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interviewLEGEND· 22 avril 2026 118 min

LEUR MÈRE DÉCIDE DE MOURIR... ELLES L'ACCOMPAGNENT JUSQU'AU BOUT ! ELLES RACONTENT POUR LA 1ÈRE FOIS

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende. Émission exceptionnelle aujourd'hui avec Raphaël et Catherine qui vont nous raconter ce qu'elles ont vécu de très difficile puisqu'elles ont accompagné leur maman se faire euthanasier pour un suicide assister. Est-ce que leur maman suite à un glauome, un souci aux yeux a décidé d'arrêter sa vie parce qu'elle ne voulait pas vivre dans le noir.

Vous partez la veille en Suisse On paradis et oui en effet c'était presque irréel de se dire que finalement on n'allait rentrer qu'à neuf. Et elle a dit où est-ce qu'elles sont les filles ? comme des gosses.

On s'est précipité à côté d'elle puis après elle a tourné la molette. Je lui ai tenu la main et en lui disant que ben que je l'aimais, que que j'étais trop contente, que ça a été notre maman. Et puis après l'infirmière nous a dit que que c'était fini.

Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende. Émission exceptionnelle aujourd'hui avec Raphaël et Catherine qui ont 55 et 50 ans qui sont deux sœurs qui vont nous raconter ce qu'elles ont vécu de très difficile ce janvier 2026 puisqu'elles ont accompagné leur maman. Elles l'ont accompagné se faire euthanasier pour un suicide assisté.

Elles vont nous raconter en détail ce qui s'est passé, comment est-ce que ça se prépare, pourquoi est-ce que leur maman, suite à un gloc, un souci aux yeux, a décidé d'arrêter sa vie parce qu'elle ne voulait pas vivre dans le noir. Elle l'a expliqué à ses filles, ça a été très difficile de l'accepter. Elles vont nous raconter en détail comment cela s'est passé.

Vous allez voir, ça va être une émission très chargée. Je je savais pas comment ça se passait. J'avais déjà entendu ce mot euthanasie d'assister.

On a déjà tous entendu à la télé dans des peut-être dans des reportages mais assez peu entendu une histoire comme celle-ci parce que là on va être en détail pour comprendre comment ça se passe, comment est-ce qu'elles ont dû écrire une lettre entre guillemets de motivation. Il vont nous raconter ça dans un instant euh pour que leur mère ait le droit de mourir. Elles ont dû partir en Suisse pour faire cela.

Elle va nous raconter elles vont nous raconter les 24 dernières heures aussi en précision. Comment est-ce qu'on prépare chez soi les vêtements ? Comment est-ce qu'on décide d'y aller ?

Comment est-ce qu'on va la veille à l'hôtel dîner avec sa mère qui a en l'apparence la santé alors qu'en fait elle voyait de moins en moins veut nous raconter comment ça s'est passé avec leur papa aussi les discussions de famille comment est-ce qu'on dit au revoir petit à petit à tous les gens qu'on connaît. Voilà en tout cas juste avant de commencer je voulais vous remercier d'être de plus en plus nombreux sur les genses d'en parler partout d'en parler dans les dîners, d'en parler au boulot, d'en parler peu importe quand vous êtes avec des amis. Merci d'être là de plus en plus nombreux. mercredi, vendredi et dimanche, on vous met trois interviews documentaires chaque semaine.

Voilà, juste avant de de commencer, abonnez-vous en 2 secondes à notre chaîne. Ça nous sert à avoir des invités exceptionnels aujourd'hui. Elles ont décidé de parler pour la première et la dernière fois de leur maman parce que leur maman a écouté l'émission dans ces derniers moments. pour nous raconter tout ça et en podcast audio, vous pouvez nous suivre sur Spotify, 10er, Apple Podcast et Amazon Podcast trois fois par semaine sur les gens et c'est parti du coup avec Raphaël et Catherine qui ont accompagné leur maman qui s'appelle Michel qui a découvert qu'elle avait une maladie en 2009 pour ainsi d'assister en Suisse sur les gend on y va.

Bonjour. Euh alors moi c'est Raphaël, ma sœur Catherine et euh aujourd'hui on est là pour raconter le parcours qu'on a vécu euh au côté de notre maman puisqu'on l'a accompagné euh dans son choix recouvrir au suide de assister. Je pense que cette expérience, elle a profondément marqué nos vies.

Bah voilà Raphaël et Catherine, bienvenue. Je vais reprendre le clap. Je suis très content de vous recevoir.

Merci beaucoup d'être là. Je sais que c'est pas facile en plus vous avez pas l'habitude. Vous n'avez jamais vous êtes même pas réseaux sociaux.

Non, pas du tout. Toutes les deux ? Moi très peu.

Très peu, un petit peu mais sur c'est pas votre truc et encore moins parler sur un plateau, venir ici. Donc merci à toutes les deux. Je sais que vous avez pas fait d'interview, vous avez même pas envie d'en faire d'autres ce que vous m'avez dit.

Pourquoi parler aujourd'hui ? Pourquoi venir raconter ? C'était il y a il y a quelques mois, c'était il y a pas si longtemps.

Vous avez le courage de venir raconter ça. Pourquoi est-ce que vous le faites pour bien comprendre ? Ben en fait euh la première raison pour le pour laquelle on souhaite partager, c'est euh bah c'est pour maman puisqu'elle était euh elle était en colère contre le contre le système français qui lui proposait euh aucune solution légale qui euh qui correspondait à ce qu'elle vivait, au choix qu'elle avait fait et elle se sentait vraiment incomprise.

Donc à travers ce témoignage, ben avec avec Catou, on a envie de ben d'essayer de faire un peu avancer les choses et de mettre une pierre ben même petite, c'est pas grave, mais dans un débat qui nous semble essentiel et qui qui est d'actualité. Et puis c'est vrai que c'est aussi une manière de lu rendre hommage à à la détermination, à la dignité avec lesquelles elle est allée au bout de ses choix. Et témoigner, ben c'est en fait partager l'expérience d'un départ qui est qui est voulu, réfléchi et qui malgré bah une difficulté immense a pu se faire de manière juste et humaine.

Et puis c'est vrai que c'est un sujet qui est qui est sensible qu'on quand on en parle autour de nous, les réactions elles sont elles sont souvent très fortes dans les deux sens, tu veux dire ? Oui, enfin quand sur le suici d'assister en général. Oui, oui, tout à fait.

Savoir est-ce que parce que c'est pas légal en France. Euh, on va y revenir. C'est pas autorisé aujourd'hui.

Vous avez dû partir en Suisse. He, on va revenir sur sur tous les détails. Votre maman euh avait cette envie, vous l'avez accompagné au départ, vous avez essayé de la faire, on va on va y revenir hein, surtout le parcours.

Vous essayez de maximum de faire changer d'avis euh euh et puis après vous l'avez accepté, peut-être compris compris, vous allez nous dire après. Mais en tout cas, vous l'avez accompagné dans dans son souhait et je crois que c'est toi Catherine qui me disait tout à l'heure dans le bureau, on a parlé 2 minutes et tu me disais ce qui est fou c'est que tu lui parles le matin, tu prends le petit déj, elle a l'air en tout va bien et puis quelques heures après, elle est plus là quoi. Et tu l'accompagnes jusqu'au bout.

Vous avez voulu passer particulièrement ici, vous nous avez écrit pour une raison particulière avec votre maman. Alors, c'est vrai qu'on a on a choisi Légend parce que bon déjà on connaissait en fait ce ce média par nos enfants, par nos conjoints. Ça faisait déjà quelques années qu'on qu'on le regardait parce que on y a trouvé un un espace de bienveillance, un espace d'intimité, un endroit où finalement chaque invité arrive à parler en toute liberté.

Et c'est vrai que c'était quelque chose qui qui nous a profondément touché. Et juste avant quelques semaines avant que maman parte, on lui a fait découvrir. Alors c'est vrai que comme elle avait beaucoup de mal à voir, c'est un format qui pouvait facilement lui convenir.

Et on a regardé quelques émissions avec elle. Vous avez regardé lesquels ? Alors on a regardé Raf a regardé le complot complotiste.

Ouais. Et elle a et c'est vrai que elle a beaucoup aimé. Elle a beaucoup aimé et pourtant elle était assez difficile, il s'agissait de regarder les émissions, elle était assez critique et euh c'est vrai que ça avait été un beau moment partagé avec elle.

Elle aimé le format quoi. Enfin et puis elle avait pas forcément besoin de voir les films sur la fin. Elle avait beaucoup de mal à arriver à la regarder.

Donc donc c'était bien. Elle aimait elle aimait bien le principe qu'il y ait pas de de protagoniste. Si tu veux que la personne du début à la fin, elle parle et qu'en face d'elle, ben il y a juste quelqu'un qui qui qui l'écoute et qui lui pose les bonnes questions.

Enfin, en tout cas celle que tout le monde peut se poser au regard du cas, quoi. Et c'est vrai qu'à ce moment-là, mais enfin jamais on aurait pu euh imaginer euh être là, venir là et pouvoir discuter d'elle avec toi, quoi. Parce qu'elle est partie le 21 janvier 2026.

Oui, c'est ça. Euh vous l'avez accompagné la veille en Suisse, le 20 janvier. Ouais, exactement.

Je mets une photo, vous m'avez donné une seule photo. Vouliez pas mettre de photo récentes. On demande toujours qu'on reçoit peu importe qui, on demande est-ce que tu veux mettre des médias dedans, c'est-à-dire des photos, des vidéos ?

Est-ce que tu veux qu'on intègre ? Est-ce que tu veux qu'on illustre ? Qu'est-ce qu'on peut mettre ?

Et cetera. Et vous nous avez envoyé juste une photo d'elle quand elle avait 20 ans, je crois à Marseille. C'est ça.

C'est ça. Elle est elle est face à la mer. Je vous la mets comme ça vous avez une photo.

Elle s'appelle Michel avec un seul L. Et juste pour on va refaire son histoire en quelques question avant d'arriver pour comprendre aussi qui c'était si vous voulez bien. C'était quel genre de maman ?

Alors maman euh al déjà pour comprendre un petit peu comment quel genre de maman c'était, c'est vrai que c'est important de comprendre comment elle était déjà au niveau de son caractère parce que ça tout découle un petit peu de ça. C'est vrai que maman c'est je dis encore je parle au présent je peux finalement. Tu as le droit maman, j'ai parlé au présent d'elle aussi.

Maman, c'est quelqu'un de très pudique. C'est quelqu'un qui qui parle très peu d'elle, de sa vie intime et je sais pas si ça vient de la génération, de l'éducation, mais elle a toujours été comme ça. Et en dehors de ça, elle était très très chaleureuse.

Elle mettait facilement les gens à l'aise. Ils arrivaient très vite à se confier elle, même si il la connaissait quasiment que depuis une heure. Ça c'était vraiment une de ses qualités.

Elle crée du lien en fait très facilement. C'était quelqu'un de très généreux maman. Elle donnait beaucoup des associations à des causes qui lui tenaient très à cœur.

Euh il y avait bien sûr la recherche sur le cancer forcément la cause animale parce que maman elle adorait les animaux et la protection de l'enfance aussi. Et jusqu'au quasiment dernier jour, alors ça c'est Raf, tu le sais mieux que moi, elle a tenu, elle arrivait plus à voir et et Raphaël était en train de rédiger, elle faisait tous ses petits chèqus, ces petites ses petits chèqus avant de partir en Suisse pour être sûr que toutes les associations quoi. Exactement.

C'est ça. Pour être sûr que les associations et bien tous ces dons, c'était hyper important pour elle. À côté de ça, tu parlais d'indépendance et c'est vrai que c'était quelqu'un de super indépendant.

Elle avait un vrai besoin de liberté, maman. Ça se retrouve bien sur sa photo. C'est pour ça qu'on l' tant aimé parce que on la voit qui regarde au loin un peu sauvage, un peu libre et ça c'est maman.

Et c'était un vrai chat. Elle adorait les chats et c'est vrai que c'était un vrai chat. C'est dès que tu t'approchais un petit peu, tu pouvais vite te prendre un petit coup de pâte quand elle se sentait un petit peu prise au piège.

Elle était voilà, elle avait cette très forte indépendance. Elle était très consciencieuse, elle était hyper rigoureuse. C'est une scientifique et elle avait besoin de tout comprendre.

Donc euh je me souviens dès qu'elle achetait un appareil électroménager, elle reprenait des jours, elle attit la la notice sur la table alors que moi quand j'achète un truc, je regarde même pas la notice, je m'en fiche. Et c'est vrai qu'elle était euh voilà, très méthodique, très très consciencieuse, à la limite du perfectionnisme quoi. C'est vrai.

Et vous disz qu'elle vous aimez ? Bien sûr. Oui, maman, quand on était petite, c'était une maman qui était très caline, très attentionnée, très aimente, elle nous chantait des berceuses, elle nous prenait dans les bras, on passait voilà tous les weekends, elle nous emmenait de partout faire plein d'activités.

Je pense qu'elle essayait de de compenser son absence de la semaine tout simplement. C'est une maman qui était très cool. Elle était souple, très tolérante.

On a vraiment une éducation à la cool. Autant elle, je crois qu'elle a une éducation assez stricte finalement, mais voilà, c'était plutôt une éducation voilà assez assez cool. Bon euh ça s'est un petit peu compliqué au moment de l'adolescence parce que avec la raf, on a quand même fait des super belles crises d'adolescence.

Ça a été quand même costaud. On l'a pas épargné et je pense qu'elle en a pas mal souffert. Mais bon, heureusement ça a pas duré parce que c'est Heureusement qu'il y a quand même des choses compliquées qui durent pas.

On a grandi, on est devenu adulte et après ça s'est beaucoup mieux passé et c'est vrai que après b on a beaucoup échangé. Est-ce qu'elle nous disait beaucoup qu'elle nous aimait ? Alors cit quelqu'un de petite oui quand on est devenu adulte beaucoup moins.

Probablement parce qu'elle était peut-être pudique. Nous on lui disait beaucoup mais euh elle le formulait pas forcément. C'est pas la génération peut-être.

Non, c'est pas la génération, c'est pas son éducation clairement. Et elle nous l'a dit. Tu vois, moi je je suis je suis quelqu'un de très caline.

Moi, je suis assez tactile. Moi je fais des papouilles à à tous les gens que j'aime bien. Bon, pas tout le monde non plus.

Et même elle, quand j'allais vers elle pour lui faire des câlins, bon, elle se laissait faire mais naturellement, sauf dans des cas un peu graves, elle est ou pour les les bonjours et les au revoir, c'était pas son truc. Mais ça veut pas ça veut pas dire qu'elle nous aimait pas. Elle était enfin quand on a était plus âgé, c'était pas elle était pas très démonstrative.

C'est c'est à la retraite que votre maman va commencer à avoir des problèmes de santé. J'ai j'ai j'avais noté si je me trompe c'était vers les 55 ans. C'est ça.

C'est ça. Ça a commencé pour elle à 55 ans. C'est exactement ton âge aujourd'hui.

C'est vrai. C'est ça. Tout à fait.

Tout à fait. Mais moi, je suis suivi. Toi, tu es suivi parce que elle a eu une une hypertension oculaire.

C'est les notes. Mais est-ce que ça porte un autre nom ? C'est c'était quoi ?

Parce que non. Alors l'hypertension oculaire et Catherine Catou et moi bah on en souffre toutes les deux mais je s alors moi je saurais pas le définir si toi tu te sens. Moi je je vais essayer d'être d'être simple.

L'hypertension oculaire c'est quand tu as une pression oculaire qui est une pression qui est trop importante dans ton œil. C'est souvent associé en fait à l'humeur àuse. C'est un liquide qui est contenu dans l'œil et soit qui est produit en trop grande quantité, soit qui s'élimine mal.

Tu as la pression dans l'œil quoi. Oui, exactement. C'est ça.

C'est c'est tu as trop de liquide dans l'œil. Oui, quelque part. Oui.

