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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 19 décembre 2025 24 min

Louis Vogel : « L’abattage des troupeaux contre la dermatose nodulaire est la seule solution »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. On commence donc cette émission avec Louis Augel. Bonjour. Bonjour. Vous êtes sénateur de Sénémarne, membre du groupe Les Indépendants, Républiques et Territoires au Sénat. Vous êtes vice-président de la Commission des Affaires Européennes du Sénat et membre du parti Horizon. On le rappelle, c'est le parti d'Edouard Philippe.

Alors, comme chaque jour, on va commencer cette émission avec 3-1 de la presse régionale, 3-1 qu'on a décidé de sélectionner et de consacrer à la crise agricole actuelle, notamment la une de la Voix du Nord, la colère du monde agricole, la une du Courrier Picard, les syndicats qui font bloc contre l'accord de libre-échange avec le Mercosur, et puis la dépêche du midi qui s'interroge sur les blocages routiers des agriculteurs vont-ils perturber les vacances de Noël ? Quelle entrée vous choisissez Louis Augel pour parler de cette crise agricole ?

1:01
Louis Vogel

Écoutez, ce qui est la dermatose nodulaire, on en a déjà beaucoup parlé, c'est en cours de règlement, de solutions, puisque le Premier ministre, la ministre de l'Agriculture ont bien précisé toutes les mesures qui ont été prises, l'abattage est la seule solution.

1:17
Présentateur

Pour vous, c'est bien géré au niveau sanitaire par le gouvernement ?

1:19
Louis Vogel

Les solutions techniques sont les seules possibles. Il faut abattre les bêtes malades et il ne faut surtout pas que ça se dissémine pour que ça devienne plus grave.

1:28
Présentateur

– À battre les bêtes malades et les troupeaux dans lesquels sont les bêtes ?

1:33
Louis Vogel

– Il faut les vacciner. Et une question qui est pendante, c'est quel va être le statut des bêtes vaccinées en ce qui concerne le commerce qu'on fait avec les autres États. Peut-être, vous savez, le monde agricole est en difficulté depuis très longtemps, donc il faut avoir beaucoup de, on a parlé de compassion, il faut communiquer énormément, il faut absolument s'occuper de nos agriculteurs parce qu'ils sont déjà en difficulté, indépendamment de cette crise. Et le secteur agricole, vous voyez, il y a plein de choses qui nous pendonnaient, il y a l'accord sur le Mercosur, il y a la PAC, on se demande dans quelle mesure elle va être reconduite comme elle l'était.

2:11
Présentateur

– La politique agricole commune.

2:12
Louis Vogel

– La politique agricole commune, et maintenant il y a ces animaux malades, ça fait beaucoup pour un seul homme, je veux dire. Et puis il y a le non-renouvellement, personne ne veut plus être agriculteur, c'est trop compliqué, il faut changer structurellement les choses. Il faut permettre à des agriculteurs de plus facilement d'accéder à des exploitations, il faut mettre en place un système bancaire adéquat, enfin vous voyez… – Beaucoup de problématiques pour les agriculteurs. – Oui, c'est énorme.

2:35
Présentateur

– Une question sur cet accord de libre-échange avec le Mercosur qui cristallise en ce moment la colère de nos exploitants agricoles. La Commission européenne annonce un report de trois semaines de la signature de l'accord, Emmanuel Macron avait demandé ce report, mais finalement on a l'impression que, est-ce que ça va vraiment changer les choses ? C'est reculer pour mieux signer ?

2:52
Louis Vogel

– C'est une première victoire, parce qu'il devait être signé là, cette semaine. Donc vous voyez le fait que ce soit reporté, et au début on était seul, l'Italie vient de nous rejoindre, il y a d'autres États membres qui sont en train de se poser des questions. La France a eu exactement la bonne stratégie, c'est une première victoire, et on a eu la bonne stratégie parce que vous savez, le Sénat aussi voté une résolution comme l'Assemblée pour saisir la Cour de justice, on veut ou voulait gagner du temps pour que d'autres États membres nous rejoignent, pour qu'on ne soit pas seul à dire non au Mercosur.

