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InterviewLe Média (sur Podcast)· 7 juin 2025 25 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

"Bravo aux dockers !" Une députée LFI dénonce les mensonges de Macron sur les armes pour Israël

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:29OuverteRéponse directe

    Quand vous avez lu cette enquête, qu'est-ce que vous en avez pensé ?

  • 4:00ComplaisanteRéponse directe

    Le syndicat CGT des Dockers a mis de côté le conteneur. Vous teniez à souligner leur geste ?

  • 4:23RelanceRéponse directe

    Pourquoi le ministre continue-t-il de mentir alors que les faits sont clairs ?

  • 6:51OuverteRéponse directe

    Vous parliez du salon du Bourget. Plusieurs associations s'opposent à la venue d'Israël. Qu'en pensez-vous ?

  • 9:08FerméeRéponse directe

    Israël ne doit pas participer à ce salon ?

  • 10:35OuverteRéponse directe

    Avez-vous des informations sur la sécurité de la flottille de la liberté ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:41Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron a continué à mentir pendant des mois avec son ministre des Armées, M. Lecornu, avec son ministre des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barraud »
  • 2:28Invité politiqueChiffre
    « la France avait commercé avec Israël entre 2017 et 2023, je crois, 100 millions d'euros d'équivalent d'armement, de pièces d'armement »
  • 3:47Invité politiqueFait
    « le fait que la France embarque comme ça secrètement des armes, c'est même contraire aux traités internationaux sur le commerce des armes »
  • 5:37Invité politiqueFait
    « L'Espagne a par exemple annulé des contrats d'armement avec Israël »
  • 5:49Invité politiqueFait
    « Il n'y a toujours pas de suspension de l'accord EU-Israël »
  • 5:59Invité politiqueFait
    « la suspension n'a même pas été demandée par la France quand elle a été pour la première fois évoquée à la Commission européenne »
  • 6:13Invité politiqueFait
    « M. Macron aurait finalement promis à M. Netanyahou qu'il n'allait pas reconnaître l'État de Palestine alors qu'il nous dit depuis des semaines qu'en juin, à la conférence qu'il va organiser avec l'Arabie saoudite, il va le faire »
  • 15:47Invité politiqueChiffre
    « il y a 276 journalistes aujourd'hui qui ont été tués en 610 jours par Israël »
  • 16:40Invité politiqueFait
    « une loi pour réintroduire les pesticides tueurs d'abeilles, les néonicotinoïdes, pour favoriser la construction de mégabassines »
  • 17:55Invité politiqueChiffre
    « il veut imposer la TVA sociale, il veut l'année prochaine faire 40 milliards d'économies »
  • 20:20Invité politiqueChiffre
    « Il y a eu 23 contre 23 en commission des lois »
  • 20:39Invité politiqueFait
    « C'est une commission d'enquête vraiment ridicule pour enquêter sur les liens qui existeraient entre LFI et des mouvements terroristes islamistes »

Temps de parole

  • Gabrielle Cathala70 %
  • Présentateur21 %
  • Invité7 %
  • ?2 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 24-7, et d'activer la cloche. Une enquête du Média Disclose fait beaucoup parler aujourd'hui. La France s'apprête à livrer à Israël 14 tonnes d'équipements pour mitrailleuses, malgré le bain de sang en cours à Gaza. Ces pièces détachées sont destinées à une entreprise liée à l'armée israélienne. Alors que de plus en plus de voix dans le monde appellent à suspendre les livraisons d'armes, la France, elle, poursuit ses affaires. Une information qui interroge sur la responsabilité d'autres pays dans un conflit marqué par des crimes de guerre.

Ensuite, on parlera de l'Assemblée nationale. Direction l'Assemblée nationale où la France insoumise a vu sa motion de censure contre le gouvernement de François Bayrou, rejeté hier. Et un autre rejet parlementaire, celui de la proposition de commission d'enquête déposée par Laurent Wauquiez, DLR, pour viser directement LFI dans un contexte de diabolisation, de persistance du mouvement insoumis. On parle de tout ça avec la députée LFI du Val-d'Oise, Gabrielle Catala. Bonjour. C'est l'entretien.

