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interviewC à vous (sur YouTube)· 8 avril 2025 52 min

Trump : la stratégie du chaos - C à Vous l’intégrale - 08/04/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Nous sommes en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe.

Bonsoir à tous les 4. Emilie, votre choix de l'actu? - E.Tran Nguyen: Le documentaire choc et d'utilité publique sur le cas B.Cantat.

Il rétablit certaines vérités sur le traitement médiatique de l'affaire de la mort de M.Trintignant. A l'époque, une artiste essayait de nous alerter, mais n'était pas écoutée, c'était la chanteuse et actrice Lio. - P.Cohen: Je vais vous parler du risque de catastrophe humanitaire mondiale après l'arrêt de l'aide humanitaire au développement.

Les agences de développement doivent stopper leurs programmes et licencier leurs cadres. - A.-E.Lemoine: Nous recevons ce soir A.de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics.

Merci de votre présence. L'Europe pourrait présenter dès la semaine prochaine sa riposte aux droits de douane de D.Trump qui ont provoqué un krach boursier. - L.Sénéchal: Est-ce que vous avez tous un livre de chevet, autour de cette table?

On est de moins en moins nombreux à lire. On ne lit plus que 30 minutes par jour. C'est à un niveau historiquement bas depuis le début de ces études qui ont lieu tous les ans depuis 2015. - A.-E.Lemoine: C'est la raison pour laquelle J.Dicker conseille de lire au moins 10 minutes par jour pour reprendre goût à la lecture. - P.Lescure: On a toujours aimé le regard, les images et les mots...

Avant de nous faire craquer à jamais avec "Cléo de 5 à 7", elle a aussi été photographe. Une expo commence demain avec toutes ses photos. - A.-E.Lemoine: Dans la 2e partie de l'émission, nous recevons I.Nanty et M.Berry pour le film "Doux Jésus".

P.El Kharrat poursuit son combat les préjugés sur les troubles du spectre autistique, dont il est porteur. Enfin, on va parler d'une série événement avec G.Le Bomin.

Voilà pour le programme. L'Edito de P.Cohen.

Vous nous parlez donc de l'autre krach provoqué par les décisions de D.Trump: un krach humanitaire. - P.Cohen: Un effondrement, non pas de valeurs boursières, mais de vies humaines. 2 millions de vies mises en péril par la liquidation de l'aide américaine au développement.

Vous avez montré ces milliers de salariés de l'Usaid brutalement remerciés. On se demandait si l'agence allait fermer. C'est fait.

On sait depuis 10 jours que l'Usaid sera dissoute. 42 milliards de budget sont donc annulés, à l'exception des programmes d'urgence, repris par le département d'Etat. Plus de 40 % de l'aide humanitaire mondiale rayée d'un trait de plume. - A.-E.Lemoine: Avec déjà des conséquences sur le terrain. - P.Cohen: Des milliers d'ONG ont reçu des lettres de résiliation de leur contrat avec l'organisme.

Certaines espèrent encore toucher une partie des allocations, quelques dollars. Les cris d'alarme lancés par les agences de l'ONU, privées de 30 à 40 % de leur financement, sont vertigineux. L'Unicef annonce qu'elle devra cesser de s'occuper de 14 millions d'enfants.

Ses médicaments sont déjà épuisés en Ethiopie et au Nigeria. Le Programme alimentaire mondial devrait arrêter ses distributions de nourriture dans 14 pays pour 58 millions de personnes. Il ne sait pas comment il pourra continuer ses activités au-delà du mois de juillet.

Le HCR, le Haut-Commissariat aux réfugiés, qui voit aussi son budget amputé de 40 %, pourrait arrêter de porter secours à 13 millions de déplacés, dont 6 millions d'enfants. Le HCR vient de lancer un clip en forme d'appel au secours. - P.Cohen: Le HCR, pour sauver ses opérations sur le terrain, commence à fermer ses bureaux et à licencier ses cadres.

J'ai parlé cet après-midi à un responsable au Moyen-Orient. Il a fait 20 ans de maison. Il vient de recevoir sa lettre de licenciement.

C'est tout un savoir-faire, une expérience irremplaçable, notamment dans les camps de réfugiés, qui disparaît. L'Afrique subsaharienne recevait la plus grande part de l'aide humanitaire. Près de 13 milliards de dollars l'an dernier pour des initiatives liées à la santé et au climat.

Là aussi, cet arrêt brutal pourrait anéantir des décennies d'efforts pour sauver des vies, sortir les populations de la misère, lutter contre le terrorisme et promouvoir les droits humains, les droits des femmes. Un exemple qui n'est qu'une goutte d'eau. On parlait hier d'Amadou et Mariam.

L'école pour aveugles de Bamako, où les 2 chanteurs et musiciens ont fait leurs classes, où ils se sont rencontrés il y a 50 ans, pourrait être menacée parce que l'Usaid aidait au financement. - A.-E.Lemoine: Qui peut se substituer aux Américains? - P.Cohen: Un sommet mondial contre la malnutrition s'est tenu à Paris il y a 10 jours.

E.Macron a pris la parole. 27 milliards de dollars promis pour les prochaines années.

Parmi les donateurs privés, la fondation de la famille Bezos. On a parlé beaucoup de Bezos comme d'un soutien à D.Trump ces derniers mois.

Le problème, c'est que les Etats européens avaient déjà commencé à réduire leur budget d'aide au développement. On en a parlé. Ils ont en plus un effort de défense à accomplir.

