Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 22 octobre 2026 25 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeTravail & emploiÉconomie & entreprises

Olivier Bitz : « Les moyens pour identifier les auteurs d’exactions sont insuffisants »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05OuverteRéponse directe

    Comment qualifiez-vous les événements du week-end dernier et la situation en France ?

  • 0:40OuverteRéponse partielle

    Qu'attendez-vous de la réunion à Matignon avec les partis politiques ?

  • 1:17RelanceÉludée

    Qui visez-vous avec vos critiques sur la difficulté à prendre la mesure des événements ?

  • 2:02OuverteRéponse directe

    Comment expliquer l'erreur d'évaluation du nombre de manifestants par les services de renseignement ?

  • 3:27RelanceRéponse directe

    Pourquoi l'état d'urgence ne permettrait pas d'aller plus loin dans l'encadrement des manifestations ?

  • 5:32OuverteRéponse directe

    Le gouvernement accuse LFI d'entretenir un climat de violence : partagez-vous cette analyse ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:02Olivier BitzFait
    « Le renseignement a été affaibli avec la réforme qui a été menée en 2008-2009. »
  • 2:44Olivier BitzFait
    « C'est la suppression des renseignements généraux qui, grosso modo, étaient vraiment en contact avec le terrain. »
  • 3:27Olivier BitzFait
    « Tout ce que je vous ai dit et qui permet d'ailleurs de retrouver le calme depuis lundi n'a pas besoin de l'État d'urgence. »
  • 4:11Olivier BitzChiffre
    « 40 % des interpellations ne donnent lieu à aucune poursuite. »
  • 5:32Olivier BitzFait
    « LFI a mis de l'huile sur le feu dans cette affaire. »
  • 10:14Olivier BitzFait
    « Les moyens aujourd'hui pour permettre d'identifier les responsables de troubles, les auteurs d'exactions, ces moyens-là sont insuffisants. »
  • 10:59Olivier BitzFait
    « La judiciarisation de l'ordre public dans notre pays est défaillante. »
  • 11:40Olivier BitzChiffre
    « 40 % des interpellations ne donnent lieu à aucune poursuite. »
  • 17:46Florent BercoChiffre
    « À Laval en dix ans les loyers ont augmenté de 43 %. »
  • 18:28Florent BercoFait
    « Les catégories C se rapprochent du SMIC. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:05

Olivier Bitz, bonjour. Vous êtes sénateur union-centriste de Lorne, vice-président de la Commission des lois. Beaucoup de questions pour vous ce matin. Vous avez donc publié un rapport sur le maintien de l'ordre en France. 30 propositions pour revoir notre doctrine en la matière. Vous allez nous le détailler dans quelques instants, mais avant ça, comment vous qualifiez-vous les événements du week-end dernier et de manière générale la situation dans laquelle se trouve la France ? Est-ce qu'on est à un moment de bascule ? Ce qui s'est passé ce week-end est absolument dramatique et je pense d'abord aux victimes, qu'il s'agisse des commerçants, évidemment des collectivités touchées. Et je tiens très clairement à affirmer notre soutien aux forces de l'ordre qui sont

0:40

confrontées à une vague de violence totalement inédite par son ampleur et c'est la raison pour laquelle la commission des lois pas plus tard que hier a lancé une mission d'information pour faire le point là-dessus. On en parle évidemment mais juste si vous deviez utiliser un mot pour qualifier ce qui se passe est-ce que c'est historique, inédit je parlais de bascule, il y en a qui parlent de bascule. Inédit dans son ampleur. Donc on s'est du jamais vu depuis plusieurs années ? Dans cette ampleur-là, oui. Sébastien Lecornu qui reçoit sainte après-midi les partis politiques à Matignon, qu'est-ce que vous en attendez de cette réunion Je pense qu'il est important que chacun se positionne clairement et que certains puissent sortir dans l'ambiguïté dans laquelle ils se trouvent. C'est-à-dire ?