Et c'est vrai que ça se diagnostique assez facilement finalement chez l'ofthalmo. Mais ce qu'il faut quand même savoir c'est que toute hypertension va pas se transformer en glaucome. Exactement.

Et tout glaue. Qu'est-ce que c'est un glauome ? C'est ce qu' avait votre maman ?

Oui, c'est ça. C'est ce qu'ils l'ont détecté mais un peu plus tard en 62 ans. Plus tard.

Alors, pour simplifier, le glauome, c'est une maladie de l'œil qui va affecter le nerf optique. Alors, le nerf optique, c'est un espèce de petit câble Ouais. relié à l'œil.

Relié à l'œil qui transmet Exactement. qui transmet les images de l'œil, les informations quoi vers c'est ça un peu comme une gaine électrique quoi qui va transmettre les images donc de l'œil vers le cerveau et euh c'est souvent lié le glucom à une hypertension justement au niveau de l'œil et ça va progressivement comprimer le le nerf optique et créer des lésions de plus en plus. Plus le gros problème avec cette maladie c'est que les lésions elles sont irréversibles.

Tu perds la vue petit à petit. tu perds la vue mais surtout tout ce que tu as perdu est perdu. Il y a pas de retour en arrière possible.

C'est pour ça qu'il faut se faire dépister plus tôt possible. Et c'est et c'est ce qui lui du reste a été notre cas au regard de de ce qui de ce qui a vécu maman. Là, on sait qu'on a de l'hypertension mais on n pas de locom mais on est traité.

Bah justement pour éviter c'est quoi les symptômes de l'hypertension ? Bah c'est ça qui est vicieux c'est que tu les vois pas. Il y a pas de Alors les symptômes de l'hypertension tu les vois pas.

Il faut que tu ailles chez le chez l'ofthalmo qui va il va te mesurer ta pression intraoculaire assez facilement. avec des appu le petit coup de vent là très agréable c'est très agréable faut garder l' ouverte truc ouvert et et ça vous envoie des petits jet d'ir comme ça c'est très agréable et puis des fois comme tu dois garder l'œil ouvert et ben tu es obligé d'y passer 20 fois est-ce que c'est pire que le dentiste peut-être pas mais c'est pas un moment agréable de c'est pas les moments dont on se souvient pas forcément bien donc c'est pas c'est soignable ou pas un glauome tu dis que ça c'est dégénéré ça a dégénéré en glauome sur l'hypertension est-ce que c'est soignable ou est-ce que C'est malheureusement de de de pire en pire et et récupère la vue petit à petit. Alors, ça dépend dans le sens où plus le diagnostic va être précoce, plus tu vas bien suivre tes traitements et moins tu as de risque de d'intolérance que des fois tu peux ne pas tolérer tes traitements et devoir les arrêter.

Et à ce moment-là, oui, les traitements qui existent, ils sont plutôt efficaces pour stabiliser la maladie. Il consiste essentiellement en des colires, euh du laser. Oui.

Et ça peut aller jusqu'à des chirurgies. Maman, elle prenait beaucoup de gouttes par exemple. Et donc pour elle, ils vont lui dire que ça va pas être soignable parce qu'elle va perdre petit à petit la vue.

C'est ça qui lui a donné envie de partir. Pourquoi ? Et donc c'est ça n'a pas suffi à stabiliser ses ses traitements.

Non, malheureusement non parce qu'elle souffrait d'un d'un glauome un glauome presque réfractaire. réfracteur à tous les traitements. Au début, si tu veux, euh, elle suit ses traitements classiques puis elle se dit ben que ça va probablement suffire et qu'on va à réussir à sauver les meubles et puis stabiliser sa vision.

Bon, mais non. Et finalement, malheureusement, ben ça continuait, aller chez Loftalmo, elle voyait que son champ visuel se détériorait. Elle a fait des OP derrière.

Elle est montée sur Paris au 15 ans. C'est un centre, c'est un des un des des plus gros centres en France. Elle a eu plusieurs chirurgies mais qui n'ont rien donné et voyez de de de plus en plus sombre, de moins en moins large.

C'était c'était Qu'est-ce qu' Alors, elle nous avait expliqué en fait en fait c'est imagine ce que tu vois l'image là et en fait on enlève un petit morceau d'image. En plus c'est très au début parce que au départ les pertes de vision elles sont périphériques. Périphériqu te rends pas compte.

Et donc tu as un petit morceau de ton image en moins un peu comme une pièce de puzzle en moins. Et alors ça fait pas noir parce que ton cerveau il essaie de reconstruire l'image donc c'est un peu tordu au départ et petit à petit on t'enlève les morceaux de puzzle et donc tu vois de moins en moins. Et maman nous avait expliqué qu'en fait petit à petit imagine tu vois vraiment au travers d'un trop de serrure quoi et le monde comme ça il petit à petit quoi.

Oui, c'est petit à petit diagnostiqué au départ à 62 ans et qui voit que ça marche pas les traitements. Il lui donnent combien de temps ? Ils lui disent vous avez x pas de en fait maman, elle continue à se battre et au moment où c'est vrai que son salon lui a dit non mais là là on est face à un glau réfractaire.

Maman elle sait que l'issue ça va être la cécité mais c'est difficile qu'elle va devenir aveugle. Exactement. À moyen long terme quoi.

C'est difficile de de fixer une date. Et donc là, son combat il change. C'est-à-dire pour elle c'est et sa que c'est perdu.

Elle sait que c'est perdu. C'est pas stopper mais c'est ralentir la progression jusqu'à la jusqu'à la cécité. Juste est-ce qu' parle de la mort à ce moment-là ou pas du tout ?

C'est est-ce que vous dit déjà je pourrais pas vivre c'est hors de question que je vive aveugle ou est-ce que est-ce que vous sors des petites phrases comme ça qui vont raisonner après ? Est-ce qu'il vous parle de suicide assister ? Non, c'est pas venu comme ça.

C'est Ouais, c'est pas venu comme ça. Pendant des années, en fait, maman, elle nous disait euh qu'elle voulait pas vivre dans le noir, qu'elle vivrait pas dans le noir. Et texto, elle nous disait "Je ferai le nécessaire le moment venu où elle nous disait "Vivre dans le noir pour moi à long terme, c'est impossible, je supporterai pas." Alors nous, ben on est on entendait de loin, tu vois.

On avait pas trop envie d'écouter. Tu g un peu le sang mais tu dis non non puis ça nous arrangeait bien tu vois. On prenait de la distance par rapport par rapport à ça.

Puis au fur et à mesure tu dis ça mais je pense aussi que ça nous arrangeait bien et ça nous arrangeait bien aussi parce que il y a quand même une petite voix dans ta tête qui raisonne qui qui te prévient. Un petit warning quand même. Ouais quand même un petit warning mais en fait ton cerveau le le dossier il est tellement énorme que tu attends un peu, tu dis non là faut que je me protège, je peux pas affronter le truc tout de suite, c'est pas possible.

Je suis pas en état. Je je on était on était dans ce mode là. C'est vrai.

Puis au fur et à mesure, tu vois, les allusions, elles se font de plus en plus fréquentes. Et là où on a vraiment tilté, on s'est dit avec Rave qu'il fallait faire quelque chose, c'est que elle les avait même devant les enfants, nos enfants. Nos enfants.

Et là, si tu veux, tu dis bon. Donc, il y a eu ça et puis par moment, si tu veux, on était entre nous en famille. Puis d'un coup, on sentait que maman elle était traversée par des moments intenses de tristesse.

Tu vois, c'était bizarre. On était tous là et d'un coup, elle allait s'isoler un moment et tu savais pas pourquoi. Puis on allait la voir puis elle pleurait et euh on lui demander ce qu'elle avait et il nous disait "Non, non mais c'est rien, ça va passer." Et en fait donc là si tu veux avec la raf, est-ce que se plaint ou c'est plutôt du genre à pas dire justement et à se lever discrètement au disait pour pleurer ou est-ce qu'elle se plaint au quotidien ?

Est-ce qu' dit "J'en ai j'en ai marre ? parce que ça devient un peu quotidien le elle rallait des fois mais mais comme on était tous ensemble et c'est ça qui est un peu piégeux comme on était tous ensemble que c'était des des moments qu'on passait en famille finalement elle se faisait elle se faisait une raison et puis elle a envie de profiter des moments qu'on avait en commun. Donc on le voyait pas sur des périodes de vacances ou de deux ou tr jours passés ensemble.

C'est là aussi c'est que où c'est compliqué, c'est que on vivait pas avec elle au quotidien. En en 2023, donc c'est 3 ans avant son décès, elle obtient une une carte d'invalidité. Euh comment était sa vue à ce moment-là ? 3 ans avant avant son décès en elle avait 79 ans.

Là, la carte d'invalidité, elle correspond à peu près au moment où elle perd elle perd littéralement son œil droit. Alors, pas littéralement, mais elle perd la vue de son œil droit. Et là, c'est vrai que ça devenait beaucoup plus compliqué.

L'œil gauche, il était pas au milieu de sa forme non plus. Le dernier contrôle, il date de 2025. Je crois qu'elle a fait un contrôle puis à la fin, elle a arrêté d'y aller parce qu'à chaque fois c'était elle était dépitée et en plus les champs visuels, c'est bah pour le coup c'est tu vois vraiment ce qui ce qui est perdu.

C'est assez impressionnant. Et en 2025 au dernier contrôle, elle est revenue, elle nous a dit "Mais mon air optique c'est comme une coquille vide. est il est creux, il y a plus rien à l'intérieur.

Et euh et donc oui, en 2025 mais déjà en 2023 oui mais c'est vrai que pour revenir à ta question le ça a été un moment assez compliqué pour elle le la carte d'invidité parce que c'était quand même la preuve noir sur blanc tu reçois quand même un écrit qui dit madame tu es tributaire de quelqu'un Ouais mais au tu vois madame on est désolé pour vous mais malgré tous vos efforts et ben la maladie elle continue à progresser quoi. Donc tu te prends quand même un petit coup de bambou derrière la tête parce que elle a mal vécu. Elle l'a mal vécu.

C'est vrai qu'elle a mal vécu et ne voyait que dans ses rêves. Vous dites à la fin. Elle ne voyait clairement que dans c'est un paradoxe qui peut paraître cruel mais maman elle nous a souvent dit que elle adorait dormir parce que la nuit elle rêvait.

C'est très agréable de dormir quand même faut le dire. Mais la nuit elle rêvait et dans ses rêves, elle voyait parfaitement comme avant et elle a trouvé ça génial. Mais par contre, c'est vrai que le matin, elle se réveillait et elle était dans la grisaille, dans le flou.

Mais ça recommence. Au quotidien, votre père moins parler au début. Comment il va le vivre lui ?

Est-ce qu'il va l'accompagner ? Est-ce qu'il va au contraire un peu rejeter ça, faire comme s'il le voyait pas au début ? Est-ce qu'il va être très très aidant au quotidien ?

Je crois que papa euh papa Demblé il sait. D'emblé, il sait parce que déjà il vit avec elle, donc il voit sa perte progressive d'autonomie et il essae en fait je pense vraiment d'adapter son quotidien pour lui faciliter la vie elle mais il essaie pas forcément de la faire changer d'avis. Alors peut-être aussi par pudeur euh et puis parce que parce qu'il la connaît parce qu'il la connaît et qui sait qu'il la fera déjà jamais changer d'avis quand elle dit que quand il plus fera le nécessaire 3 ans avant quand elle a sa carte d'invalidité et comment ça vous parlez vraiment de de suicidité ou c'est enfin de su cours d'ailleurs mais est-ce que est-ce que elle est-ce qu'elle en parle là ?

Est-ce qu'elle accélère ? On vous disait qu'elle faisait des petites phrases avant est-ce que là ça devient plus concret ? Alors c'est c'est comme nous qui avons provoqué le nom.

Ouais, c'est nous qui c'est nous qui avons provoqué le moment. C'est ça. Oui, oui, tout à fait.

Vra l'avez à mon avis, vous l'avez dit, il faut qu'on parle. Oui. Au moment, à partir du moment où elle a commencé à en parler devant les enfants, vous êtes dit, elle va le faire quoi qu'il arrive toute seule.

Bah, disons qu'en tout cas, on s'est pas passé tout à fait comme ça. C'était pas exactement ça. On voulait provoquer vraiment ce moment de confrontation avec elle parce que c'était pas clair.

Nous, on avait besoin de savoir. On avait besoin de savoir déjà ce qu'elle voulait dire. Euh, qu'est-ce qu'elle veut dire déjà ?

Qu'est-ce qu'elle veut dire par alors on s'en doute mais qu'est-ce qu'elle veut dire quand elle parle de faire le nécessaire le moment venu ? Et là, on se dit tiens, elle parle vraiment de suicide. Mais à ce moment-là, tu sais, c'est un mot qui fait qui nous tr dans le dos et qui nous faisit très peur.

Tu avais même pas envie de le prononcer et encore moins d'y penser. Pourtant, c'est là dans ta tête. Parce que tu te dis, je vais le dire, c'est ça le rend presque réel, tu sais.

C'est comme Harry Potter avec avec vol de mort. Tu dis non. Et c'est vrai qu'on était stressé, tu vois, par rapport à ça.

Puis surtout pourquoi ? parce que mine de rien, alors c'est vrai que maintenant ça paraît évident mais à l'époque on se posait la question, on se disait elle est peut-être déprimée parce que elle voit moins bien ou peut-être qu'il y a autre chose qu'on a qu'on a pas vu. Et nous, tu vois la dépression et nous tu vois la dépression ça nous rassurait presque.

On se dit parce que la dépression ça se soigne quoi enfin c'est plus facile à soigner et puis tout va peut-êtreir comme avant si c'est un petit coup de déprime quoi. Donc c'est un peu ce qu'on espérait. Mais donc vous vous c'est vous amenez la la discussion donc vous dites écoute maman faut faut qu'on a une discussion là on s'y prépare.

On s'y prépare juste avant parce que c'est pas quelqu'un de facile hein. On s'y prépare genre mode entraînement tu vois avec la raf on s'appelle des semaines avant. Ah ouais, on stresse.

On répète parce qu'on maman c'est c'est quelqu'un qui est qui est assez buté, assez assez têtué volontaire et nous fallait qu'on ait des arguments. Donc on a fait un espèce de questionréponse avec atou en se mettant en condition dans le dans le truc. La grosse plaido elle va dire ça.

Nous on va proposer ça, tu verras. Et franchement à ce momentl je te jure nous on était sûr que ça allait le faire. Ouais.

Comment va se passer cette discussion au final ? Parce que vous répétez mais comment ça va se passer avec votre maman ? Comment ça se passe ?

Ben vraiment la convoque. Mais genre convocation quoi. Maman pour de vrai.

Maman te convoque. On a choisi le café du village, café emblématique sur la place où on allait quasiment jamais. Et au départ, on décide d'y aller avec mon père.

Maman, elle veut pas. Elle nous dit "Non, là ça me met pas à l'aise. Mais savez de quoi vous alliez parler ?" Non.

Bah oui, parce que quand on lui a dit, on lui a dit "Écoute maman, tu en gros, tu parles de ça va pas, faut qu'on se parle, il se passe quelque chose, on veut que tu nous dises vraiment les choses." Et là, bon, on est toutes les trois et on se pose devant le dans le café puis là on l'écoute puis on fait mine d'être calme, assez sereine puis en fait quand vous dites vous l'écoutez, c'est vous vous lui dites juste faut qu'on parle, c'est tout. Bah on lui dit "Maman, voudrait que tu nous expliques qu'est-ce qui se passe, pourquoi par moment tu es triste, vous prononcez pas vous le mot ?

On peut pas, on est terrorisé en fait. Quel au fond de nous, on a vraiment peur. Vous avez vécu, c'est très très dur.

On fait les fortes, on provoque l'événement, on fait les fortes mais on est terrorisé, on a très peur et on l'écoute. Et puis maman elle est en plus, elle est en face de nous. Maman, elle est toute petite en plus, c'est une petite brindie, elle fait même pas 1,50, elle est toute légère, elle chose du 34 et elle est cette petite chose fragile qu'on qu'on pensait un peu dépressive et enfin à ce moment-là quoi parce qu'elle était triste.

