Le RN souhaite la proportionnelle à l'Assemblée nationale ! - Laurent Jacobelli (France Info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteÉludée
Bonjour Laurent Jacobelli. [...] C'est une véritable lune de miel entre les deux ?
- 0:56FerméeRéponse partielle
Il a mis sur la table la proportionnelle. [...] une manière d'acheter la paix sociale avec vous ?
- 1:27RelanceRéponse directe
Mais il n'y a pas un risque avec la proportionnelle [...] sans majorité claire ?
- 2:00FerméeÉludée
Michel Barnier était très attendu [...] est-ce que ça, ce n'est pas une ligne rouge ?
- 3:04FerméeRéponse directe
La revalorisation des retraites est repoussée de 6 mois. [...] ligne rouge pour vous ?
- 3:49OuverteRéponse partielle
Vous dites patouche, mais [...] priviligier le travail ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:06Invité politiqueChiffre
« Pourquoi ? Parce qu'on se rend compte qu'aujourd'hui, il y a 11 millions de Français qui se sont exprimés, notamment pour le Rassemblement national, mais que la représentation à l'Assemblée nationale n'est pas proportionnelle à ça. »
- 1:36Invité politiqueFait
« Marine Le Pen a été très claire. Elle voudrait une proportionnelle à un tour avec un bonus pour le parti arrivé en tête pour lui donner la majorité. »
- 3:33Invité politiqueChiffre
« 3 200 milliards de dettes, ça veut dire qu'on a été dirigé par des incapables. »
- 4:03Invité politiqueChiffre
« Moi, je pourrais vous dire qu'il y a aujourd'hui 2 millions, vous m'entendez bien, 2 millions de retraités qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. »
- 4:17Invité politiqueFait
« Les profiteurs du haut, c'est effectivement des entreprises qui, par des mécanismes fiscaux, échappent à l'impôt. »
- 4:23Invité politiqueFait
« Ce sont ceux qui font la fraude à la CAF, aux aides sociales, au chômage. »
- 8:50PrésentateurChiffre
« 293 000 euros pour eux, c'est près de 8 millions pour vous. »
Temps de parole
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Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Je le disais à l'instant, mardi après la déclaration politique générale de Michel Barnier, Marine Le Pen a été étonnamment bienveillante. Elle a notamment salué le sens de la courtoisie du Premier ministre. C'est une véritable lune de miel entre les deux ?
Non, je ne dirais pas ça. Je vous rappelle que nous sommes dans l'opposition, une opposition intelligente et vigilante. Non,
ce
n
'est
pas du tout une lune de miel, mais c'est vrai que ça nous change. Ça nous change de Gabriel Attal, ça nous change de l'ensemble des premiers ministres d'Emmanuel Macron, qui n'avait finalement que la diatribe à la bouche quand il parlait des oppositions, qui refusait parfois même de travailler avec nous, de nous intégrer dans des réflexions pour améliorer le sort des Français. Le nouveau Premier ministre semble plus ouvert au dialogue et plus respectueux des oppositions. Vous me direz, c'est la moindre des choses. On est quand même le premier groupe à l'Assemblée nationale. Alors s'il ne nous respecte pas, il ne pourra rien faire.
Donc je ne sais pas si c'est de bon cœur ou parce qu'il sent qu'il n'a pas le choix, mais en tout cas, effectivement, il est de meilleure composition que ses prédécesseurs.
Il a mis sur la table la proportionnelle. Est-ce que c
'est
une manière d'acheter la paix sociale avec vous
?
Non, je crois que beaucoup de groupes veulent la proportionnelle des
groupes comme le
Modem, par exemple, à gauche aussi. Pourquoi ? Parce qu'on se rend compte qu'aujourd'hui, il y a 11 millions de Français qui se sont exprimés, notamment pour le Rassemblement national, mais que la représentation à l'Assemblée nationale n'est pas proportionnelle à ça. Ça veut dire qu'elle ne ressemble pas finalement au spectre politique des Français. Il est temps que les deux se rassemblent pour qu'enfin, enfin, il y ait une majorité qui ressemble à la majorité que veulent les Français.
