Allocution présidentielle, travail des Français, effort des assurances... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Retailleau
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Bonjour Bruno Rotaillot. Bonjour. Le Président de la République, Emmanuel Macron, doit s'exprimer ce soir à 20h02 précise à la télévision. Qu'est-ce que vous attendez de son allocution ?
Je n'attends certainement pas un long discours ou un discours grandiloquant. Ce que j'attends, c'est qu'il fixe le câble, c'est-à-dire qu'il donne une perspective, mais aussi une méthode, une perspective, parce qu'il va, on le sait très très bien, c'est un secret de Polychinelle, annoncer la prolongation du confinement. Évidemment, mais ce sera un traumatisme pour les Français, notamment les plus modestes. Il faut aussi qu'on puisse avoir une méthode pour s'en sortir.
Ça veut dire une sortie par classe d'âge, par secteur d'activité, par région peut-être ? C'est ce que vous attendez du Président ?
Non mais moi je ne sais pas, et je ne veux pas me substituer au Président de la République. Je lui demande un cap, parce que bien sûr que le confinement, il faut sans doute le poursuivre. Mais rappelez-vous, l'objectif du confinement, ça n'est pas d'arrêter la pandémie, c'est simplement de faire en sorte de désengorger les services des urgences et surtout de réanimation. Donc le confinement, c'est un enfermement, ça a un coût social, un coût aussi en termes de santé, parce que pendant ce temps-là, il y a des malades qui souffrent d'autres maladies qui ne se font que très mal soigner. Donc le coût social, il est énorme.
Donc sans doute faut-il un confinement, mais il ne faudrait pas que ce confinement ce soit le prétexte à l'absence de stratégie pour l'après, c'est-à-dire parce qu'on aurait une pénurie à gérer de masques, de surblouses, de tests. Voilà ce que je demande. Une perspective, quand est-ce qu'on doit avoir la sortie, parce que sinon les Français doivent apercevoir le bout du tunnel pour reprendre confiance, et comment on sort ?
Une question de Renaud Daly. Mais ce bout du tunnel, pour reprendre votre expression à l'instant, Bruno Retailleau, est-ce qu'il peut être lointain ? Vous dites que ce confinement, c'est aussi un enfernement, c'est un coût social fort. Est-ce qu'il peut encore durer plusieurs semaines, un mois supplémentaire, par exemple, au moins jusqu'à la mi-mai, voire jusqu'à la fin du mois de mai, dans votre esprit ?
Écoutez, ce que je ne souhaite pas, dans tous les cas, c'est que le confinement, ce soit, si j'ose dire, un pis-aller. Ce serait une stratégie, parce qu'on n'en aurait pas d'autre. Je pense que tous les pays qui ont réussi, notamment en Asie, à lutter efficacement contre la pandémie, ont fait, bien entendu, du confinement, mais pas seulement. Il y a une stratégie, et d'ailleurs l'OMS, au début du mois de mars, il y a une visite de médecins de l'OMS qui s'est rendue en Chine pour tirer les conséquences, les leçons de la lutte contre la pandémie. Qu'est-ce qu'ils ont dit ?
Ils ont dit qu'on pouvait parfaitement arrêter la course folle du virus, mais il faudrait la détection, ça c'est le dépistage massif, c'est aussi le traçage, et il fallait aussi la protection. Dans les mesures de protection, il y a le confinement, mais pas seulement, il y a la généralisation des masques.
Mais aujourd'hui, Bruno Rotaillot, l'OMS, met aussi en garde contre une levée du confinement trop rapide, qui aurait pour effet de susciter une seconde vague de l'épidémie. C'est bien ce que je dis, je pense que cette décision,
c'est bien ce que je dis. Bien entendu, je ne dis pas qu'il faut stopper aujourd'hui le déconfinement, et je le dis d'autant moins, c'est que je pense qu'il y a une pénurie de masques, de surblouses, de tests qui ne permettent pas aujourd'hui à la France d'opérer la même stratégie gagnante que d'autres pays ont opérées. Regardez l'Autriche, demain l'Autriche va commencer à sortir du déconfinement. Donc, quand on n'a pas le choix, on reste dans le déconfinement. Mais franchement, le traumatisme, il est énorme, et il pèse d'abord sur des malades, sur des Français fragiles, sur des Français modestes, parce que leur apportement fait quelques dizaines de mètres carrés, pas plus.
