Macron veut-il tous les pouvoirs ? #cdanslair 29.06.2017
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Questions et réponses
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Qu'est-ce qu'elle raconte du président de la République, cette photo ?
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Quel est le message que vous lisez de cette photo-là ?
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Si on remonte un petit peu, qu'est-ce qui est différent par rapport à ses prédécesseurs ?
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Quel est le message que vous lisez de cette photo-là ?
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Qu'est-ce qu'il soigne les images, Sophie Coignard ?
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Et cette mise en image de l'exercice de ses responsabilités. Qu'est-ce qu'il fait comme image ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La méthode Macron commence à crisper l'opposition qui conteste la concentration du pouvoir à l'Elysée, la mainmise de la République en marche à l'Assemblée. »
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« L'UDI et la France Insoumise ont même décidé de boycotter le congrès, un exercice de communication au service du président monarque, comme l'a dit cet après-midi Jean-Luc Mélenchon. »
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« Un drapeau européen et Dieu sait si, pareil, il était un des seuls, un peu avec Fillon, pendant la campagne présidentielle, à vouloir réformer l'Europe, à faire que l'Europe avance d'un nouveau pas. »
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« Il n'a pas annoncé de conférences de presse régulières. »
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« Macron, un roi sans partage, titre Libération. Il bouscule les usages, note Le Monde. Et selon le Figaro, le Président brûle la politesse au Premier ministre. »
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« Puisque nous sommes convoqués pour entendre le monarque présidentiel s'exprimer, puisque nous sommes convoqués sans délai et mis à discrétion de sa haute volonté à propos du débat parlementaire, eh bien, nous nous rebellons et nous ne nous soumettons pas, nous nierons pas. »
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« Emmanuel Macron n'est pourtant pas le premier président à réunir l'ensemble des parlementaires à Versailles. »
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« Ces journées symboliques ont un coût. En 2009, entre 400 et 600 000 euros sous Sarkozy. En 2015, Hollande avait demandé un congrès moins cher, 200 000 euros tout de même. »
- 25:47InvitéFait
« Introduction d'une dose de proportionnelle, réduction du nombre des députés, enfin, des parlementaires. »
- 30:39InvitéFait
« Les Républicains accusent aujourd'hui le parti du Président et ses alliés, les constructifs, d'un hold-up institutionnel. »
- 32:44InvitéFait
« On vient de rompre avec plus de 50 ans de pratiques parlementaires. Les droits de l'opposition viennent d'être bafoués comme ils n'ont jamais été bafoués dans cet hémicycle. »
- 33:54InvitéFait
« Est-ce que c'est ça la nouveauté ? Le nouveau monde, la nouvelle politique que vous voulez introduire dans cet hémicycle ? Qu'est-ce que c'est que ces petits trafics otages, ces artifices du 4 matin ? »
- 36:50InvitéFait
« Il y a une volonté de La République en marche, clairement, d'avoir une majorité au garde-à-vous. »
- 37:20InvitéFait
« Ce n'est pas un signe de très grand respect des règles démocratiques. »
- 40:41InvitéFait
« Il a tous les pouvoirs. »
- 41:16InvitéFait
« Le président de la République française aujourd'hui il a l'Europe, il a la mondialisation, je veux dire objectivement le périmètre des pouvoirs c'est quand même réduit. »
- 45:32InvitéFait
« Dans ce périmètre là, alors là oui, il est totalement hégémonique. »
- 45:54Locuteur non identifiéChiffre
« Le budget est manifestement entaché d'insincérité dans le jargon des juges c'est un carton rouge pour dénoncer un trou de 8 milliards d'euros dans le dernier budget de l'équipe Hollande. »
- 47:12Locuteur non identifiéChiffre
« 8 milliards d'euros manquent à l'appel François Hollande laisse en héritage. »
- 50:35InvitéFait
« Il n'y a jamais eu un budget à l'équilibre depuis 1974. »
- 51:17InvitéFait
« Chacun sait qu'on est en déficit grave plus grave que beaucoup de nos voisins européens depuis longtemps. »
- 52:28InvitéFait
« La dette c'est le premier poste budgétaire de la France. »
- 1:04:14InvitéFait
« Non elle est inacceptable. »
- 1:04:28InvitéFait
« Fictifs non parce qu'ils vont faire beaucoup de bruit mais utile. »
Temps de parole
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Les deux mains accrochées à son bureau, dos au Jardin de l'Elysée, le regard droit encadré par les drapeaux français et européens, deux classiques de la littérature française et deux smartphones en évidence. Emmanuel Macron a dévoilé aujourd'hui sur les réseaux sociaux la photo officielle. Faire différemment une nouvelle fois comme il le fait en convoquant le congrès à Versailles lundi avant le discours de politique générale du Premier ministre.
La méthode Macron commence à crisper l'opposition qui conteste la concentration du pouvoir à l'Elysée, la mainmise de la République en marche à l'Assemblée. L'UDI et la France Insoumise ont même décidé de boycotter le congrès, un exercice de communication au service du président monarque, comme l'a dit cet après-midi Jean-Luc Mélenchon. Macron veut-il tous les pouvoirs ? C'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Yves Tréard. Vous êtes éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Votre journal revient notamment sur le congrès de Versailles. Avec ce titre, le président brûle la politesse au Premier ministre.
Je rappelle que vous êtes également éditorialiste sur Europe 1. Vanessa Schneider, vous êtes grand reporter au journal Le Monde ainsi que pour M. Le Mag. Aujourd'hui, elle a une de votre journal Parlement. Emmanuel Macron bouscule les usages. Sophie Coignard, vous êtes journaliste au journal Le Point. Votre édito du jour est intitulé La vraie fausse opposition. Rappelons que vous êtes le co-auteur avec Romain Gubert du livre La Caisse enquête sur le coffre-fort des Français publié aux éditions du Seuil. Enfin, Jean-Garrick, vous êtes historien, spécialiste de la vie politique. Vous enseignez par ailleurs à l'Université d'Orléans et à Sciences Po Paris. Rappelons votre dernier ouvrage.
Président au cœur du pouvoir aux éditions du Faune. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. On l'a, la photo officielle d'Emmanuel Macron. Je le disais, il a voulu faire différemment. Il a fait différemment. Qu'est-ce qu'elle raconte du président de la République, Yves Tréhard, cette photo ?
D'abord, il y a beaucoup de signaux. D'abord, il y a l'ouverture. La fenêtre est ouverte derrière. L'ouverture, la campagne, elle a beaucoup été rythmée entre ceux qui étaient ouverts sur le monde et ceux qui voulaient se replier sur eux-mêmes. Premier signal. Deuxième signal, vous avez deux drapeaux. Un drapeau européen et Dieu sait si, pareil, il était un des seuls, un peu avec Fillon, pendant la campagne présidentielle, à vouloir réformer l'Europe, à faire que l'Europe avance d'un nouveau pas. Et Macron en a fait un signal fort de son quinquennat, enfin de sa campagne. Troisième chose, vous avez un livre derrière lui. Côté littéraire, le côté...
Bon, c'est un homme qui aime la littérature. Il n'a pas appris à lire à l'Elysée comme on avait cru le comprendre avec Nicolas Sarkozy. Et donc, la littérature est quelque chose qui est important, qui rythme sa vie, qui l'inspire. Ça, c'est la troisième chose. Et puis, la dernière chose, c'est quand même le fait qu'il est décidé. Il a un air poutinien, je trouve, sur cette photo, avec un torse bombé, extrêmement décidé. Et ce regard, quand on le connaît, on le connaît à peu près tous, ce regard qui vous perce, qui perce votre personnalité et qui vous regarde droit dans les yeux, il est très proche.
Il n'est pas lointain, comme pouvait l'être d'ailleurs François Hollande, souvenez-vous, dans sa photo, il était dans le jardin. Et il était petit, dans un décor, justement, et dans l'ombre. Alors que lui, il est en pleine lumière et le visage décidé.
– Ce n'est pas anecdotique. Si on prend le temps, pour commencer cette émission, de commenter cette photo officielle, c'est parce que c'est un symbole politique fort, traditionnellement, au début de l'exercice d'un mandat, Vanessa Schneider.
– Oui, c'est très pensé. Tout était très pensé. Yves Tréard a rappelé les détails. On peut en ajouter un, la pendule, qui indique 8h20. – Le maître des horloges. – Et le maître des horloges. – Et puis, on se lève tôt, on n'est pas là pour… Voilà. – Voilà. Et c'est vrai que par rapport à la photo de François Hollande, on avait l'impression qu'il partait à la cueillette aux fraises au fond de son jardin. Là, on a un homme qui est à la fois dans sa posture entre… Il y a un côté à la fois roi soleil et en même temps les loups de Wall Street. On n'est pas assis, on n'est pas là pour… Voilà. On s'accoude au bureau comme on le fait dans les salles de marché ou dans les entreprises qui bougent.
