Éric Zemmour, président du parti Reconquête - 02/03
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Politique, deux jours après ce clash historique entre le président Donald Trump et le président ukrainien, Voldimir Zelensky, sommet crucial aujourd'hui à Londres, entre un certain nombre de pays du continent européen. Pour soutenir le président Zelensky, notre invité ce matin, Éric Zemmour, BFM Politique, c'est tout de suite. Bonjour Éric Zemmour, merci d'avoir accepté notre invitation. Votre parole est rare, on le disait, sommet historique aujourd'hui à Londres, avec un certain nombre de pays du continent européen qui sont alliés effectivement de l'Ukraine, qui vont à nouveau apporter leur soutien au président Zelensky.
A mes côtés ce matin pour vous interroger, Amandine Attalaya, éditorialiste BFM TV, et Ludovic Vigogne de La Tribune Dimanche, notre partenaire pour cette émission. Alors Éric Zemmour, on le disait, on est aux yeux de tout le monde en train de vivre un moment qui est probablement une bascule historique sur le plan politique, sur le plan géopolitique. On a vu ces images à Washington qu'on reverra aussi dans quelques instants, mais c'est à Londres que cela se joue. Aujourd'hui, la plupart des dirigeants européens seront présents pour apporter leur soutien à Voldimir Zelensky. Est-ce qu'alors un star, vous Éric Zemmour, aujourd'hui, vous apportez votre soutien à Voldimir Zelensky ?
Écoutez, je pense que le sujet n'est pas apporter son soutien ou pas apporter son soutien, mais est-ce qu'on achève enfin cette guerre ou est-ce qu'on ne l'achève pas ? Est-ce qu'on achève une guerre qui manifestement ne peut pas être gagnée ? Est-ce qu'on continue de se battre jusqu'au dernier ukrainien vivant ? Est-ce qu'on permet à ce peuple valeureux, courageux, qui s'est battu valeureusement contre des forces supérieures en nombre, de souffler et d'arrêter de se vider de son sang ? C'est quand même ça le sujet. J'aimerais quand même remettre les choses à leur place. La première chose à faire, c'est d'arrêter tout ce sang coulé du peuple ukrainien.
Donc vous appelez le président Zelensky ce matin à déposer les armes ?
Non, mais il n'y a pas à déposer les armes. Il y a à trouver d'abord un cessez-le-feu, puis un traité, un arrêt ou un règlement. Je dis depuis le début, c'est-à-dire depuis avant cette guerre, que l'Ukraine ne peut pas avoir, en raison de sa géographie, vous savez, Napoléon disait, on a la politique de sa géographie. C'est comme ça. Ils ne vont pas changer la carte, ils sont à côté de la Russie, entre la Pologne et la Russie, et ils sont le lieu de passage de toutes les invasions depuis trois siècles, depuis Charles XII, Napoléon, Hitler, qui ont envahi la Russie. C'est comme ça. Donc, il y a une situation particulière. Il faut tenir compte de cette situation particulière.
Et moi, j'avais proposé, je n'étais d'ailleurs pas le seul, et ce n'est pas moi qui l'avais inventé, des gens bien plus capés que moi, tel Henri Kissinger et tel même M. Brzezinski, les deux plus grands conseillers des présidents américains depuis 50 ans, avaient dit qu'il faut que l'Ukraine ait un statut de neutralité, qu'elle ne rentre pas dans l'OTAN, et qu'il y ait un régime plus ou moins fédéral pour permettre aux populations de l'Est, qui sont russes ou russophones, d'avoir une certaine autonomie linguistique, etc.
Mais pour l'instant, Éric Zemmour, pour l'instant, la guerre continue. Et donc, pour l'instant, la question qui se pose dans les médias, avant d'arriver à un éventuel cessez-le-feu, c'est dans la mesure où le soutien américain recule. Est-ce que les Européens doivent pallier ce recul américain ? Et est-ce qu'il faut fournir plus d'armes, plus d'équipements, plus de matériel encore à l'Ukraine en ce moment ?
Chère madame, il y a ce qu'on voudrait et il y a ce qu'on peut.
On peut.
Sans les Américains, les Ukrainiens ne peuvent plus se battre. Voilà. Je vous le dis franchement. Et je vous le dis nettement. Sans les Américains, sans les armes américaines, les satellites américains, les services secrets américains, il n'y a plus de combat possible. Donc les Européens peuvent s'agiter, ils peuvent faire des moulinets. La vérité, c'est qu'ils ne peuvent pas remplacer les Américains. Tout le monde le sait. M. Zelensky le sait. M. Macron le sait.
On doit donc s'aligner sur les Américains et cesser d'aider l'Ukraine ? J'essaie de suivre le fil de votre pensée.
Mon fil de ma pensée est très simple. Il faut faire la paix. Il faut arrêter cette guerre. Il faut arrêter que les Ukrainiens meurent. Et il faut trouver une solution qui satisfasse tout le monde. Je vous rappelle, avec mon idée, qui n'était pas mon idée, de neutralité, ça a permis, après-guerre, alors que c'était Staline, pas vraiment attendre, à la Finlande et à l'Autriche, de vivre tout à fait décemment, de prospérer, de vivre en paix, et finalement de rejoindre l'Occident.
Éric Zemmour, est-ce que ça doit se faire à n'importe quel prix ? Certains disent, aujourd'hui, ce serait une capitulation de l'Ukraine. Mais c'est toujours les grands mots.
C'est toujours les grands mots. Et pendant ce temps-là, le peuple ukrainien se bat et meurt. C'est bien. Pour la survie du... Oui, mais moi, je leur propose justement le moyen de survie. Il n'y aura pas de survie dans une guerre sans fin. Je vous le répète, qu'est-ce qu'on veut ? Donc ils doivent laisser les territoires conquis, par exemple, par la Russie ou pas ? Pour l'instant, il n'y aura pas le choix. Encore une fois, il fallait éviter la guerre il y a deux ans. On n'aurait pas cette situation. Il fallait accepter ce statut de neutralité, renoncer à l'OTAN, comme l'a dit d'ailleurs M. Biden avant même M. Trump. Et il fallait avoir un statut souple.
Il fallait que les Français et que les Allemands et les Américains, à l'époque, c'était exactement les accords de Minsk 1 et Minsk 2, fassent respecter ces accords. Et on n'aurait pas eu cette situation.
Donc de fait, aujourd'hui, concéder la paix dans les conditions actuelles, c'est accorder la victoire à Vladimir Poutine ?
