Rencontre publique avec Dominique de Villepin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Attaque 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:45OuverteRéponse directe
À quel titre êtes-vous parmi nous ce soir ? Fondateur d'un mouvement ou candidat à la présidence ?
- 2:58OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que la fréquentation des œuvres vous a appris que la politique ne peut pas enseigner ?
- 4:25OuverteRéponse directe
Pourquoi parle-t-on si peu de culture dans les campagnes politiques ?
- 16:06OuverteRéponse directe
L'idée de République culturelle et de culture par tous. Comment répondre au reproche d'élitisme de la culture subventionnée ?
- 18:17OuverteRéponse directe
Quelles mesures concrètes proposez-vous pour améliorer la diffusion des spectacles ?
- 21:57OuverteRéponse directe
Faut-il maintenir des contreparties pour les compagnies recevant des subventions publiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:43Fait
« La politique vous conduit à avoir réponse à tout. euh imaginer être capable euh de faire face à toutes les situations et la poésie vous arme euh d'humanité et de vulnérabilité. »
- 5:09Fait
« Nous sommes sans doute le pays qui a la plus grande tradition de politique culturelle. »
- 6:37Fait
« Ma conviction c'est que un enfant, un adulte n'est pas le même après avoir lu un livre, après avoir assisté à un spectacle, après avoir vu un film. »
- 7:21Fait
« Le macronisme culturel, c'est cet éloge d'un marché et le pass culture. »
- 8:05Fait
« La possibilité de se servir sur les rayons de produits culturels, c'est la caricature de la culture. »
- 8:48Fait
« Quand on baisse drastiquement les budgets culturels d'une région, on met à mal la culture et le partage culturel. »
- 9:30Fait
« Tout notre regard sur le monde est en train d'être transformé à la fois par les plateformes et les algorithmes et en même temps l'intelligence artificielle. »
- 10:15Fait
« Un des grands enjeux de leur combat, on le voit à travers Donald Trump et le soutien qu'il apporte aux plateformes numériques et la bataille de l'intelligence artificielle qui se prépare. »
- 11:43Fait
« Le risque, me semble-t-il est double. Il est d'abord que la culture ne devienne plus qu'une variable d'ajustement. »
- 13:53Fait
« Le vrai problème, le cœur du problème, c'est pas tant les réseaux sociaux ou la plateforme, c'est l'infinie capacité que vous avez à passer d'un récit à un autre sans que jamais votre esprit ne voit la fin. »
- 24:08Promesse
« Je suis très attaché au statut de l'intermittence et il n'est pas question d'y toucher, question de le consolider. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mesdames, messieurs, bonjour. Bienvenue dans cet agora du village duof. Comme vous le savez, il y a quelques jours, quelques semaines, nous avons souhaité avec Laurent Domingos, l'autre coprésident que je souhaite excuser ici puisqu'il est lui-même en spectacle à cette heure-ci. et moi-même, l'autre coprésident avons pris l'initiative d'adresser à l'ensemble des candidats ou futurs candidats une invitation à venir échanger avec vous, avec nous sur euh leur programme culture et éventuellement nous faire des annonces si ça devait être le cas. Nous pensons que c'est très important que la culture ici en tout cas pendant le festival d'Avignon soit aussi un sujet.
Nous savons bien que dans les sondages, c'est pas forcément ce qui vient en premier pour pouvoir être élu. Il n'en demeure pas moins qu'une fois que on est élu, ça empêche pas qu'on puisse parler de culture quand même. Voilà. Et donc, il nous a parut très important de ne pas invisibiliter la culture. Nous avons eu un temps d'échange assez long et comme on l'a fait d'ailleurs avec l'ensemble des autres candidats pour apporter en tout cas notre modeste contribution de gens de terrain de compagnie de théâtre et nous considérons que nous représentons ici environ 1500 compagnies quand même donc c'est pas complètement négligeable et 140 et quelques théâtres. Voilà.
Donc dans ce cadre-là, je remercie monsieur de Villepin qui m'a dit que il y avait pas de formalise à avoir entre nous. Donc je me permets de dire à monsieur de Vilpin bienvenue et je vais vous confier à Marie Sorbier qui est donc journaliste à France Culture et qui va accomplir le même exercice qui a été celui de l'ensemble des candidats. Une heure des questions qui sont approximativement les mêmes et une conclusion très importante que nous attendrons tous. Merci.
[applaudissements]
Merci beaucoup et merci à toutes et à tous d'être ici avec nous pour cette heure d'entretien avec vous. Dominique de Villepin. Bonjour. Bonjour. Peut-être une première question très directe. À quel titre êtes-vous parmi nous ce soir ? Est-ce que vous êtes là comme fondateur d'un mouvement d'idée ou comme candidat à la présidence de la République ? Alors les deux euh candidat non déclarés, vous le savez. Il faut toujours choisir le bon moment et les Français ne sont pas encore dans ce moment-là mais candidats très déterminé. Bien. [rires] Alors avant de parler de politique culturelle, c'est ce qui va nous occuper pendant cette heurelà. Peut-être commencer par une question plus personnelle.
Vous avez souvent dit que la poésie vous avait aidé à comprendre le monde autant que la diplomatie. Qu'est-ce que la fréquentation des œuvres vous a appris que la politique ne peut pas enseigner ? Si je devais trouver un mot qui est à cet apprentissage, c'est celui de la vulnérabilité. La politique vous conduit à avoir réponse à tout. euh imaginer être capable euh de faire face à toutes les situations et la poésie vous arme euh d'humanité et de vulnérabilité. Et la vulnérabilité, quand on sait euh euh l'appréhender, l'épouser, c'est une force. C'est une force que de savoir ses limites.
Et nous sommes dans un monde où nous perdons le sens des limites, où les empires qui nous entourent sont frappés d'illimitisme et cet illimitisme est au bout du compte une très grande faiblesse. On le voit sur la scène internationale. Cela vous conduit à engager des guerres où vous êtes amené à perdre contre des états beaucoup plus faibles. Donc la poésie c'est la capacité à à sentir ce tremblement de la vie, ce tremblement de l'humain et à ne pas penser que la vie c'est la capacité à faire face à tout avec puissance et avec force sans s'armer de de ce qui fait le propre de l'humain et qui à mon sens a pour nom la culture.
Alors justement, si ça fait le propre de l'humain, comment expliquer que dans les campagnes politiques, soit présidentielles ou les autres, on parle si peu de culture ? D'abord parce que nous ne nous ne parlons pas tous de la même chose quand nous parlons de culture et nous avons un héritage, nous français très particulier en ce qui concerne la culture à travers les politiques culturelles et nous sommes sans doute le pays qui a la plus grande tradition de politique culturelle.
également, il faut le dire ici à Avignon, le plus grand réseau culturel au monde quand on voit le maillage territorial, la multiplicité des présences dans les différents secteurs, c'est un acquis considérable et qu'il faut faire vivre bien sûr. Mais la politique culturelle, elle a connu plusieurs étapes et si on veut caricaturer un peu sous la 5è République, le grand moment c'est 1959 avec l'arrivée d'Anderé Malot sous l'égal de Gaulle avec l'idée de mettre à la disposition du plus grand nombre toutes les œuvres de l'humanité. Et donc c'est l'état culturel, c'est la culture pour tous. Et puis la génération Mitteran, Jacques Lang, c'est une autre étape qui s'ouvre et c'est la culture de tous.
