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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 3 septembre 2026 23 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesBudget & impôtsAgriculture & alimentationRetraites

Carburants, budget... Le "8h30 franceinfo" de Maud Bregeon

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin pour qui et pour combien de temps vous allez reconduire les aides ?

  • 1:13RelanceRéponse partielle

    Pourquoi ça n'a pas fonctionné ? C'est trop compliqué ?

  • 2:02FerméeRéponse directe

    Donc toujours pas d'aide pour l'ensemble des Français ?

  • 2:09FerméeRéponse directe

    Pas de blocage des prix à la pompe ?

  • 2:22OuverteRéponse directe

    Et on comprend que le fait que 1,5 million seulement les demandaient alors que 3 millions étaient ciblés, ça vous donne du lest et un peu de marge de manœuvre pour prolonger cette aide budgétairement ?

  • 3:08OuverteRéponse directe

    Donc, les aides ciblées pour les pêcheurs, notamment pour les agriculteurs. Vous avez dit que vous vouliez les reconduire. Est-ce que vous pouvez nous dire que c'est acté ce matin ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35Invité politiqueChiffre
    « 100 euros versés, jusqu'à 3 millions de Français y ont droit. »
  • 0:42Invité politiquePromesse
    « On a décidé, je vous l'annonce ce matin, de le prolonger jusqu'au 31 septembre. »
  • 3:24Invité politiqueChiffre
    « Elles seront reconduites pour les agriculteurs, 15 centimes par litre. »
  • 3:27Invité politiqueChiffre
    « Pour les pêcheurs, 25 centimes par litre. »
  • 3:30Invité politiqueChiffre
    « Pour le secteur du BTP, 20 centimes par litre. »
  • 3:33Invité politiqueChiffre
    « Ça représente à peu près, c'est une estimation, 70 millions d'euros par mois. »
  • 6:19Invité politiqueFait
    « Si le projet de loi de finances n'est pas voté, si le projet de loi de finances est rejeté, les 4,2 millions de Français qui touchent automatiquement cette aide au paiement des factures entre, effectivement, 170 et 270 euros en avril, ne le toucheront pas en 2027. »
  • 8:53Invité politiqueChiffre
    « l'absence du budget coûtera 15 milliards d'euros et pourrait nous amener à un déficit record de 5,9% l'année prochaine. »
  • 13:26Invité politiqueChiffre
    « C'est 17 milliards d'euros, les arrêts maladie en 2025. »
  • 13:29Invité politiqueChiffre
    « Le budget de la justice, c'est un peu plus de 10 milliards pour remettre les choses en perspective. »

Temps de parole

  • Maud Bregeon69 %
  • Invité15 %
  • Présentateur14 %

5,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Maud Bregeon

Bonjour Agathe. Bonjour. Et bonjour Maude Bréjon. Bonjour à tous les deux. Bonjour Maude Bréjon.

0:03
Présentateur

Vous êtes porte-parole du gouvernement mais aussi en charge de l'énergie. Vous avez promis il y a deux jours, Maude Bréjon, de ne pas lâcher les Français et les entreprises les plus touchées par la hausse des prix des carburants. Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin pour qui et pour combien de temps vous allez reconduire les aides ?

0:20
Maud Bregeon

Tout à fait. D'abord, on sait que c'est difficile pour beaucoup de Français, pour beaucoup d'entreprises et donc on a pris cet engagement, être aux côtés des Français qui travaillent, être aux côtés des secteurs d'activité les plus exposés. Les Français qui travaillent d'abord, vous savez qu'on a mis en place un dispositif gros rouleur, 100 euros versés, jusqu'à 3 millions de Français y ont droit. Le guichet devait prendre fin au 31 août. On a décidé, je vous l'annonce ce matin, de le prolonger jusqu'au 31 septembre.

J'en profite pour appeler les plus d'1,5 millions de Français qui n'ont pas encore fait la demande et qui ont droit à se connecter sur le site dédié pour pouvoir faire cette demande.

0:59
Présentateur

Je rappelle juste, pour ceux qui nous écoutent et qui pourraient être concernés, évidemment il faut être en dessous d'un certain revenu, ça tout est visible sur le site.