Mais cette guerre ne peut pas être gagnée par l'Ukraine. Je suis désolé de le dire. Il faut dire les choses aux gens. Avec un pays de 140 millions d'habitants contre un pays de 40 millions d'habitants, qui par ailleurs se vide de sa population parce qu'il y a des millions de gens qui ont fui, je ne vois pas comment l'Ukraine peut gagner. Alors même que, comme vous l'avez dit, les Américains, qui étaient le premier fournisseur et le fournisseur essentiel, je vous rappelle quand même qu'il n'y a pas que l'Ukraine dans cette situation.
La France, quand elle fait une expédition en Afrique, ce n'est pas face à la Russie, au bout de trois jours, messieurs, dames, au bout de trois jours, elle n'a plus de munitions et elle demande les munitions aux États-Unis. Et sans les satellites américains, elle ne peut même pas faire les expéditions en Afrique. Il faut être raisonnable un peu. Par ailleurs, ce qui se joue, excusez-moi, il y a cette guerre et il y a la plus vaste question de la géostratégie. C'est-à-dire qu'est-ce qui se passe ? En vérité, quelle est la stratégie de Donald Trump ?
La stratégie de Donald Trump, c'est de faire ce qu'ont fait Henri Kissinger et Richard Nixon en 1972, sur les conseils d'ailleurs du général de Gaulle, c'est-à-dire arracher la Chine, à l'époque communiste, à l'alliance avec l'Union soviétique pour affaiblir le grand rival des États-Unis de l'époque, l'Union soviétique. Aujourd'hui, d'ailleurs à l'époque, Henri Kissinger avait dit « il faudra dans 50 ans faire l'inverse » puisque la Chine sera devenue l'ennemi principal. C'est exactement la situation dans laquelle nous sommes.
Donc nous devons effectivement arracher la Russie à l'alliance avec la Chine pour affaiblir la Chine qui est le grand ennemi de l'Occident et le grand rival des États-Unis.
Je te dis tous ceux qui veulent continuer aujourd'hui de soutenir l'Ukraine, c'est que si on cède à toutes les exigences de Vladimir Poutine, on ouvre la porte à des volontés de conquête de sa part sur l'Union européenne.
Je connais cette théorie mais je n'y crois pas.
Pourquoi ?
Parce que je pense que d'abord la Russie, l'Ukraine n'est pas pour les Russes la même chose que la Pologne et encore plus, parce que je connais les craintes de la Pologne qui sont tout à fait légitimes vu ce qui s'est passé depuis deux siècles, tous les partages de la Pologne. Mais au-delà de la Pologne, je pense que la Russie n'a pas vraiment de visée sur l'Allemagne ou la France.
Mais vous ne croyez pas que la Russie envahirait l'Ukraine en 2022 ?
Non, je ne pensais pas qu'elle allait... parce que je pensais qu'on allait régler la question. Vous avez raison, il faut toujours être méfiant. Donc vous vous êtes trompé ? Non, non, je me suis trompé parce que je pensais qu'on allait régler la question, qu'on allait être raisonnable et qu'on allait faire ce que je viens de vous dire.
Ce matin, vous diriez que vous pensez que les Russes n'iront pas en Pologne ou dans les Pays-Baltes ? Alors, soyons prudents.
Moi, j'ai entendu Donald Trump avant-hier. Et je l'ai entendu faire un éloge vibrant de la Pologne. Et dire que les États-Unis défendraient la Pologne. Vous l'avez entendu comme moi.
Aussi clairement, mais...
Ah si, je vous assure qu'aussi. Il a fait... Regardez le passage, vous verrez. Et donc, effectivement, je pense que la Pologne est protégée directement par les États-Unis. C'est d'ailleurs toute la stratégie de la Pologne, là aussi depuis deux siècles, parce qu'elle se méfie évidemment des Russes depuis des siècles.
Eric Zemmour, justement, vous parliez de cette attitude de Donald Trump. C'est des images extrêmement fortes qui ont fait le tour du monde. Je vous propose de revoir quelques instants de cette séquence sur laquelle on va revenir. C'était dans le bureau ovale de la Maison Blanche. Regardez.
Vous n'êtes pas en bonne position. Vous n'avez pas les cartes en main pour le moment. Avec nous, vous commencez à avoir des cartes. En ce moment, vous jouez. Vous jouez aux cartes. Vous jouez avec la vie de millions de personnes. Vous jouez avec la Troisième Guerre mondiale. Vous jouez avec la Troisième Guerre mondiale. Et ce que vous faites est très irrespectueux au pays, à ce pays, à ceux qui vous ont soutenu bien plus que beaucoup de gens n'auraient dû. Avez-vous dit merci une fois durant cette réunion ? Non. Pendant toute cette réunion, avez-vous dit merci ?
Alors, on voit ces images extrêmement fortes. Est-ce qu'à vos yeux, Éric Zemmour, comme le disent les Américains, le président Zelensky a manqué de respect à Donald Trump et aux Américains ?
Écoutez, je ne jugerai pas le président Zelensky. Il était dans une situation très difficile. Le langage corporel de tous ces trois hommes parlait de lui-même. Je dirais qu'il a peut-être fait une faute psychologique. Car quand on voit tout l'entretien, on voit bien que l'ambiance au début est assez cordiale et que Donald Trump n'agresse pas Zelensky. Donc, la faute à Zelensky, là. Je pense qu'il a fait une erreur psychologique quand il a dit aux Américains qu'il subirait la foudre de la Russie alors même qu'ils étaient protégés par l'océan. Vous voyez, ça, je pense que c'est une erreur psychologique. On ne dit pas ça à quelqu'un à qui on doit tant. Mais ce n'est encore pas le sujet.
Vous savez, quand je regardais ces images, j'étais comme vous. J'étais absolument fasciné par ce que je regardais. Et en même temps, je vais vous dire, j'ai pensé assez vite avec un sentiment de gratitude au général de Gaulle qui nous avait doté de la bombe atomique justement pour éviter ça. Parce qu'en 40, vous savez, on a connu la même situation. Au traité de Versailles, les Américains avaient promis à Clemenceau de soutenir la France si l'Allemagne les attaquait. Et en 40, les Américains ne les ont pas soutenus, n'ont pas soutenus les Français. Malgré les suppliques de Paul Reynaud, le général de Gaulle ne le sait mieux que personne. Il était directement au cabinet de Paul Reynaud.