Donc, il y a ces deux côtés-là. Le côté libéral, le monde de l'entreprise. Et en même temps, il occupe toute la place de cette photo. Donc, c'est lui qui est au centre. On se rappelle le côté, en effet, qu'on entend de plus en plus sur le côté monarchique du personnage.
– Et c'est très différent par rapport à ce qui a été fait auparavant, Jean Garrigues, par ses prédécesseurs. Si on remonte un petit peu, il y a eu la bibliothèque, il y a eu le bureau du président.
– Oui, il y avait… Giscard avait commencé à casser les codes de ce qui était quelque chose de très guindé avec le général de Gaulle et les Georges Pompidou en jaquette. C'était quelque chose là qui correspondait à une époque d'ailleurs. Et là, à nouveau, lui, en tout cas, il prend le contre-pied, c'est très clair, de François Hollande. Il est le start-upper jupitérien. Il nous regarde aussi au fond des yeux, comme le faisait Giscard d'Estaing. Ça, c'est le point commun avec ces deux moments de rénovation, de remodernisation de la vie politique, de réenchantement, je ne sais pas. Il s'est avancé devant son bureau, justement, pour se rapprocher des Français.
Donc, il y a quelque chose, effectivement, il y a toujours un message très très fort dans ces portails.
Quel est le message que vous lisez de cette photo-là ?
Le message, c'est…
C'est que je suis le patron ?
Je suis le boss, je suis le boss, je suis énergique, dynamique, comme il se doit pour tout homme providentiel, pour tout homme providentiel bonapartiste. Et je suis européen aussi. Moi, ça me paraît un très très grand message. D'autant plus qu'on a vu à quel point Jean-Luc Mélenchon était choqué par la présence d'un drapeau européen dans l'hémicycle. Là, on réaffirme bien cette dimension européenne, qui d'ailleurs plus personne aujourd'hui, raisonnablement, ne peut, comment dirais-je, mettre de côté.
Alors, il parle peu, ce président Emmanuel Macron, mais qu'est-ce qu'il fait comme image ? Qu'est-ce qu'il soigne les images, Sophie Coignard ?
Oui, et puis, il faut dire que c'est extrêmement efficace, parce qu'effectivement, on peut reprocher à Emmanuel Macron d'attacher beaucoup d'importance aux images, de faire beaucoup de com', c'est l'air du moment. En même temps, voilà, il fait une photo. Est-ce le timing ? C'est vrai qu'il a pris son temps pour publier cette photo, que cette photo est un peu différente de tout ce qu'on a vu, c'est-à-dire qu'elle est moins audacieuse, je trouve, pour revenir sur ce que disait Jean-Garrick que celle de Giscard, qui avait complètement cassé les codes. On le voyait juste, son visage et un grand drapeau français derrière, ce qui était incroyablement moderne.
Là, c'est assez raisonnable en termes de modernité. Mais on est en même temps. Il est dedans et en même temps, il est dehors. Il est français et en même temps, il est européen. Il a d'ailleurs changé l'agencement de son bureau et il nous le fait savoir. C'est-à-dire que lui, il préfère travailler dos à la fenêtre pour que tout soit plus lumineux. Il a des livres et en même temps des smartphones. Exactement. Il est à la fois dans la modernité et dans la tradition, etc. On pourrait les multiplier, on pourrait jouer et en même temps sur cette photo. Et ce qui est formidable, il faut bien le reconnaître, c'est que ça marche puisqu'on est tous là à en parler et nous ne sommes pas les seuls.
C'est-à-dire que j'ai vu que le Figaro faisait, dans les minutes qui ont suivi, l'histoire secrète de la photo d'Emmanuel Macron. Donc on voit bien qu'il y a un appétit qui n'est pas du tout assouvi encore pour ce commentaire d'image et cette fascination des images.
Et cette mise en image de l'exercice de ses responsabilités. Encore une fois, ces derniers jours, on a eu très peu le son. On a eu très peu, alors on aura l'expression au congrès lundi. Il y a eu une grande interview dans le Figaro sur l'Europe. Mais il est très économe de ces mots et par petites touches comme ça, il envoie des signaux aux Français.
Deux choses, d'abord, on commande cette image, mais on commande l'image de tous les présidents de la République. Oui, bien sûr, bien sûr. Parce qu'elles ont toutes une signification, ils s'attachent tous à lui donner un message. Deuxième chose, ce qui est intéressant avec Macron, il parle peu, mais il fait de l'image et il va s'exprimer au congrès. À qui il ne parle pas ? Aux journalistes. Il parle directement aux Français, il parle directement aux foyers, aux ménages, mais il évite justement d'être mis en difficulté. C'est comme ça qu'on peut le comprendre aussi par des journalistes qui lui poserait des questions auxquelles il n'a pas envie de répondre.
Or là, il ne communique que sur ce qu'il a envie de dire. C'est-à-dire, on va voir probablement la réforme des institutions lundi au congrès. Et puis par ces images, c'est une image de dynamisme, avec ce qu'il a fait ce week-end, notamment en jouant au basket, enfin en jouant au tennis, vis-à-vis des handicapés aussi, puisqu'il s'agissait de parler des Jeux olympiques et des Jeux paralympiques. Donc à chaque fois, et puis avec les grandes secondes, pour montrer. Il est jeune, mais il est un homme, il est inexpérimenté, mais il est au même niveau que Trump, que Poutine, que les autres.
Ça peut durer ça, de parler en direct ?
Oui, je pense qu'il va en avoir besoin.
On dit qu'il a beaucoup calqué le début de son quinquennat sur Barack Obama, qui faisait aussi la même chose dans les premiers temps d'exercice des responsabilités.
La différence, c'est que Barack Obama a parlé aux médias. Là, on est vraiment dans une rupture avec Emmanuel Macron, en tout cas par rapport aux dernières années en France, où il était de coutume, il y avait presque une mode, où tout responsable politique, que ce soit le président de la République ou le Premier ministre, avait institué même des conférences de presse. Alors après, elles se sont délitées avec le temps, puisque les conférences de presse, c'est bien quand tout va bien. Et puis quand on a les premières difficultés, de se retrouver face à 300 ou 600 journalistes qui vous bombardent de questions, ça devient plus compliqué.
On a vu Nicolas Sarkozy en difficulté, puis François Hollande en difficulté. Lui, il prend le contre-pied de ça. Il n'a pas annoncé de conférences de presse régulières. Et en effet, il préfère s'adresser sans filtre, devant les Français directs face caméra, avec le prétexte des députés. Donc ça en dit long sur la façon dont Emmanuel Macron envisage les contre-pouvoirs. Ça fait un aspect un petit peu inquiétant.
Et nous allons y venir et on va rentrer dans le détail, puisque nous allons maintenant parler du Congrès. Il l'avait promis pendant la campagne présidentielle. Emmanuel Macron réunira donc le Parlement en Congrès à Versailles ce lundi. L'occasion pour lui de donner la feuille de route de la majorité. Et ce, la veille du discours de politique générale de son Premier ministre. Une prise de parole solennelle, nécessaire pour les uns. Une mauvaise manière pour les autres, comme l'UDI qui dénonce une opération de communication trop coûteuse. Ou encore Jean-Luc Mélenchon qui moque le président Pharaon et annonce qu'il ne se rendra pas au Congrès à Versailles.
Thomas Jarion, Kylian Bridou et Mathieu Vibault.
Pour son premier déplacement à l'étranger, Edouard Philippe a choisi l'Estonie. Hier, il voulait parler réforme des institutions et révolution numérique. Raté. Car la seule question des journalistes est sur la date choisie par le Président pour s'adresser au Congrès. Bonjour, Monsieur le ministre, un petit mot simplement. Est-ce que le discours du Président lundi ne risque pas d'éclipser votre discours à vous mardi ? Je ne crois pas. Je pense même l'inverse. Je pense que, comme toujours, il y aura deux expressions à la fois parfaitement en ligne et en même temps complémentairement.
Vous étiez au courant que l'annonce serait faite pendant que vous êtes en Estonie, justement ?
Ah oui, ça, je vous le confirme. C'est au courant. Aucun problème, donc, à en croire le chef du gouvernement. Pourtant, aujourd'hui, la presse est catégorique. Macron, un roi sans partage, titre Libération. Il bouscule les usages, note Le Monde. Et selon le Figaro, le Président brûle la politesse au Premier ministre. Une décision qui ne passe pas chez certains parlementaires, qui dénoncent l'attitude du Président. L'insoumis Jean-Luc Mélenchon en tête.
Puisque nous sommes convoqués pour entendre le monarque présidentiel s'exprimer, puisque nous sommes convoqués sans délai et mis à discrétion de sa haute volonté à propos du débat parlementaire, eh bien, nous nous rebellons et nous ne nous soumettons pas, nous nierons pas. Proche politiquement du Premier ministre, le centriste Philippe Vigier n'ira pas non plus à Versailles. Le discours du Premier ministre est le discours fondateur, donc je trouve que c'est un peu dommage qu'il y ait ces deux discours qui s'entrechoquent à 24 heures d'écart. C'est une forme d'humiliation pour Edouard Philippe ?
