Sénatoriales dans l'Yonne, le choix de la continuité selon Jean-Vincent Holeindre, politologue auxerrois
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Les électeurs de Lyon ont choisi la continuité aux élections sénatoriales.
- 0:36OuverteRéponse directe
Les deux sénateurs sortants réélus, ça montre quoi ? Que les grands électeurs de Lyon n'ont pas voulu le changement ?
- 2:44OuverteRéponse directe
On peut parler du Rassemblement National, parce qu'au niveau national, le parti avait de grandes ambitions d'avoir un groupe parlementaire au Sénat.
- 3:44OuverteRéponse directe
Alors techniquement, il y a un qui a quitté le RN pour Debout la France, mais c'est la même famille politique.
- 4:54OuverteRéponse directe
Pour terminer, peut-être dire que l'élection des sénateurs se fait au suffrage universel indirect.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Les deux sénateurs sortants réélus, le macroniste Jean-Baptiste Lemoyne dès le premier tour, la centriste Dominique Vérien après un second tour. »
- 3:38InvitéChiffre
« À l'Assemblée Nationale, aujourd'hui, on a trois députés RN, les trois députés de la circonscription. »
- 4:58Invité politiqueFait
« L'élection des sénateurs se fait au suffrage universel indirect. »
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C'est
ici
matin.
Les
électeurs de Lyon ont choisi la continuité aux élections sénatoriales. Les deux sièges de sénateurs de notre département étaient à pourvoir ce dimanche. Neuf candidats étaient en lice, dont les deux sénateurs sortants, qui ont tous les deux été réélus. Pour en parler, Delphine Martin, vous êtes avec le politologue qui connaît Jean-Vincent Olyndre. Bonjour à tous les deux.
Oui, bonjour à tous. Bonjour Jean-Vincent Olyndre. Bonjour. Les deux sénateurs sortants réélus, le macroniste Jean-Baptiste Lemoyne dès le premier tour, la centriste Dominique Vérien après un second tour, ça montre quoi ? Que les grands électeurs de Lyon n'ont pas voulu le changement ?
C
'est une élection, une élection sénatoriale assez particulière, qui met en avant les élus locaux. La chambre du Sénat est vraiment la chambre des élus locaux, tandis que l'Assemblée nationale,
c
'est vraiment la représentation nationale. Donc,
il
est certain que le travail de terrain, l'ancrage local, joue un rôle très important dans les sénatoriales, et en particulier par rapport aux dossiers locaux. Donc, pour quelqu'un comme Jean-Baptiste Lemoyne, qui depuis plusieurs mois ratisse le terrain, c'est évidemment la récompense de ce travail de terrain. Pour Dominique Vérien, c'est davantage le bilan, et le fait que c'est une sénatrice dont on a entendu parler pendant son mandat, et qui, si elle a été élue au deuxième tour, donc avec un score moindre que Jean-Baptiste Lemoyne, a tout de même obtenu un score relativement confortable.
Donc oui, c'est la prime au sortant, comme on dit dans certaines élections intermédiaires, mais c'est aussi, finalement, l'ancrage dans les dossiers locaux qui justifie la continuation, finalement, du mandat. Donc, le Sénat, c'est plutôt une chambre de la continuité, tandis que l'Assemblée nationale est davantage une chambre de l'alternance.
Oui,
donc ce n
'est
pas surprenant qu'effectivement, ils en sont tous les deux à leur troisième mandat.
C'est aussi pour ça que parfois, on critique le Sénat, on parle du train de sénateurs, pour dire qu
'il
y
a
une forme de lenteur, mais il faut aussi dire que cette lenteur qui explique parfois que les mandats durent très longtemps, et qu'on a parfois même des dynasties de sénateurs, etc., de sénatrices, tout ça est lié aussi au fait que le Sénat, c'est vraiment une chambre du temps long, et donc lorsqu'on a des sénateurs qui s'investissent, forcément les grands électeurs, qui sont eux-mêmes des élus, ils sont sensibles, et donc vont en général reconduire les mandats. Ce qui fait que souvent, on a des sénateurs qui vont jusqu'à la fin de leur vie politique, et puis après transmettre le flambeau.