Premier ministre a été très clair cette semaine, on ne signera pas cet accord dans l'État actuel. On a des demandes très précises, c'est pas du blabla. Il y a la clause de sauvegarde, de façon générale, pour que si notre agriculteur est en difficulté, on puisse intervenir tout de suite. Ensuite, il y a les clauses miroirs, elles ne sont pas une solution suffisante parce qu'on peut passer par d'autres pays pour finalement importer des produits en Europe. Et il y a les contrôles sanitaires. Et c'est trois conditions qui sont très claires. Et le Premier ministre a dit que tant que ce n'est pas réglé, on ne signera pas l'accord. En attendant, la Cour de justice va être saisie.

Donc vous voyez, ce qu'on est en train de faire, c'est dans la bonne direction.

3:55
Présentateur

La France dit non, mais la signature est reportée seulement de trois semaines. Et il y a quand même une majorité d'États membres de l'Union Européenne, l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, le Danemark, qui sont favorables à cet accord. Qui est en train de...

4:07
Louis Vogel

Au début, on était seuls. L'Italie vient de nous rejoindre. Il y a deux autres États membres qui commencent à se poser des questions. Donc on a un petit délai. C'est ça, la stratégie. On a un petit délai pour réagir. Il ne faut pas signer cet accord à l'État. C'est ce qu'a dit le Premier ministre. Et je suis tout à fait derrière lui sur ces questions.

4:22
Présentateur

Alors, parlons de l'Ukraine. Louis Vogel, je rappelle que vous êtes vice-président qui a été décidée, en tout cas annoncée par l'Union Européenne hier. Est-ce que c'est la bonne option ? Car il y avait quand même l'option d'utiliser les avoirs russes gelés, notamment en Belgique. Est-ce qu'il faut que les Français s'endettent une nouvelle fois pour aider l'Ukraine, vu nos finances ?

4:47
Louis Vogel

Vous avez tout à fait raison. Il y a une première option, c'est les 185 milliards d'euros qui sont dans les caisses d'Euroclear. On n'a pas le droit de les confisquer. En Belgique ? En Belgique. On n'a pas le droit de les confisquer. Ce serait contraire au droit international. On a le droit de les geler. Et on avait pensé, imaginé, la Commission avait imaginé un système de prêts. C'est-à-dire, nous, on emprunte ces sommes et on les reprête à l'Ukraine. À mon avis, c'était une excellente solution, très habile. Et l'Ukraine nous rembourse une fois que la Russie aurait procédé aux réparations conformément au droit international, aux réparations à la suite de la guerre.

Ça m'avait l'air d'un schéma idéal. Mais les Belges ont eu peur. Donc, c'est une seconde baisse qu'on est en train de faire. On emprunte l'argent et on prête l'argent. Et ça suffira pour l'Ukraine, ça suffira pour deux ans d'efforts de guerre. Donc, c'est, à mon sens, moins bien que la première solution. Ça aurait été beaucoup plus tranquille. Mais c'est la seule solution possible vu l'absence d'accords entre les États membres. Mais l'Europe a un problème aussi. Tout à l'heure, on parlait des problèmes de l'agriculture. L'Europe a du mal à se mettre d'accord sur quelque chose parce qu'il y a trop de voix dissonantes aujourd'hui en Europe.

5:57
Présentateur

Et l'Europe a du mal à peser dans les négociations de paix sur la guerre en Ukraine. On vient d'entendre Emmanuel Macron cette nuit qui estime qu'il faut que les Européens reparlent à Vladimir Poutine alors que la Russie continue de bombarder les Ukrainiens. Il a raison ?

6:09
Louis Vogel

Bien sûr qu'il a raison. C'est géopolitique. La Russie existe. Vous voyez, vous vous rappelez la phrase du général ? L'Europe, ça va jusqu'à l'Oural. Si on était à la hauteur de la situation, bien sûr qu'il n'y aurait jamais eu de guerre entre l'Ukraine et la Russie. Parce que la Russie, elle a sa place en Europe finalement. On est très loin de ça. On est en train de s'éloigner d'une réalité géopolitique. L'Europe ne peut pas vivre sans la Russie. Les matières premières, les ressources sont en Russie. Nous avons besoin de ces matières premières. Les Russes ont besoin de nos produits finis, de notre industrie. Normalement, on a tout pour s'entendre.