1:17

Je pense qu'on ne peut pas d'un côté C'est condamné fermement, on va dire, à ce qui s'est passé ce week-end-là et être encore dans une attitude, on va dire, extrêmement réservée lorsqu'il s'agit de renforcer les moyens de l Mais vous visez quelqu'un en particulier, visiblement ? Vous avez quelqu'un en tête. Non, non, pas quelqu'un en particulier, mais on constate du côté gauche de l'hémicycle, effectivement, une certaine difficulté, je trouve, à prendre la mesure de ce qui s'est passé, mais surtout d'en tirer les conclusions pour l'avenir. On ne peut pas continuer comme ça. Et donc il y a un moment donné où il faut changer de logiciel, tout simplement parce que la situation a changé. Emmanuel Macron qui convoque de son côté à l'Elysée les services

2:02

de renseignement accusés d'avoir mal anticipé les événements, la mobilisation. La Direction nationale du renseignement territorial qui avait évalué à 200 000 le nombre de manifestants sur l'ensemble du territoire. On a vu qu'il n'y en avait plus du double. Comment une telle erreur a été possible ? Je pense d'abord que globalement le renseignement a été affaibli avec la réforme qui a été menée en 2008-2009. Par Nicolas Sarkozy ? Oui Je ne rentre pas dans la polémique. Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Ce que je veux dire, c'est que pour moi ce n'est pas l'occasion de faire de la politique politicienne. J'observe simplement que le savoir-faire qui pouvait exister avant existe moins. Donc C'est la suppression des renseignements généraux qui, grosso modo, étaient vraiment en contact avec le terrain.

2:44

C'est ça ? Voilà. Avec un savoir-faire qui lui était propre. Donc je pense qu'on a un petit peu perdu de ce côté-là et d'un autre côté, les mouvements aujourd'hui ne s'organisent plus de la même façon qu'il y a 20 ans. C'est terminé l'époque où les organisations syndicales maîtrisaient l'organisation, les parcours, le service d'ordre. Aujourd'hui nous avons affaire à des mouvements qui sont dispersés sur tout le territoire national, beaucoup plus nombreux, avec beaucoup d'agilité, de mobilité de leur côté, avec l'utilisation des réseaux sociaux. Et donc c'est structurellement plus difficile à prévoir. Donc il y a à la fois un affaiblissement de l'État au cours de ces 20 dernières années sur le sujet, mais parallèlement, il y a aussi un phénomène,

3:27

le phénomène aujourd'hui des manifestations et des dérives qu'il y a autour. Le problème, c'est jamais la manifestation en tant que telle. Une évolution qui rend la prévisibilité beaucoup plus compliquée. Depuis le Moyen-Orient, il était en déplacement. Le chef de l'État a défendu la ligne de l'exécutif en matière de maintien de l'ordre. Il a balayé d'un de l'État d'urgence. Écoutez Emmanuel Macron... Tout ce que je vous ai dit et qui permet d'ailleurs de retrouver le calme depuis lundi n'a pas besoin de l'État d'urgence. On a des dispositifs dans notre droit qui permettent à nos préfets aux raisons, au regard de la situation locale, de prendre des couvre-feu, d'interdire des regroupements. Nous avons en parallèle évidemment les enquêtes qui se poursuivent,

4:11

des les premières décisions de justice sont tombées, et donc ça nous irons au bout avec la plus grande fermeté. Donc tout ça ne requiert pas l'état d'urgence. Évidemment si la situation le justifié pourrait être pris, mais l'objectif que nous poursuivons c'est un retour au calme par la fermeté, par les mesures d'ordre et pour les demandes légitimes par le dialogue. Pas besoin d'état d'urgence – Les outils existent déjà. Par contre, l'état d'urgence n'apporterait pas grand-chose en tant que tel. Par contre, ça ne veut pas dire que nous devons rester dans la situation dans laquelle nous sommes. Il y a un autre rapport qui contient 30 propositions qui consistent à, très clairement, faire évoluer la position de l'État

4:53

et également faire évoluer la situation, notre droit sur le sujet. donc état d'urgence, l'état actuel... Mais pourquoi ça ne permettrait pas ? Il y a certains, notamment Bruno Retailleau au Sénat, qui demandent l'instauration d'états d'urgence. En quoi ça ne permettrait pas d'aller plus loin, de mieux encadrer certains débordements – Comment certaines manifestations selon vous ? – Parce que ça ne donne pas davantage de pouvoir pour réguler sur l'espace public. Il y a déjà la possibilité de faire des perquisitions administratives que permet l'état d'urgence, n'apporterait pas grand choses dans la situation actuelle. Je crois qu'effectivement, il y a par rapport à la situation inédite dans laquelle nous sommes, une volonté d'un certain

