L'invitée du jour : Stéphanie Rist - 23/07
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 62 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteÉludée
Est-ce que ces morts supplémentaires, c'est un échec du système de santé français ?
- 2:06FerméeRéponse partielle
Vous vous êtes rendu compte que les listes des communes n'étaient pas à jour ?
- 3:01RelanceRéponse partielle
On n'était pas prêts, l'hôpital a tenu, mais on n'avait pas de climatiseur, comment l'expliquez-vous ?
- 3:51FerméeRéponse directe
Vous avez un chiffre du nombre de climatiseurs livrés ?
- 4:15FerméeRéponse partielle
Est-ce que ce chiffre de 5700 morts va encore augmenter ?
- 4:58OuverteRéponse directe
Un mot de la situation des finances et du budget de la santé
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:29PrésentateurChiffre
« Plus de 80%, ça a presque doublé. Le nombre de morts en Ile-de-France a presque doublé en 15 jours. »
- 1:33PrésentateurChiffre
« le nombre de morts attendues a presque doublé en Ile-de-France »
- 3:56Invité politiquePromesse
« les 30 000 climatiseurs sont en train d'arriver tous les jours et seront là d'ici fin juillet »
- 4:08Invité politiquePromesse
« Les 30 000 climatiseurs seront soit dans les chambres, soit dans les salles de soins d'ici la semaine prochaine »
- 5:55Invité politiqueFait
« Il n'y a pas d'augmentation des franchises »
- 6:00Invité politiquePromesse
« Nous gelons le montant de ces franchises »
- 6:25Invité politiquePromesse
« Ce que nous faisons, c'est que nous doublons ce plafond qui n'a pas évolué depuis 20 ans »
- 8:23Invité politiqueChiffre
« nous avons depuis 2017 mis 85 milliards de plus pour notre système de santé »
- 8:52Invité politiquePromesse
« Cette mesure réglementaire, c'est un décret qui peut être effectif dès l'année 2026 »
Temps de parole
- Stéphanie Rist67 %
- Présentateur33 %
≈ 7,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC. Il est 8h45 et vous êtes bien sur RMC et RMC Story, la ministre de la Santé et l'invité d'RMC ce matin. Rebonjour Stéphanie Riste, merci de nous réserver votre première prise de parole après la publication de ces chiffres de surmortalité enregistrés pendant la canicule du mois de juin, près de 6000 décès supplémentaires. On a détaillé tous ces chiffres. Est-ce que ces morts supplémentaires, c'est un échec du système de santé français ?
Alors déjà j'ai une pensée pour toutes les familles qui ont perdu un branche pendant cette canicule et quand on est ministre de la Santé, dès qu'il y a même un décès supplémentaire dont on se dit qu'on aurait peut-être pu l'éviter, c'est jamais une satisfaction bien évidemment. Ce qu'on peut dire à ce jour avec les données que nous avons et qui ont été bien expliquées, donc il y a eu une surmortalité, notamment des personnes isolées à domicile, c'est ce qu'on a assez vite, on s'est assez vite rendu compte que le système de santé tenait, que l'apprentissage de la canicule de 2003 avait été fait, mais qu'on a un sujet de solitude en fait je dirais, et de personnes qui sont...
On a oublié ces personnes isolées comme Louisette dont on entendait le lycée.
On n'avait pas suffisamment de moyens de les repérer, de les détecter, de les accompagner. C'est évident puisqu'il y a une surmortalité de ces personnes, notamment en Ile-de-France avec un excès de surmortalité qui est très haut en Ile-de-France.
Plus de 80%, ça a presque doublé. Le nombre de morts en Ile-de-France a presque doublé en 15 jours.
Oui, le nombre de morts attendues a presque doublé en Ile-de-France, et notamment chez ces personnes qui sont seules et isolées. C'est pour ça que très vite, avec le Premier ministre, on a mis, et de façon très interministérielle, puisqu'il ne s'agit pas évidemment que du système de santé pour ces personnes qui sont isolées, un travail sur un plan hors sec renforcé pour prévenir mieux ces décès à domicile, pour repérer mieux, pour mieux les accompagner dans des salles et des endroits où ils pourront être dans des endroits rafraîchis.
Pour être très clair, vous vous êtes rendu compte que les listes que les communes doivent tenir à jour n'étaient pas à jour ? On n'avait pas la liste des personnes fragiles à aller voir pour s'assurer qu'elles aillent bien ?