Donc avant de revenir sur l'actualité parlementaire, notamment la motion de censure rejetée, on commence cet entretien par une révélation du média Disclose qui publie une enquête affirmant que la France s'apprête à livrer en pleine guerre à Gaza des équipements pour mitrailleuses à Israël. On parle de 14 tonnes de pièces détachées, fabriquées par une entreprise française, Orolinks, pour destiner à une société israélienne liée à l'armée Israël Militari Industrie. Quand vous avez lu cette enquête, qu'est-ce que vous en avez pensé ?

1:32
Gabrielle Cathala

Moi, bien sûr, je remercie le média Disclose d'avoir révélé ça. Et ce que j'ai pensé tout de suite, c'est qu'Emmanuel Macron a continué à mentir pendant des mois avec son ministre des Armées, M. Lecornu, avec son ministre des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barraud, puisqu'à chaque fois que nous les interrogeons lors des questions au gouvernement et que nous demandons un embargo sur les armes, ils nous répondent que la France ne livre pas d'armes à Israël.

Or, cet article révèle non seulement qu'un bateau est censé être arrivé cette nuit à Fosse-sur-Mer, où il devait, vous l'avez dit, prendre à son bord un 19 palettes, donc 14 tonnes de pièces détachées pour relier des cartouches de fusils mitrailleurs entre eux, mais que ce bateau est déjà venu le 3 avril, le 22 mai. Et ça s'ajoute à des révélations qui existaient déjà de Disclose de 2023, qui montraient que la France avait commercé avec Israël entre 2017 et 2023, je crois, 100 millions d'euros d'équivalent d'armement, de pièces d'armement, et qu'elle a continué ensuite. Donc, ce n'est pas les premières révélations de Disclose. Et quand nous interrogeons M. Lecornu et M.

Macron, et qu'ils répondent que la France ne commerce plus, on en déduit qu'ils mentent, et je salue évidemment les Dockers de Fosse-sur-Mer-Marseille, puisque la CGT et les différents syndicats de Dockers sur place ont tout de suite dit qu'ils refusaient de participer à cette opération, de se rendre complices d'un génocide. Donc, ils ont mis la palette, enfin le cargo de côté contenant les palettes.

Et ce qui est beau à voir, c'est qu'en cascade, ça a entraîné un communiqué des Dockers de Gênes, ensuite en Italie, parce que le bateau devait ensuite poursuivre son chemin et aller en Italie à Gênes, où les syndicats italiens ont à leur tour mis de côté les marchandises qui étaient censées être prises sur ce bateau, qu'on peut suivre d'ailleurs en ligne. En fait, on va en ligne sur le site et on peut voir où se situe ce bateau, quel est son chemin. Et donc, encore une fois, bravo aux syndicats d'avoir fait cette opération de désobéissance civile quelque part pour refuser que notre pays se rende complice d'un génocide.

Et le fait que la France embarque comme ça secrètement des armes, c'est même contraire aux traités internationaux sur le commerce des armes. C'est catastrophique. Et je vois ça comme quelque chose qui est dans la même lignée que ce qu'on va faire au Bourget. Parce qu'au Bourget, on va peut-être l'évoquer après. Voilà, je vous laisse.

4:00
Présentateur

Justement, le syndicat CGT des Dockers, il faut se remettre dans un communiqué, je me permets du coup de rebondir ce que vous venez de dire, donc il a indiqué que le conteneur rempli de maillons de Rawlings a été mis de côté et donc ils ne chargeront pas sur le bateau à destination d'Aïfa. Donc vous venez de le dire, ils ne souhaitent pas participer à ce génocide en cours et c'est un geste de bravoure que vous teniez à souligner. Et justement, les experts de l'ONU disent actuellement qu'il faut cesser de livrer des armes à Israël. C'est donc la troisième expédition de ce type depuis le début de l'année 2025.

Alors que, comme vous le disiez à l'instant, le ministre des Affaires, de la Défense, nie en fait que la France vend des armes à Israël. Pourquoi il continue de mentir alors que les faits sont clairs quand même ?

4:48
Gabrielle Cathala

Je comprends l'intérêt de mentir quand le seul but poursuivi est un but... Écoute, M. Lecornu veut évidemment privilégier les profits de cette entreprise française qu'on appelle Rawlings, qui représente des dizaines d'emplois à Marseille et donc dans la situation actuelle où un pays, en l'occurrence Israël, commet un génocide, M. Lecornu ne peut que mentir puisque j'imagine qu'il n'a pas la volonté politique et qu'il n'a pas l'autorité finalement de vouloir stopper la fabrication de ces pièces-là. Mais c'est un désastre puisque, en l'occurrence, dans la situation actuelle, la morale, l'humanité devraient être privilégiées sur nos intérêts économiques. Et on voit que d'autres pays l'ont fait.