Pas du tout. Et là, on tombe vraiment littéralement de notre chaise parce qu'en fait en face de nous, on a quelqu'un qui a un discours posé, hyper structuré. Il y a pas une hésitation, il y a pas une ambiguité.

Maman, elle nous dit "Je veux mourir avant d'être dans le noir complet parce que moi le noir ça me terrifie. Ce qui me fait tenir les filles là, ce qui me fait pas tomber dans la dépression, c'est justement que je sais que au moment venu, je pourrais me suer. Si j'ai pas ça, je tiendrai pas." Elle vous dit ça comme ça.

Elle nous dit ça comme ça. Elle nous dit aussi on tombe de notre chaise. On tombe de notre chaise.

Et nous elle nous dit aussi qu'elle est en colère contre son corps. Ou parce que son corps il a trahi. Et là maman en gros, elle lui dit "OK, tu me trahis, moi je vais ensuite décider du reste quoi et c'est moi qui choisirai." Mais et quand excuse-moi, quand elle te parle de te parle déjà de d'idée d'aller dans un pays ou vouer de son côté là ? pour l'instant, tu vois, c'est juste l'idée quoi.

C'est juste l'idée. Bah c'est juste l'idée. Et puis après elle enchaîne.

Et puis après elle enchaîne. Donc elle nous explique quand même, tu vois, parce que on lui dit "Im pourquoi à des moments tu es si triste maman ?" Parce que pour nous c'est pas clair.

Elle nous dit "Mais non, mon choix il est c'est le seul choix juste. Il est il est il est très douloureux pour moi." Et c'est pour ça que par moment je suis très triste parce que je sais exactement ce que je vais perdre.

Je sais que je vais vous perdre. Je suis pas triste de partir mais je suis triste de quitter ce cette relation qu'on a de pas voir mes ben mes arrières petits enfants par exemple. Oui.

Quand tu es en famille, tu vis un moment tu disain je je vais Ouais c'est ça mais par contre et un moment je sais pas si tu te rappelles, je te coupe et elle nous a dit alors ça c'est j'essaie de la retrouver la phrase mais ça nous avait marqué et ça veut tout dire. Elle nous avait dit les filles ma décision n'est pas irréfléchie. Elle prend toute sa valeur et son poids dans le contexte de notre famille parce que justement voilà je elle était pas malheureuse, elle aimait sa famille, elle était droite dans ses bottes en fait.

Alors nous on là tu te dis ça être encore plus dur de la faire changer d' vi bah c'est exactement posé. Ah bah là tu dis et puis on dit qu'on s'est complètement planté parce que là on est à côté de la plaque quoi. Elle avait dit à votre père ça ou pas avant de vous voir et de vous le confier ?

On on l'a su après mon père il s'en doutait. Puis de toute façon, mon père, ça faisait 5050 enfin plus de 50 ans qui qui vivait avec elle au quotidien. Connaissez euh parce que le lendemain on a fait on est revenu dans le café parce que nous on voulait quand même qu'elle le dise pas soit là.

On voulait on voulait quelque chose de de avec un cadre à quatre aussi parce qu'on est une enfin on était une famille et on voulait que les choses elles soient dites à minimum entre nous quatre avant d'échanger avec nos conjoints et les enfants. Et à cette fameuse journée là où elle nannonce sa décision de de partir avant avant le noir complet, elle enchaîne hein. Mais elle vous dit pardon, elle vous donne un timing, elle vous dit "J'aimerais avant le noir complet pour elle, ça représente 10 ans, ça représente un an ou pas ?" Elle sait pas en fait, tu peux pas savoir, tu sais pas comment la maladie elle va évoluer parce qu'il y a rien de c'est pas linéaire, tu vois l'évolution.

Et elle nous dit parce qu'elle enchaîne, elle nous dit qu'elle a ben qu'elle a déjà commencé à se projeter. Donc là, on dégringole une deuxième fois de notre chaise et elle nous dit ben qu'elle se suicidera seule chez elle parce que la France lui offre aucune alternative. Elle enchaîne.

Là, on est toujours à chaise et sur la chaise, on est comme ça. Elle enchaîne en nous en nous expliquant qu'elle a déjà commencé à regarder sur internet mais qu'elle sait pas chercher des produits mais qu'elle sait pas quel produit enfin où chercher quel produit. Et puis elle nous avoue aussi que ben le moment venu, ben elle a peur de elle a peur de souffrir, elle a peur de de pas y arriver toute seule parce qu'il y verra pas assez.

Elle a peur de se planter dans les doses parce que c'est vrai queidée c'est prendre le risque de se rater. Hm hm. Et là en fait là c'est juste horrible quand elle se projette ben toi tu as tu te projettes aussi forcément et tu as des images ben qui sont juste impossibles à gérer qui qui qui t'arrivent en pleine tête et tu as beau fermer les yeux ben les images elles sont là les images elles s'accrochent et elles vont s'accrocher longtemps et au-delà des images rien dans ce qu'elle nous dit à ce moment-là ça nous paraît supportable L'idée qu'elle l'idée qu'elle toute seule, l'idée que papa il la découvre morte au petit matin, l'idée que dans pas longtemps avec ma sœur dès que le téléphone il va sonner, on va flipper parce qu'on va dire ben ça se trouve c'est papa qui nous appelle parce que maman elle est partie et puis qu'est-ce qu'on dit au gosse ?

Et puis c'est notre maman. Elle a toujours été là pour nous dans tous les moments importants de notre vie. On peut pas la laisser affronter ça toute seule.

C'est pas possible. Vous réagissez comment ? Parce que là, tu parles à froid aujourd'hui, mais au moment où elle vous dit ça, est-ce que vous lui comment vous êtes toutes les deux ?

Bah, on lui dit que on lui dit que si c'est son choix, bah on sera là avec elle quoi. Vous l'acceptez tout de suite ? Vous essayez de lui dire mais non non, on en est pas encore dans cette phase là, je pense.

Non, là elle nous explique que pour elle une une vie sans voir, bah c'est pas une vie, elle est cohérente. Même si euh hormis les yeux euh quand quand tu la vois, que tu parles avec elle au café, elle n'a pas d'autres problèmes de santé. Non, aucun c'est juste la vu.

Donc tu lui parles, elle a son cerveau qui va elle a pas de souci. Donc elle va elle est toujours aussi lucide, te parle de tout et tout. Donc c'est ça qui doit être encore plus frappant pour vous.

C'est encore plus difficile. C'est ça qui est dur. Alors nous on a beau savoir que justement elle souffre de ce handicap mais c'est vrai qu'on la voyant particulièrement de loin quand quand on est en soirée quand on la voit rigoler avec quelqu'un discuter, elle est elle a toujours cette joie de vivre, elle a toujours cet humour.

C'est vrai que c'est très difficile d'arriver finalement à accepter le fait aussi qu'elle puisse partir et de jour au lendemain. Ça a été compliqué pour nous et c'est vrai que ça a été long. En plus ces ces 3 ans, vous finissez cette réunion, enfin ce ce cette convocation, je reprends tes mots.

Euh sous le choc, vous rentre, vous vous voyez toutes les deux, vous vous parlez, j'imagine. Qu'est-ce qui se passe ensuite ? Bah déjà toutes les petites phrases qu'on avait préparé, autant te dire que ah bah mais il y a rien cétait sur le carreau les filles.

Alors là, on était scotché et strike strike. Mais euh en fait à partir de ce moment-là, même si même si sa décision et le fait qu'elle est commencé à se projeter, on l'a entendu, on a fait le choix effectivement de la suivre, de l'accompagner et notre position là, elle est claire. Euh être à ses côtés, mais par contre jamais décider à sa place.

Et là, c'est une autre difficulté parce que tu peux aider ta mère l'accompagner mais pour nous c'était pas question de de enfin il fallait se fixer des limites pour pas avoir l'impression que tu colles à ta mère un fling un flingue sur sa tête. En fait, moi j'avais pas envie de l'aider derrière me dire "OK, est-ce qu'elle avait vraiment envie de ça Ouais, c'est ça. De pas la dépêcher non plus de pas lui de respecter ses souhaits quoi.

C'est ça. Oui, oui, oui. Mais il enfin il faut respecter puis vivre avec derrière parce que si tu te dis que tu as précipité ta maman à à mourir, c'est bah c'est aussi compliqué pour nous.

Par la suite, vous avez choisi une voie, c'est illégal en France, c'est légal dans d'autres pays. Est-ce que si vous n'aviez pas eu de d'autorisation dans les pays euh autres pays d'ailleurs parce qu'il y en a plus proches mais plus lointain aussi, est-ce que vous l'auriez aidé de manière plus illégale ? Oui.

Non, moi je crois pas. Enfin, je s'il y avait pas eu ailleurs, tu veux dire ? Il y avait aucun tu vois est-ce que Oui, mais alors là on é freiné quand même par conjoint nos conjoints, ils nous ont dit stop parce qu'on ils nous ont dit "Attendez les filles" et c'est c'est la ça été vraiment leur première action.

Ils ont dit "Les filles, on comprend euh on comprend, on on est complètement avec vous, mais là vous voulez faire quoi ? Vous voulez vous voulez être avec elle quand elle va suicider ?" Effectivement, tu as raison.

Euh ça vous met en situation d'illégalité totale, ça s'appelle de la non assistance à personne en danger. Si vous êtes là au moment où elle fait l'acte, voir un meurtre, voir un meurtre. Il y a eu des histoires comme ça il y a longtemps.

Quelqu'un qui avait demandé à un ami de lui tirer dessus. Bah c'est encore plus dur mais il a eu du mal à prouver que machin malgré les lettres et les tous les amis communs qui disaient si si il a demandé vraiment avec un fusil ça difficile. Ben qu'est-ce qu'on aurait fait ?

Ça va être compliqué pour moi de dire de dire sur ta chaîne que que je me serais mis en position d'illégalité. Mais non, bah c'est la vérité en fait. Non maison mais je pense qu'on l'aurait fait.

Est-ce que quand ta maman te demande de l'aide, est-ce que tu l'aides ? Oui. Oui.

Mais alors par contre, je vais te dire, moi je l'aurais fait mais le vrai problème par rapport à ça, c'est que le lendemain quand les flics seraient arrivés, je trouvais tellement que c'était une situation qui serait qui qui était injuste que je crois que j'aurais pas pu mentir parce que ça me semble aberrant. Mais ça de pas avoir le droit de voilà. Alors terminer sa vie quand tu ça et donc du coup c'est pour ça aussi que c'est un grand débat en ce moment.

C'est un grand débat. Oui. C'est pour ça que je l'aurais fait mais du coup je et c'est très certainement pour ça que nos conjoints nous ont dit attention parce que je je je moi j'aurais pas pu le lendemain mentir.

J'aurais pas été capable je crois. Oui, parce que pour moi c'est c'est une injustice. Oui, c'est c'est une certaine forme d'injustice nom de quoi je peux pas être à côté de maman pour ces derniers instants.

Vous vous reparlez donc entre vous après vous allez en parler donc à vos conjoints qui ont pas l'air d'accord du tout sur la même avec vous. Comment vous allez vous renseigner ? Est-ce que c'est vous qui allez vous renseigner ?

Est-ce que c'est votre maman qui va vous demander de le faire ? Comment est-ce que ça va se passer ? Bah déjà on définit un cadre.

On définit un cadre. Donc ça c'est Ouais. Avec elle ou entre vous ?

Avec elle toujours. Avec elle. Il y a une évidence qui s'impose, c'est que il faut qu'on a un cadre, c'est qu'il faut que le cadre il soit là, qu'il soit légal si possible, qui puisse être sécurisé aussi.

Euh qui puisse nous permettre d'être là en présence avec elle pendant que ça se passe et qui puisse justement assurer une une femme de enfin une mort paisible quoi et pas douloureuse pour maman. Et et là clairement bah on se rend bien compte bah comme toi tu l'as dit Raf que ce cadre en France que ce cadre en France tu l'as pas. Et ça maman elle était en colère vraiment et était très frustrée par rapport à ça parce qu'elle voulait que ça se passe chez elle.

Elle avait envie de mourir dans son pays et par ailleurs, elle était en colère aussi parce qu'elle savait que si on allait l'accompagner, elle nous imposait un voyage à l'étranger. Et c'est vrai que voilà, elle était très en colère par rapport à cette situation. Donc vous allez taper sur Google, vous allez chercher on a commencé à regarder un petit peu, on s'est tourné, bon ça, on avait pas eu le choix vers l'étranger et on s'est rendu compte qu'il y avait plusieurs pays en fait qui proposent des formes de de suicide d'assister mais globalement dans les faits, il y en a pas beaucoup qui sont accessibles au aux étrangers.

Alors, ils imposent pas forcément la nationalité ou la résidence, mais finalement comme il y a un certain nombre de pays qui demandent un dossier médical super complet avec un suivi par un médecin du pays, bah en gros, tu es obligé d'habiter dans le pays. Enfin, donc le seul pays qui s'est avéré finalement possible et qui répondait à toutes les tous les critères de maman, c'était la Suisse la Suisse la Suisse Alors, la Suisse, c'est très particulier. Qu'est-ce qu'il propose la Suisse ?

En fait, il y a pas de droit à mourir là-bas. En fait, c'est un pays où le droit, il y a une dépénalisation du droit à mourir. C'est c'est vraiment un c'est un cas à part, si je puis dire.

Il y a aucun encadrement en fait par le système médical du pays, de la Suisse. C'est uniquement géré par des associations privées à but non lucratif. Et il y a deux conditions très importantes, c'est que petit la personne qui décide de suicider, elle puisse avoir sa capacité de de discernement.

Et il faut également que ce soit pas quelqu'un qui choisisse pour la personne pour une dame qui a un peu perdu sa tête, gée, elle a envie de se suicider. Dis-le Monique. Non mais non parce que il y a eu des cas comme ça.

Je c'était l'inquiétude quoi. C'est que tiens mamie a pas du tout envie de partir en fait. C'est pour l'héritage.

Donc c'est c'est l'inquiétude de l'héritage, c'est le deuxième critère, c'est exactement ça. C'est qu'en fait il faut pas de motif égoïste. Donc l'aide d'apporter à la personne ne doit répondre justement à aucun motif égoïste en traduction, enér tu dois avoir aucun intérêt que ça soit toi en accompagnant et même les assun intérêt à aider la personne à partir tu vois.

Et c'est quoi exactement tu viens de dire suicide assister ? Qu'est-ce que ça veut dire suicide assister ? d'assister, c'est quand c'est la personne qui souhaite mettre un terme à sa vie qui va elle-même s'injecter le produit létal.

C'est la différence avec l'euthanasie. L'euthanasie, c'est que l'euthanasie active, a aussi l'euthanasie passive, l'euthanasie active, c'est que c'est un médecin ou une autre personne, en tout cas un tiers qui va administrer la substance létale à la personne qui le souhaite. Est-ce que pardon qui sont mais est-ce qu'il y a des manières différentes de partir ?

Tu disais tu disais que c'est une substance. J'ai vu des reportages je crois en Belgique, c'était une sorte de verre qui buvait. Est-ce que les associations proposent des choses différentes ?

Et alors il y a plusieurs, c'est le même produit, c'est c'est le pinteau barbital qui peut s'utiliser soit sous forme injectable, c'est ce qui s'est passé pour maman, on discutera après. Et sinon, ça peut être aussi sous forme buvable mais bon, faut être sûr que la personne le prend bien. Puis on avait regardé, c'est vrai que c'était une option qui nous stressa un petit peu parce que si jamais la personne se met à vomir ou s'il y a des effets secondaires et c'est vrai que l'avantage d'une injection intraveneuse, c'est que c'est rapide, c'est indolore.

