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interviewRMC — Face à Face· 28 novembre 2022 22 min

Face à Face : Marion Maréchal - 28/11

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez RMC. Dans moins de 60 secondes sur RMC, face à face. Apolline de Malherbe reçoit Marion Maréchal.

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Invité

Pour être à l'heure, il ne faut pas être en retard. Ce qui est interdit n'est pas autorisé. Il y avait beaucoup moins d'emails quand Internet n'existait pas. Avec le 85, on paye son carburant deux fois moins cher pour ne pas le payer deux fois plus cher. Certaines choses sont évidentes. Avec Ford, faites des économies à chaque passage à la pompe en choisissant le Ford Kuga Hybrid E85, le SUV élégant et ultra connecté. Comparer le prix des carburants sur prix-carburant.gouv.fr. Au quotidien, prenez les transports en commun. Ça marche bien ta boutique en ligne pour les fêtes ? Tellement bien que je cours partout pour livrer mes colis à temps. Passe par Colissimo Facilité.

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Présentateur

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1:06
Invité

RMC jusqu'à 9h.

1:08
Présentateur

Apolline Matin. Face à face. Apolline de Malherbe.

1:14
Marion Maréchal

Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Marion Maréchal. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes la vice-présidente du parti Reconquête. C'est d'ailleurs ce week-end les un an de ce parti. Le parti Reconquête qui a été créé par Éric Zemmour. Vous tiendrez dimanche à un grand meeting au Palais des Sports à Paris. On y reviendra dans un instant. Mais d'abord, une question. Il y en a plusieurs à évoquer avec vous. Mais un chiffre en fait. Le record du nombre de prisonniers qui a été battu en France. Aujourd'hui, on n'a jamais eu autant de personnes emprisonnées dans les prisons de France. 72 809 prisonniers. Est-ce que c'est bon ou mauvais signe ?

Je dirais mauvais signe. Puisque c'est la preuve qu'il y a non seulement une explosion de l'indélinquance et de l'insécurité. Mais que de surcroît, nous sommes toujours face à une carence manifeste de place de prison. Et que malgré les promesses depuis des années, rien n'a été fait de manière structurelle et significative de ce point de vue-là. Et qu'en parallèle, le fait qu'il puisse y avoir des personnes qui, in fine, arrivent en prison après avoir la plupart du temps d'ailleurs été condamnées à de multiples reprises à du sursis.

On sait qu'à travers notre code de procédure pénale, nous allons, pour la plupart de ces délinquants, assister à leur remise en liberté alors même que la plupart du temps, ils n'iront jamais au bout de leur peine. Donc c'est-à-dire qu'en fait, on est dans une forme de gestion de la pénurie. Mais une pénurie qui est en fait écrasée par un poids de délinquance tel qu'on se retrouve malgré tout dans cette situation, en dépit de toutes les mesures qui sont faites. Mais si je vous pose la question comme ça, Marion Maréchal, bonne ou mauvaise nouvelle ? Évidemment, c'est toujours une mauvaise nouvelle quand on a des prisonniers.

Mais dans un sens, chez quelqu'un qui, comme vous, n'arrêtait pas de fustiger le laxisme de la justice, au fond, vous devriez vous réjouir dans un sens que la justice soit suffisamment ferme pour envoyer et que les gens aillent véritablement en prison. C'est-à-dire que vous vous dites, s'il y a plus de prisonniers, ça veut dire qu'il y a plus de fermeté. Moi, je ne crois pas qu'il y ait eu une inflexion quelconque sur le plan de la politique pénale et des décisions judiciaires. Je crois que c'est simplement le nombre de personnes qui sont aujourd'hui déférées devant la justice qui augmente.