La Grande-Bretagne a par exemple annoncé qu'elle allait sacrifier une partie de cette aide en vue de se réarmer. A tous points de vue, sur tous les tableaux, Trump agit sur nous comme une malédiction. - A.-E.Lemoine: A.de Montchalin, une malédiction? - A.de Montchalin: Le président de la République a annoncé en juin 2023 à Paris un pacte pour les peuples de la planète qui essayait de dire qu'il fallait qu'on arrête d'opposer les causes.

Il y a des causes humaines, climatiques, celles qui demandent du soutien et de l'aide publique au développement...

Comment recréer une dynamique qui va au coeur des priorités à la fois humanitaires et...

On a eu une réunion autour du président de la République, vendredi. On était avec tous les ministres concernés. C'était précisément pour faire face à ces coupes massives.

La bonne échelle, c'est l'Europe. Les Etats-Unis, les sommes qu'ils donnaient, sont mobilisables par les Européens si on mutualise nos moyens. Le président de la République a demandé qu'on se regarde, dans le monde entier... - A.-E.Lemoine: On peut compenser l'aide américaine? - A.de Montchalin: Les pays européens, on a beaucoup de moyens, via la Commission européenne.

Tous les Européens, nous sommes les premiers donateurs. Nous donnions, déjà avant, beaucoup plus que les Américains. On donne plus de 120 milliards, en tant qu'Européens, à l'aide au développement.

Les Américains, avant les coupes, c'était 60 milliards. - A.-E.Lemoine: On est capables de mettre 60 milliards de plus sur la table? - A.de Montchalin: Je ne sais pas si on peut mettre 60 milliards.

Par exemple, la décision de D.Trump arrête totalement la lutte contre le sida. Il faut donner 8 millions en urgence.

On peut le faire, en tant qu'Européens. Il y a des urgences sur lesquelles on peut agir. Le monde du développement s'est beaucoup affronté sur des débats stériles.

Il y avait ceux qui voulaient protéger la planète et ceux qui voulaient protéger les peuples. - P.Cohen: Un humanitaire m'a fait remarquer que la Grande-Bretagne avait déclaré par la voie d'un de ses ministres qu'à cause de l'effort de défense, il allait falloir... - A.de Montchalin: La France a été un pays qui a aussi construit une grande partie de ces réponses humanitaires.

On est très engagés. On va prioriser les choses. Il y a des priorités. - A.-E.Lemoine: Il y aura des coupes budgétaires envisagées sur l'aide humanitaire?

On sait que le contexte budgétaire est très tendu. - A.de Montchalin: Notre budget 2025 est moins important qu'en 2024.

Face aux urgences humanitaires, en tant qu'Européens, celui qui est très impacté, c'est le Gavi, l'agence contre les maladies qu'on a éradiquées dans beaucoup de pays européens et qui ne le sont toujours pas en Afrique. Là-dessus, en mutualisant nos ressources... - P.Cohen: Le Gavi a permis à des dizaines de millions d'enfants d'être vaccinés ces dernières décennies.

Les Etats-Unis ont annoncé couper complètement ses fonds. - A.de Montchalin: Là-dessus, la France, autour du président de la République, comme toute l'Europe...

Il y aura au moins de juin une conférence de financement sur les vaccins. - A.-E.Lemoine: Un krach humanitaire et un krach boursier avec un rebond des Bourses mondiales qui misent sur des négociations bilatérales entre les Etats-Unis et les pays impactés par les droits de douane.

Dès demain, les Etats-Unis vont imposer une taxe de 20 % pour l'UE. Hier, l'UE a proposé une exemption des droits de douane totale pour les produits industriels. Réponse de D.Trump dans la soirée. - A.-E.Lemoine: Difficile de négocier avec un président qui n'a pas les bonnes informations. - A.de Montchalin: Tout ça est fondé sur une analyse de la situation que nous ne partageons pas.

C'est aussi pourquoi le président de la République, il y a encore quelques minutes, rappelait que notre objectif est que ces droits de douane ne s'appliquent pas et qu'on remette les faits sur la table. Quand le président Trump parle de déficits commerciaux, il n'inclut jamais les services. - A.-E.Lemoine: Ils sont bénéficiaires pour les Etats-Unis. - A.de Montchalin: Les Etats-Unis nous exportent à peu près 800 milliards de services.

Là, il dit qu'il y a un déficit. Si on fait les sommes, on est beaucoup plus proches de l'équilibre. Qu'est-ce qu'on doit faire, Européens et nous, Français?

On a, en France, 28 000 entreprises qui exportent vers les Etats-Unis. Ces 28 000 entreprises, on leur doit résilience et résistance. Résilience, parce qu'il ne faut pas que ces entreprises perdent leurs emplois, leurs marchés...

Il faut qu'on identifie d'autres marchés sur lesquels leurs produits peuvent rentrer sans droits de douane. Ensuite, il faut qu'on ait une résistance, qu'on puisse répondre. Demain, il y a un vote au niveau européen sur les réponses qu'on va donner au premier paquet sur les voitures, l'acier et l'aluminium.

Il y a une mesure qui s'applique, on y répond. Ensuite, on va montrer ce qu'on peut faire. On va montrer qu'on peut faire, sans nous abîmer trop...

Le but, derrière, c'est que ce paquet ne s'applique pas. On voit la première puissance mondiale vouloir couper les ponts avec le reste du monde, aujourd'hui. Je connais un peu les Etats-Unis.

Je ne crois pas qu'il soit tenable longtemps pour D.Trump d'aller à ce point contre les intérêts de son propre peuple et d'aller à ce point contre les intérêts de l'économie. - A.-E.Lemoine: Il est têtu.