Après alors je crois que il y a eu des histoires de sarco, c'est espèce de de machine où je crois qu'il coupe l'oxygène. Mais je crois que ça ça a été arrêté et je crois que ça a été fait mais alors pas par l'association espèce de de tube dans lequel tu es qui est fermé, tu appuies sur un bouton. Je crois c'est la personne qui appuie à l'intérieur pour baisser l'oxygène je crois petit à petit.

Et je crois que c'est assez polémique. Donc bon en tout cas nous on n'est pas pas passé du tout par quand on préparait l'émission dit un mot dit le deuil anticipé. Euh c'estàd que ce qui est très dur dans ce que vous vivez vous euh c'est très dur pour votre maman mais c'est aussi dur pour vous parce que vous vous la voyez euh entre guillemets euh avec un problème de vue et qui qui impacte sa vie, mais vous vous la voyez en bonne santé.

Enfin, physiquement, elle vous parle, elle est elle est complètement lucide et et donc vous devez déjà faire votre deuil un peu en avance en sachant que ça va arriver, mais en sachant que c'est sa décision et que que c'est son choix et qu'on a décidé, qu'on lui a même dit, on lui a formulé qu'on allait ben qu'on allait l'accompagner et traverser ça avec elle. Est-ce que vous allez tenter de de de lui montrer qu'une autre vie est possible même sans voir ? Euh parce que il y a des nvoyants, je vous embrasse si vous nous écoutez et de lui montrer qu'il y a des solutions pour lire.

Bien sûr ça. Oui, on a fait ça pendant 3 ans. On a fait ça pendant 3 ans.

Tout testé. Vous avez tout tenté. On a touté.

Tu peux peut-être en parler qui a tout. Oui, on a essayé de toute façon c'était une phase où c'est vrai que c'estes 3 ans ça c'est vrai que c'est long parce que 3 ans en sachant voilà que que ta maman elle va partir, c'est très long. C'est des phases qui sont très variables.

C'est 3 ans de de stress, de tension, de fatigue et puis il y a il y a rien de linéaire en fait. C'est tout est embrouillé au niveau émotionnel et tu passes constamment en fait du déni à l'espoir. Un moment tu es en colère, un moment tu es triste, un moment tu as presque l'impression que tu vas accepter puis 24 heures après, non mais c'est pas possible.

Il y a des moments où tu pensais qu'elle allait elle renoncer ? Oui. Au assister, on espérait.

On était dans le déni. C'est le déis. Mais elle est dans un bon mood aujourd'hui, tu vois.

Regarde, elle a aimé lire en bra n'importe quoi parce que vous avez testé tout. On a proposé voilà, vous avez proposé on était force de proposition mais jamais en frontal parce que avec maman ça marchait pas, ça marchait pas et puis on lui avait dit qu'on respectait sa décision. Donc on a essayé de de le faire de manière un peu plus luxe, un peu nuancée, on va le dire.

On faisait des propales. Alors, c'est vrai que c'était puis le but c'était certes de lui montrer qu'une vie dans le noir était possible parce que c'est ça, c'est de se dire "Attends maman, c'est possible quand même de vivre dans le noir, on peut être heureux dans le noir." Et d'améliorer aussi parce qu'il y avait pas que ça, c'était aussi améliorer son quotidien parce qu'elle était vraiment dans un état quand même de dépendance.

Et le brail, c'est toi ? Oui, j'ai proposé le brail. Bon, je me suis pris une fin de recevoir.

Ah ouais, coup de pâte même coup de griffe, je pense. Coup de tout, coup de dents. Peux vous poser une question ?

Est-ce qu'à un moment donné vous lui en avez voulu ? Oui oui oui, on lui en a voulu. Ontemps.

Ouais, on alors au-delà du déni, il y a la colère et la colère ça nous habitait très longtemps toutes les deux. Moi, ça m'habitait quasiment jusqu'à la fin parce qu'on était en colère de bah contre la maladie de Non mais plus dans le sens en colère qu'elle vous un sentiment parce que c'est pas le cas, je me permettrai pas mais un sentiment d'abandon. Tu dis maman tu pars mais tu nous laisses.

Tu pourrais tu vois ce que je veux dire ? C'est ce que on on se dirait. quelque part indirectement.

Oui, parce que on était aussi en colère contre elle. En colère pourquoi ? Parce que ben pour nous euh ne plus voir, c'est pas une raison suffisante pour mourir.

On peut vivre aveugle et heureux. Et on lui en voulait de de de pas essayer d'envisager une une vie sans voir en fait ou en tout cas de elle nous donnait pas l'impression de de faire cet effort là. Après, elle voulait pas elle voulait pas de solution alternative.

Maman en fait, elle voulait pas entendre. Elle voulait pas elle voulait voir, elle voulait voir jusqu'au bout. Elle nous l'a toujours dit.

Vous disiez que sur la fin, vous avez dit quelque chose qui vous a bouleversé avant de parler de comment vous avez accepté avec l'association. Mais qu'est-ce qu'elle vous a dit vers la fin qui vous a bouleversé ? Ben si, je je je pense savoir ce ce à quoi tu fais référence.

Et ça c'était un autre gros point parce qu'on était en colère au-delà du fait qu'elle voulait pas essayer de de faire un effort. On était en colère parce que elle le reconnaissait pas notre douleur. Et je le dis vraiment à la forme impérative.

Hm hm. Il y a plein de fois où avec Katou, on était dans le bad et maman sa réaction c'était de temporiser. Elle disait "Non mais toute façon, c'est pas si grave que ça.

Tout le monde meurt un jour. Dans le monde, il y a des gens qui vivent des souffrances bien pire que les miennes. Mon cœur, il est pas si dramatique.

J'ai bien vécu." Mais nous euh on savait que que la mort ça fait partie de la vie. On avait pas envie de l'entendre.

Nous ce qu'on voulait c'est que c'est c'est qu'elle reconnaisse que pour nous de la perte ça allait juste être dramatique et et je pense qu'elle était pas à ce moment-là elle était pas en capacité de de de comprendre nos douleurs et de et de la reconnaître parce que recourir au suicide assister c'est une décision je pense qui est très solitaire et si tu veux la prendre et si tu veux l'amener de front aller jusqu'au bout il faut à un moment quelque part que tu sois peut-être un peu égoïste et que tu fasses abstrac action de la douleur des autres parce que si tu penses à la douleur que tu vas avoir autour de toi, ben tu tu peux pas la prendre cette décision là. Et dans les derniers moment, c'est vrai qu'elle nous a dit, on était un peu sur la fin, c'était quand on était tous ensemble à la maison, c'était plus tard. Elle nous a un soir autour de la cheminée, elle nous a dit "Mais vous savez les filles, si ma mère elle avait pris euh la même décision, je sais pas du tout comment moi j'aurais réagi." Et ça fait beaucoup de bien de l'entendre.

On avait l'impression qu'elle qu'elle comprenait, qu'elle qu'elle légitimait notre douleur et et c'est vrai que c'était un cadeau qu'elle nous avait fait à ce moment-là. Je l'ai senti comme ça. Ouais.

Je peux dire le nom de l'association ? Vous avez retenu ou vous voulez pas le dire ? Oui, on peut.

Bien sûr, c'est c'est Pegasos. Oui. Ouais, je on le prononce comme ça.

Pegasos. Pégasos. Qu'est-ce qu'ils font exactement ?

C'est une association qui qui qui aide les les les personnes qui veulent partir ou est-ce qu'ils font d'autres choses ou est-ce qu'ils se sont spécialisés là-dedans suite à quelqu'un qui est parti ? Est-ce que c'est une famille qui a lancé cette association ? Qui qui sont-ils ?

Alors, au niveau de la personne qui a fondé le l'association, je j'ai je pourrais pas te répondre. Après, c'est une association qui aide vraiment, qui va accompagner les familles, qui les aide dans les démarches euh et qui te voilà qui va qui nous qui peut expliquer et qui nous accompagne jusqu'au bout et et et même au-delà, on peut garder contact avec eux. Euh voilà.

Mais c'est essentiellement là-dessus qui qu'ils sont spécialisés. C'est leur c'est leur des suisses comme des comme bah comme des étrangers comme beaucoup d'étrangers. C'est c'est votre maman qui va choisir la date de son décès ou c'est l'association qui va vous dire il y a de la décide parce que déjà faut que l'association accepte le dossier de maman.

C'est pas gagné. C'est pas gagné. C'est il faut faire une demande à l'association.

Exactement. Et ça ça c'est on l'a fait en 2025 justement. Euh on a commencé.

Bon maman voulait qu'on qu'on regarde avec elle parce que elle avait beaucoup de mal à pas avoir à ce moment-là forcément. Alors, excuse-moi, c'est c'est c'est pas c'est l'association qui a choisi la date, mais si je dis pas de bêtises, c'est votre maman qui a choisi la période, c'est-à-dire les deux premiers mois de 26. Exactement.

Oui. Pourquoi elle a choisi cette période ? Parce que c'était vraiment pour voir un maximum, pour vivre un maximum de choses.

He c'est ça ? Parce qu'en fait, elle voulait euh elle voulait que ça soit pas trop prêt mais pas trop tard pour plus y voir. Et euh on en a pas, elle nous en a parlé parce que on avait pas forcément notre mot à dire.

Fin 2024. et elle était elle s'était arrêtée sur euh sur euh janvier voir début février 2026 parce que l'année dernière il y avait les les 50 ans de ma sœur. Oh, tu trahis son âge ?

C'est pas vra. Voilà, bravo. Il y avait les 50 ans de ma sœur et vous êtes là au 50 ans de Catherine Oui.

Euh, il y avait ses ses fils qui passaient qui passaient le bac aussi. Et puis elle voulait éviter Noël, elle voulait éviter les grosses enfants qui passaient le bac. Ouais.

Donc c'était une période finalement elle voulait oui attendre les fêtes, le passage des fêtes. C'était voilà entre ça doit être bizarre les fêtes pour le coup là. Les fait ça été Oui, ça a été compliqué et en même temps c'était des moments très intenses.

Tu sais tu es aussi toujours en dernière fois quoi. C'est ça. Bah de toute façon depuis le début d'année à partir du moment où on savait qu'elle partait en janvier ou en février 2026 chaque mois c'est le dernier.

Chaque instant c'est le dernier. Chaque anniversaire c'est le dernier. Chaque anniversaire c'est le dernier.

Et c'est vous l'aider quand quand vous dites il y a des papiers des lettres et c'est c'est il faut écrire une lettre pour expliquer pourquoi. Oui. Alors ça c'est ça c'est la partie biographique si tu veux parce que tu as des parties administratives médial et après l'assaut elle elle demande des informations qui sont un peu plus un peu plus personnelles.

Maman en deux mots, elle doit raconter euh sa vie, son parcours et les raisons pour lesquelles elle veut partir. Elle avait déjà commencé à écrire mais bon avec la vue qui déclinait, ça devenait compliqué. Elle avait écrit avec un gros stylo.

Les mots, ils étaient les uns sur les autres. C'est vraiment compliqué. Et ça devenait très enfin il demande pardon il demande une manuscrite et pas tu remplis tout en ligne en fait mais au départ bon pour préparer le courrier tu es obligé de essayer de de le rédiger et puis finalement ça s'avère trop trop difficile physiquement pour elle et elle nous appelle avec ma sœur en nous disant les filles faut que vous veniez m'aider nous pas de problème bien sûr maman on arrive on descend il y a pile un an rel sa lettre toutes les trois on en parle ensemble et Et puis après on essae d'écrire en étant en étant les plus ben les plus convaincantes possibles avec Cat.

On s'est mis un peu en mode scolaire. Ah ouais robot. Rob tu sais parcours sup à à enseigner leur vœux.

C'est c'est pardon c'est pas le bon mot mais c'est quasiment une lettre de motivation. C'est exactement ça. C'est que là quand tu dis il faut montrer qu'on est c'est c'est une lettre de motivation pour mourir.

Tu as raison. C'est trop bizarre. Et et c'est là où je pense qu'on a une fois de plus avec Catherine en voulant trop bien faire pas du tout pris la mesure de ce que ça de ce que ça allait nous coûter parce qu'en se mett en se mettant en mode robot comme ça en fait on trouvait ça enfin on se disait on sait faire sauf que sauf que aider ta mère à écrire les raisons pour lesquelles elle veut mourir tout en espérant être entendue c'est profondément violent en fait et on je pense qu'on avait mis notre cerveau protégé quoi. s pas protégé.

On a mis notre cerveau en mode robot. Le problème c'est que le corps lui triche pas. Et notre corps, je peux t'assurer que clairement il nous a fait comprendre que il y avait des limites qu'il fallait pas franchir mais que nous on les avait franchi et qu'on allait le payer.

Pourquoi il a pas demandé à votre papa de d'écrire la lettre au moins pour pour Ben je pense que je pense qu'elle voulait le je pense qu'elle voulait le protéger un petit peu. En tout cas elle pensait qu'on était plus capable de de plus forte. plus forte que lui pour le faire.

Pe papa est en bonne santé bien sûr. Euh et puis tous les deux ils avaient bossé mais ils étaient souvent chien et chat donc Oui, il est pas très patient papa. Bon maman non plus ils sont pas patients tous les deux.

On s'est dit là ça ça va ça va ça va partir en live. On aurait dû peut-être les laisser faire ça mais avec tout non on s'est dit non on va le faire. Elle nous demande on va le faire.

On faut qu'on soit là pour elle et c'est vrai que ça nous a coûté cher. C'est un bilan du weekend. Vous vous êtes senti coupable.

Tu veux dire quand quand physiquement on allait on allait trop loin en en faisant cette lettre on s'est nous on a passé une étape qu'il fallait pas qu'on franchisse en fait et donc du weekend le lendemain matin mon beau-frère m'appelle il me dit 4 elle va pas bien du tout elle a passé la nuit à pleurer elle pleurait même en dormant j'appelle ma sœur le soir effectivement elle était pas bien du tout elle revenait de chez chez sa psy et elle me dit toi comment tu vas moi je écoute je suis pas Bien, je suis brassé mais je suis quand même ennuyée pour pour toi. Moi je gère quand même plutôt pas trop mal. Je suis la grande sœur.

C'est exactement ça. Et moi je me suis Non mais attends Cathy là mais tu es vraiment tu es fait. Et résultat des courses et résultats des courses.

Donc de jours après j'essaie de joindre ma sœur. Ta grande sœur solide. Ma grande sœur solide.

Donc j'appelle mon beau géré. Et mon beauff me dit bah non là je peux pas te passer raf parce que parce qu'on est à l'hôpital aux urgences et ta sœur elle s'est pris une énorme crise de douleur abdominale et apparemment elle annul ser à l'estomac. Je dis bon, j'étais pas contente pour elle mais je me suis sentie moi seule dans mon dans mon mê dans ma somatisation.

Tu as intériorisé toi ? Ouais, ça Ah oui, mais moi je je somatise grave. Mais bon, résultat des courses, c'est vrai qu'à ce moment-là avec Atou, on a dit stop, va falloir qu'on se protège parce qu'on peut pas continuer comme ça ainsi, c'est pas possible.

Donc on s'est un peu plus protégé. On a essayé, on a essayé. Attends parce que à la suite de de de la lettre, on avait parlé d'un truc qui est qui est quand même euh aussi dur, c'est que vous devez choisir la musique sur laquelle elle va partir.

Oui. Alors, c'est quand même bizarre aussi. C'est pas commun.

Alors, alors oui, mais alors je sais, c'est pas commun, mais là pour le coup, ça a vraiment été son choix. nous, elle nous a pas du tout euh impliqué là-dedans et euh Oui, c'est vous avez pas été active en fait le fait de la lettre, vous étiez active. C'est ça le problème.

Elle a choisi quoi comme musique ? Alors, elle a pas choisi du Mozard, elle est gentille et puis connaissant maman, bah non, fallait tout le temps qu'elle prenne le contrepied euh tu vois, un peu des choses. Donc elle a choisi euh Sultans of Swing, des Di Streets.

Et euh c'est du rock, c'est euh c'est un peu c'est en fait elle avait pris en c'est un peu de la country, je sais pas si tu connais les di Streets. Non. Bon, c'était trop jeune, c'est pour ça mais je me permet elle est magnifique cette musique.