1:06
Maud Bregeon

Il faut être en activité.

1:08
Présentateur

Oui, et faire 30 kilomètres aller-retour tous les jours. Plus de 30 kilomètres aller-retour ou 8000 kilomètres par an. Pourquoi ça n'a pas fonctionné ? C'est trop compliqué ? Enfin, ça n'a pas fonctionné. Pourquoi seulement 1,5 million, moins d'1,5 million de Français vous demandez sur 3 millions ?

1:21
Maud Bregeon

Il y a eu 1,4 million de demandes. C'est beaucoup. Nous, on a mis en place le dispositif le plus simple possible. Peut-être que certains n'ont pas encore pris le temps de le faire. Peut-être qu'ils n'ont pas eu suffisamment d'informations. Donc voilà, on leur redit. C'est pas que c'était trop complexe ? On leur redit. On a vraiment fait le portail, le site internet, la démarche la plus simple possible. Et encore une fois, on sait que c'est difficile pour beaucoup de Français qui subissent la montée des prix à la pompe. Encore ces jours derniers, vous l'avez vu. Et donc, on continuera à être à leur côté. C'est une mesure ciblée. C'est volontairement pas une mesure universelle.

Parce qu'encore une fois, on a aussi cette exigence d'attention budgétaire.

2:02
Présentateur

Donc toujours pas d'aide pour l'ensemble des Français ?

2:05
Maud Bregeon

Mais les Français qui travaillent, les Français les plus en difficulté, ont besoin qu'on soit à leur côté.

2:09
Présentateur

Pas de blocage des prix à la pompe ?

2:11
Maud Bregeon

Pas de blocage des prix à la pompe. C'est une solution qui est irréaliste et qui mènerait, comme on l'a vu ailleurs, à des problématiques de pénurie. En revanche, encore une fois, on est aux côtés des Français qui travaillent et des Français les plus modestes.

2:22
Invité

Et on comprend que le fait que 1,5 million seulement les demandaient alors que 3 millions étaient ciblés, ça vous donne du lest et un peu de marge de manœuvre pour prolonger cette aide budgétairement ?

2:33
Maud Bregeon

En tout cas, c'est nécessaire. Vous savez, depuis le début, on adapte les aides annoncées à une situation qui est très incertaine, une situation qui évolue, qui dépend de ce qui se passe au Moyen-Orient. Et on voit qu'encore aujourd'hui, ce n'est pas un secret, ce n'est pas un mystère. Les prix restent très hauts. Et donc, il y a besoin d'être aux côtés, encore une fois, de ceux qui le paient.

2:53
Invité

2,26€ pour le gazole, 2,15€ pour le 100,95€. Tout à fait, de ceux qui le paient le plus durement. Et toujours pas d'aides généralisées, Maude Bréjean, il y a aussi les aides ciblées que vous avez proposées. Donc, les aides ciblées pour les pêcheurs, notamment pour les agriculteurs. Vous avez dit que vous vouliez les reconduire. Est-ce que vous pouvez nous dire que c'est acté ce matin ? C'est acté. Ces aides seront reconduites pour deux mois, donc jusqu'au 31 octobre.

3:17
Maud Bregeon

On fera le point fin octobre, fonction encore une fois de l'évolution de la situation, comme on le fait depuis le début. Elles seront reconduites pour les agriculteurs, 15 centimes par litre. Pour les pêcheurs, 25 centimes par litre. Pour le secteur du BTP, 20 centimes par litre. Ça représente à peu près, c'est une estimation, 70 millions d'euros par mois. 70 millions d'euros par mois de reconduire uniquement les aides ciblées. Là encore, ce sont des secteurs, vous savez, qui sont extrêmement dépendants de l'évolution du prix du baril. Parce que quand vous êtes pêcheur, lorsque vous avez un bateau de pêche, au-delà d'un certain seuil, il n'est plus intéressant pour vous d'aller en mer.

