MÉLENCHON : «LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ» - DISCOURS SUR LA PÉNICHE INSOUMISE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 20 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00JLMFait
« la devise ? la foule : liberté ! égalité ! fraternité ! Tous les Français connaissent ça ! »
- 9:00JLMFait
« la République, au-delà des chiffres, et même des mauvaises manières qu'elle a pu commettre et de tous les mauvais moments qu'elle a pu passer elle reste une IDÉE ! »
- 11:00JLMFait
« ils ne sont puissants que parce que nous sommes à genoux »
- 14:00JLMFait
« la meilleure forteresse des tyrans la meilleure forteresse des tyrans c'est l'inertie des peuples »
- 17:00JLMFait
« ils vous rentrent dans le crâne et vous vous habituez à l'idée qu'il faut les supporter et que c'est normal de les supporter »
- 20:00JLMFait
« c'est la misère qui coûte très cher ! c'est le malheur qui coûte très cher ! »
- 23:00JLMFait
« le taux est une arnaque »
- 29:00JLMFait
« la paix est un bien précieux et on augmente les moyens en augmentant la paix et on prépare la paix avec des moyens de paix, et pas avec des moyens de guerre »
- 32:00JLMFait
« les États-Unis d'Amérique sont violents c'est pas parce qu'ils sont intrinsèquement violents c'est parce qu'ils se sont mis dans une situation, où ils sont obligés de défendre leur pré-domination »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
**la foule chante : on est la, on est, la France insoumise !** JLM : j'espère que ça recharge votre batterie comme la mienne ! alors il y en a qui ont fait le parcours depuis le début ils suivent la péniche ils doivent avoir des mollets en acier à cette heure ah les lilas ont fleuri ! et voilà quelqu'un qui en a des blancs et des violets c'est beau, hein ! bon et maintenant il faut que je dise quelque chose d'intelligent moi, je vois des fleurs, je vois rien on est en campagne et j'ai pas le temps de savoir où on en est dans la nature qu'est ce qui a fleuri et qu'est ce qui n'a pas fleuri et ben pour l'instant c'est nous ! qui fleurissons *acclamations* c'est une très belle expérience que l'on est en train de vivre ah là-bas je vois le député Coronado celui-là il est avec moi, c'est un bon Viens !
Viens sur le bateau ! si t'as pas peur d'être mal, hein ! je ne te dis pas mal avec moi mais mal sur le bateau parce que c'est un vrai bateau hein ! c'est de l'eau, là ! tu en as qui faisaient les braves en montant sur le bateau ils viennent de se rendre compte que c'est un bateau !
C'est bien, Coronado, viens ! Viens avec nous il y en a pas d'autres que j'ai ratés, là ? *la foule : si !* JLM rit remarquez moi je m'en fous, y'a marqué "sauvetage" mais il y en aura pas pour tout le monde il vaut mieux que vous restiez où vous êtes Où est passé, heu... tout le monde est là, bon.
Donc depuis ce matin, on fait des escales et alors j'ai raconté qu'il y en a qui suivent alors...
ça fait très chaud au cœur de voir tout ça, vous savez ? parce qu'on sent que les gens, ils savent bien où ils en sont, dans leur tête pourquoi ils viennent là, et pourquoi vous êtes là, je le sais bien vous êtes comme moi. -comment- certains d'entre vous, sont de ma génération ça fait un moment... oui, mais je ne vais pas me l'enfoncer dans la gorge quand même [NDLR le micro] ça fait du bruit, là je dis, il y en a qui sont de ma génération donc ça fait un moment qu'ils mènent le combat et d'ailleurs, s'ils avaient pas été là rien de ce qu'on est en train de faire ne serait possible les plus jeunes parmi vous, attention, c'est pas les moins déterminés, hein ! *acclamations* Merci ! vous allez crier comme ça longtemps, parce que c'est vous qui allez me casser le travail *la foule rit* oui c'est très important parce que il faut que dans notre "famille" culturelle intellectuelle j'évite de mettre des étiquettes politiques, comme ça je ne vais bousculer personne mais vous savez de quoi je parle souvent dans les meetings, je parle de fil rouge qui court dans l'histoire et je parle des premiers insoumis et des grands moments qui marquent l'Histoire là, on est où là ? vous le savez où vous êtes ? mettez bien les pieds par terre, c'est tellurique ici tout le quartier ici, là-bas, tout ça, c'est des endroits du Paris révolutionnaire la Commune, bien sûr ! par là ! mais avant la révolution de 1789, là haut, la gare de l'est c'était un dépôt et, le 14 juillet, c'est important, le 14 juillet, bien sûr, hein mais les jours les plus importants c'est le 12 et le 13 juillet parce que les gens de Paris ont commencé à attaquer les barrières les barrières, c'était l'endroit à partir duquel la douane mettait un octroi, il y avait un droit de douane sur les marchandises qui rentraient dans Paris et le truc des rois, c'était de mettre les barrières de plus en plus loin, évidemment, pour que tous ceux qui sont dedans, payent donc les gens, ça les rendaient enragés et là-bas, ah, comment tu l'appelles ? la Rotonde, voilà ! c'est une des dernières qui ont été construites et c'était là qu'était la barrière d'ailleurs Capet [NDLR Louis XVI], c'est par là qu'il a essayé de se sauver... il s'est sauvé, d'ailleurs, par là avant qu'on le rattrape à Varennes donc, vous voyez, on est dans des endroits très marqués par l'Histoire et aux Récollets, le 12 et le 13, les gens se sont jetés sur les barrières de Paris et c'est comme ça qu'a commencé la révolution c'est pour ça, que le 14, il y a l'attaque de la Bastille elle est attaquée par les ouvriers c'est pour ça que quand on a fait la liste des gens qui avaient attaqué la Bastille stupeur, il y avait une majorité d'ouvriers à l'époque, des ouvriers, il y en avait pas tant que ça pourquoi ? parce que ils sortaient d'une grève qui avait eu lieu au mois de février et où on envoyait la troupe leur tirer dessus et donc ces gens de cette ville s'étaient précipités sur la Bastille je vous raconte tout ça parce que nos ancêtres c'est pas les Gaulois c'est les révolutionnaires et ben oui ! c'est ceux qui ont fait les droits de l'Homme les Gaulois, on n'a rien contre ! bienvenue au club ! mais nous sommes les enfants des Sans-Culottes bon, ça se fait pas trop de dire qu'on est sans culotte, mais bon... tout le monde comprend donc j'étais en train de vous dire, voilà que les gens se jettent là-bas sur ce qui est actuellement la gare de l'Est et prennent les armes et... et c'est pour ça que comme il y avait cette inhibition le lendemain, il y a le 14 juillet et l'Ancien Régime s'effondre il s'effondre...
ça va prendre quelques temps, faut quand même que les femmes s'y mettent et le processus révolutionnaire se durcit parce que les femmes décident d'aller chercher, récupérer le roi à Versailles et de le ramener à Paris pour l'obliger à subir la volonté populaire quand les femmes s'y mettent comme dit l'autre, tout est perdu parce que c'est la dernière ligne de résistance de la société quand elles n'en peuvent plus qu'elles ne supportent plus, et qu'elles entrent en révolution plus personne ne peut arrêter le processus écoutez moi bien ! et tirez-en des leçons pour vous ! la révolution de 1917, je parle de celle-là, parce que c'est l'année 2017, hein n'allez pas croire que... je sais pas quoi mais je vous parle de celle-là c'est pareil, elle commence par une manifestation des femmes la journée des femmes et ça dure trois jours et à l'époque les partis politiques n'étaient pas d'accord pour que les femmes continuent cette mobilisation je vous la raconte aussi pour cette raison-là sur la façon avec laquelle les choses se déroulent quand les sociétés basculent d'un point à un autre je ne suis pas en train de faire l'apologie des résultats mais de vous dire comment ça se passe parce que, en nous regardant nous-mêmes, nous retrouvons la trace de l'Histoire profonde qui travaille en nous dans nos manières de faire, parce que nous avons tous lu, nous avons tous entendu parler de ces événements, par nos maîtres à l'école, nos enseignantes par nos parents ou par nos lectures et ces choses nous travaillent, elles sont en nous elles ne sont pas extérieures à nous et puis, il y a eu les chansons, il y a eu la musique qui nous a appris à être, cette petite chose qui est en nous, qui brûle, qui s'appelle l'insoumission alors on compose avec, hein on n'est pas non plus insoumis du matin au soir, en toutes circonstances, tous les jours... si, on l'est mais on le montre pas ! hein, voilà tout ça c'est important parce que si vous vous êtes mis en mouvement ça a quelque chose à voir avec cette leçon profonde de l'Histoire arrive le moment où l'on s'est tellement moqué des gens, on les a... on a tellement discrédité tous les pouvoirs et utilisé au seul usage d'une toute petite caste qu'à la fin, si ballot qu'on soit, on a fini par le comprendre si naïf et bien disposé qu'on soit on finit par comprendre que c'est une triche énorme que ceux qui nous demandent des efforts n'en font jamais que ceux qui nous demandent des sacrifices n'en font jamais que ceux qui vous parlent des lois immortelles, parlent de celles qui collent pile poil à leurs intérêts personnels et ainsi de suite *acclamations de la foule* *inaudible* mais tous autant qu'on est là, on a compris que quelque chose se lève dans notre peuple dans ce pays, si à part de tous les autres pas parce qu'il aurait je ne sais quelle vertu particulière nous ne sommes pas nous des gens qui nous croyons au dessus des autres mais peut-être parce que nous avons été labourés plus profondément que d'autres peuples par des principes révolutionnaires, dont nous n'avons pas toujours été très dignes, il faut bien le dire mais à la fin quand je parle avec mes amis dans les autres pays ils me disent "mais quelle chance, vous avez, vous, pour faire de la politique ! parce que quand vous prenez la devise de votre patrie vous avez un mot d'ordre révolutionnaire" alors, vous la connaissez la devise ? la foule : liberté !