C'est un c'est un live. J'ai écouté en plus j'ai écouté quand on préparission je suis écouté mais çaurait pu je connaissais pas. Ouais, je me rappelle d'une guitare.

C'est pour ça que j'ess guitariste de fou et euh et donc elle avait choisi cette musique là. Mais ça elle voulait pas qu'on chouasse, elle a dit "Non, vous avez pas chouassé. Donc je vais pas mettre un truc trop lourd, trop Non non, ça va être ça et c'est très bien, ça bouge bien.

C'est ce qu'il me faut. Alors, ils vont vous demander aussi qui doit être présent ou pas le jour J. Oui.

Elle va pas vouloir que ces petits enfants soient là. Alors, c'est pas tout à fait ça. Au début, elle voulait elle souhaitait qu'effectivement les enfants viennent pas.

Et puis on lui a on lui a dit écoute maman, quand tu dis les enfants, c'est les petits enfants parce que c'est vous les enfants mais pour sûr. Oui. Oui, bien sûr.

Là, je tu as raison de préciser. Euh et puis finalement euh les enfants, ils ont vécu ils ont vécu avec enfin ils ont vécu cette expérience avec nous pendant pendant ces 3 ans. Ils étaient ils étaient au courant de tout et on pouvait pas.

Et maman elle a compris qu'il fallait qu'il soit là. La seule distinction qu'elle a fait, c'est qu'elle a dit "OK, vous pouvez descendre avec avec nous, être là." Par contre, je veux pas que vous soyez là euh au moment au moment où je partirai.

Et donc, ils sont descendus avec nous. Oui, ça par contre ça a été le cas. Vous aviez expliqué que elle avait fait euthanasia un de ses chats si je dis pas de bêtises votre maman et qu'elle voulait pas euh quelques mois avant elle est allée faireas son chat chez son vétérinaire traitant et au moment où elle a assisté elle qui était malade qui était malade bien sûr pas pour partir avec non non rien à voir.

Je désamorce tout. Ah oui bah non parce qu'elle a toujours enfin elle a toujours non elle l'a plus mais nous on l'a. Euh mon père il a toujours Baguera parce que c'est celle qui reste et elle a dû le faire euthanasie.

C'est vrai qu'au moment l'euthanasie, les animaux ils gardent les yeux ouverts et ça l'avait un petit peu traumatisé et et après elle voulait absolument pas que ses petits enfant là voir des ouverts. Bon si voilà et c'était son choix, c'était important pour elle et son choix donc pour l'association euh euh c'est donc vous allez marquer euh je compare à 10 qu'on est là tous les 10 qu'on sera pas là au moment il a 10 vous êtes 10 en tout donc il y a votre père vous deux oui et tous vos enfants et nos conjoints et nos conjoint et conjoint et conjoint aussi bien sûr le clan des 10 le clan des 10 donc ils acceptent l'association tu peux venir autant que tu autant de personnes que tu veux mais a priori c'est plutôt français de devenir à beaucoup c'est étrange mais c'est plutôt français c'est ce qui nous ont expliqué ou et donc vous allez attendre la réponse. Donc Michel votre maman, est-ce qu'elle est stressée au moment de de l'attente un peu ?

Oui. On envoie en fait tout le dossier en septembre. Oui. 2025 2025 pardon je reprécise tout mais c'est Oui.

Tu as tout à fait raison. Et là, oui, là c'est une période où maman elle est super stressée, c'est compliqué pour elle parce qu'elle est persuadée que la réponse va être négative. Je sais pas pourquoi.

Elle était très angoissée à cette idée. Et d'ailleurs, je crois que durant cette période, elle avait eu un premier contact parce que pour l'instant, on avait pas de contact avec la SOS. On avait que un contact visuel par le mail, c'était purement informatique.

Et là, il y a une coordinatrice de l'association qui l'a appelé. qui était en charge de son dossier et elles ont longuement discuté. Et peu de temps après, il y a un mail qui est arrivé.

Vous envoyez en septembre la demande, vous avez une réponse en en octobre, un mois plus tard. Alors, ils annoncent un délai de plusieurs semaines, donc on sait pas trop et en octobre, on a une une réponse par mail et la réponse est positive. Maman, elle est acceptée et maman elle vit ça comme elle est super contente.

Super contente. On aurait dit qu'elle était acceptée, tu vois, dans une grande école comme un étudiant. Elle était ravi.

Vous allez vivre les les derniers jours avec votre maman. Donc on est là, tu disais fin octobre 2025 euh fin octobre début novembre. Euh vous avez la date donc de de départ, c'est là où ils vous disent donc elle a demandé entre janvier et février.

Donc ils vous disent 21 janvier. Alors ça a été un tout petit peu après le le quelques semaines après le le fait que son dossier soit accepté. Oui.

Le coup de fil du médecin. Là c'est vrai que la date ça a été un choc parce que là ça se matérialise encore plus. Oui.

Un choc pour nous un compte àbour. Un choc pour nous un choc pour maman tu parce que très clairement euh c'est pas dans l'ordre des choses de savoir quel jour tu vas mourir. Bah et là tout s'accélère.

Euh Catou et moi c'était faut qu'on en profite faut qu'on profite de la fond euh parce que là on parle plus en moins, on parle plus on parle en semaine et ben il y a une forme d'urgence qui s'installe et avec bah on a tout lâché. C'est-à-dire ah ben on a lâché nos boulots et pourtant on est hyper investi toutes les deux mais on pouvait plus bosser parce qu'on avait plus la tête à ça en fait. On était euh Vous avez quitté votre travail ?

Enfin, quand je dis qu'on a lâché nos boulots, euh on a arrêté de bosser un temps. On n' pas démissionné non plus, hein. Non.

On a quitté nos boulots, on a quitté nos hommes, nos maisons, nos animaux. Et on a posé les valises chez nos parents et nos enfants accessoirement. Oui, mais ils habitent plus chez nous.

Non, mais ils habitent plus chez nous. Mais c'est vrai qu'on est parti habiter chez vos parents pour vivre chaque instant avec elle. Ouais, c'est exactement ça.

Comment elle va préparer son Vous m'avez dit que je pouvais poser toutes les questions, hein. Vous m' dit je poser les questions comme elle me viennent et comme je pense chez vous. Euh comment elle va préparer son départ ?

Est-ce qu'elle va appeler ses amis ? Est-ce qu'elle va ranger ses affaires ? Est-ce que c'est comment on prépare ?

Alors, matériellement déjà. Oui, tu peux. Je t'en prie.

Alors, le truc c'est que maman Ouais. Elle commence assez tôt et puis elle est faut savoir qu'elle a été traumatisée par un événement comme certain nombre de personnes, c'est qu'au moment où ma belle-mère, donc la maman de mon père, elle est décédée, maman elle s'est retrouvée dans un appartement avec un milliard d'objets de biblot et il a fallu qu'elle fasse. Ah ouais !

Et le tri d'objets, c'est très compliqué. Chaque objet a son histoire. Tu la connais pas, tu dis tiens ça, je vais garder, ça je vire.

Et c'est vrai qu'elle l'a elle a vraiment mal vécu, tu vois. et elle voulait nous l'épargner. Donc elle s'est dit "Super idée, je vais faire le tri de mes affaires avec mes filles." Bon, je sais pas si ça a été beaucoup plus beaucoup plus simple.

Et au niveau de ces affaires, je me je me rappelle d'un d'un moment et qui était qui avait été difficile à vivre, c'est que maman, elle prenait beaucoup de soin euh à bah ranger ses affaires, les vêtements étaient pliés, les chaussures, elles étaient impeccables dans des petites boîtes et bon, on n pas on voulait pas tout garder avec la raf et puis bon, maman, elle chose du 33, du 34, donc il y a quand même pas beaucoup de personnes qui peuvent remettre ses chaussures même si elles étaient quasi neuves. Donc elle se renseigne un peu et puis elle voit qu'il y a des bornes relais. Donc elle regarde les procédures, elle achète des super sacs poubelles hyper épais de bonne qualité, elle plie tout pour faire des dons de de pour les assces.

C'est ça. Et elle prépare tous ses petits sacs. C'était mieux rangé que dans mon armoire, tu vois.

C'est tout nickel les petits sacs. Et on part toutes les deux dans un espèce de côté d'un d'un village à côté de chez eux et on était dans un espèce de terrain et il y avait la borne relait. C'était le soir, il y avait tous les containers à hordure et euh et maman descend et puis maman elle prend tous ses petits sacs euh qu'elle avait bien rangé, qu'elle avait bien plié de toutes les affaires qu'elle adorait littéralement et euh et elle a bon poussé tout mis dans la benne et entendre là comme ça le bruit des sacs tomber parmi tous les autres dans cette espèce de de container sans âme.

Ça a été ça a été très compliqué pour elle. Elle parlait plus au retour du de notre voyage et pour moi ça a était très compliqué de la voir se se détacher et jeter comme ça tous ces objets qu'elle qu'elle adorait, tu vois. Et à chaque fois qu'elle le faisait, j'avais l'impression qu'il y avait un petit morceau de maman qui partait.

C'était très bizarre. Mais c'est vrai qu'il y a eu d'autres moments qui ont été euh dans son détachement des choses. Je me rappelle d'une fois par contre qui était où où elle avait une collection de petites boîtes et on a passé un chouette moment toutes les deux parce que chaque petite boîte c'était elle avait acheté dans le cadre d'un de ses voyages.

Chaque petite boîte avait sa petite histoire et elle arrivait avec son petit plateau, elle m'a dit "Regarde cet après-midi, on va regarder toutes mes petites boîtes. Il y en avait une quarantaine." Et on les a toutes passé en revue et pour chaque boîte, elle m'a raconté l'histoire de la petite boîte.

En fait, je me suis rendu compte qu'elle vou elle voulait rien me donner précisément. Mais c'est un moment de partage parce que parce qu'on était ensemble à ce moment-là et qu'elle voulait transmettre l'histoire de chacun de ses objets, que c'était important pour elle en fait. Donc ça c'est pour la partie Est-ce qu'il se détache de la vie ?

Est-ce que vous avez utilisé ce terme à un moment donné ? Est-ce que vous sentez qu'il y a ce détache qui est euh dire au revoir à son je sais pas vous avez des animaux ? Tu sens que c'est petit à petit petit à petit c'est ça ça a été petit à petit alors là on parlait on on parlait des choses après il y avait avec les personnes aussi parce que parce que maman euh à partir du moment où elle a commencé à avoir la date.

Euh elle a commencé aussi à appeler beaucoup de gens parce qu'il y avait quand même pas mal de personnes qui étaient pas prévenues. Des amis tu veux dire ? Enfin ben certains de ses amis ses très bons amis étaient au courant mais pas tous.

Euh la famille a été la famille en dehors de des 10 a été au cour a été au courant assez tardivement. Je crois qu'elle a commencé à leur en parler en août, donc elle lui reste 6 mois. Et en fait, c'est vrai que pour elle, ben c'est la période des des au revoirs qui commencent.

C'est pas facile pour elle parce qu'elle elle se rend bien compte que à partir du moment où elle va annoncer sa décision, bah les relations avec les personnes, elles vont forcément changer. Ils vont perdre en spontanéité. Ça va devenir des choses qui vont être un peu plus ben plombantes d'une certaine manière.

Mais bon, elle s'y colle. C'est vrai qu'à chaque fois, ben elle doit affronter la réaction des autres, leur tristesse, des fois, leur incompréhension. Oui.

Et puis il y a aussi quelque chose, tu vois, qui est toujours en arrière-plan derrière que bizarrement tout le monde s'aime et que personne ne dit, c'est qu' un moment va falloir se dire au revoir et chacun fait un peu son revoir à maman à sa manière avec son histoire. Alors, ça peut être des moments partagés. Pour d'autres, ça a été avec de la famille assez proche, ça a été simplement un regard où tout est dit.

Puis nous, on assiste un peu à tout ça, même si c'est un peu de loin, ça peut être une lettre aussi. Il y a eu des cadeaux, on sent des poèmes. Ouais.

Et et c'est vrai que c'était un moment qui était très compliqué pour maman parce que çaelle obligé à sortir de sa pudeur naturelle, à se mettre un peu un peu à poil en fait à expliquer aux autres sa décision tout en sachant que sa décision allait faire souffrir les gens qu'elle aimait. Mais à ce moment-là, sur la fin, elle avait envie de les accompagner là-dedans parce qu'à ce moment-là, elle s'en sentait capable parce que parce qu'il le fallait et elle a pris sur elle. Et puis par contre, c'est vrai qu'après chacun ses échanges, elle été épuisée avec Catherine.

Bah, elle la récupère en miette à chaque fois. On faisait voiture balais, la récupérer en miette et voilà. Est-ce qu'elle vous dit des choses que vous avez jamais dit ?

Est-ce que vous avez des discussions peut-être plus profondes ? C'est tu sais que là il y a plus de faux semblant. Dis il y a 2 secondes, il enlève plus d'heur naturel, tu sais là il y a il y a plus de bon bah voilà c'est fini.

Ouais, il fallait qu'on se dise les choses aussi. C'était hyper important si tu veux. C'est un moment où tu te dis mais ça a même pas été dans les derniers jours, les dernières semaines, ça a été durant ces 3 ans finalement où tu te dis il faut qu'on arrive à à parler des choses parfois difficiles, à poser des questions qu'on avait jamais pu poser ou ou à revenir sur des périodes un peu difficiles.

Tu vois, l'adolescence par exemple, c'est vrai qu'on a pris toute une journée, je sais pas si tu te rappelles, à la montagne, on a pris les deux parents entre quatre yeux et on a discuté de l'adolescence, on a tout posé sur la table. tout posé. On était en les garçons étaient partis au ski, ils sont revenus, on était encore en pyjama et on était en train de discuter de tout.

On s'est excusé de beaucoup de choses et on a essayé de de s'expliquer aussi et et on a fait ça sur plein de sujets diverses et variés. Alors, c'était difficile parce que maman, elle est assez pudique. C'est comme je te l'ai dit, elle parle pas forcément beaucoup d'elle.

Mais ce qu'on voulait surtout en fait, on savait qu'on allait en baver pour être poli. On savait qu'on allait être triste, on savait qu'on allait peut-être être dépressive après ou que sais-je, mais ce qu'on voulait surtout pas, c'est c'est avoir des regrets sur tout ce qu'on s'est dit parce que le regret c'est voilà, c'est ce qu'il y a de pire. Et puis tu peux pas revenir, tu peux pas revenir en arrière, c'est fini.

Tu as un regret. Ben, tu as un regret. L'impression de pas avoir dit tout ce qu'on avait à dire à quelqu'un.

Et et je et au fond, tu vois, les les 3 ans Ouais. de ce que j'ai ressenti, ça a peut-être été le pas le seul bon côté des de de ces trois longues années. Euh mais globalement, elles nous ont offert ça, tu vois, le temps de pas avoir de regret, ça c'était chouette, tu vois.

Et c'est vrai que même si c'est dur, moi aujourd'hui, je j'ai pas de regret dans ce que j'aurais pu faire ou pas faire avec elle. Et je moi en tout cas je Ouais et dire et même si si aujourd'hui je je on en souffre, moi de pas avoir de gris, ça ça m'allège déjà d'un poids. Alors pas de tout bien évidemment, mais d'un poids d'un point important.

Vous allez avoir vos dernières vacances si on peut appeler ça comme ça, va de fin d'année de Noël et vacances de Noël et jour de l'an. Vous en vous en vous en gardez plutôt un bon souvenir ? Vous dites Oui, c'était Ouais, c'était chouette.

C le dernier moment un petit peu festif finalement, c'était le le petit peu le point d'orge. Alors, on allait vivre ce voyage après mais c'était pas pareil. On allait plus être dans exactement le même état d'esprit, tu vois.