Et là, c'est l'étape non plus de l'état culturel mais de la démocratisation culturelle. Et mon ambition, c'est que nous puissions collectivement ouvrir une nouvelle étape de la culture par tous. Et je dis bien par tous parce que ma conviction c'est que un enfant, un adulte n'est pas le même après avoir lu un livre, après avoir assisté à un spectacle, après avoir vu un film et s'il ne sait pas essayer cet enfant à l'apprentissage du dessin, à l'apprentissage de l'écriture, à l'apprentissage d'un tournage ou à la mémorisation d'une pièce, et bien la pratique culturelle ne l'aura pas habité de la même façon.
Et donc la culture vous change à condition qu'on se soit essayé à la culture et pas seulement regarder la culture et faire en sorte que tous en France puissent être à la fois public spectateur mais aussi acteur revient à donner la chance à chaque enfant de France à chaque citoyen de France de devenir acteur de sa propre vie et la culture c'est ce qui permet cette appropriation à travers la mesure de nos sens à travers la capacité à regarder, à s'ouvrir autour de soi, à la capacité aussi de transformer le monde à travers un regard, à travers un mot. Et ça c'est pour moi, ça porte le nom pour moi de République culturelle. Donc état culturel, démocratie et démocratisation culturelle, 2e étape.
Et je pense que nous devons entrer aujourd'hui dans la République culturelle avec un devoir. Et le devoir, c'est de constater que ce qui constitue le collectif, le commun est aujourd'hui gravement menacé par nos sociétés. Nos sociétés font face à plusieurs défis, mais notamment la marchandisation, le marché qui domine tout. Et le macronisme culturel, c'est cet éloge d'un marché et le pass culture. La possibilité de se servir sur les rayons de produits culturels, c'est la caricature de la culture.
Par opposition à cela, on a face à cette marchandisation une deuxième tendance qui est la montée des idéologie et en particulier de l'extrémisme et on le voit à travers la menace que constitue le Rassemblement national aux prochaines élections. Et là, la culture c'est l'ennemi, c'est la possibilité de provoquer et on l'a vu encore très récemment par la déprogrammation de la pièce de Michalique Cacastre et bien d'autres mairies qui ont d'ors et déjà fait savoir qu'elle n'accepterait pas un certain nombre de spectacles. Mais la maladie s'étend et elle est contagieuse.
On le voit y compris aujourd'hui dans la droite républicaine et les pays de la Loire se sont fait une réputation pas cher sur ce terrainlà très malheureuse. Quand on sait que les collectivités territoriales, c'est 75 % du financement de la culture. Quand on baisse drastiquement les budgets culturels d'une région, on met à mal la culture et le partage culturel. Donc aujourd'hui la menace, elle vient de cette double menace mais il s'y adjoint par ailleurs à l'échelle du monde encore une double menace. La première, c'est la domination de la machine.
Et il ne faut pas sous-estimer le fait que tout notre regard sur le monde est en train d'être transformé à la fois par les plateformes et les algorithmes et en même temps l'intelligence artificielle. Et également deuxième menace, c'est la montée des empires, des néo des néo empires, des nouveaux empires qui font de la bataille des esprits, de la bataille idéologique et donc de la pénétration des esprits. Un des grands enjeux de leur combat, on le voit à travers Donald Trump et le soutien qu'il apporte aux plateformes numériques et la bataille de l'intelligence artificielle qui se prépare. Donc dans ce contexte là, le cœur de la culture devient la capacité à défendre notre régime d'attention.
Et je dis bien régime d'attention parce que le temps disponible pour parler comme Patrick Lelait à l'époque, le temps de cerveau disponible pour regarder une pièce de 5h, de 10h, pour lire un livre qui dépasse 40 pages euh ou pour même aller au cinéma regarder 5h de de Gaulle, et bien ce n'est plus donné à tout le monde. Les enfants au bout d'une demi-heure, ils lèvent le nez de leur livre. Mais ça c'est une responsabilité de l'État de mener cette bataille pour l'attention. Alors, c'est une bataille éminemment politique et nous revenons à la grande époque de la démocratie athénienne où les deux combats se livraient en même temps.
Le combat sur la place publique qui était celui de la démocratie et au même moment à travers les grandes Dionisies sur la Gora, la présentation des pièces tragiques. Donc la culture, le théâtre et la vie politique sont inséparables depuis les origines. Et aujourd'hui, on voit bien que à la faveur de ces changements technologiques et de cette nouvelle ère politique dans laquelle nous sommes entrés, nous sommes en train de changer de monde. Et dans ce contexte-là, le risque, me semble-t-il est double. Il est d'abord que la culture ne devienne plus qu'une variable d'ajustement. C'est ce qui fait joli à la fin d'un repas, joli à la fin de la semaine.
Mais la culture n'est plus là pour changer la vie. On n'attend pas de la culture qu'elle soit au centre de la vie et on n'est plus bouleversé par les œuvres parce qu'on n' pas accès à la vérité des œuvres. On n pas la disponibilité pour se laisser prendre et mouvoir emporter. C'est un un travail d'apprentissage extraordinairement difficile. C'est vrai pour les arts plastiques quand on rentre dans un musée. C'est vrai aussi dans un spectacle vivant où on peut avoir le mouvement de recul parce que on ne rentre pas dans l'œuvre. Euh assister au théâtre de Leudéon à une pièce sur Marguerite Duras qui dure 10h. Il faut il faut être préparé.
Et à côté de ça, il y a un deuxième point de chute au-delà de la culture, c'est la politique. Posez-vous la question, pourquoi la campagne électorale n'a pas commencé ? On peut penser que le mondial, le foot, le théâtre d'Avignon qui occupe beaucoup d'esprit et beaucoup de public. Mais il y a une raison plus fondamentale, c'est que dans la bataille idéologique, vous avez des tas de parties qui n'ont pas intérêt à faire campagne, qui n'ont pas intérêt à occuper le devant de la scène et qui ont intérêt, tel le chat, à se lever au fond du canapé et attendre que ça passe en faisant rondron.
Ça c'est la stratégie de l'endormissement et sans qu'on le voit venir, l'extrême droite chemine dans les esprits sans livrer combat. Ça c'est la nature même de la conquête des esprits. C'est comme ça que fonctionnent les algorithmes. Vous savez le scrolling, on veut interdire aux enfants de moins de 15 ans la possibilité d'avoir accès aux réseaux sociaux. Mais le vrai problème, le cœur du problème, c'est pas tant les réseaux sociaux ou la plateforme, c'est l'infinie capacité que vous avez à passer d'un récit à un autre sans que jamais votre esprit ne voit la fin.
C'est cet illimitisme des images parce qu'il vous captivent et vous capture et il vous enferme et c'est en ça que les plateformes et les réseaux sociaux sont l'ennemi direct de la politique et de la culture. Parce qu'une fois que vous êtes enfermé dans cet horizon et que vous découvrez que cet horizon est un horizon de proximité, c'est un horizon très amical, très très friendly comme disent nos amis anglo-saxons.