En tout cas, ça ne doit pas être très agréable à ressentir pour lui, mais je ne peux pas m'exprimer à sa place. Demandez-lui. Emmanuel Macron n'est pourtant pas le premier président à réunir l'ensemble des parlementaires à Versailles. En 2008, Nicolas Sarkozy réforme la Constitution pour donner plus de pouvoir au Parlement. Au passage, il autorise le président à s'adresser directement au Congrès. C'était jusqu'alors interdit. En m'adressant à vous aujourd'hui, j'ai conscience d'inaugurer un changement profond dans notre tradition républicaine. Si le président Sarkozy brise ainsi les traditions, c'est pour évoquer la crise économique mondiale qui touche alors durement le pays.
J'ai voulu venir vous dire les conséquences que je tire de la crise. Aujourd'hui, c'est de notre pays, de l'avenir qu'il peut se construire, dont je suis venu vous parler. François Hollande aussi s'est exprimé devant le Congrès à Versailles. C'était en 2015, trois jours après les attentats du 13 novembre. Monsieur le Président de la République, avant de vous donner la parole, j'invite le Congrès à observer une minute de silence. A l'époque, François Hollande veut donner l'image d'une République unie face au terrorisme. Le terrorisme ne détruira pas la République, car c'est la République qui le détruira. Vive la République et vive la France.
Une Marseillaise entonnée par tous les parlementaires, un des moments forts du quinquennat. Ces journées symboliques ont un coût. En 2009, entre 400 et 600 000 euros sous Sarkozy. En 2015, Hollande avait demandé un congrès moins cher, 200 000 euros tout de même. Et avant la Ve République, un seul président avait pu s'exprimer devant le Congrès, Louis-Napoléon Bonaparte, en 1848. Sous la Ve République, c'était une obligation annuelle pour le président. Un congrès une fois par an, l'idée plaît à Emmanuel Macron, qui veut l'adopter pour la suite du quinquennat.
Il y a une polémique sur le coup. Est-ce qu'elle est justifiée, cette polémique sur le coup ? C'est l'UDI qui explique que c'est une opération trop coûteuse.
Non, mais c'est un petit peu ridicule. Ce sont des gesticulations. C'est vrai qu'il y a déjà eu des polémiques sur le coup. La première fois que Nicolas Sarkozy, en fonction de la révision de 2008, qui autorise le président, dans des cas exceptionnels comme ça, à faire un message devant le Congrès, lui avait dit que ça avait coûté 400 000 euros. Et la gauche l'avait attaqué en disant que ça coûte 600 000 euros. Robert Badinter avait dit que ça fait cher l'éloquence. On n'a jamais vu une éloquence aussi chère.
Et puis, pour cette raison, quand François Hollande, lui, a organisé en 2015 ce message devant le Congrès, il a réduit les coûts au point qu'il n'y avait rien à manger pour les députés et les sénateurs. Il avait juste une bouteille d'eau. Mais ça s'est réduit à 200 000 euros. Mais c'est une goutte d'eau aussi, ça, dans le budget de l'État. Et ça fait partie quand même d'un... C'est quand même un moment important, le moment où, par-delà d'ailleurs la représentation parlementaire, le président de la République s'adresse à la nation. C'est quand même un usage très ancien de s'adresser comme ça en début de mandat. On le faisait avant sous forme de messages écrits.
Là, c'est une adresse personnelle, in vivo. Bon, c'est quand même un moment important.
Cette question, peut-on pénaliser financièrement des députés qui refusent de siéger alors qu'ils ont été élus pour ça ? Clairement, référence à Jean-Luc Mélenchon qui dit qu'il n'ira pas.
À ce moment-là, il faudrait les pénaliser tout au long de l'année, tout au long des sessions parlementaires. Parce qu'il y a des... Et d'ailleurs, le Premier ministre lui-même, l'actuel Premier ministre, était réputé pour être assez peu assidu aux séances à l'Assemblée. Puisque tout ça est répertorié, tout ça. Donc, vous savez, il ne faut pas se... Bon, je trouve personnellement qu'une séance du Congrès, c'est une séance très solennelle. Et c'est vrai que de voir des parlementaires qui sèchent, c'est un peu... Je trouve que c'est une très mauvaise image du débat politique. Surtout que c'est une adresse du Président de la République.
Et même si on veut la contester, je pense qu'il y a d'autres façons de la contester que de ne pas y aller. Mais en revanche, sur l'Assemblée nationale et le Sénat, ce qu'ils sèchent, ça ne veut pas dire qu'ils ne font rien. Ils travaillent et tout le travail se fait beaucoup en commission. Et au Sénat, ils sont pénalisés. Comme au Parlement européen, c'est-à-dire qu'à partir d'un certain nombre d'absences, vous êtes pénalisé.
Là, clairement, ce n'est pas la même histoire. C'est Jean-Luc Mélenchon qui considère qu'il n'a pas à être convoqué pour une opération de communication du Président de la République à Versailles.
Ça s'inscrit aussi dans une communication de Jean-Luc Mélenchon. Il y a la communication du Président de la République, mais il y a la communication de Jean-Luc Mélenchon qui, depuis 24 heures, joue à un jeu qui est un jeu sans cravate, insoumis. On se demande même parfois pourquoi les élus de la France insoumise ont voulu rentrer à l'Assemblée nationale si c'est pour avoir un comportement qui n'est pas un comportement de débat d'idées, mais qui est un comportement de posture.
Je précise que parmi ceux qui sont en colère à propos de ce congrès, il y a aussi les centristes qui sont loin d'être des insoumis, à savoir l'UDI qui considère également que ça n'est pas nécessaire, que c'est coûteux et que c'est de la communication et qui commence à être un peu exaspéré par la méthode Macron. Vanessa Schneider.
Oui, alors ils sont très très peu nombreux. Les UDI n'ont pas vouloir y aller. Je pense qu'il faudrait savoir aussi pour quelles raisons ils ont peut-être personnellement une dent contre Emmanuel Macron ou peut-être n'ont-ils pas obtenu ce qu'ils voulaient obtenir dans les répartitions de postes à l'Assemblée nationale, notamment. Non, ce qui est le plus intéressant, en effet, c'est la stratégie des insoumis que suivent aussi une partie des communistes. On voit vraiment, comme le rappelait Yves Tréhard, qu'il y a une posture, celle du coup d'éclat permanent qui a commencé dès le premier jour et qui va perler probablement toute la mandature d'Emmanuel Macron.
Là, ils partent très fort, Jean-Luc Mélenchon part très fort et risque vite de s'épuiser et d'agacer. Il y a un côté un peu court de récréation dans tout ça. On boude, on ne vient pas, on ne met pas de cravate, on ne se lève pas, en effet, on ne respecte pas les usages républicains. Rien ne forçait Jean-Luc Mélenchon à se présenter au suffrage universel. Quand on se présente au suffrage universel, ça veut dire qu'on adhère aux règles de la démocratie. Et les règles de la démocratie imposent également des coutumes, des façons de se comporter, qui paraissent nécessaires de respecter. Il y a une sorte de respect par rapport aux électeurs.
Alors, derrière ce que vous appelez de l'irrespect, derrière ce que vous appelez, vous, Vanessa Schnezer, des agissements de cours de récréation, il y a un discours politique et une critique qui commencent à être portées, y compris par d'autres membres de ces oppositions, qui est de dire, Jean-Luc Mélenchon dit, c'est un monarque qui devient pharaon. C'est-à-dire que ce n'est même plus le président monarque, maintenant c'est le président pharaon.
Avec cette critique qui nous amène à ce titre de ce soir, de cette émission, Macron veut-il tous les pouvoirs, d'un président ultra-centralisateur à l'Elysée qui installe une image, comme on le voit encore ce soir, avec la photo officielle d'un président, avec beaucoup d'autorité, jupitérien, etc. Si on met de côté le comportement des insoumis, est-ce que sur le fond, cette critique, vous pensez, est en train de prendre autour du style, Macron ? Parce qu'elle est juste.
Quand on voit ce qui s'est passé là à l'Assemblée nationale, pour le coup, c'est totalement nouveau. On va en parler après. Oui, mais c'est un ensemble de choses. On peut se poser en effet la question du respect des parlementaires, des députés, des sénateurs, de la presse, dans toute une série de situations. Donc les premiers actes symboliques d'Emmanuel Macron, sans même parler, les premiers actes symboliques d'Emmanuel Macron sont des actes d'autorité, et en tout cas de la toute-puissance de l'exécutif envers les contre-pouvoirs.
Et de la toute-puissance du président de la République sur le Premier ministre, qui va faire son discours, presque dans l'indifférence générale, le lendemain ?
