2027 : le poids de l’héritage d’Emmanuel Macron
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Près de 9 millions de Français ont regardé hier Emmanuel Macron sur France 2 et sur TF1.
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Il assume aussi le Président de la République le quoi qu'il en coûte pendant le Covid ?
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Vous m'avez donné les clés il y a deux ans.
- 0:43OuverteRéponse directe
Cette dissolution vous l'abordez dès le prologue de votre livre ?
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Pas de début de mea culpa alors que le 31 décembre 2024, il l'avait un peu esquissé ?
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Mais au fond de lui, il pense quoi ? Il regrette de l'avoir fait ou pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il assume aussi le Président de la République le quoi qu'il en coûte pendant le Covid »
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« il est également revenu sur la dissolution de 2024 tout en écartant une deuxième. »
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« 'ai remis le pouvoir aux Français. Je leur ai dit, cette situation me paraît trop fragile, elle n'est pas souhaitable. »
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« Je vous redemande de voter pour un Parlement. Je pense que ce serait mauvais aujourd'hui de faire une dissolution »
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« parce qu'aujourd'hui nous sommes à 8 mois d'une présidentielle. »
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« Et ça, il le théorise et il en parle très, très tôt, extrêmement tôt, dès l'hiver 2018. »
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« « Je suis le seul élu à ne pas pouvoir me représenter pour un troisième mandat ». »
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« un second quinquennat, quand vous ne pouvez pas vous représenter, c'est un quinquennat où chaque jour... »
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« Donc il y a une obsession de la présidentielle qui revient tout de suite. »
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« « Ces dauphins veulent le trône, mais pas son héritage » »
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« Il l'a vécu assez durement ce moment-là, à l'automne 2025. »
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« Le premier qui s'arrête a perdu, le dernier qui ne s'arrête pas, freine et mort. »
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« Balladur, ce serait Édouard Philippe. Et lui serait Jacques Chirac, le challenger »
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« Il aurait même dit, c'est ma plus mauvaise décision de mon quinquennat. »
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Près de 9 millions de Français ont regardé hier Emmanuel Macron sur France 2 et sur TF1. L'occasion pour le Président de
la
République de rappeler les enjeux de la situation internationale et les conséquences notamment sur les prix du carburant. Il assume aussi le Président de la République le quoi qu'il en coûte pendant le Covid et il est également revenu sur la dissolution de 2024 tout en écartant une deuxième.
J
'ai remis le pouvoir aux Français. Je leur ai dit, cette situation me paraît trop fragile, elle n'est pas souhaitable.
Vous
m'avez donné les clés il y a deux ans.
Je
vous redemande de voter pour un Parlement. Je pense que ce serait mauvais aujourd'hui de faire une dissolution parce qu'aujourd'hui nous sommes à 8 mois d'une présidentielle. Et donc si on faisait une dissolution aujourd'hui, on ajouterait à la guerre, au problème de pouvoir d'achat
et
à un budget à passer l'instabilité politique
?
Cette dissolution vous l'abordez dès le prologue de votre livre passionnant « Enquête sur le crépuscule des princes » aux éditions du Rocher. Cette dissolution de juin 2024, Emmanuel Macron l'a de nouveau assumée hier soir. Pas de début de mea culpa alors que le 31 décembre 2024, il l'avait un peu esquissé, Pauline Télévignon ?
Oui, vous avez tout à fait raison. C'est un peu comme sur la laïcité, on l'a vu fluctuer sur la dissolution. Pareil, il a d'abord campé ferme sur ses positions tout au long de l'été 2024 et jusqu'à ce moment où il fait un premier mea culpa quand même très attendu, notamment par son camp. Et puis là, hier soir, surprise, il refait un retour en arrière où il se retrouve à nouveau ferme sur sa position pour expliquer que sa décision à l'époque était tout à fait rationnelle et justifiée. Mais au fond de lui, il pense quoi ? Il regrette de l'avoir fait ou pas ? Parce qu'on en vient en douter. Il y
a
un moment où il a clairement regretté. L'un de ses très très proches amis nous confie dans le livre que pendant longtemps, il s'est accroché
à
des explications rationnelles sur cette dissolution et qu'à un moment donné, à l'automne de 2024, quand il y
a
une cohabitation
qui
est bien plus dure qu'il ne le pensait avec Michel Barnier, là, il se rend compte de ce qu'il a perdu. Et peut-être même qu'il accélère la fin de son quinquennat et peut-être même que finalement son quinquennat est déjà terminé. Et il a un vrai coup de mou, un vrai coup de fatigue. Et là, il prend conscience quand même du désastre.
