Malgré la sècheresse historique, le muscadet sera "de très bonne qualité" selon l'asso des jeunes vignerons nantais
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Questions et réponses
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Comment s'annonce ce cru un peu particulier quand même
- 0:35OuverteRéponse directe
Et en quantité
- 0:55OuverteRéponse directe
Ça vous a stressé
- 1:31OuverteRéponse directe
Ça veut dire qu'il va falloir que vous vous réorganisiez
- 1:51OuverteRéponse directe
Avec une inquiétude pour trouver des saisonniers
- 2:01OuverteRéponse directe
Cet été, vous avez eu des dégâts, vous, sur vos vins ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueFait
« Ça sera de la très très bonne qualité. »
- 0:44Invité politiqueFait
« Les jeunes vignes ont fait des très faibles rendements avec des degrés plus élevés. »
- 1:22Invité politiqueFait
« Chez nous, on a commencé le 12 août. »
- 2:12Invité politiqueFait
« Arrachées, non, mais vendangeées en verre, oui, on a coupé les raisins au mois de juillet pour beaucoup de parcelles, notamment des très jeunes. »
- 3:10Invité politiqueFait
« Il faut renouveler les vignes à peu près tous les 35-40 ans. »
- 4:53Invité politiqueChiffre
« Des rendements à 10 hecto-hectares, on a quelques collègues qui ont récolté à 14 degrés, 14-15 degrés. »
- 5:14Invité politiqueFait
« Si on veut ramasser du doux, on ramassera du doux. »
Temps de parole
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À
éviter en moins le cœur, votre invité Nicolas Creusel, c'est Florent Gauthier, le trésorier de l'association des jeunes vignerons de Nanté. Bonjour à vous Florent Gauthier.
Bonjour
Nicolas. Vous êtes aussi vigneron à Saint-Hilaire-de-Clisson, on va le préciser. Les vendanges sont terminées chez vous comme partout ailleurs sur le vignoble de Nanté. C'est l'heure du bilan après cet été de sécheresse et de canicule. Comment s'annonce ce cru un peu particulier quand même
?
Particulier, oui, complètement. Non, ça s'annonce très bien, les vignifications sont quasiment terminées pour tous les vins aujourd'hui. Ça sera de la très très bonne qualité.
Et en quantité
?
Parce qu'il y avait cette inquiétude quand même.
C
'est
assez
disparate parce qu'on a vu des gros écarts entre les jeunes vignes et les vieilles vignes. Les
jeunes vignes ont
fait des très faibles rendements avec des degrés plus élevés.
Les
vieilles vignes qui sont enracinées plus crues,
elles
n'ont pas trop trop souffert de la sécheresse.
Beaucoup
moins que les jeunes vignes.
Beaucoup moins que les jeunes vignes. Les vendanges ont eu trois semaines d'avance à peu près dans le vignoble nantais. C'est du jamais vu. Ça vous a stressé
?
Oui, parce que tout le monde était plus ou moins en vacances. Donc quand on a eu les échos des premiers qu'on fait des prélèvements en disant qu'il y avait tant de s'y mettre les gars, on est partis en vacances. Donc il faut revenir, il faut se précipiter à se préparer. On n'a pas eu le temps vraiment de se préparer aussi bien qu'on aurait voulu. Et il fallait y aller, il fallait y aller. Chez nous, on a commencé le 12 août. Beaucoup ont commencé cette semaine-là, l'autre d'après, voire l'autre d'après. Et certains millésimes, on commence plutôt vers le 20 septembre.
Oui, donc on voit ce décalage qui risque de se répéter. Ça veut dire qu'il va falloir que vous vous réorganisiez, un peu comme l'ont connu ces 20 dernières années, ces 30 dernières années, les vins du sud de la France.
C
'est ça, c'est ça. Il va falloir qu'on anticipe un peu plus et faire des marrages de saison de vendange beaucoup plus tôt que
prévu.
Avec une inquiétude pour trouver des saisonniers
?
Forcément, parce que c'est les périodes de vacances scolaires, donc tous ceux qui vont manger à la main ont plus de facilité aussi
à
trouver de la main-d'oeuvre locale.
Cet été, vous avez eu des dégâts, vous, sur vos vins ? Parce que vous nous dites qu'il y a évidemment une récolte qui est plutôt prometteuse, mais il y a des vins qui ont dû être arrachées parce que cramées
?