C'est-à-dire qu'une fois que vous êtes dedans, bah vous n'avez que des amis et on vous présente uniquement au menu de votre algorithme sur TikTok ou Instagram uniquement ce que vous avez envie de voir et de façon toujours un peu plus soutenue et bien à partir de là, vous êtes dans votre bulle algorithmique et vous n'avez pas envie d'aller chercher les idées des autres. Vous n'avez pas envie de découvrir. Vous n'avez pas envie d'être remué, d'être brusqué. Or, la culture c'est quoi ? C'est fait pour déranger ? C'est fait pour transgresser, c'est fait pour vous conduire à vous interroger. Si la culture c'est tranquillement au fond d'un canapé siroter un whisky et fumer un cigare.
On n pas besoin de cette culture là. Ça c'est la culture de salon. Or, nous avons pour beaucoup de nos concitoyens perdu cette idée-là. Regardez comment, y compris euh l'audiovisuel public que je salue, parce que je suis profondément attaché, mais nous avons dans la perspective d'une rénovation de cet audovisel publique besoin d'avoir au moins 20 % dédiés entièrement à la culture sur l'ensemble de ces chaînes et au moins sur la 5, un spectacle tous les soirs, deux cultures. Ça c'est une mesure concrète par exemple. C'est une mesure très concrète et c'est une mesure qui pour tous ceux qui aspirent [applaudissements] apporte un 109 et fait circuler l'œuvre.
Parce que si l'œuvre ne vient pas vers le téléspectateur et bien on naamorcera pas. Or l'amorçage en matière culturelle c'est très important. Il faut aller chercher le public. Le public il a besoin d'être rassuré parce qu'aujourd'hui le public il est pris en main et solidement pris en main par les machines. On a tous nos portables en main. et et on a notre petit univers, même la solitude aujourd'hui à trouver une compagne à travers l'intelligence artificielle et chacun débat de ses sentiments amoureux, de ses dép pour pour ouvrir grand les fenêtres et nous bousculer. Vous avez déjà évoqué pas mal de choses.
On va revenir peut-être en détail parce que l'idée de cet entretien, c'est de proposer des mesures concrètes. Vous en avez cité une mais peut-être une question puisque vous avez parlé de cette République culturelle et de la culture par tous. On a souvent entendu le reproche que la culture subventionnée est une culture élitiste qu'on oppose au populaires. On est ici chez Jean-Villard, lui avait déjà réglé la question dès 1947. Mais quelle est votre position sur cette culture qui serait élitiste ? Alors je je suis incapable de faire une distinction entre la culture dite savante des élites et et la culture qui serait populaire.
Je crois qu'il y a pas il y a il y a une différence de de destination, il y a une différence de maman, mais je ne ferai pas de différence par nature. Est-ce que quand vous jouez les bonnes de Jean Genet, vous vous adressez à une élite ? Est-ce que quand vous jouez les paravants, vous vous adressez à une élite ? Je ne crois pas. Je crois au contraire, cette culture là, elle va vous chercher, elle va vous elle va vous amener à à réfléchir, quel que soit votre votre niveau culturel. Elle elle est faite pour ça. Néanmoins, la culture a vocation à à ne pas distinguer selon les publics. Par contre, elle doit pouvoir être saisie par tous les publics.
Et c'est là où on se rend compte et de ce point de vue, le festival d'Avignon marque une saisure cette année, c'est que chacun a compris que dans la culture, il y avait un enjeu de création. Et Dieu merci, la création se porte bien dans notre pays. On a plus de 1700 spectacles qui sont présentés au off, plus de 40 qui sont présentés au donc la création se porte bien. Par contre, si on prend les chiffres de la Cour des comptes et on peut débattre de la nature de ces chiffres, il y a entre de et qu représentations par spectacle sur la diffusion. Sur la diffusion, ça c'est pas beaucoup.
Et là, moi je voudrais faire deux propositions concrètes pour prendre en compte ce problème auquel se heurte toutes les compagnies. Aujourd'hui, la diffusion, elle dépend beaucoup du bon vouloir, de la bonne volonté d'un certain nombre de collectivités. Alors, vous avez dans les Haut-de-Fance plutôt un climat favorable et puis vous avez des régions où au contraire le climat n'est pas du tout favorable. Vous êtes pas incité. En Nouvelle Aquitaine. Il y a beaucoup de soutien à la diffusion. il y a la possibilité de transporter les compagnies pour aller y compris jouer dans d'autres régions et c'est pris en charge par la région.
Donc là, je pense qu'il y a deux initiatives qui pourraient être prises. La première, c'est de créer un fond national de la diffusion. Et pourquoi ? parce qu'aujourd'hui on se rend compte que il y a des systèmes que nous avons inventés qui marchent et nous avons été inventeur de mécanismes culturels qui ont fait école à travers le monde. Et vous pensez auquel par exemple ? Et je pense à l'avance sur recette pour le cinéma 1959. On invente un système où on donne une chance, donc on favorise à la fois l'émergence et on va après permettre de favoriser la diffusion de ces films en les soutenant dès le départ.
Je pense qu'on pourrait avoir de la même façon qu'on a l'avance sur recette pour le cinéma, on pourrait avoir une avance sur recette pour la tournée et donc la tournée serait encouragée par cette avance et serait remboursé sur la base des recettes. Et s'il y a pas les recettes espérées, et bien évidemment ça se transformerait en subvention. On va pas aller endetter les troupes qui auraient gagné ce soutien. Le deuxième effort qui me paraît important et qu'on pourrait faire, c'est une prime au réseau. Moi, je suis très attaché à ce que dans la culture, nous défendions partout l'idée du commun. Et il y a un exemple qui nous est donné cette année par les centres chorégraphiques.
16 centres se mettent ensemble parce qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter un spectacle. Ils réunissent 46000 € et ils achètent un spectacle chorégraphique ensemble qui vont diffuser. Voilà un exemple de diffusion qui se fait par le collectif et je pense que c'est aussi une réponse en même temps à une question que se pose beaucoup de troupes. C'est une réponse à la question bureaucratique. Car dès lors que vous avez un collectif qui s'entend pour créer une œuvre, et bien il faudrait alors considérablement simplifier tout l'ensemble du système d'aide à ces troupes et donc la bureaucratie s'en trouverait complètement allégée. De la même façon, j'en profite puisque je parle de bureaucratie.
Tous les maires de France ont le même problème chaque fois qu'il dépose un dossier de financement. Il doit faire un dossier pour le département, un dossier pour l'intercommunalité, un dossier pour la région et un dossier pour Paris, pour l'État. Et bien faisons en sorte et aujourd'hui la technologie nous le permet, qu'il n'y ait qu'un formulaire, qu'un dossier qui soit le même à transmettre aux différents partenaires, aux différentes collectivités pour le soutien à un spectacle. Cela serait une simplification considérable pour l'ensemble des troupes.
Puisque vous parlez de bureaucratie et de et de subvention, est-ce que vous êtes pour maintenir le fait que les compagnies s'engagent et des contributions ? Une fois qu'on a reçu de l'argent public, on doit, je sais pas, aller passer du temps dans les écoles, faire quelque chose sur le territoire. Est-ce qu'il y a une contrepartie à avoir quand on touche de l'argent public ? Alors le contrepartie sur le fond fil à la patte et en particulier euh engagement qui puisse être une façon détourner politiquement de peser sur une compagnie en aucun cas.
que nous ayons le souci de démultiplier la capacité de rencontre avec les publics et qu'on puisse prévoir un certain nombre de clauses consistant à avoir des exercices de médiation culturelle, à avoir des résidences d'artistes qui puissent accompagner un spectacle. Là, je crois que c'est une bonne chose parce que cela fait écho. Jouer une pièce, c'est une chose. C'est autre chose et il est nécessaire ce travail. Je pense que donner le mode d'emploi, donner la possibilité à des jeunes ou des moins jeunes de rentrer dans ce qui fait un spectacle, la construction d'un spectacle, ça passionne les gens.