Et donc, de ce fait-là, mécaniquement, il y a une augmentation des peines de prison qui sont prononcées. Mais je ne vois pas ce qui, aujourd'hui, une fois de plus, sur le plan de la politique pénale, est véritablement changé. Ne serait-ce que parce que j'y reviens, on a aujourd'hui un code pénal qui est un code ferme en réalité avec des sanctions importantes, dures, la plupart du temps, qui sont d'ailleurs régulièrement durcies par le législateur au cours, souvent d'ailleurs, des actualités sordides. Mais néanmoins, nous avons en parallèle un code de procédure pénale qui s'affaire à détricoter mécaniquement toute la dureté de ce code pénal.

Il y a un décalage entre la fermeté affichée et l'application réelle des peines. Et l'application réelle, alors pour différentes raisons, liée, une fois de plus, à cette question de procédure et au juge d'application des peines, d'ailleurs, la plupart du temps, qui détricote, une fois de plus, qui est décidée par le juge en amont. Et puis, il y a aussi un manque de moyens. On le voit, les places de prison manquantes, donc la gestion de la pénurie, donc la recherche d'alternatives significatives à la prison, systématiques, pardon, à la prison, et les fameuses peines hors les murs. Et puis, au-delà de ça, une... Il y a un problème de juge, aujourd'hui, en France ?

Un problème de juge, en tout cas, il y a un problème chez certains d'idéologie, oui, je le pense. Je pense que certains continuent de communier à cette idée que, finalement, la prison serait l'école du crime, que la délinquance est d'abord mue par un certain nombre de problèmes sociaux, et donc la pauvreté serait une forme d'excuse, ou en tout cas les difficultés sociales, une forme d'excuse à la délinquance. Ça n'est pas systématique, mais en tout cas, ça se reflète parfois dans les décisions de justice.

La pauvreté qui pourrait se retrouver aussi pénalement répréhensible sur la question des squats, ça, c'est une des lois qui va être examinée aujourd'hui, une loi qui se dit anti-squat, mais qui va mêler à la fois les squats, la question des squats dans les domiciles privés, mais aussi les loyers impayés. Et désormais, pour des loyers impayés, vous serez considérés comme sous le même régime que les voleurs, et vous pourrez aller en prison, en plus de vouloir rendre plus efficaces les expulsions. Est-ce que vous vous dites, tiens, oui, c'est une bonne chose, est-ce qu'il faut envoyer en prison ceux qui n'ont pas payé leur loyer ?

Alors, je ne suis pas sûre que la peine de prison soit forcément la peine adéquate. En tout cas, ça dépend des motivations, ça dépend de la durée, ça dépend de l'attitude, en effet, de ce squatteur ou de cette personne qui ne paye pas ses loyers. Ce qui est sûr, en tout cas, ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, nous ne pouvons pas rester dans la loi actuelle.

Nous avons trop de propriétaires qui se retrouvent mis en difficulté financière du fait de personnes qui ne payent pas leur loyer, alors parfois de bonne foi, mais aussi parfois de mauvaise foi, ça arrive, et qui sont surprotégés par la loi, avec comme conséquence directe le fait qu'aujourd'hui, beaucoup de Français n'arrivent plus à avoir accès à un logement en location parce que les propriétaires préfèrent ne plus louer que de prendre le risque d'une location et donc de se retrouver parfois mis à la rue parce qu'ils n'ont plus les moyens, finalement, de pouvoir assumer financièrement ce bien qui ne leur rapporte plus.

Avec cette question, Marion Maréchal, comment faire pour aider ceux qui travaillent et qui ont parfois de plus en plus de mal à s'en sortir ? Une division, parfois, ou en tout cas un ressenti vis-à-vis de ceux qui travaillent moins et qui touchent des aides. Gabriel Attal, le ministre du Budget, le disait ce week-end, il faut aider les Français qui bossent en priorité. Écoutez.

6:13
Invité

Moi, ce que je veux dire, en tant que ministre du Budget, c'est que oui, on concentre davantage nos aides, notre accompagnement, sur ces Français qui travaillent, qui se lèvent tôt le matin et qui, encore une fois, ont des difficultés pour boucler leur fin de mois.