Donc, cette situation-là, nous l'avons connue. Et donc, justement, pour cela, le général de Gaulle nous a dotés d'une bombe atomique pour que plus jamais nous connaissions cette situation. Et je pensais avec gratitude au général, mais avec colère, pardon, je finis, avec colère à tous les dirigeants français qui, depuis Jacques Chirac jusqu'à Emmanuel Macron, ont baissé les crédits de la défense au nom des soi-disant dividendes de la paix proclamée par Laurent Fabius dans une politique irresponsable, irresponsable, et qui nous met, je l'ai dit tout à l'heure, là aussi, nous aussi, dans la main des Américains.
Mais quand vous voyez Donald Trump, comment vous qualifiez son attitude ? Quand vous voyez cet échange-là, comment vous qualifiez ça ?
C'est ce qu'on appelle franc et direct. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Il est Donald Trump, il est ce qu'il est. C'est-à-dire formé par ce qu'il a été, un promoteur immobilier, par un promoteur immobilier à New York, qui plus est. Voilà, il est ce qu'il est. Et vous êtes le seul aujourd'hui sur la scène politique française,
Éric Zemmour, à peu près le seul, à ne pas être choqué par l'attitude de Donald Trump. Là où d'autres y ont vu une humiliation déplacée d'un président ukrainien qui est en train de se battre par son pays, rien ne vous a choqué.
Chère madame, premièrement, Donald Trump fait la politique pour laquelle il s'est engagé pendant sa campagne électorale. Ça fait plaisir de voir un président qui ne renie pas ses promesses de campagne. Il a passé sa campagne à dire au peuple américain, nous ne payerons plus pour l'Ukraine, il faut arrêter cette guerre, ce ne sont pas les intérêts des Etats-Unis, nous devons nous reporter sur le conflit avec la Chine. Oui ou non ? Deuxièmement, vous savez, j'essaye, j'essaye, alors on peut bien sûr, il y a toujours des sentiments qui transpercent, on est ému par le plus faible, c'est normal, surtout nous les Français, on a toujours tendance à aimer les petites nations.
Les agressives, c'est l'agressif. Moi aussi, donc j'ai une tendresse pour les petites nations de l'Europe de l'Est. Je connais tout ça, je sais très bien, mais je sais aussi que, comme disait le général de Gaulle, on ne fait pas de politique en dehors des réalités. Et les réalités, c'est les rapports de force. Et les réalités, c'est les grandes puissances et les petites nations. Et les petites nations, malheureusement, c'est la vie. Donc, tant pis pour elles, les petites nations. Mais cher monsieur, ce n'est pas tant pis pour elles, c'est qu'elles doivent s'armer et qu'elles doivent devenir le plus grandes possible pour résister et avoir des alliés.
Il y a un agresseur et un agressé dans cette affaire. Cette situation est très complexe. Il y a un agresseur, qui est la Russie, qui a attaqué la Russie en 2022. Mais c'était issu d'une situation très complexe depuis des années, de choses qu'on ne va pas revenir là-dessus. Mais finalement, ça ne veut rien dire. Ce n'est pas aussi simpliste que ça. Donc, ce n'est pas aussi simpliste que ça. Vous savez, en 1939, c'est la France et l'Angleterre qui ont déclaré la guerre. Est-ce que vous diriez que c'est eux les responsables de la Seconde Guerre mondiale ? En 1914, c'est l'Allemagne qui a déclaré la guerre. Aujourd'hui, on dit que c'est les somnambules et ils sont tous responsables.
Là, c'est la Russie qui a envahi l'Ukraine. Oui, c'est la Russie qui a envahi l'Ukraine. Oui. Donc, c'est la Russie l'agresseur. Oui. C'est Vladimir Putin le coupable. Oui, mais je vous dis, ce n'est pas aussi simple dans les relations internationales. Et de toute façon, aujourd'hui, il faut arrêter cette guerre.
Est-ce que vous vous définissez toujours comme un pro-Trump ?
Ce qui est terrible avec les journalistes, c'est que vous simplifiez tout. Et quand je dis simplifier, je suis gentil. Vous allez toujours au simplisme. Alors, on est pro-Poutine. J'ai eu ça il y a deux ans. Alors maintenant, je suis pro-Trump. Je vais vous expliquer. Il y a, dans toute l'histoire de l'Europe et de l'Occident, il y a toujours des grands mouvements politiques, idéologiques, culturels, économiques même. qui, quand ils sont inventés, forgés dans un pays, se répandent dans tout le reste de l'Occident. C'est même à cela qu'on reconnaît qu'on est de la même civilisation.
Vous voyez, quand par exemple, les Français inventent l'église gothique, il y a des églises gothiques dans toute l'Europe. Quand les Italiens, au Moyen-Âge, les Lombards, inventent la lettre de change, eh bien, toute l'Europe se met à faire des lettres de change. Et on invente le capitalisme financier. Dans les années 60, vous n'avez pas connu, vous étiez trop jeune, il y avait le grand mouvement progressiste des années 60, des 60s. Il s'est répandu dans tout l'Occident. Il est parti de Berkeley en Californie. Pareil pour le tachérisme. Aujourd'hui, vous avez compris où je veux en venir.
Aujourd'hui, il y a un grand mouvement, un grand mouvement de reprise en main par les peuples, de leur identité, de leur liberté. Les peuples se disent, nous sommes la France, nous sommes français, nous sommes allemands, nous sommes anglais, nous sommes américains. Nous ne voulons pas être grand remplacé par une civilisation venue du Sud. Nous ne voulons pas non plus subir l'idéologie woke. Nous ne voulons pas non plus nous appauvrir à cause des normes, et même des normes écologiques. Nous voulons rester occidentaux, nous voulons que Berlin reste Berlin, Paris reste Paris, New York reste New York. Donald Trump incarne ce mouvement aux Etats-Unis, j'incarne ce mouvement en France.
C'est clair. Alors évidemment, quand le mouvement en question, grand mouvement idéologique, politique, gagne dans, j'allais dire, l'empire d'Occident. Vous savez, l'Occident a toujours eu des patrons, si j'ose dire. Ça a été la France de Napoléon, ça a été l'Espagne de Charles XV, ça a été l'Angleterre du 19e siècle. Aujourd'hui, ce sont les Etats-Unis. Quand ce mouvement gagne dans le cœur nucléaire de l'Occident, évidemment qu'il prend une force incroyable. Alors on va dire, il suit la vague de Trump, il est trumpiste. Ne ravalez pas tout à un bas niveau. Je participe et j'incarne, je crois, ce mouvement depuis bien longtemps. Quand j'entends M.