Alors c'est variable déjà selon les communes. On peut renforcer évidemment, et je le redis puisque l'été n'est pas fini, je redis aux personnes isolées qu'elles peuvent se signaler auprès de leur mairie pour être dépistées, je dirais, sur ces registres, et être accompagnées si des chaleurs devaient revenir. Et puis c'est tout le travail qu'on a mis en place pour qu'il y ait une meilleure coordination entre tous les acteurs sur le terrain pour que ces personnes soient mieux accompagnées. Parce qu'il ne suffit pas de les repérer, il faut aussi les accompagner dans des salles rafraîchies.
Donc il y a tout un travail de cartographie que nous avons fait de savoir où est-ce qu'il y a des salles disponibles et comment on accompagne ces plus fragiles. Je pense aussi aux personnes les plus fragiles, les personnes en situation de handicap, qu'il faudra aider à accompagner dans ces pièces rafraîchies.
En fait on n'était pas prêts, l'hôpital, vous le disiez, a tenu, mais on était avec Mathias Vargon, l'urgentiste tout à l'heure, qui nous disait oui ça a tenu, mais avec des chambres où il faisait 34 parce qu'on n'avait pas de climatiseur, ça a tenu, on n'était pas prêts. Comment vous expliquez qu'on n'ait pas vu venir ce type de situation alors que des alertes sur la hausse des températures, on en entend finalement parler tous les ans ?
Alors quand on compare avec la canicule de 2003, on voit des nets avancés dans l'organisation de l'État, dans la vigilance des professionnels de santé, la sensibilisation, la formation, ce qui a permis de diminuer le nombre de morts qu'on aurait pu s'attendre si on n'avait rien appris depuis 2003. Après c'est vrai que tous les hôpitaux n'ont pas encore été reconstruits, qu'ils ne sont pas tous rafraîchis ou climatisés, c'est pour ça que nous avons fait tout un travail d'urgence de climatiseurs d'appoint.
On en est où ? Vous avez un chiffre du nombre de climatiseurs qui a été livré ?
La promesse est tenue du Premier ministre, la promesse est tenue puisque les 30 000 climatiseurs sont en train d'arriver tous les jours et seront là d'ici fin juillet.
D'ici à la fin du mois, donc d'ici à la fin de la semaine prochaine ? Si la canicule revient en nous, les hôpitaux auront leur climatiseur ?
Les 30 000 climatiseurs seront soit dans les chambres, soit dans les salles de soins d'ici la semaine prochaine.
On le disait, 5 700 morts, un peu plus en deux semaines. Est-ce que ce chiffre va encore augmenter ? Est-ce qu'on peut avoir des décès à postériori ? Des organismes fatigués, la chaleur qui continue, ça va continuer de provoquer des décès ?
Ce qu'on voit cette année, c'est qu'on a une succession aussi de chaleurs importantes et d'épisodes de canicules. Il sera difficile peut-être de faire le partage entre le décès lié à une canicule ou à celle d'avant puisqu'on sait qu'il peut y avoir des décès retardés, notamment chez les gens qui ont des maladies chroniques. Mais on le voit tous, même en étant en bonne santé, on se sent tous fatigués par ces chaleurs. Et donc, évidemment, quand vous avez des maladies chroniques ou des maladies graves, vous pouvez avoir un retentissement ces chaleurs un petit peu espacées.
Stéphanie Ries, je voudrais qu'on dise un mot de la situation de nos finances et du budget de la santé puisque le Premier ministre s'est exprimé dans Paris Match cette semaine en disant que l'assurance maladie était une piste importante d'économie. Est-ce que ça veut dire qu'on va faire des économies sur les soins et notamment sur les patients ? Est-ce que la question des franchises médicales est bien sur la table ?
Est-ce que les franchises médicales que chaque patient paye pour chaque boîte de médicaments achetée, pour chaque visite chez le médecin, est-ce que le plafond de ces franchises médicales, qui est aujourd'hui à 100 euros, va augmenter, va doubler comme l'affirme le journal Les Echos ce matin ?
