"Gabriel Attal doit s'en aller": l'interview de Mathilde Panot en intégralité
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Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes députée, députée du nouveau Front populaire LFI du Val-de-Marne. Vous avez d'ailleurs été réélu dès le premier tour et vous étiez dans la précédente mandature la présidente du groupe LFI à l'Assemblée. J'ai tout simplement une première question pour savoir si le président de la République vous a appelé. Est-ce qu'il vous a appelé, vous Mathilde Panot ou Manuel Bompard ou Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce que vous avez eu des contacts avec le président de la République depuis dimanche ?
Alors nous n'en avons pas eu, mais moi je le dis solennellement à votre micro aujourd'hui. Emmanuel Macron doit respecter le vote qui a eu lieu ce dimanche. Je me rappelle qu'avant ces élections législatives, lorsque partout on annonçait que l'extrême droite serait en tête à l'Assemblée nationale, eh bien tout le monde disait, puisqu'il y a eu une mobilisation civique exceptionnelle, alors le résultat serait incontestable. Donc je demande à Emmanuel Macron qu'il respecte le résultat des urnes, qu'il respecte que le nouveau Front populaire soit la première force politique à l'Assemblée nationale. Et donc nous allons nous travailler à proposer un Premier ministre et une équipe gouvernementale.
Il doit respecter ce choix.
Si vous dites cela solennellement, est-ce que ça veut dire que vous avez un gros doute ?
Ah bah oui, quand j'entends des macronistes qui expliquent d'ores et déjà qu'il faudrait en quelque sorte effacer une victoire qui a eu lieu il y a seulement deux jours, qui voudraient expliquer qu'Emmanuel Macron n'aurait pas perdu ses élections législatives, comme d'ailleurs il a perdu les élections européennes, oui j'ai un doute sur le fait qu'Emmanuel Macron ne respecte pas ce qui est sorti des urnes et le choix très clair des Français et françaises.
Le fait que, enfin si je vous demande pourquoi il vous a appelé ou non, ou s'il vous a appelé ou non, c'est parce qu'effectivement vous imaginez que la logique républicaine aurait été qu'il appelle au minimum les patrons de groupe, les représentants du nouveau Front populaire ?
Bah pas forcément, ça on va dire que... Qu'il commence à en discuter avec vous, qu'il vous demande votre calendrier ? C'est pas ce qu'on lui demande à ce moment-là, mais ce que nous lui demandons c'est de prendre une position, que les macronistes en général prennent position en disant qu'ils respecteront la volonté populaire qui s'est exprimée ce dimanche.
Au moment où je parle, c'est toujours Gabriel Attal qui est Premier ministre, il a remis sa démission mais Emmanuel Macron l'a refusé, lui demandant pour l'intérêt général de rester à gérer les affaires courantes. Est-ce que vous considérez que ça c'est correct et est-ce qu'il peut rester tant que vous vous mettiez d'accord ?
Non, je crois qu'un des enseignements de dimanche et des élections législatives avec encore une fois cette mobilisation populaire exceptionnelle, c'est que la Macronie a été défaite et que ce que demandent les Français et les Françaises, c'est une rupture par rapport au monde de malheur d'Emmanuel Macron. Donc Gabriel Attal doit s'en aller, le président de la République aurait dû accepter sa démission et en quelque sorte faire un gouvernement qui gère les affaires courantes, le temps... Son chef ? Oui, son Premier ministre ? Oui, le temps que nous formions le nouvel gouvernement qui pourrait arriver très rapidement.
Je vous dis notamment qu'il y aura bientôt le 14 juillet et que je pense qu'au 14 juillet à la fête nationale, il ne peut pas être possible qu'on continue avec un Premier ministre notamment qui a été battu trois fois d'affilée dans des élections.
Alors vous dites très rapidement, on va essayer d'y voir plus clair sur à la fois votre calendrier, votre méthode et les noms qui pourraient sortir effectivement du nouveau front populaire. D'abord, vous dites très rapidement le 14 juillet. Il y a aussi une autre date qui est très importante qui est la date de la présidence de l'Assemblée nationale. Le vote aura lieu le 18. Est-ce que dans ce moment où vous commencez à réfléchir à qui pour aller à Matignon, vous réfléchissez aussi à qui pour présider l'Assemblée nationale ?