Vance, tout le monde s'émeut, se scandalise, mais j'ai l'impression d'avoir dit la même chose depuis 20 ans. Non, pas que M. Vance me copie, loin de là. Mais parce que c'est le même mouvement, vous comprenez ? Quand je lis les discours de M. Orban, quand je lis… Voilà, c'est le même mouvement idéologique. Et ce mouvement idéologique est en train de gagner partout.
Éric Zemmour, ce matin, dans la tribune dimanche, il y a des mots d'Emmanuel Macron qui sont extrêmement forts. Le chef de l'État qui, évidemment, décrit un moment de bascule et qui, je le cite, dit « il est minuit moins quart, mais on a encore la main », explique le président de la République. Est-ce que, quand même, même si vous avez des désaccords profonds, vous le félicitez de ces efforts diplomatiques où on le voit s'activer effectivement fortement et d'essayer de peser depuis plusieurs jours et plusieurs semaines ? Alors, je vais vous dire plusieurs choses.
Si vous me permettez, si j'ai une réponse, j'ai le temps d'avoir une réponse. Premièrement, je ne suis pas d'accord avec lui quand il parle, quand il pense que la Russie et cette guerre sont la menace existentielle pour la France. Moi, je pense que la menace existentielle pour la France, c'est le grand remplacement d'une civilisation par une autre venue du Sud. Et que ça, il se couche devant l'Algérie, j'espère que nous en parlerons. On en parlera tout à l'heure. Et deuxièmement, sur le plan économique, la menace est chinoise. C'est elle qui va submerger notre industrie, y compris l'industrie la plus brillante et la plus puissante qu'est l'industrie allemande. Ça, c'est une première chose.
Deuxièmement, je pense qu'Emmanuel Macron a été vraiment lamentable, c'est-à-dire qu'il n'a eu aucune constance de... Lamentable ? Lamentable. Je vais vous dire pourquoi. Depuis deux ans, il n'a eu aucune constance. En 2022, il disait qu'il ne fallait pas humilier la Russie. Et puis, un an après, ou 18 mois après, il prend la tête de la guerre contre la Russie et il veut envoyer des troupes françaises au sol. C'est n'importe quoi. Troisièmement, je vois ce qu'il a derrière la tête. Qu'est-ce qu'il a d'après vous ? Je vais vous dire ce qu'il a. Il veut profiter de ce moment pour accélérer l'agenda fédéraliste européen. C'est la vieille méthode de Jean Monnet que je connais par cœur.
C'est-à-dire, on profite d'une crise pour dire que la seule solution, c'est l'Europe. Et là, je le vois venir. Et je le préviens. Je le vois venir quand il parle de partager la... On va y venir tout à l'heure, absolument. Je peux venir maintenant. Quand il dit qu'il veut partager la puissance nucléaire de la France à l'Europe. Il ne dit pas tout à fait ça. Il veut mettre en discussion. Il ne va encore partager. Mais il n'a pas à mettre en discussion, monsieur. Pardonnez-moi, c'est très grave ce qu'il ferait. Pourquoi vous y opposez ? Attendez, attendez. Que les pays européens soient sous ce parapluie français ? Ah, ce n'est pas la même chose. Je vais vous expliquer la différence.
Vous avez tout à fait raison de poser cette question. Il y a une différence entre mettre en discussion le partage. Parce que ça, ça veut dire donner la bombe atomique française à un aéropage européen, apatrite, comme aurait dit le général de Gaulle, en clair à madame von der Leyen, qui s'empare de toutes les compétences, même celles qu'elle n'a pas. Ça, il n'en est pas question pour Emmanuel Macron. Je vais vous dire, madame, ça serait de la haute trahison. Je pèse mes mots. Ça serait de la haute trahison. De la haute trahison ? De la haute trahison. Oui, il devrait passer devant un tribunal pour haute trahison.
Donner la bombe atomique française, érigée par le général de Gaulle, et par les efforts des Français, aux autres pays européens, ça serait de la haute trahison.
Ce n'est pas ce que prépose pour l'instant le président français. J'espère bien.
En revanche, en revanche, et c'est pour ça que je trouve votre question excellente, dire aux Allemands, aux Italiens, aux Polonais, voilà, nous mettons, nous vous mettons, sous le parapluie de la bombe atomique française, je ne suis pas contre. Vous n'êtes pas contre. À partir du moment, écoutez-moi bien, à partir du moment où c'est le président de la République française qui a le bouton nucléaire et personne d'autre. Ça nous ramène, si vous me permettez, nous sommes en 1962. C'est exactement ce que le général de Gaulle a proposé au chancelier allemand, Adenauer, avec son traité franco-allemand. Et c'est exactement ce que les maîtres de M.
Macron et de tous les européistes, en particulier Jean Monnet, qui le raconte lui-même dans ses mémoires, qui a absolument bazardé, qui a ruiné cet accord entre le général de Gaulle et le chancelier Adenauer, sous prétexte que ça éloignait la France et l'Allemagne de l'OTAN et des États-Unis. Vous me permettez, c'est très important
ce que je viens de raconter. Mais vous êtes pour que l'Union européenne soit plus forte, se renforce.
Non, pas l'Union européenne.
Qu'est-ce qui vous choque dans l'idée d'Emmanuel Macron ? D'abord, aujourd'hui, une Europe de la défense, d'arriver à collectivement s'armer davantage et peut-être même à envoyer des troupes européennes pour sécuriser un éventuel accord de cessez-le-feu.
Les Français n'ont pas à se battre pour l'Ukraine. Ils ne veulent pas se battre pour l'Ukraine. Il s'agirait uniquement
de sécuriser un accord de cessez-le-feu. Il ne s'agirait pas d'aller se battre en Ukraine.
On va répondre ? Et on va à la guerre atomique entre deux nations nucléaires ?
Alors, inversement, comment est-ce qu'on sécurise un cessez-le-feu
parce que, je vous le répéter, s'il y a un accord de neutralité pour l'Ukraine, c'est comme la Finlande et comme l'Autriche et on n'a pas eu besoin de mettre des troupes et Staline lui-même l'a respecté. Mais vous savez
que Vladimir Poutine n'a jamais respecté les accords de Minsk.
Pardon ?
Vous savez ?