On n'a pas les mêmes valeurs démocratiques que Vladimir Poutine. Il y a eu l'accès en Poutine qui est arrivé, qui s'est éloigné. Vous savez, Poutine, au départ, était plus coopératif. Il y a eu un grand changement, qu'il s'est éloigné de l'Europe. Donc, le président de la République a tout à fait raison de dire qu'il faudra bien parler un jour de Poutine. Il faut attendre maintenant que la guerre soit terminée. Et il faudra bien remettre les choses en ordre. Il y aura des réparations vers l'Ukraine. C'est le droit international. Et il y aura des nouvelles discussions avec la Russie parce que c'est une réalité géopolitique qu'on ne peut pas ignorer.

7:12
Présentateur

Allez, on va parler du budget puisque c'est une journée cruciale aujourd'hui au Parlement pour l'adoption du projet de loi de finances. On en parle avec vous, Stéphane. Éclairez-nous sur le fonctionnement de cette commission mixte paritaire qui va débuter ce vendredi. Bon, Alexandre, c'est assez simple. Dans une commission mixte paritaire qu'on peut aussi abréger CMP, c'est plus court, 28 parlementaires se réunissent dans une salle à huis clos pour tenter de trouver un accord sur un texte. Il y a 7 députés et 7 sénateurs titulaires. Le même nombre de suppléants. Les débats se déroulent donc sans caméra, sans que personne d'autre ne puisse assister au débat.

Alors, sur quelle copie du budget de l'État les parlementaires vont essayer de se mettre d'accord ? Alors, ils vont partir de la dernière copie votée. Ce sera donc celle du Sénat, adoptée lundi. Et rappelons aussi que les députés avaient eux rejeté le texte et arrive donc avec une copie blanche, en quelque sorte. Mais il faut imaginer que ces discussions sont préparées, il n'y a pas d'improvisation. Vous avez ceux qui sont en charge du budget au Sénat et à l'Assemblée nationale, qu'on appelle les rapporteurs généraux du budget, qui échangent, qui regardent sur quoi il pourrait y avoir un accord.

Parce que les parlementaires votent une fois qu'ils sont arrivés au bout de tous les articles du texte. Et le but, c'est qu'une majorité de parlementaires, donc au moins 8, votent pour une version qui sera le fruit du compromis. Et quels sont les rapports de force politiques dans cette commission mixte paritaire ? Alors justement, c'est intéressant à regarder. Sur les 14 titulaires de cette commission mixte paritaire, 8 appartiennent à l'ancien socle commun. Donc une majorité de parlementaires de la droite et du centre.

Vous avez, si on rentre un peu dans le détail, 3 sénateurs les Républicains, 1 sénateur Horizon, 1 sénateur centriste, 1 député les Républicains, 1 député Horizon, 1 député Renaissance. Voilà, donc on le voit, il y a une majorité potentielle pour trouver un accord, un compromis en CMP. Les socialistes sont aussi 3 et pourraient s'abstenir selon les mesures qui figureront dans le texte de compromis. Alors ça, c'est s'il y a une CMP conclusive, c'est-à-dire un accord final. Voilà, et ça, ce n'est pas certain. On va vous le demander, Louis Vogel, dans un instant, ce que vous en pensez. Mais d'abord, prenons le scénario optimiste d'une commission mixte paritaire conclusive.

Dans ce cas-là, l'étape d'après, c'est de faire valider le texte de compromis à l'Assemblée et au Sénat. Ce serait en début de semaine prochaine, le 23 décembre. En cas de refus d'une des deux chambres, eh bien, il faudrait repartir en nouvelle lecture. La route serait donc encore longue pour avoir un budget de l'État dans les temps. Deuxième scénario, plutôt pessimiste ou réaliste, vous nous direz, monsieur le sénateur. La CMP est non conclusive, donc il n'y a pas de texte de compromis. Dans ces cas-là, la navette parlementaire reprend. Le projet de loi de finances repartira à l'Assemblée avant de retourner au Sénat.

