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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 10 mars 2022 8 minAutoproduitFond programmatiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesEurope & internationalSécurité

La production agricole, un impératif géopolitique majeur.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:24Invité politiqueChiffre
    « la russie et l'ukraine qui sont désormais coupés du marché mondial représentent à eux seuls 30 % de toute la production mondiale »
  • 4:05Invité politiqueChiffre
    « la france c'est le premier exportateur européen de blé et les céréaliers français produisent à eux tous seuls la moitié de la consommation annuelle de l'europe »
  • 6:08Invité politiqueFait
    « l'idée de faire baisser de 10% les surfaces agricoles cultivables c'était la stratégie farm to fork »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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François-Xavier Bellamy

bonjour à tous heureux de vous retrouver depuis cette session plénière de strasbourg une session évidemment marqué encore par l'actualité de la crise en ukraine et les conséquences que cette crise a pour les pays européens nous avons eu l'occasion de parler assez longuement notamment de la question de l'explosion des prix de l'énergie à travers la question de l'énergie c'est en réalité notre dépendance européenne qui est une nouvelle fois mise à nu et nous voyons bien aujourd'hui que même pour faire valoir nos principes mêmes pour faire valoir l'indispensable soutien que nous devons au peuple ukrainien nous sommes d'une certaine façon désarmé par notre incapacité à assumer de produire ce dont nous avons besoin je voudrais éclairer ce débat par un nouvel angle qui est aujourd'hui à mon avis trop peu évoquée c'est la question du blé et de notre approvisionnement de l'approvisionnement en blé des pays qui nous entourent en 2019 le blesser changé entre 160 et 180 euros la tonne de blé aujourd'hui il a atteint aujourd'hui même le prix de 440 euros la tonne c'est à ce prix qu'il est négociée à 1 au port de la pallice tout à côté de la rochelle et ce prix va encore probablement augmenter parce que la russie et l'ukraine qui sont désormais coupés du marché mondial représentent à eux seuls 30 % de toute la production mondiale simultanément nous sommes en train de traverser aussi une sécheresse complètement inédite en italie en espagne et il ya quelques jours la chine elle-même a annoncé elle qui est le premier producteur mondial alors que pourtant elle ne parvient pas à être autosuffisante à satisfaire ses propres besoins la chine a annoncé une très mauvaise récolte de blé à prévoir chez elle cette année ce qui veut dire qu'elle aura elle aussi besoin d'importer plus encore que d'habitude et cela pose un immense problème l'explosion des prix du blé représente une catastrophe pour nos éleveurs par exemple en france j'étais la semaine dernière au salon de l'agriculture j'ai passé toute une journée nous avons parlé presque toute la journée de cette question de l'explosion des des coûts pour nos agriculteurs pour nos éleveurs qui doivent subir la hausse des prix de l'énergie et simultanément celle d'un produit nécessaire à l'alimentation de leur bétail un produit qui pour beaucoup de pays européens venait très souvent d'ukraine cela représente un risque majeur et nous si nous ne faisons rien nous verrons c'est une certitude malheureusement de très nombreuses faillites dans la filière de l'élevage français qui est déjà vous le savez une filière en tension aujourd'hui les agriculteurs qui nous font vivre ont pour beaucoup d'entre eux du mal à vivre à vivre de leur travail à vivre de leurs revenus leurs marges sont si faibles que ils pourraient être nombreux à ne pas pouvoir s'en sortir si nous ne sommes pas capables de les soutenir comme nous le devons aujourd'hui mais c'est aussi un risque majeur pour notre sécurité à l'extérieur de nos frontières un risque pour le monde qui nous entoure un risque de retour de l'insécurité alimentaire ce que l'on nomme pudiquement derrière ce mot c'est en réalité l'expérience de la famille je pense en particulier à tous les pays d'afrique du nord je pense à l'egypte qui est le plus gros acheteurs de blé au niveau mondial qui achètent chaque année 12 millions de tonnes ou bien à l'algérie qui achètent chaque année 8 millions de tonnes mais aussi bien sûr la tunisie le maroc tous ces pays sont évidemment massivement importateurs parce que leur climat leurs terres territoires ne leur permettent pas de produire massivement autant qu'ils en ont besoin et ces pays disposent aujourd'hui de quelques semaines seulement de stocks de blé nous sommes donc à la veille d'une situation extrêmement tendue beaucoup d'entre