Jean-Luc Mélenchon est lancé pour la présidentielle !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Sud Radio, [musique] la France dans tous ces États, le fait du jour. Jean-Luc Mélenchon tenait hier son premier meeting de campagne à Saint-Denis devant les tombeaux des rois, hués par ses partisans. La symbolique était forte puisque Jean-Luc Mélenchon défend sa Nouvelle-Fance et son cortège de polémique.
On débriefe aujourd'hui avec le directeur de la nouvelle revue politique Arnaud Benedetti. Bonjour. Bonjour.
Bonjour Arnaud Benéetti. Merci d'être en direct avec nous sur Sud Radio. Cette station que vous connaissez bien et qui vous apprécie énormément.
J'ai besoin de vous pour décrypter ce grand instant politique que nous avons vu le donc samedi. Euh Monois Mélenchon, c'est un cri de guerre hein. Mon Si, c'est le cri des rois de France.
Et là, on était devant la basilique nicropole et on a entendu un véritable cri de guerre. Ça veut dire que Arnaud Beneditti, cette campagne politique pour la présidentielle sera une campagne militaire ou militante ? En tout cas, ce qu'il a voulu euh montrer hier, c'est que il avait une capacité de mobilisation impressionnante puisque il y avait manifestement plus de 10000 participants à ce premier meeting de campagne à Saint-Denis dans une ville symbolique, alors symbolique, vous l'avez rappelé, pour l'histoire de France, mais symbolique pour la courte histoire de LFI puisque en effet, ça fait partie des villes conquises par LFI lors des dernières élections municipales.
Cette démonstration de force avait récemment l'objectif d'impressionner ceux qui sont ces concurrents à gauche. Au moment où à gauche, on aperçoit une très grande difficulté pour trouver un candidat qui dans le camp réformiste de gauche puisse réunir ce camp réformiste. Lui, il fait la démonstration que il a un appareil militant qui est organisé, vertical, discipliné et enthousiaste.
Donc dans la précampagne, dans le tour de chauffe dans lequel nous sommes rentrés, dont son propre sa propre zone de chalandise électorale, il a indéiablement marqué des points. Il a marqué des points d'ailleurs depuis la déclaration de sa candidature. En fait, il y a une espèce de contraste entre d'un côté un appareil militant extrêmement bien organisé, extrêmement mobilisé, capable de faire venir des milliers de militants et de sympathisants.
Et puis de l'autre côté un champ politique qui à gauche reste émetté Balcané indéci. Alors Arnaud Benedetti, vous nous parliez de justement de zone de challandise justement il est dans il est à Saint-N j'allais dire en territoire conquis dans un milieu urbain. On va écouter on va écouter ce que Jean-Luc Milenchon a expliqué à nos confrères de radio Nova.
Pourquoi il ne perdait pas son temps à faire campagne dans la France rurale. Écoutez-le. On a plus vite fait en zone rurale de s'enfermer entre soi, entre gens du même habit ou entre gens de la même famille que c'est le cas dans les ville.
Voilà, il faut pas chercher des explications trop compliquées. Et puis dites-moi une chose, les gens font mieux ce qu'ils veulent. Moi, je leur reproche pas leurs idées.
J'essaie de les convaincre, mais je trouve incroyable que les autres me disent "Dis donc toi Mélenchon, ils sont tous antimélenchonnistes." Évidemment de principe et de base. Tu n'as pas fait le travail ici et là, mais allez-y, faites le travail, allez-y puisque j'y suis pas, vous êtes enfin tranquille, vous avez enfin un espace où vous pourrez faire valoir tout ce qui vous caractérise et qui est si intéressant.
Arnaud Benedetti, on hallucine. Il est en train de nous faire le coup des 80 km/h. Les gens leur réalité, il faut un petit peu voilà, ils sont un peu entre eux, ils sont un peu moins évolués que les gens de qui vivent en milieu urbain.
Il faut comprendre pourquoi ils ne votent pas tous pour nous. Est-ce que on peut décrypter ça comme ça ? J' C'est c'est c'est merveilleux.
Oui. Alors, il il est il est clair que si vous voulez dans un premier temps, dans la stratégie qui est la sienne, il essaie de rassembler la sociologie qui vote ou qui est potentiellement en mesure de voter pour son étiquette politique, pour sa formation politique, pour son offre politique. Donc il n'y a rien de surprenant qu'il choisisse une ville qui est une ville en effet qui correspond a priori à sa sociologie électorale.
Ce qui en effet par contre est est tout à fait intéressant, qu'il faut relever, qu'il faut noter, c'est que quelqu'un qui qui aspire à être président de la République doit pouvoir parler à toute la France, à toutes les couches sociologiques de cette France- là. Et il semble d'une certaine façon, en tout cas au moment où l'on parle, faire une croix sur cette France périphérique, cette France périurbaine, cette France rurale qui en effet a priori est plutôt portée vers d'autres choix. électoraux.