Voilà, et ils sont enfermés à plusieurs. Donc je dis, il faut qu'Emmanuel Macron dise très concrètement pendant combien de temps on a encore pour le confinement, mais comment peut-on espérer en sortir ? Parce qu'il faudra en sortir, on n'aura pas un vaccin avant 18 mois, sans doute.
Et comment est-ce qu'on en sort, justement, selon vous, Bruno Retailleau ? J'évoquais tout à l'heure les premières pistes qui ont été annoncées, dessinées par le gouvernement, un déconfinement par État, par classe d'âge, par région. Qu'est-ce qu'il faudrait, selon vous ?
Le problème de la progressivité, évidemment, puisque le virus, si j'ose dit, va circuler dans la société française, dans le monde, pendant encore des mois, tant qu'on n'aura pas un traitement efficace, tant qu'on n'aura pas un vaccin efficace. Ça veut dire qu'on doit pouvoir avoir une détection, une détection massive. Ça veut dire des tests massifs. Moi, je me suis battu pendant des semaines pour que les 75 laboratoires publics d'analyse, ce sont des laboratoires départementaux, puissent être agréés. Ils le sont, mais il y a encore un certain nombre d'étapes à franchir. Ils peuvent faire 80 000 tests sérologiques par jour.
Donc, la détection, ça voudra dire aussi, sans doute, des méthodes de repérage pour ceux qui croisent les contaminés, d'isolement aussi.
Donc, du tracking, il faut cette fameuse application mobile qui est en train d'être mise en place ?
Eh bien, moi, je pense qu'on n'a pas le droit de la refuser. Simplement, simplement, il y a des conditions, notamment en matière de liberté publique. J'ai écrit à Emmanuel Macron pour lui dire que, un, il y a des conditions d'efficacité, c'est-à-dire que cette méthode de suivi numérique et d'alerte numérique, elle est absolument inefficiente s'il n'y a pas suffisamment de masques et suffisamment de tests. Donc, il faut des masques, des tests,
cette application de tracking qui doit être donc obligatoire.
Non. Aujourd'hui, ce qui est étudié, c'est une application qui serait... Oui, c'est ce que vous, vous réclamez.
Il faudrait qu'elle soit obligatoire et non pas sur la base du volontariat.
Non, je ne le réclame pas. Je pense qu'il y a des conditions...
Bruno Retailleau, on vous a un tout petit peu perdu. Vous êtes revenu, je crois. Allez-y.
Je dis qu'il faut des conditions d'efficacité. Masque, test. Il faut des conditions de liberté, une application qui serait limitée sur la base du volontariat, avec un suivi, notamment, d'une autorité indépendante indépendante du gouvernement.
Justement, vous évoquez, Bruno Retailleau, le volontariat. Vous venez de le citer à l'instant sur cette application de tracking. On voit, notamment dans un sondage qui a été fait il y a quelques jours par l'IFOP pour la fondation Jean Jaurès, que moins d'un Français sur deux, précisément 46%, disent qu'ils seraient prêts à télécharger cette application. Donc, si moins d'un Français sur deux, justement, participe de ce volontariat, l'efficacité de cette application sera remise en cause. C'est bien la raison pour laquelle
j'ai écrit au Président de la République pour lui demander à partir de quel pourcentage de la population qui pourrait télécharger cette application, à partir de quel pourcentage elle deviendrait, justement, efficace.
Bruno Retailleau, vous restez avec nous, Président du groupe LR au CELA. On va parler des conséquences économiques de ce confinement qui risque de se prolonger encore plusieurs semaines. Dans un instant, d'abord, un coup d'œil sur le fil infoi, 8h40, Lauriane Delannoy.