L'Espagne a par exemple annulé des contrats d'armement avec Israël. D'autres pays ont déjà réclamé un embargo. Donc quand M. Macron dit qu'il réclame des sanctions envers Israël, il continue à livrer des armes. Il n'y a toujours pas de suspension de l'accord EU-Israël. Et d'ailleurs, la suspension n'a même pas été demandée par la France quand elle a été pour la première fois évoquée à la Commission européenne. Ce n'était pas du tout une demande de la France. Hier, on apprenait que M. Macron aurait finalement promis à M.

Netanyahou qu'il n'allait pas reconnaître l'État de Palestine alors qu'il nous dit depuis des semaines qu'en juin, à la conférence qu'il va organiser avec l'Arabie saoudite, il va le faire. Et décréter un embargo sur les armes, c'est quelque chose qui est rapide, qui est un ministre de la Défense, peut le faire extrêmement rapidement. Un président de la République dans la situation actuelle où on voit encore la nuit dernière 100 personnes tuées en Palestine avec ces images affreuses. On voit ces images inhumaines de gens qui font la queue pour aller chercher de la nourriture auprès de cette entreprise israélo-américaine et qui se font tirer dessus. Et donc c'est complètement déplorable.

Et encore une fois, c'est très douloureux de voir que notre pays n'est jamais à la hauteur de la situation.

6:51
Présentateur

Vous en parlez tout à l'heure en anticipation justement sur ma question sur le salon du Bourget qui s'ouvre dans quelques jours. Plusieurs associations s'opposent à la venue d'Israël à ce salon. Elles ont même assigné en justice le salon du Bourget pour être la vitrine de crimes de guerre. On a reçu hier Imen Habib, animatrice de BDS France. Elle était donc dans notre émission. Donc il passe du lundi au vendredi qui s'appelle le journal des luttes à 13h. Propose de l'écouter. On en parle juste après.

7:16
Invité

Pour dénoncer, pour demander l'interdiction de ces entreprises, on sait aujourd'hui qu'il y a neuf entreprises israéliennes qui sont prévues pour être présentes au salon du Bourget. Et c'est un véritable scandale parce qu'en fait, ces entreprises sont partie prenante, active. Ces armes sont utilisées directement actuellement contre la population civile dans la bande de Gaza pour commettre le génocide en cours de 2,3 millions de personnes dans la bande de Gaza. Donc c'est un véritable scandale. Aujourd'hui, on a des avis de la Cour internationale de justice, notamment un qui est très important en date du 19 juillet dernier, qui demande des choses très claires.

Un embargo sur les armes à destination d'Israël, de ne pas prêter assistance à des maintiens à travers des accords commerciaux ou des investissements, au maintien par Israël la situation dans le territoire palestinien occupé. On a toute une série de décisions de l'ONU, d'experts au niveau à l'échelle internationale, pour exiger un embargo sur les armes à destination d'Israël. Et aujourd'hui, effectivement, à ce jour, on n'a toujours pas d'interdictions qui sont annoncées de ces entreprises qui sont clairement participantes au génocide en cours dans la bande de Gaza. Et c'est aussi pour ça qu'on s'est mobilisés et qu'on continue à se mobiliser.

Il y a une pétition qui a rassemblé près de 12 000 personnes qui ont signé cette pétition pour demander l'interdiction d'Israël au Salon du Bourget. Le Salon du Bourget, c'est perçu comme un salon grand public, comme vous l'avez dit, un salon bon enfant. Mais en fait, derrière ça, il y a des accords commerciaux de drones, de missiles.

8:53
Présentateur

En fait, là-bas, on vend et on achète des armes, clairement.

8:55
Invité

Tout à fait, clairement. Et donc, finalement, on vend la mort. Et nous, on dit, effectivement, guerre à la guerre. Et c'est aussi pour ça qu'on se mobilise contre la présence de ces entreprises au Salon du Bourget.

9:08
Présentateur

Donc, Israël ne doit pas participer à ce salon ?