Donc il va falloir à un moment donné qu'il arrive, s'il veut être le rassembleur qu'il prétend être à être en mesure de parler à toute la France et à toutes les sociologies françaises. Mais pour l'instant, ce n'est pas ce qu'il fait. il reste dans son couloir et il décline dans son couloir.
Mais cette stratégie, c'est une stratégie en étape parce que on voit bien qu'on est dans une campagne présidentielle qui va être longue. On est dans une précampagne et que pour l'instant il adopte, vous savez la vieille stratégie mitérandienne, même s'il est très peu mitérandien dans sa façon de procéder. La stratégie mitérandienne qui consiste d'abord à rassembler son camp, rassembler son électorat pour être fort dans sa propre zone.
Alors justement Arnaud Méedi, est-ce qu'il ne prend pas le risque ? parce que Jean-Luc Mélenchon ne prend pas le risque en en partant avec un ton très haut, très fort dans une manifestation, j'allais dire extrêmement véhémante. On voit bien qu'il est parmi les siens dans avec la disqualification, le dénigrement qui est classique.
On est dans une on est un peu sur un ton des années 30 quelque part et ça y ressemble. C'est un on sent que c'est un homme qui a une culture du passé. Est-ce qu'il prend pas le risque de faire peur à cette immense majorité de lectorat qui est très douteuse de lui et se dire "Mais attendez, si ça va être ça pendant euh 12 mois de campagne et si une fois arrivé au pouvoir, c'est ça qui va expliquer, est-ce qu'il n'y a pas le risque qu'il fédère les trois droites, le centre, la droite et la droite nationale ou l'extrême droite de de dire au premier tour non faut faire barrage à Mélenchon, il être très dangereux.
Est-ce qu'il peut y avoir ce risque ? Bah, c'est de toute façon le vrai problème auquel il est confronté aujourd'hui. Toutes les études d'opinion montrent que la formation politique et que le leader politique qui euh inquiète le plus euh les Français, c'est euh Jean-Luc Mélenchon.
Il y a une diabolisation qui s'est effectuée autour à la fois de sa personnalité et de son offre politique. Et le paris chez lui, c'est de pouvoir se qualifier au second tour de l'élection présidentielle et de pouvoir ensuite installer un match avec le Rassemblement national dont il pense vraisembablement qu'il fera en tout cas son adversaire au au second tour de l'élection présidentielle et on l'a bien vu hier dans les propos qu'il a tenu sur l'estrade entouré de la plupart de ses lieutenants. Son adversaire principal, celui qu'il visait principalement, c'était le Rassemblement national.
Il nous rend presque toutes les entrantes politiques et dieu sait si elles sont nombreuses qui sont sur la ligne de départ aujourd'hui en vue de cette élection présidentielle. Est-ce qu'on peut imaginer Arnaud Benedetti une stratégie de la France insoumisée de Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui convaincu qu'il ne peut pas gagner au deuxème tour même s'il peut faire un score correct ? Là ça reste dans l'expectative.
Qui aura-t-il en face de lui ? Jérôme Bardella ou ou Marine Le Pen si c'est quelqu'un du RN qui est au deuxème tour ? Ce qui lui permettrait face, ouvrez les guillemets au fascisme rampant de décréter dès le dimanche soir de sa défaite appel à la République, à l'appel nous sommes, la France est en danger, une forme d'appel à l'insurrection, à la désobéissance, enfin voilà.
Est-ce que est-ce que ça peut être une des stratégies qui tient la sienne ? C'est une hypothèse qu'il ne faut pas écarter. D'autant plus que on est dans une élection où on ne soulligne pas suffisamment que l'élection législative qui suivra malgré l'élection d'un candidat à la présidence de la République, cette élection législative sera certainement très incertaine [raclement de gorge] et il faudra suivre de près exactement ce qui se passera après le second tour de l'élection présidentielle.
C'est une forme d'élection vraiment à quatre tours cette fois-ci, celle qui se qui se qui s'annonce. Et donc on peut imaginer en effet que Jean-Luc Mélenchon qui quelque part connaît sa carte électorale, qui connaît les rapports de force peut imaginer en effet qu'il lui sera très difficile de conquérisée mais que dans la stratégie qui consiste ensuite en effet à créer toujours plus de tension dans la société française et dans le champ politique, il y aura d'abord évidemment les élections législatives et une stratégie en effet qui peut s'apparenter à une forme de stratégie assurrectionnelle. Vous Benedetti, vous vous souvenez en 2022 lorsqu'il avait dit "Écoutez, vous avez voté Emmanuel Macron par défaut parce qu'en face il y avait le Front National, il y avait Marine Le Pen." C'est comme ça qu'il s'exprimait.
Élsé moi, premier ministre, est-ce que tel que vous venez de l'expliquer, sa stratégie pourrait être de dire voilà vous avez voté Bardella euh nous allons au chaos et j'en appelle à tous les Français qui sont contre l'extrême droite de se rassembler autour de moi pour me donner une majorité à l'Assemblée nationale même relative qui me permettent d'aller à l'hôtel Matignon et de gouverner la France en contrepouvoir de la présidence de RN. C'est aussi une équation qui peut être la sienne, vous savez. C'est une équation en tout cas qui a tenté en 2022.
