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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 27 septembre 2026 19 minContradictoireActualité / polémiqueSantéJusticeInstitutions & électionsSolidarités & famille

L'Église catholique "montre le chemin" dans la société, estime Jean-Marc Sauvé à quelques heures de la rencontre du pape avec des victimes de violences sexuelles

Source d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Qu'attendez-vous de la rencontre du pape avec les victimes à Lourdes ?

  • 1:47OuverteRéponse directe

    Votre rapport a montré un système ayant permis des abus. Que pensez-vous de la rencontre du pape ?

  • 2:09OuverteRéponse directe

    Certains collectifs critiquent le pape pour ne pas avoir rencontré les associations. Qu'en pensez-vous ?

  • 2:52OuverteRéponse directe

    L'Église de France est-elle à la hauteur des enjeux ?

  • 3:18OuverteRéponse directe

    Y a-t-il une gêne de la part du pape selon ces collectifs ?

  • 4:27OuverteRéponse directe

    Votre rapport estime 330 000 victimes depuis les années 50. Comment expliquez-vous le faible nombre de demandes de réparation (2000) ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55Invité politiqueChiffre
    « 95% des abus se sont produits en dehors de l'église catholique, dans les familles, dans les services publics d'accueil de mineurs, et puis bien sûr aussi hors des institutions. »
  • 4:05Invité politiqueFait
    « l'Église catholique, à la différence de la totalité des institutions d'accueil et d'éducation de mineurs, a mis en place un dispositif indépendant, indépendant de reconnaissance et de réparation des violences sexuelles. »
  • 4:24Invité politiqueFait
    « Ça fait suite à notre rapport, c'est dans la ligne de nos recommandations. »
  • 4:39Invité politiqueFait
    « Elle montre le chemin, ce qui est impressionnant. C'est de voir qu'en réalité, hormis la civise sur les violences sexuelles commises à l'intérieur des familles, aucun travail d'inventaire du passé n'a été fait où que ce soit. »
  • 7:40PrésentateurChiffre
    « Votre rapport estime à 330 000, le nombre de victimes depuis les années 50, ce qui est absolument considérable. »
  • 8:30Invité politiqueChiffre
    « le nombre réel des victimes est de toute façon, depuis 2005, il y a eu un grand nombre d'études sur les violences sexuelles dans la société française, et ces chiffres en centaines de milliers sont la vérité. »
  • 13:11Invité politiqueFait
    « En France, le bilan, il est globalement positif. Et je vais vous dire, nous pouvons servir, en France, de référence pour le reste de l'Europe et le reste du monde. »
  • 18:34Invité politiqueFait
    « Dans la première période, plus de 50% des abus ont eu lieu dans les écoles catholiques. Et ensuite, avec la fermeture des internats, la part des écoles s'est effondrée. »

Temps de parole

  • Invité politique67 %
  • Auditeur15 %
  • Présentateur10 %
  • ?5 %
  • Invité3 %

≈ 34,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Bonjour Camille. Bonjour Benjamin. Et bonjour Jean-Marc Sauvé.

0:02
Invité politique

Bonjour.

0:03
Présentateur

Ancien président de la SIAZ, cette commission indépendante sur les abus sexuels dans l'église, commission qui a permis de prendre la mesure des crimes sexuels commis au sein de l'église en France. Votre rapport explosif en 2021 a marqué un vrai tournant en la matière. On verra comment vos recommandations à l'époque sont appliquées aujourd'hui. D'abord cette rencontre du pape Léon XIV à Lourdes aujourd'hui avec 7 victimes d'abus sexuels dans l'église. Ce sera en fin de journée. Qu'est-ce que vous en attendez

0:30
Locuteur

?

0:31
Invité politique

Je pense que c'est d'abord un signal tout à fait important de la gravité de ce qui s'est passé dans l'église catholique.

0:39
Locuteur

D

0:40
Invité politique

'ailleurs, pas seulement en France, je dirais dans l'ensemble des pays du monde.