9:10
Gabrielle Cathala

Oui, madame l'a très bien dit. Il y a huit entreprises israéliennes directement impliquées dans le génocide à Gaza et dans toute la violence qu'il y a autour. Parce qu'on parle du génocide à Gaza, et évidemment, c'est le pire qui puisse arriver. Mais il y a aussi les crimes commis par Israël en Cisjordanie et dans d'autres lieux sur le territoire. Et donc, parmi ces entreprises, on a des entreprises, une entreprise, par exemple, qui va exposer des drones qui sont utilisés à Gaza. On a une autre qui s'appelle Raphaël, qui fabrique des missiles qui, pareil, sont utilisés, qui sera là pour exposer et pour essayer de vendre ces produits-là.

Et donc, comment est-il possible, encore une fois, d'accepter ça, que ce soit sur notre territoire ? Donc, je salue, moi, les associations, pareil, qui ont dit que c'était inadmissible et qui ont assigné le Salon du Bourget en justice. La décision sera rendue la semaine prochaine. Donc, la semaine prochaine, on saura si, oui ou non, ils sont autorisés à exposer. Et j'espère que la justice va condamner le Salon du Bourget là-dessus. Parce que, est-ce qu'on autoriserait, encore une fois, je donnais le même exemple la semaine dernière, est-ce qu'on autoriserait une entreprise russe à venir exposer ses armes au Salon du Bourget ? Pareil, bien sûr que non.

10:27
Présentateur

Effectivement, la réaction ne serait pas du tout la même. La flottie de la liberté avance vers Gaza. Votre camarade insoumise Rima Hassan est à bord de ce bateau. Justement, avez-vous des informations sur la sécurité de ce bateau ? Parce qu'elle disait hier qu'il était survolé par des drones. Est-ce que vous-même, vous avez plus d'informations ?

10:46
Gabrielle Cathala

Alors, effectivement, on a deux logiques qui s'affrontent. On a un cargo avec la complicité de la France qui se dirige vers Haïfa et qui, j'espère, n'emportera jamais la cargaison qui était initiale à l'intérieur, les pièces pour les fusils mitrailleurs. Et on a cette magnifique flottie de la liberté qui fait partie d'une coalition qui va vers la bande de Gaza avec ma camarade Rima Hassan, mais aussi Greta Thunberg et tout un équipage d'humanitaires, des professionnels de la voile notamment, aussi forcément pour acheminer le bateau, et des journalistes. Et on a eu une grosse frayeur avant-hier soir puisqu'ils ont été tout d'un coup survolés par un drone. Donc, on a été alertés.

Il s'est avéré après vérification que c'était un drone grec de surveillance, mais un drone sûrement en train de surveiller le bateau à la demande d'Israël. Il y a quelques informations qui doivent être confirmées sur le sujet. Et là, le bateau se rapproche de la crête, donc il se rapproche de plus en plus des eaux israéliennes. Et donc, évidemment, nous, ça génère de l'angoisse puisque M. Netanyahou, l'armée israélienne a dit qu'elle répondrait aux ordres de M. Netanyahou.

Le bateau est déjà menacé, évidemment, en ligne, mais il y a des millions de gens qui relaient le lieu où se trouve la flottie, ce que fait la flottie, qui est là pour montrer qu'on doit briser le blocus humanitaire à Gaza, qu'on doit pouvoir y accéder, qu'il y a à son bord du matériel humanitaire, du matériel d'hygiène. Et ce bateau-là fait visibiliser, participe à visibiliser le génocide à Gaza qui a été depuis pendant 20 mois invisibilisé avant que les médias changent un peu leurs braquets. Et donc, c'est un travail extraordinaire que font les militants qui font ça. Je salue d'ailleurs, pareil, leur courage.

C'est très courageux de ne pas savoir ce qui va leur arriver puisque le précédent bateau, un précédent bateau, avait été directement attaqué par Israël. Or, c'était un bateau nettement plus conséquent. Là, on parle d'un voilier relativement léger. Et donc, s'il était attaqué par un drone ou par je ne sais quel moyen, par l'État d'Israël, évidemment que les militants courent un danger de mort en faisant ça.

Et donc, il faut relayer un maximum ce que fait la flottie tous les jours, interpeller Emmanuel Macron, interpeller le ministre des Affaires étrangères, interpeller tous les pays européens pour qu'ils soient encouragés à le protéger et à se prononcer sur la protection de ce bateau puisque pour l'instant, ils ne disent rien. Et le bateau est pourtant soutenu par les rapporteurs spéciaux des Nations Unies, Amnesty International, toutes les associations internationales des droits de l'homme suivent ce que fait ce bateau.