Ça, c'est le vrai problème de ce message au Congrès, de cette organisation. C'est assez normal qu'en début de mandat, comme ça, et d'ailleurs, il l'avait annoncé dans la campagne présidentielle, il s'exprime. Et il s'exprime devant la représentation nationale, ce qui est une manière d'honorer aussi, et d'instaurer un dialogue. Car, en principe, après le discours d'Emmanuel Macron, il y aura une réponse des présidents de groupes de l'Assemblée nationale et du Sénat. Je dis bien en principe, parce que je ne connais pas encore l'organisation qui est prévue pour lundi, mais ça avait été le cas, notamment pour François Hollande, en novembre.
En présence du président de la République ?
Alors, le président de la République, quitte à ce moment-là la salle des séances, mais il y a quand même une réponse aux yeux des Français. Ce n'est pas uniquement un monologue du président. Mais le vrai problème, effectivement, c'est le calendrier. Parce que là, vous avez le président qui parle, et le lendemain, il court-circuit en quelque sorte le message, la déclaration de politique générale du Premier ministre, qui a priori va lui donner le programme gouvernemental, j'allais dire le programme des premières années du quinquennat. Donc, il y a là une manière d'exprimer une sorte de subordination du Premier ministre, de marquer la prééminence présidentielle.
Il faudra voir aussi ce que va dire Emmanuel Macron, dans quel champ il va se situer. S'il se situe dans un champ, je dirais, régalien, sur les affaires étrangères, de la défense, il est vraisemblable et il est cohérent par rapport au partage des pouvoirs avec le Premier ministre, à condition qu'il n'empiète pas sur les sujets que va traiter le Premier ministre. Il faut se rappeler qu'en 1969, Jacques Chaband-Elmas, alors lui, Premier ministre, fait une déclaration de politique générale en septembre 1969, qui est un véritable discours de président, c'est le discours sur la nouvelle société.
Et Georges Pompidou en a été plus que mécontent, il n'a jamais pardonné à Jacques Chaband-Elmas, parce qu'il voyait là le Premier ministre qui est empiété sur le domaine présidentiel. Aujourd'hui, on a l'inverse et on voit bien à quel point Emmanuel Macron connaît bien son histoire politique, a bien médité sur l'évolution des pouvoirs et reprend au fond une présidence gaullienne, quelque chose de très... Il y a quand même quelque chose, un petit bémol sur la légitimité de faire ça en ce moment. Emmanuel Macron avait dit qu'en effet, une fois par an, il s'adresserait, donc parfait.
Moi, ce que j'avais entendu quand même et ce que j'avais cru comprendre et lire, c'est qu'il le ferait dans le sens un peu obamien, comme on le disait tout à l'heure, un peu comme le font tous les présidents des États-Unis, puisque ça correspond à une règle des institutions américaines, c'est-à-dire que tous les mois de janvier, il y a le discours sur l'État de l'Union. Donc, le président réunit les deux chambres et y compris d'ailleurs l'autorité judiciaire pour, en gros, faire le bilan. Mais c'est bien faire le bilan. Autrement dit, il fait ça en janvier de l'année d'après son investiture. Il a de quoi présenter une année de présidence, une année de Maison-Blanche.
Là, ce qui est un peu curieux dans ce qui se passe avec Emmanuel Macron, me semble-t-il, c'est que cette adresse se fait au tout début. Elle se fait au tout début alors qu'Emmanuel Macron a déjà fait campagne, qu'on connaît à peu près son programme, que par ailleurs, quand il a été élu président, il a de nouveau remis quelques thèmes de manière surlignée sur le devant de la scène. Et là, effectivement, du coup, le congrès qu'il va présenter change complètement de nature. Il ne s'agit pas de faire un premier bilan de son action, mais quelque part, d'être encore dans la projection de ce qu'on va faire.
Et politiquement, moi, il me semble que c'est un petit peu risqué parce que ça fait quand même maintenant presque deux mois qu'on est dans « voilà ce qu'on va faire ». Donc, c'était normal tant qu'on était encore en période législative, etc. Mais là, c'est quand même, si on regarde l'esprit quand même des institutions, moi, ça me semble être un empiétement sur le rôle du Premier ministre tel qu'il est défini par la Constitution.
Et vous insistez sur un point qui mérite d'être souligné à mon avis, c'est l'idée qu'Emmanuel Macron, pendant sa campagne, il avait dit qu'il serait un président qui présiderait, sous-entendu qu'il laisserait de l'espace à son Premier ministre.
Non, il n'a pas dit ça. Il a dit « je présiderai, il gouvernera ». Oui, donc ça veut dire
qu'il y a un peu d'espace pour gouverner ?
Oui, mais il exécutera en fait. C'est ça.
C'est « je décide, il exécute ».
Exactement. C'est exactement l'interprétation qu'il faut lui donner. Et il ne faut pas oublier une chose, Emmanuel Macron, depuis qu'il est, je dirais, dans le paysage politique, sous la lumière, eh bien, il bouscule tout. Il ne fait rien comme tout le monde. Il bouscule tous les usages, il bouscule toutes les traditions. Là, il va occulter l'interview du 14 juillet, alors que c'est une tradition. Et comme rien n'est écrit de tout ça, eh bien, il fait ce qu'il veut. Et là, qu'est-ce qu'il va faire ? Eh bien, il va présenter, d'après les informations qu'on a, il va présenter certaines réformes institutionnelles.
Introduction d'une dose de proportionnelle, réduction du nombre des députés, enfin, des parlementaires. Donc, c'est quand même assez important. Moi, ce que je lui reprocherais si j'avais un reproche à lui faire, c'est surtout que la France sort fatiguée d'un an de campagne, que là, on rentre dans des réformes de poids qui sont la réforme du Code du travail, il y a des choses sur la rentrée scolaire qui s'annoncent, il va y avoir la réforme des retraites, il va y avoir un tas de réformes. Et je trouve qu'il disait qu'il avait une méthode et je trouve que là, ça devient brouillon à la Sarkozy, si vous voyez ce que je veux dire. Où est-ce que
vous voyez du brouillon ?
Il met tout sur la table, il lance toutes les réformes en même temps, alors que, justement, c'était l'anti-théorie des 100 jours, Emmanuel Macron, il l'avait dit dans une interview en disant « Moi, je ne suis pas partisan de la théorie des 100 jours où il faut tout faire dans les 100 premiers jours sous peine d'être accusé ou de... Il faut prendre la France et puis l'emmener. » Et il avait dit « Moi, j'ai un mandat de 5 ans, c'est en 5 ans que je réformerai la France. » Nicolas Sarkozy avait cette théorie des 100 jours qui n'est pas mauvaise, j'en sais rien, mais simplement, ça faisait un peu brouillon à la fin parce que toutes les réformes étaient lancées en même temps.
Vous dites « Ils bousculent les codes » et vous avez parlé du 14 juillet. 14 juillet qui, logiquement, est un exercice de questionnement par des journalistes qui était aussi un exercice un petit peu poussiéreux. Est-ce que, là, pour le coup, vous le disiez tout à l'heure, Vanessa Schneider, il veut contourner l'obstacle, c'est-à-dire contourner la contradiction, les journalistes, les questions, etc. Mais est-ce qu'il y a aussi une volonté peut-être de renouvellement dans cette façon de dire « On ne va plus reprendre le système tel qu'on le faisait auparavant avec des interviews un peu calibrées avant que les Français ne partent en vacances ? »
Bien sûr, mais après, je pense qu'il ne faut pas tout interpréter à cette aune. Et là, quand on voit, par exemple, ce qui se passe avec le Premier ministre, on a tendance à dire « Voilà, il veut l'effacer, le mettre de côté. » Je pense que ce n'est pas ça du tout ce qui se passe. Le job de Premier ministre, il a été tué bien avant. Il a été tué par Nicolas Sarkozy qui parlait de François Fillon comme de son collaborateur. Il a été tué également par le quinquennat. Donc, là-dessus, il n'y a pas de volonté spécifique d'Emmanuel Macron d'écarter son Premier ministre et d'imposer une nouvelle façon de gouverner.
Cette nouvelle façon de gouverner, elle existe depuis Nicolas Sarkozy avec François Fillon. François Hollande a essayé de faire différemment, mais Jean-Marc Ayrault n'a pas existé. Le seul qui a essayé un peu d'exister, c'est Emmanuel Valls. On a vu comment il a fini. Ça a été un chemin de croix. Donc, finalement, là, on reste dans quelque chose d'assez traditionnel, si on reprend les dix dernières années qui se sont écoulées, d'un président qui est le principal interlocuteur des Français et d'un Premier ministre qui applique et qui fait ce que le président lui demande de faire. Quand Édouard Philippe dit « j'étais tout à fait au courant », évidemment qu'il est tout à fait au courant.
Je pense que les choses sont tout à fait calées entre le Premier ministre et le président. Donc, là, pour le coup, je ne pense pas qu'il y ait de... qu'on puisse voir une rupture ou un cafouillage entre les deux têtes de l'exécutif.