Plus de 6800 malades du Covid-19 en réanimation à l'hôpital en France en ce moment. Ce nombre baisse lentement, mais pour un quatrième jour consécutif hier. Presque 14 400 décès liés au coronavirus en France depuis le début de l'épidémie. Ce soir, Emmanuel Macron doit faire de nouvelles annonces sur le confinement. On le sait déjà, il va durer. Dans l'opposition, le Président du groupe Les Républicains au Sénat demande un cap, une perspective. Quand est-ce qu'on va en sortir ? Et surtout, comment, nous dit Bruno Retailleau, sont invités en ce moment de France Info.
Le président délégué du MEDEF promet des discussions au cas par cas avec les syndicats sur l'allongement de la durée du temps de travail après ce confinement. L'organisation du patronat veut que les Français travaillent plus. Certains salariés, l'immense majorité, voudront sauver leur entreprise, affirme sur France Info Patrick Martin. Donald Trump, Vladimir Poutine ou encore le roi saoudien Salmane saluent l'accord sur le pétrole trouvé hier soir. Les principaux pays producteurs vont limiter leur production pour arrêter, essayer en tout cas, d'enrayer la chute des prix. France Info Et tout est plus clair.
Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR, majoritaire au Sénat, invité de France Info ce matin. Ce week-end, le président du MEDEF, Geoffroy Roux-de-Bézieux, a eu une phrase qui a fait beaucoup parler. Selon ce patron des patrons, il faut se poser la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique. Est-ce que vous pensez que c'est une bonne idée de travailler plus, de prévoir déjà qu'il faudra travailler plus, rendre des congés, rendre des RTT pour relancer la machine économique ? Bruno Retailleau.
Moi, je pense que la France, à l'issue de cette crise pandémique, de cette crise sanitaire, va être à la croisée des chemins. On voit le coût exorbitant en termes économiques, en termes d'emplois, qu'elle va avoir. C'est sans doute plus d'un million de chômeurs en plus à terme. Et dans le monde entier, vous aurez un partage entre les nations qui trouveront en elles-mêmes la ressource pour se redresser, un sursaut pour se tirer de cette épreuve et d'autres qui s'affaisseront. Moi, je pense, et je le dis aux Français, même si ça ne doit pas être populaire, que pour se relever, la France devra fournir une quantité de travail sans doute supérieure.
Je ne connais pas de grandes épreuves dont on sorte par la facilité. Et je pense que nous, les responsables publics, on ne doit pas avoir de discours émollient, un discours de démagogie. Il faut dire les choses. Regardez l'Allemagne. L'Allemagne s'en tire mieux. Regardez les infirmières, par exemple, dans les hôpitaux publics allemands. Elles sont payées 20% de plus que nos infirmières. Pourquoi ? Mais elles ne font pas 35 heures. Elles font 40 heures. Est-ce que les 35 heures ont rendu les Français plus riches ? Est-ce que la bureaucratie, l'étatisation de la société française nous a plus protégés ? Non. On n'a pas de masque. On n'a pas de surblouse. On n'a pas de test.
Sur le temps de travail, Bruno Retailleau, concrètement, vous dites aujourd'hui, donc aujourd'hui, en période de crise, on a 8 millions de salariés qui sont au chômage partiel. On a des millions de salariés qui s'inquiètent pour l'avenir de leur emploi. Vous leur dites, il faudra demain supprimer les 35 heures dans le secteur privé, allonger la durée du travail, le retour aux 39 heures, même dans la fonction publique, je crois que c'est dans le programme des Républicains, et supprimer donc des jours de congés et de RTT.
Je dis deux choses.
Est-ce que vous pensez que c'est juste dans le contexte actuel de dire aux salariés, ce sera à vous de payer le coût de cette crise ?