Mais dans ces cas-là, le délai fixé au 31 décembre pour adopter le budget de l'année prochaine sera largement dépassé. En tout cas, cette CMP, elle ne s'annonce pas des plus simples. Écoutez, Sébastien Lecornu, le Premier ministre, c'était mercredi au Sénat.

10:04
Locuteur non identifié

Au fond, je vois bien qu'on est à quelques enclabures de la commission mixte paritaire et que les choses vont être difficiles. Elles sont difficiles parce que déjà, évidemment, les positions entre l'Assemblée et le Sénat sont assez éloignées. Mais la commission mixte paritaire est l'outil, sans le gouvernement, qui permet par définition de rapprocher, de faire converger les choses. Moi, je suis un défenseur du bicamérisme et de nombreuses fois dans notre histoire, des positions qui pouvaient apparaître très éloignées avant la CMP ont réussi à converger en son sein.

Néanmoins, la situation est un peu plus compliquée parce qu'évidemment, les positions sont très difficilement identifiables et parfois très difficiles de les faire converger entre les différents groupes politiques. Au sein de cet hémicycle, c'est plus classique, plus clair, peut-être. Au sein de l'hémicycle de l'Assemblée nationale, la clarté n'est pas évidente. Louis Vogel, question simple.

10:57
Présentateur

Est-ce que c'est possible qu'il y ait un accord en CMP aujourd'hui ?

11:01
Louis Vogel

Comme l'a dit le Premier ministre, ce n'est pas impossible. Moi, je souhaite une CMP conclusive. La situation de notre pays, si on prend à la base avant que cette CMP se réunisse, elle est quand même catastrophique. On a le déficit, le premier déficit de la zone euro. Il faut absolument réduire les dépenses sans augmenter trop la fiscalité parce qu'on a déjà beaucoup d'impositions. Donc, c'est vrai que c'est la quadrature du cercle. La CMP, c'est l'occasion pour le Parlement de régler le problème. Donc, une CMP conclusive, c'est vraiment l'idéal. C'est ce qu'attendent les Français. Il faut que, vous voyez, le Premier ministre l'a dit, c'est le Parlement qui fait le budget aujourd'hui.

D'ailleurs, on parle, vous l'avez dit très justement tout à l'heure, il y a le texte du gouvernement et il y a le texte du Sénat qui a été voté. On n'a pas encore fait assez. Vous voyez, on est à 5,3% de PIB. En ce qui concerne le déficit, il faut le réduire à 5.

11:52
Présentateur

– Ce que demande le gouvernement. Mais comment on y arrive ?

11:55
Louis Vogel

– Alors, comment on y arrive ? C'est compliqué, donc. Alors, comment on y arrive ? Pour réduire les dépenses, pour vraiment les réduire, il faut passer à des réformes structurelles. Ce n'est pas le cadre. Ce n'est pas idéal. Une discussion budgétaire, vous ne pouvez pas réformer. Vous voyez, par exemple, il y a eu une proposition d'amendement pendant la discussion budgétaire d'augmentation des droits d'inscription à l'université pour amener des sous dans les universités sans que l'État subventionne. D'un autre côté, on ne peut pas faire ça sans réformer les bourses. Donc, vous voyez, on ne peut pas faire des réformes de structure comme ça à la va-vite. Donc, il va falloir…

Qu'est-ce que c'est les dépenses ? Je reste dans mes dépenses qui sont sanctuarisées. C'est la défense nationale. On ne peut pas dire… Vous avez vu ce qui se passe en Ukraine. Il ne faut pas y toucher, ça. Il faut les faire. Ensuite, il faut trouver des ressources puisqu'on ne peut pas faire de grosses réformes de structure dans ce contexte. Alors, les ressources, elles sont nécessairement fiscales. Il ne faut pas que cette fiscalité soit trop lourde pour la production. Parce que c'est comme ça qu'on va s'en sortir. Il faut que notre instrument de production ne soit pas trop assujetti à des impôts.