Mais il n
'y
a pas un risque avec la proportionnelle finalement d'institutionnaliser cette Assemblée avec pas mal de groupes sans majorité claire ?
Non, parce que Marine Le Pen a été très claire. Elle voudrait une proportionnelle à un tour avec un bonus pour le parti arrivé en tête pour lui donner la majorité. Ce qui permettrait de laisser s'exprimer toutes les opinions, mais qui permettrait de donner une majorité à la France.
Je
vous rappelle qu'aujourd'hui, il n'y a pas de majorité, ce qui explique probablement l'attitude mi-figue, mi-raisin de M. Barnier qui navigue à la Gaudille, mais qui ne sait pas très bien où il va.
Michel Barnier était très très attendu forcément sur la dette. Il y aura une contribution exceptionnelle pour les Français les plus fortunés. Vous qui pourfendez toute hausse d'impôts, est-ce que ça, ce n
'est
pas une ligne rouge ?
On verra, parce que pour l'instant, on ne comprend pas où il va. À chaque fois qu'un ministre parle, on a l'impression qu'il dit l'inverse de ce que disait un de ses collègues deux heures avant. Ça veut dire quoi, augmenter les impôts des plus riches ? Quand est-on riche en France ? Je vous rappelle qu'à l'extrême-gauche, dès qu'on gagne un salaire, pratiquement, on est riche. Donc c'est quoi cette augmentation d'impôts ? Et puis il a parlé d'augmentation d'impôts aussi et de taxes pour les entreprises. Mais lesquelles ? Est-ce qu
'on va continuer ? Là, on a quand
même compris que c'était plutôt des multinationales, plutôt LVMH, plutôt Total, plutôt ce genre
d'entreprise. Excusez-moi, mais
ce n'était pas si clair.
En tout cas, les
très grandes entreprises qui font beaucoup de profits. Mais à
partir de quel moment est-on une très grande entreprise ? Il n
'a
pas dit quand elles font beaucoup de profits. Et si vous voulez, il a été tellement flou qu'aujourd'hui, on ne sait pas quoi penser. Et le pire est à craindre. Moi, ce qui m'inquiète, c'est que le lendemain de son allocution, il était devant les députés de la nation. Eh bien, le lendemain, on apprend par la presse et non pas de la voix du Premier ministre que la revalorisation des retraites, par exemple...
J'allais vous en
parler. La revalorisation des retraites est repoussée de 6 mois. Est-ce que là, pour le coup, c'est une ligne rouge pour vous ?
En tout cas, il va falloir qu'ils se reprennent, si je peux me permettre. Parce qu'on avait dit, et Marine Le Pen, Jordan Bardella ont été clairs, pas de touche au pouvoir d'achat des Français, pas de touche à la fiscalité qui concerne les classes moyennes. Eh bien, on va voir ce qui se passe. Mais pour l'instant, les indices qu'on a
ne
sont pas très bons. Effectivement, vous savez, la France a eu ce mal terrible depuis des décennies qu'à chaque fois sont les Français qui ont payé pour la mauvaise gestion de leurs dirigeants. 3 200 milliards de dettes, ça veut dire qu'on a été dirigé par des incapables. Et c'est pas aux Français de payer l'incompétence de M. Bruno Le Maire ou de ses confrères.
Vous
dites patouche, mais quand on s'attarde un petit peu sur les retraités, ils ont souvent de bien meilleurs revenus que les actifs. Est-ce qu'il n
'y a
pas une forme de justice sociale à privilégier le travail ?
Mais ils ont travaillé toute leur vie. Ils ont finalement la retraite.
Mais quand vous voyez qu'ils ont un meilleur
pouvoir
d'achat que ceux qui travaillent aujourd'hui... Et ça, c'est une
moyenne. Ramier au cas individuel, ça ne veut rien dire. Moi, je pourrais vous dire qu'il y a aujourd'hui 2 millions, vous m'entendez bien, 2 millions de retraités qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. C'est ça qui doit nous alarmer. Alors, ne nous en prenons pas aux retraités, ne nous en prenons pas aux Français qui travaillent. Il y a en France des profiteurs du haut et des profiteurs du bas. Les profiteurs du haut, c'est effectivement des entreprises qui, par des mécanismes fiscaux, échappent à l'impôt. Et les profiteurs du bas, c'est quoi ? Ce sont les migrants qui touchent les allocations sans travailler, sans avoir jamais cotisé.