Et donc c'est toute une activité économique qui s'arrête. Et derrière, ce sont des emplois, ce sont des salaires. Et donc des Français qui le paient très durement sur leur activité.

4:04
Invité

Je fais une parenthèse.

4:06
Maud Bregeon

On fait le choix, pardon, d'être à leur côté. C'était extrêmement attendu. Et j'ai évidemment une pensée pour les agriculteurs qui... Justement les agriculteurs.

4:13
Invité

De quoi vont-ils bénéficier à court terme ?

4:17
Maud Bregeon

Une prolongation des aides sur le carburant, je viens de vous le dire. La même que celle qui était déjà en place. Ils ont vécu un été très, très difficile. Et il y a des consultations qui sont menées en ce moment même avec...

4:30
Présentateur

La ministre de l'Agriculture... La ministre Annie Gennevard devait annoncer un plan de soutien aujourd'hui. Il a été reporté. Vous pouvez rassurer les agriculteurs qui nous écoutent ce matin ?

4:38
Maud Bregeon

Bien sûr, bien sûr. C'est la priorité absolue du Premier ministre en cette rentrée. Ces dispositifs sont en cours de discussion avec les agriculteurs, avec leurs représentants. Ce sera annoncé dans les jours à venir. Je crois que Sébastien Lecornu a démontré depuis son arrivée à Matignon qu'il ne les avait jamais laissés tomber. Ils auront des aides financières, Maude Bréjon.

4:59
Invité

Parce qu'aujourd'hui, les agriculteurs, ils veulent de l'argent, pragmatiquement. Ils ont besoin d'argent. D'ailleurs, les dommages sont colossaux. Ils ne sont pas encore totalement estimés. Donc, vous attendez de voir l'ampleur des dégâts avant de décider précisément ce que vous ferez ?

5:13
Maud Bregeon

On continue à discuter avec eux sur ce qui est le plus pertinent. Et ça dépend des régions, ça dépend des territoires, ça dépend des secteurs, ça dépend des filières. Mais bien sûr, il y aura des aides aussi financières. D'ailleurs, quand je vous annonce une aide sur l'achat de GNR de 15 centimes par litre...

5:29
Présentateur

C'est le gazole non routier.

5:30
Maud Bregeon

C'est une aide financière. Et il y en aura d'autres parce qu'encore une fois, ils traversent une situation qui est exceptionnelle. Derrière l'agriculture, encore une fois, c'est des femmes et des hommes qui travaillent. Ce sont des salaires. Et puis, c'est la capacité, je voudrais juste terminer là-dessus, c'est la capacité de la France à se nourrir. On ne peut pas parler de souveraineté et laisser tomber ceux qui nous nourrissent.

5:48
Présentateur

Et donc, la semaine prochaine, des annonces pour les agriculteurs, vous avez un timing ?

5:52
Invité

Dans les jours à venir.

5:53
Présentateur

Ok.

5:53
Invité

Le mot régent, pardon, vous voulez aussi renouveler le chèque énergie ? Voilà, c'était ce dont je voulais parler aussi, donc allez-y, Agathe. Le chèque énergie, jusqu'à 277 euros par an pour 4 millions de Français, donc pour les aider à régler leurs factures, financer certains travaux de rénovation. On va parler tout à l'heure du budget, mais concrètement, si le budget 2027 n'est pas voté, ces ménages modestes, ils n'auront pas droit au chèque énergie ?

6:19
Maud Bregeon

Si le projet de loi de finances n'est pas voté, si le projet de loi de finances est rejeté, les 4,2 millions de Français qui touchent automatiquement cette aide au paiement des factures entre, effectivement, 170 et 270 euros en avril, ne le toucheront pas en 2027.

6:37
Présentateur

Vous n'avez aucun moyen de contourner le budget pour le prolonger.

