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Podcast / conversationyoutube.com· 23 septembre 2026 11 minComplaisantActualité / polémiqueNumériqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

OLIVIER BESANCENOT: " MÉDIAS : EXPROPRIER LES CAPITALISTES QUI N'ONT RIEN À VOIR AVEC L'INFORMATION"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:08OuverteRéponse directe

    Quelles sont vos pistes pour lutter contre la concentration des médias et garantir l'indépendance des journalistes ?

  • 4:56OuverteRéponse directe

    Comment lutter contre la puissance médiatique idéologique de l'extrême droite ?

  • 8:12OuverteRéponse directe

    Faut-il privilégier les médias indépendants ou les grands médias pour toucher le plus grand nombre ?

  • 8:48OuverteRéponse directe

    Est-ce que quand on a une grande annonce à faire, il faut aller la faire sur BFM ou sur un média indépendant ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:22Fait
    « Le NPA par exemple, va pas décider de se présenter à l'élection présidentielle et discuter avec la France Insoumise. »
  • 6:15Fait
    « Péguy disait : "Il faut savoir gueuler la vérité." »
  • 7:38Fait
    « L'information pour moi, ça a un rapport avec l'émancipation, avec l'utilité sociale. »
  • 10:01Fait
    « La gauche institutionnelle, même la gauche radicale, elle n'est pas indemne sur la question de l'indépendance des médias quand elle était au pouvoir. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:08

Merci beaucoup d'être avec nous. Merci de l'invitation. On va commencer. C'est pareil. Le jeu du speed dating, c'est les mêmes questions pour tout le monde. Quelles sont vos pistes à vous pour lutter contre la concentration des médias et garantir l'indépendance des journalistes, que ce soit dans les médias privés ou dans les médias publics ? Alors je vais essayer de faire speed, mais pas dating parce que, en fait, je pense que c'est un sujet de fond. Il y a des expertises militantes beaucoup plus aguerris que moi ici, dans la salle. Je voudrais d'abord partir du fait de répondre à ta question Mais pourquoi la liberté de la presse, l'Indépendance des médias, ça nous dit aussi quelque chose du type de société qu'on veut construire, pas simplement de celle qu'on dénonce.

0:46

La liberté de la presse, l'indépendance des médias et vis à vis du système marchand, mais aussi vis à vis de tout système étatique, bureaucratisé ou non, et de tout pouvoir politique, ça nous dit quelque chose du type de socialisme qu'on veut construire. C 'est à dire où y est en effet des pensées différentes, le multipartisme, des points de vue qui ne seront pas les mêmes, et donc des médias qui vont dire des vérités qui vont aussi nous déranger. C'est à ce titre là, en terme stratégique émancipateurs, que situe l'utilité sociale de l'information. Donc pour répondre à ta question, mais là je vais enfoncer un peu des portes ouvertes, il y a toutes les propositions des états généraux, il y a les propositions qu'on connaît en termes de loi pour lutter contre la concentration, au minimum,

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revenir sur la loi de 86, mais je dirais, revenir peut être à ce qui a été, à un moment donné, la philosophie des ordonnances de 44 et 45 au moment du Conseil national de la Résistance, mais en version 2.0, c'est à dire empêcher la possibilité pour n'importe quel groupe capitalistique d'avoir la mainmise et d'empêcher ce phénomène de concentration qui soit verticale ou horizontale, c'est à dire en nombre de titres ou en termes de toile d'araignée tissée avant ou après la production de l'information. Ce qui implique en effet discuter par la loi du seuil de détention des capitaux. Ça, on peut discuter de ça. On pourrait aussi discuter du fait que des groupes capitalistes qui n'ont, mais rien à voir avec l'information, devraient tout simplement être expropriés de ce domaine là par la loi,

2:08

parce que des marchands d'armes, des marchands de béton, on sait globalement que ce n'est pas l'information qui va les intéresser. Et puis il y a le problème, évidemment

2:20

Il y a aussi le problème des GAFAM qui est un vrai sujet et qui ne doit pas nous tétaniser politiquement et qui ne doit pas nous pousser simplement à nous remettre à des promesses électorales, aussi bien intentionnées soit elles. Moi, je crois à la mobilisation populaire et à la nécessité de se dire que là, on a des groupes qui se constituent assez naturellement sous forme monopolistique, mais dans le domaine privé. Et la question qui se pose, c'est comment on substitue un monopole public à un monopole privé qui existe dans ces différents GAFAM ? Par exemple, dans les GAFAM, vous avez Amazon. Amazon, à la base, c'est une plateforme d'échange de marchandise. Je vous en parle parce que je travaille à La Poste et je peux vous dire qu'au guichet, dans mon guichet, on travaille pour Amazon