égalité ! fraternité ! Tous les Français connaissent ça ! on recommence ! la foule : liberté !
égalité ! fraternité ! JLM : on ne s'en lasse pas mais c'est un programme révolutionnaire liberté !
égalité ! fraternité ! la République, au-delà des chiffres, et même des mauvaises manières qu'elle a pu commettre et de tous les mauvais moments qu'elle a pu passer elle reste une IDÉE ! au dessus de TOUTES les institutions qui l'incarnent ! la République, c'est la chose commune ! c'est l'humanité universelle libérée ! qui délibère librement entre-elle des lois qu'elle se donne ! voilà ce qu'est l'esprit républicain ! et il sera pour toujours un cri révolutionnaire ! *acclamations de la foule* JLM : oui, oui ! allez je reprends le fil moi aussi je sais faire des youyous là allez ! *la foule fait des youyous* allez-y, hein, ça fait enrager à mort ! (il rit) et ben oui, les youyous aussi c'est français, maintenant ! l’intégration s'est parfaitement faite, tout le monde mange du couscous c'est pas vrai ? et ben ouais, pas de bol, hein ? c'est comme ça heureusement qu'elle est comme ça, la France, hein ? et elle a pas envie d'être autrement, pas vrai les gens ? la foule : ouais ! - JLM : la fin du truc, ça s'appelle fraternité et peut-être que pour nous ça marche devant, avant même liberté et égalité parce que là où il y a de la fraternité, ça annonce un début d'égalité et à la sortie il y a toujours de la liberté *la foule crie et applaudit* alors ça y est j'ai le soleil dans la figure *des cris* JLM : merci - un homme : le soleil est là ! je vais pas me plaindre (avec un ton de professeur) au cinquième siècle avant notre ère... *tout le monde rit* les philosophes... où il est passé mon général ? dans le coin ? je t'ai vu ! où tu es ? c'est le chef du service d'ordre il est là, voilà docteur en philosophie parce que les taches politiques, comme la sécurité et le reste ce sont des taches politiques c'est une affaire de jugeote je reprends mon histoire au cinquième siècle - à cause du soleil, ça me vient- donc il y avait une école de philosophes particulière, qu'on appelle les Cyniques, bon ça ne veut pas dire qu'ils n'avaient aucun principe, c'est le contraire mais ils s'appelaient Cyniques, parce que "cynique" le mot est fait avec "chien" ça veut dire : "je vis comme un chien, je m'en fiche de tous les pouvoirs" un peu anar quand même, hein bon, ben, c'est bien, non ? il en faut aussi, ça aide, ça secoue les autres alors, voilà qu'arrive Alexandre le Grand devant le philosophe cynique Diogène dans son tonneau Alexandre, c'est la toute puissance, et il lui montre comme il est un puissant seigneur que l'on respecte.