Évidemment, nous prenons les choses avec sérieux. Nous voulons gouverner ce pays et donc nous travaillons sérieusement, évidemment pour le poste de Premier ministre ou de Première ministre dont nous parlons beaucoup et c'est normal ces derniers temps, mais aussi pour une équipe gouvernementale et l'ensemble des postes à responsabilité, notamment la présidence de l'Assemblée.
Et pourquoi je dis ça ? C'est parce qu'effectivement, je commence je dirais par le haut de la pyramide de l'hémicycle. Toute la question, et c'est en tout cas ce qu'Emmanuel Macron, c'est comme ça qu'il justifie de prendre son temps. Il dit qu'il attend de voir quels sont les équilibres en présence. Et quand on vous écoute ou quand on écoute du côté du Parti socialiste, c'est pas tout à fait la même histoire. Jean-Luc Mélenchon à 20h05 disait « ça y est, c'est bon, en gros, on a gagné, il serait logique que ça sorte de nos rangs, nos rangs, c'est-à-dire Nouveau Front Populaire, mais aussi LFI ».
Du côté du Parti socialiste, il laisse entendre que vous pourriez ne pas être le groupe majoritaire
au sein du Nouveau Front Populaire. Qui croire ? Alors, première chose sur les équilibres généraux. On va commencer par ça, c'était le début de votre question. Ça n'a aucun sens, c'est absurde que le président de la République explique qu'il l'attende de voir les équilibres, puisque nous savons d'ores et déjà qu'il y aura 195 députés du Nouveau Front Populaire. À peu près, peut-être un 1 ou un 2 près.
C'est-à-dire effectivement, le chiffre qui était paru, qui était 180 ou 182, auquel vous ajoutez 11, 10 vers gauche qui vont vous rejoindre.
Et les députés dits d'outre-mer aussi, qui n'étaient pas comptabilisés dans ce premier décompte. À côté, vous avez effectivement des macronistes qui forment un bloc, peut-être avec trois groupes, mais 170 députés. Et l'extrême droite qui, eux, ont un bloc à 140 députés. Donc, nous sommes le plus grand groupe. Je veux mettre ça en premier. Deuxième chose, vous m'interrogez sur les équilibres à l'intérieur du Nouveau Front Populaire, et notamment du groupe insoumis et du groupe socialiste. Évidemment, le groupe socialiste monte beaucoup en nombre de députés.
Et je veux quand même dire que la France insoumise est le mouvement politique qui a fait le plus d'efforts pour faire en sorte que ce nouveau Front Populaire puisse se faire, puisque nous avons, nous, donné 100 circonscriptions. Donc, évidemment qu'il y a une dynamique aussi pour le Parti socialiste, qui venait des différents équilibres que nous avions négociés.
Là, pardon, mais là encore, chacun y voit un petit peu ce qu'il a envie de voir. Vous vous dites ça, mais du côté du Parti socialiste, ils disent, nous partions avec beaucoup moins de circonscriptions, même s'il y en a eu plus qu'au temps de la NUPES. Et malgré tout, nous sommes ceux qui avions doublé notre nombre de députés. Là où la France insoumise stagne, voire même peut-être régresse d'un ou deux sièges.
Non, non, nous n'allons pas régresser. Nous allons avoir un groupe autour de 80 députés. Et vous verrez, nous allons terminer les groupes. Donc, je vous dirai à ce moment-là.
Alors, allez-y, prenez le temps, parce que là, pour le coup, le chiffre que vous nous donnez est plutôt une surprise, puisque vous étiez jusqu'à présent crédité entre 70 et 72, peut-être 75. Mais vous monteriez jusqu'à 80 ?
Oui, nous sommes en train de discuter du périmètre exact du groupe. Et nous pourrions être 80 députés de la France insoumise, ce qui ferait le premier groupe du nouveau Front populaire.
Alors, pourquoi est-ce que du côté du Parti socialiste, on dit, attendez, tout n'est pas fait, on aura peut-être plus de députés que LFI ?
Je ne sais pas, ça, il faut leur demander. Mais écoutez, de toute façon, les choses vont se clarifier assez rapidement.
Et je vais vous dire... Mais vous comprenez bien qu'on est sur le cœur du cœur de ce qui fera que l'un de vous ou l'un d'eux sera premier ministre.