6:25
Marion Maréchal

Là-dessus, vous seriez plutôt d'accord ? En fait, moi, ce que je crois, oui, je suis d'accord sur le principe, mais ce n'est pas ce que je constate factuellement dans la politique du gouvernement. Ça veut dire que nous sommes aujourd'hui au taux record de prélèvement obligatoire, le plus haut taux depuis 30 ans. Donc, ce que nous constatons aujourd'hui dans le budget qui est voté, c'est que nous n'avons pas significativement de baisse d'impôts, en particulier sur les personnes qui travaillent, mais nous avons davantage une distribution frénétique de chèques dans l'urgence qui ne s'accompagne pas en parallèle d'une réforme de l'État et donc d'économie.

Et donc, en fait, nous avons aujourd'hui un système qui fait que l'État social coûte à peu près 700 milliards par an de budget, ce qui est absolument considérable, qui grève d'ailleurs en parallèle et l'État régalien et le fameux État stratège et donc qui mécaniquement est porté sur les personnes qui travaillent dans ce pays et qui se retrouvent spoliées du revenu de leur travail pour pouvoir porter à bout de bras ses aides. Donc, en fait, il y a un paradigme à changer, une logique complète différente à avoir. La question de la solidarité, vous ne vous dites pas... Si, c'est un... Enfin, même en... Bien sûr.

Si je reprends votre vocabulaire, c'est la question de la patrie, de la nation, faire corps ensemble, c'est aussi être solidaires les indiens. Bien sûr, vous avez raison. Mais néanmoins, on va dire que la solidarité, elle doit s'appliquer de manière ponctuelle et temporaire. Lorsqu'une personne, et ça peut arriver à tout le monde, évidemment, arrive en difficulté, arrive dans une période de chômage, à un accident. Donc là, bien sûr, le problème, c'est qu'on crée en France des formes de situations sociales d'assistanat qui sont structurelles.

Et je pense notamment à la question de l'immigration et des personnes de nationalité étrangère dont le taux d'inemployabilité, pour ne prendre que cet exemple, en France, est deux fois plus élevé que celui des Français. 46,2% de mémoire chez les personnes de nationalité algérienne qui sont résidentes sur le temps français qui sont aujourd'hui en inactivité. Donc ça, c'est un exemple, si vous voulez, mais qui sort d'où ce chiffre ? Je ne l'ai pas, moi. C'est les chiffres du ministère de l'Intérieur de 2020. En inactivité. En inactivité. 46,2% des personnes de nationalité algérienne qui sont résidentes sur le territoire. D'accord.

Donc c'est vrai que, si vous voulez, on est là face à la démonstration, par exemple, d'une générosité française qui est portée évidemment à bout de bras par des Français qui travaillent et qui mériterait pour le coup qu'il y ait davantage d'attention qui soit portée sur ces Français qui travaillent et qui donc payent moins et moins à payer pour finalement soutenir des personnes qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire, par exemple.

Dans le même temps, et ça ne nous aura pas échappé, dans la loi immigration qui va être portée par Gérald Darmanin, il y a l'idée d'obtenir des visas de séjour pour aller chercher des étrangers qui viennent travailler en France parce qu'il y a de nombreux métiers en France qui ne sont pas pourvus, des jobs qui ne sont pas pourvus et seuls les étrangers arrivés en France acceptent de les faire. Alors déjà, seuls non, parce que déjà quand on regarde la proportion entre Français et étrangers dans ces métiers, on se rend compte qu'ils sont quand même très largement assurés d'abord par des Français, même s'il y a une part significative d'étrangers.

Ensuite, je ne crois pas que cet argument soit judicieux parce que ça fait des années, si ce n'est même des décennies qu'on l'entend, qu'on importe sur notre sol des centaines de milliers, si ce n'est même des millions de personnes et pour autant, ces fameux métiers restent des métiers dits en tension où il est difficile d'embaucher. Donc, je ne crois pas que recourir... Vous avez déjà pris le métro très tôt le matin. Oui, je prends le métro très tôt le matin. Très tôt le matin. Vous avez regardé un peu autour de vous ? Oui, je regarde autour de moi.

