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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 21 juillet 2026 19 min

Loi d'urgence agricole, incendies, protection de l'enfance... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Pannier-Runacher

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Agnès Pannier-Runacher. Bonjour. Merci d'être avec nous, la nuit était courte. J'imagine le projet de loi d'urgence agricole adopté tard hier soir à l'Assemblée, à l'issue d'une séance pour le moins houleuse, autour notamment, on va en parler de la réintroduction de deux pesticides. Vous qui faites partie du camp présidentiel, vous qui avez été ministre de la transition écologique, vous vous êtes abstenue. Pourquoi ?

0:21
Agnès Pannier-Runacher

J'ai été aussi ministre en charge de l'agriculture, ministre déléguée aux côtés de Marc Finault. Je me suis abstenue parce que vous avez 77 articles sur 78 qui sont utiles pour les agriculteurs et qu'aujourd'hui, ces agriculteurs sont confrontés à une crise majeure, une crise qui est d'ailleurs très essentiellement liée au dérèglement climatique.

Si vous regardez les difficultés de ces derniers mois, ce sont des gels tardifs, ce sont des inondations, ce sont des sécheresses, ce sont des canicules, ce sont des maladies qui sont beaucoup plus fortes que celles qu'on connaissait avant, je pense à la dermatose nodulaire contagieuse ou à tous ces ravageurs qui n'étaient pas aussi présents avant dans nos cultures.

1:02
Présentateur

Mais ni pour ni contre, pourquoi vous êtes-vous abstenue alors ?

1:05
Agnès Pannier-Runacher

Mais je me suis abstenue parce qu'il y a eu un passage en force du gouvernement sur la réintroduction des néonicotinoïdes. Alors, pour être précise, sur la capacité à donner des dérogations sur ces molécules. Et c'est un problème de méthode. C'est un problème de méthode parce que moi j'étais en circonscription ce week-end, tous les gens vous en parlent, j'ai une circonscription qui est très largement rurale. Les gens ont peur. Ce type de sujet doit faire l'objet d'un débat. Ça ne peut pas se résoudre dans un conclave de 14 parlementaires qui écrivent sur un coin de table un bout de législation et en refusant le débat à l'Assemblée nationale.

Donc hier, vous faisiez partie des nombreux députés qui demandaient qu'on examine un amendement en dernière minute. Le gouvernement a dit non aux députés. Non, vous ne délibérez pas sur ce point. Est-ce que c'est un déni de démocratie ? Oui, je pense qu'on peut utiliser ce terme. C'est un passage en force. C'est un déni de démocratie. Ce sujet est un sujet qui est émotionnel, qui pose problème aux Français. Le débat démocratique, il permet de résoudre ce type de moments difficiles. Il faut qu'on ait le dialogue, il faut qu'on pose les termes justement pour que les gens n'aient pas peur. Là, on cultive la peur, on cultive la fracture sur le territoire français.

Les agriculteurs, ils attendaient une loi. Mais je rappelle que les néonicotinoïdes ne figuraient pas à l'origine dans la loi. Je rappelle que le Premier ministre avait doctement écrit dans une lettre adressée aux parlementaires que ça ne figurerait pas, que c'était un débat qui devait être séparé. Et donc, face à ce type de passage en force, on ne récoltera que de la colère. Alors qu'on a besoin d'apaisement, qu'on a besoin d'apporter des solutions concrètes aux agriculteurs et qu'on a besoin aussi de répondre aux questions des citoyens. La gauche, fortement mobilisée aussi hier soir, qui a exprimé ses craintes sur le retour de certains pesticides. Notamment, la députée LFI Aurélie Trouvé.

3:05
Invité

Le pays brûle. Les sécheresses ravagent les récoltes. Et comme seule réponse, vous proposez une loi poison. Une loi qui attaque la santé de toute la population et les écosystèmes. Voilà ce que vous avez décidé. Porte close.

3:19
Agnès Pannier-Runacher

Une loi poison, est-ce que vous êtes d'accord ? Non, je ne suis pas d'accord. Et c'est très exactement pour cela que je voulais que le débat se fasse. Et que je voulais que le débat sur les phytosanitaires se fasse dans un conclave différent de celui de cette loi d'urgence agricole. Parce que qu'est-ce que vont retenir les gens ? Ils ne vont pas retenir les articles sur l'eau. Ils ne vont pas retenir les articles sur le revenu des agriculteurs. Ils ne vont pas retenir les articles qui visent à mettre en place des circuits courts et à permettre aux agriculteurs français de mieux vivre de leur activité. Ils vont retenir le fait qu'on réintroduit les néonicotinoïdes.