Il vient et il lui dit : "fais un vœu, qu'est ce que je peux faire pour toi ?" *un homme dans la foule crie : "dégage !" JLM : exactement ! *rires, applaudissements, cris* vous avez gagné, Monsieur, un livre ? "De la Vertu" signé par l'auteur, oui ! il lui dit ! sa réponse c'est : "ôtes toi de mon soleil" ! et ben oui ! les demandes des gens sont simples c'est les puissants toujours qui se trompent sur ce qu'attendent les autres ils croient que tous les autres sont obsédés comme eux de puissance et de bien matériel, mais ce n'est pas vrai du tout ce que demandent les gens c'est juste de pouvoir prendre leur part de bonheur, sans qu'on leur pourrisse l'existence voilà ! c'est tout c'est ça le programme politique c'est pas autre chose si vous y réfléchissez bien c'est pas la peine de lire les 347 pages de l’Avenir en Commun, ni les 40 livrets qui vont avec vous vous dites : "au fond, moi, qu'est ce que je voudrais ?" et ben, un boulot qui m'intéresse et puis, je le ferais bien et puis après, j'aimerais avoir une paye qui me permette de vivre normalement et puis, bon, j'aimerais bien avoir un logement décent correct, enfin, bien et insonorisé si possible, j'ai pas envie de suivre la vie des voisins heu bon... et... que des choses comme ça ! et mes gamins, j'aimerais bien que... ah ben, à l'école, il faut qu'ils travaillent bien, hein ! pour ça, il faut qu'il y ait des maîtres, hein femmes et hommes, qui s'en occupent et puis, si je suis malade, je voudrais être soigné et puis les anciens, ils aimeraient bien (inaudible), quand même ils ont beaucoup donné voilà !
ça c'est le programme commun du peuple que des petites choses simples mais ça coute pas tant, les gens, arrêtez de vous faire faire peur tout le temps ! ils vous disent tout le temps "combien ça coûte ?" !
ça coûte rien du tout ! c'est la misère qui coûte très cher ! c'est le malheur qui coûte très cher ! c'est les gens qui meurent au travail, ça coûte très cher ! c'est l'ignorance qui coûte très cher ! c'est la mauvaise santé qui coûte très cher tout ça, on l'a en commun mais le plus souvent les autres ils arrivent à s'infiltrer à l'endroit où il faut être dans la tête ils font peur tout leur système repose sur la peur quelqu'un : "ça rend bête !" ils vous rentrent dans le crâne et vous vous habituez à l'idée qu'il faut les supporter et que c'est normal de les supporter le grand La Boétie, vous le connaissez ? bon !
ça c'est un peuple cultivé, ça fait plaisir à voir donc Étienne de la Boétie il a entre 18 et 24 ans quand il écrit ça c'est pour vous dire qu'il est jeune c'est pas d'aujourd'hui qu'ils réfléchissent ! donc on peut penser que...
Quoi donc ? un homme : c'est l'une des rues les plus chères de Paris en plus ! [NDLR : rue Étienne de la Boétie] JLM : où ? ici ? la foule : la Boétie !
JLM : ah bon ! la rue de la Boétie ! ah oui, le pauvre la Boétie, il y est pour rien ! *rires* alors, la Boétie, il explique : ils ne sont puissants... vous l'avez lu ? la foule : "oui" - JLM : qu'est ce qu'il y a après, il faut le dire !
ça fait partie des choses qu'il faut dire ! La Boétie "De notre servitude volontaire" c'est pas très gros c'est écrit un peu dans la langue du ...
XVIème siècle c'est pas non plus...
ça coule pas... heu... pas comme ma prose, parce qu'elle, elle ne coule pas du tout, mais... vous voyez des choses bien écrites, quoi et il dit ça : ils ne sont puissants que parce que nous sommes à genoux et Machiavel qui en connaissait un rayon pas ce qu'on croit dans le livre "Le Prince" il explique ça : "la meilleure forteresse des tyrans la meilleure forteresse des tyrans c'est l'inertie des peuples si vous vous résignez, l'ennemi a gagné ! peu importe de quoi on emballe sa résignation des fois, on ne peut pas faire autrement ! je vais pas faire le malin je le sais très bien des fois, on peut pas faire autrement, parce que le rapport de force, il est pas de notre côté et parce que, comme ils nous tiennent par la peur, avec le temps de travail partiel que vous avez pas un temps complet, que vous passez votre vie à pleurer pour espérer d'avoir les quelques heures complémentaires dont vous avez besoin pour avoir quoi ?