Vous savez, les vidéos qui marchent le mieux sur TikTok ou sur Instagram, c'est toujours les coulisses. Or, un spectacle, c'est magique. La préparation d'un acteur c'est magique. Comment on fait ? Comment on transforme un texte au départ qui peut paraître inerte en quelque chose de flamboyant ? Comment chaque acteur habite son rôle ? tout cela passionne et peut créer des vocations. Donc je pense que de ce point de vue-là, le spectacle vivant est un art vivant et il est important que dans la collectivité on puisse faire ce travail.
Et c'est pour ça, je vous dis pas ça pour agrandir et et alourdir les contraintes des artistes, mais je crois que ça doit s'accompagner d'une vision plus large et là je vais toucher un sujet très prudemment beaucoup plus important qui est celui de la question du statut de l'artiste. Euh je suis très attaché au statut de l'intermittence et il n'est pas question d'y toucher, question de le consolider.
Donc à à la question qui est régulièrement posée du patronat qui veut passer d'un côade d'heure de 507h à 557 he là je dis non mais je pense que l'intermittence pourrait s'insérer dans un statut plus large puisque nous le savons, beaucoup d'artistes aujourd'hui échappent à toute protection et on a besoin d'accroître la protection des artistes je pense y compris pour les les intermittents, on peut faire beaucoup mieux sur les conditions de travail. Et donc moi, j'aurais envie de proposer, mais je ne le fais pas de façon brutale. Je pense que ça doit partir d'une concertation.
Je pense que l'ensemble de la profession gagnerait à se structurer davantage et je pense qu'une union professionnelle pourrait être créée pour étudier cette proposition. Et cette proposition consisterait à distinguer trois étages dans le statut de l'artiste. Un étage pour les émergents qui permettrait de garantir un revenu de 1000 €. sous la forme d'un impôt négatif.
C'est-à-dire si on a fait gagner 600 € et bien on aurait automatiquement la possibilité d'accéder à 1000 € dès lors que on aurait rempli un quota d'ur et un deuxème étage serait celui de l'intermittence et un 3è étage serait celui des artistes qui font partie du star système pour faire cours et on essaierait de trouver la plus grande solidarité entre l'ensemble de ces artistes et je pense que face à l'émiatement des situations aujourd'hui face à la précarité des situations aujourd'hui. Cela cela aurait l'avantage de consolider bien sûr la situation des intermittents, mais aussi de pouvoir répondre à la situation des artistes qui eux ne bénéficient aucune protection.
Donc ce qui voudrait dire étendre éventuellement l'intermittence par exemple aux auteurs. On a beaucoup entendu ce de mesure. Alors à partir du moment parce que les auteurs, moi je suis auteur pas c'est pas le fait d'avoir fait trois articles dans l'année qui normalement devrai vous permettre d'accéder véritablement au statut d'auteur artiste. Donc oui, ce ceux qui vivent de cela ou ceux qui veulent en vivre bien sûr pourraient ainsi voir leur statut s'étendre et bénéficier de ce statut de l'artiste. Donc vous êtes pour maintenir l'intermittence telle qu'elle est, consolider l'intermittence.
mais essayer de construire pour l'ensemble du secteur un statut de l'artiste qui pourrait leur donner une visibilité. Je crois que la précarité ça peut être stimulant un instant, mais je pense que pour toute cette profession et qu'on a besoin de donner de la visibilité. Je reviens sur les collectivités territoriales car beaucoup de compagnies ou de théâtre sont en face de leurs élus régulièrement au quotidien. On a parlé de sens, on en reparlera peut-être, mais quelle place verriez-vous ? Quel équilibre trouveriez-vous entre l'État et les collectivités territoriales ? Aujourd'hui, l'argent de la culture, il est principalement aux mains des collectivités territoriales.
Ce qui a éventuellement donner ces cas de censure. Comment répartiriez-vous ce budget ? Alors, le le budget, j'allais dire, il se réparti naturellement puisque pour ce qui est des collectivités territoriales, c'est leur budget et l'État n'a pas la main sur ce budget. Donc, l'État peut décider d'un certain nombre de nouveaux dispositifs et c'est en ça que l'État doit être imaginatif. Mais l'État, il a une fonction très précise. Il est d'abord garant de l'égalité euh et de l'égalité sur l'ensemble du territoire. Et donc, mais les régions ne sont pas riches au même endroit.
Et bien justement, c'est pour ça que la péréquation doit être une préoccupation de l'État, la garantie de la liberté aussi. On a une loi de 2016 qui est structurée pour défendre la création et on voit bien que cette défense de la création, elle risque d'être très fortement sollicitée dans les prochains mois et les prochaines années. Donc comment on fait ? Le délit d'entrave par exemple, c'est quelque chose de très difficile à prouver. Alors, on a des cas très différents, hein, qui concernent des mouvements politiques extrêmement différents. La situation il y a quelques jours de bar de barbare àabouche n'est pas la même que celle d'Alexis Michaliqu.
Donc, il faut prendre en compte ces situations mais il est important de défendre la création. Donc je pense que l'État doit être le garant défendre un certain nombre des grands principes républicains qui sont les nôtres et il doit penser l'avenir de notre système culturel en anticipant toutes les difficultés que nous allons rencontrer. Je prends un exemple. Je sens progressivement un déséquilibre qui est en train de s'installer dans le spectacle tel qu'il existe dans notre pays entre les grandes machines, les grandes jauges, les spectacles qui sont plus de 1500 places et bah les petites salles qui sont confrontées évidemment à des problématiques très différentes.
Tout ce qui peut aller dans le sens de la solidarité va dans le bon sens et moi je serais personnellement favorable. C'est le système qui a été retenu à Liverpool où il y a euh une activité artistique très très considérable. Et bien les grandes jauge contribuent pour 1,50 € sur le prix du billet. C'est des billets qui sont à plus de 6080 € donc c'est pas majeur dans le prix du billet pour défendre les petites salles, la programmation dans les petites salles et l'activité des troupes dans ces petites salles. Donc c'est un effet de redistribution entre les grandes machines et les petites.
[applaudissements] L'intérêt l'intérêt c'est qu'aujourd'hui 1 % 1 % des des manifestations qui sont organisées produisent 36 37 % des recettes. Ce qui veut dire qu'évidemment une tournée d'une semaine de Taylor Swift, si elle l'avait pas lieu en Allemagne mais avait lieu en France plus c'est l'indion, bah vous avez fait le tour quasiment très vite de ce que pourrait être une part substantielle des recettes dans notre pays.
et bien on doit compenser parce qu'on voit effectivement et c'est très bien qui est la dynamique du standup, qui est la dynamique de la chanson, qui est la dynamique des grandes salles mais préservons la création et la diffusion dans toute une série de salles dans des salles d'arrêt d'essai dans du théâtre expérimental qui mérite lui d'être protégé. Donc l'État, il doit inventer des mécanismes. Je citerai deux autres mécanismes de financement parce que j'ai cité plusieurs postes de déf de dépenses et il faut bien évidemment se préoccuper des recettes.