C'est comme ça que c'est présenté dans les médias. C'est comme ça que les gens, lorsque vous leur posez la question... C'est aussi ce qui vous a gêné, vous. Et tout à fait, parce que...

4:03
Présentateur

Est-ce qu'il y a uniquement, pardonnez-moi, un problème de méthode, Agnès Pannier-Runacher, ou il y a un problème de santé publique aussi derrière ?

4:08
Agnès Pannier-Runacher

Le sujet des néonicotinoïdes est un sujet de santé publique. Mais la réponse à ce sujet-là, ce n'est pas blanc ou noir. Ce n'est pas blanc, comme nous l'explique le Rassemblement National, il y a zéro problème. Et ce n'est pas noir, comme nous expliquent les filles, nous sommes tous des empoisonneurs. Et ce débat-là doit se faire. Il doit se faire en présence de la science. et il doit se faire en évitant de passer la patate chaude, comme c'est fait par cet article, parce que c'était très exactement ce qui se fait. On dit, il y a une autorité sanitaire. C'est une très bonne chose. On réintroduit enfin l'autorité sanitaire. M.

Duplom a perdu l'ANCES, dont la spécialité est de juger de l'opportunité ou pas d'autoriser... Mais elle aura deux mois pour le faire. Elle aura deux mois pour le faire. Mais elle ne le fera pas en deux mois. On sait très bien qu'elle le fera en plus longtemps. Mais ça fait partie... Ça met beaucoup plus longtemps, vous êtes d'accord ? Oui, ça mettra probablement six mois. Bon, mais à la limite... On voit maintenant, le disait l'association pour donner six mois. Mais à la limite, ça mettra six mois, ce n'est pas un problème. On ne traite pas avant le mois de septembre prochain. Mais ce qui est fondamentalement choquant, c'est de refuser le débat. C'est ça qui est choquant.

Et c'est de donner le sentiment aux Français qu'on passe en force. Alors qu'eux-mêmes ont réclamé un débat. Alors qu'eux-mêmes ont signé deux millions de Français, ont signé une pétition sur ce sujet-là. Et si on veut avoir un débat apaisé, si on veut poser les choses, si on veut effectivement remettre la science au cœur du jeu, il faut avoir ce débat. Il faut pouvoir dire, non, Madame Trouvé, nous ne sommes pas des empoisonneurs. Mais de l'autre côté, oui, nous prenons des précautions et nous ne faisons pas n'importe quoi. La ministre Annie Gennevard a répondu sur ces points ce matin sur France Inter. Elle estime tout simplement que la main est donnée aux autorités sanitaires.

5:46
Invité

Ce qui a été décidé hier, c'est la science qui décide. Ce n'est pas le politique qui arbitre. L'acétamipride n'a pas été rétabli dans ce texte. Il appartiendra à l'Agence de sécurité sanitaire pour l'alimentation et pour l'environnement de décider d'une dérogation pour un temps limité, pour une seule filière, pour un parcellaire agricole très mesuré.

6:07
Agnès Pannier-Runacher

Ça ne vous convainc pas, cet argumentaire ? On donne la main aux autorités sanitaires ? Mais ce qui ne nous convainc pas, c'est qu'on n'a pas discuté de la méthode. Vous avez évoqué à l'instant les deux mois pour laisser à l'ANCES pour se prononcer. Évidemment, ça n'existe pas. L'ANCES a besoin de plusieurs mois, probablement six, peut-être un peu plus, j'en sais rien. J'ai été proposé de leur place. Et d'ailleurs, c'est un amendement qui a été proposé par le gouvernement. On aurait pu aussi imaginer que ce ne soit pas l'ANCES qui se prononce sur ce qui n'est pas son métier. C'est-à-dire, existent-ils des impasses agricoles pour telle ou telle culture ?

On parle surtout des noisettes pour l'ACETAMI. Voilà. Les noisettes, on sait qu'il y a une impasse agricole. Là, ça, c'est largement documenté. Mais on parle aussi de la betterave, de la pomme, de la cerise. Donc, ces sujets-là, c'est plutôt l'INRAE qui les traite. On n'a pas parlé process. On n'a pas parlé méthode. On a confisqué le débat politique. Et ça, c'est inacceptable. Et ça va laisser des traces. C'est-à-dire que les Françaises et les Français auront ce sentiment que lorsqu'ils se disent inquiets sur un sujet, on ne les écoute pas.