Non, mais on dit, votre question sous-entend que, en réalité, c'est l'État qui paye, donc c'est les autres, mais l'État, c'est nous. L'État, c'est nous. L'argent public, c'est l'argent des Français. Les amoncellements de déficit, de dettes d'aujourd'hui, qui sont nécessaires pour éviter que nos entreprises, nos emplois ne disparaissent définitivement, eh bien, c'est des impôts en plus pour demain. Voilà, on le sait très bien. Et je pense, moi, qu'il faut simplement dire aux Français, et moi je leur dis d'abord, qu'il va falloir récompenser celles et ceux qui sont en première ligne. Le gouvernement a fait une proposition avec une prime exceptionnelle.
Ça n'est pas suffisant, parce que seules les entreprises en bonne santé peuvent se permettre de donner une prime exceptionnelle.
Comment la pérenniser ? Comment la généraliser ?
La proposition que nous avons fait, que nous ferons au Sénat, c'est les heures supplémentaires totalement déchargées et totalement défiscalisées pour que, très concrètement, ceux qui sont au travail aujourd'hui, ceux et celles qui prennent des risques, puissent être gratifiés.
Donc, si on travaille plus à l'avenir, on gagnera plus également. C'est ce que vous réclamez, en tout cas.
En tout cas, la société française aura le choix entre la prospérité ou l'appauvrissement. Si, aujourd'hui, la richesse par habitant est de 13 à 14 % moindre par habitant français par rapport à un Allemand, à un Autrichien et à d'autres, c'est parce que la quantité de travail que l'on met sur la table, elle est inférieure. Je pense qu'on ne se tire des épreuves individuelles ou collectives que par un surcroît d'effort. Voilà, moi, ce que je veux dire. Si ça doit me rendre impopulaire, j'assume cette impopularité. Je pense que le rôle des responsables publics et du politique, c'est la vérité.
Il y a en tout cas un vrai clivage. C'est le retour du clivage gauche-droite, Bruno Retailleau, entre ce que vous dites et ce qu'estime Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste. Écoutez, il était hier sur France Info.
Quel cynisme de la part du MEDEF. Tous les poncifs du MEDEF depuis des décennies sont en train de revenir sur le mode « il va falloir travailler davantage, vous aurez moins de vacances, vous aurez moins de jours fériés, vous aurez plus d'heures à travailler et on perdra les 35 heures. » Et puis, par la même occasion, il faudra moins de cotisations sociales, donc moins de droits pour les salariés encore et puis il faudra moins d'impôts pour les sociétés. Bref, il voudrait faire payer la crise aux seuls salariés. Mais c'est incroyable.
Olivier Faure, donc hier sur France Info, Bruno Retailleau, vous voulez faire payer la crise aux simples salariés, dit Olivier Faure ?
Bien sûr que non. Bien sûr que non. Tout le monde doit s'y mettre. Tout le monde devra faire des efforts. Les entreprises, comme les salariés, l'État aussi, comme les Français. Ce que je veux dire simplement, c'est que moi, je propose que la France et que les Français reprennent en main leur destin. Vous vous souvenez qu'Emmanuel Macron avait voulu comme slogan pour le deuxième acte de son quinquennat reprendre le contrôle. Reprendre le contrôle. Eh bien, ou bien nous reprendrons ce contrôle et ça passera par des efforts ou bien non. Vous savez comment est-ce que je propose, moi, de payer les monceaux de déficit et de dette qui vont être justement faits pour lutter contre cette crise ?
Dites-nous. Je le propose par plus de croissance. C'est la croissance qui perd à la dette. Ce ne se décrète pas. Ce n'est pas les Français.
La croissance ne se décrète pas. Bruno Rotaillot, on voit qu'on a déjà une chute de 6% du PIB en France depuis le début de l'année avec l'impact de cette crise et cet impact-là, il est planétaire. D'ailleurs, il ne concerne pas que la France. Eh bien, si la croissance
ne se décrète pas, on sait par l'observation mais aussi parce que les économistes nous disent que la croissance, c'est la démographie, c'est la quantité de travail et la productivité. La productivité, elle est faible aujourd'hui mais il faudra sans doute faciliter les investissements mais surtout, c'est l'offre de travail, c'est-à-dire la quantité de travail qui crée la croissance potentielle. Vous n'en sortez pas. Dans aucun pays au monde, vous ne sortez de cette équation. Je dis aux Français, quel chemin voulons-nous prendre ensemble ? Est-ce que c'est le chemin du relèvement ou est-ce que c'est le chemin de l'affaissement ? Eh bien moi, je choisis la prospérité.