6:40
Maud Bregeon

C'est un dispositif, on a besoin d'une disposition budgétaire pour pouvoir, encore une fois, le verser, et c'est un dispositif qui, là encore, touche les Français, les plus modestes, touche des Français qui sont très précaires. Qu'est-ce qu'on dit aux oppositions ? Soyez responsables. Qui en ont besoin dans un moment où le carburant a augmenté, dans un moment où le gaz a augmenté. Et je crois qu'encore une fois, on discutera du budget après. Mais quand on parle d'aider les agriculteurs, quand on parle d'aider les Français qui travaillent, et qui ont du mal à boucler les fins de mois, qui ont du mal à payer leurs factures, on ne peut pas rejeter le budget en novembre ou en décembre.

7:13
Invité

Vous lancez un appel à la responsabilité, vous dites que vous aurez les difficultés de ces Français sur la conscience.

7:19
Maud Bregeon

Je lance un appel à la responsabilité, je lance un appel à la cohérence. Parce que je vois beaucoup de parlementaires défiler dans les manifestations aux côtés des agriculteurs, par exemple, réclamer au gouvernement davantage d'aide pour le secteur de l'énergie, par exemple. C'est même qui, demain, menace de censurer le budget. Ce n'est pas cohérent. Si on veut aider les agriculteurs, si on veut être aux côtés des Français qui travaillent, si on veut que ces aides en matière d'énergie soient versées, nous avons besoin d'un budget. Sans ça, on laissera les agriculteurs et un certain nombre de Français de secteur d'activité sur le carreau.

7:51
Présentateur

Vous dites cela, Maude Bréjean, vous dites aussi que ce sera 15 milliards d'euros en moins dans les caisses. Alors, c'est l'hypothèse la plus alarmiste. On l'entendait ce matin dans Le vrai ou faux sur France Info. Si le budget n'est pas reconduit pour l'ensemble de l'année.

8:05
Maud Bregeon

Alors, ce n'est pas Maude Bréjean qui dit ça. C'est un rapport de l'IGF qui a été publié sur l'élection générale des jours.

8:10
Présentateur

Oui, c'est l'hypothèse la plus alarmiste. Mais est-ce que, justement, les discours alarmistes fonctionnent ? On se souvient d'Elisabeth Borne, première ministre, en 2024, qui disait « Attention, s'il n'y a pas de budget, vous n'aurez plus de carte vitale ». Bon, ce n'était pas du tout le cas.

8:24
Maud Bregeon

Vous appelez ça un discours alarmiste. Moi, j'appelle ça un discours de vérité. On est face à une situation internationale extrêmement compliquée. On sait ce qui se passe au Moyen-Orient. On voit ce qui se passe sur l'évolution des taux, qui a des conséquences directes sur... La France emprunte de plus en plus chère. La France emprunte de plus en plus chère. Ça a des conséquences directes sur la dette, sur le déficit. On a une situation intérieure, qui est difficile, les feux de forêt qu'on a vécu cet été, une situation politique qui reste évidemment très incertaine.

Et effectivement, l'IGF qui nous rappelle que l'absence du budget coûtera 15 milliards d'euros et pourrait nous amener à un déficit record de 5,9% l'année prochaine. Qu'est-ce qu'il y a derrière ces chiffres ? Derrière ces chiffres, il y a notre capacité à investir, à investir dans l'école, à préserver notre modèle de santé, à investir pour l'écologie, à être aux côtés de nos agriculteurs. Mais pour cela, il faudra faire des choix, il faudra accepter de discuter. Moi, je comprends qu'on puisse ne pas être d'accord.

9:24
Invité

Je ne suis pas d'accord. Pardon, Maude Bréjean, vos choix sont controversés. Il y a une piste, notamment. Le gouvernement envisage de mettre à contribution les retraités ou certains retraités. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus aujourd'hui ? Est-ce que vous pouvez nous dire que c'est inévitable ? Certains retraités à minima devront être mis à contribution dans ce budget ? Ce qui est inévitable, c'est un juste partage de l'effort.

9:48
Maud Bregeon

Ça veut dire oui. Quand on est dans une situation aussi difficile que la nôtre, on aura des efforts à faire. Mais il ne faut pas tourner autour du pot. Ça fait depuis un mois qu'on parle des retraités.

9:58
Invité

Est-ce que vous pouvez nous dire oui, ils devront contribuer ?