On voit avec la Chine qu'il résiste, que c'est la surenchère totale. La Chine a dit: "OK, vous nous imposez 34 %. On réplique avec 34 %." D.Trump dit qu'ils vont passer à 50 % s'ils ne retirent pas les 34 %. - P.Cohen: Et c'est passé à 104, depuis. - A.de Montchalin: Vous avez vu l'histoire des colis de moins de 800 dollars?

La semaine dernière, quand D.Trump sort sa pancarte avec les taux, il a annoncé que tous les petits colis qui entraient dans le pays et valaient moins de 800 dollars...

C'était pour parler de Shein et les plateformes chinoises. Il dit qu'il n'y aura plus de franchise de droits de douane et qu'on paye au premier euro. Il annonce ça dans la soirée.

Le lendemain, les points d'entrée comme les ports et les aéroports sont totalement submergés. Dans les 6 heures, la mesure annoncée n'existe plus. Quand vous êtes totalement déconnecté de la réalité du commerce mondial, quand vous êtes totalement déconnecté de ce que vos administrations peuvent faire...

Ils sont revenus sur la mesure. Ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'il y a une très grande anxiété. Ca fait quand même 3 crises successives.

Je suis d'abord au service de mon pays. Je ne suis pas la ministre des Comptes publics...

Je suis d'abord au service de mon pays. Les Français ont vu une crise budgétaire. Ils ont vu une crise parce que Poutine faisait pression sur l'Ukraine.

Les Etats-Unis retirent leur aide et leur fiabilité...

Maintenant, on a cette crise économique...

Il faut qu'on soit extrêmement fermes, extrêmement clairs et qu'on puisse faire face ensemble en tant que pays. Quand vous avez un pays qui prend des décisions dans un sens ou dans l'autre, la première conséquence, c'est de l'incertitude. Ce qu'on veut, nous, Européens, c'est de montrer qu'on est capables de répondre, de riposter.

A la fin, on veut que ça ne s'applique pas. - A.-E.Lemoine: Elles vont s'appliquer demain, les nouvelles taxes. - A.de Montchalin: J'attends de voir comment les Américains vont, très vite, voir ce que ça change dans les prix, dans leur production industrielle.

Vous vous souvenez du Canada... - P.Cohen: Vous misez sur l'échelle de la mesure? - A.de Montchalin: Regardez le Canada.

D.Trump a mis des droits de douane, puis les a retirés...

C'est une forme d'autosabotage de l'économie américaine. On a fait les calculs sur l'impact sur le PIB. C'est 2 points de PIB de moins aux Etats-Unis cette année.

Et c'est au maximum 0,5 en UE. La France, c'est peut-être un peu moins, parce qu'on est moins exposés. Si vous exposez votre pays à moins de 2 points de PIB, ce n'est pas tenable.

Tous les gouvernements élus démocratiquement doivent des comptes à leurs électeurs. - A.-E.Lemoine: On a vu des milliers de manifestants ce week-end aux Etats-Unis.

Ca n'a rien changé au discours de D.Trump. - E.Tran Nguyen: Il dit qu'il faut tenir, que ça va être difficile, mais que le résultat va être historique. - A.de Montchalin: Ca fait 4 jours.

Il a dit qu'avec ça, il allait financer des baisses d'impôts, que les Américains allaient s'enrichir. Pour l'instant, c'est au moins 4000 euros de perte directe de pouvoir d'achat par l'inflation. D.Trump a fait campagne contre l'inflation.

Là, il est en train de créer de l'inflation. On ne va pas commenter ce qui se passe aux Etats-Unis. On va voir ce qui se passe chez nous.

Moi, ministre des Douanes...

Comment on accompagne les entreprises? Comment on donne un suivi à nos grands fleurons français pour qu'ils aient en temps réel les informations? Comment on aide les entreprises à trouver d'autres marchés? - A.-E.Lemoine: Et pas de taxe miroir? - A.de Montchalin: Au niveau européen, on prépare un paquet.

On va regarder les services numériques, l'accès des entreprises américaines à la commande publique ou à nos marchés publics. On va montrer aux Américains que s'ils nous font du mal, nous pouvons riposter. A la fin, le but, c'est que ça ne s'applique pas et qu'on arrive à retrouver un monde économique... - A.-E.Lemoine: Cette menace de riposte, ce sera dès la semaine prochaine? - A.de Montchalin: Demain, il y a un vote au niveau européen sur le paquet qui va s'appliquer le 15 avril sur l'acier, l'aluminium et les voitures.

Ensuite, les mesures vont être travaillées. Il faut de la rapidité...

On espère un retour à la raison collective. - E.Tran Nguyen: L'influent conseiller au commerce de D.Trump, Peter Navarro...

Quelques points pour comprendre le profil. C'est un économiste diplômé d'Harvard qui est partisan d'une guerre commerciale dure vis-à-vis de la Chine. Il est accusé d'avoir inventé de toutes pièces un expert qu'il a cité dans ses livres.

En juillet dernier, il s'est vanté de sortir de prison après avoir refusé de témoigner sur l'assaut du Capitole en janvier 2021. - E.Tran Nguyen: Aujourd'hui, E.Musk l'a traité de crétin.

Ce serait un point de discorde entre les 2 hommes. Quand on voit ce type de conseillers autour de D.Trump, comment on peut discuter avec lui, avec cette équipe? - A.de Montchalin: Il y a d'abord la démocratie.

Quand on commence à dire qu'on veut que les pouvoirs soient sous le contrôle des mêmes, c'est que c'est la démocratie qui est en jeu. Je pense que beaucoup d'Américains sont d'abord des grands démocrates avant d'être affiliés au Parti démocrate. Quand on est membre d'un gouvernement, quel que soit l'endroit où on est sur la planète, quand on a été élu ou qu'on représente une légitimité démocratique, on doit des comptes aux gens qui vivent dans le pays où on est.