C'est comme s'il avait
programmé son effacement finalement.
Vous
parlez même de chemin de croix. En tout cas, ce sont les proches qui tiennent ces propos. À cette époque-là, il cherche un moyen de rebondir par tous les moyens. Il y
a
l'élection de Donald Trump qui est concomitante en novembre 2024. Et là, il se dit qu'il avait... Alors, ça ne vient pas tout de suite, mais il
se
dit qu'il a peut-être un chemin. Parce que de tous les chefs d'État étrangers, si on a un qui connaît Donald Trump, qu'il a déjà manœuvré, c'est lui. À ce moment-là, il faut se remettre dans le contexte. En Grande-Bretagne, il y a un changement aussi de Premier ministre. Kirstenmer qui vient d'arriver. Il y a le chancelier Mertz. Il n
'y a
un peu que des nouveaux sur la scène internationale. Et lui, il peut prendre ce lead-là. Il connaît Donald Trump. Il sait le manœuvrer. Il dit, allez, c'est peut-être une opportunité pour moi de rebondir. Et Jean Castec le dit dans le livre, il a une capacité toujours à rebondir. Mais Pauline Théveniot, il y a un élément qui le fragilise, en tout cas qui l'agace profondément, c'est qu'il ne peut pas se représenter en
2027.
Et ça, il le théorise et il en parle très, très tôt, extrêmement tôt, dès l'hiver 2018. Ça fait à peine un an qu'il est élu, de son premier quinquennat. Et déjà, il dit dans un dîner dans le Puy-de-Dôme, avec des élus locaux, mais c'est quand même un comble. « Je suis le seul élu à ne pas pouvoir me représenter pour un troisième mandat ». Et il anticipe déjà que ça va être un problème. Et c'est son ancien conseiller spécial, Philippe Grandjon, qui le dit aussi, que même si, mettons la dissolution à part, un second quinquennat, quand vous ne pouvez pas vous représenter, c'est un quinquennat où chaque jour...
C'est-à-dire que
le lendemain de la deuxième élection, tout le monde pense à la suite. Et d'ailleurs, vous le développez après avec tous vos princes qui se percipitent.
C
'est-à
-dire
qu'en gros, on finit. Donc
il y a une
obsession de la
présidentielle qui revient tout
de suite.
Oui, c'est le sous-titre du livre, Nathalie. « Ces dauphins veulent le trône, mais pas son héritage
».
Donc on occulte totalement Emmanuel Macron. Ces personnes qui occulent vraiment Emmanuel Macron, on peut citer deux noms, c'est Édouard Philippe et Gabriel Attal, Jérémy Marot ? On a du mal à les désigner comme des héritiers ou des successeurs, tant eux-mêmes cherchent à se prendre leur distance finalement avec Emmanuel Macron.
On
se rappelle tous des appels à la démission, un moment qui a d'ailleurs été assez dur pour Emmanuel Macron. Il l'a vécu assez durement ce moment-là, à l'automne 2025. Et c'est eux, en tout cas, qui ont repris le flambeau du macronisme. Alors voilà, ils veulent le trône, mais pas l'héritage. C'est quand même une ligne de crête assez difficile à
suivre.
Et aujourd'hui, est-ce qu'on peut parler de guerre froide entre les deux, entre Édouard Philippe et Gabriel Attal ? Dans le livre, Édouard Philippe évoque même une course. Le premier qui s'arrête a perdu, le dernier qui ne s'arrête pas, freine et mort. Gabriel Attal, Édouard Philippe, il en parle comme un gamin immature
dans la vie privée
?