10:01
Maud Bregeon

Je vais vous dire deux choses. D'abord une ligne directrice et ensuite une méthode. Notre ligne directrice, c'est aucune augmentation d'impôts pour les Français. Notre méthode, c'est la discussion, la consultation avec l'ensemble des forces politiques qui sont prêtes à un compromis. Quand est-ce que vous allez les recevoir, les forces politiques ? Je crois que ce débat, qui consiste à savoir qui doit contribuer, certains vous diront les Français les plus aisés, d'autres vous diront les entreprises. La question des retraités et des retraités, encore une fois, qui ont le plus de patrimoine ou qui touchent des pensions de retraite plus importantes, se posera.

Et pourquoi je ne vous réponds pas ? Je ne vous réponds pas tout simplement parce que ce n'est pas tranché. Et parce que, pardonnez-moi, le gouvernement seul, qui, ça ne vous aura pas échappé, n'a pas de majorité, ne pourra pas seul trancher cette question. Donc c'est une discussion. Vous recevez quand les forces politiques ?

10:54
Invité

Quand est-ce que vous aurez cette discussion avec les oppositions ?

10:56
Maud Bregeon

Dans les jours et les semaines à venir. Je laisserai Matignon, encore une fois, communiquer sur les dates précises. Mais enfin, le débat budgétaire commence début septembre à l'Assemblée nationale et au Sénat. Et donc, vous voyez bien qu'on est le 3 septembre.

11:08
Présentateur

Donc ça va aller vite et vous dites que c'est une piste qui sera mise sur la table de désindexer, c'est-à-dire de faire en sorte que les pensions de retraite des retraités les plus aisés augmentent moins vite que l'inflation.

11:18
Maud Bregeon

C'est un débat qu'il faudra avoir et je crois que c'est un débat qu'il faudra avoir sans pointer du doigt les uns ou les autres. Moi, je ne serai jamais de ceux qui disent que les retraités sont des nantis et qu'ils doivent, davantage que d'autres, être mis à contribution. J'estime, en revanche, que dans un moment où beaucoup de Français font déjà des efforts dans leur quotidien parce que le coût de la vie est élevé, parce que les fins de mois sont difficiles, se poser la question de quelle est la juste répartition de l'effort entre ceux qui gagnent davantage, entre les entreprises qui peuvent peut-être contribuer comme elles l'ont fait l'année dernière, c'est une question qui est légitime.

11:57
Invité

Vous pointez du doigt personne, c'est ce que vous dites, mais en tout cas, vous ciblez quand même les retraités et ceux qui posent des arrêts maladie. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, dit qu'il veut réformer en profondeur les arrêts maladie parce qu'il y a trop d'abus. Vous avez des preuves qu'il y a des fraudes et est-ce que ce n'est pas cibler des Français qui parfois sont malades et ont besoin de s'arrêter de travailler ? Il y a les deux.

12:17
Maud Bregeon

Je vous renvoie vers le dernier rapport de la CNAM qui montrait l'évolution tendancielle très importante du nombre d'arrêts maladie et du nombre de jours indemnisés depuis 2019. Ça ne signifie pas qu'il faut arrêter du jour au lendemain la possibilité de poser un arrêt maladie, encore une fois.

12:36
Présentateur

Mais la question d'Agathe, c'est aussi de savoir s'il y a des preuves des fraudes. Est-ce que vous avez des preuves que dans cette augmentation des arrêts maladie, il y a une majorité de fraudes ?

12:44
Maud Bregeon

Il y a une hausse des arrêts maladie qui ne s'explique pas uniquement par des données chiffrées, scientifiques et tendancielles. Et ça, ce n'est pas moi qui le dis. Encore une fois, je vous renvoie vers le rapport de la CNAM qui a été publié il y a un an et demi qui dit que les questions statistiques, notamment l'évolution de l'âge, le vieillissement de la population, ne suffisent pas à elles seules à expliquer ces hausses d'arrêt maladie. Et donc, on a pris un certain nombre de décisions, notamment le fait de mieux encadrer la durée de ces arrêts maladie. Un mois pour le premier, deux mois pour le second et ceux qui suivent.