Mais moi, je suis intéressé à l'idée qu'on puisse réfléchir, je dis bien réfléchir, c'est un sujet sensible, à ce qu'il y ait une redevance sur les œuvres du domaine public. Euh notre ami Victor Hugo en 1878 au congrès littéraire avait fait la proposition justement et la formule était saisissante, il faut que le mort saisisse le vif. Et donc il est pas totalement anormal que les œuvres immémoriales du passé, les grandes œuvres qui tombent dans le domaine public au bout de qui tombent dans le domaine public puisse financer une part de la création et qui a donc une partie de cette redevance qui puisse financer la création nouvelle. De la même façon, je m'interroge.
Autre sujet très sensible, je le dis très légèrement, pourquoi ne pas avoir une redevance sur les artistes décédés, les auteurs décédés ? Alors évidemment, ça revient normalement aux ayants droits pendant une période assez longue, mais je pense qu'il serait bien que là aussi ces auteurs, par solidarité, ceux qui ont particulièrement bien marché, il serait bien qu'une qu'une partie de cette redevance infime puisse contribuer à la création et à la diffusion des œuvres d'aujourd'hui. Donc tout ce qui peut dans la culture parce que je pense que c'est l'ennemi de la démocratie et c'est l'ennemi de la culture.
Nous sortir de l'individualisme, nous sortir de l'égoïsme, nous sortir du tête à tête avec la machine est une bonne chose. Et après tout, la solidarité entre les vivants et les morts, c'est bien. La solidarité entre les grands et les petits, c'est bien. et de la même façon que les grands du Star Système puissent être amenés à contribuer eux aussi dans le cas d'une solidarité interprofessionnelle avec la situation des artistes qui eux sont en plus grande difficulté ou émergent, ça me paraît également une bonne chose. Donc la solidarité privée publique, ça fait partie de de votre panorama. Est-ce qu'on maintient le messenat ? Est-ce qu'on maintient les avantages fiscaux sur le messenat ?
Est-ce que le privé peut faire partie de cette solidarité ? Alors, ça c'est un sujet très passionnant parce que ça nous oblige à regarder ce qui se passe ailleurs. Et euh en voyageant beaucoup euh j'ai pu constater que le Messena fait vivre des systèmes culturels entiers. Le système américain repose pour l'essentiel sur le messen la contribution de Washington à la politique culturelle des États-Unis, c'est plus une tronçonneuse que qu'autre chose.
Donc le Mcénat peut apporter quelque chose et il faut se réjouir que nous ayons quelques milliardaires qui créent des musées privés même si on pourrait penser que l'État ne devrait peut-être pas être aussi généreux qu'il l' avec l'argent du contribuable. Donc pensez le mécenat de façon adaptée. Mais à ce messenat qui est très largement un mcenat de grande fortune, il faut ajouter d'autres formes de messenat. En particulier, je suis pour un messen qui puisse se développer à l'échelle des régions. Moi, je suis très frappé de voir qu'il y a un secteur dont on parle très peu en France qui est celui des donations et des leges.
Il y a un certain nombre de responsables politiques qui ont bénéficié de donations et de leg. Encourager dans une région le leg à la faveur de la culture, c'est quelque chose qui mériterait d'être beaucoup mieux défendu et beaucoup mieux connu. Mais donc encouragé fiscalement. Alors, encourager bien sûr fiscalement euh faire en sorte que euh ces donations ou ces legues puissent être bénéficiaires de franchise pour tout toute ou partie euh d'un héritage. On on l'oublie. Mais nous allons avoir dans les 10 prochaines années 9000 milliards d'euros qui vont changer demain. Ça va être la grande transmission de fortune dans notre pays dans les 10 prochaines années.
Qu'il y ait une partie de cette fortune qui puisse aller vers la culture et vers l'arg, c'est une bonne chose. Mais c'est pour ça qu'en déclinant qu'il y ait un messenat de Grande fortune, qu'il y ait un messenat régional et qu'il y ait aussi un messenat populaire. Le mcénat populaire, c'est la possibilité de donner 20 € et de défiscaliser ces 20 €. Après tout, chacun peut souhaiter allouer une partie de son impôt au bénéfice d'une action collective comme la culture ou des troupes locales ou régionales.
Donc je crois que le fait d'associer activement le citoyen, c'est une façon d'amener plus de participation dans la Moi je le dis pour l'État, le collectif et le commun, c'est sans doute la mission la plus importante dans le domaine de l'art. Je ferme la parenthèse sur le privé, je reviens un instant sur les territoires. Vous l'avez cité tout à l'heure, mais en décembre 2024, Christelle Morané a réduit de 62 % les aides au fonctionnement de 500 structures culturelles. Que lui répondez-vous ?
Et vous l'avez dit, l'État ne peut pas agir sur le budget des collectivités locales, mais est-ce qu'on ne pourrait pas sanctuariser une partie du budget pour que les compagnies du toute une région évitent de se retrouver sans plus de financement du jour au lendemain ? Alors, c'est un cas d'école et il faut toujours réfléchir sur les cas d'école parce qu'il y a des leçons à tirer. Première leçon, dans le cas des pays de la Loire, euh s'en est suivi immédiatement une polémique sur le montant réel alloué à la culture dans cette région avec des chiffres extraordinairement différents donnés par les uns et par les autres. La confusion, c'est l'ennemi de la démocratie.
Moi, je suis pour qu'on ait en France une instance d'évaluation à l'échelle nationale qui puisse fixer la réalité des engagements notamment en matière culturelle et à partir de là constituer un tableau de bord. On a régulièrement dans le point et dans l'express dans les magazines, on a le tableau de bord du coût de la santé en France, des meilleures écoles. Moi, j'ai jamais vu de tableau de bord de la culture dans aucun magazine. C'est quand même une initiative qui serait à prendre. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut qu'on ait des indicateurs parce que on peut chiffrer le nombre de troupes, le nombre de représentations dans une région.
On peut chiffrer ce que dépense véritablement un département ou une commune. Et je crois que c'est l'émulation, la stimulation qui est un gage de la démocratie. Dans la mesure où culture et démocratie vont ensemble, et bien il faut renvoyer aux régions qui décident de couper dans leur budget la responsabilité d'avoir à rendre compte de cette situation. Donc c'est à mon sens un élément très important. Deuxièmement, nous avons à réfléchir à partir de la loi de 2016 qui est une loi qui malheureusement n'a pas de dents, c'est-à-dire qu'elle elle prône la liberté de création, mais c'est une loi qui n'est pas armée.
Or, nous devrions être capables euh de euh faire en sorte, par exemple, par une responsabilité des collectivité sur un programme qui a été engagé, d'apporter leur garantie si le programme est annulé, si euh la ville de Castre avait dû rembourser l'homme de théâtre qui prévoyait de faire son spectacle et l'ensemble de l'investissement qui a été fait pour la troupe, il y aurait réfléchi à deux fois. Donc je suis pour qu'on fixe les responsabilités, qu'on situe les responsabilités et que juridiquement la loi puisse être armée de façon à placer chacun devant la nécessité de rendre compte à la collectivité. Aujourd'hui, il faut ne pas être innocent. Aujourd'hui, c'est un atout.