Excusez-moi, Poutine n'a pas été le seul à ne pas respecter les accords de Minsk. L'Ukraine non plus n'a pas respecté les accords de Minsk et M. Zelensky lui-même l'a reconnu qu'il n'avait aucunement l'intention de respecter les accords de Minsk et M. Hollande a fait le mariole en disant qu'en vérité il les a signés mais il n'avait pas l'intention de les faire respecter.
Il y avait un traité signé. Vous faites confiance ? Regardez d'ailleurs c'est en train de se passer Georgia Meloni qui arrive à Londres au 10 Downing Street qui va être reçu par le Premier ministre qui est à Starmer pour évoquer effectivement cette question de l'Ukraine avec ce sommet où on retrouve les dirigeants européens. Vous évoquiez cette question peut-être qui va être abordée dans les discussions du parapluie nucléaire. Ça veut dire je tiens à dire pour le service. Je continue. On la voit arriver avec un stade je vais vous redonner la parole dans une seconde. Merci.
Sur cette question du parapluie nucléaire qui pourrait être européen c'est la première des leaders après le président Zelensky. On sait que Georgia Meloni a une relation aussi particulière avec Donald Trump et avec Elon Musk avec Elon Musk absolument les autorités américaines également et on va voir tout au long de la journée Emmanuel Macron ensuite qui va arriver sur ce sommet-là le président français dont vous évoquiez effectivement à l'instant le fait que vous n'étiez pas opposé au parapluie. C'est pas la même chose vous avez bien dit attention c'est le président français qui doit garder le bouton sur l'arme nucléaire.
Juste quand je vous entends répondre à Amandir ça veut dire que vous faites confiance à Vladimir Poutine s'il signait un accord de paix ?
On sera bien obligé. La seule je vais vous dire la seule faiblesse de l'argumentaire de Donald Trump et j'étais étonné que Zelensky ne lui dise pas cela alors qu'il lui a dit des choses fausses comme le fait que Poutine n'avait pas respecté ses accords avec lui ce qui était faux en revanche il aurait pu lui dire mais monsieur le président vous partez dans 4 ans est-ce que vous êtes sûr que Poutine respectera les accords après ? Donc c'est pour ça que je dis il faut un bon accord et que le bon accord me semble la neutralité. Mais je continue
dans un instant je vous redonne la parole on a juste la publicité on parlera bien sûr de ce sommet on continuera et puis on parlera bien sûr des relations entre la France et l'Algérie à tout de suite sur BFM TV
BFM Radio BFM Politique Guillaume Daré
Vous êtes bien sûr BFM Politique notre invité aujourd'hui Eric Zemmour on évoque bien sûr ce qui est en train de se passer à Londres où une partie des alliés de l'Ukraine se réunissent pour soutenir le président Zelensky le président français Eric Zemmour Emmanuel Macron qui dit ce matin si quelqu'un cherche la 3ème guerre mondiale si quelqu'un joue à la 3ème guerre mondiale il s'appelle Vladimir Poutine
Vous êtes d'accord avec lui ?
Non Tout ça ce sont des déclarations encore une fois des moulinets des paroles tout ça est ridicule Moi je pense il faut être sérieux Vous m'avez interrogé tout à l'heure sur le parapluie nucléaire français et l'Europe Je vous ai dit ce que j'en pensais Je n'ai pas pu vous dire et vous allez voir que c'est un lien avec votre question je n'ai pas pu vous dire les conséquences parce que les conséquences c'est que les pays européens Allemagne Italie Pologne et les autres qui pour l'instant achètent quasi exclusivement leurs armes aux américains c'est d'ailleurs la conséquence du parapluie nucléaire américain qui protège l'Europe et vous voyez qu'il n'y a pas de partage c'est le président des Etats-Unis qui a le doigt appuyé sur le bouton et personne d'autre ça voudra dire que ces pays-là achètent des armes françaises ils achètent des Rafales au lieu de F-35 et éventuellement d'ailleurs on pourrait imaginer des armes fabriquées en commun mais même si je sais la difficulté qu'il y a je vois pour le fameux SCAF l'avion franco-allemand qui est toujours dans les dossiers et qui ne sort jamais parce qu'en vérité nous n'avons pas les mêmes problématiques les mêmes besoins et surtout la même qualité d'industriel pour une fois ce sont les français qui sont bien meilleurs que les allemands
alors vous évoquez justement la question des impacts que ça a sur l'économie question d'Amandine Atalaïa
oui puisque le ministre de l'économie Éric Lombard dit ce matin dans Le Parisien qu'il faut que la France passe à une économie de guerre est-ce que vous partagez ces propos dans la mesure où vous n'avez pas l'air de croire qu'une guerre sur le sol européen puisse arriver ?
absolument je ne pense qu'on ne peut rien promettre évidemment on ne peut rien dire on peut tous se tromper mais en tout cas je pense que encore une fois la menace existentielle n'est pas la Russie mais est le Sud et le grand remplacement
mais donc il est inutile de passer à une économie de guerre ?
attendez moi j'aimerais que M. Lombard avant de parler d'économie de guerre arrive à réduire son budget et à arrêter les gaspillages de l'État il est ministre de l'économie et des finances M.
Lombard a fait un budget aussi lamentable que son prédécesseur c'est-à-dire avec plus de 150 milliards de déficit moi j'aimerais qu'avant de s'occuper de l'économie de guerre il s'occupe de ça deuxièmement je vais vous répondre j'ai demandé pendant la présidentielle j'ai dit que la France avait un devoir de puissance et j'avais prévu un effort de réarmement et de dépenses budgétaires consacrées à l'armement énorme de 400 milliards donc si vous voulez c'est pas moi je vais pas encore une fois moi je ne me garacarise pas de mots économie de guerre vous savez ce que c'est l'économie de guerre c'est 14-18 ça veut dire que toute l'économie est au service de la guerre c'est n'importe quoi voilà on n'est pas en guerre c'est pas vrai il faut arrêter en revanche pardon je vous finis en revanche si ça veut dire qu'il faut réarmer qu'il faut accentuer les cadences qu'il faut commander plus d'avions plus de chars plus de tanks etc oui ça je suis d'accord je l'ai proposé pendant la présidentielle vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron
quand il propose de passer les efforts pour la défense à 2 à 5% d'augmenter les crédits pour la défense de 5%
mais attendez il est président depuis quand ?