Nous, on doit des comptes aux Français. A un moment, le peuple américain, les contre-pouvoirs américains...

On commence à avoir des manifestations... - E.Tran Nguyen: Mais les Américains ont voté pour D.Trump. - A.de Montchalin: Mais comment on négocie?

On négocie en ayant sur la table la capacité de montrer que, nous aussi, si on veut rentrer dans quelque chose de négatif, on pourra le faire. A nouveau, notre but, ce n'est pas de nous infliger à nous-mêmes des sanctions encore plus dures que ce qui nous arrive. Notre but, c'est de trouver une forme de dissuasion.

On est prêts aussi à le faire. Est-ce qu'on a envie d'aller là-dedans? Est-ce qu'on veut infliger 4 millions de perte de pouvoir d'achat aux Américains?

Beaucoup de gens commencent à dire à D.Trump que si on calcule le déficit avec l'influence des Gafam, on n'a pas du tout les niveaux de déficit qui sont ceux... - A.-E.Lemoine: Il y a des conseillers qui ne sont pas Peter Navarro... - A.de Montchalin: Tous les pays disent que les chiffres dont il parle ne correspondent pas à la réalité.

On a un débat parfois lunaire sur la TVA. Les Américains nous disent que la TVA est un droit de douane. Si c'est une voiture qui sort d'une usine américaine, effectivement, il y a la TVA.

Si c'est une voiture qui sort d'une usine Renault, elle a aussi la TVA. Il n'y a pas de distorsion sur le fait de savoir si la voiture est américaine ou française. Tout le monde a de la TVA.

Ils nous disent: "Ah bon? Ce n'est pas ce qu'on avait compris." A un moment, il faut qu'on fasse valoir qui on est, quelles sont nos valeurs.

Quand les entreprises françaises reçoivent des lettres en leur demandant d'arrêter la TVA...

On ne leur répond pas. On a des valeurs, on est qui on est et on ne va pas se coucher devant des choses aussi importantes que le droit du travail ou l'égalité homme-femme. On est 450 millions d'Européens.

On a un très grand marché. Si les entreprises nous disent qu'elles vont produire plus proche des consommateurs et faire moins confiance au commerce mondial...

Si vous voulez qu'on mette l'accès aux marchés publics européens...

On peut aussi les priver de produits européens. - P.Lescure: Voici ce que disait hier E.Ciotti.

Il a accusé le président de la République d'avoir, en juin 2024, dissout l'Assemblée nationale pour masquer l'ampleur du désastre budgétaire. E.Ciotti a répété cette analyse ce matin sur Europe 1. - E.Ciotti: Je suis convaincu que monsieur Macron a dissous l'Assemblée nationale pour éviter d'avoir à présenter un budget pour 2025, qui aurait contenu des mesures extrêmement impopulaires, extrêmement sévères.

Il a laissé le choix à d'autres de le faire. Il l'a fait sciemment. Au printemps, au moment où il dissout, au soir des européennes...

Je pense que le résultat des européennes est un prétexte. Il dispose là de tous les éléments qui montrent que la situation budgétaire se dégrade. - P.Lescure: Votre commentaire? - A.de Montchalin: J'ai déjà répondu aujourd'hui, mais je vais le refaire.

C'est une théorie du complot qui n'est pas à la hauteur de la situation des finances publiques, ni à la hauteur de ce qu'est notre démocratie en France. Surtout, on a un nombre de crises devant nous...

Aujourd'hui, on peut peut-être s'épargner les théories du complot et la désinformation. Cette commission d'enquête...

J'ai été parlementaire. C'était un immense honneur. Les parlementaires sont dans leur droit d'exiger le contrôle, de demander des comptes au gouvernement.

C'est leur rôle constitutionnel. Nous croyons à la démocratie et c'est normal que nous soyons face au Parlement. Une commission d'enquête montre que plein de choses peuvent être améliorées.

Ca tombe bien. Avec E.Lombard, on a annoncé beaucoup de changements sur la manière de piloter et de suivre le déficit.

Beaucoup des mesures qu'on va annoncer dans les prochains jours sont la conséquence des progrès collectifs qu'on doit faire, comment mieux gérer les aléas, comment prendre des décisions en associant les parlementaires et pas forcément de manière très technique. Il n'y a pas de problème. Ce n'est pas en disant aux Français qu'il y a un complot, qu'on a fait une dissolution pour cacher je ne sais quoi...

Les chiffres du déficit sont connus. Quand les parlementaires ont accès aux documents, personne ne leur cache. Ce qui me gêne, c'est qu'on fait croire aux Français, alors qu'on est un pays démocratique, qu'il y aurait une théorie du complot qui expliquerait la dérive des finances publiques.

Il y a effectivement une maladie endémique de la France qui est l'endettement. Ca nous prive de marge de manoeuvre pour répondre à nos grandes priorités. Ma ligne, c'est le "quoi qu'il arrive".

Comment notre pays peut faire face à ses besoins de défense quoi qu'il arrive? Comment on fait face à un modèle social où le vieillissement coûte de plus en plus cher? - A.-E.Lemoine: Merci, A.de Montchalin.

Vous êtes ministre chargée des Comptes publics et des Douanes, mais pas encore des Taxes douanières. - A.de Montchalin: Les douaniers sont partout dans le pays et ils sont prêts à taxer.

Ca n'amènera rien de bon à personne. - A.-E.Lemoine: Vous restez avec nous pour commenter le reste de l'actualité.