eux pourraient être conduits à ne plus pouvoir acheter à ne plus pouvoir importer à cause de l'envolée des prix à cause du manque de disponibilité tout simplement de la marchandise dans ce contexte là mais pourquoi ce que je vous parle de cette question pas pour vous annoncer une mauvaise nouvelle de plus nous en avons bien et c'est en ce moment mais pour vous permettre de toucher du doigt un débat essentiel pour notre avenir d'abord il y as et c'est l'occasion de le redécouvrir si nous ne le savions plus pour notre pays un rôle majeur à jouer la france c'est le premier exportateur européen de blé et les céréaliers français produisent à eux tous seuls la moitié de la consommation annuelle de l'europe nous avons la chance d'avoir un pays béni pour le climat pour les territoires pour les sols mais aussi pour les savoir-faire de ceux qui depuis des siècles cultive ses terres et qui aujourd'hui nous permettent d'exporter très largement en europe mais aussi hors d'europe il est absolument urgent que notre pays joue son rôle que notre pays soit capable de retrouver une capacité stratégique pendant très longtemps alors que les cours du blé était bas nous avons vendu nous avons exporté massivement sans nous préoccuper de stocker pour pouvoir réguler les besoins et je crois qu'aujourd'hui nous avons besoin de nouveaux que l'état joue un rôle stratégique dans l'organisation avec la filière de nos stocks de blé pour pouvoir assurer cette fonction de régulation qui sera si nécessaire dans les mois et les années qui vont venir et puis il est urgent bien sûr de sauver cet atout c'est à dire de sauver notre capacité de produire et vous le savez c'est cela qui est en jeu dans les débats européens que nous connaissons aujourd'hui produire est devenu un gros mot pour les politiques européennes notamment en matière d'agriculture sous l'effet d'une vision écologiste environnementalistes complètement hors de propos eh bien nous avons vu se développer une forme de vision de la décroissance qui a fini par s'imposer dans un certain nombre de politiques publiques je pense évidemment en particulier à l'une de ces stratégies que je vous avais déjà expliqué et qui s'appelle farm to fork lorsqu'elles avaient été publiées j'avais tiré la sonnette d'alarmé en vous parlant notamment de là la conséquence l'impact dévastateur qu'aurait cette stratégie si elle était mise en oeuvre le groupe d'étude de la commission européenne avait lui-même montré que si farm to fork étaient déployés eh bien on arriverait à une baisse de la production européenne à une augmentation des prix à une augmentation de notre dépendance à l'égard du reste du monde mais simultanément à une baisse des revenus des agriculteurs et à une augmentation du coût de l'alimentation pour les citoyens dans les pays européens s'étaient tous faux d'une certaine manière avec un impact environnemental qui n'était en réalité même pas démontrable puisque au fond nous étions seulement sur le point d'exporter la production que nous ne voulions pas faire nous mêmes et donc d'exporter aussi son impact écologique il est urgent de sortir de cette situation délirante et je pense à une mesure en particulier qui dans farm tout fort qui était central et qui doit surtout être désormais disqualifiée de manière immédiate c'est l'idée de faire baisser de 10% les surfaces agricoles cultivables c'était la stratégie farm to fork produire moins pour émettre moins de carbone bien nous voyons aujourd'hui que si nous ne sommes pas capables de nous réveiller maintenant nous allons devenir dans notre dépendance accrue de plus en plus en puissant face aux défis géopolitiques globaux impuissant y compris à apporter aux pays qui nous entourent je vous l'avais déjà dit l'alimentation dont ils ont besoin pour échapper à la famine aujourd'hui que cette crise au moins soit l'occasion d'un réveil de l'europe sur la question de l'énergie sur la question de l'industrie et aussi sur la question de l'agriculture nous avons besoin de nous remettre à produire de nous remettre à produire ce qui correspond aux biens essentiels dont nos libertés de demain dépendent dans notre sécurité de demain dépend dans notre souveraineté de demain dépend c'est ce que nous avions défendu pendant toute la campagne européenne je suis absolument dévastée qu'il ait fallu passer par des moments de crise comme ceux que nous avons traversés par la crise que nous sommes en train de vivre pour que les européens prennent conscience de la nécessité de se réveiller enfin mais si au moins la situation que nous vivons peut être l'occasion de ce réveil dont nous avons tellement besoin alors au fond nous honorons tirer nous aurons tirer de ce mal les leçons que nous avions à en garder pour notre avenir merci beaucoup et à très bientôt