Oui, c'est la règle que nous étions fixée collectivement. Alors, nous sommes en train d'y travailler, mais qui était celle de dire, qui est d'ailleurs une tradition républicaine, que le plus gros groupe parlementaire est celui qui propose aux autres composants du nouveau Front populaire un premier ou une première ministre. Donc, ne vous inquiétez pas, ça va se clarifier, mais je crois que le groupe de la France insoumise est le groupe qui sera toujours le plus grand du nouveau Front populaire et que je suis très heureuse qu'il y ait une dynamique générale du nombre de députés du nouveau Front populaire.
Je le dis pour ne pas qu'il semble y avoir une compétition stérile entre les différentes composantes. Ce n'est pas ça, nous sommes très heureux de progresser et d'être maintenant la première force à l'Assemblée nationale.
Mathilde Panot, est-ce que dans votre groupe, vous comptez François Ruffin, Clément Tinotin, Alexis Corbière, Daniel Simonnet ?
Non, puisqu'ils ont indiqué qu'ils allaient siéger dans d'autres groupes et qu'ils se sont, pour certains, rattachés au Parti communiste français.
Donc, sans les compter, vous arrivez effectivement à 80. Quand est-ce que vous serez en mesure, ensemble, de proposer un nom ?
Alors, ce que nous nous sommes dit, c'est... Alors, nous avons des sessions de travail depuis avant-hier, depuis lundi. Ce que nous nous sommes dit, c'est qu'il fallait que nous puissions proposer à la fois un candidat à la primature, mais aussi une équipe gouvernementale et les différents postes à responsabilité dont nous parlions d'ici à la fin de la semaine. Je pense que c'est raisonnable. Nous sommes en train de parler de quelque chose de sérieux, de savoir comment nous allons gouverner ce pays. Et donc, il faut nous laisser le temps de travailler.
Vous vous faites comment ? Vous travaillez comment ?
En discutant. Vous savez, je ne connais pas d'autres méthodes de travail que la discussion, des règles qu'on se donne en commun. Voilà, on essaye de se donner des méthodes de travail qui fonctionnent. Si je vous pose cette question, c'est que je n'ai pas tout à fait compris les règles. Alors, les règles, pour l'instant, dont nous sommes toujours en train de discuter, mais la tradition républicaine, je le disais, c'était que le plus grand groupe à l'intérieur de la coalition propose aux autres composantes un candidat ou une candidate à la primature. Ça, c'est la première chose. Et puis ensuite, il y a des règles normales dans une coalition.
Le respect mutuel des uns des autres, le fait de ne pas mettre d'exclusif entre les uns et les autres. Bon, ça, c'est des règles qu'on essaye de se donner les uns les autres pour pouvoir avancer. Et à la fin, comment on tranche ? Eh bien, on tranchera entre les organisations politiques qui ont créé le nouveau front populaire. Et c'est comme ça qu'on proposera une forme d'accord global.
Vous-même, au sein de LFI, donc partons du principe, effectivement, comme vous l'affirmez ce matin, que vous aurez le plus grand groupe au sein du nouveau front populaire. Je tire donc le fil. Une fois cette étape posée, c'est-à-dire que tout le monde reconnaît qu'en effet, vous avez le plus grand groupe. Ce sera donc de vos rangs que le nom du Premier ministre sortira. Au sein de vos rangs, vous l'aurez désigné comment ?
Alors ça, nous n'avons pas dit comment nous allons le faire. Mais généralement, ce que nous faisons au sein de nos rangs, encore une fois, tout en ayant en tête qu'il faut un accord global et qu'il faut respecter les poids des différentes composantes du nouveau front populaire dans l'accord global d'équipe gouvernementale que nous voulons proposer, généralement, ce que nous faisons, c'est que nous saisissons les différentes instances et notamment la coordination du mouvement. Mais je ne sais pas vous dire à cette heure exactement comment nous ferons puisque nous avançons d'abord sur les discussions avec nos partenaires sur les règles communes qui nous permettent ensuite d'avancer.
Mais c'est pourquoi moi, je suis déjà à l'étape suivante, c'est au sein de la France insoumise. Est-ce que les 80 députés, par exemple, pourraient voter ?