AU MOINS au smic ! bref, ils entrent dans la vie, divisent ils morcellent, ils parcellent, tous les petits bonheurs vous sont disputés un par un et c'est comme ça, qu'on tient les gens parce que pour chacun, ben l'objectif, c'est jusqu'à demain jusqu'à après-demain, s'occuper des siens et faire en sorte que ça passe d'un jour sur l'autre et à l'échelle de masse, ils font pareil ! il faut que vous ayez peur *la foule : on n'a pas peur !* JLM : ils savent plus de quoi...
Et ben j'espère bien ! vous avez peur de l'Alba ? Bouh ! *la foule : Non !* - JLM : Alors , quoi ? et de Chavez, vous avez peur ? *la foule : Non ! * - JLM : Ah ! parce que vous vous êtes au courant qu'il est mort ! mais eux, apparemment non ! * rires applaudissements * eh ben , ils essayent de faire peur toute la semaine, il vont faire ça ! faire peur ! moi je suis tellement vieux, que j'étais déjà là en 81 ! - un homme, riant : "ah, ben bravo" - JLM : oui ! précisément mon gars, j'en suis très fier figure toi ! et tache d'en faire autant et tu viendras causer après ! parce que on l'a fait ! non, mais écoutez les gens, des erreurs tout le monde en fait si vous attendez le monde idéal, et les leaders idéaux et les programmes idéaux ben , vous allez passer votre vie dans un monastère, pas dans la lutte mais dans la lutte des fois on avance, des fois on recule, vous le savez bien ! mais on avance ! bon ! et ben c'était pareil, ils nous annonçait : olala ! les chars de l'armée rouge vont arriver ! alors nous, on disait rien, on rigolait parce qu'on disait : tu parles ! faudrait encore qu'ils marchent ! *rires de la foule* moi j'étais pas communiste, et je le suis pas mais peut-être que les communistes, ils rigolaient entre eux, hein ! pour cette histoire... ben là c'est pareil s'ils croient que les Vénézuéliens vont débarquer chez nous, ben j'aime mieux vous dire qu'on va attendre un moment ! *rires* je les connais, moi, de près ! entre nous, on rigole mais il y a des gens que ça impressionne ! ils se disent : ah mais ! il parait monsieur Mélenchon, quand même, ça déstabilise la place financière c'est où la place financière ? de quoi vous parlez ? et ben on a entendu dire que...
ça va augmenter les taux d'intérêts mais lesquels ? et ben les taux d'intérêts, monsieur Mélenchon, ça doit être pour acheter la voiture et ben non ! c'est pas ça ! mais j'en veux pas aux gens de pas savoir ! on peut pas tout savoir ! ils viennent, ils posent des questions ! c'est à nous de répondre, d'expliquer alors les autres ballots, ils ont mis ça à la une de leur journal le RISQUE Mélenchon ! pour les places financières ! ben encore heureux que ce soit un risque !
I'm very dangerous [NDLR : je suis très dangereux] *ovations de la foule* Écoutez ! comment vous financez votre programme ? avec leur argent ! cette blague ! non mais si vous voulez des caricatures, vous allez en avoir, hein ! non mais c'est pour dire c'est ridicule ! ils ont cherché à faire peur aux gens et voilà pas que trois jours après d'abord, nous, on est pas des idiots, on a regardé les cours ! [NDLR : financiers] et monsieur Mélenchon a confondu a dit une noble commentatrice, Le spread... le heu je sais pas quoi... le spread et le taux ! c'est à dire il a confondu le taux et l’écart entre les taux ! mazette ! j'ai confondu ! non, j'ai rien confondu du tout !
à la fin, ça fait un taux une différence de taux vous vous en fichez mais moi, j'éprouve le besoin intellectuel de vous dire que je n'ai pas de maîtres et c'est pas des marioles qui vont m'apprendre simplement parce que c'est moi et que je suis pas de leur monde je comprends les choses aussi bien qu'eux ! je comprends aussi bien qu'eux comment marche la finance et je sais que c'est une arnaque ! *acclamations* je sais que le taux est une arnaque je vous termine avec le taux en question me voilà parti à aller regarder ce que donnaient les taux (inaudible) depuis que j'ai rattrapé Fillon dans les sondages et ben la situation est moins bonne pas de bol ! quand il était devant elle était encore moins bonne ! *rires* je l'ai dit ça déjà ! et l'autre jour ! depuis que ça se confirme la situation s'est ENCORE améliorée pour les taux que vous en verrez pas la couleur mais vous croyez qu'ils ont mis à la une de leur journal "ça s'arrange dans la finance, Mélenchon progresse ! " *rires* vous l'auriez vu, non ? c'est bien, ça suffit de se foutre de nous comme ça ! et de nous prendre tous pour des ignorants et des imbéciles ! chaque fois que vous entendez des choses de cette nature pensez bien à un fait, à moi, ça me fait rien du tout ça ne me fait pas peur ils ne m'intimident pas je ne suis pas impressionné mais ILS vous prennent pour des imbéciles ! parce qu'ILS pensent que vous allez l'avaler et moi, je sais que plus ils font ça, moins vous l'avalez ! et des fois, vous regardez même pas si c'est mangeable ! c'est ce qui se passe cette semaine ! alors ! ceux parmi vous qui ont fait la campagne électorale en 2005 pour le "non" au traité constitutionnalisant l'Europe libérale y'en a par ici ? * la foule crie : ouais !* vous vous rappelez comment c'était ?