Une artiste dont la colère a été incomprise, voire moquée. Elle a osé dire il y a 20 ans une vérité qui paraît aujourd'hui évidente. M.Trintignant a été victime d'un féminicide, un mot qui n'existait pas au début des années 2000.

Cette tragédie avait été qualifiée dans la presse de "crime passionnel". De quoi susciter l'indignation de Lio sur le plateau de T.Ardisson. - Lio: Dire que Marie était responsable de sa mort avec lui, que c'est la passion et l'amour qui l'ont tuée...

Non. L'amour n'apporte pas la mort. Ce que je sais, c'est que Marie est morte avec un visage détruit comme après un accident de moto à 120 km/h.

Ce sont les mots des médecins. Tant que les femmes accepteront d'être victimes au nom de l'amour, c'est foutu. "On t'a volé ton amour?" Qui lui a volé son putain d'amour?

Marie est morte sous ses coups! - A.-E.Lemoine: Bonsoir, Lio.

Merci de votre présence ce soir avec le documentaire de Netflix consacré à l'affaire B.Cantat dans lequel vous témoignez. On revoit certaines séquences.

Il suscite de très nombreuses réactions depuis sa sortie. Beaucoup saluent votre courage et réalisent quelle a été votre volonté à l'époque, celle de corriger ce que vous considériez comme une injustice. Au moment où vous preniez la parole, pour beaucoup, c'est un crime passionnel, un artiste victime d'un amour destructeur. - Lio: C'est le discours qu'on entend partout.

C'est aussi, dans le même temps, une volonté de salir Marie, de l'avilir. C'était vraiment ça. C'est terrible, quand on veut avilir quelqu'un, surtout quelqu'un qui vient d'être massacré.

J'avais eu le rapport d'autopsie. très bien expliqué par Maître Kiejman. On voyait le massacre.

Ce qui est fou, on le voit dans le documentaire, on entend le médecin légiste dire des choses...

Je ne comprends pas que les gens n'en parlent pas plus. Il la tenait avec le genou sur la gorge. Il y a des ecchymoses sur la gorge.

C'est une exécution. Mon problème était aussi que je savais qu'il était violent. Tout le monde le savait dans le métier.

C'est mon gros problème, voyez-vous. On le savait. Quand Krisztina est arrivée, c'est la première chose qu'elle a dite. - A.-E.Lemoine: Qui était l'ex de B.Cantat,... - Lio: Il y a eu une prise en main de Krisztina par le groupe et Universal.

Il fallait que continue un groupe qui vendait plus que J.Hallyday. C'est énorme, Cantat, Noir Désir.

Il faut absolument préserver ça. Ce n'est pas l'artiste qu'ils veulent préserver. Ce serait trop beau de le penser.

Non, c'est le rapporteur de monnaie, d'argent. C'est ça qu'il faut protéger. Krisztina, on l'a eue parce qu'on lui a fait miroiter qu'elle protégeait ses enfants en même temps.

Au fur et à mesure que le temps a passé, elle a bien vu que c'était tout l'inverse. Elle a fini par se suicider. C'était presque chronique d'un suicide annoncé, d'après moi. - E.Tran Nguyen: C'est ce qu'on saura après.

Sur le moment, elle ne va pas dire au procès qu'il était violent. Au contraire, elle va le défendre. C'est un témoignage qui a sûrement joué en la faveur de B.Cantat, qui a aidé à alléger sa peine. - K.Rady...

Elle a été admirable pour lui, mais je ne lui en voudrais jamais. C'était le père de ses enfants. Elle protégeait ses enfants.

Jamais je ne lui en voudrais d'avoir caché certaines vérités. - K.Rady est la raison pour laquelle je commence à enquêter sur B.Cantat.

Ce que je découvre est bien plus choquant que tout ce que j'aurais pu imaginer. Son histoire est aussi triste et terrible que celle de M.Trintignant.

Il n'y a pas une affaire Cantat, mais des affaires Cantat. - E.Tran Nguyen: K.Rady a fini par mettre fin à ses jours.

Avant ça, elle avait essayé de vous parler. Elle vous avait croisée dans la rue. - Lio: Elle est venue m'attendre dans un restaurant.

On était en tournée. Elle m'a attendue. Longtemps, longtemps.

J'étais gênée. Je ne savais pas quoi faire. J'étais très gênée.

Je me trouve misérable, ce jour-là. Je n'ai pas géré. C'est 2 femmes, dans cette histoire, que je n'ai pas soutenues comme il fallait.

Marie, parce que des éléments me manquaient et que je la savais très entourée par sa famille, et Krisztina, parce que j'étais désemparée. Je ne l'ai pas écoutée. Elle m'a attendu longtemps dans ce restaurant.

Elle m'a suivie dans la rue. Elle a commencé à me parler en disant tout d'abord qu'elle regrettait et que ce n'était pas du tout facile. J'ai dit: "Bah oui.

Ca ne va pas être plus facile après. Ce n'est pas plus facile pour Marie, qui est morte." Je n'ai pas écouté davantage.

C'était à la période où elle retrouve un amour. Tant qu'elle seule, B.Cantat la laisse à peu près tranquille.

Mais quand il voit que Krisztina est heureuse et qu'elle peut refaire sa vie avec un autre homme, alors là, plus rien ne va. Il débarque chez elle, s'installe, et les violences commencent. Des violences fortes.

On parle de décollement de cuir chevelu. Je ne sais pas si vous vous rendez compte comment il faut tirer sur la tête d'une personne. - A.-E.Lemoine: Tout ça est documenté.

C'est signé Anne-Sophie Jahn, journaliste au "Point". On entend l'amoureux de K.Rady, à l'époque, à qui on a demandé de quitter sa vie.