Ça peut être une possibilité. Ça peut être une possibilité. Ça n'a pas l'air d'être la priorité pour vous. En fait, c'est que pour l'instant, ma priorité, vous voulez savoir laquelle c'est exactement, c'est de savoir si Emmanuel Macron va respecter le vote populaire des Français. Et donc, moi, j'avance par étapes. Regardez à Pauline de Malherbe ce qui s'est passé en seulement un mois. Nous avons eu l'annonce de la dissolution et nous avons réussi une première fois l'impossible. Personne ne croyait que nous allions créer le nouveau front populaire avec les différentes composantes de gauche après une campagne des européennes qui a été, on va le dire, assez dure entre nous.
Nous avons réussi, nous avons fait un programme et un accord de circonscription avec des candidatures uniques dès le premier tour. Puis nous avons réussi une deuxième fois l'impossible. C'était ce dimanche, puisque tous les sondages annonçaient le Rassemblement national en tête. Et non seulement il n'est pas arrivé en tête, mais il est arrivé troisième. Et c'est le nouveau front populaire qui est arrivé en tête grâce à une mobilisation de la jeunesse, des quartiers populaires. Donc vous réussirez la troisième étape qui est de ça. Dites d'outre-mer.
Eh bien je crois que oui, nous avons d'abord réussi une étape très importante et que maintenant, nous allons réussir par la discussion avec nos partenaires, par la discussion dans la France insoumise, à réussir cette étape supplémentaire pour proposer un horizon heureux au pays.
Sur cette méthode, c'est qu'effectivement, jusqu'à présent en tout cas, vous n'avez pas de règles absolues établies là-dessus. Et certains issus de vos rangs ont des doutes. Je voudrais que vous écoutiez Alexis Corbière, qui hier soir mettait en garde ses anciens camarades de la France insoumise. C'était sur un plateau de BFM TV.
Je leur dis, les amis, je sais que beaucoup m'ont envoyé des signaux et ont été choqués par la purge. Mais si vous n'exigez pas un nouveau fonctionnement, vous serez les prochains purgés. Voilà, personne d'adulte politique ne peut accepter qu'un comité électoral bidon, élu par personne, débranche au milieu de la nuit des gens.
Des méthodes bidons. Non mais bon, je passe sur le terme de purge, qui est un terme extrêmement désobligeant et qui n'est pas ce que nous avons fait. Vous avez fait quoi ? Nous avons désinvesti des gens, Madame de Malherbe. Ce n'est pas une purge ? Non, ce n'est pas une purge.
Sans leur dire et sans qu'ils puissent s'en défendre ?
Non, non, ça leur a été communiqué. Lorsque vous avez des personnes... Communiquées, donc il n'y a pas eu de discussion, ils n'ont pas pu se défendre. ...qui ne souhaitent pas siéger dans votre groupe politique, qui sont dans nos meilleures circonscriptions de France. La circonscription d'Alexis Corbert est la meilleure circonscription de France pour la France insoumise. Eh bien, je crois qu'il est normal pour un mouvement politique, si on donne des responsabilités pour savoir qui est-ce qu'on investit, qu'on investisse des gens qui siégeront dans le groupe politique. Ça s'appelle juste investir des gens ou désinvestir des gens. Ça arrive.
Et moi, je dis qu'il n'y a aucun problème à vouloir choisir d'aller avec d'autres groupes politiques ou d'autres partis politiques. Mais à ce moment-là, il faut de la clarté pour les électeurs et les électrices.
Mais justement, de la clarté, est-ce que ce ne serait pas tout simplement de dire « on fait un vote, on fait un vote avec tous les 80 députés, on fait un vote à bulletin secret, on fait un vote... » Voilà, être capable de juste, en toute clarté, justement, de dire la méthode...
Mais vous savez, on vote très souvent au groupe parlementaire. On vote très souvent au groupe parlementaire. Oui, mais là, précisément... ...y compris pour la présidence du groupe, nous voterons. Vous voterez, mais pour la présidence du groupe, mais pas pour le Premier ministre. Mais je ne sais pas, Mme Apolline. Si, vous savez, pour la présidence du groupe, donc puisque... Oui, mais excusez-moi, mais là, pour l'instant, nous n'allons pas organiser un vote dans la France insoumise, puisque pour l'instant, nous n'avons pas encore trouvé l'accord avec nos partenaires sur la manière dont nous allons fonctionner.