Ceux qui reviennent en général, dont on sent qu'ils ont le visage fatigué de ceux qui ont travaillé et qui rentrent chez eux à 8h, 9h, 10h du matin, c'est la plupart du temps des gens qui sont d'origine étrangère et qui font les métiers les plus pénibles. Vous le reconnaissez ? Déjà, ça ne veut pas dire que ces personnes-là ne sont pas des Français nationalitaires. Tout à fait. Mais à un moment, ils sont arrivés et ils assurent... J'en conclue que vous dites que du coup, ce sont les personnes d'origine immigrée qui assurent la majorité des métiers pénibles. Mais je ne crois pas... Déjà, la France ne se résume pas au métro parisien, vous le savez aussi. Évidemment, ils se lèvent tôt.

Néanmoins, une fois de plus, ce que vous dites là, le fait qu'il y ait une partie de personnes d'origine immigrée ou étrangère qui assurent des métiers difficiles, c'est un fait, mais ils ne sont pas les seuls et une fois de plus, ce sont une majorité de Français qui, la plupart du temps, s'y collent également. Donc déjà, première chose.

Deuxième chose, une fois de plus, est-ce que, alors même que notre situation, au regard des chiffres que je viens de vous donner sur l'inemployabilité, l'inactivité plutôt des personnes de nationalité étrangère sur notre pays, est-ce qu'il est judicieux d'apporter encore une nouvelle manne d'immigration légale et de travail qui ne vient pas, une fois de plus, se substituer aux autres filières d'immigration, mais s'ajouter ? Voilà, on est déjà un pays qui n'arrive plus à supporter socialement et à porter socialement cette immigration, donc je ne suis pas sûre que ce soit une bonne réponse.

Moi, je pense que la bonne réponse, elle passe par le fait de rendre du pouvoir d'achat aux Français à travers les salaires et notamment baisser les charges sur ces salaires et donc permettre aux employeurs de pouvoir donner des salaires qui équivalent finalement à la pénibilité de cet emploi et donc pour cela, encore faut-il se pencher sur la baisse de ces charges et donc en parallèle faire les économies qui s'imposent. Mais si on reste sur cette question de la gestion de l'immigration et de la loi de Gérald Darmanin, il y a deux pendants.

Il y a d'un côté la promesse de davantage de fermeté dans l'application notamment des OQTF, donc de l'immigration qui n'est pas souhaitée et de l'autre, en revanche, en effet, le fait d'accueillir davantage ceux qui viennent travailler. Est-ce que ça, ce n'est pas l'équilibre qu'il faudrait tenter de trouver ? Non, je ne crois pas une fois de plus parce que je pense qu'aujourd'hui, recourir à l'immigration est une mauvaise solution.

Déjà parce qu'une fois de plus, elle tire les salaires à la baisse, parce qu'elle aggrave le coût de notre état social mécaniquement, parce qu'elle pose des problèmes d'assimilation qui est aujourd'hui une assimilation qui est parfaitement rayée du fait du nombre de personnes étrangères qui arrivent sur le territoire et qui ne permet plus de créer de bonnes conditions d'assimilation et que par ailleurs, c'est une fois de plus un nouvel appel d'air à l'immigration. On en a déjà eu un récemment avec l'Océane Viking qui va poser un certain nombre de difficultés et je crois que au regard de la situation... C'est quoi, vous, pour l'Océane Viking ? Social ?

Tout simplement, nous aurions fait en sorte que le droit maritime s'applique, puisque en l'occurrence, l'ESPES Méditerranée en permanence nous parle du droit maritime. Le droit maritime, il impose de porter secours à un bateau qui est en difficulté. Donc ça, oui. Donc éventuellement, bien sûr, s'il y a des personnes, s'il y a un risque de naufrage, par exemple, ce qui n'était pas le cas en l'espèce, mais là, on doit porter secours. Il aurait été possible parfaitement d'amarrer des médecins sur le bateau et donc de porter secours sur le plan médical.