3:00

où on se récolte tous les colis d'Amazon. Et de fait, on est devenu un sous-traitant d'Amazon. La Poste fait des profits qu'elle ne nous repartage pas évidemment sur cette activité là, mais là, ça peut paraître très loin du sujet, mais ça ne l'est pas tant que ça. La question se pose par exemple de se dire on va mettre Amazon sous propriété publique dans le cadre d'un service public postal nouveau qui nous évitera évidemment de sortir, par exemple, du shopping à outrance, et simplement répondre de manière coopérative, nouvelle et donc sur les médias. C'est favoriser les nouvelles formes qui sont déjà dans la pratique de financement. Et ce n'est pas moi de le dire qui des abonnements, qui des souscripteurs, des donateurs pour les donations publiques, de les placer, en tous les cas

3:38

sous le contrôle des salariés du public. Donc là on a beaucoup parlé d'un point de vue structurel et aussi donc de de ces géants du web aussi qui impose leurs règles, leurs marchés, tant sur les médias que sur l'économie en général et sur le point de vue des idées, des discours, parce que ces dernières années, et même bien au-delà, on a vu que l'extrême droite avait su diffuser ces thématiques, son agenda politique, culturelle, au delà de son cercle, on va dire stricto sensu, de l'extrême droite. Vous, comment est ce que vous pensez que l'on peut lutter justement sur cette puissance médiatique, on va dire idéologique, qui a su imposer l'extrême droite ? Ça va être une course de fond et pas un sprint. Donc le NPA par exemple, va pas décider de se présenter

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à l'élection présidentielle et discuter avec la France Insoumise. Tout le monde est pas obligé de faire pareil. Mais ce n'est pas le sujet... Parce que pour nous, il y a une élection importante. Mais je voudrais dire quelque chose : si on ne gagne pas au moment de l'élection, camarade, le combat va continuer et le combat va continuer pour des mois et des années. Et dans ce combat, il y a ce que tu soulignais au titre de question, il y a question qui est posée aux militants ou militantes. Est ce qu'on va dans les médias mainstream pour essayer de continuer à participer à la bataille ? Pour les gémonies politiques, c'est toujours une ligne de crête et une ligne de crête. Par nature. C'est toujours casse-gueule parce que nous, par exemple, on a décidé de boycotter

4:56

CNews pour la simple et bonne raison qu'on pense que c'est le service minimum. Cnews devrait être fermé depuis belle lurette. Mais en réalité, la question se pose dans une multitude de médias et y compris dans l'espace, ça a été dit juste avant, même dans l'espace public, aujourd'hui médiatique, on voit que ça va devenir de plus en plus compliqué. Donc il faut mener cette bataille grand public. Mais je voudrais inverser la proposition et c'est pour flatter personne. Mais là, dans le cours autoritaire mondial auquel on est confronté, de mémoire militante, personne n'a été préparé à ça que moi j'appelle une fascisation en cours. On est confronté au problème, ne serait-ce que de la vérité. C'est orwellien. Quand George Orwell revient de la guerre d'Espagne en tant que révolutionnaire

5:34

antifasciste, il dit Il y a un problème, c'est qu'on n'est même plus, on n'est même plus capable, dans les médias anglais, de se mettre d'accord sur la réalité des faits. D'où la formule, qui va reprendre dans 1984, que vous connaissez de plus deux égale cinq et pas quatre, ce qui est la marque du totalitarisme. Et dans ce que font les médias indépendants, mais les journalistes y compris, qui travaillent sur les ondes publiques, même sur des chaînes privées, il y a cette question qui est posée. Et la question qui vous est posée, la bataille pour la vérité, pour moi, elle est éminemment politique : rétablir les faits. Vous savez, il y a Victor Serge qui était un marxiste révolutionnaire, anti stalinien, je le dis à la fête de l'humanité, qui aimait citer Charles Péguy en disant :

6:15

“Péguy disait Il faut savoir gueuler la vérité.” Il faut savoir gueuler la vérité quand on sait la vérité et quand on la gueule pas, quand on sait la vérité, on se rend complice des faussaires et de tous les menteurs officiels. Et je crois que dans ce qui est fait par les médias, il y a énormément d'apports politiques au bon sens du terme dans cette indépendance. Mais les médias ont joué dans les grandes pages de l'histoire de l'émancipation de ce pays, indépendamment ou non des rôles éminemment politiques. Donc il faut favoriser cette indépendance aussi pour ça. Raison pour laquelle je ne peux pas... D'abord, je suis candidat à rien, je postule à rien. Mais simplement politiquement dire qu'on a besoin d'avancer ensemble dans l'indépendance et l'autonomie respective, ce n'est pas à moi

6:56

dans le détail de dire, par exemple, si les médias alternatif, doivent avoir ou pas leurs chaînes sur les réseaux hertziens. Je comprends. Des fois, ça m'est même arrivé de soutenir l'initiative parce que je comprends pourquoi. Mais de mon point de vue politique, l'enjeu il est plus simplement d'avoir notre CNews à nous. Ça suffira pas. Ça suffira pas d'avoir un milliardaire rouge qui va substituer un milliardaire brun, si vous voyez ce que je veux dire. Ça ne suffira pas non plus. Le problème, il est différent. Et l'accès à l’information, cette logique libérale, je crois qu'elle traverse, y compris tous les médias, pas simplement dans la logique de précarité qu'on connaît, avec évidemment celle du journalisme qu'on connaît, mais aussi dans la pratique du journalisme lui même.