à la fin, tous les matins, ils étaient là, les uns derrière les autres, ils sont payés pour ça pour abrutir, assommer mentir, essayer d'influencer, rentrer dans les crânes pour faire peur alors que la NOBLESSE du métier d'information c'est de dire les faits et de s'émanciper de toutes pressions pour aller à la vérité des faits autant qu'un esprit peut l'approcher et la donner en partage pour que chacun puisse prendre sa décision LIBREMENT et même si cette décision n'est pas la même de l'un à l'autre d'entre nous parce que nous sommes un peuple libre et que c'est normal que nous ne soyons pas tous d'accord et nous n'avons pas l'intention de regrouper 100% des voix mais la vérité c'est que pour pouvoir savoir nous, chacun d'entre nous, pourquoi nous allons voter ou comme ci, ou comme ça nous avons besoin d'informations sûres c'est donc un respect qui est dû, à TOUS, quel que soit leur point de vue et ceux qui me sont hostiles qui nous sont hostiles et au programme, l'Avenir en Commun, je suis sûr qu'eux-mêmes aussi sont INDIGNÉS qu'on vous prenne pour des imbéciles au point de croire le bourrage de crâne auquel ils se livrent depuis le début de la semaine et qui va s'amplifier jusqu'à la fin de la semaine *acclamations* Les gens ! cette semaine... je (inaudible), parce que sinon vous ne seriez pas là aujourd'hui d'abord c'est une élection, alors donc pour les élections en France, tout le monde fait de la politique parce que déjà quand c'est pas les élections, tout le monde en fait enfin, beaucoup vous le savez ça ! mais c'est vous qui gâchez les repas du dimanche ! "Arrêtes avec ta politique !" et ben alors !
ça se passe comme ça ! on est pas quoi, tu dis ? bon alors ! ou j'en étais, tu me fais perdre le fil ! *rires* j'en étais que vous êtes rassemblés, bien sûr parce que c'est l'élection présidentielle. c'est pas nous qui avons choisi ça ! mais dans les institutions de la Ve République, c'est l'élection la plus importante nous sommes tous des démocrates et des républicains donc nous traitons avec respect le devoir qui nous est fait de choisir la personne qui va avoir une telle responsabilité disproportionnée à laquelle nous, nous voulons mettre un terme avec le passage à la VIe République, la convocation d'une constituante pour que le peuple lui-même délibère mais je vous préviens les gens !
ça va pas être simple ! c'est vous qui allez faire ça ! et l'assemblée constituante, il faut la commencer mais il faut aussi savoir la finir ! et il faut savoir ensuite convaincre que le travail qu'on a fait est un travail qui est conforme à l'intérêt général pour que les gens ensuite l'approuve ! il y a beaucoup de travail sur la planche hein ? y'en a qui vont dire : "ah ben c'est plus facile de ... maugréer" mais moi je sais que c'est pas l'état d'esprit de la masse de notre peuple parce que quand on a 6 millions de chômeurs, quand on a 9 millions de pauvres c'est fini, on n'a plus le temps d'attendre et on sait que tout ça, ça doit changer et quand on est menacé par la guerre et qu'on est dirigé par des gens qui sont assez stupides pour approuver n'importe quel bombardement décidé dans n'importe quelles conditions on a des raisons d'avoir peur ! dans les mains de gens pareils *acclamations* c'est même plus une affaire de savoir si on bombarde c'est de savoir QUI décide de choses pareilles et nous on sait dans le fond de notre cœur que quand même il y a quelque chose qui tourne pas rond que mieux vaut souvent discuter que bombarder et quand on bombarde il y a toujours un loup regardez-moi cette histoire de bombe ! vous l'avez vu, ce truc qui est tombé en Afghanistan là ? vous avez vu qu'avec UNE SEULE de ces bombes on prend tous les gosses d'Afghanistan ils ont tous droit à un instituteur ou une institutrice pendant toute l'année, et on leur paye la cantine gratuite et encore, il y a des sous qui restent avec le prix d'une seule de ces bombes c'est ça la vérité profonde *la foule : bravo !* la paix est un bien précieux et on augmente les moyens en augmentant la paix et on prépare la paix avec des moyens de paix, et pas avec des moyens de guerre le vieil adage qu'on me sort régulièrement comme si je n'avais pas fait du latin ! vous avez fait du latin ? *la foule : oui ! * y'en a ! mais c'est quoi ce quartier, là ? ils ont lu La Boétie, ils ont fait du latin ! civis pacem parabellum et ben non ! "si tu veux la paix, prépare la guerre" disait l'adage, non, non, non ! si tu veux la paix, prépare la paix ! organise toi pour la paix ! instruis tes enfants ! c'est des signes aux autres !