13:33
Présentateur

Vous parliez tout à l'heure d'alerter sur ce qui se passe à Gaza. Et vous avez reçu cette semaine un photografe journaliste, Mohamed Zanoun, qui est venu, qui est en France actuellement. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur son travail et justement sur ce qu'il a pu vous dire sur ce qui se passait actuellement à Gaza ?

13:51
Gabrielle Cathala

Oui, j'ai reçu Mohamed Zanoun qui était de passage en France, qui a dû fuir le génocide et qui est en exil avec sa famille aux Pays-Bas. Il a fait un travail extraordinaire qui a été relayé dans le New York Times, dans le Nouvel Obs, dans Le Monde. Vous pouvez le suivre aussi sur Instagram. Il est suivi par plus d'un million de personnes. Et donc, ces photos ont fait le tour du monde entier.

Pour moi, c'était important de l'inviter pour que les médias français s'intéressent à lui, pour qu'on relaye son travail et surtout qu'on parle aussi de ces journalistes qui décèdent puisque dans la volonté d'Israël d'invisibiliser le génocide, il y a le fait d'interdire la bande de Gaza aux journalistes internationaux, forcément depuis le début, mais aussi de cibler spécifiquement par des drones et par des tireurs d'élite, par des bombardements, les journalistes gazaouis. Et pendant des mois, ces journalistes n'ont pas été considérés par les journalistes occidentaux comme des journalistes à part entière. Ils ont été considérés comme des sous-journalistes.

On a remis en cause les images qu'ils diffusaient et on a parlé d'eux surtout uniquement une fois qu'ils étaient morts. Or, ce que demande ce journaliste, c'est qu'on parle d'eux tous les jours, qu'on relaye leur travail, qu'on lui accorde de la crédibilité. Et c'était très important qu'ils viennent parce que grâce à cette rencontre, j'ai pu inviter divers médias français qui étaient là à l'Assemblée nationale. Donc, il y avait France Culture, Politis, Libération, France Inter, l'Humanité, etc. Et il y a déjà eu trois articles publiés sur son travail dans la presse française. Une des photos de Mohamed Zanoun fait la une de Politis cette semaine.

Demain matin, il y aura un long reportage sur lui dans France Culture. Et lui est l'aîné d'une famille de 12 enfants. Et tous ses frères et sœurs sont photojournalistes. Et il a un frère qui s'appelle Youssef, à qui il a confié son matériel, qui continue à tous les jours à relayer le génocide sur place. Vous pouvez aussi, tout le monde peut le suivre aussi sur Instagram. Et c'est, il faut le dire, il y a 276 journalistes aujourd'hui qui ont été tués en 610 jours par Israël. Et c'est le plus grand nombre de journalistes assassinés sur un conflit depuis toujours en réalité, comme les humanitaires, les journalistes, parce que le génocide ne différencie personne et il assassine tout le monde.

16:05
Présentateur

On va revenir à l'actualité française et notamment parlementaire. Et cette motion de censure contre le gouvernement Bayrou qui a été rejetée, 116 voix pour, 289 contre. C'est la septième motion de censure contre Bayrou depuis décembre. Mais celle-ci portait sur quoi exactement et qu'avez-vous pensé du coup de ce rejet ?

16:26
Gabrielle Cathala

Alors nous, on veut censurer M. Bayrou pour toute sa politique, mais celle-ci portait spécifiquement sur le coup qui a été fait par les macronistes à l'Assemblée nationale d'empêcher le débat sur la loi qu'on a appelée la loi Duplomb, du nom de son auteur, mais qui est en fait une loi pour réintroduire les pesticides tueurs d'abeilles, les néonicotinoïdes, pour favoriser la construction de mégabassines, pour détruire le droit de l'environnement sur les zones humides, etc. Et donc les macronistes ont déposé une motion de rejet, alors que normalement, on dépose une motion de rejet quand on est contre un texte.

Eux, ils ont déposé pour que le texte soit enterré dès le début, qu'aucun des amendements ne soit discuté et pour invisibiliser le débat sur les néonicotinoïdes et sur les cancers qui vont avec. Donc pour ne pas que l'Assemblée devienne un théâtre, un nouveau théâtre de magouilles qui en fait utilise le règlement à d'autres fins que celles pour lesquelles il est censé être utilisé, on a déposé cette motion de censure pour censurer le gouvernement sur sa politique écologique, sa politique antiécologique. Et malheureusement, encore une fois, les socialistes et le Rassemblement National ont sauvé M.