Ceux qui combattent la culture entendent en tirer parti. Ils en font une arme de populisme. Ils estiment qu'ils sont à partir de là plus populaires et qu'effectivement dire une un spectacle qui va aller raconter l'histoire d'un erréen qui rejoint l'Europe. Après tout bah après tout, on s'en fout. Donc euh euh je vais gagner des voix de façon parfaitement démagogique, comme si ne pas comprendre ce qui se passait dans la tête d'un jeune garçon qui quitte son continent pour venir ici, c'était pas important pour apporter une réponse en matière de politique, d'immigration. Donc la capacité de se mettre à la place de l'autre, [applaudissements] c'est un élément majeur.
Et la culture, la culture c'est justement cette chance de pouvoir sortir de soi-même. Et c'est en ça que chacun doit être comptable de la politique qu'il mène. Et je pense que pour les citoyens, que l'État fasse en sorte que les communes et les collectivités qui prennent des décisions en ce sens aient à en payer les prix me paraît une bonne chose. On a eu beaucoup de rencontres avec les professionnels et tout le secteur culturel sur ces censures que vous évoquiez au début de notre entretien. Et beaucoup ont dit que un des problèmes c'était qu'ils n'arrivaient plus à dialoguer avec leurs élus ou que les élus simplement ne comprenaient pas ce qu'ils étaient en train de faire et leur métier.
Il y a eu euh une idée de formation aux élus, à la culture. Est-ce que c'est quelque chose qui serait selon vous profitable ? [rires] Alors, c'est vrai que on l'a vu puisque Rud Vallois nous en nous en sommes à notre 8e ministre de la culture en 10 enfin pas en 9 ans. Donc c'est pour vous dire que c'est difficile de prétendre avoir une politique culturelle. D'ailleurs Emmanuel Macron a été franc, il ne voulait pas mener de politique culturelle et il l'a prouvé. Et nous sommes devant une situation où personne n'est responsable aujourd'hui en France de ce qui est en train de se passer en matière culturelle. Et la vérité c'est que la rue de Vallois s'est transformée en un guichet.
Ce sont des administrations, des commissions et et des guichets. Il y a pas de politique culturelle, il y a pas de vision à long terme de la culture. Donc ça c'est un manque cruel. Et il est très important effectivement que les élus mesurent que leur responsabilité c'est pas seulement une responsabilité économique sociale selon les échelons de collectivité mais que faire vivre un territoire surtout des territoires qui aujourd'hui sont face à des menaces très importantes. On va avoir une vague de licenciement à l'automne. Vous imaginez la détresse sur un certain nombre de territoires à partir d'entreprises qui ferment d'un avenir qui s'obscurcit. Euh tout ça euh la culture a des réponses.
Euh la culture, d'abord on l'oublie, les industries culturelles, c'est 1 million d'emplois dans notre pays, c'est 100 milliards euh de chiffres d'affaires. Et moi, je suis pour qu'on reconnaisse à ces industries culturelles le rôle de filière stratégique et que à partir de là, il y ait véritablement une capacité à pousser beaucoup plus loin notre ambition. Quand vous regardez la le coréen et la langue invitée, regardez comment la Corée à partir d'une crise, la crise de 97 a su constituer une industrie culturelle parmi les plus performantes du monde. B J'ai eu la chance d'aller en Corée.
Bah la Corée, c'est pas un très grand pays ni par la taille, ni par l'économie, mais c'est une immense ambition et c'est peut-être ça qui fait défaut. Donc oui, que les élus comprennent mieux les mécanismes de la culture, qu'ils en comprennent la richesse, c'est-à-dire la diversité. Ce qui fait vraiment le trésor de la culture française, c'est sa diversité. Et la diversité, ça implique qu'on donne la parole à des gens qui ne pensent pas comme vous. C'est pas parce qu'on est choqué par un spectacle que il ne faut pas que ce spectacle se produise.
Et je j'apprécie tout à fait ce que Xavier Bertrand a dit quand il disait "C'est pas à moi, président de région à choisir les spectacles qui vont être montrés. Moi, je suis pas là pour ça." Et la culture, de ce point de vue-là, c'est d'abord la responsabilité des pères. Et les pères, ce sont ceux qui savent, ce sont ceux qui connaissent, ce sont ceux qui ont la possibilité de donner un avis.
Et là, je pense qu'il y a vraiment de ce point de vue-là euh intérêt pour toute pour toute pour toutes les collectivités à se tourner davantage vers les artistes et effectivement pourquoi pas leur faire un stage, on pourrait parfaitement imaginer qu'il puisse faire un petit séjour de médiation à l'intérieur d'un certain nombre de nos de nos institutions culturelles. Une autre des grandes revendications de ce festival, c'est le 1 %. Vous avez dû le voir en en déambulant dans Avignon. Est-ce que vous, président, vous assureriez ce 1 % du budget ou du PIB ? Bon, on on va vous pouvez peut-être nous dire à la culture.
Alors, si je ne si je me retenais ou si je me retenais pas plutôt, je dirais je dirais une vacherie. Allez-y. Tous ceux qui se sont succédés ici pour prendre l'engagement du 1 % qu'il s'agisse du PIB ou qui s'agisse du budget ne disent pas tout à fait le fond de leur pensée. C'est-à-dire ben c'est-à-dire que aujourd'hui il y a à peu près aucune chance qu'on puisse quel que soit le président de la République tenir ce paris. On est à 07 aujourd'hui hein. Oui. Oui. Ben oui justement. Et donc je pense que si le prochain président de la République et la prochaine présidente arrive à maintenir le budget et à le sanctuariser, ce sera déjà immense. Pourquoi ?
La situation de notre pays et je sais que on a tendance dans certains partis à jongler avec les centaines de millions très facilement. Mais le redressement budgétaire, c'est un effort colossal qui nous attend pour les 5 prochaines années. Et ce redressement budgétaire s'accompagne d'une nécessité d'investissement d'avenir dans le domaine écologique, la transition verte, et dans le domaine technologique, l'intelligence artificielle. C'est des centaines de milliards qui vont être dépensés dans ces domaines si on veut pas tout simplement que la France tombe en 3è catégorie ou devienne une démocratie illibérale. Donc la culture, il faut la défendre Mordicus.
Sanctuarisons le budget de la culture. Donnons-nous pour objectif de faire 1 % mais ne croyons pas trop vite au père Noël. Je crois qu'il va falloir ceinture et bretell se battre pour garder ce que nous avons. Et ça ça implique déjà de mener le combat contre ce qui nous menace le plus aujourd'hui, c'est les plateformes et l'intelligence artificielle. Et je vous dirai un mot là-dessus. Oui. Oui. Allons-y.
La première chose, c'est que de la même façon qu'on a défendu à travers les droits de l'homme, on a défendu les corps 1948 et 1789, et bien aujourd'hui aujourd'hui il s'agirait de défendre les esprits et je suis pour qu'on intègre dans la Constitution une déclaration des droits cognitifs parce que la protection de ces droits, elle est loin d'être assurée. Vous savez quand vous êtes parents, jeunes parents aujourd'hui et qu'il faut mener combat tous les soirs avec des enfants qui sont attachés à leur portable et sur leur réseau avec ou sans interdiction parce qu'à VPN vous doublez toutes les interdictions possibles.