En revanche, il faut quand même se rendre compte que ce bateau est passé non seulement près des côtes libyennes, mais aussi près des côtes tunisiennes, près du deuxième port d'ailleurs de Tunisie, où se trouve le Haut Commissariat des Réfugiés des Nations Unies, où il y a même des bureaux qui sont aujourd'hui dédiés à l'étude des demandes d'asile. Donc ce que je suis en train de vous dire, c'est que le droit maritime impose de porter secours, mais en aucune manière ne nous imposer de faire accoster ces personnes sur les côtes européennes. C'est ça la chose. Et le droit nous imposait de les ramener vers les portions les plus proches. Tout dépend du moment où la détresse est constatée.

Si la détresse arrive, alors moi je voudrais quand même vous reposer la question, si la détresse arrive au large des côtes européennes, est-ce que vous accueillez les personnes qui sont sous ce bateau ? Cette détresse au large des côtes européennes, lorsqu'elle advient, est organisée par les fameux... Vous voulez dire qu'ils attendent d'être dans les eaux territoriales européennes ? Pour décréter être en effet de détresse.

Il y a différents rapports également de la police italienne qui prouvent, qui confirment cette collusion à laquelle nous assistons, qui n'est pas une collusion financière, qui est une collusion d'organisation, qui font que d'ailleurs les passeurs libyens arrivent à convaincre ces personnes de traverser parce qu'ils leur annoncent qu'il y a des bateaux d'associations européennes qui viendront les chercher à partir d'un certain moment dans les eaux. Oui, de complicité, tout à fait, parce que l'objectif, une fois de plus, ça n'est pas seulement de porter... Les ONG sont en quelque sorte des complices des passeurs, voire même des passeurs eux-mêmes ?

Oui, c'est des complices des passeurs, indéniablement. Et d'ailleurs, l'objectif, et on le voit bien à travers l'exemple que je viens de vous donner, ce n'est pas seulement de sauver des personnes, c'est bien de les ramener vers les côtes européennes parce que si l'objectif était de sauver ces personnes, une fois de plus, les ports les plus proches et les ports les plus suds n'étaient pas Toulon, n'étaient pas l'Italie quand on parle d'école libyenne, mais étaient notamment, par exemple, la Tunisie. Donc, je crois que la seule réponse à avoir, c'est une réponse de fermeté pour bloquer les tentatives à venir.

Et je remets en perspective parce qu'on parle beaucoup de l'Océan Viking et de 234 migrants, d'ailleurs, dont 230 se sont envolés dans la nature. Pas 230, mais une grande partie, oui. Une immense partie, d'ailleurs, ce qui est vraiment la démonstration du fiasco emblématique de l'impuissance de l'État à réguler l'immigration. Donc, ça devrait nous interpeller. Mais moi, 580 000 qui ont tenté l'entrée aujourd'hui aux portes, enfin, cette année, aux portes de l'Europe d'après les chiffres de Frontex, qui est inédit depuis la crise médiatique. Il n'y a pas eu depuis très longtemps autant de migrants qui tentent de rejoindre l'Europe. C'est plus de 77% en un an.

Je mets ça en parallèle des chiffres qu'ils ont tous fait beaucoup parler ces derniers jours, à savoir le fait que l'humanité est passée à 8 milliards d'individus, 1 milliard en Afrique, 2 milliards en 2050. L'Europe, aujourd'hui, enfin, l'Union européenne, c'est 500 millions d'habitants. 50% des 18-25 ans qui veulent émigrer vers l'Europe et qu'on voit ces chiffres en parallèle, il faut comprendre qu'à travers l'Océane viking et la faiblesse face à l'Océane viking, c'est le risque d'une submersion, je ne vois pas d'autres mots, et donc, oui, d'une submersion mécanique, démographique, numérique, tout simplement, que nous mettons en place si nous ne faisons pas preuve de fermeté.