Et ensuite, c'est un débat qu'on aura dans le cadre du projet de loi de finances de la sécurité sociale, qui est un débat qui est légitime. Je vous donne juste un chiffre. C'est 17 milliards d'euros, les arrêts maladie en 2025. Le budget de la justice, c'est un peu plus de 10 milliards pour remettre les choses en perspective. Vous dites qu'il y a de l'argent à trouver.

13:34
Présentateur

Il y aura un débat sur les arrêts maladie, il y aura un débat sur les retraites et sur bien d'autres choses. On continue d'en parler. Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé de l'énergie également.

13:47
Invité

Avec Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement, ministre délégué à l'énergie. Vous disiez, c'est important de voter un budget. La question, c'est avec qui ? Car même dans votre camp, on n'a pas l'air très satisfait des premières pistes. Gabriel Attal, qui est le patron de Renaissance, votre parti qui est censé soutenir le gouvernement, explique par exemple qu'il refuse la tournure qui est en train de prendre le débat, que les retraités seraient des égoïstes qui veulent tout garder, que les jeunes seraient des fumistes qui ne veulent pas bosser. Quant à LFI, au Parti Socialiste, ils disent déjà qu'ils vont censurer. Maude Bréjon, quelle est votre planche de salut ?

Est-ce que vous misez sur le Rassemblement National pour faire passer ce budget ?

14:24
Maud Bregeon

D'abord, on mise sur les parlementaires qui soutiennent le gouvernement, les parlementaires de la droite et du centre.

14:30
Présentateur

Ils ne sont pas assez nombreux, ça vous le savez.

14:32
Maud Bregeon

Et ils ne sont pas assez nombreux. Ensuite, on tendra la main, nous, et on discutera avec tous les députés, tous les élus de la République qui acceptent d'être dans une démarche de compromis. Jusqu'à présent, le Rassemblement National et la France Insoumise, pour ne citer qu'eux, c'est aussi le cas des écologistes et d'une partie des communistes, n'ont jamais été dans cette démarche-là. Le Rassemblement National nous a censurés ou a tenté de nous censurer à plusieurs reprises. La France Insoumise aussi. Néanmoins, aujourd'hui, ce ne sont pas les plus vocaux.

15:04
Invité

Par ailleurs, Marine Le Pen est assez haut dans les sondages et elle envisage certainement de gouverner le pays. Est-ce que vous lui dites que ce serait contre-productif pour vous d'arriver à la tête d'un État encore plus plombé par l'absence de budget ?

15:17
Maud Bregeon

Moi, je dis à tous les partis politiques, quels qu'ils soient, et sans les trier, parce que ce n'est pas au gouvernement de trier les élus de la République, ce n'est dans l'intérêt de personne de priver la France d'un budget pour l'année 2027. Ce n'est pas dans l'intérêt des Français, ce n'est pas dans l'intérêt politique et ce n'est pas dans l'intérêt des candidats à la présidentielle qui prétendent sérieusement appliquer leur programme. Donc, il y aura un grand moment de vérité. Il y a les discours des uns et des autres, il y a les postures des uns et des autres. Dans quelques semaines, on sera dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

On verra qui vote quoi et on verra qui se met réellement dans une position de permettre à la France d'avancer pour quelques mois, je le précise, parce que notre objectif n'est pas d'imposer un budget pour une année entière. Il y aura une élection présidentielle, il y aura une élection présidentielle. On est tous, encore une fois, démocrates. C'est pour 3, 4, 5, 6 mois ce budget. L'objectif, c'est d'avoir un budget de sauvegarde qui permette aux pays de tourner, qui ne nous envoie pas dans le ravin, qui ne fasse pas exploser le déficit. Et ensuite, le prochain président, la prochaine présidente, aura toute légitimité de proposer au Parlement des modifications budgétaires.

16:29
Présentateur

Sauf que le débat est perturbé, évidemment, par la campagne présidentielle. Difficile dans ce contexte d'avoir un débat budgétaire serein. Vous, vous soutenez, Maude Bréjon, Edouard Philippe. Il pensait, vous pensiez, qu'il s'imposerait comme le candidat naturel de la droite et du centre. Candidat naturel, c'était ses mots. Il n'y arrive pas. Pourquoi ?