Donc tout ça c'est ça fait joli dans les journaux mais la réalité c'est que l'interdiction elle tiendra pas ou très peu de temps. Donc dans ce contexte là, vous vous rendez compte que le cerveau, l'esprit est aujourd'hui attaqué dans toutes ces dimension et que la capacité à retenir votre attention, à garder et préserver votre attention, c'est un combat central de nos pays. Donc une déclaration des droits cognitifs et une déclaration à l'échelle de la France absolument dans la Constitution et qui aurait vocation après à mener combat. Vous savez, j'ai mené deux combats culturels importants euh au quand j'étais en aux affaires, si je puis dire, en en de en 93.
En 1993, j'étais le directeur de cabinet du cabinet d'Alain Jupé et nous avons mené le combat pour l'exception culturelle au sein du GAT. Et quand j'étais premier ministre, en 2005, nous avons mené le combat pour la charte de la diversité culturelle. Et c'est toujours par des combats qu'on fait les percés. L'avance sur recette, c'est un combat et nous l'avons gagné. Le prix du livre, c'est un combat et nous l'avons gagné. tous ceux qui ne nous ont pas suivi sans mordre les doigts, je pense en particulier à nos amis britanniques.
Donc il faut que cette déclaration des droits cognitifs puisse entraîner bien sûr d'autres pays, mais c'est reconnaître tout simplement qu'aujourd'hui nos esprits, notre attention est menacé et croyez-moi, vous allez voir dans les prochaines années au sein des familles une inégalité inouie entre les enfants qui auront été mangés par les réseaux sociaux et par les algorithmes et ceux qui sont sortis indemmes de cela. Vous allez voir l'addiction, les conséquences de l'addiction. Il y a le narcotrafic aussi la question de la tension qui est un combat à mener. Deuxème élément
[applaudissements]
deè élément je suis pour qu'on puisse imaginer une zone, j'allais dire de désintoxication mais de dépollution cognitive.
J'aimerais que beaucoup et de façon croissante d'institutions de notre réseau, petites et grandes salles, petits et grand lieu, puisse être des espaces où les réseaux ne passent pas, où on puisse laisser tomber ce fil à la pâte, ce fil à l'esprit qui nous tient en permanence et qu'on puisse avoir ces moments de liberté réelle et qu'on découvre que on vit mieux et qu'on pense mieux sans avoir en permanence cet engin qui fait que quand vous allez au restaurant et que vous voyez des jeunes couples certainement très amoureux mais qui discutent à travers leur machine et qui au bout du compte n'ont plus grand chose à se dire.
Le temps d'une pièce de thé tragédie pardon le temps d'une pièce de théâtre par exemple. Le temps d'une pièce de théâtre le temps d'une médiathèque le temps d'une bibliothèque. Je crois que le temps d'un musée. Je crois que apprendre à vivre sans va devenir un luxe. Et je vous fais le paris. Nous allons voir se développer un tourisme d'hyperluxe où on vous vendra l'absence totale de connexion. Vous viendrez passer une semaine dans des lieux de rêve où personne ne sera susceptible de vous déranger. Et ça c'est le luxe suprême.
Donc ça c'est quelque chose qu'il faut avoir en tête et je pense que mener cette bataille c'est essentiel et je crois alors ça c'est un élément essentiel sur le plan financier pour financer tout ce qu'il y a à financer. Les grands gagnants aujourd'hui sur le plan financier, c'est les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle. On a une règle dans la politique culturelle française, c'est que on vient taper successivement tous les grands diffuseurs. On a commencé par le billet de cinéma au lendemain de la guerre, puis après on l'a fait pour la télévision, puis après on l'a fait pour la vidéo et après on a continué à le faire avec d'autres formes.
Et bien aujourd'hui, il y a deux secteurs qui échappent complètement à ça. C'est les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle. Or, il faut qu'on aille chercher tout l'usage qu'on et les réseaux sociaux, les plateformes et l'intelligence artificielle, tout l'usage qu'ils ont d'un acquis culturel. Aujourd'hui, vous avez une multiplication des copies en particulier sur Spotify et cetera. Vous avez la moitié du trafic qui est constitué de euh pièces artificielles. Donc première chose, il faut qu'il y a un label, qu'on sache qu'il y a un label qui indique que ce soit écrit dessus quoi, qu'on dise clairement que c'est avec recours à l'intelligence artificielle tout ou partie.
Deuxièmement, il faut une taxe à la copie à la copie privée et qu'on rémunère l'auteur qui a été détourné. C'est très sympathique si vous aimez une chanson de Julien Clair et que vous la chantez ou de Balavoine et que vous la chantez dans votre salle de bain en écoutant Spotify, mais au moins qu'on rémunère pour une part l'auteur, le créateur initial. Donc il faut qu'on puisse véritablement taxer à la fois en droit d'auteur mais taxer aussi dans l'enrichissement de ces plateformes puisqu'elles sont nourries à partir d'un certain nombre de de d'éléments d'information et qu'il y ait une présomption que ces éléments d'information sont tel et tels et qu'il y ait une redevance.
Donc, je suis qu'il y ait une double redevance à la fois à l'auteur et en même temps d'une manière plus générale contribution à la politique culturelle qui permettrait justement euh de faire en sorte que ce qui est emprunté à notre savoir culturel, si vous prenez tout le savoir-faire de le de la bibliothèque nationale ou d'une bibliothèque spécialisée, il est pas normal que vous n'ayez rien à payer en retour. Mais ces redevances dont vous parlez euh elles elles suffisent à l'échelle nationale ou est-ce qu'il faut les étendre à l'échelle européenne voire mondiale ? Alors vous savez ça c'est c'est une vieille affaire en matière en matière internationale. Euh c'est comme toutes les taxes.
Euh il faut commencer par soi-même. C'est ce que Jacques Chirac avait fait pour la taxe sur les billets d'avion quand il voulait trouver une réponse au sida ou un certain nombre de maladies en Afrique. Et ben, il a commencé par le faire avec deux trois pays. Commençons avec quelques-uns, soyons pionniers. Vous savez la France, on n' pas vocation à faire partie du groupe des moutons de panurge. On a vocation à faire les choses différemment. On a inventé l'exception culturelle. Et bien continuons, soyons en tête. Et c'est ça qui fera que notre politique culturelle sera vivante, toujours créative et toujours inventive.
Donc je crois qu'il faut bien sûr euh la mettre en place d'abord et puis faire en sorte à l'échelon d'Union européenne qu'on puisse entraîner d'autres pays. Euh l'Europe doit prendre conscience que le grand risque pour nous européens, c'est que nous n'ayons jamais à livrer la bataille culturelle et que nous perdions notre culture sans avoir jamais livré combat. Rappelez-vous, nous n'avons pas mené le combat sur la question des tarifs douigners à Turnbury. Madame Ursula Vegalen a levé le pouce en signe de victoire alors qu'elle avait tout lâché. Le résultat, c'est qu'on n pas mené combat non plus sur les questions numériques.