Or, je crois que l'Europe n'a pas vocation à devenir une deuxième Afrique. Vous-même, vous donnez les chiffres, c'est l'humanité. C'est l'humanité, c'est la réalité de l'humanité. Est-ce que vous pensez franchement que c'est en renvoyant les quelques bateaux qui vont venir que vous allez rééquilibrer les questions de monde, de tectonique des plaques et de continent ? Ce qui est certain, déjà, c'est quand même le rôle d'apolitique de ne pas se contenter d'être passif face à une donnée géopolitique, démographique réelle. On voit qu'il y a des pays qui font preuve de formetteux, je pense notamment à l'Australie, qui pourrait considérer que le peuple français est en danger, qui a un appel d'air.

Vous considérez que le peuple français est en danger ? Je vous réponds juste après sur votre question. Regardez l'Australie, par exemple, qui est un pays dit occidental, qui pourrait aussi être un pays qui suscite des couvoitises et qui a une politique d'immigration extrêmement ferme. La réalité géographique de l'Australie ne vous aura pas échappé. Ce n'est pas tout à fait le même système. Mais il n'y a pas que, d'ailleurs, on le voit bien quand on voit l'immigration arriver en Europe. Il y a des pays qui sont quand même plus attrayants que d'autres et la France en fait partie pour des raisons liées d'ailleurs à sa générosité.

Beaucoup ont envie de traverser la France et d'ailleurs à l'arrière. Et vous avez raison. Mais en tout cas, ce qui est certain, c'est que oui, la France est en danger. Je vais vous donner un exemple tout bête. D'ailleurs, elle vit ce danger. Vous avez entendu parler de ce qui se passe à Mayotte. J'imagine à Mayotte. C'est un département français. Des émeutes très violentes. C'est la guerre civile. C'est la guerre civile. C'est-à-dire que nous avons aujourd'hui une île très pauvre avec des Français maorais qui sont sur cette île pour moitié en cohabitation avec des personnes étrangères, principalement des Comoriens.

Et nous avons aujourd'hui une délinquance qui fait qu'à peu près 80% des personnes qui sont déférées devant le tribunal de Mayotte sont des clandestins. Et nous avons pour conséquence une insécurité endémique, des guerres de gangs, des meurtres, des personnes qui sont attaquées à la machette. Et c'est ça, c'est la réalité de Mayotte aujourd'hui. C'est tout à fait la réalité de Mayotte. Et j'en ai parlé souvent à ce micro.

Mais avec une question aussi pour le coup qui est à la fois géographique et politique qui est que Mayotte étant un département français, les aides sont les mêmes aides avec pas forcément les mêmes niveaux mais les mêmes aides qu'en métropole et en effet les îles qui sont autour. Donc il y a deux solutions en fait. Non mais il y a deux solutions. La Mayotte et la démonstration de ce qui arrive à l'Europe soit vous considérez qu'on arrête les aides à ceux qui sont à Mayotte mais enfin c'est un département français et ils y ont donc parfaitement droit. Soit vous élargissez à ceux qui se sentent totalement exclus de ça et qui sont à deux heures de bateaux et qui eux vivent dans une misère.

Je crois à la priorité nationale. Je crois à la priorité nationale. Et donc vous faites quoi ? Vous renvoyez des bateaux ? Je considère que les Mahorais qui sont français ont le droit de bénéficier prioritairement si ce n'est exclusivement de certaines aides portées par la solidarité nationale quand des personnes de nationalité étrangère... Mais est-ce qu'il n'est pas utopique d'imaginer que vous allez renvoyer cette misère qui est aux portes de Mayotte ? Je ne le crois pas pour une raison simple.

C'est que si les personnes qui accostent à Mayotte savent et vivent le fait qu'elles ne bénéficieront pas d'aide, c'est-à-dire qu'elles ne toucheront pas d'aide sociale, qu'elles ne réferont pas du droit du sol, qu'elles n'auront pas de regroupement familial, elles ne tenteront pas à la traverser et ne viendront pas puisqu'elles n'y auront pas intérêt tout simplement. Et moi, une fois de plus, mon rôle en tant que responsable politique française, c'est d'abord de me soucier de la sécurité et de la prospérité des Français et de la France. Donc prioritairement des Mahorais et à l'échelle évidemment de la France dans l'exagène.