en l'occurrence il a plutôt augmenté les crédits militaires depuis sa
non il a compensé la baisse c'est tout ce qu'il a fait
une façon d'augmenter oui si vous voulez
c'est pas suffisant en tout cas donc maintenant il se sert de la Russie pour faire ce qu'il aurait dû faire de toute façon donc oui il aurait dû le faire de toute façon je vous répète ce que je vous ai dit en début d'émission nous sommes aussi dépendants des Etats-Unis que l'Ukraine et que les autres nous ne pouvons plus nous battre sans les américains c'est un vrai problème de souveraineté
Eric Zemmour cette actualité internationale très riche et effectivement au premier plan on l'a vu ces derniers jours avec un bras de fer aussi qui oppose la France à l'Algérie le Premier ministre et Bruno Retailleau le ministre de l'Intérieur ont décidé d'engager un rapport de force ce sont leurs propres mots ils donnent six semaines à Alger pour examiner si les accords entre nos pays sont respectés une liste de personnes à reprendre par l'Algérie va être soumise à Alger et si au bout de ce délai les accords ne sont pas respectés la France pourra les dénoncer j'imagine qu'à vos yeux c'est satisfaisant cela non ?
mais cher monsieur Emmanuel Macron a sifflé la fin de la récréation pour une chaîne d'information vous m'étonnez tout ça c'était avant qu'Emmanuel Macron dise qu'on ne renoncerait pas unilatéralement aux accords de 68 signés avec l'Algérie et qui facilite l'immigration des Algériens donc Emmanuel Macron s'est couché voilà il s'est couché ? ah oui il s'est couché ce que je disais tout à l'heure il fait des moulinets de loin parce que la Russie est loin mais quand avec l'Algérie il se couche et pourquoi il se couche ? j'aimerais pourquoi ?
je vais vous dire pourquoi d'abord il y a plusieurs raisons d'abord la première raison c'est une espèce de sentiment de culpabilité héritée de la période coloniale qui anime les élites françaises depuis à peu près 50 ans et Emmanuel Macron et la fin de l'histoire
vous aviez dit que c'était une bénédiction je crois la colonisation à une interview vous aviez répondu à Guyane 1ère est-ce que vous le rediriez ? ah oui je le redirais pour vous la colonisation
c'était une bénédiction ? cher monsieur moi j'ai été colonisé par la France et je ne reconnaîtrai jamais assez ma gratitude à la France de m'avoir colonisé elle m'a donné accès à la littérature française à Châteaubriand à Balzac elle a permis à mes parents de sortir de la misère de la misère monsieur et grâce à la France nous sommes citoyens français c'est-à-dire citoyens donc la colonisation dans l'Algérie
pour vous c'était une bénédiction
je maintiens l'Algérie je le répète ce que j'ai dit chez votre collègue Benjamin Duhamel l'Algérie était un cloaque l'Algérie a été cultivée développée par la France il y a eu des ponts etc des chemins de fer des écoles etc etc aucun colonisateur de l'Algérie parce que l'Algérie n'a eu que des colonisateurs depuis mille ans n'avaient fait le quart de la moitié de ce qu'a fait la France demandez demandez qu'on vous montre qu'on vous montre un hôpital une route un pont créé par l'Empire Ottoman qui a occupé l'Algérie pendant des siècles vous ne les trouverez pas Question d'Amandine justement
sur les mesures pour faire face à l'Algérie
Oui puisqu'il y a tout un panel de mesures qu'on peut prendre face à l'Algérie sans aller jusqu'à dénoncer forcément le traité avec l'Algérie lesquelles vous prendriez en priorité pour essayer d'obtenir plus de laisser passer consulaires de leur part
Je pense que moi vous savez je ne me focalise pas sur les laisser passer consulaires je pense qu'il faut une politique globale je pense que nous vivons une contre-colonisation de l'Algérie d'ailleurs M. Toboun l'a dit dans une interview quand il a dit que les Français devraient donner des visas aux Algériens de 132 ans c'est la durée de la colonisation française 1830 1962 donc il faut faire face à une contre-colonisation et c'est pour ça que je vous disais il faut lutter contre ce sentiment de culpabilité il faut lutter contre ce sentiment cette peur de la rue arabe des banlieues qui pourrait Non mais là
on pourrait vous rétorquer Eric Zemmour que vous aussi vous faites des moulinets concrètement Qu'est-ce que vous voulez faire ?
Pas du tout parce que moi je mène d'abord le combat culturel et ensuite je prends des mesures alors si vous voulez des mesures je vais vous les donner Premièrement je supprime le traité de 68 je ronds unilatéralement le traité de 68 qui facilite l'immigration des Algériens Deuxièmement je ronds également l'accord de 2007 qui permet à tous les détenteurs et je sais s'ils sont nombreux parce qu'ils les donnent comme des barres de chocolat les passeports diplomatiques aux dignitaires algériens et à leurs familles ils n'auront plus le droit de rentrer facilement en France Troisièmement je donne autant de visas aux Algériens qu'ils ne donneront de laisser passer consulaire Quatrièmement si cela tout cela ne suffit pas je bloque les transferts de fonds des Algériens en France vers l'Algérie Quatrièmement si tout cela ne suffit pas j'interdis aux dignitaires algériens de venir se faire soigner en France Cinquièmement si tout cela ne suffit pas je saisis les biens immobiliers Dieu sait s'ils en ont et de luxueux des dignitaires algériens en France et enfin et enfin j'ouvre les comptes je fais savoir au peuple algérien les comptes des dignitaires algériens Je tiens à dire C'est le moment juste
de souligner que Gérald Darmanin avait tenté la méthode dure en suspendant les visas pour les Algériens les Tunisiens les Marocains et les résultats avaient été très mauvais nous n'avions pas obtenu de leur part plus de laisser passer consulaires
Pourquoi est-ce qu'il n'a pas marché marcherait aujourd'hui la méthode dure ?
Attendez attendez c'est très bien dans ce cas-là on fait ce que je viens de dire on saisit les biens immobiliers des dignitaires algériens on ouvre leurs comptes on montre le fruit de la corruption et je tiens à vous dire parce que je profite de votre émission parce que je suis souvent ciblé par la presse algérienne contrairement à ce qu'ils disent et à ce qu'ils écrivent je ne suis pas un nostalgique de l'Algérie française d'ailleurs je n'y ai jamais vécu je me moque complètement je ne veux pas reprendre l'Algérie au contraire en revanche je ne veux pas que mon pays devienne une colonie de l'islam et de l'Algérie ce n'est pas la même chose
Si vous coupez les points avec l'Algérie comme vous semblez le souhaiter comment on fait pour faire libérer Boalem Sansal ?