Bayrou puisque seuls les écologistes, les insoumis, les communistes et les ultramarins ont voté la motion de censure. Mais ce ne sera pas la dernière

17:41
Présentateur

avant juillet. Ah, il y aura d'autres motions de censure qui sont prévues.

17:45
Gabrielle Cathala

On a fait en sorte de ne pas gaspiller toutes les signatures, toutes les motions de censure qu'on peut déposer pour qu'il puisse en avoir d'autres puisque M. Bayrou continue sa politique d'austérité, il veut imposer la TVA sociale, il veut l'année prochaine faire 40 milliards d'économies. On a aussi bientôt les conclusions de la commission d'enquête sur Betaram, il y aura donc d'autres occasions de censurer M. Bayrou.

18:05
Présentateur

On l'a vu, vous venez de le dire, le PS ne vous a pas suivi. Est-ce que le divorce s'est définitivement consommé ? Est-ce qu'on peut encore parler d'union de la gauche possible pour plus tard ? Ou est-ce que ce genre de moment où ils ne vous suivent pas sur ce genre de motions de censure enterrent définitivement cette union de la gauche ?

18:24
Gabrielle Cathala

Là, en effet, c'est assez surprenant puisque qui dit ne pas voter la motion de censure dit soutenir la politique sur le plan environnemental de M. Bayrou, de son gouvernement et de M. Macron. Et donc, tant que les socialistes continueront dans cette voie, effectivement, le divorce continuera à être consommé.

18:43
Présentateur

Oui. Effectivement, ce n'est pas prêt de s'arranger. Et tout à l'heure, on l'a écouté, Marie-Georges Buffet, ancienne ministre, elle a une autre opinion. Elle souhaite que justement les gauches s'unissent pour battre l'extrême droite et les droites extrêmes. Est-ce que vous partagez son opinion ?

18:59
Gabrielle Cathala

Effectivement, il est préférable d'engranger un maximum de voix pour battre l'extrême droite. Mais pour ça, il faut être clair sur ce qu'on propose face à l'extrême droite. Là, on voit que les socialistes contribuent à conserver un gouvernement dans lequel on a M. Retailleau. Donc, je trouve ça bien gentil de dire qu'on veut lutter contre l'extrême droite. Mais tant qu'on favorise un gouvernement avec une parole d'extrême droite quotidienne, on a vu M. Retailleau sur l'assassinat d'Aboubakar Sissé, incapable de se déplacer sur place. Il a préféré rester à son meeting. On l'a vu dire à bas le voile. On l'a vu dire qu'il y a des Français de papier.

Et donc, les socialistes font en sorte que ce ministre, qui est ouvertement d'extrême droite, qui pourrait être ministre de Mme Le Pen, qui fait le pont entre les LR et l'extrême droite, reste au gouvernement et que la parole raciste qui met les corps en danger se libère tous les jours. Et ça, c'est encore vrai avec le meurtre de Michel Hichem, pardon, M. Raui, avant-hier. Il a été tué parce que l'atmosphère raciste permet le passage à l'acte et permet ce genre d'assassinat.

19:58
Présentateur

On va parler maintenant de celui qui enchaîne plus de défaites que les tennismans français à Roland-Garros, Laurent Wauquiez, député LR. Il a demandé une commission d'enquête sur LFI et ses liens avec les mouvements islamistes. Sa demande a été jugée irrecevable. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

20:13
Gabrielle Cathala

Je suis très heureuse que cette commission d'enquête ait été déclarée irrecevable à zéro voix près. Il y a eu 23 contre 23 en commission des lois. Trois macronistes ont eu la dignité de s'abstenir. Donc, ils n'ont pas voté contre, mais ils sont quand même abstenus. Mais tous les autres, dont Mme Thévenot, par exemple, ont voté pour cette commission d'enquête, comme le Modem, le parti des démocrates de M. Bayrou, qui ont voté avec M. Wauquiez. C'est une commission d'enquête vraiment ridicule pour enquêter sur les liens qui existeraient entre LFI et des mouvements terroristes islamistes.