Sur le plateau de T.Ardisson, vous avez ces prises de position. A cette époque, vous êtes bien seule.

On vous a accusée de faire le buzz au point de vous mettre à l'écart, de vous boycotter. Vous avez dû arrêter une tournée. Qu'est-ce qu'on vous reprochait? - Lio: J'ai eu entre les mains une lettre de V.Zeitoun.

Je l'ai eu par une amie. Il m'a détestée. Il me trouvait folle, hystérique.

Ce sont des gens puissants. V.Zeitoun est quelqu'un de puissant.

C'est la maison de disques. P.Nègre est quelqu'un de très puissant.

Ce sont des gens qui mènent le métier. Je ne pense pas que ces gens se parlent. Dans ma tête, on ne se fait pas des réunions...

Comme je n'en fais pas moi-même....

Je ne pense pas qu'ils se parlent. Je ne retrouve plus un seul contrat. J'avais une tournée que j'avais produite moi-même.

Je suis autoproductrice. Mon niveau de public est entre 400 et 1000 personnes, quand je suis à mon nom, toute seule. Je n'ai jamais pu faire ma tournée.

J'ai perdu tout l'argent que j'avais mis dans la préprod. Mon tourneur n'a pas voulu me donner les papiers pour que je puisse...

On n'a pas le droit de refuser une vente. Il y a d'autres artistes. La faute retombe sur les autres artistes et ce n'était pas possible. - A.-E.Lemoine: Parce que vous avez affirmé un peu trop haut et un peu trop fort que Cantat avait tué Marie. - Lio: Je n'ai pas dit trop haut ni trop fort.

Je trouve qu'on aurait pu le dire bien plus haut et bien plus fort, à l'époque. J'ai dit ce qu'il s'était passé. J'ai dit que B.Cantat était un homme violent qui tape les femmes et qui n'hésite pas à les tuer, qu'il a, à son compteur, 2 femmes, une qu'il a massacrée à mains nues et l'autre qu'il a poussée au suicide...

Aujourd'hui, je peux le dire. C'est reconnu. On ne peut pas me traiter de diffamatrice.

C'est reconnu. Une avocate a essayé de défendre l'amoureux de K.Rady.

Sauf que c'est Bordeaux et qu'à Bordeaux, il y a une omerta. B.Cantat est un héros à Bordeaux.

Personne ne parle. Personne. - A.-E.Lemoine: A l'époque, une société n'a pas voulu voir ou accepter le récit du crime passionnel.

Et accepter que pour alléger la responsabilité de l'un, on accable l'autre. C'est ce que vous disiez quand on avilissait M.Trintignant...

Certains ont réécrit sa personnalité. C'était le cas du frère de B.Cantat. - T.Ardisson: Vous parlez de la réécriture de la personnalité de Marie alors qu'elle était capable de sérieux excès.

Tout le monde le sait. - X.Cantat: Elle a eu pleins d'amants. 4 enfants avec 4 pères différents.

Ce n'est pas lui rendre hommage que de vouloir en faire une petite fille modèle. Elle ne l'a jamais été. Ils essayent de nous faire croire qu'ils ne l'ont jamais vue s'énerver après quelqu'un, se fâcher.

Ils ne l'ont pas vue, alors. - T.Ardisson: Merci. - A.-E.Lemoine: Aujourd'hui, ça s'appelle le "victim blaming", le fait de blâmer la victime.

Ces stratégies ont des noms pour les désigner. Ca permet de mieux les identifier et de mieux les combattre? - Lio: La simple intelligence, sans "blaming" ou machin truc...

On écoute ce que dit cet homme. Chaque phrase est ignoble. Pas besoin de savoir que ça s'appelle du "victim blaming" pour voir que chaque phrase est ignoble et ne tient pas debout.

B.Cantat mesure 1,90 m. Il a des paluches...

Il avait des bagues à chaque doigt, comme dans la chanson. "Elle est pas gentille. Elle m'a frappé la première..." Marie?

Un petit bout comme ça? Toute mince? Qu'est-ce qu'elle peut faire?

Si ce n'était pas aussi tragique, tout le monde lui dirait de se taire, de la fermer. Est-ce possible de dire des choses pareilles? - A.-E.Lemoine: Lio, vous vous félicitez du chemin parcouru?

Aujourd'hui, vous n'êtes plus seule à tenir ce discours. - Lio: C'est vrai. - A.-E.Lemoine: Les yeux du monde ne sont plus les mêmes que ceux d'il y a 20 ans. - Lio: Les yeux des femmes prennent confiance.

Nous ne sommes pas une minorité, mais nous sommes traitées comme une minorité à éliminer ou, en tout cas, à bien contrôler. Les femmes, c'est formidable. A l'époque, j'ai reçu beaucoup de soutien des femmes. "Je suis dans cette situation et je ne sais pas comment faire." "Votre prise de parole m'a poussée à partir.

Vous m'avez donné le courage de me battre. Ca a pris 10 ans, mais je l'ai fait." C'est bien tombée à cette période-ci, précisément, de recevoir ces témoignages.

C'était formidable. Pour répondre à l'autre partie de la question, qui est "qu'est-ce que ça change"...

Regardez les mots et la méthode qu'utilise l'avocat de G.Depardieu. - A.-E.Lemoine: J.Assous. - Lio: Je ne connais pas son nom.

C'est la même chose. On en est toujours là, à oser faire ça à l'homme. Demain, un voleur rentre chez vous, vous vole et tue la personne qu'il doit voler.