Et puis, il ne faut pas non plus que ça touche trop les Français parce que le taux d'imposition est déjà très lourd. Il y a la fameuse phrase d'Édouard Philippe. Elle est tout à fait applicable depuis le début. Il faut remettre de l'ordre dans la rue. Il faut remettre de l'ordre dans nos comptes. Donc, qu'est-ce que c'est les impôts sur lesquels on pourrait jouer ? Moi, je ne suis pas dans la CMP. Je ne dis pas du tout que c'est ce qui va se passer. Mais ici, au Sénat, on a eu des idées. On a fait des choses intéressantes. D'une part, on a laissé de l'argent dans les collectivités. On a réduit la contribution des collectivités.

13:29
Présentateur

De 2 milliards d'euros.

13:30
Louis Vogel

Voilà. Parce que les collectivités sont en première ligne pour travailler les PME, TPE des territoires. Donc, ça permet de relancer la machine économique. Il y a eu des suggestions ici. La taxe GAFAM. Sur les géants du numérique. Voilà. Ça ne touche pas les Français eux-mêmes. Il faut avoir le courage de le faire. Mais voilà une direction. La contribution Barnier sur les hauts revenus qui est en place, la poursuivre. Ça a été proposé au Sénat.

13:56
Présentateur

Ça, les deux chambres sont d'accord. Mais par exemple, le Sénat a supprimé la hausse d'impôts exceptionnels sur les sociétés, sur les grandes entreprises qui font des bénéfices. C'est 4 milliards d'euros en moins dans les caisses de l'État. Est-ce que ce n'est pas ce point-là sur lequel la droite sénatoriale doit lâcher pour trouver un compromis ?

14:09
Louis Vogel

Il y a une troisième chose que le Sénat a proposée. C'est Christine Lavarde qui l'a proposée. C'est finalement l'impôt sur la fortune immobilière. En veillant bien, c'est très habile cette proposition. C'est typiquement travailler au Sénat en veillant bien à ce que ce soit le capital improductif qui soit touché et pas le capital productif. Le moins, je ne vais pas la CMP, donc ce ne sera peut-être pas à se passer comme ça, mais le moins on touchera au capital productif, le mieux ce sera pour le pays parce que nous avons besoin. Nos entreprises, il faut qu'elles restent compétitives. Il y a un marché international. On n'est pas maître du jeu.

Nous avons besoin de nos entreprises pour relancer la machine et c'est ça qui est en difficulté aujourd'hui.

14:51
Présentateur

Donc on a compris ce qui était acceptable pour vous sur le point de vue de la fiscalité dans cette négociation budgétaire. Merci beaucoup Stéphane pour toutes ces explications sur la CMP. ces trois lettres que les Français connaissent de mieux en mieux. Louis Vaugel, on va aller maintenant dans votre département, dans la commune d'Avron. On va retrouver Béatrice Rucheton qui est la vice-présidente du département de Seine-et-Marne en charge de l'environnement. Bonjour Madame Rucheton. – Bonjour, merci beaucoup de votre invitation. Bonjour à Louis Vaugel. – Avec plaisir.

Alors vous êtes avec nous aujourd'hui dans cette émission pour parler de la mise en place de la photo-verbalisation des dépôts sauvages. – Tout à fait, je vous remercie parce qu'effectivement…

15:36
Louis Vogel

– C'est un problème.

15:39
Présentateur

– Le délouement de dépenses qui coûte une contribuable, c'est également 13 équivalents de temps plein pour ramasser les dépôts sauvages sur les bords de route. Et c'est également… – Alors petit problème technique. – On a adopté en Assemblée départementale sous l'involution de notre président Jean-François Paritchi qui souhaite que la lutte contre les dépôts sauvages soit vraiment face partie d'une politique très volontariste. Donc nous allons mettre en place la photo-verbalisation. Nous avons sur une zone test, c'est une grande première parce qu'au niveau d'un département, je pense qu'il n'y a pas eu d'autres tentatives.

Donc nous avons fait relever des différents sites et c'est donc sur 41 communes de Saint-Émarne, sur l'entièreté de notre Saint-Émarne, nous allons tester cette photo-verbalisation. – Béatrice Ruchetot, est-ce que vous aviez une question, en tout cas un échange avec le sénateur Louis Vaugelle sur ce fléau des dépôts sauvages dans les communes ? – Alors, nous n'en avons pas eu directement, mais je pense que ça fait l'unanimité. Dès qu'on parle des dépôts sauvages, nous avons fait le tour de ces 41 communes. Nous travaillons de concert, bien entendu, avec aussi bien les communes.