Parce que est-ce qu'elle rigolait ? Est-ce qu'il y a quand même eu des moments où vous arrivez à rire même jus là, c'était le le 21 janvier son départ, mais est-ce que vous avez eu des moments même en janvier, vous êtes marré quand même sur des trucs un peu lunaires ? on se marit très souvent et alors il y a eu des moments un petit peu plus lourds mais c'est vrai que c'était ça restait quand même assez assez léger et pour revenir à ces ces dernières fêtes de Noël alors c'est vrai que les années précédentes avec la raf tu parlais de profiter au maximum des moments et et comme je dis toujours, on s'était vraiment transformé en organisatrice avec la raf d'événement.

On voulait créer de la vie le hm essayer de retarder son départ en créant plein de trucs. On arrêtait pas, c'était presque remplir remplir remplir les fêtes, les cousinades, la moindre occasion, on fait une fête, les 80 ans des parents. Ah non mais on a fait un enfin on a fait un truc surprise, c'est génial.

On invité des potes et le dernier Noël, vas-y rien comp et puis même les Noël d'avant parce qu'on avait décidé après de d'étaler le Noël sur 4 jours parce que tu vois un jour ça suffisait pas donc on faisait toujours plus 6 mois à l'avance des quiz des jeux on était épuisé mais à chaque fois maman elle était bien et à chaque fois on espérait de nouveau quoi. Et bon le dernier Noël, donc là les enfants nous disent "Bon, on prend le lit sur l'organisation." Nous, on était trop contente parce qu'on était fatigué avec la raf, on était assez dubitatif sur le résultat parce que bien sûr on peut pas faire mieux que nous.

Franchement, au départ, on mettait pas un copec hein. Donc on s'est dit "Mais qu'est-ce qu'ils vont nous faire ?" Et et finalement, ils nous ont bluffé littéralement.

Ils vous ont bien organisé les fêtes. C'était bah une fois de plus, on s'était planté donc ils ont fait carrément un truc mieux que nous. Ils avaient choisi le thème de l'amour, tu vois, parce que c'est le dernier Noël, c'est un moment un petit peu particulier.

Ils avaient organisé plein de trucs et et le dernier soir, ils ont organisé vraiment, ils nous ont embarqué dans un truc de fou, hyper profond. Ils ont c'était un jeu et ils ont demandé à chaque couple euh de se mettre en scène devant les autres. On était beaucoup de couple, on était au-delà des 10 et il fallait dans un premier temps montrer devant les autres la complicité du couple et dans un deuxième temps les les coquinous et dans un deuxième temps montrer une preuve d'amour du coup devant tous les autres devant tout le monde.

Tu avais 20 minutes de préparation, c'est pas beaucoup 20 minutes. Donc exposition émotionnelle au maximum vu le contexte en plus. Et franchement tout le monde a joué le jeu et surtout nos parents parce que c'est des gens super pudiques et ils se sont réellement pris au jeu.

Donc ils ont mis en scène une un moment de dispute du quotidien. Ça c'était leur partie complicité. Ça c'était leur partie complicité.

Et après ils ont renouvelé leur vœux de de mariage et c'était un moment de transmission hyper fort quoi. Et ça c'était le dernier moment. Non, ils ont pas renouvelé, ils ont rejoué.

Qu'est-ce que le Père Noël amène pour un dernier Noël ? Très bonne question. Je pose comme ça.

Vous comprenez l'idée ? Alors, il y a eu plusieurs choses. Bah, le Noël c'était le Noël déjà c'était la l'organisation.

Il y a pas eu de cadeau pour Noël. Après, en fait, on a fait on a fait un cadeau pour maman. Alors, c'est une bonne question et on était très embêté vis-à-vis du Père Noël.

Finalement euh on a décidé de de penser à quelque chose d'un peu éphémère parce que c'est compliqué et on on lui a offert une très bonne bouteille de champagne. Un truc Ouais. dont vous profitez tout de suite tous ensemble.

Elle et puis elle avait euh on lui a acheté aussi euh alors comme ça ça va faire un peu mais bon tant pis. On lui a acheté du caviar. Elle en avait mangé qu'une seule fois dans sa vie.

Elle trouvait ça super bon et euh elle a eu sa petite boîte de caviare qu'elle a mangé toute seule et elle était elle m'a dit enfin elle a dit qu'on pouvait pas lui faire plus plaisir. Père Noël a bien visé quoi. Père Noël a bien visé.

Père Noël a bien visé et elle avait je pense qu'elle aussi quand elle a vu les cadeaux elle avait peur qu'on qu'on ait tapé dans quelque chose qui plus concret qui qui était sur la durée et là c'était vraiment profité de l'instant présent. que que vous allez partir le c'est le 20 janvier donc vous partez la veille en Suisse, vous partez pas une semaine ou quoi, vous partez vraiment juste la veille. Oui.

Comment il l'ambiance ? Est-ce que elle essaie de rire de dramatiser ? En fait, ça devient un petit peu compliqué quand même à ce moment-là.

La juste avant de partir en plus, on laisse Baguera. Baguera c'est sa dernière petite minette là, sa super compagne. Donc là, ça a été aussi un moment c'était la veille de son départ.

Ouais. Et là, elle laisse à la pension. Là, ça a été ça a été très très touchy pour nous, pour elle.

On était à la pension avec la la responsable et moi c'était la rivière de l'arme. J'arrivais plus à me retenir. Et j'entendais maman derrière qui parlait boîte sachet fraîcheur pour être sûr que Baguerait préféré telle ou telle boîte.

Elle m'a demandé de prendre des photos. Enfin, c'était elle a laissé au chenil en gros le c'est le temps que vous alliez en Suisse pour après votre père aller le prendre. Ouais, exactement.

Et donc ouais, donc moment difficile déjà là. Là, ça a été compliqué parce que parce que ben moi j'avais la symbolique et puis je savais que maman était était très attachée à Baguera et que ça allait être très compliqué. Et je pense qu'en fait l'entendre parler de choses hyper futiles, boîtes, sachets, je pense c'était une manière pour elle de d'être forte puis de se détacher et de se détacher et c'est vrai que moi j'ai enfin on n pas eu enfin moi j'ai pas eu cette force là à ce moment-là et c'est vrai que je me suis effondrée.

Donc ça il y a eu Baguera, ça a été compliqué puis après bah la maison, le jardin parce que après le lendemain on part le 20 le 20 la veille et elle quitte sa maison. la maison, sa maison où elle a vécu ses 20 dernières années qu'elle a adoré. Elle quitte son jardin.

Elle adorait jardiner. Raphaël, tu l'as dit tout à l'heure. C'est un endroit qu'elle qu'elle fréquentait plus trop toute façon parce que elle pouvait plus jardiner sur la fin.

Mais elle y a mis énormément de cœur, énormément de de temps, d'énergie et c'est vrai qu'elle passe un temps à à le regarder, même si on sait qu'elle voit pas, mais elle a regardé, elle nous a dit "C'est vrai que j'ai passé de du bon temps ici. C'est quand même ma maison, mon jardin." On a senti que c'était compliqué pour elle et puis pour nous aussi parce que en fait, on la voyait, on savait très bien que c'est la dernière fois qu'on la voyait là-bas. votre père à ce moment-là.

Papa il est fort et puis papa il il s'exprimait pas forcément. Il est assez introverti et il veut pas nous imposer sa peine pour lui. Il était en capacité de de gérer ça tout seul.

Il pensait qu'on nous on en avait suffisamment pour pas pour pas trop partager la sienne. C'est vrai. Je pense.

Oui, il a été silencieux le jour du départ mais je pense qu' dégit aussi. hein ? Forcément là vous vous partez à 10, vous allez rentrer à 9 psychologiquement Oui, ça a été très compliqué.

On compart à deux voitures et et c'est vrai que on paradis et oui, en effet, c'était presque irréel de se dire que finalement on allait rentrer qu'à neuf. Il y avait plein de choses en fait qui se mélangeaient. Il y avait le fait aussi de se dire que c'était notre dernier voyage tous les 10 pour le coup.

C'était un vrai voyage mais c'était le dernier et c'était bah aussi le dernier voyage de maman. Il y avait aussi le fait de se dire qu'on alors ça c'était entre guillemets drôle enfin un peu ironique je dirais c'est que on partait en Suisse et mes parents ils ont nos parents ils ont énormément voyagé dans le monde mais jamais en Suisse. C'est vrai.

Et maman alors c'est un très beau pays mais alors maman ça ne l'attirait pas du tout. Ah bon ? OK.

Et ce qui est fou, c'est que finalement c'est le seul pays qui va offrir à maman ce qu'elle voulait et comme elle le voulait. Et je trouve que c'est un très beau cadeau que en tout cas elle lui a fait. Ensuite, on part à 10 mais au fond, on a l'impression que on n'est pas que 10.

Ouais, c'est étrange ça. On a l'impression que on a tellement été accompagné ces dernières semaines, maman et nous aussi. On était porté par tout le soutien, tout l'amour de des amis qu'on avait qui envoyait tout le temps des SMS parce que dis-toi que tous les jours euh il y avait pas une heure qui se passait sans que maman elle reçoive un message, un poème, une lettre et elle y répondait, elle passait ses journées à ça.

Même nous, on était quand même pas mal, hein. Vous on a l'impression qu'on avait des bus tu vois de de personnes derrière nous par accompagné quoi. On a enfin en pensé, on il y avait il y avait énormément de monde avec nous et ça a été très fort en fait.

Enfin, ça nous a beaucoup aidé. Vous allez vous allez euh vous aviez prévu euh les dernières fin 24 heures, vous aviez prévu l'hôtel avant de partir, j'imagine. Vous aviez déjà vous aviez un programme, un truc à visiter, un dernier truc ou ou non ?

C'était juste hôtel à visiter ? Non. Le principe c'était on arrive à midi à l'hôtel, on a quelques rendez-vous avec le l'association, on dort là-bas et puis le lendemain, on sait d'ailleurs l'heure.

Alors ça aussi c'est un peu bizarre. On sait que c'est à 10h. Donc on part, on prend les deux voitures.

La route elle se fait dans le calme. On est assez silencieux là pour le coup. On parle pas beaucoup, il pleut.

C'est la grisaille. Temp de merde. Tant de merde de de janvier.

Vraiment adapté au moral. Si c'est tout le monde était au diapason pareil. Et bizarrement raf, elle est quand même assez tactile mais moi pas du tout.

Et elle s'est collée à ma mère. J'étais collée mais littéralement à maman. J'arrivais pas à me détacher d'elle physiquement.

Elle la regarda tout, je la sentais, je la regardais en permanence et alors bon, ça peut paraître bizarre mais j'avais besoin de la toucher déjà. Oui. de la renniffler tout le temps et de la toucher.

En fait, je touchais sa peau et je me disais et je me disais là je sens de la chaleur, je sens de la vie et je sais que demain tout ça je sentirai plus. Et c'était c'était très bizarre mais j'avais besoin de ça. J'étais je sais pas, j'avais besoin de retrouver ma maman peut-être.

Oui, je pense que à ce moment-là, on a commencé à redevenir enfant, tu vois. Pendant toute cette période, on était parent pour nos enfants, on essayé de gérer quelque part. Même des fois, on a été adulte pour nos propres parents.

Et là, tu vois, sur la fin, tu tu redeviens enfant aussi un petit peu et tu essayes de Tu es toujours l'enfant de ton parent. toujours tu es toujours l'enfant mais à ce momentl c'est encore plus prnant quoi. Vraiment plus plus présent.

Et donc on est arrivé à l'hôtel. Ouais. Alors l'hôtel bon on s'attendait pas à pompé d'off rose flashy lumière.

C'est vrai qu'il est très sobre, il est il est assez austère. Il y a on est accueilli, je crois qu'il y a je sais même pas si on a accueilli parce qu'il y a toute une procédure un peu en plus par des claviers d'ordinateur. Tu vois on dit comme ça.

Ouais. Et euh Ouais. et le repas à midi.

Donc on est content parce qu'on arrive à 13h et le le l'hôtel a une espèce de grande un grand restaurant. On a trouvé ça super. On est accueilli et puis nous ils nous mettent dans une espèce de grande salle mais on est tout seul quoi.

Tout seul. Horrible. Pas de bruit mais vraiment et là atmosphère quand même déjà super pesante.

Donc là on se dit on essayait de mettre de la vie mais c'était compliqué. À tel point mon fils aîné mon fils aîné à la fin du repas il me dit écoute bien maman là ce soir tu nous trouves un autre resto parce que si on mange ici moi je t'explique je me tire une balle pas possible tuétais déprimant oui c'était le resto du mid il était hyper déprimant parce qu'on était tout seul et que voilà le ça s ta boîte n'importe où là c'est compliqué mais si en plus tu rajoutes si en plus tu rajoutes l'endroit où qui un peu sinistrose cafarde c'est c'est plombant ouais vous allez vous disz que vous avez rendez-vous avec l'association la veille. Euh donc vous allez vous allez aller à l'endroit où elle est partie ?

Non. Alors l'après-midi en fait on rencontre après le resto, on rencontre l'infirmière qui passe qui elle vient à l'hôtel. Elle vient à l'hôtel.

L'hôtel, il est à côté du site en fait hein, pas très loin. Et elle passe à l'hôtel et elle les parents, ils ont encore deux trois papiers à remplir et elle en fait elle est surtout là pour discuter avec maman et pour euh pour commander pour commander c'est ça le produit d'étal du lendemain. Bon, elle passe un petit moment, ça nous fait une petite piqû de rappel euh au cas où on aura oublié mais enfin bon c'est c'est le principe hein.

Et c'est serait bien que enfin là je je critique pas du tout l'assaut hein. C'est Non non non bien sûr bien sûr. C'est c'est d'ailleurs après nous on part je crois on va visiter la ville parce qu' a une petite ville visiter une peti la petite ville pardon c'est c'est payant de vous avez dû payer l'association est-ce que c'est c'est qui paye l'infirmière tout ça parce que même si c'est abus dans lucréatif est-ce que c'est en charge en payant deux fois tu as une certaine somme à régler et en fait elle comprend tout comprend les frais de dossiers les frais de fonctionnement tout maisération il y a et et la crémation il y a pas de profit création c'est le princip oui oui c'est c'est le Euh vous allez donc vous n'allez pas visiter le lieu du lendemain ?

Non du tout. Non, on ira que le lendemain. On ira que le lendemain.

Le lendemain matin accompagné par euh la coordinatrice que maman avait eu au téléphone et ça on la voit le soir d'ailleurs parce qu'en fait elle dort à l'hôtel. Donc la veille elle est là, on la voit le soir. La dame de l'association.

La dame de l'association la coordinatrice. En fait, on voit deux personnes là. On a vu la veille l'infirmière qui sera là aussi le lendemain dans le lieu prévu pour le assister et juste après donc on a deux personne qu'on voit, on a la coordinatrice qui suit en fait notre dossier depuis le début qui a eu maman au téléphone et qui va dormir à l'hôtel et qui nous accompagnera.

Elle prendra sa voiture et nous on va la suivre vers le lieu prévu donc pour le le sud assister et ensuite bah après son passage genre nous on fait un petit tour dans la ville on va regarder puis on prend l'air parce que on est tout tu vois trop et le repas du soir c'est mieux par contre oui parce qu'on cherchait un resto parce que là fallait absolument pas je j'ai rien contre l'hôtel mais il fallait pas qu'on retourne au même endroit donc on a trouvé comme ça un resto et parce que c'est la dernière soirée c'est le dernier soir le dernier dernier soir ensemble, le dernier repas de maman. Bon, il y a une grosse pression, faut pas se faut pas se rater, on s on est un petit peu angoissé. Donc, on trouve un resto qui se trouve finalement juste à côté de l'hôtel.

On y va, on n'est pas très rassuré quoi. On ouvre la porte. C'était pareil un peu un peu gris.

Bon, il y avait rien de rien à l'extérieur de particulier. Et là, du bruit, toutes les tables étaient prises. La vie.