0:44
Locuteur

En

0:45
Invité politique

même temps, si vous voulez, les violences sexuelles sur mineurs, ça n'est pas du tout le monopole ou l'apanage de l'église catholique. Je veux dire par là que notre rapport en 2021 le documente, 95% des abus se sont produits en dehors de l'église catholique, dans les familles, dans les services publics d'accueil de mineurs, et puis bien sûr aussi hors des institutions.

1:14
Locuteur

Ce

1:15
Invité politique

qui est quand même impressionnant, c'est de voir en réalité qu'avec le recul du temps,

1:23
Locuteur

l

1:24
Invité politique

'église catholique est la seule institution qui finalement a admis,

1:31
Locuteur

au

1:31
Invité politique

-delà des fautes et des dérives de quelques brebis caleuses, sa responsabilité institutionnelle, sa responsabilité, et d'avoir engagé un travail de réparation.

1:43
Locuteur

Oui,

1:44
Auditeur

parce que Jean-Marc Sauvé, c'est ce qui ressortait de votre rapport à l'époque en 2021, c'est que c'était un système qui avait permis que d'autant d'actes aient été commis. Mais pour en revenir à la rencontre aujourd'hui à Lourdes, Benjamin le disait, c'est donc sept victimes qui vont rencontrer le pape. Certaines associations, plusieurs collectifs de victimes, critiquent ce choix du pape de ne pas avoir souhaité rencontrer les associations. Je vous propose qu'on écoute ce qu'en disait Alain Esquer, porte-parole du collectif des victimes de Bétarame.

2:14
Locuteur

On

2:15
Invité

aurait trouvé évidemment plus pertinent que le pape, qui avait reçu 39 demandes d'audience, s'affiche au moment de la messe, sur la prairie de Lourdes, aux côtés de toutes ces victimes demandeuses, devant les 150 000 fidèles, pour exprimer à la fois sa honte et surtout exhorter l'Église de France à enfin agir concrètement et forcer de constater que l'Église de France n'est toujours pas à la hauteur des enjeux.

2:46
Locuteur

On

2:47
Auditeur

entend l'émotion et la colère d'Alain Esquer, ce porte-parole du collectif des victimes de Bétarame. Est-ce que l'Église de France n'est toujours pas à la hauteur ?

2:55
Locuteur

Alors, voilà,

2:58
Invité politique

je comprends ce que dit Alain Esquer en tant que responsable d'un collectif de victimes. Je ne balaye pas cela d'un revers de la main. C'est vrai qu'on aurait pu imaginer un autre format de rencontre.

3:17
Auditeur

En clair, est-ce qu'il y

3:18
Locuteur

a

3:18
Auditeur

une gêne de la part du pape ? C'est ça que soulèvent ces collectifs en disant,

3:22
Locuteur

en

3:22
Auditeur

écoutant des témoignages, l'écoute a déjà été faite par l'Église. Les collectifs,

3:26
Locuteur

c

3:26
Auditeur

'est plus politique

3:27
Locuteur

le message

3:28
Auditeur

qu'ils portent.

3:28
Invité politique

Ce que je pense, effectivement, c'est que le pape veut rencontrer des personnes plus que des collectifs, des mouvements, des institutions. Il y

3:45
Locuteur

a

3:45
Invité politique

un point vraiment tout à fait important qu'il faut souligner, c'est que l'Église catholique, et là je ne suis pas d'accord avec ce qu'Alain Esquer vient de dire, de ce que nous venons d'entendre de ses propos, l'Église catholique,

4:04
Locuteur

à

4:05
Invité politique

la différence de la totalité des institutions d'accueil et d'éducation de mineurs, a mis en place un dispositif indépendant, indépendant de reconnaissance et de réparation des violences sexuelles.

4:21
Présentateur

C'était suite à votre commission ?

4:23
Invité politique

Oui, voilà. Ça fait suite à notre rapport, c'est dans la ligne de nos recommandations.

4:27
Locuteur

Et

4:28
Invité politique

là, je dois dire que dans la société française, très clairement, elle montre le chemin. Elle montre le chemin, ce qui est impressionnant. C'est de voir qu'en réalité, hormis la civise sur les violences sexuelles commises à l'intérieur des familles, aucun travail d'inventaire du passé n'a été fait où que ce soit. Alors, ne parlons pas des dispositifs de reconnaissance et de réparation. Donc, voilà.