Vous savez, moi, je ne commence pas à faire des votes par-ci, par-là, dans mon groupe parlementaire ou au sein de la coordination du mouvement quand nous ne sommes pas encore arrivés à cette étape. Je ne vous demandais pas de faire un vote, mais simplement de nous dire s'il y aurait ou non un vote.
Mais c'est possible. Marine Tondelier, est-ce que ça, ce serait possible ?
Vous allez maigrainer des noms qui sont tous possibles. Ils sont tous possibles. Je vais vous dire. Moi, ce que je veux du Premier ou de la Première ministre, c'est que cette personne respecte strictement le programme sur lequel nous avons été élus. Donc, applique le programme de rupture avec l'augmentation du SMIC, le blocage des prix, avec l'école réellement gratuite pour reconstruire nos services publics dans le pays. Donc, je le disais, la tradition républicaine veut que ça soit du plus gros groupe. Mais moi, je ne vais pas mettre d'exclusives aujourd'hui.
Est-ce que ça veut dire que pourquoi pas, Marine Tondelier ? Jean-Luc Mélenchon lui-même évoque plusieurs noms. D'abord, il dit qu'il n'est pas forcément disqualifié, même s'il ne veut pas être un problème. Vous maintenez que pour vous, Jean-Luc Mélenchon, peut être aussi Premier ministre ?
Bien sûr, bien sûr. Écoutez, ça ne serait pas sérieux d'avoir dit il y a deux ans, Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre, autour du programme de la NUPES. Et lisez-moi, c'était même le slogan. Exactement, autour du programme de la NUPES et de la législative précédente, de dire qu'il pouvait être Premier ministre et de maintenant expliquer qu'il ne pourrait plus l'être. Ce n'est pas sérieux de faire ça. Donc, Jean-Luc Mélenchon est une des possibilités. Et encore une fois, lorsqu'il a dit, je ne m'excuse pas, mais je ne m'impose pas, je ne vois pas ce qu'il y a de plus clair que cela.
Non, c'est simplement que les autres ont tellement dit que ça ne doit pas être Jean-Luc Mélenchon, que ce soit François Hollande, que ce soit Raphaël Luxman, que ce soit même Olivier Faure, qui a dit que ce ne sera pas Jean-Luc Mélenchon.
Je crois que sur la composante que nous créons du Nouveau Front Populaire. Je ne parle que des gens qui sont vraiment dans votre union. Je comprends très bien. Mais dans la dynamique du Nouveau Front Populaire que nous avons créé, qui est évidemment une coalition de mouvements et de partis, mais qui a aussi reçu le soutien historique de la CGT, de la FSU, du planning familial, de la Confédération Paysanne et de beaucoup d'autres. Donc, il y a vraiment un mouvement populaire très très fort, un mouvement associatif, syndical, citoyen aussi, qui s'est fait autour du Nouveau Front Populaire. Je crois qu'il faut être sérieux.
Nous voulons gouverner ce pays et que donc, il n'est pas possible de dire pas un tel, pas un tel, pas un tel. Pourquoi ? Parce que Jean-Luc Mélenchon, notamment, et la France Insoumise spécifiquement, sont ceux qui, par exemple, ont fait en sorte de redonner le goût de la politique à des gens. On fait en sorte, notamment, et bien qu'il y ait une mobilisation, avec bien sûr la peur de l'extrême droite, que je n'oublie pas, mais une mobilisation exceptionnelle dans les quartiers populaires de gens qui se reconnaissent aussi dans la représentation politique que nous sommes.
Et qui sont venus voter et qui, jusqu'alors, parfois, ne venaient pas voter.
Exactement. Et je crois qu'il faut respecter cela. Voilà, il faut respecter cela.
Et vous demandez non seulement à Emmanuel Macron de respecter ça, mais effectivement, y compris au sein du Nouveau Front Populaire, de le respecter. Certains disent, mais ce n'est pas vraiment pour le Nouveau Front Populaire qu'on a voté, c'est contre le Rassemblement National. C'est les propos de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Il était mon invité sur RMC.