16:47
Maud Bregeon

Moi, je pense qu'Edouard Philippe, aujourd'hui, contrairement à ce que vous dites, s'impose comme le candidat naturel de la droite et du centre parce qu'il est le seul, au sein de notre espace politique, à pouvoir se qualifier au second tour, à éviter un second tour rassemblement national, la France insoumise, et à être en capacité de rassembler largement les Français. Pourquoi Gabriel Attal dit qu'il n'y a pas de favoris ? Gabriel Attal répète qu'il n'y a pas de favoris. Je vous laisserai lui demander. Ensuite, il y aura une campagne. Moi, je vois les études d'opinion qui se succèdent, qui montrent qu'encore une fois, Edouard Philippe est le seul à pouvoir se qualifier au second tour.

Et puis, j'entends des Français autour de moi, dans ma circonscription, des amis, les gens qu'on a tous pu rencontrer cet été, qui d'abord sont extrêmement inquiets, inquiets par la situation internationale, inquiets par la situation nationale, inquiets de ce spectre d'un second tour entre Mme Le Pen et M. Mélenchon, qui serait évidemment cauchemardesque pour le pays. Face à ça...

17:41
Invité

Pour l'instant, personne n'est en capacité de battre Marine Le Pen dans les sondages, même au second tour d'aussi.

17:46
Maud Bregeon

Pardonnez-moi, face à ça, je dis une chose simple. Edouard Philippe, de par son expérience et sa capacité à rassembler, parce qu'il porte une vision claire, parce qu'il a aussi, je crois, une capacité d'apaisement de la société française, peut nous éviter, encore une fois, cette situation cauchemardesque. Et puis, il y a une responsabilité collective de tous les responsables, de la droite, du centre, de tous ceux qui se reconnaissent dans ce projet, dans ces valeurs, c'est se rassembler, parce qu'on est à un moment qui est absolument charnière,

18:18
Invité

absolument charnière, et l'histoire jugera durement

18:22
Maud Bregeon

ceux qui refuseront le rassemblement.

18:24
Invité

On voit que vous visez notamment Gabriel Attal, on l'écoute. Pour lui, Edouard Philippe, ce sont les idées d'il y a 20 ans, et il assume cette phrase sur France 2.

18:33
Présentateur

On n'a pas le même projet. On n'a pas le même projet sur le fond. On parlait tout à l'heure de la question des retraites. Moi, je considère que si le débat sur les retraites dans l'élection présidentielle de 2027 se résume au fait de savoir s'il faut passer l'âge de départ à 64, 65, 66 ou 67 ans, on aura tout perdu, parce que ça, c'est le débat d'il y a 20 ans. Moi, je considère que l'enjeu de cette élection, ce n'est pas de recréer l'UMP d'il y a 20 ans.

18:56
Invité

Voilà, Edouard Philippe, c'est le passé de Gabriel Attal. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Et est-ce que vous lui dites, attention, Gabriel, à ce que tu dis, ça peut laisser des traces ?

19:04
Maud Bregeon

Vous savez, moi, il y a 20 ans, j'avais 15 ans, et je n'étais certainement pas à l'UMP. Une fois qu'on s'est dit ça, je crois que derrière les discours de plateau de télévisée, il y a aujourd'hui trois projets, celui de Gabriel Attal, celui d'Edouard Philippe, celui de Bruno Rotaillot, pour ne citer que ses personnalités, qui sont trois projets en réalité avec beaucoup de convergence. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des nuances, ça ne veut pas dire que les uns et les autres arrivent avec la même histoire. Vous entendez ce qu'il dit, Edouard Philippe ? C'est le passé, parler de la retraite à 64, 65, 67 ans, c'est le passé.