4:59
Locuteur

Ce que

4:59
Auditeur

vous voulez dire, c'est que l'Église n'en a peut-être pas encore assez fait aujourd'hui, mais que l'Église en a fait plus que d'autres institutions. Je voudrais vous faire écouter ce que le pape Léon XIV a pu dire lors de son voyage en juin en Espagne. Parce que là, il va rencontrer les victimes, on ne sait pas exactement ce qu

5:17
Locuteur

'il

5:17
Auditeur

va leur dire. On peut avoir une idée en réécoutant les mots du pape. C'était donc à Madrid en juin dernier.

5:23
Locuteur

C

5:24
Invité

'est un fléau. La communauté ecclésiale doit répondre par l'écoute,

5:28
Locuteur

la

5:30
Invité

vérité,

5:30
Locuteur

la

5:32
Invité

justice,

5:33
Locuteur

la

5:34
Invité

réparation

5:35
Locuteur

et

5:37
Invité

un engagement toujours plus déterminé en faveur de la prévention et

5:43
Locuteur

d'une culture de la bienveillance. Alors, un

5:46
Auditeur

fléau, les mots sont forts de la part du pape, il est selon vous à la hauteur, ce pape Léon XIV, de la gravité et des enjeux

5:53
Locuteur

? Moi,

5:54
Invité politique

je pense qu'il y

5:55
Locuteur

a

5:55
Invité politique

eu, au sein de l'Église catholique, un travail vraiment en profondeur qui a commencé à partir du pape Benoît XVI. Il est vraiment le premier pape qui, dans un style qui est un style prudent et réservé, mais s'est véritablement saisi du sujet. Après, le pape François, également, il a publié, en mai 2019, un texte, on va dire un décret, on dit en latin un motu proprio, dont le titre est « Vous êtes la lumière du monde »,

6:33
Locuteur

qui

6:34
Invité politique

est d'une radicalité incroyable sur les obligations de l'Église catholique en termes de réparation de ce qui a été fait. Et je pense, honnêtement,

6:47
Locuteur

qu

6:47
Invité politique

'en Europe

6:48
Locuteur

et

6:49
Invité politique

en Amérique,

6:51
Locuteur

la

6:53
Invité politique

plupart des conférences épiscopales ont fait le travail, le travail de mise à jour. Bon, je comprends que les victimes, et notamment les collectifs de victimes, soient blessés et continuent de protester, mais le travail a été fait. Alors, ce travail doit être terminé, notamment dans certains États, curieusement, comme l'Italie,

7:15
Locuteur

qui

7:16
Invité politique

a mis en place une commission.

7:18
Auditeur

Ils sont en retard en Italie, par

7:19
Locuteur

exemple

7:19
Invité politique

? Ils ont fait un appel à témoignage, ils ont eu quelques milliers de plaintes, donc le dossier a été refermé en disant « Il y a 2000 ou 3000 victimes ». On aurait pu faire la même chose en France et fermer le dossier, ce n'a pas été fait.

7:35
Locuteur

Vous

7:36
Présentateur

n'avez pas fermé le dossier, vous parliez de réparation, Jean-Marc Sauvé, et de nombre de victimes. Votre rapport estime à 330 000, le nombre de victimes depuis les années 50, ce qui est absolument considérable. Sur la réparation, seulement 2000 victimes, à peu près, ont entamé un processus auprès de l'Institut national de réparation.

7:56
Locuteur

Justement,

7:56
Présentateur

comment vous expliquez ce petit nombre ?

7:59
Locuteur

Cet

7:59
Invité politique

écart est mis en avant par des personnes qui sont toujours dans le déni aujourd'hui pour dire « Mais vous voyez bien, il n'y a que 2000 ou 3000 victimes, et tous ces chiffres, 216 000 victimes de prêtres et de religieux, 330 000 victimes, si on comprend notamment les laïcs en mission d'église. » Donc tout ça, c'est du vent, c'est de l'invention. En fait, non.