Personne ne va s'acharner sur la personne tuée. "On se rend compte que dans la vie de tous les jours, ils boivent un peu trop..." C'est impensable.

Pourtant, on a le droit de le faire sur les femmes. Je voudrais que ça change et qu'on se rende compte qu'en termes...

C'est un magnifique métier, avocat, mais il faut de la décence, une forme de déontologie, il me semble. - A.-E.Lemoine: Merci, Lio, d'être venue malgré l'épreuve que vous traversez.

Vous étiez sur scène le 15 mars dernier pour la tournée Les Années 80. Ca a beaucoup ému le public. J'imagine que l'émotion du public vous donne de la force et que les témoignages que vous avez reçus pour ce témoignage... - Lio: J'ai reçu beaucoup de témoignages qui me disaient que je ne devais pas aimer assez mon fils pour pouvoir monter sur scène. - A.-E.Lemoine: On vous a dit ça? - Lio: Oui.

Je dis simplement que nécessité fait loi. Je dois travailler. J'ai encore d'autres enfants.

J'ai des petits-enfants. Nécessité fait loi. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup d'être venue sur le plateau de "C à vous".

Le documentaire sur l'affaire Cantat, "De rockstar à tueur: le cas Cantat", est toujours disponible sur Netflix. - Lio: Que tout le monde le regarde! - P.Cohen: Il y a déjà beaucoup de monde. - Lio: Plus! - A.-E.Lemoine: C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal.

Un centre de tri a brûlé toute la nuit dernière à Paris. - L.Sénéchal: Le feu s'est déclenché hier, en fin de journée, pas loin du tribunal de Paris.

C'est dans le 17e arrondissement, le nord de Paris, tout près du périphérique. Le feu a surpris de nombreux automobilistes qui ont filmé les flammes. C'est vite devenu impressionnant.

L'incendie était visible en voiture et depuis les rails, un peu plus au nord. Ca a été filmé par de nombreux internautes. - Vous voyez le ciel à Paris?

On dirait que c'est beau, mais je ne pense pas que ce soient des nuages. ... - Ca dégage une chaleur! - Oh là là!

C'est impressionnant. - L.Sénéchal: Même les pompiers ont publié une vidéo.

La fumée noire a inquiété les habitants. L'odeur âcre a pris à la gorge, piqué les yeux. Les autorités se sont voulues rassurantes.

Pas de toxicité particulière relevée. Le feu a été éteint dans la nuit. Pas de victime.

Une seule employée intoxiquée par les fumées a été hospitalisée, mais pas de gravité. - A.-E.Lemoine: Un jeune homme a été abattu à quelques mètres d'une école, près de Lyon. - L.Sénéchal: Il a été touché d'une balle dans la tête en plein jour.

Il était 13h30. C'était à moins de 100 m d'une école élémentaire. Les enfants ont dû être confinés et les parents sont choqués. - C'est malheureux qu'une personne soit décédée juste à côté de la cour.

Je ne suis pas tranquille pour mon fils. Même pour les enfants. Aujourd'hui, c'est ça.

Ca peut traverser la cour, toucher des gens, des enfants. - L.Sénéchal: Une enquête est ouverte pour assassinat et a été confiée aux policiers spécialisés dans la criminalité organisée.

Un point de deal avait été démantelé non loin de l'école. Ca n'excuse rien, s'agace la maire socialiste. - Ce qui s'est passé n'est pas normal.

C'est un sujet sur lequel il faut rester ultramobilisé. Les habitants demandent que disparaisse ce trafic. Ce n'est pas naturel, les points de deal. - L.Sénéchal: "L'école est un sanctuaire", a martelé le préfet.

C'est une nouvelle épreuve que subit l'Education nationale après la délocalisation d'une école à Saint-Ouen. - B.Retailleau: Il va falloir être cohérent et constant dans l'action. - L.Sénéchal: Les députés ont exhorté d'adopter le texte de loi contre le narcotrafic à l'Assemblée.

La procureure générale de la cour d'appel de Paris est dubitative. Pour elle, c'est une question de moyens. Madame la ministre? - A.de Montchalin: Sur le sujet de Vaulx-en-Velin...

On a dit dans les débats que le narcotrafic tue plus que le terrorisme. C'est vrai. On le voit encore.

C'est un scandale humain et de sécurité. C'est un scandale...

Parce que c'est aussi un scandale financier. Les narcotrafiquants ne sont plus des petits dealers. Ils sont au sein d'énormes industries, de réseaux.

Il y a du blanchiment massif. On veut prendre l'argent du narcotrafic. Il faut faire le lien entre le ministère de l'Intérieur et la présence policière, le ministère de Bercy sur le blanchiment et la saisie de tout cet argent sale qui alimente les achats d'armes, le trafic de toutes sortes de choses qui, malheureusement, gravitent dans notre pays, et la justice.

Il faut mettre une réponse pénale très forte. Je suis un peu émue. Le témoignage de Lio est très fort.

J'avais 21 ans quand M.Trintignant, actrice magnifique que j'avais vue comme ça dans des bouts de films, a été assassinée. Je trouve qu'on a fait un progrès.

Ce que j'entendais et que je me disais, c'est que dans notre société, les femmes battues, les femmes qui font face à cette violence, sont encore face à une immense solitude. Elles ont des collègues, des voisins...

En l'écoutant, je me suis demandé qui écoutait et accompagnait vraiment aujourd'hui. Ce n'est pas qu'une question de police et de gendarmerie. C'est une question de nous tous.

Où est la vigilance? Quand est-ce qu'on dit stop? Elle dit que beaucoup de gens ont été silencieux, au fond.