Alors, ce qu'il dit, Édouard Philippe, c'est qu'il faut se replacer dans le contexte du printemps dernier, où Gabriel Attal et ses équipes installent l'idée que le match Philippe-Attal, en fait, ce serait le match Balladur-Chirac. Vous avez bien compris, Balladur, ce serait Édouard Philippe. Et lui serait Jacques Chirac, le challenger, bien plus finalement séduisant, bien plus homme de terrain qui, au final, l'emporte contre toute attente. Édouard Philippe, il n'a pas du tout aimé la comparaison. Ça s'accompagne d'un moment où Gabriel Attal dit « je suis meilleur en campagne que lui ». Et donc, il y répond dans notre livre en disant qu'effectivement, ce comportement est très immature.
Et puisqu'on va sur ce terrain-là, il égrène les campagnes que lui a remportées en disant que finalement, Gabriel Attal, il n'en a pas remporté tant que ça. Hier soir, lors de
son
intervention à la télévision, Emmanuel Macron a refusé de répondre à la question qu'il choisiriez-vous. Est-ce que ça l'inquiète, cet embouteillage de candidature ou pas du tout
?
Il dit, et ça fait assez longtemps qu'il dit, il va bien falloir qu
'il
trouve un moyen de se parler. Mais lui-même, finalement, assez peu de prise sur cette élection. Déjà, on peut se demander quel serait son poids, quel serait le gain pour un candidat d'être endossé, d'être soutenu par Emmanuel Macron, tant sa popularité est basse.
Et
pourtant, il
a toujours un
socle. Il a un socle, effectivement. Mais néanmoins, les candidats, on le voit, ne courent pas après ce soutien-là. On ne
pourrait pas se
venger en soutenant quelqu'un ?
Alors, c'est ce qu'on soupçonne.
C'est
moche quand même.
Le
problème, c'est de
savoir
lequel des deux, il
déteste
le
plus,
en fait.
Dans
le
livre,
on
sait clairement, on le
comprend
clairement.
Il y a quand
même une claire différence, c'est qu'avec Gabriel Attal, la rupture est totale.
Il aurait même dit, c'est ma plus mauvaise décision de mon quinquennat.
Oui, et
il va dire après
la dissolution. C'est à noter,
c
'est
-à
-dire, c'est dire ce qu'il en pense. Oui, parce qu'à la différence d'Edouard Philippe, Gabriel Attal, déjà, ça ne
s
'est
pas
bien passé, même très mal passé, tout de suite à Matignon.
C
'était antérieur à la dissolution. Et
puis,
Gabriel Attal, il lui a pris son parti. Et ce que n'a pas fait Edouard Philippe. Edouard Philippe, il y
a
eu des froids, ils ont eu des maux. Edouard Philippe,
il
a appelé à sa démission. C'était un moment, on le disait, très dur.
Mais
il ne
s
'est pas mis dans ses chaussons. Et puis,
il y a peut-être quelque
chose de particulier aussi chez Emmanuel Macron. C'est la façon dont il va se projeter après. Je ne
sais
pas si vous vous souvenez, il y
a
un peu plus d'un an, lors d'une rencontre des jeunes avec Macron, le président faisait une apparition surprise. J'aimerais qu'on réécoute ses mots.
«
Et je suis là pour vous dire, j'ai encore besoin de vous, et je compte sur vous, j'ai besoin de vous. »
Pour
dans 5 ans, dans 10 ans, qu'est-ce qu'il cherche à dire exactement ? Il veut revenir en 2032 ?
Alors, il y a deux choses qui sont machiavéliques dans cet extrait-là. C'est que, un, ce moment-là, en fait, ça devait être un moment de campagne pour Gabriel Attal, pour se lancer devant les jeunes avec Macron, qui étaient rebaptisés à ce moment-là.
Vous
racontez qu'au dernier moment, Gabriel Attal ne sait pas si Emmanuel
Macron est
organisé dans le dos de Gabriel Attal.