8:30
Locuteur

Ce

8:30
Invité politique

que l'on peut dire, c'est que le nombre réel des victimes est de toute façon, depuis 2005, il y a eu un grand nombre d'études sur les violences sexuelles dans la société française, et ces chiffres en centaines de milliers sont la vérité. Simplement, simplement,

8:49
Locuteur

un

8:50
Invité politique

certain nombre de victimes, un grand nombre de victimes, soit ne savent pas qu'il y a des dispositifs de reconnaissance et de réparation, soit ont choisi de tourner la page. Parce qu'ils ne veulent pas remettre ce qu'ils ont vécu, ce qu'ils ont souffert, sur le dessus de leur

9:13
Locuteur

vie. Et d

9:13
Auditeur

'ailleurs, c'est pour ça que le pape, pardon, dit que c'est une plaie toujours ouverte.

9:19
Locuteur

Mais je le crois. Il sent qu

9:19
Auditeur

'il y a cette volonté aussi de tourner la page pour certains, de dire «

9:22
Locuteur

Bon,

9:23
Auditeur

on a fait notre examen de conscience, passons à autre chose ».

9:28
Invité politique

Je pense qu'il y

9:29
Locuteur

a

9:29
Invité politique

une certaine disponibilité des institutions de l'Église catholique, et on le voit notamment avec les instances en France chargées de la reconnaissance et de la réparation. Mais beaucoup de victimes choisissent

9:43
Locuteur

de

9:44
Invité politique

se taire, de s'auto-censurer, pour ne pas raviver des douleurs et des souffrances qui sont insupportables. J'ai encore assisté, moi, cette semaine, dans une communauté religieuse qui n'est pas chrétienne,

10:00
Locuteur

à

10:00
Invité politique

la parole de victimes qui étaient en souffrance profonde. Mais c'est terrible,

10:08
Présentateur

c'est terrible. Dans ces conditions, Jean-Marc Sauvé, comment on répare ? Vous insistiez il

10:11
Locuteur

y

10:11
Présentateur

a un instant sur l'importance de la réparation quand des victimes ne souhaitent pas s'engager dans ce chemin-là qui existe pourtant. Est-ce que ça suffit de le proposer ou est-ce qu'il faut faire autre chose

10:21
Locuteur

?

10:21
Invité politique

Je pense qu'il faut le proposer et puis

10:25
Locuteur

le

10:26
Invité politique

faire savoir, vraiment le faire savoir, et puis après respecter le cheminement de chacune des victimes. Et encore une fois, je pense que certaines victimes ont raison de ne pas vouloir réactiver ce qu'elles ont vécu. Mais ce qui est vraiment important, n'est-ce pas, c'est que dans la reconnaissance et la réparation, ça c'est un point fondamental, il ne s'agit pas

10:52
Locuteur

de

10:53
Invité politique

faire un chèque. Moi, j'ai entendu les collectifs de victimes, quelques jours avant la remise de notre rapport,

11:00
Locuteur

et

11:01
Invité politique

ils m'ont dit,

11:02
Locuteur

non

11:02
Invité politique

mais,

11:03
Locuteur

il

11:03
Invité politique

ne

11:03
Locuteur

faut

11:03
Invité politique

quand même pas que l'Église catholique s'imagine qu'avec un chèque, elle sera quitte à notre égard. On aura en plus l'impression que c'était le prix d'une passe. Bon, et donc, il y a des... Et c'est ça qui est fondamental dans le travail qui a été engagé. Il y a une dimension, évidemment, financière, mais une dimension restaurative.

11:25
Auditeur

Jean-Marc Sauvé, en un mot, vous parliez donc de cette instance de réparation qui a été mise en place suite à votre rapport. Cette instance, aujourd'hui, arrive à sa fin. Une autre va être mise en place. Et il y a de nouveau une inquiétude de la part des collectifs de victimes sur cette nouvelle instance, sur son indépendance. Quel est votre regard à vous

11:42
Locuteur

? Je

11:44
Invité politique

pense que pour la nouvelle instance qui va être mise en place, les décisions structurantes n'ont pas encore été arrêtées. Donc, je

11:57
Locuteur

ne les

11:58
Invité politique

connais pas. Ce

11:58
Présentateur

qui inquiète, c'est que c'est la conférence des évêques qui la met en place. C'est mis en place au sein de l'Église, basé sur les cellules d'écoute au sein des diocèses. Les collectifs des victimes craignent que ça perde, justement, en indépendance, ce qui est l'un des piliers fondateurs, justement, de ces instances de réparation.