5:32

nombre de responsables politiques et de la population de réagir vite, de réagir fort. Mais je ne suis pas sûr que l'état d'urgence apporte des moyens juridiques supplémentaires. Ce qu'on a besoin, c'est de moyens humains, de moyens matériels et de faire évoluer la législation sur un certain nombre de sujets. Mais ces évolutions législatives ne sont pas permise par l'état d'urgence ? On va en parler, on va parler de votre rapport dans un instant mais avant ça une dernière question c'est depuis quelques jours on voit un bras de fer entre la France insoumise et le gouvernement le gouvernement qui accuse la France insoumise d'être sinon responsable du d'entretenir un climat de violence. Est-ce que ce n'est pas une manière pour le gouvernement aussi de

6:08

masquer sa propre responsabilité dans les débordements constatés, plus que les débordements, le chaos constaté le week-end dernier ? – Écoutez, à l'évidence, à l LFI a mis de l'huile sur le feu dans cette affaire. C'est évident, lorsqu'on voit des responsables importants de LFI nous expliquer que le recours à la violence est légitime, – Jean-Luc Mélenchon ne dit pas exactement ça, il dit « je n'appelle pas à la violence ». – Oui, ça a été le cas du maire de Saint-Denis. Donc à un moment donné, quand on encourage, qu'on légitime la violence, qu'on ne la condamne pas. Évidemment qu'on participe d'une ambiance, d'un climat qui a produit ce qui a produit. Après très concrètement, moi je ne jette pas d'accusation sur LFI,

6:52

je dis simplement que nous avons créé à la commission des lois, hier, une mission d'information qui va se transformer en commission d'enquête qui permettra de faire le point sur ce qui s'est passé. On y vient avec ce rapport déjà, ce rapport prévu de longue date, Audrey, dont les conclusions tombent à pic, même si vous avez dû faire des modifications, je crois, en urgence après ce week-end. Olivier Bittes, vous faites avec vos collègues de la commission des lois 30 recommandations choc pour améliorer le maintien de l'ordre et ça passe, Audrey, par un changement de doctrine. C'est le constat qui est dressé dans le rapport. La doctrine actuelle de maintien de l'ordre ne fonctionne pas. L'idée originelle, c'est de concilier la liberté de manifester

7:29

et la préservation de l'ordre public, mais elle se révèle inadaptée face à la raréfaction de l'encadrement syndical. Vous l'avez évoqué. Moins de services d'ordre, moins d'organisations traditionnelles et une hyper-violence marquée par les pillages. On écoute un extrait de la conférence de presse lorsque vous avez rendu votre rapport hier. « À ces grands mouvements ont succédé des mouvements plus diffus, plus nombreux, beaucoup moins structurés et beaucoup plus violents. Et donc cette doctrine de désescalade qui consiste à avoir une réponse proportionnée, strictement graduée, ne s'adapte pas à la violence urbaine. – Pourtant, cette doctrine, elle a été modifiée très récemment, en 2020, avec une doctrine nationale des tactiques d'intervention rapide.

8:09

Ces modifications n'ont pas servi ? Ça ne fonctionne pas ? Qu'est-ce qui ne fonctionne pas – Alors l'État s'est adapté évidemment à l'évolution des manifestations, ça a été l'adoption de ce qu'on appelle le SNMO, le schéma national du maintien de l'ordre en 2020 parce qu'il y avait déjà eu un certain nombre de constats faits sur le terrain. Notamment, mais moi je me rappelle aussi du sommet de l'OTAN à Strasbourg en 2009 qui s'est révélé absolument catastrophique en matière de gestion de l'ordre. On peut se de rappeler évidemment des lois et comme riz, des gilets jaunes. Et en 2020, effectivement, il y a eu une première adaptation de la doctrine de l'État. Insuffisante. Force est de reconnaître que les choses continuent d'évoluer,

8:51

de s accélérer dans les phénomènes qui avaient déjà été identifiés, c'est-à-dire la mobilité de ceux qui viennent casser et piller et la généralisation, on va dire, de ces violences en marge des manifestants qui sont là pour revendiquer de de manière totalement pacifique et légitime dans un état de droit. Évidemment que ce n'est pas le sujet, mais le phénomène s'est accéléré. Il faut encore l'adapter et renforcer ce qui a pu être mis en place. Précisément le rapport qui appelle à renforcer les moyens sur le terrain André ? Tous les moyens comme par exemple le déploiement de drones judiciaires, ces drones qui permettent de surveiller, de filmer, de collecter des preuves sous le contrôle et à la demande d'une autorité judiciaire. Faire appel aussi à la vidéoprotection algorithmique.