Il pourrait très bien la retenter en 2027 mais tout dépend dans l'hypothèse où il se retrouverait au second tour face au candidat du Rassemblement national de l'état qui est sépara de ce candidat du Rassemblement national. Un candidat du Rassemblement national élu à plus de 60 % voire à plus de 65 % qui l'emporterait face à Jean-Luc Mélenchon. Ça laisse quand même peu de place pour une dynamique gagnante pour Jean-Luc Mélenchon.
Ça laisse de la place pour d'autres dynamiques électorales, peut-être au sein de la gauche ou au sein du bloc central, voir au sein de la droite républicaine dans la perspective des élections législatives. Mais un écart trop important au second tour serait quand même interprété comme un refus et un rejet de la personnalité de mélangement. Les Français n'ayant pas voulu n'en ayant [raclement de gorge] pas voulu à la présidence de la République.
Pourquoi le voudrait-il à Matin ? Pour autant, pour autant, quand on décrypte les discours de Jean-Luc Mélenchon notamment samedi à à Saint-Denis, on sent euh une animosité envers les partis de gauche qu'il disqualifie, qu'il méprise mais et je le vois puisque j'ai rencontré certains des électeurs potentiels de la gauche dite centrale ou modérée, il leur fait peur aussi. Quel pourquoi prend-il le risque finalement de faire peur à tout le monde ? il estime qu'il va pouvoir gagner juste avec son camp alors que dans la famille de gauche, il aurait pu éventuellement par un discours un peu plus arrondi dire "Allez, on se sert les coudes, on on passe les pongches sur le passé." Au contraire, il est dans la victive permanente.
Ça répond à quel à quel objectif ? Vous avez raison de le dire, sauf que l'analyse que nous faisons aujourd'hui, c'est une analyse que nous faisons au 8 juin 2026. Quand sera-t-il au mois de mai 2027 ?
Personne ne peut le dire. Mais le pari qu'il fait, c'est que sa dynamique de campagne sera suffisamment [raclement de gorge] forte pour lui permettre d'agréger une partie de la gauche au second tour de l'élection présidentielle. C'est bien ce Paris qu'il fait.
Et donc malgré tout, même en conflictualisant toujours plus ses relations avec les autres formations de gauche, il espère que la sociologie électorale de gauche, lorsqu'elle se retrouvera confrontée au choix entre un candidat du Rassemblement national qui s'agisse de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen face à Jean-Luc Mélenchon, fera infiné le le le geste du vieux barrage antifasciste entre guillemets à laquelle en général elle se rallie. C'est un par risqué. C'est un paril risqué parce que en effet et là je vous rejoins totalement Jean-Luc Mélenchon maintenant depuis plusieurs années et encore plus ces derniers mois a disons d'une certaine manière allergisé une grande partie de cet électorat, l'électorat le plus modéré qui soit et on voit mal cette partie de l'électorat modéré qui peut voter d'ailleurs parfois pour un candidat macroniste, se raller à un candidat qui maintenant depuis plusieurs mois et plusieurs années conflictualise et hystérise en tout le champ politique.
Alors justement, est-ce que au vu si les sondages lui laissaient une petite chance d'être au deuxème tour, est-ce qu'il se peut qu'en milieu de campagne cet automne, il assouplisse un peu son discours pour se dire "J'ai besoin de quelques voix de la gauche modérée pour aller au deuxième tour" et que là il infléchisse il infléchisse son discours politique. Ah, il le fait déjà. Il faut écouter, je vais dire précisément ce qu'il dit. il a d'une certaine façon explicité et précisé par exemple le concept de Nouvelle-Fance qu'il a qu'il a élaboré depuis maintenant plusieurs semaines en disant que cette Nouvelle-Fance se devait d'être inclusive.
Ce n'est plus du tout, si vous voulez la Nouvelle-Fance qui présentait au tout début qui était une nouvelle-france plutôt frontale d'une certaine manière la Nouvelle-France de ce qu'il a appelé reprenant l'expression de Renault Camu, le grand remplacement. il est plus tout à fait dans cette optique. Il faut jamais oublier que Jean-Luc Mélenchon est quand même un vieux politicien qui a largement une grande expérience, qui est un ancien sénateur et qui pourra à un moment donné vraisemlement être tenté par cette stratégie qui est une stratégie qui vise à disons modérer ou moduler son discours pour essayer de ramener des segments électoraux qui pour l'instant ont peur de lui.
Est-ce que ça sera suffisant ? presque contenu en l'effet du passif qui est le sien, il pourra faire cette remontada morale d'une certaine manière vis-à-vis de la gauche. Ça c'est une grande question.
Ça sera quand même très compliqué. affaire à suivre Arna BenedTti et je suis persuadé qu'on la suivra avec vous sur Sud de Radio.
Jean-Luc Mélenchon