Il y a des formules de communication qui sont ensuite reprises dans les matinales radio. Sur le fond, on gouverne ensemble, depuis près de dix ans, avec le président de la République. Bruno Rotaillot a été mon collègue au gouvernement. Il a été ministre de François Bayrou, François Bayrou qui lui-même a été un des grands soutiens, et toujours un des grands soutiens historiques du président de la République.

Et aujourd'hui, au sein du gouvernement de Sébastien Lecornu, je suis assise à la table du Conseil des ministres avec des collègues venant de LR, des collègues venant d'Horizon, des collègues qui, comme moi, viennent de Renaissance et sont aux côtés d'Emmanuel Macron depuis le premier jour. Et on partage l'essentiel de ce qu'on porte pour le pays. On est plutôt libéraux. Sur les sujets économiques, on est d'accord. On est en phase pour aller plus loin sur le régalien, pour être plus ferme sur le régalien. On défend le nucléaire.

20:26
Présentateur

Mais il y a un mais.

20:27
Maud Bregeon

On peut trouver des nuances. On peut toujours trouver des nuances. Parce qu'on n'est pas des clones, bien sûr. Donc on peut trouver des nuances. Mais ce qui nous rassemble est éminemment plus fort aujourd'hui que ce qui nous divise au regard notamment de ce que risque le pays.

20:44
Présentateur

Justement, le même, c'est que vous n'arrivez pas à vous rassembler. Comment vous rassemblez ?

20:48
Maud Bregeon

Que valent ces nuances quand, face à ça, il y a un risque du second tour ? On entend votre discours.

20:55
Présentateur

Très bien, mais pour l'instant, vous n'arrivez pas à vous rassembler ni même à déterminer comment procéder à ce rassemblement. Gérard Larcher, président du Sénat, figure de la droite et du centre, ce matin dans Le Parisien, dit « Je sens que les choses bougent pour une primaire ». Gabriel Attal lui-même n'exclut pas une primaire de la droite et du centre, sauf qu'Édouard Philippe n'en veut pas. Alors, il a peur d'y aller ?

21:16
Maud Bregeon

Vous savez, moi, le rassemblement, je l'ai prôné, et je continue à le prôner depuis des mois maintenant. J'ai travaillé à la mise en place d'une tribune, avec des collègues parlementaires. On était une centaine à demander à ces candidats de s'entendre. J'entends les uns et les autres dire aujourd'hui « Pourquoi pas une primaire ? » alors qu'il l'a refusé hier, mais sans jamais s'engager à soutenir le gagnant, quel qu'il soit. Vous prenez David Lissnard, par exemple. Est-ce que David Lissnard s'engage à soutenir Gabriel Attal ou Édouard Philippe en cas de participation à une primaire commune ? Pas exactement. Donc, il y a un peu d'hypocrisie. Mais donc, vous dites quoi ?

C'est hypocrite et c'est trop tard pour une primaire ? Dans ces déclarations, ce que je dis, je dis une chose simple. Ce que dit Gérard Larcher, d'ailleurs, dans les colonnes du Parisien ce matin, la droite et le centre doivent impérativement, impérativement se rassembler. Et dans les semaines ou dans les mois à venir, en tout cas, le temps de ce rassemblement viendra. Et moi, je fais confiance, encore une fois, aux responsables de cet espace politique.

On parle de Bruno Rotaillot et de Gabriel Attal, mais je pourrais aussi vous parler de Gérard Larcher, je pourrais vous parler de Yael Brunpivet, pour ne citer que ces deux figures qui, je n'en doute pas une seconde, feront preuve de grande responsabilité pour le pays.

22:28
Présentateur

On vous a entendu, Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé de l'énergie. On vous a entendu sur ce rassemblement que vous appelez de vos voeux de la droite et du centre. On a entendu surtout vos deux annonces ce matin dans le 8.30 France Info concernant les prix des carburants, reconduction du dispositif pour les gros rouleurs, avec ce guichet qui est disponible en ligne, et reconduction des aides sur le gazole non routier pour les agriculteurs, les pêcheurs ou le BTP. Merci de nous avoir annoncé cela ce matin sur France Info. Merci à vous, Agathe Lambret. Et je vous dis à lundi prochain, Agathe, pour le 8.30.