Marion Maréchal, je voudrais que vous regardiez cette une du Figaro Magazine ce week-end. Le Figaro Magazine qui se pose la question de qui pour sauver la droite. D'abord, il n'y a que des hommes. Vous n'y êtes pas. Vous auriez aimé y être. C'est logique. Vous auriez pu. Ce sont soit des chefs de parti, soit des présidentiables. Donc c'est logique. Mais il aurait pu y avoir vous, il aurait pu y avoir votre tante. Non ? Oui, il aurait pu. À ceci près, je crois que c'est la droite et que j'imagine que comme Marine Le Pen refuse cette appellation de droite, ils l'ont pas mise. C'est pour ça.

Ce qui est sûr, c'est qu'il y a aujourd'hui de plus en plus de convergence sur le plan programmatique entre ces différentes droites. Pas sur tous les sujets, mais notamment sur les questions civilisationnelles, identitaires. On voit bien qu'aujourd'hui, le discours, par exemple, d'un Bruno Retailleau ou d'un Éric Ciotti pourrait être assez proche en tout cas dans les... Il y a aussi Edouard Philippe sur cette une, ça pour le coup. Edouard Philippe, je mettrais ça de façon un peu différente.

Mais ce qui est sûr, c'est qu'en tout cas, cette convergence, cette prise de conscience de l'ensemble du spectre de la droite sur cette, on va dire, cette angoisse identitaire, elle devrait être un argument supplémentaire pour travailler à cette fameuse alliance des droites. Vous voyez un peu Jordan Bardella, vous parlez aussi avec lui ? Parce que j'imagine que l'alliance des droites sent cette partie-là, la partie RN... Évidemment qu'il ne peut pas y avoir d'alliance des droites efficace pour vaincre la gauche ou le centre-gauche si le RN n'y est pas associé. Maintenant, c'est tout notre travail à reconquête, parmi notre travail, de défendre cette stratégie et d'expliquer...

Est-ce que vous faites amende honorable là-dessus ? Est-ce que vous dites aux autres ? On s'est éloigné ? On s'est trompé ? Amende honorable, en l'occurrence, depuis le premier tour des élections présidentielles, il y a quand même eu un appel au vote pour Marine Le Pen au second tour. Systématiquement, il y a eu une volonté d'ouverture et puis la tentative maintenant d'expliquer aux uns et aux autres qu'après trois présidentielles perdues face à la gauche, nous ne pouvons pas réitérer cette erreur que 89 députés à l'Assemblée, c'est évidemment tout à fait admirable, mais il en faut 289 pour avoir une majorité. Et pas vous, mais vous y étiez pour la précédente.

Votre modèle, c'est une Georgia Meloni ? C'est un des modèles en effet qui pourrait être pris, qui ne date pas d'ailleurs de Georgia Meloni puisqu'en Italie, ça fait longtemps que l'Alliance des droites est mise en œuvre au niveau local ou au niveau national, mais c'est évidemment un des modèles pour pouvoir faire 50 plus 1.

L'Union des droites, ce n'est pas un hobby et une obsession, c'est simplement un chemin qui m'apparaît pertinent parce qu'aucun parti politique n'a la capacité, on peut le déplorer, c'est comme ça, à embrasser toutes les sociologies, toutes les générations, et toutes les idées, j'ai envie de dire, donc chacun a des complémentarités, des nuances, donc l'idée, c'est de savoir comment sur l'essentiel on est capable de s'accorder en respectant ces nuances respectives. Marion Maréchal, vice-présidente du parti Reconquête, vous tiendrez d'ailleurs meeting dimanche à Paris pour les 1 an de votre parti. Merci d'avoir répondu à mes questions.