Il ne se parle
pas entre eux.
Il ne se parle pas. Il ne se parle toute leur
vacherie par derrière.
Ni avant, ni
après.
Et puis, c'est un moment où, effectivement, Emmanuel Macron, en fait, se fait un peu emporter par son élan. Ça faisait longtemps qu'il n
'avait
pas connu une telle ferveur militante. Lui qui a assez peu entretenu, en plus, son réseau militant.
C'est mort.
Et là, voilà. Alors, on l'avait un peu incité à prendre date. Mais lui-même se lance. Et voilà, 5 ans, 10 ans, oui, peut-être 2032. C'est l'idée qu'il introduit. Qu'il introduit souvent en privé, devant son cabinet, où il dit ça, c'est pour quand on reviendra. Un peu sur le ton, mi-blagueur, mi-on-sais-pas-t-trois à quoi s'en tenir. Et là, il le dit publiquement.
C
'est ça qui intéresse.
D
'ailleurs,
il
a laissé la porte ouverte aussi dans une interview accordée à un média américain, Variety, il y a quelques jours, à Saint-Paul-de-Vence, à l'occasion d'un congrès sur la création audiovisuelle. Votre livre, il est captivant. Il est bourré d'informations, de détails, d'anecdotes croustillantes. Et il
y
a une information qui est très importante, que vous délivrez. C'est l'hypothèse d'une candidature de Jean Castex pour 2027. On l'entendait comme une potentielle rumeur. Non, là, vous dites, l'entourage d'Emmanuel Macron, des proches d'Emmanuel Macron, veulent vraiment pousser cette hypothèse et là, vous nous parlez aussi de Medvedev, de Dimitri Medvedev. On part en rochie.
Est
-ce que vous pouvez nous expliquer
? Oui,
alors c'est l'idée. Tout part quand même de la décoration, la remise de décoration de Jean Castex par Emmanuel Macron.
C
'était en décembre 2022, donc c'est quand même très tôt. Et là, Emmanuel Macron fait un discours dit tirambique. Et il y a deux historiques de la Macronie, deux très proches du président, Richard Ferrand et Julien Denormandie, qui se disent entre eux sur les bancs du public. Alors là, c'est l'adoubement. Et à partir de là, se tricote effectivement cette histoire avec bien évidemment comme arrière pensée l'idée qu'il serait plus facile pour Emmanuel Macron de revenir au pouvoir si c'était un Jean Castex qui était élu président, que si c'était Gabriel Attal ou Édouard Philippe qui se sont évidemment émancipés. Donc il y a ce fantasme-là. Mais on a interrogé...
Ça a été
son préféré en fait, de Premier ministre.
De
tous. Et est-ce que vous savez en un mot, en un mot, Jérémy Marot, Pauline Thébignot, ce que va faire Emmanuel Macron après 2027 ? C'est la grande question. Lui, il joue le mystérieux. Il sème des petits cailloux. Il joue beaucoup avec cette idée-là, avec l'idée de tenir tout le monde en haleine. Ceux qui le connaissent très bien et ont fait parler un de ses proches amis, quelqu'un qui le connaît depuis ses études, qui est Aurélien Lechevalier, directeur de cabinet de Jean-Noël Barrault et qui maintenant est nommé ambassadeur à Washington. Il
est
un ami d'études d'Emmanuel Macron. Et lui, il dit, n'y voyez pas un scoop, mais je le vois aller à l'international parce qu'on voit, c'est tout ce qu'il tisse depuis des années. Alors, est-ce que ce sera un rôle européen ? En tout cas, ce qu'on sait, ce que disent tous ceux qui le connaissent, c'est qu'il aime être dans l'action, un rôle exécutif. Ce ne sera pas pour être parlementaire, par exemple. Ce sera pour agir et plutôt à l'international. Merci à vous, Pauline Théveniot. Merci à vous, Jérémy Marot. Le Crépuscule des Princes est à retrouver aux éditions du Rocher. Vous restez avec nous. On a d'autres sujets d'actualité à évoquer avec vous. On passe au
revoir.