9:33

Dans votre rapport, on lit que l'intelligence artificielle pourrait aider à repérer selon vous des mouvements de foule ou à identifier certaines situations à risque. Autre piste, utiliser des produits de marquages pour identifier les suspects après les violences et permettre des interpellations différées. Alors, c'est une mesure choc qui fait déjà réagir puisqu'une personne innocente pourrait être en contact avec ce produit par transfert notamment. Comment on met ça en place, ces produits transfert ? Alors, typiquement, ces mesures qui visent à permettre la judiciarisation des fauteurs de troubles viennent dans le prolongement du essai des mots. Le essai des mots de 2020 envisageait déjà la judiciarisation, sauf qu'on se rend compte que les moyens aujourd'hui pour permettre

10:14

d'identifier les responsables de troubles, les auteurs d'exactions, ces moyens-là sont insuffisants. D'où la nécessité à la fois avec les drones judiciaires ou le marquage, effectivement, ou la vidéoprotection, d'avoir des moyens techniques qui permettent concrètement qu'il n'y ait pas 50 % des gardés à vue qui font l'objet de mesures de classement sans suite après des manifestations ayant dérapé. Donc l'objectif de nos propositions, il est de permettre l'identification pour que les personnes puissent être traduites, on va dire, devant les tribunaux pour répondre de leurs actes. Mais évidemment, il n'y a aucun élément de preuve qui en lui-même est suffisant. Donc ce sera à la juridiction d'apprécier les explications,

10:59

les moyens de défense apportés par la personne. Donc il n'y a pas de condamnation automatique, ça n'existe pas. Donc ce sont des moyens techniques qui viennent en plus, on va dire, de ceux qui existent aujourd'hui. Le rapport qui s'attaque aussi à la réponse judiciaire, Audrey. Vous l'avez évoqué selon vous, la réponse pénale connaît trop d'échecs, écoutez cet autre extrait de ma conférence de presse. C'est que la judiciarisation de l'ordre public dans notre pays est défaillante. 40 % des interpellations ne donnent lieu à aucune poursuite. Et si on ajoute les alternatives aux poursuites pénales, on arrive à un chiffre qui est massif. En réalité, les peines d'emprisonnement pourraient correspondre au fait que l'on concède sur les images de

11:40

télévision ne sont absolument pas proportionnées dans la sanction qui est prononcée par les juridictions. Vous préconisez donc la présence d'un magistrat du parquet avec les forces de l'ordre lors des manifestations à Riste pour garantir la qualité des procédures. Autre proposition portée de 1 à 3 ans de prison, la peine encourue pour participation à un groupement violent et puis sous certaines conditions, la saisie de prestations sociales pour indemniser les victimes de pillages ou de casses. Là, on voit que c'est des mesures sur le long terme. Qu'est-ce qu'on fait pour samedi prochain ? Nouvel acte de mobilisation, potentielle violence à attendre. Il y a des choses qui peuvent déjà s'appliquer samedi prochain,

12:23

par exemple la présence d'un magistrat du parquet auprès des forces d'ordre. Ça peut se déployer si vite ? Ça peut déjà se déployer aujourd'hui. L'idée c'est vraiment de faire en sorte que les procédures judiciaires puissent être suffisamment solides pour permettre des condamnations et donc d'associer le parquet très en amont des choses. Dans le modèle traditionnel du maintien de l'ordre effectivement il s'agissait d'abord de disperser lorsqu'il y avait une difficulté et on va dire de voilà de séparer les personnes aujourd'hui c'est tout simplement inacceptable au regard du degré de violence et des dégâts qui sont commis. Donc il faut permettre cette judiciarisation des moyens de preuve et effectivement une association des parquets bien en amont

13:07

pour garantir la solidité, on va dire, des procédures. Il ne s'agit pas d'une mise en cause de la justice. On dit simplement que l'articulation entre maintien de l'ordre et judiciarisation doit mieux se faire. Pour continuer sur la mobilisation de samedi, l'acte 2, en quelque sorte appelé de ses voeux par la coordination des Gilets jaunes. Est-ce qu'une suspension des réseaux sociaux pourrait convenir pourrait vous convenir ? C'est ce que propose par exemple Gabriel Attal qui pointe du doigt notamment TikTok et Snapchat. Une suspension temporaire évidemment. Le rôle des réseaux sociaux est absolument évident dans l'organisation de ces des dérives,