12:14
Invité politique

Mais je suis d'accord, effectivement, avec les questions qui sont posées. Il faut suivre la mise en place de ce dispositif. Moi, ce que je voudrais dire, c'est que quand on a créé

12:27
Locuteur

la

12:28
Invité politique

commission que j'ai présidée, les collectifs de victimes, et je ne leur jette pas la pierre, on dit, mais qu'est-ce que c'est

12:35
Locuteur

que

12:36
Invité politique

cette commission qui est mise en place par l'Église catholique

12:40
Locuteur

? L

12:41
Invité politique

'Église catholique ne peut pas faire la lumière sur ce qui s'est passé chez elle.

12:46
Locuteur

Et

12:46
Invité politique

on s'en est pris plein la figure.

12:48
Locuteur

Et vous

12:49
Auditeur

avez finalement fait preuve

12:49
Locuteur

de votre indépendance. Et puis, on

12:50
Invité politique

a montré qu'on peut... Et quand les institutions indépendantes ont été mises en place, on a dit, qu'est-ce que c'est que ces trucs ? Bon, et finalement, les deux instances indépendantes ont fait, là aussi, la preuve de l'indépendance. Donc, voilà, il faut faire aussi crédit aux démarches qui sont engagées. Et honnêtement, en France, le bilan, il est globalement positif. Et je vais vous dire, nous pouvons servir, en France, de référence pour le reste de l'Europe et le reste du monde. Ce que je voudrais dire, c'est qu'aujourd'hui, il y a des pages qui n'ont pas été ouvertes. C'est ce qui s'est passé en Afrique

13:32
Locuteur

et

13:33
Invité politique

en Asie. Les violences sexuelles, ce n

13:35
Locuteur

'est

13:35
Invité politique

pas le monopole de l'Occident décadent.

13:38
Locuteur

Le

13:39
Invité politique

8.30 France Info, Camille Girard, Benjamin Recouvreur.

13:44
Locuteur

Jean

13:44
Auditeur

-Marc Sauvé, ancien président de la CIA, cette commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église. Vous êtes notre invité ce matin du 8.30 France Info. Votre rapport, le rapport Sauvé, issu de deux ans de travail, avait provoqué un séisme il y a cinq ans. Je voudrais revenir sur les mots que vous venez de prononcer en disant que ce n'était pas un monopole de la France, de l'Europe. Il fallait aussi regarder dans les autres pays ce que faisait aussi l'Église dans d'autres continents. Vous avez évoqué l'Afrique. Qu'est-ce que vous vouliez dire plus précisément

14:12
Locuteur

?

14:12
Invité politique

Eh bien,

14:14
Locuteur

si

14:15
Invité politique

vous voulez, le rôle du pape est absolument fondamental. Le rôle des papes successifs est notamment pour nommer les choses, dire que c'est intolérable et engager d'ailleurs des procédures disciplinaires. Vous savez que les conférences épiscopales n'étant pas toujours complètement fiables, à l'époque du pape, même du pape Jean-Paul II, il a été décidé de les faire remonter au Vatican. Donc, ce

14:45
Auditeur

que vous voulez dire, c'est que le pape trace un chemin,

14:47
Locuteur

c'est une parole

14:47
Auditeur

forte, mais ensuite c'est à chacune des Églises

14:49
Invité politique

de

14:50
Auditeur

passer des paroles aux actes.

14:51
Invité politique

Exactement. C'est à chacune des Églises de passer des paroles aux actes. Et de ce point de vue, je pense que sur ce sujet des violences sexuelles, sur les personnes vulnérables, en particulier sur les mineurs, il y a encore une longue route à parcourir dans deux continents, l'Afrique et l'Asie. Et vraiment, les violences sexuelles, ce n'est pas le monopole de l'Occident dégénéré. Moi, ce qui m'a impressionné, c'est que dans les tout premiers temps de l'histoire de l'Église,

15:30
Locuteur

on

15:30
Invité politique

est au premier siècle, on est dans les années 50.