C'est ça, notre défi, en tant que société. L'Etat peut organiser, mais on le voit sur les lieux de travail, les cages d'escalier, le monde amical...

Il faut que la société...

On dit que c'est un féminicide et pas un crime passionnel. C'est horrible. C'est comme dire que les femmes cherchent à se faire violer en mettant des jupes courtes.

La solitude des femmes victimes de violences...

Je suis assez émue. Dans notre vie, on doit tous croiser des femmes qui ont probablement besoin d'aide. Il faut qu'on ait les antennes, les oreilles, l'écoute et l'action. - A.-E.Lemoine: Pardon... - A.de Montchalin: La transition n'est pas forcément très simple. - A.-E.Lemoine: On retourne aux Etats-Unis, où la politique migratoire de D.Trump a été validée par la cour suprême des Etats-Unis. - L.Sénéchal: D.Trump a ancré cette cour suprême du côté conservateur en nommant 3 juges d'extrême droite.

La cour suprême donne son feu vert à l'expulsion de migrants sur la base d'une loi du XVIIIe siècle, à condition qu'ils aient accès à un appel. D.Trump utilise ce texte contre des membres supposés d'un gang vénézuélien.

Il les a expulsés vers le Salvador. Ca fait débat en France, les idées de D.Trump.

Ce discours fait des émules chez nous. Regardez la dernière proposition de L.Wauquiez, rival de B.Retailleau pour prendre la tête des Républicains.

Il dit qu'il faudrait expulser les OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon, territoire français de l'Atlantique Nord, en face du Canada. Idée saugrenue qui fait bondir M.Le Pen.

Elle dit que la place des OQTF, c'est dans leur pays et pas dans un territoire français. ...

Le ministre des Outre-mer, M.Valls, dit ceci. ...

Je vous passe les réactions outrées des élus de Saint-Pierre-et-Miquelon. L.Wauquiez dépasse les bornes? - A.de Montchalin: Saint-Pierre-et-Miquelon est un territoire à des milliers de kilomètres.

Il y a 6000 habitants. Les "ressorts", comme le dit M.Valls, de cette idée, ce que ça génère comme vision du bagne, de l'exil forcé...

Qu'il faille avoir une politique migratoire et des contrôles, personne ne le nie. Avoir des règles qui puissent être respectées, personne ne le nie. C'est extrêmement méprisant pour les gens de Saint-Pierre-et-Miquelon de leur expliquer qu'au fond, le bagne est de retour.

C'est... - A.-E.Lemoine: D'un autre âge? - A.de Montchalin: Ce n'est pas parce que c'est possible que c'est défendable.

La loi ne peut pas justifier l'indéfendable, ni aux Etats-Unis, où on déshumanise des personnes qui...

Si elles doivent être condamnées, on les condamne. Si elles doivent être renvoyées, ce n'est pas dans ces conditions. C'est tombé très bas. - A.-E.Lemoine: Les produits d'hygiène, symbole de la perte de pouvoir d'achat des Français. - L.Sénéchal: 4000 personnes ont été interrogées. 47 % déclarent réduire leur consommation de produits d'hygiène pour des raisons financières.

C'était 1 Français sur 3 l'année précédente. 9 % des sondés se brossent parfois les dents sans dentifrice. Les plus touchés sont le maquillage et les colorations.

On a demandé aux Parisiens leurs astuces pour réduire les coûts. - Je raréfie le maquillage. Je ne me maquille que pour les grandes occasions. - Le dentifrice, je tire jusqu'au bout. - J'avais vu une alternative qui proposait de faire des shampoings, des dentifrices...

Ils envoient juste le tube et le solide. Après, on rajoute l'eau. - Shampoing et savon solide.

C'est plus économique. - Je prends les produits de ma mère et ça marche très bien. - Je prends de l'eau et ça marche très bien aussi. - L.Sénéchal: Les prix dans le secteur de l'hygiène sont 20 % plus élevés qu'il y a 3 ans. - A.-E.Lemoine: Les Français lisent de moins en moins. - L.Sénéchal: L'écran gagne du terrain sur le livre.

On ne lit plus qu'une demi-heure par jour. Ca inclut les magazines en plus des livres. - P.Cohen: Pas les smartphones?

Les vrais livres. - L.Sénéchal: C'était 40 minutes l'année précédente.

Ca descend en flèche. On peut voir le verre à moitié plein. En 72, regardez les enfants.

Ce n'est pas mieux qu'aujourd'hui. - Est-ce qu'il t'arrive de lire des vrais livres? - Non. - Pourquoi? - Parce que ça ne me plaît pas et j'ai la flemme de les terminer. - Je lis mal.

Je ne respecte pas la ponctuation. - On m'a conseillé de lire parce que ça sert beaucoup pour les études. Je me suis mis à lire, mais enfin... - Qu'est-ce que tu lis chez toi? - "Babar", "Mickey"... - Tes parents ne te demandent pas de lire autre chose? - Si, mais je ne le fais pas. - L.Sénéchal: Les Français plébiscitent toujours les magasins et les librairies plutôt que les plateformes Internet.

Les 2/3 achètent chez des libraires et seulement la moitié achète en ligne. - A.-E.Lemoine: 3/4, 2/3... - L.Sénéchal: 75 %, 50 % et... - A.-E.Lemoine: Sinon, ça ne fait pas le compte.

Je vais lire la suite. Merci, madame la ministre chargée des Comptes publiques et des Douanes. Dans un instant, I.Nanty, M.Berry, Paul et S.El Kharrat, la mère et son fils,

Trump : la stratégie du chaos - C à Vous l’intégrale - 08/04/2025 — Amélie de Montchalin · Pourquijevote