13:50

évidemment, à l'occasion des manifestations. Donc on a raison de mettre ce sujet sur la table. Après, sur la suspension, ça a déjà été testé en Nouvelle-Calédonie lors des émeutes en 2024 et on s'est rendu compte à la fois des difficultés opérationnelles et légales et constitutionnel et les obstacles de nature de nature légale effectivement puisque à la fois le droit européen le droit constitutionnel peuvent poser des sérieuses limites à cette

14:20

interdiction temporaire, en tout cas ce blocage. – Donc vous n'y êtes pas favorable ? Vous y êtes favorable avec des conditions ? – Moi je n'ai pas de problème de principe avec ça, je dis simplement qu'on a pu constater au niveau opérationnel que ça ne fonctionne pas. Donc on peut encore creuser le sujet, parce que c'est un vrai sujet. Mais pour l'instant, on ne voit pas vraiment comment ça peut fonctionner. Olivier Wist, l'Assemblée nationale qui lance une commission d'enquête sur les violences du week-end La commission des lois du Sénat qui va aussi se pencher sur les événements. Je crois que vous avez été désigné rapporteur de cette mission d'information. Vous entendez bien, visiblement, ça fonctionne, c'est un duo qui fonctionne. A quelles questions souhaitez-vous des réponses –

14:55

Tout simplement, nous attendons les réponses qu'attendent les Français. Qu'est-ce qui s'est passé le week-end dernier ? Quelle est la chaîne de responsabilité qui a abouti, on va dire, à un désastre, plus d'un milliard d'euros de dégâts, de nombreuses victimes, de nombreux policiers, gendarmes blessés ? Quelle est la chaîne des responsabilités qui a abouti à cela Et surtout, comment faire pour que ça ne se reproduise pas ? Parce qu'on n'est pas dans l'idée de pointer tel ou tel individuellement. Mais il faudrait peut-être quelqu'un aussi prendre ses responsabilités. On a l'impression que chacun se renvoie la balle aujourd'hui. Justement, nous ferons le point là-dessus. Mais je veux dire au-delà des responsabilités qui doivent être établies, c'est ce que je disais.

15:36

Parallèlement, ça doit être une commission d'enquête, on va dire qu'il soit de nature encore à prolonger le travail que nous avons fait sur l'avenir du met à l'ordre avec david marguerite et finalement c'est un cas appliqué on va dire par rapport à on passe au cas pratique par rapport à notre rapport que nous avons rendu lundi mais en tout cas nous souhaitons apporter aux Français les réponses qu'ils attendent. On va aller sur le terrain, voir comment chacun se prépare à cette nouvelle journée de mobilisation prévue samedi mais aussi à la mobilisation étudiante qui continue aujourd'hui notamment dans les facs. Bonjour Florent Berco, vous êtes maire d'Hivergauche de Laval, président de Laval Agglomération. Petite question, Laval qui est une ville très étudiante,

16:21

à quoi faut-il s'attendre dans votre ville aujourd'hui

16:25

En tout cas, la manifestation de samedi dernier qui a réuni plus de 4000 personnes, c'est le point haut de ce qu'on a pu connaître au moment des mobilisations contre la réforme des retraites. C'est passé pacifiquement. On a eu quelques heures au début des mouvements lycéens et lycéennes avec un peu deux récits, quelques établissements où vous voyez qu'il y avait une éruption et d'autres où le proviseur a fait une bataille d'aura avec une vidéo virale où le dialogue était installé. Donc moi je pense qu'aujourd'hui les conditions sont réunies pour pouvoir exercer ce droit de manifester à Laval pacifiquement, tout en respectant aussi le droit d'entreprendre des commerçants et de se faire entendre politiquement, je crois que ce droit de manifester

17:06

il est aussi constitutionnel que le droit évidemment de commercer. Donc vous parvenez à maintenir le dialogue avec les lycéens donc pas d inquiétude à l'aval, si j'ai bien compris. En tout cas, c'est une méthode que sans doute le gouvernement ne s'est pas appliquée à lui-même, celle du dialogue. Moi, dès le début des mouvements lycéens, il y a plusieurs semaines, j'ai reçu à l'hôtel de ville les lycéens, mais pas tous seuls, avec le directeur académique, avec une représentante du conseil régional, avec un représentant des forces de police. Et j'ai vu le fossé qui existait dans le dialogue entre ces jeunes lycéens et lycéennes et les institutions, on n'a pas le même langage, on n'a pas le même discours et les réponses ont été en deçà des attentes.