La vie. la vie, des bruits d'assiettes, des rires, c'était vraiment ce qu' vous fallait ce qu' vous fallait pour le dernier soir. Ça faisait un peu resto à la montagne, tu sais quand en période de vacances scolaires quand ils sont bien blindés, chauds, chaud, vous parlez de du lendemain est-ce que votre mère à table vous dit ou alors vous parlez de tout sauf de ça en fait, on parle pas de ça, c'est notre dernier soir.

C'est notre dernière soirée là. Il y a pas il y a pas l'association. Il y a bon, il y a la Suisse évidemment, mais il y a pas l'association.

Il y a que nous, il y a notre groupe, il y a le clan des C'est notre dernier repas et il doit être à l'image de ce qu'on est habituellement et de notre état d'esprit. Et ça se passe exactement comme ça. Gros stress au départ parce qu'il faut savoir que maman depuis toujours quand elle va au resto, je sais pas comment elle fait.

Elle a un don pour ça. Il y a une carte, elle lit la carte, elle va choisir un plat et c'est jamais celui qu'elle aime. Mais jamais mang jamais, elle le finit pas.

Donc les personnes qui sont à côté d'elle, ben ilells sont contents. Ils dégomment ses ses plats, ils sont super contents. Mais là pour le dernier soir, on voulait vraiment que maman bah elle aime enf ça peut paraître bête mais ça fait un peu dernier repas du condamné mais on veut que ce qu'elle mange les soir elle le mange bien.

Et par chance, il y avait un chef taille et bon, elle adore la cuisine asiatique donc là super et voilà, elle mange bien, ça se passe bien. Et puis on avait décidé aussi de que ce soir-là euh à table parce que c'est une grande table de H, on ce serait les les nos enfants qui seraient avec eux, pas nous. Donc nous en fait, on s'est juste décalé et en fait les grands-parents ont passé la soirée avec leurs quatre petits enfants.

Nous, on s'est mis un peu de côté et on trouvait que c'était important ben voilà que pour son pour son dernier soir, elle est un peu de la jeunesse, des gens enfin quelque chose de plus léger. Parce que nous voilà vous faites des photos non ? Oui si si a des photos mais je les ai pas vu c'est pas les plus réussi.

On sait que c'est le dernier soir, c'est compliqué de les voir. Moi je les ai pas regardé en tout cas. Vous allez rentrer à l'hôtel, vous allez parler à votre maman dans la chambre avant sa dernière nuit.

Oui. H Alors c'est un céit un peu bizarre quand papa il avait réservé l'hôtel, il avait réservé pour 10. 10/ 2 ça fait cinq chambres.

Sauf que on en occupait que quatre parce qu'il y avait une grande chambre et les quatre gosses comme il y avait un espèce de duplexe, on dit "Nous, on prend la chambre à 4, on se met un peu en mode sur et quat les uns contre les autres et on dort tous ensemble, on va kiffer." Et résultat, il nous restait une chambre et quand on rentre du resto, on se dit "Ben, il reste une chambre, pourquoi on se retrouverait pas là-dedans ?" Il était pas si tard que ça et puis personne n'avait vraiment envie d'aller se coucher quoi.

C'était la dernière soirée, le la dernière nuit. Mon papa lui par contre il était un peu fatigué donc il nous laisse et tous les autres donc les neufes qui restent avec maman, on va squatter dans la chambre. Et en fait, on avait besoin de ce moment-là et je sais pas comment lui dire en fait on s'est fait une fin de soirée calinot thérapie.

C'estàd que maman elle est on s'est posé un peu sur lit. Maman elle s'est mis dessus naturellement avec tout on a commencé à la coller, à lui faire des des bisous. On s'est jamais fait autant de bisous qu'à ce moment-là.

Sauf que quand on était petite. Mais là, on a récupéré euh Vous êtes vous êtes chargé quoi. Ouais, on s'est chargé une batterie.

Bizarrement, tu vois, les nos conjoints comme les enfants, ça les faisait par ils sont des bisous. C'est en fait chacun prenait la mesure et les uns après les autres, ben ils sont tous venus réclamer leur câlin quoi. Et c'est Ouais, c'était un moment qui était qui était fort et on avait tous besoin de un vrai besoin physique à ce moment-là.

Vous az pas dû beaucoup dormir. Non non maman et puis maman elle est pas partie très longtemps. Elle est restée une petite heure avec nous parce qu'après elle voulait quand même rejoindre papa.

Voulait passer encore du temps avec lui. Et nous effectivement tu as raison on a on a une nuit dégueu hein. Vraiment pas terrible parce que voilà tu dis que c'est la dernière et puis moi je sais que j'arrêtais pas de penser à maman.

Je me disais tu vois j'essayais de me mettre à sa place. Alors, c'était pas forcément la meilleure idée du monde, mais n'empêche que elle est encore vivante, donc tu penses à elle, tu penses à elle. Et je me disais "Mais mais à quoi est-ce que tu penses en fait quand tu vas mourir dans quelques heures ?

Comment tu vis euh quand tu sais que tu vas partir le lendemain ?" Je sais pas, c'est des pensées qui pe paraître étrange. Ça paraî réelle, ça paraît réel et et c'est dur de la laisser aussi.

C'est dur ce soir-là de la elle part avec papa donc bah de toute façon déjà on a envie de l'avir. Ça fait déjà des semaines qu'on a envie de l'avoir que pour nous. On était presque voulait la fagociter.

Et c'est vrai quand elle est partie avec papa, bon on a rien dit. Et moi juste avant de me coucher, j'ai eu besoin de j'ai eu besoin d'envoyer un dernier SMS à maman. C'est très compliqué en quelques mots d'arriver en dans un SMS, dire tout ce qu'on peut ressentir envers notre maman quand on sait qu'elle va partir 10h après.

Et j'ai trouvé ce que j'avais à dire et ça restera entre moi et maman. Et en fait, j'attendais une réponse de sa part. J'ai vu qu'elle avait lu, tu sais, tu vois l'heure de Et en fait, elle y a pas répondu et c'est c'était très compliqué pour moi parce que j'avais besoin que ce SMS là lui y réponde parce qu'après elle pourrait plus répondre à mes SMS.

Et le lendemain, je suis allé la voir et je lui ai dit "Mais tu l'allumes et tu as pas ?" Et en fait, elle m'a dit, elle m'a pris dans ses bras et voilà, elle me dit "Bah, je peux plus voir, je pouvais pas appuyer sur les boutons pour répondre à ton SMS." Et j'ai pris son téléphone et j'ai répondu avec elle.

Tu lui envoyé un cœur ? Elle m'a renvoyé un cœur. Enfin moi je me suis renvoyé un cœur.

Et donc le lendemain, bon après une super nuit de sommeil comme tu imagines, on est on est tous en mode zombie clairement. personne a beaucoup dormi et maman elle est à l'heure. Alors elle est jamais à l'heure d'habitude.

Et là ce matin-là à mon père il pétait les plombs à chaque fois il attendait pendant des heures et des heures. Et là ce matin c'est la première comme si elle avait envie que ça se fasse quoi. Tu vois que on s'est retrouvé au petit-déjeuner, il y avait la coordinatrice qui était là et on avait l'impression que l'association était déjà là.

Ah ouais là c'est fini ton moment privé avec elle. Oui. Là elle est là.

Elle est discrète mais elle est là. Et euh alors mon chéri, bon, il trouve toujours des signes à tout mais il n'empêche que il me dit "Regarde, surtout les vers du petit-déjeuner, il y avait écrit Michel." C'était c'est le prénom de votre maman ?

Oui. Ouais. C'était un peu bizarre.

Alors tout le monde a plus ou moins déjeuné parce que je t'avoue que pas forcément très faim. Mais maman, elle mangeait et je te jure, ça peut paraître horrible de le dire comme ça, mais froidement je la voyais manger et dans ma tête, je me suis dit, je me suis entendu le penser, mais je pas dit mais pourquoi tu manges en fait ça sert à rien que tu vas partir dans quelques heures. Ça sert à quoi de manger ?

Ça sert à quoi de boire ? C'est je oui c'est des trucs c'est dur c'est dur c'est dur mais toujours c'est comme ça en fait c'est c'est compliqué et vous allez partir en voiture où elle part avec l'association non vous partez vous on part on part tous on se retrouve dans le hall et là encore moment un peu bizarre parce qu'on est tous à attendre avec nos valises et un peu comme dans un comme dans un voyage organisé là encore c'est comme d'habitude tout est décalé quoi et tout est bizarre tout est réel on attend la coordin inatrice et elle nous emmène. Alors faut savoir qu'en fait le lieu prévu pour le su d'assister, il est il était à 10 minutes de l'hôtel mais il est pas dans le centre parce que en Suisse comme on t'a dit c'est juste toléré tu sais les gens ils ont pas envie d'habiter à côté de l'endroit où est-ce que je peux comprendre où il y a des bon des des su assisté qui se font donc ça ils ont pas pignon sur eux vraiment on nous l'avait expliqué que ça serait dans une zone industrielle un peu peu tristeou nette quoi.

Donc on prend les voitures ou puis on voit qu'en effet c'est c'est assez assez gloque. Et là on dit à maman écoute là pour une fois maman c'est bien que tu vois pas parce que franchement là c'est pas terrible. Tu loupes pas grand-chose.

Et on se gare on se gare devant une espèce de bâtiste de hangar quoi. Ouais hangar hangar industriel. Ouais.

Et là on se dit bah un gros doute quoi. Qu'est-ce qu'on fait là ? Mais est-ce que c'est la bonne association ?

Est-ce que qu'est-ce qui va se passer là derrière ces murs là tout de suite là ? Gros doute et puis bon bah de toute façon on y est donc on descend, on ouvre les porte et on va rentrer et et bah et là on là là on a été on a été rassuré parce que tu rentres et c'est vrai que l'intérieur extérieur ça n'a rien à voir. Ouais.

C'est plus chaleureux à l'intérieur, tu veux dire ? Ouais. Tu arrives dans une espèce de enfin tu as deux pièces adjacentes et grandes pièces blanches avec avec de grandes plantes avec un coin bureau, un coin cosi canapé avec des fruits du chocolat et les trois filles de l'association qui nous accueillent euh la coordinatrice, l'infirmière et puis euh qu'on avait vu la veille et une psychologue qui gérait aussi les formalités et elle nous accueille.

Enfin, moi j'ai été très touchée par leur accueil et je pense que ça a été un sentiment commun. Ils nous ont accueilli avec beaucoup de respect, beaucoup de beaucoup de retenu, euh beaucoup de bienveillance euh puis une empathie immense en fait. Bon, j'imagine que elles ont l'habitude de ça, mais pour autant ça n'enlève pas que C'est important pour vous.

C'est super important. C'est super important parce que tu te sens, tu dis il y a des gens qui sont là pour ben pour s'occuper de nous. Et votre maman pardon monsieur, on parle de vous.

Votre maman pendant ce temps il il lui montre là où ça va se passer ou elle reste avec vous ? On est tous ensemble et c'est vrai quand on rentre bon maman avec papa, ils ont encore quelques formalités à écrire. C'est vrai vérifie papier parce tu es obligé de donner les passeports de tout le monde euh toutes les personnes qui sont présentes parce que tu as un suivi derrière.

Papa et maman, il terminent les dernières formalités et là avec Catou, on se met un peu en retrait et on se rend compte qu'autour de nous, ben nos conjoints puis pas mal de enfin et les enfants aussi, ben tout le monde commence un peu à tomber le masque quoi. Donc là, on est tous en train de ben de se dire que est le jour que enfin qu'on redoutait, ben on y est, on y est vraiment quoi. C'est presque à ce moment-là, je dirais que bizarrement on a réellement accepté, on a lâché.

Ouais, parce que là, tu peux plus rien faire. Là, c'est fini. Là, tu vois le cadre, tu as les gens, elle y est.

Euh, elle signe les papiers d'une main qui tremble pas, elle part elle parle avec le la psy qui qui gère l'administratif mais de manière assez légère. Légère. Donc, tu dis OK.

Et et je sais que mon conjoint m'a même me dit jusqu'au jusqu'au dernier jour, moi je cherchais le petit truc qui qui me ferait changer d'avis, le petit truc suspect, il m'a dit "Bah non, tu vois dernier jour accepté et je pense que nous c'est pareil." Et après tous ces après les formalités en fait les filles, elles t'expliquent comment ça va se passer. Donc tu passes à ce moment-là dans la pièce adjacente où là tu as un lit médicalisé avec sur laquelle maman doit enfin s'installe et puis l'infirmière elle lui pose une perf avec une une solution d'osaline.

Alors c'est la première perf qu'elle pose simplement pour être sûr que le ça s'appelle comment ? Un cathéter ça ? Ouais, pour le une aiguille exactement pour que le cathétère il soit bien.

Et elle lui met une poche d'eau d'eau saline dedans et elle explique à maman et maman c'était une vraie chèvre, elle adorait le sel. Et quand l'infirmière lui dit, elle lui dit "Une solution d'aline ? Ah j'adore le sel, vous pouz pas me faire plus plaisir tu vois.

Mais et c'est ça qui était aussi pour nous très déstabilisant parce que jusqu'à la fin, elle garde un espèce d'humour qui nous nous faisait tout le temps aussi entre les rires et les larmes quoi. Et pour autant euh pour autant bah c'est quand même les larmes qui ont pris le dessus. Les filles nous disent qu'on a 20 minutes à rester ensemble tous les 10 pour se dire au revoir.

Euh alors 20 minutes, c'est pas très long. On commence à mettre la elle nous laisse bien sûr, elle nous disent ce que c'est, on a l'impression que c'est pas long et elle nous explique si vous verrez. C'est long, c'est long finalement et elles avaient raison.

Ça peut paraître court quand on a vu tout ce qu'on a vécu, mais il y a un moment Ouais, je sais pas où tout arrive à être dit. Oui. Vous restez que vous deux à un moment donné.

On reste on reste tous les 10 entre nous. C'est les les derniers moments. Maman elle est sur son lit, elle a sa perf mais on lui dit tous au revoir une dernière fois.

Enfin les enfants surtout et là c'est vrai que ça devient ça devient plus compliqué. Déjà moi je moi de voir ma mère comme Catou le disait tout à l'heure c'est un petit gabarit c'est une petite crevette au milieu de ce ce lit immense pu tu sais que tu as un comptebourg qui est vraiment court tuas un comptebour tu dis mais il est cour quand même. Et là très concrètement je crois qu'on s'est tous mis à poil pleurer pas pleurer devant les autres il y avait plus aucune retenue.

Donc la majorité des gens ben euh bah on commença à pleurer. Maman, elle a dit un petit mot à chacun. a embrassé chacun et c'est vrai qu' aussi à un moment c'était assez touchant les enfants étaient encore là.

Mon père il était il était assis à côté d'elle, lui il a pas bougé. C'est plus nous qui tournions un peu à tour de rôle. Et elle l'a regardé, elle lui a dit "Ben, tu vois, on peut être fier de nous euh parce qu'on on a bien réussi.

On a fait une une chouette famille en fait et c'était c'était touchant. Et puis après les gamins enfin nos enfants en tout cas, il y avait la musique. Oui, il y avait la musique aussi qui tournait en boucle 6 minutes qui tournait en sans arrêt avec le solo guitare.

Bon, heureusement qu'il était là peut-être ça nous a aidé. C'est elle qui qui devait rapper l'infirmière avec un bouton ou c'est elle qui revenait dans 20 minutes ? Non, elle revenait mais en fait elle a à un moment maman a dit voilà maintenant je suis prête.

Donc les enfants ils sont repassés dans la pièce à côté. L'infirmière est venue et là en fait elle elle remplace la poche la poche de solution saline par la poche de produit létal. Là, ce qu'il faut savoir, c'est qu'à ce moment-là, la scène, elle est filmée.

Euh oui, en fait, la scène, elle est filmée parce que il faut derrière qu'on puisse prouver à la police qui viendra sur les lieux que c'est bien elle et elle seule qui a fait le geste et qui a mis fin à séjour, qui a ouvert le le parce que c'est à elle de le faire en fait. Euh donc la scène, on sait qu'elle est filmée et l'infirmière lui pose la poche et on sait que parce qu'elle nous l'a dit, on sait qu'en fait normalement la solution elle fait est fait en en une minute. Tu commences par moins d'une minute très rapide.