La prospérité par le travail.
On voit aussi avec cette crise son impact et ses conséquences Bruno Rotaillot qu'on se tourne vers l'État, vers la puissance publique, vers davantage de dépenses publiques et d'interventionnisme. Est-ce que cette crise n'est pas aussi la faillite de ceux qui préconisaient et qui continuent de préconiser parfois la baisse, la réduction des dépenses publiques et la limitation d'intervention de l'État ?
Non. Ce qui est en cause aujourd'hui, c'est la bureaucratie. Moi, je crois dans le rôle de l'État. Mais l'État ne doit pas peser pour son propre compte. La bureaucratie, c'est quoi ? C'est quand, par exemple, vous aviez une interview dans Le Monde de ce week-end, d'un grand épidémiologique. William Dab, il se propose d'être intégré...
Ancien directeur général de la santé, le poste actuellement occupé par Jérôme Salomon.
Il se propose d'intégrer la réserve sanitaire. Au bout de huit jours, il ne voit rien venir et on lui dit votre dossier est incomplet parce que vous n'avez pas donné la copie de votre diplôme de médecin. C'est ça, la bureaucratie. Donc, Bruno Retailleau,
vous ne préconisez plus la réduction des dépenses publiques. On se souvient qu'en 2017, le programme de la droite, c'était 100 milliards d'euros d'économies de dépenses publiques en 5 ans. Bien sûr. 500 000 suppressions de postes de fonctionnaires. C'est toujours valable.
Je propose que l'État fasse des économies là où il est inefficace pour investir, par exemple, dans la santé. Regardez l'Allemagne. Dans quel secteur ?
Dans quel secteur, précisément ?
Attendez. Regardez l'Allemagne. L'Allemagne, vous avez 44% de PIB, de la richesse que produisent les Allemands tous les ans, consacré à la dépense publique. Nous, on en a 11 points de plus. 56%. Nous sommes les champions du monde de la dépense publique. C'est aussi Bruno Retailleau parce que l'Allemagne
est un pays décentralisé où nombre de dépenses sont assumées par les lenders.
Non, non, non, non. C'est la dépense. Non, non. Je vous parle de la dépense publique. En intégrant les collectivités locales. Pas uniquement de la dépense. Exactement. Regardez la Corée. La Corée, avec une dépense sociale notamment de santé de 56% inférieure à la dépense française. Ils ont eu des tests en quantité. Donc dans quels secteurs
on coupe en France ?
Eh bien, on coupe dans beaucoup de secteurs mais on coupe et surtout on crée de la richesse avec plus de travail. Mais on coupe, par exemple, dans un certain nombre de secteurs où vous avez des doublons. Comment se fait-il qu'un certain nombre... Je vous prends un seul exemple. Dans une grande administration notamment d'Île-de-France, de la culture pour le même budget vous avez par rapport à la région trois ou quatre fois plus d'agents publics, de fonctionnaires. Donc les doublons et il y a beaucoup d'autres économies à faire... Dans le secteur de la santé on ne fait pas d'économie ? Non, on investit mais dans le secteur de la santé...
Attendez, dans le secteur de la santé ça ne sert à rien de déverser des milliards si vous ne réformez pas. Et il faudra sans doute plus impliquer les collectivités locales. Un exemple, est-ce qu'il ne faudrait pas par exemple comme on le fait pour les lycées que demain les régions puissent prendre en compte les investissements en immobilier des hôpitaux ? Pourquoi est-ce qu'on fait supporter par la sécurité sociale les murs, les bâtiments ? Je pense que ça n'est pas efficace. Je pense que l'offre de soins doit être aussi décentralisé comme elle l'est du reste vous le disiez vous-même en Allemagne.