Juste une dernière question avant d'aller au deuxième reportage, Jean Garrigue. On est en train de commenter la forme. On pourrait nous en faire le reproche en disant « oui, on s'en moque, les Français, ils veulent des réformes ». Est-ce que c'est l'écume des choses qui est en train de se passer ou est-ce que c'est structurant pour la suite du quinquennat ?
Oui, c'est un peu ce que je voulais dire. C'est que... Il faut bien voir que l'essentiel pour lui, c'est de reprendre une présidentialité de distance et d'autorité. Donc, ce n'est pas tellement le fait d'affaiblir le Premier ministre ou d'écarter les journalistes. C'est de prendre le contre-pied de ce que faisait François Hollande, qui était l'ami, le complice, Sarkozy aussi d'ailleurs, de prendre une distance présidentielle. J'ajouterais que les messages en début de mandat, il y en a toujours eu, les présidents français. Ils n'ont pas organisé de congrès. Ils étaient lus. Mais ils envoyaient un message au Parlement.
Ils avaient moins de poids parce qu'ils n'étaient pas personnellement en fonction. Quant au 14 juillet, c'est un usage qui avait été instauré par Giscard, justement pour surcommuniquer, se rapprocher des Français. Mais on sait bien que c'était devenu un petit peu suranné. Il ne se passait rien lors de ces interviews du 14 juillet. Donc là, je ne pense pas que ce soit si grave. C'est plus important de s'adresser aux Français par le biais du Congrès.
Et Nicolas Sarkozy, je crois que la première année de son quinquennat avait été fait aussi. L'interview du 14 juillet. Donc peut-être que l'an prochain, on aura droit à l'interview d'Emmanuel Macron le 14 juillet. Alors, on en a parlé un instant, Vanessa Schneider. Je vous promettais qu'on allait l'évoquer. C'était le premier coup de chaud à l'Assemblée nationale. Ça s'est passé hier. Et ce qui devait être une simple formalité, s'est transformé en psychodrame parlementaire. Jusqu'à une heure du matin, la répartition des postes stratégiques à l'Assemblée nationale a fait l'objet d'un bras de fer entre la République en marche et les groupes d'opposition.
Les Républicains accusent aujourd'hui le parti du Président et ses alliés, les constructifs, d'un hold-up institutionnel. Rien que ça. Myriam Zéard, Mathieu Vibault.
C'est finalement un député Les Républicains, Éric Wörth, qui devient président de la puissante commission des finances. Rien d'étonnant à cela, c'est même la tradition. Et pourtant, c'est une étape de plus du psychodrame qui ne cesse d'agiter l'Assemblée.
La vraie question était y aura-t-il ou pas, pourrait-il y avoir ou pas une interférence des groupes de la majorité pour choisir au fond le président de la commission des finances qu'ils souhaitaient. Ça n'a pas été le cas dont acte et je pense que c'est une règle qu'il faudra maintenant bien suivre.
Cela n'a pas été le cas car les députés En Marche n'ont pas pris part au vote. Cette fois, ils ont accepté les traditionnelles règles du jeu. Pas forcément le cas hier soir lors de l'élection du bureau de l'Assemblée. Une longue soirée entrecoupée de suspensions pour une procédure qui en 2012 n'avait pris que 5 minutes. L'élection de 3 questeurs et 6 vice-présidents.
La séance est ouverte.
Le questeur, chargé de la gestion du palais Bourbon, une fonction prestigieuse dont l'un des sièges est là aussi traditionnellement réservé à l'opposition. Mais hier soir, coup de théâtre.
Monsieur Thierry Solaire, 306 voix. Monsieur Eric Ciotti, 146 voix.
Le candidat du groupe Les Républicains est à la surprise générale battu par un dissident de son parti, Thierry Solaire, qui se revendique lui aussi dans l'opposition. Le député du groupe dit constructif, Macron Compatible, doit son élection aux voix de la République en marche. Une manœuvre qui scandalise Christian Jacob, le président du groupe Les Républicains.
Merci, monsieur le président. Monsieur le président, on vient de rompre avec plus de 50 ans de pratiques parlementaires. Les droits de l'opposition viennent d'être bafoués comme ils n'ont jamais été bafoués dans cet hémicycle. C'est la majorité qui choisit son opposition. Ça n'était jamais arrivé.
Pour le regagnant, pas de problème. Tout est normal.
Les deux premiers questions, encore une fois, sont nommés par le groupe majoritaire La République en marche. C'est le règlement de l'Assemblée. La troisième question est ouverte à l'opposition. Comme il y a six ou sept groupes différents au Parlement, je trouve que c'est plus légitime qu'il n'y en ait qu'un seul qui ressemble tous les groupes d'opposition. Donc ça a été le sens de ma candidature.
Pourtant, à l'intérieur de l'hémicycle, les esprits s'échauffent. La grogne gagne tous les groupes politiques. Les Républicains, la France Insoumise trouvent une alliance de circonstances. Le monde des points, de la proportionnelle des points, tout cela est fini. Seul président... Les communistes, eux aussi, laissent éclater leur colère.
J'ai quelques années d'expérience, peut-être trop, certains pourront dire. Est-ce que c'est ça la nouveauté ? Le nouveau monde, la nouvelle politique que vous voulez introduire dans cet hémicycle ? Qu'est-ce que c'est que ces petits trafics otages, ces artifices du 4 matin ? Au nom de quelle, de quelle démocratie ? Quelle image vous donnez de notre Assemblée ? Quelle image vous donnez à la France ? Est-ce que c'est ça l'exemple que vous voulez montrer ?
Tard dans la nuit, 5 vice-présidents en marche et un modem sont finalement élus. Face à la colère, Richard Ferrand promet de réserver 3 postes de vice-président à l'opposition. Qu'en dit-il ? La bouderie aura cessé. Dans l'hémicycle, le psychodrame peut continuer. Nous allons venir
sur cet épisode-là pour savoir s'il y a une réelle volonté de la part de la République En Marche de prendre les postes stratégiques à l'Assemblée nationale. Vous nous répondrez mais d'abord cette question précise. Qu'est-ce qu'un questeur ? Quel est son rôle ?
C'est-ce qu'un questeur ? Il est élu. Il y en a 3 à l'Assemblée nationale, 3 au Sénat. Il est élu par ses pairs pour faire tourner la machine. En gros, c'est le produit de la séparation des pouvoirs. Comme il y a séparation des pouvoirs, la Cour des comptes, les contrôleurs d'État, etc. ne peuvent pas aller mettre leur nez dans les finances de l'Assemblée nationale. Donc c'est une forme d'autogestion. Ce sont 3 députés, d'où le fait qu'il y ait toujours un député d'opposition qui puisse en gros voir comment circule l'argent, qui s'occupe de l'aspect administratif et financier de la maison. Ça représente beaucoup d'argent.
Vous avez notamment tout ce qui concerne la retraite des députés qui est un sujet éminemment explosif. Et puis c'est un budget immense. D'autre part, il faut faire tourner la machine aussi administrativement. Et ce qui est très amusant, c'est que la question, que ce soit à l'Assemblée nationale ou au Sénat, c'est une espèce de boîte noire. C'est-à-dire que... Enfin, moi, j'ai fait plusieurs enquêtes dessus et il faut à chaque fois que je me souhaite bon courage à moi-même. Parce que franchement... Et à chaque fois, vous y retournez. Oui, parce qu'il y a quand même, comment vous dire, la curiosité qui est la plus forte.
Mais néanmoins, les questeurs ne sont pas, disons, plus communiquants qu'Emmanuel Macron vis-à-vis des journalistes. Ils adorent faire leurs affaires dans leur coin. Et moi, je me disais que finalement, si, vous voyez, il n'y a plus d'opposition, c'est vrai, parmi les questeurs, il n'y a plus de réelle opposition. Parce que, bon, Thierry Solaire, c'est quand même une opposition potemkine, on va dire. Eh bien, finalement, c'est une super occasion pour faire la transparence. On est en train de parler de loi de moralisation de la vie politique. Eh bien, que les comptes de l'Assemblée soient accessibles à tout un chacun, c'est-à-dire à l'opposition et à nous, citoyens.
Alors, on a vu, André Chassaigne, tout à l'heure, très, très en colère, considérant qu'on avait vraiment changé d'époque et de pratique à l'Assemblée nationale. Vanessa Schneider, qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a vraiment une volonté de la part de La République en marche de prendre les postes, de prendre le pouvoir à l'Assemblée nationale ?
Il y a une volonté de La République en marche, clairement, d'avoir une majorité au garde-à-vous. C'est fait sans grande finesse. Avant cet épisode-là, on avait vu, ce qui est extrêmement rare, des votes à main levée sur des choix de personnes, ce qui est généralement la tradition veut que quand il y a plusieurs candidats à un poste, justement, pour pas qu'on puisse identifier celui qui vote contre ou pour tel ou tel, c'est par bulletin secret. Là, En Marche a voulu, donc évidemment, il y a eu une unanimité pour tous ceux qui se sont présentés. Ce n'est pas un signe de très grand respect des règles démocratiques. Là, en fait, il y a deux convergences qui se rejoignent.