C'est super rapide. tu commences par t'endormir et puis après la dose est tellement forte que tu pars. Et là, c'est vrai que c'est vrai que là ça de ça devient plus compliqué pour nous.

Elle elle nous dit au revoir. On est plus que tous les tous les six en tout. Oui, elle nous dit au revoir, elle tourne la molette et enfin juste avant de tourner la molette, ce qui était important que avec Catherine, on est c'est vraiment à ce moment-là qu'on est redevenu enfant aussi parce que quand on quand on a vu la poche avant qu'elle tourne la molette, on avait pris un peu de recul et moi j'étais j'étais perdu.

Euh, j'étais perdu et je savais plus où me positionner. Et maman en fait, elle a dû le sentir et elle nous a cherché ben d' regard qui voyait plus et elle a dit où est-ce qu'elles sont les filles ? Mes filles, mes filles, je veux qu'elles soit à côté de moi.

Elle avec tout comme des gosses. On s'est précipité à côté d'elle et puis après elle a tourné la molette et là je sais que qu' a tout sûrement aussi mais moi je lui ai tenu la main et jusqu'à son dernier souffle bah je lui parlé en lui disant que ben que je l'aimais que que ça allait bien se passer que on avait une belle vie ensemble que j'étais trop contente que ça a été notre maman et puis après l'infirmière nous a dit que que c'était fini et c'est vrai que moi je suis je suis pas restée longtemps dans la pièce je suis sortie assez rapidement pour pour voir les enfants. Toi tu es resté plus longtemps avec les garçons et papa.

Je suis restée un petit peu plus avec elle. Après, on est tous progressivement repartis dans la première dans la première salle. Les enfants pareil qui sont pas du tout tactiles.

Ils sont laissés prendre dans les bras par la psy qui était très bienveillante et ils sont laissés faire. Ils avaient besoin de se faire caliner. Tout le monde était un peu en état de choc.

En fait là, on était en état de choc. On sentait plus rien. On était presque anesthésié.

Et on a donc attendu que le médecin légiste et la police passe parce que tu es obligé d'attendre. Tu peux pas partir. Tu peux pas partir.

Ça peut durer très longtemps. Ça dépend s'il y a des interventions ou pas parce que ben je dirais que le cas de maman c'est plus une urgence. Donc s'il y a des urgence avant, tu peux vraiment attendre longtemps.

Et al médecin légiste, on avait euh des a priori avec la raf. On s'était dit qu'on allait avoir un vieux monsieur avec une bousse blanche, des mal des mallettes, des lunettes qui allaient venir. En fait, c'était une petite jeune charmante avec un sac à dos très discrète qui est partie, qui est allé voir maman et et avec la raf, on c'est bête mais mais on était rassuré de savoir que maman elle était entre ses mains.

Ensuite, il y a les forces de l'ordre qui sont venues. C'était des petits jeunes. à aucun moment les personnes se sont adressées directement à nous.

C'était un peu mon angoisse. C'est vrai. Alors c'est pas par mépris ou quoi mais en fait au contraire c'était par pudeur par retenu.

Il ne parle que au au il regarde la vidéo et c'est tout quoi. Il parle aux filles de l'association. Ils ont pris le temps, ils ont regardé la vidéo, ils ont vérifié ensuite nos papier tous nos for et ensuite on avait le droit de partir.

Et bizarrement euh à ce moment-là, c'est vrai que moi j'étais très attachée. Je pensais que j'allais être très attachée au corps de maman. Les mois précédents ça ça mort.

Je m'étais dit faudra qu'on reste, on va rester pour la crémation. Problème c'est que là-bas la crémation tu sais pas quand est-ce qu'elle va arriver. Ça peut être dans les de jours mais ça peut être 10 jours après.

Donc évidemment pas rester 10 jour en 6. Mais tu peux pas ramener le corps en France pour l'incinérer chez vous. Non c'est làbas.

Faut attendre le retour descendre en même temps. Vous pouviez pas rentrer en France tout de suite avec elle. Si enfin si on voulait mais mais il aurait fallu qu'on attende deux à 6 jours et ça c'était pas enfin là qu'on reste là-haut ou qu'on fasse des allers-retours.

Mais c'était compliqué et c'est vrai que son son corps bah déjà son corps il avait trahi donc elle était fâchée si je puis dire contre lui et c'est peut-être pour ça qu'indirectement on n'y était plus attaché. Mais en tout cas pour nous le corps qui était là c'était plus maman. Elle était là mais mais pas dans son corps.

Dans son corps. Ouais. Et après ben on est parti, on est reparti à 9.

On avait initialement décidé de dormir en fait à la frontière, tu vois, pour pas se faire toute la route quoi, parce que ça faisait beaucoup puis on savait pas à quelle heure ça allait finir. Et franchement, on avait envie de rentrer chez nous en France. On avait envie de rentrer dans un endroit qu'on connaît, dans un lieu qui nous rassure et on pouvait pas faire le trajet direct jusqu'à chez les parents.

Donc on s'est arrêté chez la raf raf. Et le soir, bon, on était tous fatigués, on était Ouais. un peu anesthésie, on sentait plus rien comme je te l'ai dit.

Est-ce que vous avez des regrets tout de suite ? Pardon ? Des regrets ?

Ouais. Est-ce que vous Est-ce que vous êtes dit "Mais on aurait pas dû Est-ce que vous voulez jamais jamais jamais pas à une seule seconde. Et le soir, on a on a fait notre petit rituel.

On a pris une bouteille de champagne. On s'est servit chacun une coupe et au bout de la table, il y avait une coupe pour maman qu'elle a pas bu, hein, que quelqu'un d'autre a bu pour elle. Mais on s'est dit que c'était important et qu'elle serait contente qu'on le fasse.

Et je pense qu'elle aurait été très fière de nous, j'en suis sûre. Et on est rentré ensuite chez les parents. Oui.

Voilà. Et c'est vrai que le retour chez les parents, ça a pas été facile non plus. Enfin, dans sa maison à elle aussi parce que c'est vrai que quand tu on l'a fait le lendemain et quand tu rentres, ben tu as tous ces objets, l'endroit où elle a été, tu sens encore son parfum.

Tu tu as l'impression que que tu vas entendre sa voix et que qu'elle est dans la pièce d'à côté. On est tous parti dans Ouais mais tu as sur au départ tu as surtout de la je sais pas alors déjà ton état de choc ça c'est sûr et puis tu as tu dis non mais c'est pas possible tuenvisages pas et puis au bout d'un moment bizarrement tu vois au bout d'une heure moi j'étais en souffrance et au bout d'une heure je me suis dit mais alors stop raf tu as deux possibilités euh soit tu peux plus vivre ici parce que c'est trop compliqué soit tu acceptes de vivre ben quelque part avec ta mère et les objets qui restent Et c'est ce qu'on a fait en fait en se disant bon ben ouais une partie d'elle elle est ici elle est aussi ici. Et donc on a on a lâch il y a une partie de de la souffrance ou de je sais pas de la peur qu'on avait de retourner dans un endroit où elle était qui nous a lâché et et moi je sais que j'ai passé pas mal de temps derrière à encore chez elle et que ça m'a fait du bien.

Pour moi, c'est le seul endroit où je pouvais être quoi parce que pour moi, elle était encore quelques là enfin là quelque part quoi. Tu as pris des doudous aussi ? des bah non mais des affaires comme comme des gamins, on les sffait.

Bah oui. Bah oui. Bah tu sais c'est ça peut paraître bizarre maisant tu as besoin de truc pour te rassurer.

Ouais puis tuas tu as besoin de elle est plus là mais tu as besoin de sentir quoi. Pour l'incinération, vous êtes retourné en Suisse ou pas ? Non vous justement vous êtes on peut pas vraiment y assister en fait.

Il la société va envoyer les cres de maman plusieurs semaines après ça peut aller jusqu'à 10 semaines en même temps que le certificat d'essai suisse suisse. Donc tu es obligé de l'envoyer en France. C'est ça.

Il y a plein de procédures. J'ai oublié de vous poser une question, je suis désolée. Euh est-ce qu'elle était religieuse maman ?

Est-ce qu'elle croyait en quelque chose après ? Est-ce qu'elle espérait quelque chose ? Non.

Non. Pas posé la question. Était enfin la religion, elle a jamais euh non eu de place dans cette histoire particulièrement.

Il y a il y a il y a le petit signe. Vous avez convenu d'un signe ? Oui.

Voilà. C'est ça. Oui, c'est vrai qu'on avait convenu d'un signe qu'elle vous qu'elle vous ferait après.

Oui, en fait c'est un enfin un délire regarde ce qu'on dit. Ça ça peut étonner de dire comme ça mais on s'était dit toutes les trois enfin avec on avait dit avec avec mam dit maman écoute s'il y a un truc après si tu as un moyen franchement ça nous ferait du bien que tu nous fasses un petit signe. Donc on avait convenu d'un petit truc toutes les trois simple pas trop compliqué quand même pour elle.

On a été gentille mais on l'attend un petit peu toujours. Oui. Par contre bon je pense on l' espérit là tout à l'heure.

On s'est dit elle va nous faire un signe juste avant l'émission pour nous donner de la force. Il vraiment un truc super spécifique. Bon c'est notre secret mais bon pour le moment où elle doit pas être au point je pense que ça va venir mais il faut juste qu'elle s'échauffe et ça viendra.

Ça doit être difficile peut-être. En février 2026 l'Assemblée nationale a adopté une loi qui ouvre, vous l'avez suivi j'imagine un droit à l'aide à mourir sous certaines conditions en France. Oui.

Qu'est-ce que vous en pensez ? C'est ça. Ben, est-ce que vous avez lu ?

Est-ce que ça correspond à ce que vous imaginez ? Qu'est-ce que vous proposeriez vous aujourd'hui en ayant vécu ça ? Puis si vous voulez mettre aussi en commentaire, réagir à l'émission, si vous est déjà arrivé, si vous avez une opinion, vous pouvez en parler aussi dans la vidéo.

Qu'est-ce que vous en avez pensé ? Ben disons qu'en fait en tout cas ce qui a été alors euh si je l'ai lu correctement donc c'est sous réserve de bien bonne compréhension sous réserve de la compréhension que j'ai pu que j'ai j'ai pu en avoir. Pour moi, de toute façon, maman, elle rentrait absolument pas dans le le le projet que tu mentionnes puisque dans ce projet là, il est fait mention de enfin une des conditions entre autres, c'est le fait d'être en en pronostic vital engagé à court au moyen terme, ce qui n'était pas le cas de maman puisque elle ça relevait d'une d'une ben d'une décision réfléchie, mais elle était pas physiquement, enfin physiquement au regard de son état physique, elle répondait pas au critères.

Oui. Quoi qu'il en soit, c'était pas ça pouvait pas correspondre à sa situation. Après, c'est vrai que c'est vrai que de toute façon et c'est aussi une des raisons pour lesquelles pour pour lesquelles on on voulait partager, c'est que comme j'ai pu j'ai pu dire au début, c'est un sujet qui est euh ben qui est sensible, qui laisse qui laisse personne indifférent et je et chaque fois qu'on en parle, les réactions elles sont fortes parce que je crois que ça renvoie chacun à à quelque chose de très intime, sa propre vie, sa propre faim Et mais c'est un débat qui est essentiel en fait et d'actualité.

Vous lui en avez voulu à un moment donné, vous disiez est-ce que vous lu est-ce que vous lui en voulez encore ? Je lui en veux pas. La seule chose si on devait un petit peu faire le point de la la de la situation.

C'est vrai que comme tu nous as demandé, on regrette rien. On a même pas d'image négative. Là, ce qui reste juste c'est j'ai une petite avé mais il reste juste de la tristesse du manque évidemment du manque parce que il y a plein de fois on a envie de l'appeler.

Il y a plein de fois où là j'aimerais prendre mon téléphone et lui demander un conseil et je sais qu'elle aurait pu me répondre tendrement, objectivement aussi avec son petit humour et c'est pas possible. Mais il y a aucune image au cara regard de la manière dont ça s'est passé. C'est vrai.

Nous, on avait jamais, comme je t'ai dit, j'avais jamais vu quelqu'un mourir. J'avais jamais vu même un mort. Je m'y suis toujours refusée.

Et pour autant, je tout ce qui s'est passé, la manière dont ça s'est passé en Suisse et ces derniers instants, je regrette rien. J'ai aucun cauchemar. J'ai il reste plus rien de de négatif.

Mais ouais. Ça c'est le point entre guillemets positif. Après, c'est vrai que je personnellement, j'ai trouvé que ces 3 années ont été longues.

Ça a été un lourd poids apporté pour nous et si ça c'était à refaire, même si voilà, je je referais la même chose. Et si par exemple je devais prendre cette décision, si tu me pouvais me le peut-être si c'était une de tes questions, je pense que je ferai la même chose mais que j'essaierai de j'essaierai peut-être de prévenir mes enfants un petit peu plus tard après. Peut-être que elle a pas pu faire autrement bien sûr mais voilà.

Ouais, c'est vrai. Merci en tout cas toutes les deux. Tu as fait la dernière question, tu as fait les questions et réponses.

Non, merci beaucoup d'avoir pris. Je sais que c'est pas facile he vous avez fait là puis en plus ça vous remet dedans il y a pas si longtemps. C'est à la fois très court en même temps difficile de venir parler comme ça sur sur un plateau de de choses si intimes et en même temps que vous venez partager.

C'est je pense ça aidera peut-être certains d'entre vous chez vous qui qui allaient vivre des choses plus ou moins lointaines. En tout cas, merci de l'avoir fait avec avec Brio. Je sais pas votre je sais pas le signe que vous attendez mais voilà, je vous le souhaite.

Merci beaucoup. Merci beaucoup. En tout cas, merci à toutes les deux.

Euh je vous ferai un bisou comme tout à l'heure après. Euh on se sert la main de loin. On s'est fait la mise en arrivant.

Merci en tout cas à toutes les deux. Vous avez un dernier mot à dire ? Vous voulez dire quelque chose ?

Je voudrais remercier d'abord la Suisse parce que la Suisse, elle nous a permis, elle a permis à maman de faire son dernier choix, de partir dignement. Et voilà, je je tenais déjà à le faire. Je voulais remercier l'association qui a été qui a été présente qui a qui a été là mais avec retenu avec pudeur et qui a même après appelé papa pour prendre la coordinatrice à continuer à appeler papa pour prendre de ses nouvelles donc pour leur présence.

Ça va ça va ça va ça va. Bon forcément c'est des moments qui sont pas qui sont pas faciles. Ça date pas d'il y a très longtemps et je pense qu'on est encore tous un peu en état de choc.

Euh ça va de mieux en mieux. Ça va de mieux en mieux. Pardon ?

Vous l'embrasserez pour nous ? Bien sûr. Et la dernière personne que je voulais remercier, c'est la plus importante qu'on voulait.

Oui, pardon. Bien sûr, c'est maman parce que elle nous a offert une magnifique leçon de courage et de vie. C'est vrai et je suis très fière d'elle et voilà, elle nous a permis de nous rappeler que que une mort peut ne pas être parfois quand c'est possible. peut peut se faire en douceur et qu'on qu'on peut mourir entouré des siens et dans de bonnes conditions et et c'est important.

Et aussi une dernière chose, c'est qu'elle nous a aussi renforcé dans le fait de de se rendre de nous rendre compte, si je puis dire, que le présent, il est très important et la mort c'est souvent ça, c'est elle nous donne cette leçon de d'essayer au maximum de profiter et de du l'instant présent et du vivant qui reste. Donc merci maman. Merci à toutes les deux.

Je vous embrasse fort. On se retrouve très vite de toute façon pour une pour une prochaine vidéo sur les gens. Merci à toute l'équipe d'avoir préparé l'émission avec moi.

Elle est dure cette fin d'émission. Je vous embrasse. À bientôt.