieur Bellamy et ses amis génocidaires dorment bien la nuit mais ça ne va pas durer j'imagine que si je produisais la même formule à son endroit elle ne pourrait pas ne pas y voir l'expression d'une forme de menace je regrette que la justice ait été si lente et si longue j'observe qu'elle est parfois bien plus rapide quand il s'agit de sanctionner des responsables politiques qui doivent légitimement être comptables de leurs actes ou de leurs paroles en l'occurrence on a le sentiment que du côté de l'extrême gauche les procédures sont étonnamment plus longues et plus lentes je pense à Mme Hassan je pense aussi à Mme Chikirou qui est mise en cause depuis 2017 maintenant pour des histoires de malversations sans qu'aucune véritable action judiciaire n'ait à ce jour été menée

49:56
Présentateur

alors un procès merci François-Xavier Bellamy pour votre venue ce grand jury est terminé merci de l'avoir suivi on se retrouve la semaine prochaine bon dimanche à tous

Le Grand Jury de François-Xavier Bellamy — François-Xavier Bellamy · Pourquijevote