15:35
Locuteur

Jésus

15:36
Invité politique

de Nazareth a été crucifié

15:38
Locuteur

moins

15:39
Invité politique

de 20 ans auparavant.

15:41
Locuteur

Il

15:42
Invité politique

y a des premiers documents qui circulent, c'est au moment où c'est d'abord les Évangiles, il y a un document qui circule et qui donne des directives aux communautés. Et parmi ces directives, il y en a une qui est extrêmement claire,

15:56
Locuteur

et

15:57
Invité politique

j'ai littéralement, pour parler trivialement, halluciné quand je l'ai lu. Il y a attention au traitement des enfants. On dit, de la manière la plus claire, qu'il est intolérable,

16:12
Locuteur

dans

16:12
Invité politique

cette Église qui se constitue, d'avoir, de commettre des violences sur les enfants.

16:19
Locuteur

L

16:20
Présentateur

'Europe n'a pas le monopole de ces violences sur mineurs. L'Église non plus, vous le disiez en début d'entretien, c

16:24
Locuteur

'est partout

16:25
Présentateur

dans la société. On l'a encore vu récemment avec des scandales de violences dans le périscolaire, par exemple.

16:30
Locuteur

Bien sûr.

16:31
Présentateur

Tous les trimestres éclatent

16:33
Invité politique

de nouvelles affaires.

16:33
Présentateur

À chaque fois, ce sont des systèmes à déconstruire. Ce travail qu'a fait l'Église, aucune autre institution ne l'a engagé en France, à vos

16:42
Locuteur

yeux.

16:42
Invité politique

Ce que je voudrais dire, c'est qu'il n'y a pas autant de systèmes criminels qui a de lieu où se développent ou persistent les violences sexuelles sur mineurs. Mais fondamentalement, des institutions d'accueil de mineurs, historiquement, n'ont pas voulu voir, n'ont pas voulu entendre, n'ont pas capté des signaux faibles. Et quand elles ont été confrontées à un début de libération de la parole, elles ont dit non, non, non, non, non, pas chez nous, ça n'existe

17:18
Locuteur

pas. Oui, parce que

17:19
Auditeur

Jean-Marc Sauvé, dans votre rapport, il était clairement souligné que 30% des, donc 330 000 victimes mineures estimées, l'avaient été dans un cadre scolaire. Et on a l'impression que, malgré ça, à chaque fois, qu'il

17:32
Locuteur

y a

17:32
Auditeur

un nouveau scandale, c'est comme si tout le monde semblait tomber des nus. Le déni, le silence continue dans l'ensemble de la société ?

17:43
Invité politique

Oui, il y a une forme de silence. Il y a une plus grande vigilance, et c'est heureux, sur ce risque. Il y a des mesures de prévention, maintenant, des dispositifs de recueil des signalements qui existent.

18:00
Locuteur

Quand

18:01
Invité politique

des plaintes sont déposées, il y a des enquêtes, alors qu'avant, on déplaçait les auteurs, partout, dans l'église catholique, dans l'éducation nationale, etc. Donc,

18:15
Locuteur

il y a plus de

18:16
Invité politique

vigilance, mais on répugne, en réalité, à soulever le couvercle,

18:23
Locuteur

et

18:23
Invité politique

à faire la lumière, et à regarder ce qui s'est réellement passé. Et pour l'école, vous soulignez,

18:30
Locuteur

pour

18:30
Invité politique

l'école, 30% des abus ont été commis dans les écoles. Mais il faut savoir que nous, nous avons travaillé depuis 1945. Dans la première période, plus de 50% des abus ont eu lieu dans les écoles catholiques. Et ensuite, avec la fermeture des internats, la part des écoles s'est effondrée.

18:48
Présentateur

Merci beaucoup, Jean-Marc Sauvé, d'avoir accepté l'invitation de France Info ce matin. On s'est un président de la CIAS, cette commission indépendante sur les abus sexuels dans l'église. L'info continue sur France Info. Restez avec nous.