17:46

Donc je comprends cette colère légitime des lycéens et lycéennes sur lequel il faut que le gouvernement réponde concrètement la fin de Parcoursup en disant qu'il un remplacement par autre chose le remplacement des enseignants petit à petit la réponse arrive mais ça a été beaucoup trop long et puis le coeur du coeur du coeur de la colère et les manifestations c'est la vie chère et on le constate tous les jours à laval en dix ans les loyers ont augmenté de 43 % à l'aval une ville moyenne, une ville agréable à vivre. Le coût évidemment des carburants à 2 euros 30 à la pompe doit nous faire réfléchir, la stagnation des salaires et je le vois même en tant qu'employeur L'activité locale, les salaires se tassent. Les catégories C se rapprochent du SMIC.

18:28

Il faut absolument un coup de pouce des salaires. Et ça, c'est par une grande conférence sociale qui met autour de la table les syndicats de salariés, les syndicats des patrons, et petit à petit, branche par branche, réaugmenter les salaires si le gouvernement n'est pas capable d'augmenter le SMIC. Je crois qu'il faut apporter des solutions sur cette vie chère. Aujourd'hui on ne peut pas attendre l'élection présidentielle, c'est dans trop longtemps et d'ailleurs aucun des cortèges n'a dit élection présidentielle. Ils veulent des réponses politiques aujourd'hui à la crise budgétaire, la crise sociale et à la crise des lycéens et lycéennes. J'aimerais vous entendre Olivier Bitt sur cette... je ne sais pas si c'était c'est une interpellation,

19:02

mais en tout cas, cette position, cette colère des manifestants et des lycéens qui ne trouvent pas vraiment de réponse aujourd'hui du côté du gouvernement. – Nous ne sommes pas tout à fait sur les mêmes sujets. Il y a d'un côté des des revendications de la part des lycéens ou des étudiants, ou sur la vie chère qui peuvent être entendues, avec des conditions de dialogue avec le gouvernement qui peuvent faire l'objet de critiques. Ça c'est une chose, mais en aucun qu'un cas, ce mouvement social ne vient légitimer les violences ou expliquer les violences. Lorsque vous avez 20 000 voyous qui descendent des quartiers de Marseille pour saccager le centre-ville de Marseille, on n'est pas sur les revendications des étudiants ou des lycéens.

19:42

Donc il faut faire attention, on va dire, de pas finalement être dans une forme de couverture, d'explication, on va dire, de ces mouvements de violence qui sont d'abord du pillages et des agressions sur une force de l'autre par des revendications qui pourraient être légitimes. Je crois que, quelles que soient les réponses du gouvernement à la question des lycéens ou des étudiants, quelles que soient ces réponses ces personnes là qui se livrent au pillage et aux violences cherchent tous les prétextes on va dire pour foutre le bazar et aller tout simplement faire de procéder à des vols dans les commerces et des pillages, au-delà du vol, c'est même des pillages. Donc moi je distingue bien les deux choses, il y a un mouvement social

20:23

et j'entends ce qui peut être dit sur la manière dont le gouvernement a traité ce sujet. – Attarder peut-être à traiter ce sujet ? – Peut-être, c'est ce que dit Michel Maire. – – Eh bien, c'est sa position. Très bien, je l'entends. Mais moi, mon sujet, c'est le maintien de l'ordre. Et je ne pense pas qu'on puisse expliquer le saccage et le milliard d'euros de dégâts du week les pillages et les violences par la gestion du mouvement lycéen ou du mouvement étudiant. Pour moi, c'est deux sujets à part. Et ce serait faire insulte aux lycéens et aux étudiants que de considérer que les deux soient liés. – Monsieur le maire, un dernier mot là-dessus peut-être en réponse ? – Oui, c'est-à-dire que la stratégie du pourrissement du gouvernement, ce n'est pas nouveau.