évidemment des fois il faut recourir à la force mais il faut toujours que ce moment soit retardé il faut toujours qu'on essaye de passer par un autre chemin et ce chemin ! souvent, très souvent ! il existe ! bon ! donc nous, on sent, là, en ce moment, que le choix qu'on a à faire, il est important, mais que se produit autour de nous quelque chose ! dans nos amis, nos voisins des gens qui jusque là ne disaient pas leur opinion ne disaient pas ce qu'ils comptaient faire on voit que la mobilisation se fait de notre côté et la grossièreté des attaques qui sont portées contre nous et qui, j'en suis certain, dans la semaine qui va avoir lieu là, va déferler et une fois qu'on aura passer le cap du premier tour vous verrez qu'entre les deux tours alors là !!! pffff je sais pas ce qu'ils vont inventer pour vous faire peur ! moi j'ai proposé des sujets, vous le savez déjà que j'ai proposé des sujets ? c'est bien, vous suivez le film, hein ! vous savez tout dans ce coin ! pourquoi on fait un meeting, si vous savez tout ? tu le sais pas, toi ? y'en a un qui le sait pas ! j'ai proposé... ben !
écoutez ! moi je rends service ! ils cherchent des sujets à la noix, ben j'en ai ! par exemple, vous savez que dans le programme, il y a marqué qu'on va faire le cantine scolaire gratuite et bio ! ben elle est gratuite pour que nos mômes mangent et deuzio, comme ils mangeront bio, ça va organiser et permettre de rémunérer correctement les paysans qui feront des productions vivrières bio c'est comme ça qu'on va atteindre deux objectifs en un ! ok ? alors je propose un sujet pour la Matinale de France Inter "monsieur Mélenchon a décidé de choisir le menu de la cantine de nos enfants !" avec ça !
ça tient au moins trois jours ! et après tous les autres : "réellement ? et que comptez-vous mettre dans le menu ?" "ne craignez-vous pas, heu, que en proposant le menu, vous ne brutalisiez les gens ? blablablablabla vous connaissez ça ils ont fait ça avec l'Alba, ça a été bien drôle sinon y'a... mais vous la connaissez déjà, mais je vous la raconte quand même vous savez ! en même temps, je vous fais un peu de politique, mine de rien là, on a passé le chapitre "la planification écologique" "les relations internationales", qui c'est qui domine le monde ? le Venezuela !