Ce sont ceux qui font la fraude à la CAF, aux aides sociales, au chômage. Eh bien, allons chercher l
'armement là où il est, plutôt que dans les forces vives. Il y aura
aussi des économies faites sur la fraude fiscale et la fraude sociale.
Écoutez,
excusez-moi, mais il
n
'y a rien de précis dans ce qu'a dit M. le Premier ministre hier ou avant-hier. Il a été hier.
Non,
avant-hier.
Mardi, avant-hier. Le
temps passe vite. Il n
'y a
rien de précis. Si nous, on attendait une feuille de route,
on
attendait une stratégie, on attendait des mesures, on a eu des propos assez creux, finalement. Un Premier ministre qui essayait d'endormir l'Assemblée nationale, alors que la France a besoin d'être réveillée, de se mettre au travail. La France, elle a besoin d'investir. La France, elle a besoin de se protéger, de protéger nos concitoyens, de réimaginer le modèle social. Clairement, le Premier ministre n'était pas au rendez-vous.
Alors, vous dites qu'il n'était pas au rendez-vous. Vous dites que
c
'était des propos assez creux. En revanche, vous n'allez pas voter la motion de censure qui a été dépossée par la gauche. –
C'est-à-dire que nous, on censurera quand il y aura des mesures qui ne nous plairont pas. – Donc vous
laissez la chance au produit. –
Non, mais je crois que le Premier ministre a fait une stratégie d'évitement. Il a essayé d'éviter les balles, mardi. Voilà, donc il en a donné un peu à tout le monde. Il a été assez flou pour ne froisser personne, pour arriver jusqu'à l'étape du budget à peu près sain et sauf. Écoutez, on verra bien le budget. Le budget, c'est la traduction en chiffres d'une politique. Eh bien, on verra. Est-ce que le matraquage fiscal annoncé est réel ? Est-ce qu'effectivement, on va empêcher nos entreprises d'investir en les taxant encore plus ? Bref, est-ce qu'on va aller encore faire l'approche des Français qui travaillent pour essayer de rembourser des ministres incompétents ?
Si c'est ça, ce sera sans nous.
– Est-ce que vous laissez aussi du temps à Michel Barnier ? Parce que Marine Le Pen, elle-même, est prise par un autre agenda. En ce moment, son procès, celui des assistants parlementaires européens du FN, entre 2004 et 2016, a commencé. Elle va être extrêmement investie là-dedans ? Elle l'y sera à 100% ?
– Alors, je vais vous dire, cette affaire, elle date de 2015. Voilà, la première fois que M. Schultz, au Parlement européen, donc socialiste, nous avait attaqué pour donner le dossier à Mme Taubira, donc d'extrême-gauche, contre nous. –
Et vous dites quoi ? En disant ça, en
recontextualisant, vous dites quoi ? Que c
'est
un procès politique ? –
Non, à
l'origine, pas aujourd'hui. Aujourd'hui, les juges français se retrouvent avec un dossier et ils le mènent. Mais ça veut dire simplement que depuis 2015, si on avait attendu que ce procès se termine, d'abord on aurait attendu 10 ans sans rien faire, Henri Vaud ne nous aura pas échappé qu'on a progressé en disant qu'on a fait des propositions aux Français, qu'on a mouillé la chemise, qu'on a des élus. Et donc cela ne sera jamais pour nous l'occasion de renoncer à notre projet qui est d'aider et de protéger les Français. Donc ceux qui espèrent que ce procès nous mette à l'écart de la vie politique se trompent, qu'ils ne se réjouissent pas trop vite.
– Mais les magistrats pointent un système délibéré et concerté de détournement de fonds pour rémunérer en tant qu'assistant parlementaire des cas du parti qui effectivement n'ont jamais mis les pieds à Strasbourg. Dans l'ordonnance de renvoi, Marine Le Pen est présentée comme l'une des principales responsables de ce système. Elle risque gros ?