Il y a à la fois la volonté des macronistes de vouloir contrôler tous les postes et il y a aussi, ça met en lumière, une droite plus divisée que jamais. Parce que si la droite n'était pas divisée, il ne se serait pas passé ce qui s'est passé l'autre nuit. Il faut savoir que généralement, ce sont des histoires qui se règlent en 5 minutes. C'est ça. C'est une histoire de questeurs et de, voilà, tout le monde se met d'accord, les groupes se mettent d'accord, on dit, voilà, on met telle et telle personne, ça se règle très très vite par accord. Là, pourquoi il n'y a pas eu d'accord ?
Parce que ce groupe issu des Républicains ne voulait pas laisser les Républicains au banal parce que ce groupe n'a pas, estime ne pas avoir... C'est très compliqué le groupe déconstructif. Ce sont des gens qui ont trahi les Républicains, qui se disent Macron compatibles dont Macron n'a pas besoin. Il n'a pas besoin d'eux parce qu'il a la majorité à lui tout seul. Donc il faut bien qu'il trouve un moyen d'exister ces gens-là. Ils ont trouvé, Thierry Solaire est un député très malin, ils ont trouvé cette parade de tout d'un coup se déclarer opposant pour pouvoir essayer d'avoir quelques postes parce que jusque-là ils n'avaient récupéré aucun poste.
Donc c'est la conjonction des deux, une volonté d'En Marche, de vouloir contrôler et cette droite éclatée et divisée qui a fait qu'on a abouti à cette situation que dénoncent à juste titre et Christian Jacob pour Les Républicains et André Chassaigne.
J'imagine qu'il y a des gens qui vous regardent ce soir, qui nous regardent ce soir et qui se disent donc on est reparti dans ces histoires-là. Donc le côté on a changé d'air, on va faire de la politique autrement, ça c'était une blague. C'est pire même.
C'est vrai qu'on... Là il s'agit de trafic otage. Effectivement, il s'agit de... On voit bien qu'il s'agit d'une compétition interne à la droite pour le leadership à terme et Thierry Solaire se propulse à travers cette élection. D'abord la présidence du groupe et puis cette élection à la caisture qui est effectivement un poste important, décisif parce que c'est l'argent de la guerre. Mais c'est vrai aussi qu'on est dans une situation où on a une majorité absolument absolue qui fait que... On a l'impression véritablement que le système délibératif, le système parlementaire, il est totalement paralysé. Et on voit bien que les réactions sont souvent outrancières.
Les premiers gestes des extrêmes et même des républicains ne sont pas à la mesure des enjeux parce que justement il y a cette majorité absolument absolue qui paralyse le jeu.
Je vais vous poser la question autrement. Je vais reprendre le titre de notre émission. Macron veut-il tous les pouvoirs ?
Mais c'est compliqué. En même temps, il n'a pas intérêt à avoir tous les pouvoirs parce qu'il se fonde précisément aussi sur un principe d'horizontalité. En marche, ça se veut quand même l'expression d'une démocratie participative. Simplement, c'est difficile de résister à l'attraction du pouvoir personnel quand vous avez comme ça une dynamique de ce type. On ne va quand même pas se raconter beaucoup d'histoires. Il a tous les pouvoirs.
On est quand même dans un régime politique qui est un régime si je peux développer un régime semi-présidentiel qui est en fait plus présidentiel plus présidentialiste que le régime américain parce que ne serait-ce que d'ailleurs cette adresse au Congrès quand le président s'adresse au Congrès aux États-Unis mais en retour le Congrès il peut décider de son empêchement pas à l'occasion du discours de l'Union mais il y a quand même de l'État de l'Union mais alors que le pouvoir législatif en France n'a aucun pouvoir sur le président de la République. Donc le président de la République qu'est-ce qui se passe ? Il a une majorité présidentielle.
Cette majorité présidentielle on dit Godillot généralement cette majorité présidentielle elle est quand même très favorable au président de la République elle vote tous les textes il n'y a que Hollande qui n'avait pas l'autorité suffisante pour faire valoir justement une discipline mais cette majorité elle est complètement acquise au président de la République.
Le Sénat on sait très bien que c'est une chambre qui à la marge peut faire des améliorations de textes ou peut tempérer mais elle a quand même très peu de pouvoir cette haute assemblée donc il a tous les pouvoirs et là je dirais qu'il a d'autant plus tous les pouvoirs qu'il a et c'est une des particularités de cette mandature de ce quinquennat une opposition complètement morcelée c'est des petits groupes qui sont complètement morcelés même le groupe des constructifs dont on parlait tout à l'heure Vanessa parlait du constructif ils sont une quarantaine ils sont déjà divisés entre l'UDI qui se demande s'ils vont rester constructifs puisqu'ils ne vont pas aller au congrès
ils ne vont pas au congrès non plus
et les Riesters Soler qui sont complètement macroninisés si je puis dire donc c'est compliqué le Front National vous ne l'entendez pas depuis complètement parti après tout est divisé tout est donc il a une autre position qui est très morcelée avec en plus il peut bénéficier d'un groupe ça n'a peut-être pas duré mais d'un groupe majoritaire qui regarde là qui est un peu inexpérimenté quand même donc ils font ce qu'on leur dit Vanessa Schneider oui je voulais ajouter un petit point pour expliquer pourquoi aussi Emmanuel Macron fait ça Emmanuel Macron vous évoquiez la mandature sous François Hollande avec les frondeurs Emmanuel Macron il a été directement confronté à ça Emmanuel Macron il a vécu comme un frein les oppositions internes au parti socialiste il a passé des centaines d'heures des billiers d'heures à batailler dans l'hémicycle pour sa loi avec des frondeurs qui faisaient des tonnes et des tonnes d'amendements des débats à rallon et il en a gardé l'idée que tout ça aurait pu être beaucoup plus efficace que sa loi aurait pu il aurait dû faire moins il aurait pu faire moins de concessions s'il n'y avait pas eu autant de batailles parlementaires donc tout ça part d'une expérience qu'il a jugée négative de petits jeux politiques parce que il croisait dans les couloirs par exemple des députés républicains qui lui disaient moi je suis tout à fait favorable à voter cette loi mais qui ne le faisait pas par logique de groupe donc il y a une volonté de casser ce système là et en effet de mettre une assemblée à marche forcée et c'est facilité par le fait en effet que les députés en marche sont des nouveaux députés donc il n'y a pas ces réflexes quand vous vous retrouvez avec un groupe de républicains ou un groupe socialiste les types ils ont déjà deux, trois mandats derrière eux on ne leur dit pas comme ça tu vas voter à main levée autant que la plupart ont été élus grâce à lui voilà donc là pour l'instant il peut bénéficier d'une sorte de tétanie ou en tout cas de manque d'expérience ce qui fait qu'il peut imposer des règles légèrement autoritaires
pour boucler sur ce sujet là avant d'aller au troisième reportage si on fait le résumé du début de l'émission que ce soit sur la photo sur le 14 juillet sur cette méthode de gouvernance qu'on a commenté ici même beaucoup de photos peu de paroles pas de journalistes pas de contradictions etc ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale ces derniers jours est-ce que vous diriez les uns et les autres qu'il y a une volonté une tentation hégémonique ou alors est-ce que vous diriez il fait comme les autres
non non il y a une vraie tentation hégémonique parce qu'elle s'appuie justement sur une majorité totalement cohérente et totalement dévouée Jupiter ils sortent tous de la cuisse de Jupiter Emmanuel Macron je nuancerai un tout petit peu parce qu'on parle du Sénat c'est pas sûr que la majorité du Sénat soit si docile il y a les collectivités territoriales il y a les grandes villes il y a les conseils régionaux les maires et les régions donc ça tempère un peu et puis un président de 2017 il a moins de pouvoir qu'un président de 1960 le président de la République française aujourd'hui il a l'Europe il a la mondialisation je veux dire objectivement le périmètre des pouvoirs c'est quand même réduit mais dans ce périmètre là alors là oui il est totalement hégémonique
alors dans la nouvelle ère Macron il y a quand même des fondamentaux de la vie politique qui demeurent comme la remise du rapport de la Cour des Comptes en début de mandat la sentence est sévère alors le mot est lâché le budget est manifestement entaché d'insincérité dans le jargon des juges c'est un carton rouge pour dénoncer un trou de 8 milliards d'euros dans le dernier budget de l'équipe Hollande le Premier ministre évoque cet après-midi un dérapage inacceptable Marie-Laurent Marie-Charlotte Duluc et Arnaud Foira
l'avertissement était attendu l'ampleur du dérapage sous-estimé dans un audit remis à Matignon cet après-midi la Cour des Comptes a sorti le carton rouge elle étrie la gestion de François Hollande et met en garde Emmanuel Macron la situation est plus grave que prévu
la méthode qui a été envoyée pour construire la trajectoire financière 2017-2020 présente de nombreux biais de construction qui affectent sa sincérité la Cour observe un risque fort de voir la France sortir dès 2017 de la trajectoire dont elle s'est dotée pour ramener le déficit en dessous de 3 points de PIB en 2017 des mesures de redressement ambitieuses devront être mises en oeuvre rapidement