7:38

L'information pour moi, ça a un rapport avec l'émancipation, avec l'utilité sociale. Donc par exemple, je ne sais pas si les articles doivent avoir de l'impact par nature, que ça s'invite dans la profession, l'impact de l'article. l'article, ça doit faire si, ça doit faire ça. Non ! Un article c'est sur le long court je crois. C'est l'accès à l'information, à la vérité, à la transparence. Et ça, c'est se dégager de la dictature du profit immédiat. Et je pense que ça vous concerne aussi.

8:12

Vous parliez de stratégie politique de en tant que responsable politique ou personnalité politique ou est ce qu'on va pour parler, Vous disiez que vous boycottez CNews. Est ce que quand on a une grande annonce à faire, il faut aller la faire sur BFM parce qu'il y aura des millions de gens qui la regardent ? Où est ce qu'il faut aller la faire sur un média indépendant parce que ça va faire grossir le média indépendant ? C'est une question qui se pose sur est ce qu'on donne de la force à un média indépendant, mais du coup on moins vu où est ce qu'on essaye de toucher le plus gros monde parce qu'on est en bataille culturelle ? Ce que j'essaie d'expliquer c'est que c'est un point d'équilibre à trouver. Moi je pense que quand on est militant politique, il faut être le plus tout

8:48

terrain possible, y compris y compris savoir jouer à l'extérieur, mais pas sur le terrain politique où on joue à l'extérieur. Donc des fois c'est casse gueule. Je ne fais pas d'une théorie le fait de ne pas participer à Cnews. Mais parce que je me souviens qu'à l'époque, moi c'est CNews, j'y vais pas depuis Zemmour, Nos camarades n'y vont pas depuis Zemmour parce que collectivement, politiquement, on s'était dit on n'y va plus. Bon, ça n'a pas tenu super longtemps. Donc moi, politiquement, je ne serais pas contre qu'à gauche, dans la gauche radicale et plus si affinité, on se dise vas-y collectivement, on a une marge de conduite à suivre, même si on n'est pas tous d'accord sur tout. Moi ça ne me dérange pas, il n'y aura pas de problème. Je ne cours pas particulièrement après la lumière.

9:23

J'ai joué ce jeu là aussi. Je connais les limites du genre et c'est pour ça que je renvoyais la balle. Dans ce qui est fait par les médias indépendants, il y a l'accès à l'information, à la réflexion, ce qu'on a du mal à faire passer sur un plateau. Même dans les séquences où moi parfois, je me fais violence pour y aller parce qu'il y a une lutte de classes importante, je sais qu'en général, quand je reviens au boulot en disant ouais, c'est bien, tu en as plafonné deux, trois et tu dis ouais mais en vrai, ok. T'as vu, j'ai essayé de dire un truc, c'est difficile, donc je ne vais pas faire de théorie sur le sujet. Et je pense qu'il faut se méfier des théories sur le sujet. Ça c'est des questions tactiques. La question stratégique, c'est ce qu'on veut véhiculer ou pas en terme d'information.

10:01

Et ça c'est extrêmement important. Ça concerne les partis de gauche parce que la gauche institutionnelle, même la gauche radicale, elle n'est pas indemne sur la question de l'indépendance des médias quand elle était au pouvoir. C'est pour ça que je parlais des promesses. Moi, j'entends toutes les promesses politiques de gauche, il n'y a pas de souci. Et j'entends même que des fois, on renvoie la balle sur le terrain des mobilisations. C'est vrai pour les médias, c'est vraiment général. Si la gauche a foiré dans le passé, c'est parce qu'il n'y avait pas de luttes. Non, camarades, quand la gauche a été pouvoir en France ou ailleurs, il y avait des luttes, des luttes sociales. Si ça a foiré, c'est parce que la gauche, quand elle était élu, elle a mené une politique de droite.

10:35

Donc les promesses, on ne les prend jamais avec des chèques en blanc. Et la mobilisation, elle est en continu, en permanence, au jour le jour. Ça concerne aussi la question de l'indépendance et la question de la liberté. La Presse Merci beaucoup Besancenot. Pour être passé, Solidarité avec les pigistes.