Et c'est une députée Renaissance qui nous dit ça, qui fait partie du groupe de Gabriel Attal, qui fait partie de ce qu'on a longtemps appelé la majorité, qui est en tout cas encore au pouvoir aujourd'hui ? Écoutez, moi, je n'ai pas le sentiment d'avoir été entendue par le gouvernement hier. J'ai pris la parole en demandant juste un débat. Un débat sur un amendement qui a été posé par, effectivement, vous avez raison de le rappeler, co-signé par les trois éléments qui constituent le groupe central, au-delà des oppositions, qui, assez largement, avaient également déposé des amendements. Donc, qu'on refuse le débat ? Le Premier ministre ne vous a pas répondu du tout ?

Il était aux abonnés absents hier ? Totalement aux abonnés absents. Mais vous savez, c'est un indice d'impuissance totale du gouvernement. Ça témoigne d'une mise sous tutelle de la majorité sénatoriale et l'ère actuelle. C'est ça, en fait, qui est en jeu. Est-ce que ça témoigne aussi du poids de la FNSEA, du syndicat agricole ? Mais pour avoir beaucoup discuté avec les agriculteurs ces derniers jours, ils voulaient un projet de loi. Ils avaient raison. Ils ont des difficultés. Il faut y répondre. Ils étaient partants pour avoir les 77 articles sur les 78. Et oui, ils voulaient que le débat se fasse sur l'acétamipride.

Mais je pense que ce qu'ils attendent, eux, c'est que ça se passe de la manière la plus sereine possible. Parce que le jour où quelqu'un traitera, on n'a pas envie qu'il y ait des gens qui aillent manifester sur son champ. C'est ça aussi. Quand on fracture le pays, qui sème le désordre va récolter la colère. Sébastien Lecornu fracture le pays ? Là, on sème le désordre et on récoltera la colère. Agnès Pannier-Runacher, un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule ? C'était une expression de Jean-Pierre Chevènement. En tout cas, on lui a attribué cette expression. Est-ce que Monique Barbu, l'actuel ministre de la Transition écologique, qui était contre cette mesure, sur les pesticides ?

Est-ce qu'elle doit démissionner ? Écoutez, c'est à elle de choisir en conscience si elle démissionne ou pas. Ce n'est certainement pas à moi de le dire. En revanche, moi, ce que je veux dire, c'est que ce type de passage en force est inquiétant parce que ça donne le sentiment que tout ce que nous avons construit en matière d'écologie, que tout le travail qu'on a fait pour baisser les émissions de gaz à effet de serre, comme jamais, parce qu'on ne perd de vue qu'on a multiplié par quatre le rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre, ce qu'on a fait sur la qualité de l'air, ce qu'on a fait sur la rénovation thermique.

Mais vous qui avez été ministre, vous, vous êtes retirée du gouvernement quand vous avez estimé que vous n'aviez plus les moyens. Oui, je suis partie du gouvernement, effectivement. Donc là, aujourd'hui, dans ces conditions, vous, vous claqueriez la porte, j'imagine ? Je ne suis pas dans les chaussures de Monique Barbu. J'ai effectivement pris mes responsabilités à un moment, pour des raisons d'ailleurs qui n'étaient pas seulement liées à l'écologie, qui étaient liées aussi au fait qu'on avait annoncé une rupture. En fait, quand on s'engage à faire quelque chose, il faut aller jusqu'au bout.

Lorsque Sébastien Lecornu s'engage à une rupture sur la composition du gouvernement, il faut qu'il aille jusqu'au bout. Lorsqu'il s'engage sur le fait qu'on n'examinera pas les néonicotinoïdes dans un texte de loi sur l'urgence agricole, il faut qu'il aille jusqu'au bout. Sinon, il se dédie.

10:16
Présentateur

Agnès Pagny-Renaché, ce texte, il était censé répondre à la colère des agriculteurs. On voit mal comment ça répond à l'essentielle question du revenu agricole et encore moins aux conséquences de la canicule et de la sécheresse qu'on traverse.