Donc je crois qu'aujourd'hui on a l'État dans le monde développé qui est le plus pesant qui absorbe une richesse toujours croissante de ce que produisent tous les ans les Français et pour autant il est inefficace. Donc la comparaison et la crise actuelle elle démontre que l'efficacité et la performance d'un État ça n'est pas le niveau de dépense publique. Et c'est le grand mensonge sur lequel on a vécu en France. On a dit aux Français le niveau la qualité des services publics dépend de la dépense publique. C'est faux. Archifaux.
Bruno Retailleau restez avec nous président du groupe LR au Sénat on jette un petit coup d'œil sur le fil info à 8h51 avec Marianne Delanoë.
Le confinement jusqu'à quand ? Les annonces du président attendues ce soir à 20h02 après les applaudissements pour les soignants et les travailleurs mobilisés face au coronavirus. Sur France Info le chef de fil des sénateurs Les Républicains demandent à Emmanuel Macron de dire très concrètement combien de temps cela va durer et comment on va en sortir. Bruno Retailleau affirme aussi que la prime exceptionnelle ne suffit pas il faut défiscaliser totalement les heures supplémentaires selon lui.
Le chef de l'État parlera-t-il de la reprise dans les écoles si c'est en septembre il faudra un vrai plan d'urgence des moyens pour accompagner les élèves avance sur France Info la secrétaire générale du SNES FSU Frédéric Rollet estime qu'il serait préférable que la rentrée se fasse avant les vacances d'été pour redouer un lien avec les élèves. La France recense un peu moins de 14 400 morts liées au Covid-19 aux Etats-Unis plus de 22 000 en tout le bilan quotidien cependant est en baisse depuis deux jours en Italie le nombre de décès en 24 heures données hier soir est le plus bas depuis trois semaines. France Info et tout est plus clair
Bruno Retailleau président du groupe LR au Sénat et l'invité du 8.30 de France Info cette épidémie de coronavirus elle a mis l'économie française à genoux 6 points de moins du PIB et ce plan de relance du gouvernement un plan de soutien à l'économie de 100 milliards d'euros qui a déjà été annoncé Emmanuel Macron s'exprimera ce soir à 20h peut-être aura-t-il encore des précisions à apporter sur le plan économique mais Bruno Retailleau est-ce que la réponse du gouvernement vous semble pour le moment satisfaisante ?
Oui je pense que le gouvernement de ce point de vue-là a conçu un bouclier anti-crise qui est à la mesure du choc qu'on ne peut pas lui reprocher de faire un nouveau collectif budgétaire on en a voté un je l'ai voté moi avec mon groupe au Sénat il y a à peu près trois semaines là il va falloir mettre encore plus de milliards encore plus d'argent c'est nécessaire si on ne veut pas que notre tissu productif soit de façon définitive endommagée pour l'instant
on ne parle pas de dette en tout cas on ne parle pas de la dette publique c'est une question qui arrivera plus tard selon vous
évidemment bien sûr entre la dette et les faillites il faut absolument conserver nos entreprises pour conserver nos emplois en revanche ce que je veux dire c'est qu'il me semble que le secteur de l'assurance n'est pas du tout du tout du tout au niveau de ce que l'on attend une assurance a restitué 100 millions très récemment 100 millions à ses adhérents tout simplement parce qu'il y a beaucoup moins d'accidents de voiture aujourd'hui les assurances n'ont mis au pot si je veux dire que 200 millions d'euros sur le fonds de solidarité elles doivent faire plus elles doivent faire mieux
est-ce qu'il faut que le gouvernement les contraigne à agir davantage justement est-ce qu'il faut prendre des mesures pour les inciter pour les obliger à faire mieux aujourd'hui
je le dis à votre micro s'il n'y a pas un geste supplémentaire des assurances alors il faudra sans doute aller au-delà avec des mesures coercitives je suis en train nous sommes en train et nous déposerons dans quelques jours une proposition de loi qui permettra d'envisager mais pour l'avenir seulement une assurance pour les entreprises en perte d'exploitation quand il y a justement des risques sanitaires épidémiques mais que pour l'instant on ne peut pas s'assurer contre une pandémie non c'est pour cela donc nous travaillons nous d'arrache-pied depuis des semaines à ce mécanisme je pense qu'on en a trouvé un on va le proposer il pourra être enrichi mais ça ne règle pas le problème d'aujourd'hui il faut que les assureurs comment dirais-je accentuent leur effort de solidarité nationale c'est important ils peuvent le faire parce qu'il y a moins de sinistres par ailleurs ils peuvent le faire parce qu'il y a au-delà des règles prudentielles vous savez du matelas qu'on leur demande de garder pour faire face à des risques éventuels je pense qu'ils ont la possibilité de le faire vraiment je leur demande de façon si j'ose dire
civique vous évoquiez Bruno Retailleau le plan d'urgence économique déclenché par le gouvernement vous le jugiez pour l'instant à la hauteur et vous reconnaissiez qu'il faudrait sûrement aller plus loin est-ce que si des grands groupes comme Air France Renault ou d'autres sont menacés menacés de faillite est-ce qu'il faut aller jusqu'à les nationaliser ?