–
Mais elle se défendra et je crois que nous aurons l'occasion de montrer qu'un élu député, qu'il soit européen ou français d'abord, doit être un homme ou une femme libre, libre de travailler comme il l'entend, libre de gérer ses salariés comme il l'entend. Nous, on estime que nous ne sommes pas des fonctionnaires. Nos patrons, c'est le peuple, c'est pas l'État.
– Mais pas le Parlement européen. – Au Parlement européen. – Le Parlement,
il alloue une enveloppe à 21 000 euros, c'est pas pour un salarié ou un cadre d'un parti qui ne mettra jamais les pieds au parti. Un exemple, Catherine Griset, qui était l'assistante de Marine Le Pen à l'époque, son badge a parlé pour elle. 12 heures, elle a passé 12 heures au Parlement européen entre octobre 2014 et août 2015. En un an, 12 heures, c'est quand même assez
peu.
Donc clairement, elle travaillait pour le parti.
–
Je ne
vais
pas du tout vous tirer une conclusion impérative. Est-ce que vous savez que les parlementaires, notamment européens, peuvent avoir des collaborateurs, effectivement, à Bruxelles et Strasbourg, mais aussi des collaborateurs en circonscription, en tout cas sur le terrain, par exemple, et qui, eux, ne vont pas mettre les pieds ni à Bruxelles, ni à Strasbourg. Voilà, c'est comme ça. Donc,
on
va regarder les choses. Nous, on pense qu'un collaborateur de député européen, il fait de la politique avec son député, partout où son député en fait. Et évidemment, les élus du Front National hier et du Rassemblement National font de la politique, surtout que nous sommes dans l'opposition. Donc nous, on considère qu'un collaborateur de député n'est pas un fonctionnaire du Parlement européen, qu'il ne doit pas obéir au président du Parlement européen, mais à son député. C
'est ce qu'on va montrer, c'est ce qu'on va prouver.
– Le Modem a été confronté au même procès, sauf que les sommes n'étaient pas exactement les mêmes. 293 000 euros pour eux, c'est près de 8 millions pour vous. Sauf que François Bayrou, certes, a été relaxé, mais faute de preuve, 10 cadres du Modem ex-UDI ont été condamnés. Et il y
a
un appel qui est en cours. –
Mais nous verrons bien, je vous le dis, nous sommes sereins. Nous avons des arguments opposés à cela. Et surtout, je tiens quand même à le rappeler à vos téléspectateurs, pas un euro n'est arrivé dans la poche d'un des cadres du parti. Il n'y a pas eu d'enrichissement personnel. Simplement, c'est la fonction du poste de travail des collaborateurs qui est remise en cause. Nous, nous estimons qu'ils ont travaillé pour des députés qui étaient élus au Parlement européen et que donc ils ont travaillé pour le Parlement européen.
– 30 secondes, dans cette affaire, Marine Le Pen peut subir une peine d'inillégibilité allant jusqu'à 10 ans. Imaginons le calendrier judiciaire, elle est empêchée quelques mois avant la présidentielle. C'est possible, mathématiquement ?
–
C'est théoriquement possible. Mais enfin, dans quelle démocratie on verrait le leader de l'opposition, celle qui est annoncée comme la principale force d'alternance, se voir empêchée de participer aux élections ? C'est pas le Venezuela,
c'est la France. – C'est Jordan
Bardella qui reprendrait le flambeau ?
– Attendez, mais là on fait des hypothèses absolument folles. Je vais vous dire ce qui inquiète les Français. Le procès que les Français veulent voir mener, c'est le procès de l'immigration abusive, c'est le procès de la violence qui se répand dans les rues, le procès de l'incompétence économique de nos dirigeants. Ça,
c
'est les vrais procès qui comptent. C'est les procès que nous demandent de mener les Français et c'est ce que nous mènerons.
– Merci beaucoup Laurent Jacobelli, bonne journée à vous.
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Société Radio-Canada
Laurent Jacobelli