10:27
Agnès Pannier-Runacher

Alors, si, il y a des réponses, mais qui sont des réponses qui s'installeront dans le long terme. C'est celles qui sont portées notamment par toute la volonté de mettre en place des filières qui soient plus solides, qui intègrent les circuits courts, qui intègrent les cantines scolaires, qui intègrent tout l'achat public pour pouvoir apporter du revenu aux agriculteurs. Mais ça, ça ne se fera pas d'ici la semaine prochaine. Puis surtout, ce qu'on est en droit d'attendre aujourd'hui du ministère de l'Agriculture, c'est une vision. Et une vision qui dit, quelle est l'agriculture de demain ? Qu'est-ce qu'on plante en Occitanie ?

Est-ce que, compte tenu du dérèglement climatique, on saura encore faire de la vigne dans 20 ans ? Moi, j'ai des débuts de réponse sur ça lorsque j'écoute les experts. Qu'est-ce que les agriculteurs doivent planter si, effectivement, il n'est plus possible de planter de la vigne ? Qu'est-ce qui est fondamentalement nécessaire à notre souveraineté alimentaire ? Comment on protège le revenu des agriculteurs ? Et sur ces sujets-là, il faut que cette vision se déploie. Moi, je ne la vois pas venir de la part d'Annie Gionnevard. Je vois des réponses de court terme. Alors, bien sûr, il faut des réponses de court terme, mais ce n'est pas suffisant.

Aujourd'hui, les premières victimes du dérèglement climatique, ce sont les agriculteurs. Et nous sommes toujours avec Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance, ancienne ministre de la Transition écologique. Les incendies se multiplient en France. Est-ce que nous avons assez de moyens pour lutter contre ce phénomène ? Alors, on a renforcé très fortement les moyens, et moi, je veux lutter contre cette fake news qui a parlé beaucoup de Canadair. On n'a pas parlé des 36 hélicoptères qui ont été commandés pour venir en appui des incendies. On n'a pas parlé... Si, ça renouvelle assez fondamentalement la flotte.

On n'a pas parlé de la multiplication par 4 du nombre de dash qui sont effectivement des avions qui larguent de très grosses quantités d'eau également. On n'a pas parlé du travail qu'on fait sur l'A400M, puisque nous, nous avons beaucoup de ces gros porteurs pour justement les mettre en ligne aussi sur la lutte contre les incendies. Pas encore en action à l'heure où on se parle. Oui, mais on y travaille. C'est-à-dire que la réalité, c'est qu'on a remis 800 millions d'euros dans la sécurité civile, dans la lutte contre... Parlons des Canadairs, parce que le sujet a été très relayé ces derniers jours. Ça fait partie des fake news de M. Mélenchon, de LFI.

Actuellement, le président de la République, lors de sa réélection, promet de renouveler intégralement la flotte. Et on est loin du compte, Agnès Pannier-Runacher. Mais vous savez pourquoi on est loin du compte ? Gabriel Attal voulait en commander 4. Finalement, il n'en a commandé que 2. Qu'est-ce qui s'est passé ? Tout simplement, la ligne de production des Canadairs n'est pas en situation de livrer l'ensemble des commandes qui lui sont faites au plan mondial.

Et nous ne sommes pas, aujourd'hui, maîtres de cette ligne de production, puisque, alors que nous sommes un des plus grands producteurs en aéronautique, c'est un élément qui nous manque dans les différents avions qu'on fabrique en France. Donc, nous sommes dépendants des cadences d'une ligne de production qui se situe... C'est ce qu'il faut faire. ...hors Europe. Eh bien, ce que je vous dis, c'est-à-dire s'appuyer sur des moyens complémentaires, les hélicoptères, les DASH, mettre au point, effectivement, le soutien via les A400M pour pouvoir venir en appui des incendies et travailler au niveau européen pour être capables, nous-mêmes, de produire cet avion au service des incendies.

C'est grâce à l'Europe, d'ailleurs, qu'on va avoir les deux premiers cadences. Mais pardon, c'est organisé, c'est pas grâce à l'Europe. L'Europe, c'est la France. La France, c'est l'Europe. C'est là où il faut arrêter d'opposer la France et l'Europe. C'est complètement assumé d'avoir passé la commande de ces deux Canadaires via l'Europe.