Certes, Thierry Breton avait fait un bon travail pour essayer de réguler le système, le DSA, le DMA, mais aujourd'hui, nous voyons bien, c'est la principale menace qui nous pend. L'ambition de Donald Trump, c'est d'installer les plateformes numériques américaines en Europe, conquérir les marchés, conquérir les esprits. Et c'est pour cela que Elon Musk a d'ors et déjà fait savoir qu'il soutiendrait Marine Le Pen aux élections présidentielles. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tout son réseau sera au service de de Marine Le Pen. Or, la captation de l'attention qui permet la captation des esprits permet la captation de la démocratie.
Et bien ça, ce kidnapping, on ne doit pas le laisser passer sans mener combat. [applaudissements] Il nous reste quelques minutes avant de finir cet entretien. Mais avant de passer à la conclusion, je voulais quand même vous entendre puisque vous parlez de bataille culturelle sur un sujet qui je crois vous est cher, c'est la francophonie. Est-ce que la défense de la langue française, des langues françaises d'ailleurs, peut être un élément de cette bataille culturelle ? Alors oui, c'est un élément majeur de la bataille culturelle.
D'abord parce que cette bataille de la langue comme véhicule de la culture, comme moyen de partage culturel [rires] avec des sociétés très nombreuses, ne l'oublions pas, l'Afrique en 2050 ce sera plus de 2 milliards d'habitants et en c'est 4 milliards et demi. Donc la francophonie se déplace et l'Afrique sera l'un des grands viviers de cette francophonie.
Donc, soyons capable derrière la langue euh de mettre un partage d'œuvre, un partage de création, une ambition partagée à travers des salons qui devraient pouvoir euh euh être mutualisé euh [raclement de gorge] à camp un grand salon euh d'Avignon quelque part en Afrique qui euh déménagerait pour aller partager avec nos amis africains et des troupes formidables ce savoir-faire que nous avons. Il est évident que l'Afrique sera capable de jouer un grand rôle dans ce domaine dans le futur. Et pareil pour les arts plastiques, pareil pour la musique ou la mode. Donc on a nécessairement à faire accompagner la langue d'une ambition culturelle, économique et technique.
On sous-estime très souvent le poids de la langue dans certaines disciplines. le droit, par exemple, perdre le contact avec le droit, perdre le contact avec la médecine, perdre le contact avec la science. La façon dont on a laissé notre langue être envahie de mots technologiques américains sans jamais chercher, comme le font si bien les Canadiens, à garder le contact avec la réalité de notre langue. Et bien tout ça, ça fait partie d'une pollution cognitive contre laquelle nous devons lutter. Nous avons des mots à nous et ces mots à nous ont une signification et une force que n'aura jamais la traduction américaine du mot. Dernière question, question rituelle pour finir ces entretiens.
Dominique de Villepin, vous arrivez à l'Élysée, quelles sont les trois premières mesures que vous prenez pour le secteur culturel ? C'est un exercice de synthèse. Vous pouvez reprendre certaines que vous avez déjà dites. Alors non, je vais d'abord commencer par une mesure dont je n'ai pas parlé, c'est que j'installe la culture à l'Élysée. C'est-à-dire et ben c'est-à-dire que je mets dans le domaine réservé du président de la République la culture. Donc la culture comme il y a la politique étrangère, il y a les armées et il y a la culture. Bah après tout, on vend des canons et ben essayons de faire en sorte que la culture soit parti prenante.
[applaudissements] Et je pense que si ça ne vient pas du président et bien ça ne viendra de personne. Ce sera comme le fameux ruissellement d'Emmanuel Macron. Le ruisserellement dont vous ne portez pas la dont vous portez pas la responsabilité, il ne vient jamais. Donc la culture comme antidote au monde qui vient, la culture comme antidote au monde technologique, la culture comme antidote au monde impérial, la culture comme antidote au monde marchandisé, la culture comme antidote à la menace illibérale et populiste. La culture c'est la capacité du contrepied.
Vous savez, dans tous les sports collectifs, il y a une technique qui gagne toujours et même dans certains sports individuels comme le tennis, c'est le contrepied. Le contrepied en rugby, c'est ce qui permet de marquer l'essai. Le contrepied en foot, c'est ce qui permet de passer un joueur tout près des buts. Le contre-pied en tennis, c'est ce qui permet de faire une petite balle près du filet là où on attend un lob. Et bien le contre-pied nature même de la culture. La culture ne doit jamais être là où on l'attend. Elle doit vous réveiller la nuit la culture. Elle doit vous conduire à appeler un ami à 3h du matin pour lui dire "J'ai vu un film formidable. Il faut que tu le regardes.
J'ai lu un livre magique. Lis-le tout de suite. La culture c'est ça. La culture c'est cet aiguillon. ce que vous avez planté exactement comme on le fait dans certains fétiches en Afrique et qui réveille non pas une personne mais des milliers et des millions de personnes. La culture c'est peut-être aujourd'hui le seul bien commun qui doit se partager de façon illimitée parce que c'est le seul qui non seulement ne nuit pas à la santé mais c'est celui qui crée du commun. Donc première mesure, la culture s'installe à l'Élysée, c'est-à-dire que la République culturelle est décrétée. Deuxè ambition, la solidarité interprofessionnelle au milieu de la profession par tous les moyens.
J'ai cité la possibilité d'un système du type de Liverpool qui créerait une solidarité entre grande salles et petite salles. La possibilité d'un fond national de diffusion, tout ce qui crée la solidarité dans la profession. tout ce qui crée un pont avec les publics, tout ce qui protège le public et c'est pour ça que j'attache de l'importance, même si ça a une valeur au départ symbolique à inscrire dans la Constitution cet objectif qui est celui de de protéger les esprits de toutes de toutes les machines et puis peut-être dernière ambition faire vivre les territoires.
Et je voudrais que dans tous les bassins de vie de notre pays, il y ait une maison des arts et que cette maison des arts soit adossé à chaque école et que les enfants apprennent les savoirs fondamentaux le matin mais tous les après-midis qu'ils aient la possibilité de s'initier aux disciplines artistiques, sportives et pratique technologique. Ce qui veut dire que cette maison des arts qui aurait aussi son corollaire en maison des sports et maison des techniques aurait la possibilité d'offrir l'épanouissement aux enfants. C'est un formidable déboucher pour un certain nombre d'artistes qui seraient en résidence dans ces différents dans ces différentes maisons des arts.
C'est une formidable possibilité de développement d'activités pour des médiateurs culturels. Tout ce qu'un enfant n'apprend pas jeune ne lui devient pas consubstantiellement indispensable, ne lui devient pas fraternel. Et je veux que la culture soit donnée à chacun non pas seulement comme un savoir mais comme un savoir-faire. Et je pense que nous aurons à côté de cette République culturelle une véritable République des talents. Or, je ne connais pas d'enfant sans talent. Alors, on n'est pas tous bons en math, on n'est pas tous bons en lettre, on n'est pas tous bons en biologie, mais on a tous quelque chose que nous savons faire un peu mieux que le voisin.
Or, un enfant qui à longueur de journée se voit dire par son prof ou par ses camarades, "Tu es nul !" Et bien, il a pas le même destin qu'un enfant à qui on a dit "Ah ben bravo, j'imaginais pas que tu sois capable de faire ça." Donc, faisons confiance à la culture
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et donnons-leur donnons-leur les clés du camion. sur ces mots. Merci beaucoup.
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