Le vrai sujet aujourd'hui, c'est est-ce que la France veut les filles ? Je ne crois pas que la France ait voté les filles. Ceux qui ont voté les filles, ils ont voulu faire barrage au Front National. Donc, il faut être clair aussi, on n'a pas voté pour le programme et les filles. On a voté pour faire barrage au Front National. C'était ça.
Il dit on, d'ailleurs. Oui, mais comme ça s'est passé dans beaucoup de scrutins majoritaires à deux tours. lorsque, effectivement, vous n'avez plus qu'à choisir entre deux candidats, les électeurs et les électrices font des choix.
Il évoque une autre option, Jean-Pierre Raffarin. Il dit d'ailleurs que les discussions existent pour faire une sorte de grande coalition du centre avec les LR. Il dit, au fond, nous serions dans ce cas le groupe le plus grand devant le nouveau Front populaire.
Eh bien, nous verrons ce qu'ils arriveront à faire. Mais je le dis, il y a effectivement un soulagement immense dans le pays du fait que l'extrême droite ne soit pas arrivée au pouvoir, du fait que l'extrême droite ne puisse pas, à Matignon, trier nos concitoyens entre eux selon leur couleur de peau, leur religion, leur orientation sexuelle ou leur genre. C'est un soulagement et une joie immense. Mais je veux que les macronistes ne se trompent pas. Ils ont été défaits encore une fois dimanche dernier. Rappelez-vous à Pauline de Malherbe en 2017 où ils avaient 350 députés. À chaque élection législative, ils perdent 100 députés. En 2022, ils en ont perdu 100.
Bon, cette fois-ci, elle est 80 parce que la dissolution a eu lieu un peu plus vite. Mais ce que veulent les gens, c'est la rupture avec le monde d'Emmanuel Macron et de son monde de malheur.
Les mathématiques, c'est qu'effectivement, si, comme le dit Jean-Pierre Raffarin, personne n'obtiendrait la majorité absolue. Ça, c'est évident. Mais si, ensemble, c'est-à-dire le groupe des macronistes et les LR s'alliaient, leur groupe serait plus grand que le vôtre. C'est ce que dit Jean-Pierre Raffarin ce matin. Oui, et ça ne correspondrait pas... Il justifierait à ses yeux que le Premier ministre
puisse sortir de ses rangs. Et ça ne correspondrait pas à ce qui a été fait et qui a été le choix des Français et des Françaises dans cette élection, notamment parce que, je vous rappelle qu'au premier tour, le nouveau Front populaire est arrivé deuxième avant les macronistes et qu'au second tour, nous sommes arrivés premiers. C'est ça votre crainte
quand vous commenciez cette interview en disant « Ma priorité, c'est quand même qu'Emmanuel Macron accepte le verdict des urnes. » Est-ce que votre crainte, c'est précisément que dans les jours qui viennent, soudain, Emmanuel Macron dise « Au fond, il y a un groupe plus large avec les LR et peut-être même quelques PS ? »
Non, je ne crois pas qu'aucun du nouveau Front populaire n'ira. Vous savez, nous avons fait un contrat de législature, c'est le programme des 100 jours et il s'appelle « Contrat de législature » puisque, justement, chaque député s'est engagé autour de ce programme. Donc, je crois que personne ne ferait la folie d'aller avec les macronistes qui, en quelque sorte, ferait qu'il n'y aurait plus aucune alternative au Rassemblement national dans ce pays et qui serait aussi trahir la parole et la confiance qu'ont eu les électeurs et les électrices dans le nouveau Front populaire. Mais je vais vous dire, je connais trop Emmanuel Macron.
Je connais trop Emmanuel Macron sur la manière dont il a utilisé 23-49-3, y compris pour imposer de force contre l'Assemblée nationale, contre le peuple tout entier, la retraite à 64 ans. Et je sais que cet homme n'aime pas la démocratie. Donc, oui, je suis inquiète qu'il ne respecte pas le résultat des urnes. Et je l'alerte, nous sommes dans une situation de crise politique qu'il a lui-même créée, dont il porte lui-même la responsabilité. Donc, maintenant, il doit agir comme président pour nommer un Premier ministre du Nouveau Front populaire.
Merci Mathilde Panot d'avoir répondu à mes questions ce matin. Députée LFI du Val-de-Marne. Il est 8h52.
Mathilde Panot