Nous avons également, avec les procureurs, les trois procureurs de Saint-Émarne, ont mis en place également des possibilités de peine alternative. Et là, grâce justement au pouvoir de police des maires, c'est pour ça qu'il est très important, nous, département Saint-Émarne, nous n'avons pas ce pouvoir de police, mais les maires ont ce pouvoir de police et avec la possibilité d'avoir des amendes particulièrement importantes. C'est l'Agec qui nous a permis de prendre sur le fait ces incivilités. – Alors, on va écouter Louis Vaugelle pour réagir à la mise en place de ce dispositif de photoverbalisation des dépôts sauvages.

Ces dépôts d'ordures sauvages, c'est vraiment un fléau qui pourrit la vie des maires de nos communes. On en parle souvent.

18:06
Louis Vogel

– C'est un des aspects des incivilités qui sont ce qui pèse sur les Français aujourd'hui. Il y a les vols et il y a ça. Ça détruit le paysage. Les dépôts sauvages, c'est ce qu'il y a de pire. Moi, quand j'étais maire de Melun, j'avais créé une brigade spécialisée de la police municipale, une brigade verte, qui s'occupait justement de ces questions-là spécifiquement. Et alors, ce qu'il faut dire, c'est que la réaction a été facilitée parce qu'il y a un changement réglementaire. C'est une contravention d'un cinquième classe. Autrefois, on ne pouvait pas procéder de la photoverbalisation par les agents municipaux. Aujourd'hui, on peut le faire.

Donc, ces assises qui ont eu lieu à Melun, organisées par le département, tombent vraiment à pic. C'est un grand changement et je pense que ça aura beaucoup d'effet sur le territoire. Par exemple, dans mon agglomération, 75% des communes, c'est des communes rurales. Et les maires étaient aux prises avec cette chose-là et ils ne pouvaient rien faire. Donc, je pense que ça va tout à fait dans la bonne direction. Le département de Seine-et-Marne a pris des choses en main. Et c'est une des demandes des Françaises et des Français aujourd'hui.

19:08
Présentateur

Et on se souvient que le maire de la commune de Signe, dans le Var, a été décédé, Jean-Mathieu Michel, en 2019, alors qu'il voulait intervenir contre un homme qui réalisait un dépôt d'ordre sauvage.

19:17
Louis Vogel

– Oui, exactement.

19:18
Présentateur

– Merci beaucoup, Béatrice Rucheton, pour votre intervention en direct d'Avon en Seine-et-Marne. Je rappelle que vous êtes vice-présidente de ce département de Seine-et-Marne, direction l'Auvergne. Louis Vogel, désormais, on va retrouver, en voyageant dans cette émission, on va retrouver nos partenaires de la presse régionale et notamment du journal La Montagne avec Franck Charvet, qui est responsable de la rédaction de La Montagne dans les départements du Puy-Dôme. Bonjour, Franck Charvet.

19:46
Auditeur

– Bonjour, Alexandre.

19:48
Présentateur

– Bonjour. – Alors, dans les éditions du journal La Montagne, aujourd'hui, vous présentez les chiffres de l'INSEE sur l'évolution de la population et vous faites un constat.

19:57
Auditeur

– Effectivement, on dit sur ces chiffres. Alors, je rappelle qu'au 1er janvier 2025, la France comptait 68,6 millions d'habitants, soit à peu près 160 000 de plus qu'un an auparavant. Donc, le premier constat, c'est que l'augmentation de la population n'a jamais été aussi faible depuis la Seconde Guerre mondiale. Le deuxième, c'est que le solde naturel de la France métropolitaine est au plus bas depuis 80 ans. Nous comptons désormais plus de décès que de morts. Et enfin, le troisième, c'est que cette faible hausse ne tient qu'à un seul moteur, c'est le flux migratoire.

Donc, j'avais une question, monsieur le sénateur, peut-on dire que le projet d'Emmanuel Macron de réarmement démographique est un échec ? Mais aujourd'hui, qu'est-ce qu'on peut faire pour booster la natalité en France ? – Allez-y, monsieur Vogel.