bien sûr bien sûr vous savez moi j'ai voté contre la nationalisation des aéroports de Paris contre la privatisation la privatisation pardon pardon la privatisation bien sûr bien sûr vous êtes favori
à la nationalisation de Renault par exemple ou d'Air France
non mais vous savez qu'en 2009 les américains avaient nationalisé temporairement provisoirement General Motors c'était incroyable jamais on n'aurait pu concevoir une chose pareille dans le pays du libéralisme et je pense qu'il ne faut pas s'interdire à condition que ce soit vraiment temporaire provisoire pour permettre à l'entreprise ensuite de se relever
comment dire aujourd'hui Bruno Tailloux l'état doit dépenser intervenir sans compter parce qu'il en va justement de la gestion de cette crise et demain il faudra réduire absolument les dépenses publiques est-ce que c'est pas ce discours le meilleur moyen de nous désarmer demain face à une éventuelle nouvelle crise justement que de dire il faudra réduire les dépenses publiques
non mais Renaud Delis vous voyez bien vous voyez bien qu'en France on vit sur un mensonge je le disais il y a quelques instants à votre micro ce mensonge c'est de penser que plus il y a de dépenses publiques et mieux on est protégé est-ce que vous pensez c'est le cas aujourd'hui mais non vous pensez vraiment que vous pensez vraiment que avec le niveau d'impôt attendez on a le niveau d'impôt le plus élevé au monde nous avons la fiscalité la plus lourde la plus progressive la plus redistributive de tout le monde développé nous sommes champions de la dépense publique et nous n'avons pas de masque nous n'avons pas de surblouse nous n'avons pas de test
oui c'est pas forcément lié à la dépense publique c'est ce que vous dites une dernière question Bruno Retailleau vous êtes chef de file de la majorité LR au Sénat vous êtes donc issu des collectivités locales les élections municipales sont toujours en suspens en tout cas le second tour est-ce que vous estimez qu'il faut repousser ce second tour qui est toujours prévu pour le 21 juin
j'ai parlé la semaine dernière déjà de secret de Polychimel mais personne vous ne trouverez pas un mouvement politique pas un groupe parlementaire qui vous dira qu'on doit maintenir le 21 juin
est-ce que ça veut dire que le premier tour serait rendu caduque si on devait repousser ad vitam ce second tour
le conseil d'état a tranché cette question dans l'avis qu'il a rendu au gouvernement c'était l'avis sur le projet de loi sur l'état d'urgence sanitaire le conseil d'état a dit très clairement que là où l'élection n'était pas acquise au premier tour c'est-à-dire pour un peu moins de 5000 communes et si nous devions repousser au-delà des vacances le second tour alors il faudrait refaire et le premier tour bien sûr et le second tour
et c'est donc ce que vous souhaitez merci beaucoup Bruno Retailleau président du groupe LR au Sénat d'avoir été l'invité du 8.30 de France Info ce matin
Bruno Retailleau