des comptes manifestement entachés d'insincérité dans le jargon des sages de la rue Cambon cela signifie que les comptes ne sont pas bons l'engagement pris sous François Hollande de réduire le déficit à 2,8% en 2017 est mis en cause il sera finalement d'un demi-point de plus à 3,2% 8 milliards d'euros manquent à l'appel François Hollande laisse en héritage les effets différés de mesures coûteuses comme la revalorisation du salaire des fonctionnaires cadeau empoisonné selon le Premier ministre qui accuse sans détour ses prédécesseurs et fustige un dérapage inacceptable
je souhaiterais que les français mesurent l'ampleur de ce dérapage c'est comme si le gouvernement précédent avait construit un budget en oubliant celui de la justice c'est presque trois fois le budget de la culture 8 milliards d'euros de promesses non financées 8 milliards d'euros de chèques en bois
trop facile selon l'opposition l'ancien ministre de l'économie devenu président ne peut se dédouaner dit-elle du testament budgétaire laissé par la présidence socialiste qui était ministre de l'économie à Bercy
c'était Emmanuel Macron donc l'héritage c'est peut-être François Hollande oui mais c'est également le ministre de Bercy à l'été 2016 parce que tout cela a été décidé à l'été 2016
l'audit de la cour des comptes directement commandé par le premier ministre qui tombe comme un coup près un classique à chaque alternance un coup de com' selon cet ancien magistrat de la cour lorsque les promesses électorales sont en péril ces audits ils ont eu pour résultat de permettre au gouvernement d'annoncer des mesures de redressement et puis de mettre en parenthèse ou de reporter un peu plus tard certaines promesses de campagne c'est un des objectifs de ces audits par exemple la transformation de l'ISF je pense qu'elle attendra je pense que la transformation du CICE en allègement de charges elle attendra aussi parce que c'est une mesure qui a un effet ponctuel l'année où on fait cette transformation à un coût très gigantesque de l'ordre de 22 milliards d'euros donc on ne va pas le faire en 2018 on le fera en 2019 2020 je ne sais pas quand revoir le calendrier des réformes pour mieux traquer les économies Emmanuel Macron n'aurait pas d'autre choix lui qui a promis lors de sa campagne et devant Angela Merkel de contenir le déficit à 3% dès cette année
la France elle a bénéficié de délais par deux fois pour revenir en dessous de 3% de déficit en termes de PIB ces délais s'achèvent en 2017 et la France serait si elle ne les respectait pas le dernier pays d'Europe à être au-dessus de 3% et en termes de crédibilité économique de crédibilité politique pour donner aussi du poids à la démarche d'Emmanuel Macron de relance de l'Europe il faut qu'il y ait une crédibilité française il faut qu'il y ait un leadership français
le gouvernement le gouvernement s'interdit pour l'heure d'augmenter les impôts il devra donc actionner d'autres leviers pour redresser les comptes alors que l'embellie économique se confirme selon l'INSEE la croissance pourrait atteindre 1,6% en 2017
et une téléspectatrice ou un téléspectateur de C'est dans l'air qui pose cette question avec un brin de malice quand même mais au fait j'apprends que la France est en déficit budgétaire alors qu'Emmanuel Macron était ministre des finances Siv Tréa
mais oui mais attendez on nous prend c'est vraiment le bal des hypocrites cette histoire parce que chacun sait à droite comme à gauche d'ailleurs qu'il n'y a jamais eu un budget à l'équilibre depuis 1974 chacun sait qu'on est en déficit grave plus grave que beaucoup de nos voisins européens depuis longtemps en tous les cas nous pour ce qui nous concerne la situation s'est un peu améliorée au milieu des années 2000 vers 2006 2007 et puis il y a eu la crise financière et la France n'a jamais depuis 2008 réussi à remonter la pente alors à chaque fois on nous fait des promesses on nous fait des promesses avec cette règle européenne qui a été inventée d'ailleurs par les français il faut l'ajouter de dire notre déficit sera inférieur ou égal à 3% du produit intérieur brut et ça fait ça va faire 10 ans que de toute manière on ne tient pas nos engagements de ce point de vue
alors là ce qui est différent et ce qui est grave on va le dire comme ça c'est qui un mot comme je le disais tout à l'heure qui a été lâché insincère et pour un budget
pour les magistrats
de la cour des comptes ça veut dire quelque chose
alors c'est insincère parce que ça veut dire qu'il y a eu mensonge dans l'établissement des dépenses qui ont été programmées l'année dernière et on s'en doutait puisque quand des dépenses et des recettes parce que le président de la république de l'époque il espérait peut-être se représenter donc il fallait donner des cadeaux distribuer des cadeaux et ça le président de la république le sait très bien l'actuel et en contrepartie si vous voulez enfin en contre-coup c'est que ça permet au président de la république actuelle de dire attendez je ne vais pas pouvoir faire toutes les réformes que j'avais promis de faire d'ici à la fin de l'année donc il y a quelques réformes comme ça a été très bien dit dans votre reportage qui vont sans doute être reportées parce qu'il dit qu'il faut faire des économies c'est à dire qu'on ne va pas creuser le déficit mais on va faire des économies pour essayer de le réduire ce qu'il faut savoir c'est que tout ça tout ce déficit ça fait de la dette et que la dette c'est le premier poste budgétaire de la France Sophie Coignard alors quand même à la décharge d'Emmanuel Macron il était ministre de l'économie et pas ministre des finances donc ça veut dire que le budget lui était étranger je ne veux pas dire qu'il tombe de l'armoire pas du tout mais disons que sa responsabilité n'est pas engagée par rapport à l'insincérité voyez-vous ce qui est quand même important ensuite tout ça tout le monde le sait pour une raison simple c'est que dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale il y a quelques députés dont Gilles Cares que nous avons vu dans ce reportage qui était donc président de la commission des finances mais aussi par exemple Charles de Courson qui était le challenger d'Éric Wörth pour être le nouveau président de la commission des finances et bien ces députés là disaient à longueur de temps s'époumonaient à lister tous les facteurs de toutes les productions de déficit et vraiment il les avait tous chiffrés et rien de ce que dit la Cour des comptes aujourd'hui n'est une révélation fracassante alors effectivement ce qui change tout c'est le terme d'insincérité ce qui est de l'ordre ancien c'est de faire un bilan ça a été fait par pratiquement je crois tous les présidents à l'exception de Nicolas Sarkozy quand ils sont arrivés au pouvoir ce qui est de bonne guerre si j'ose dire comme disait Yves c'est de charger un peu la mule et de reporter un peu la responsabilité sur les prédécesseurs pour dire ça va être un peu plus les amis ça va être un tout petit peu plus compliqué que prévu par contre il faut bien reconnaître que dans le rapport de la Cour des comptes que j'ai regardé on voit bien qu'il y a quand même une dérive entre le déficit moyen en Europe et le déficit moyen français qui commence en 2013 et qui va crescendo jusqu'en 2016 pour vous donner une petite idée on est à une différence de 0,5% en 2011-2012 et cette année on est à 1,7%
ce qui est beaucoup beaucoup ce qui est compliqué c'est que François Hollande avait terminé son quinquennat en disant on a rendu en gros on laisse une maison bien rangée et des comptes publics en ordre
il ne faudrait pas non plus penser que c'est une opération bénéfique pour Emmanuel Macron et son gouvernement même si ça lui permet de reporter ou en tout cas d'étaler un certain nombre de réformes et de ne pas honorer toutes les promesses de campagne il y a un jeu européen qui se joue sur lequel Emmanuel Macron a l'intention de prendre une large place les planètes sont très bien alignées pour lui on a une première ministre de Grande-Bretagne qui est affaiblie plusieurs chefs de gouvernement sont affaiblis Angela Merkel qui garde la confiance des Allemands mais qui quand même a plus besoin d'un allié peut-être que précédemment donc Emmanuel Macron a un boulevard en Europe pour que la France puisse s'imposer à nouveau et arriver en étant le mauvais élève de la classe ce qui est le cas puisque la France est à part les Espagnols derrière tout le monde en termes de déficit et de non-respect des règles européennes ça diminue quand même la position de force et la capacité d'Emmanuel Macron à négocier avec les partenaires européens
et pour boucler la boucle et reprendre le titre de l'émission s'il veut tous les pouvoirs et en particulier en Europe il faudra qu'il commence par baisser les déficits de ce que vous nous expliquez Vanessa Schneider on passe maintenant à vos questions pourquoi ne pas prévoir un audit de la Cour des Comptes juste avant la fin du quinquennat pour permettre au candidat à la présidentielle d'anticiper elle est intéressante cette question surtout que
sincèrement cet audit il sert à rien parce qu'ils sont au courant des comptes publics quand ils arrivent ces comptes publics il suffit d'aller les consulter il suffit vous n'avez pas besoin c'est vraiment dire bon la Cour des Comptes bah oui et le malheur de la Cour des Comptes d'ailleurs c'est qu'elle rend des rapports régulièrement j'ai envie de dire c'est pas leur faire injure que de le dire que souvent c'est classement vertical parce que personne n'en tient vraiment compte c'est le cas de le dire on ne tient pas compte du rapport de la Cour des Comptes
merci pour ce trait du mot Jean Garrigues
je pourrais ajouter qu'on ne mange jamais autant qu'avant les élections pendant l'amour et après la chasse c'est ce que disait Georges Clémenceau ça se vérifie là encore
le bal des postures et des égaux recommence les politiques n'ont-ils donc rien compris à ce qui vient de se passer ?