Je voudrais dire deux choses. La première, et nous venons d'en parler, nous devons continuer à investir pour notre hôpital, à investir pour l'accès aux soins et pour avoir des médicaments qui restent les médicaments les plus efficaces. La deuxième chose que je voudrais dire, et pour être très très claire, le débat sur les franchises a eu lieu l'année dernière. Ce débat a été tranché par le Premier ministre. Il n'y a pas d'augmentation des franchises. Nous gelons le montant de ces franchises. Un euro par boîte de médicaments, ça ne changera pas. Ce que nous faisons évoluer, c'est le plafond annuel.
C'est-à-dire que depuis 20 ans, les Français, tous les Français, s'ils dépassent un nombre de consultations ou un nombre de boîtes de médicaments, payent aujourd'hui, s'ils sont au maximum, 100 euros par an. C'est un plafond. Ils ne peuvent pas avoir à payer plus. Ce que nous faisons, c'est que nous doublons ce plafond qui n'a pas évolué depuis 20 ans. Mais encore une fois, je le redis...
Donc on ira jusqu'à 200 euros par an et par patient ?
Alors, il faut savoir qu'en moyenne, quand vous êtes un patient avec des maladies, donc si vous êtes quelqu'un qui a une maladie chronique, en moyenne, c'est 78 euros par an actuellement. Donc si on double, on peut estimer qu'il sera plutôt à 150 qu'à 200 euros. Ce que je dis, c'est d'une part, nous ne touchons pas aux franchises. D'autre part, vous savez qu'il y a 18 millions de Français qui ne payent pas ces plafonds puisqu'ils sont soit fragiles financièrement, ils ont la complémentaire santé solidaire, soit c'est des femmes enceintes, soit c'est des mineurs. Donc 18 millions de Français ne sont pas concernés.
Mais tous les autres ? Mais ça veut dire que vous allez finalement faire des économies, en demander des efforts à des gens qui ont besoin de soins, qui sont malades, qui ont besoin de médicaments. Plus on consomme des médicaments, plus on va payer des franchises médicales.
Ça correspond à 100 boîtes de médicaments par an pour avoir à payer ce plafond. Des gens qui ont des traitements à l'année. En dessous du plafond. Il peut y avoir les gens, mais il peut aussi y avoir un effet de regarder dans son placard s'il reste des médicaments. Je suis très alertée. D'ailleurs, nous travaillons à des mesures sur le gaspillage de boîtes de médicaments. Nous savons, nous le voyons, et les infirmiers à domicile m'en parlent régulièrement, nous avons trop de boîtes de médicaments dans nos pharmacies qui ne sont pas utilisées. C'est une petite mesure qui permet de regarder aussi si on a sa boîte de médicaments dans sa pharmacie avant d'aller reprendre une boîte.
Ce ne sont pas les plus fragiles qui vont payer ?
Ce que je dis, les plus fragiles financièrement, les femmes enceintes, les mineurs, ne sont pas concernées. Je voudrais le redire. Nous ne touchons pas aux franchises. Nous gelons le montant des franchises. Ce débat a été tranché, il a eu lieu l'année dernière. Ce que nous faisons, c'est faire évoluer un plafond qui n'a pas évolué depuis 20 ans. Mais pourquoi nous le faisons ?
Ce sera effectif quand ?
Nous devons continuer à investir dans notre hôpital. Nous avons depuis 2017 mis 85 milliards de plus pour notre système de santé, nos financements, notre investissement. Mais nous devons continuer cet investissement pour l'hôpital, cet investissement pour l'accès aux soins, je pense aux maisons France Santé, et cet investissement pour avoir encore les médicaments les plus efficaces. Je ne veux pas être la ministre de la Santé qui, parce qu'elle n'aura pas pris des mesures, fera que dans 20 ans, nous n'aurons plus des médicaments les plus efficaces
Ce sera effectif quand ?
Alors, cette mesure réglementaire, c'est un décret qui peut être effectif dès l'année 2026.
Il sera pris quand, ce décret ?
Il y a d'autres mesures, parce que je voudrais aussi dire...
On a très peu de temps, pardon. Est-ce que ce décret sera pris dès cet été ?
Ce décret peut être pris, oui, dès cet été, oui.
Il est en train d'être rédigé ?
Exactement.
Merci d'être venu préciser tout cela. Stéphanie Harris, ministre de la Santé sur RMC ce matin, qui nous annonce donc le doublement du plafond des franchises médicales. Chaque patient pourra désormais payer jusqu'à 200 euros par an de franchise médicale. Il est 8h55. Sous-titrage ST' 501
Stéphanie Rist