Donc ça c'est vraiment très puissant, et beaucoup plus puissant que dans d'autres élections, notamment l'élection présidentielle naturellement,
ou l'élection législative. Vous écoutez ici au cercle, il est 7h50, on parle ce matin des élections sénatoriales, avec le politologue qui connaît Jean-Vincent Hollindre.
On peut parler du Rassemblement National, parce qu'au niveau national, le parti avait de grandes ambitions d'avoir un groupe parlementaire au Sénat, ce qui sera le cas, semble-t-il, pour la première fois de son histoire. Et évidemment, au niveau local, le Rassemblement National est une force importante dans notre département politiquement, et pourtant le candidat, Pascal Blaise, ne termine qu
'à
la quatrième place, mais néanmoins il fait quand même un score intéressant, en tout cas un score inédit pour son parti dans cette élection.
C
'est une photographie à l'échelle des grands élus, des élus locaux, de l'ancrage progressif du Rassemblement National, qui reste un ancrage dans Lyon, disons relatif, peut-être inférieur à ce que finalement, Julien Audou, ou les grands élus, disons, du département pourraient espérer, qui est en contraste, il faut le dire, avec le nombre de députés, puisqu'il faut quand même rappeler qu'à l'Assemblée Nationale, aujourd'hui, on a trois députés RN, les trois députés de la circonscription.
Alors techniquement, il y
en
a un qui a quitté le RN pour Debout la France, mais c'est la même famille
politique, on va dire. Mais
disons que de cette sensibilité-là, disons, à l'extrême droite, pour le dire très clairement, mais ça ne se traduit pas au niveau Sénat, parce qu'en effet, les élus locaux ont progressé côté RN, et puis on a un certain nombre de maires de petits villages qui vont pouvoir voter pour le RN, parce que c'est proche de leur sensibilité, des maires sans étiquette, mais si on regarde le nombre de conseillers municipaux, le nombre d'élus, c'est quand même assez restreint.
Donc, ça a progressé, mais pas suffisamment pour permettre de franchir le cap de l'élection au niveau sénatorial, alors que dans d'autres départements, ce phénomène de grignotage est déjà suffisamment avancé pour permettre, effectivement, au Rassemblement National d'exister comme un parti, disons, établi, alors qu'il a été longtemps un parti de la contestation. Donc, c'est vraiment un enjeu important pour le RN de se notabiliser. Ça a été le cas à l'Assemblée Nationale où ils ont un groupe aujourd'hui très important, et dans Lyon, on le ressent très fortement. C'est moins vrai au niveau des sénatoriales, mais c'est quand même, effectivement, une progression.
Pour terminer, peut-être dire qu'effectivement, l'élection des sénateurs se fait au suffrage universel indirect, que donc, le grand public s'en préoccupe assez peu, mais quand même, les sénateurs jouent un rôle important, crucial, dans notre système législatif, et c'est toujours bon de le rappeler.
C'est important parce que dans tout projet de loi, toutes les lois qui sont discutées au niveau du Parlement, on a ce qu'on appelle la navette, c'est-à-dire le fait qu'il y a un aller-retour, un dialogue, au fond, entre l'Assemblée nationale et le Sénat, et donc ça, c'est très important, cette espèce de côté bicéphale, bifide, où c'est vrai qu'en France, les Français s'intéressent essentiellement à l'élection présidentielle et puis à la suite l'élection législative, mais en fait, les sénatoriales, au fond, c'est vraiment l'élection qui les représente le plus au niveau local avec l'élection municipale.
Merci
Jean-Vincent Hollindre, bonne journée.
Merci. Un entretien retrouvé sur notre site ici.fr et notre application ici. Ici Auxerre, Ici Matin.