bah oui parce que la politique ça reste une histoire d'hommes ça reste d'hommes et de femmes et d'humains de rapports de force et là on voit bien dans ce qui s'est passé ces derniers jours que voilà quand il s'agit de gagner des places on est prêt à tout y compris à faire ce qu'on dénonçait sous la période précédente
Macron renonce-t-il à une tradition française ? l'interview du 14 juillet pour une tradition américaine discours sur l'état de l'union devant le congrès
pas tout à fait alors c'est vrai que c'est une tradition américaine d'ailleurs qui à un moment s'est interrompue parce que Jefferson la trouvait trop monarchique et pendant jusqu'au début du 20ème siècle jusqu'à Woodrow Wilson c'était un message écrit et donc il n'y avait pas d'intervention physique du président des Etats-Unis donc même aux Etats-Unis on trouvait que c'était un petit peu jupitérien maintenant la question du 14 juillet moi là je ne suis plus réservé parce que je le répète c'est quelque chose qui a été ponctuel c'est Giscard qui l'a amené il me semble que ça n'a pas apporté grand chose au débat politique il n'y avait pas de grandes annonces pas de grands projets qui passaient alors c'était intéressant pour les journalistes ça pouvait faire quelquefois le buzz mais je ne suis pas sûr que ça marque je dirais une mise en retrait du président par rapport à la démocratie et c'est dans l'explication pardon Caroline c'est dans l'explication quand même qu'on a donné un proche d'Emmanuel Macron dans le monde d'aujourd'hui qu'on peut trouver peut-être un léger que dit-il et bien il dit à l'interview du 14 juillet on y a renoncé il vaut mieux que le président s'adresse directement dans un discours parce que franchement un question réponse avec les journalistes ça ne peut pas vraiment aller avec sa pensée complexe et donc il y a un petit côté quand même on est un peu voilà on n'est pas au niveau on n'est pas au niveau ni nous les journalistes ni les téléspectateurs on n'est pas au niveau de la pensée présidentielle on est à la limite de l'impair
on en dit un mot sur le 14 juillet quand même l'événement du 14 juillet ce sera la venue de Donald Trump ce sera quand même c'est quand même pas rien
ça c'est un événement qui à mon avis est très important parce que ça le situe comme le disait Vanessa tout à l'heure ça met Jupiter au centre du monde là pour le coup c'est plus uniquement la France c'est le centre du monde en plus il accepte Trump il a pris un risque d'une certaine façon Macron parce que si Trump avait refusé c'était très humiliant pour Macron il faut rappeler que c'est dans un contexte historique ça évoque les 100 ans de la guerre de 14 18 mais là c'est un coup qui est plutôt assez bien joué
La gestion de ces relations avec la presse par Macron vous inquiète-t-elle ? Moi je l'aime
parce que là on se focalise sur le 14 juillet en effet on peut considérer que l'exercice du 14 juillet est un peu est devenu un peu ringard il y a d'autres éléments qui sont un peu plus inquiétants et qui ont perlé tout ce début de quinquennat il y a le fait lors du premier voyage présidentiel de l'Elysée qui a cru bon de choisir les journalistes qui accompagneraient le président sachant que les rédactions payent leur voyage donc c'est pas l'État qui invite les journalistes à le suivre on a eu cette petite réflexion du porte-parole M.
Castaner il y a quelques heures quelques jours qui s'est permis de dire aux journalistes il faudrait pas embêter la ministre du travail le sous-texte c'est on arrête d'enquêter vous n'êtes pas là pour ça ce sont des pratiques un petit peu limites on va dire
inquiétantes c'était le mot utilisé vous iriez jusque là
non ? peut-être fort mais en tout cas je pense qu'il faut être vigilant et que la conception qu'ont les macronistes de la presse de ce qu'on appelle communément le quatrième pouvoir est quand même une conception restrictive en tout cas à minima
le monarque en ses châteaux élyséens et versaillais est-ce bien cela la révolution annoncée ?
c'est vrai qu'il y a quelque chose il y a quelque chose d'un peu amusant en effet alors pour effectivement être totalement dans le titre de votre émission on peut se dire que s'il veut tous les pouvoirs pour rebondir sur ce que disait Vanessa il veut aussi le quatrième donc effectivement et on voit bien qu'Emmanuel Macron essaye de montrer des images de lui qui sont des images dynamiques qui ne sont pas des images forcément justement comment dirais-je le prince et sa cour on le voit dans la photo pour revenir au début de cette émission on le voit dans les moments d'image qui nous montrent puisqu'on doit se contenter de l'image et que pour le son il va falloir attendre jusqu'à lundi mais on voit bien qu'il essaye de ne pas justement apparaître comme éloigné et comment dirais-je comme Louis XIVien pour tout dire il se méfie beaucoup de ça et vous verrez enfin moi je crois qu'on va continuer à voir dans les images quelque chose de très maîtrisé justement sur le côté les ors les dorures et les palais il est plus au Maman qu'au Louis XIV quand même il faut quand même ajouter que les français aussi adorent ça les ors de la république ça fait partie du patrimoine et de la culture française et on aime voir les palais les journées du patrimoine le montrent tous les ans on se précipite pour voir les différents palais de la république et donc le château de Versailles fait partie de l'imaginaire des français
et il y avait eu beaucoup de critiques sur le président normal François Hollande c'est ça les français ne veulent plus de la perpétuelle contestation Macron veut présenter son plan pourquoi le lui reprocher
non mais je crois qu'il y a il y a beaucoup de vérité dans cette question je pense que nous c'est notre métier on est là on scrute le moindre détail on est dans je dirais l'interprétation c'est normal mais je pense que effectivement ce qu'attendent les français c'est d'abord des réformes et surtout des réformes efficaces est-ce que par exemple la réforme du code du travail qui est quand même le grand feuilleton de l'année ça va durer ça va nous occuper beaucoup est-ce que ça va réduire le chômage ça personne ne peut le dire logiquement oui mais les français ils en sont là c'est-à-dire qu'ils l'ont choisi lui parce qu'ils se sont dit avec lui il va peut-être avoir le courage de faire les choses de changer et bon on fait un coup de balai mais c'est maintenant c'est ça qu'attendent les français après de savoir s'il fait ça à Versailles au 14 juillet à la Concorde c'est pas tellement
alors cette question qui va nous permettre de continuer sur cette thématique là ne croyez-vous pas que les français se fichent des postures institutionnelles et que ce qui compte à leurs yeux c'est que la France réussisse Jean-Garig
je crois qu'il est plus césarien que monarchique c'est-à-dire que ce qui l'intéresse c'est la concentration des pouvoirs pour agir et ça c'était l'idée de Bonaparte d'ailleurs y compris de Napoléon III enfin je vais pas entrer dans des détails d'historien simplement je pense qu'il y avait une attente d'efficacité ce que disait tout à l'heure Yves Tréhard il faut se souvenir il y a eu un sondage pendant la campagne présidentielle où deux tiers mais plus de deux tiers des français attendaient un homme d'ordre quelqu'un qui va vous donner justement qui va stimuler cette efficacité de la gouvernance et finalement je pense que ça passe assez bien dans le public cette tentation il y avait une attente c'est ça il y avait une attente
L'attitude de Mélenchon qui a presque contesté la légitimité de l'élection de Macron est-elle acceptable ?
Non elle est inacceptable d'autant que oui il faut quand même le rappeler il a été élu dans une circonscription où il y a eu un taux d'abstention qui était de l'ordre de 60%
Les députés de la France Insoumise ne prennent-ils pas le risque qu'on parle d'eux comme des députés fictifs ?
Fictifs non parce qu'ils vont faire beaucoup de bruit mais utile
c'est une autre question Et bien merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h40 demain vous retrouvez Bruce Toussaint pour un nouveau C'est dans l'air tout de suite Silence ça pousse belle soirée sur 35