14:23
Présentateur

Agnès Pagné-Renaché, vous qui avez été ministre, encore une fois, vous avez vraiment le sentiment, honnêtement, d'avoir oeuvré, assez oeuvré, ce gouvernement, Emmanuel Macron, il a assez oeuvré au dérèglement, à la lutte contre le dérèglement climatique et à son adaptation, à l'atténuation, à son adaptation, honnêtement. Eh bien, écoutez, moi, je vais vous dire,

14:42
Agnès Pannier-Runacher

jusqu'en 2024, nous avons accéléré d'une manière inédite la lutte contre le dérèglement climatique. Les faits sont têtus. La baisse des émissions de gaz à effet de serre est multipliée par 4 en France. Nous rattrapons le retard du gouvernement Hollande. C'est le Conseil d'État qui le dit, dans sa décision récente, et de 2025, en disant les éléments de baisse des émissions de gaz à effet de serre permettent de tenir raisonnablement la trajectoire de baisse des émissions. Vous dites jusqu'à 2024, et depuis deux ans ? Alors, ça, c'est côté atténuation.

Côté adaptation, je suis la ministre qui a travaillé, dans la continuité d'ailleurs de Christophe Béchut, sur un plan national d'adaptation au changement climatique qui est inédit par son ampleur, qui est reconnu au plan international. Encore faut-il le mettre en œuvre. Et effectivement, et c'est une des raisons pour lesquelles, moi, j'ai un moment décidé de quitter le gouvernement, c'est qu'au fil des mois, et notamment à la suite de la dissolution, eh bien, le balancier, je disais tout à l'heure que le gouvernement était dans les mains de la majorité LR sénatoriale, la majorité LR sénatoriale n'en a rien à faire du dérèglement climatique.

Ils n'agissent pas sur les dérèglements climatiques, et ça se voit dans le choix des priorités. Donc, effectivement, aujourd'hui, on a l'impression de courir derrière les crises, alors qu'avec Elisabeth Borne, avec Gabriel Attal, avec le président de la République, tout est en place pour dérouler. Et moi, je suis profondément frustrée face à cette situation. Agnès Pannier-Runacher, un mot de la loi enfance. Vous allez en débattre ce soir. Il y a une mesure qui fait particulièrement débat, c'est l'instauration de la perpétuité pour les personnes condamnées

16:20
Présentateur

pour plusieurs viols, dont au moins sur un mineur.

16:24
Agnès Pannier-Runacher

La France Insoumise refuse. Vous avez compris pourquoi ? Non, je ne comprends pas. Moi, je suis comme beaucoup d'entre nous, mère de famille. Je crois qu'il n'y a pas plus abject que des crimes sur des enfants, parce que des enfants, ça fait confiance aux adultes. On ne parle pas de n'importe quelle prime. On parle de viol répété sur des mineurs. On parle de viols commis avec des actes de barbarie. La perpétuité me paraît être tout à fait justifiée dans cette échelle de peine.

16:58
Présentateur

La gauche, il voit une disposition populiste empruntée au Rassemblement National.

17:02
Agnès Pannier-Runacher

Mais c'est tellement facile de dire ça. C'est-à-dire que parce qu'on fixe une ligne de ce qui est le summum de l'abject, on serait populiste. Je veux dire, on estime que... J'ai entendu les arguments, oui, mais vous ne faites pas de prévention. Pardon, je veux dire, ça n'empêche pas de travailler sur la prévention de la récidive. On n'a pas attendu LFI pour travailler sur la prévention de la récidive. Mais là, ce dont on parle, c'est les crimes les plus abjects auxquels on puisse être confronté. C'est le fait de répondre à une situation où M. Skouarnek a été condamné à 20 ans de prison, dont deux tiers incompressibles. L'ex-chirurgien.

Voilà, le chirurgien qui a fait 299 viols répétés, dont certains sur des mineurs. Je veux dire, à un moment, on peut accepter que dans l'échelle des peines, des crimes sur des enfants, des actes de barbarie, encore une fois, c'est de ça qu'on parle, ce soit au summum des peines que l'on prononce. Et ce n'est pas être populiste que de dire ça. Et ça n'empêche pas, évidemment, d'avoir des dispositifs de prise en charge médicale, d'accompagnement et surtout de prévention, parce que l'enjeu, c'est d'éviter le passage à l'acte et en posant aussi un acte fort, en disant ce qui est la ligne rouge absolue, on aide aussi à empêcher ce passage à l'acte.

18:21
Présentateur

Un texte qui vous sera soumis à vous, député, ce soir. Donc, merci Agnès Pannier-Runacher d'avoir accepté l'invitation de France Info ce matin, député Renaissance du Pas-de-Calais.