Mais est-ce qu'on a réussi à le faire libérer là ? Enfin ce pauvre homme cet écrivain et en plus un ami de 80 ans qui est malade à qui on dit ah non vous changez d'avocat parce qu'il est juif celui-là on n'en veut pas qu'est-ce que c'est que ces méthodes-là ? ça ne vous rappelle rien là ?
c'est ça les méthodes de la dictature algérienne alors avec ces gens-là si vous voulez moi rompre les ponts ne me gêne pas et je voudrais dire quelque chose je vois très bien l'ambiance qu'il y a actuellement il y a une espèce de rassemblement de tous les soutiens de l'Algérie des politiques comme évidemment Mélenchon LFI mais aussi Dominique de Villepin des journalistes comme Jean-Michel Apathy pour vous Dominique de Villepin est un soutien de l'Algérie ? attendez évidemment et des universitaires comme Benjamin Stora ils sont tous là à essayer de protéger l'Algérie
c'est très intéressant non il met en avant la diplomatie Éric Zemmour attendez
je vais vous dire ce que je pense vous savez en France je trouve je l'ai assez dit qu'on abuse des comparaisons avec les années 30 mais pour une fois je vais suivre cette mode je trouve que tous ces gens-là ressemblent furieusement à ce qu'on appelait le comité France-Allemagne dans les années 30 qui préparait l'opinion publique française à l'occupation de leur pays par l'Allemagne c'est-à-dire ce sont des collaborateurs c'est-à-dire vous les traitez de collaborateurs à l'époque ils ne l'étaient pas
avec l'Algérie
à l'époque ils ne l'étaient pas ils faisaient ça au nom de la paix et des bonnes relations avec l'Allemagne
Bruno Retailleau aujourd'hui est sur le feu des projecteurs extrêmement présent sur ces sujets-là un sondage Elab réalisé pour BFM TV disait en milieu de semaine que 62% des français jugent que c'est un bon ministre de l'intérieur est-ce que vous aussi vous jugez que c'est un bon ministre de l'intérieur ?
en tout cas ce qui est indéniable c'est que j'entends des choses qui sonnent délicieusement à mes oreilles sur l'immigration qui n'est pas une chance pour la France sur l'état de droit qui peut évoluer ça incontestablement j'ai dû dire des choses de la même façon et M. Retailleau l'est dit aussi et il pense aussi et il n'a pas attendu pour le dire maintenant je ne sais pas j'attends j'attends des résultats j'attends M.
Retailleau est ministre de l'intérieur donc j'attends qu'il y ait plus d'OQTF renvoyés moins d'égorgements moins d'égorgements oui moins d'égorgements d'égorgements vous savez il y a tous les jours des gens qui se font égorger par des OQTF ou des étrangers maghrébins tous les jours ? oui très souvent très souvent il y a vous savez à peu près je crois 200 000 agressions au couteau par an calculez combien ça fait c'est énorme il y a 450 000 coups et blessures par an aujourd'hui par an aujourd'hui 450 000 mais quand vous voyez son action vous le dites et vous savez aussi qu'il y a à peu près 25% d'étrangers dans les prisons françaises
en tout cas vous semblez Éric Zemmour plus positif à l'endroit de Bruno Retailleau dans vos propos que vous ne l'êtes en général vis-à-vis de Marine Le Pen c'est-à-dire que vous croyez plus en son avenir qu'en celui de Marine Le Pen
je n'ai pas dit ça vous savez avec Marine Le Pen j'ai des désaccords de fond Marine Le Pen est socialiste et Marine Le Pen pense que le grand remplacement n'existe pas et que l'islam est compatible avec la République
mais avec Bruno Retailleau vous n'avez pas ces désaccords de fond
alors monsieur Retailleau je n'ai pas de désaccords de propos mais en revanche je ne vois pas trop les résultats de son action et donc j'attends les résultats de son action je vois par ailleurs que j'ai vu une nomination qui m'a surpris de sa part dans une direction importante d'une jeune femme de SOS Racisme je ne suis pas sûr que ce soit en concordance avec ses propos je vois par exemple puisqu'il va se lancer dans la bataille pour la présidence de LR certains de ses soutiens qui s'appellent monsieur Larcher monsieur Copé monsieur Bertrand madame Pécresse c'est-à-dire des gens qui m'ont combattu avec une hargne folle pendant la présidentielle et qui disaient que j'étais contraire à leur valeur donc si je comprends bien soit ils ont changé de valeur soit maintenant monsieur Retailleau correspond à leur valeur alors qu'il dit la même chose que moi tout ça est curieux et bizarre mais moi je ne fais pas de procès d'intention à personne
Eric Zemmour entre Bruno Retailleau et Marine Le Pen si vous aviez le choix du bulletin électoral vous votez pour Marine Le Pen ou pour Bruno Retailleau ? je vote pour Eric Zemmour ça veut dire que vous nous dites que vous serez candidat à la prochaine élection présidentielle ?
mais en tout cas moi je ne commence pas à dire pour qui je vais voter je vote pour moi
je vote pour moi vous vous préparez à la prochaine élection présidentielle ? je me prépare on verra bien
qu'est-ce qui ferait que vous ne seriez pas candidat ? on voit beaucoup par exemple Xara Knafo la députée européenne très présente médiatiquement qui est dans les sondages d'opinion d'ailleurs un peu plus populaire que vous est-ce que ça pourrait être la candidate si vous n'y alliez pas ?
nous verrons a priori s'il y a un candidat à reconquête ce sera moi et vous savez le petit jeu de monter Xara Knafo contre moi je vois d'où ça vient je vois qui ça arrange je vois qui elle dérange par son travail brillant et qui est reconnu par tout le monde vous n'avez qu'à voir tous les gens que ça agace autour dans la droite dite nationale
c'est-à-dire pour vous c'est Marion Maréchal c'est Marine Le Pen c'est Jordan Bardella elle dérange qui ?
vous dérangez qui ? lisez les papiers vous verrez quand nous avons une députée européenne reconquête et qu'elle fait plus de travail que des dizaines d'autres députés évidemment ça agace beaucoup de gens voilà
mais si elle était mieux placée que vous dans les sondages est-ce que la question se poserait ? à l'approche de l'élection présidentielle ?