Arrachées, non, mais vendangeées en verre, oui, on a coupé les raisins au mois de juillet
pour
beaucoup de parcelles, notamment des très jeunes. Donc ça veut dire enlever toute la récolte qu'on aurait pu ramasser au mois d'août pour sauver justement les cèpes d'oeil.
Pour sauver les cèpes,
d'accord, et espérer que ça reparte l'année prochaine. C
'est ça, sauf que là, on ne le saura qu'au printemps. Ah
oui,
vous allez l'aller.
Pour l'instant, c'est des cèpes nus qui
n
'ont plus de feuilles et on ne peut pas savoir si vraiment ils vont redémarrer ou s'ils ont subi trop de dégâts du ALS et chasse.
Comment vous abordez, vous, ce qui est en train vraiment de se déployer sous nos yeux, ce changement climatique avec vos collègues, certains vignerons ? Vous envisagez déjà d'autres manières de cultiver la vigne
? Alors
d'autres manières, oui, mais c'est du travail à long terme, très long terme, parce que la vigne, c'est une plante pérenne. Donc quand on l'installe, on l'installe pour, normalement, les anciens nous disaient, pour une génération. Sauf que nous, aujourd'hui, on voit que c'est un petit peu moins le cas.
Il faut
renouveler les vignes à peu près tous les 35-40 ans. Et on réfléchit déjà à des porte-greffes qui résistent justement aux excès d'eau ou à la sécheresse.
Alors qu'on comprenne bien, le porte-greffe,
c
'est ce qui est en lien directement avec le sol. C'est ce sur quoi pousse le cépage, c'est ça ?
Exactement.
Donc ça veut dire que c'est cette partie-là qui prend l'eau dans le sol ou qui ne la prend pas s'il n'y
en
a pas
? C
'est ça, exactement. Et
comment
ça fonctionne aujourd
'hui ?
Aujourd'hui, on avait des porte-greffes historiques dans le Muscadèque,
qui
était le 3309. Aujourd'hui, on va partir sur d'autres porte-greffes qui sont justement un peu moins sensibles aux stress idées.
Est-ce que vous réfléchissez aussi à la hauteur des vignes, à l'espacement des vignes, peut-être pour aligner un peu le vignoble sur ce qu'on voit dans le sud de la France ? Je regardais, on évoque jusqu'à 3,5 degrés de plus en 2100, et un climat qui serait proche ici de celui qu'on a actuellement par exemple dans l'Hérault.
Oui, donc là, il faudra qu'on anticipe aussi là-dessus. Après, la densité, ce n
'est
pas forcément ça qui fait que ça souffre plus ou moins.
Il
y a plus d'ombrage quand on est en vigne étroite, palissée. On va avoir des pratiques différentes aussi, culturelles. On va éviter des feuillets, on va laisser un peu plus de végétation, plus de masse de feuilles, justement aussi pour protéger les coups de soleil
sur
les rêves.
Et
la question du degré d'alcool, il se pose aussi ? Parce que là encore, dans le sud, on voit bien que les vins, les rouges notamment, ils grimpent désormais à 15 degrés, 16 degrés, avec des techniques pour faire baisser ce degré d'alcool qui fait fuir les consommateurs.
C'est ça. Nous, l'avantage qu'on a, c'est que le muscadet prend moins de degrés que d'autres cépages. Cette année, on a battu quelques records de degrés sur des jeunes vignes, où il y avait très très peu de rendements. Des rendements à 10 hecto-hectares, on a quelques collègues qui ont récolté à 14 degrés, 14-15 degrés. Ça commence
à faire beaucoup
pour du muscadet. Ça
commence
à
faire beaucoup pour du muscadet, mais l'avantage,
c
'est que les vignes ont su combler cet excès de degrés sur certaines parcelles. Donc là, après nous, on déclenche la vendange en fonction du degré de règle.
Si
on veut ramasser du doux, on ramassera du doux. Mais il faut être prêt, c'est surtout ça.
Il faut être prêt à dégainer, même si c'est le 15 août, on a bien compris. Merci beaucoup, Florent Gauthier, trésorier de l'Association des jeunes vignerons nantais, viticulteur à Saint-Hilaire-de-Clisson, d'être venu nous parler de votre très beau métier, qui fait que nous, quelques mois après les vendanges, on déguste vos crus avec grand plaisir. Bon courage à toute la profession. A bientôt, bonne journée. Merci beaucoup, au revoir. Sous-titrage
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