évidemment ! *rires* je vois que vous ne savez rien ! ça me désole, il faut tout recommencer !!! et voilà, ils ont lu La Boétie, ils se croient malins ! bon, les Américains ont les pouvoirs non seulement de leurs armes ils ont des pouvoirs considérables c'est la première puissance militaire du monde c'est 600 milliards de dollars de budget militaire pour vous donner une comparaison, la Russie c'est 60 milliards bon l'Arabie-Saoudite ça doit être 80 milliards c'est pour dire ! c'est une puissance colossale militaire ! et toute leur économie repose sur le fait qu'ils impriment des billets et que personne ne leur demande jamais de vérifier ce qu'il y a derrière le billet puisque ça sert de monnaie d'échange partout donc il y a beaucoup de pays qui se disent : "ben oui d'accord... oui mais enfin... quand même !" "on trouve que c'est un peu risqué pour nous d'avoir dans nos coffres, en monnaie de réserve des dollars dont on ne sait pas ce qu'ils vaudront demain parce qu'il y a un risque qu'ils valent rien du tout le jour où on arrêtera de s'en servir" vous suivez tous ? c'est pas trop compliqué ? c'est très important parce que c'est le cœur de la raison d'agir de la politique internationale c'est pour ça que les États-Unis d'Amérique sont violents c'est pas parce qu'ils sont intrinsèquement violents c'est parce qu'ils se sont mis dans une situation, où ils sont obligés de défendre leur pré-domination parce que si jamais ils n'étaient plus dans cette situation, ils faudrait qu'ils fassent comme nous, quoi ! qu'ils produisent autant qu'ils impriment de billets donc il y a des économistes qui sont dit : "c'est une situation qui n'est pas stable" "c'est pas raisonnable de continuer comme ça à se payer avec des billets de Monopoly" donc, ils ont dit, ben ils faudrait inventer une monnaie commune alors on abonderait tous... monnaie COMMUNE, pas unique, hein ! une monnaie commune, ce serait la devise dans laquelle on échangerait les marchandises au niveau mondial ces économistes ont convaincu toutes sortes de gens, dont moi, quelques-uns de mes camarades et des économistes qui m'entourent mais ils ont aussi convaincu les chinois ! et le gouvernement chinois trouve que c'est une bonne idée alors j'ai proposé comme thème pour la semaine prochaine "Mélenchon propose d'abandonner l'Euro pour passer à la monnaie chinoise !" *rires* ça me semble être un bon sujet "monsieur Mélenchon, êtes-vous sûr de la stabilité de la monnaie chinoise ?" "combien y a -t- il heu..." enfin, bref, vous avez compris ils ne savent même pas comment s'appelle le président de la République de ce pays une fois, comme ça, sur un plateau, ils m'en avaient trop fait, je leur dis : "il s'appelle comment le président de la République Populaire de Chine ?" pfui, tout le monde regardait ses pompes !
ça crée une ambiance pour la suite de la discussion parce que, leur parti-pris c'est toujours le même c'est pour ça que je réagis comme ça, vous sentez d'où je viens il y a en moi quelque chose de la revanche sociale inassouvie je ne supporte pas qu'on me parle de haut je ne supporte pas qu'on me regarde de haut moi je regarde tout le monde directement dans les yeux à égalité j'ai jamais pensé que quelqu'un m'était inférieur quel qu'il ait été, homme, femme, jeune donc je ne supporte pas leur mépris de classe parce que c'est une manière pour eux de commencer à nous domestiquer nous commençons à baisser les yeux, et à partir de là c'est terminé ! c'est eux qui commandent ! donc les gens ! gardez les yeux bien droits ! *acclamations* nous ne craignons jamais si nous ne savons pas, et ben nous nous renseignons pour savoir et nous sommes plus instruits après et quand nous ne savons, nous n'hésitons pas à demander pour savoir n'ayez jamais honte de demander et d'apprendre toujours et sans cesse parce que plus on apprend, et plus on est sachant et meilleur on est en tant qu'être humain c'est le savoir qui nous libère de tout y compris de nous-même *acclamations* donc, la semaine prochaine, ça va y aller la semaine prochaine, vous allez tous prendre un vaccin "rentre à la maison" vaccin contre la morosité pour ceux qui viennent du sud, prenez de la vitamine D contre la morosité la meilleure riposte à l'offense que représente le fait de nous prendre pour des imbéciles en essayant de nous bourrer le crâne c'est l'humour et la rigolade Riez leur au nez ! il faut leur rire au nez ! il faut se moquer d'eux regardez comme ils sont déconcertés quand ils prennent leur ton sucré pour me dire : "oui, nous allons parler de l'Alba" mais moi je préférerais parle de l'union européenne... "non, c'est l'Alba qui intéresse les Français" moi : "AHAHAHAHAHA" ouais, c'est comme ça qu'il faut faire ! la dérision, l'humour pour porter en soi tout le temps cette force d'enthousiasme qui va nous permettre d'abattre toutes les murailles de démolir tous les plafonds de verre d'entrer dans le soleil de l'action majoritaire d'un peuple qui décide de reprendre le contrôle sur ses affaires et qui par là même, adresse un signal qui sera entendu sur la terre entière ! parce que nous sommes la France ! celle des Récollets et des révolutions ! *acclamations*
Jean-Luc Mélenchon