ce n'est pas les sondages qui déterminent le choix d'un candidat en tout cas chez moi donc non ça ne changera rien votre prochain livre est écrit ? non je travaille j'ai écrit des choses je vous dis je travaille sur l'adaptation de mon livre en documentaire télé et en version américaine et je travaille sur d'autres textes donc j'ai beaucoup de travail
et donc pour bien entendre ce que vous venez de nous dire vous vous préparez bien à être une nouvelle fois candidat à l'élection présidentielle ?
en tout cas je passe beaucoup de temps parmi mes militants je vais dans toute la France pour les voir pour les écouter et pour les réconforter après toutes les trahisons que nous avons subies et pour les préparer à cette épreuve redoutable
qu'est-ce que vous ferez de mieux en 2027 qu'en 2022 ? qu'est-ce que vous avez appris ?
oh j'ai appris des tas de choses j'ai appris beaucoup de choses j'ai appris vous savez que d'abord on ne peut rien prévoir il y a des événements qui vous tombent dessus on a longtemps parlé de la guerre en Ukraine vous pensez que c'est toujours ce qui vous a fait perdre la présidentielle ?
en tout cas attendez je n'ai jamais dit ça j'ai dit que la guerre en Ukraine avait faussé la campagne et qu'elle avait changé la donne de la campagne et que ça avait modifié les dynamiques qui étaient évidentes la veille encore de ce fameux 24 février je n'ai pas dit que j'aurais gagné la présidentielle j'ai dit que le 23 février j'étais au second tour ce n'est pas la même chose maintenant j'ai appris beaucoup de choses j'ai appris de mes erreurs avec les médias j'ai appris aussi que j'étais peut-être parfois trop franc et trop et trop comment dire trop direct et aujourd'hui Eric Zéjour
nous sommes en 2025
non je ne cherche pas à me dédiaboliser c'est la question et je ne cherche non je ne cherche pas à me dédiaboliser je pense que la dédiabolisation c'est la soumission aux médias et à la doxa de gauche donc il ne faut pas se dédiaboliser c'est d'ailleurs on parlait tout à l'heure la grande leçon que nous donne Donald Trump il ne s'est pas dédiabolisé et il a gagné la présidentielle justement
puisqu'on parle des Etats-Unis et de Donald Trump est-ce que vous avez des contacts avec Elon Musk ou le vice-président américain J.D. Vance qui ont soutenu plusieurs parties nationalistes de la droite de la droite dans l'Union Européenne est-ce que vous échangez avec eux est-ce que vous souhaitez leur soutien ?
écoutez je pense que leur soutien serait naturel mais je ne connais pas personnellement M. Musk je ne connais pas personnellement M. Vance donc je ne vais pas jouer comme ça les mouches du coche en revanche je sais que M. Vance connaît le même centre de formation le Clermont Institut pour lequel a travaillé Sarah Knafow et des gens que j'ai bien connus donc voilà c'est tout mais encore une fois je reviens au début de notre conversation il y a des mouvements politiques, idéologiques occidentaux qui nous dépassent et c'est tout et donc chacun est le représentant Eric Zemmour question de Ludovic Vigod
en 2022 il y avait une sorte de primaire entre Marine Le Pen et vous elle l'avait facilement emportée elle l'avait facilement emportée
vous appelez ça
oui elle vous avait largement distancée au premier tour le jour final c'est ce qui compte dans les urnes pourquoi ce ne serait pas à nouveau le cas en 2027
et pourquoi pas et pourquoi on verra je ne peux pas vous dire vous savez la situation sera différente en 2027
est-ce que si vous étiez président vous vous inspireriez de ce que fait Donald Trump aujourd'hui aux Etats-Unis
pour certaines choses oui vous savez les Etats-Unis ne sont pas la France je ne suis pas le porte-parole de Donald Trump il y a des intérêts différents on l'a vu on va le voir dans l'agriculture on va le voir quand Donald Trump annonce une augmentation des taxes évidemment que c'est difficile pour nos agriculteurs donc mais il faut prendre des mesures de rétorsion contre les Etats-Unis je vais vous dire c'est même pas des mesures de rétorsion qu'il faut prendre c'est simplement réorganiser la politique agricole commune différemment il faut arrêter avec les accords de libre-échange je dirais même comme mes amis de la coordination rurale il faut sans doute réfléchir à sortir l'agriculture des accords commerciaux un peu comme la culture vous voyez l'exception agriculturelle ce qui permettrait de reprendre la PAC à ses principes initiaux dans les années 60 on parlait du général de Gaulle tout à l'heure c'est-à-dire préférence communautaire et tarif extérieur commun moi j'ai été très choqué puisque vous me parlez on parle d'agriculture j'ai été très choqué avec les producteurs de tomates françaises de voir les tomates marocaines en vedette au salon de l'agriculture ça m'a choqué je pense que si vous savez aujourd'hui on achète 60% de nos fruits à l'étranger et 40% de nos légumes je veux dire à ce compte-là on n'aura plus de producteurs de fruits et légumes c'est ça qui va se passer donc il faut retrouver les vrais principes les principes initiaux de la PAC préférence communautaire et tarif extérieur commun
Eric Zemmour on l'a vu il y a quelques instants la leader italienne Georgia Meloni arrivée à Londres pour se mettre soutien à l'Ukraine elle déclare qu'il est je cite très important d'éviter que l'Occident se divise vous êtes d'accord avec elle ?
si vous voulez il y a deux choses là aussi je disais nous ne sommes pas américains nous ne sommes pas Trump nous ne sommes pas nous ne sommes pas italiens l'Italie attendez l'Italie a une tradition atlantiste très forte que madame Meloni reprend à son compte c'est tout à fait naturel maintenant sur le concept d'Occident je suis d'accord avec elle il y a un Occident nous devons redevenir occidentaux ça ne veut pas dire que nous ne défendons pas nos intérêts même contre les Etats-Unis de Donald Trump mais ça veut dire que nous nous sentons occidentaux et que nous ne sommes pas un monde en petit en miniature il faut absolument retrouver ce sentiment d'appartenance à l'Europe
et à l'Occident merci beaucoup merci beaucoup Eric Zemmour merci Ludovic merci Amandine d'avoir été avec nous vous restez bien sûr sur BFM pour une édition spéciale tout au long de la journée où vous allez suivre en direct ce moment historique qui se joue à Londres justement avec ce sommet des pays européens et de la Grande-Bretagne qui veulent soutenir Volmyr Zelensky vous restez bien sûr sur BFM TV Sous-titrage ST' 501
Éric Zemmour