Et ça, c'est d'une gravité pareille qu'on a enfranchi de nouveau un cap, puisque l'étape d'après, c'est quoi ? C'est de vouloir supprimer des opposants, c'est de vouloir dissoudre LFI. C'est vraiment la pente vers laquelle on se dirige.

Et non seulement cette commission d'enquête, elle visait à faire en sorte que des dirigeants de notre mouvement politique soient auditionnés sous serment à l'Assemblée nationale pour dire que non, ils n'ont aucun lien avec les frères musulmans et des mouvements terroristes, mais aussi pour viser des collaborateurs insoumis qui sont sans cesse visés par des médias d'extrême droite dont Frontières, Valeurs Actuelles, etc., parce qu'ils soutiennent l'urgence palestine, parce qu'ils soutiennent la cause palestinienne en général ou parce qu'ils ont le défaut d'être musulmans. Et donc ça, c'est très grave. Mais M.

Wauquiez, figurez-vous, a annoncé qu'il allait la redéposer en la modifiant à la marge pour essayer de passer le cap de la recevabilité. Et encore une fois, j'espère que à la fois tous les groupes de gauche, Liotte et certains macronistes auront la dignité de ne pas laisser faire ça.

21:53
Présentateur

Et justement, vous craignez que l'initiative de Laurent Wauquiez pour l'instant n'a pas abouti, mais est-ce que ce type d'initiative risque de se répéter à l'approche de la présidentielle contre votre mouvement ?

22:03
Gabrielle Cathala

Oui, bien sûr, tous les coups sont permis. On a cette commission d'enquête, on a la volonté de nous diaboliser toute la journée sur les médias. Beaucoup de gens qui ont cautionné et qui ont encouragé ou qui sont restés silencieux lorsque nous avons été traités et ça continue d'ailleurs d'antisémites pour notre combat pour la Palestine. Tout cela va évidemment s'accélérer. Lorsque les médias, vous avez dû remarquer comme tout le monde, évidemment, le livre La Meute, ce livre a été, la publication a été, je pense, dix fois plus relayée que n'importe quelle affaire gravissime qui touche le camp macroniste comme l'affaire Berger, l'affaire Colleur, l'affaire Pénicaud.

Bref, on voit chaque jour le deux poids deux mesures sur le traitement médiatique dont on fait l'objet.

22:55
Présentateur

Et je voulais terminer cet entretien justement avec la manifestation aujourd'hui, la mobilisation en tout cas contre la réforme des retraites. Vous aviez un mot là-dessus justement et c'est un combat, j'ai l'impression, de la réforme des retraites qui n'a pas fini de faire parler et que les Français vont continuer à descendre dans la rue.

23:09
Gabrielle Cathala

Alors il y a toujours les trois quarts des Français qui sont opposés à la réforme et qui réclament son abrogation. Là, aujourd'hui, il y a une grosse mobilisation de tous les syndicats que nous soutenons évidemment parce que ce matin, on va avoir un vote dès 9h à l'Assemblée nationale sur l'abrogation de la réforme. Et il faut savoir que c'est un vote qui a été mis à l'ordre du jour par le groupe communiste, le groupe GDR, c'est les communistes et les ultramarins, pour que l'Assemblée se prononce sur une résolution. Donc c'est un texte non contraignant.

Nous, ce qu'on voulait, c'était que le groupe communiste prenne la suite de la loi qu'on avait déposée en novembre qui avait été obstruée par les macronistes pour qu'on examine un certain nombre d'amendements qui n'avaient pas pu être examinés et qu'en novembre, on termine cet examen avec la loi qui est enfin un vrai vote d'abrogation, d'une loi d'abrogation à l'Assemblée nationale. Les communistes ont choisi un vote symbolique et je le regrette, mais on verra aujourd'hui qu'il existe une majorité à l'Assemblée nationale pour abroger la retraite à 64 ans. Et donc, j'invite tous les Français à venir marcher à 14h à Paris et dans toute la France contre la réforme des retraites.

24:13
Présentateur

Merci beaucoup, Gabriel Catala. Je rappelle que vous êtes député LFI du Val d'Oise. Merci d'avoir été avec nous et d'avoir pu commenter l'actualité du jour. Sous-titrage Société Radio-Canada

24:23
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

"Bravo aux dockers !" Une députée LFI dénonce les mensonges de Macron sur les armes pour Israël — Gabrielle Cathala · Pourquijevote