20:50
Louis Vogel

– On ne va pas dire aux Françaises et aux Français, faites plus d'enfants. Il faut faciliter la vie des parents et des enfants. En ce moment, c'est le taux. Il y a 1,6 enfants par femme. Si on tombe à 1,4, et vous avez tout à fait raison de dire qu'on est vraiment en zone de danger, on n'aura pas assez de personnes pour, finalement, avoir des enfants en plus. Donc, on va finir par être complètement en déclin. L'Assemblée nationale a lancé une mission d'information dont le rapporteur est Jérémy Patry-Lettus, qui est un député de l'Orizona. Donc, on est en train de prendre les choses en main. Je vais vous dire ce qu'il faut faire. Moi, je l'ai vécu sur le terrain. Qu'est-ce qu'elles sont ?

Les Français, ils ont envie d'avoir plus que deux enfants. 75% des Français ont envie d'avoir plus que deux enfants. Pourquoi ne le font-ils pas ? Pourquoi n'y vont-ils pas ? Parce que c'est difficile. Sur le terrain, qu'est-ce qu'on constate ? On n'avait pas, par exemple à Melin, on n'avait pas assez de places de crèche. C'est tout simple. Si on veut avoir des enfants, il faut avoir des endroits où mettre les enfants quand les parents travaillent. Aujourd'hui, on ne va pas dire aux parents ne travaillez pas, j'avais un programme de construction de crèche pour essayer de rattraper le déficit.

C'est des mesures très, très concrètes qui vont permettre d'aider les familles à avoir les enfants qu'elles souhaitent avoir. Le problème, ce n'est pas une intention des familles, c'est qu'il faut que nous, l'État, les collectivités, on soit à la hauteur pour donner aux parents les moyens de s'occuper de leurs enfants et donc de les avoir et d'avoir envie d'en faire. Voilà ma réponse.

22:28
Présentateur

Il y a aussi une mesure très concrète qui va être mise en place à partir du 1er janvier à 2026, c'est le gouvernement qui l'a annoncé, c'est le congé de naissance, c'est un congé supplémentaire après le congé maternité, le congé paternité et qui sera mieux rémunéré que l'actuel congé parental. C'est suffisant ce congé de naissance ?

22:45
Louis Vogel

Ce n'est pas suffisant parce que c'est beaucoup plus structurel que ça. Les parents, vous voyez, mon exemple de structure, s'il suffisait de donner des congés, il faut aller plus loin que ça, il faut par exemple prévoir des places de crèche, c'est beaucoup plus lourd à faire. On a des déficits de... Les logements, il faut mettre des logements à disposition, les parents ont besoin de ces logements, on est en déficit de logements, on est en déficit de places de crèche. Et un, longtemps on a parlé de la différence entre l'Allemagne et la France, l'Allemagne ne s'était pas préoccupée des crèches. Il y a eu une chute totale de naissance en Allemagne, bien avant que ça nous frappe, nous.

Nous, on était en avance de ce point de vue-là, je pense qu'il faut poursuivre dans ce sens, il faut avoir une véritable politique structurelle qui permette aux parents d'avoir les enfants qu'ils souhaitent avoir.

23:28
Présentateur

Merci beaucoup, Franck Charvet, pour votre intervention. Je rappelle que vous êtes responsable de la rédaction de La Montagne dans le Puy-de-Dôme et d'ailleurs, on va regarder la une de La Montagne aujourd'hui sur ces chiffres du recensement INSEE avec ce titre qui perd gagne des habitants et cette information, le Puy-de-Dôme gagne 10 000 habitants sur ces six dernières années. Donc, il y a quand même des bonnes nouvelles.

23:49
Louis Vogel

Oui, à Melun, on est passé de 41 000 habitants maintenant à 5 000 de plus et 10 000 de plus dans 10 ans.

23:55
Présentateur

Tout n'est pas désespéré sur cette question démographique. Exactement. Merci beaucoup, Louis Vogel, d'avoir été le sénateur du jour pour cette dernière émission Bonjour Chez Vous de l'année. Merci beaucoup, Stéphane Duguay. On vous retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse des Territoires. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. Sous-titrage Société Radio-Canada

24:17
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

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