21:04

On a connu les gilets jaunes, il a fallu combien de manifestations de saccages et de pillages ? Pareil sur la réforme des retraites, combien de mobilisations pour finir par réformer cette réforme des retraites. Donc moi, je condamne toute forme de violence. Et d'ailleurs, le premier mot qu'ont eu les lycéens et les lycéennes quand ils sont venus à l'hôtel de ville, c'est « on condamne toutes ces violences ». C'est un mouvement qui nous a échappé et on s'est On se fait prendre sans doute par des pilleurs, des casseurs. Et ça c'est hyper important. Et je me félicite et je félicite le sénateur de pouvoir nous permettre de discuter démocratiquement d'ailleurs des moyens de sécurisation de nos villes, de notre pays.

21:38

Je crois qu'on a besoin d'un grand débat démocratique sur le maintien de l'ordre, sur d'abord les moyens qu'on donne aux policiers et aux gendarmes, sur le niveau de formation et de qualification, sur le niveau de salaire parce que c'est une profession qui est très difficile, très peu attractive et Et c'est sans doute pour ça qu'on manque d'effectifs aujourd'hui de sécurité, que ce soit dans les polices nationales ou gendarmerie. Donc je crois que le débat il doit être posé, mais les deux débats, enfin je suis complètement d'accord là-dessus. La question que j'ai envie de poser presque à M. le sénateur, c'est allez-vous voir aussi ce qui se passe dans d'autres pays européens sur le maintien de l'ordre ? Peut-être qu'on a à s'inspirer de réussite et des forces.

22:12

Mais je crois que le débat a eu lieu. Merci beaucoup, M. le maire, pour votre échanges avec le sénateur Lévi Bitz. Effectivement, il y a beaucoup d'autres questions qui se posent, notamment sur ce qui se passe peut-être d'ailleurs ailleurs en Europe, comme vous voyez ce qui se passe en Italie, la casse qui se passe en Italie, au Portugal, en Espagne, en Belgique, toutes ces manifestations pour la vie chère. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Est-ce que c'est la même colère qu'en France, selon vous ? On sent manifestement qu'il y a un malaise à l'échelle européenne et surtout une évolution de ces violences. J'évoquais le sommet de l'OTAN en 2009 à Strasbourg, où on avait déjà pu voir une forme d'international de la bordélisation se former et de la violence.

22:56

– Il y a aussi le côté générationnel peut-être. – Qui venait d'un certain nombre de pays européens, donc les formes effectivement de manifestations et de recours à la violence à l'occasion des manifestations, pour les plus anciens, on se souvient de ce qui s'est passé à Gênes, il y a plus de 20 ans. Donc on voit bien qu'à l'échelle européenne, il y a un durcissement et une violence qui est beaucoup plus forte dans les manifestations. Là aussi, je crois qu'il faut un peu, de temps en temps, et c'est ce que vous faites, dézoomer un peu sur la situation française pour se rendre compte qu'effectivement il y a des évolutions que tous les pays européens connaissent. – Olivier Biss, il nous reste une petite minute, vous avez été l'un des premiers élus socialistes,

23:35

je crois, à rejoindre Emmanuel Macron en 2017. On a l'impression qu'on vit un peu une fin de règne apocalyptique, est-ce que c'est aussi votre opinion ? – Ça vous appartient, évidemment qu'aujourd'hui notre pays est en difficulté, en grave difficulté. Et les fins de mandat ne sont jamais évidentes. Je vous invite, rappelez-vous la fin du mandat de François Hollande, c'était tellement terrible qu'il n'a pas pu se représenter, que Nicolas Sarkozy avant a été battu après son premier mandat. Donc les fins de mandat sont toujours extrêmement compliquées. Maintenant, ce qui compte effectivement, c'est de réussir à se projeter pour les cinq années qu'il y a. Et les prochaines, il reste six mois ? Est-ce qu'on va pouvoir faire des choses en six mois ?

24:16

Notamment sur le maintien de l'ordre par exemple ? Je pense, d'ailleurs nous avons commencé. Le projet loi Casseur-Payeur qui arrive la semaine prochaine au Sénat, dont vous êtes rapporteur. Il y a quand même une cohérence, vous savez, au Sénat. Lorsque des sénateurs ont pu acquérir un certain savoir-faire, une certaine connaissance d'un sujet, effectivement on est identifié pour traiter les sujets, mais dès la semaine prochaine dans la loi Casseurs-Payeur nous intégrons des préconisations de notre rapport pour modifier le droit d'hôte. Non, il ne doit pas y avoir six mois pour rien. Et on suivra ça avec attention. Merci beaucoup Olivier Bisse d'avoir été avec nous ce matin. Merci Audrey.