Invité : David Assouline - Territoires d'infos (17/02/2017)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 33:52OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron propose 15 000 places de prison et 10 000 policiers. C'est cohérent ?
- 35:06OuverteRéponse directe
Macron a qualifié la colonisation de crime contre l'humanité. Trop loin ?
- 36:27RelanceRéponse directe
Est-ce électoraliste de dire ça à Alger ?
- 37:09FerméeRéponse partielle
Quelle clientèle électorale vise Macron avec ces propos ?
- 38:58OuverteRéponse directe
Macron a aussi évoqué l'humiliation des anti-mariage pour tous. C'est juste ?
- 41:15OuverteRéponse directe
38% des sympathisants de gauche préfèrent Macron à Hamon. Le vrai candidat de gauche, c'est Macron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 35:41Locuteur 6Fait
« La colonisation, c'est l'oppression d'un peuple contre un autre. Ça ne peut jamais être un progrès. »
- 36:00Locuteur 6Fait
« La qualification de crime contre l'humanité est rentrée dans le droit international, à travers le tribunal de Nuremberg. »
- 39:56Locuteur 6Fait
« On a vu ce qu'on a fait avec Mme Taubira, les insultes de singes, la zoophilie. »
- 44:50PrésentateurFait
« Marine Le Pen peut être demain la présidente de la France, ce qui serait une catastrophe. »
- 50:05PrésentateurFait
« La qualification de crime contre l'humanité, c'est le tribunal de Nuremberg qui l'a qualifié comme tel. »
- 53:01PrésentateurChiffre
« 38% des sympathisants de gauche préfèrent Emmanuel Macron à Benoît Hamon. »
Temps de parole
- Présentateur74 %
- ?6 %
- Locuteur 35 %
- Locuteur 64 %
- Locuteur 73 %
- Locuteur 102 %
≈ 30,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Territoire d'Info, Public Sénat, Sud Radio.
Bonjour, bonne journée. Nous sommes ensemble pendant une heure. Bienvenue dans la matinale de Public Sénat de Sud Radio avec la presse quotidienne régionale. Territoire d'Info, c'est une heure de direct et on retrouvera notre invité politique à 8h. Aujourd'hui, c'est David Assouline, le sénateur PS de Paris, qui sera débriefé par nos éditorialistes. Dans un instant, le JT des Territoires, suivi du débat des éditorialistes de la presse quotidienne régionale. Puis vous retrouverez le Zappelisé. C'est le premier Zapping politique de la journée des matinales d'Info. A tout de suite. On commence ce journal télévisé tout de suite.
Même si les situations de sur-endettement perdurent, le nombre de ménages sur-endettés a baissé au niveau national. Illustration en Gironde où l'on explique cette diminution par l'effet bénéfique de la loi Lagarde de 2010 sur le crédit à la consommation. Plus de détails avec Dominique Parmentier pour TV7 à Bordeaux.
En
2016, la commission de sur-endettement de la Gironde a reçu 4763 dossiers, soit une baisse de plus de 9% par rapport à 2015.
Il
y a très certainement les effets bénéfiques de la loi Lagarde, notamment eu égard à ce qu'on appelle le crédit
renouvelable. En clair, il devient plus difficile d'obtenir un crédit si on n
'est
pas solvable. Mais la surconsommation n'est pas la seule origine de l'endettement.
Pour
d'autres, ça peut être les difficultés de la vie qui amènent à basculer dans le sur-endettement.
Deux tiers des ménages sur-endettés sont des personnes seules, divorcées ou des familles monoparentales, majoritairement des femmes. Plus de la moitié ont entre 35 et 54 ans, mais la part des personnes âgées de plus de 65 ans ne cesse d'augmenter. D'une part par
solidarité familiale sur cette dernière tranche d'âge de personnes âgées, il y a aussi de l'aide inter- et intra-générationnelle auprès des enfants, auprès des petits-enfants.
Plus
de
76% sont des locataires qui n'arrivent plus à payer leur loyer, leur charge, mais le nombre de propriétaires qui ne peuvent pas rembourser leur crédit immobilier tend à
augmenter. On
se rend compte effectivement que sur la métropole bordelaise, on a plus de 79% du sur-endettement sur des personnes qui sont locataires. Et lorsque l'on est sur des arrondissements plus ruraux, je pense au Médoc, au Blaillet ou au Libournay, on a un poids des personnes propriétaires qui est beaucoup plus important.
La
moitié des personnes sur-endettées ont des ressources inférieures au SMIC, mais plus de 75% ont moins de 2000 euros par mois. Et parmi ces ménages, il y a autant de chômeurs que de salariés en CDI, avec pour chaque catégorie une solution différente.
Pour les personnes en situation de travail, on est souvent sur des plans amiables avec un étalement du remboursement des dettes. Pour les bénéficiaires de minima sociaux, lorsqu'ils n'ont pas de capacité d'un remboursement, à ce moment-là, on sera plutôt sur un effacement à travers une procédure de rétablissement personnel. En
2016 en Gironde, 39% des dossiers ont donné lieu à un effacement de dette.
Et
on reste en Gironde pour les suites de l'affaire des emprunts toxiques de l'ex-région Poitou-Charente, présidée à l'époque par Ségolène Royal, une région qui avait laissé une enveloppe de 111 millions d'euros d'impayés. Les conseillers régionaux UDU ont déposé une plainte contre l'ancien directeur administratif et financier. Et le mois dernier, une conseillère régionale avait déjà porté plainte contre X au commissariat de Poitiers. Les élus ont donc cette fois déposé une plainte nominative. Écoutez au micro de TV7 Gironde, le président du groupe UDI de la région Nouvelle-Aquitaine.
Quand on étudie la manière de sortir de ce risque, aujourd'hui, les services de la région estiment au fait qu'il faudra payer des indemnités de sortie à hauteur de 45-46 millions d'euros. Donc un préjudice très grave. L'auteur de la signature, de la réalisation de ces contrats est identifié dans le rapport. C'est le directeur administratif et financier de la région Poitou-Charente. C'est un certain monsieur Daniel Parizeau, que nous ne connaissons pas, mais que pointe le rapport de la Chambre régionale des comptes. Et la Chambre régionale des comptes dit de manière, cette fois, explicite, non contestable. Donc le directeur, monsieur Parizeau, n'avait pas de délégation de signature.
Et donc il fait un délit. Et maintenant, il nous faut les mobiles de cette politique d'endettement qui a été complètement déraisonnable. Et il faut qu'on réponde à cette question qui est obsédante du pourquoi.
Politique toujours, mais sous l'angle de la jeunesse. A la chapelle Saint-Luc, dans l'Aube, le conseil municipal jeune compte 33 élus âgés d'environ 10 ans. Ils mènent différentes actions selon les attentes de leurs jeunes concitoyens. Et pour découvrir leur mission, ils ont visité la mairie, la salle du conseil, le bureau du maire et les services. Une visite instructive que Fabien Léger pour Canal 32 nous raconte.
«
Qu'est-ce que vous pouvez y observer ?
Au
-delà d'avoir un fauteuil où on peut être bien installé.
Il
est beau qu'il y
ait
le bureau,
monsieur
le
maire ?
»
Le conseil municipal jeune de la chapelle Saint-Luc existe depuis 2004. En 2017, ils sont 33 âgés d'une dizaine d'années. Leur mission, faire entendre la voix de la jeunesse chapeleine. Chapeleine, pour être aguerrie dans leur action, connaître leur ville, c'est aussi visiter la mairie.
« C'est aussi permettre à ces jeunes de considérer que l'engagement citoyen peut débuter à partir de l'âge de 9 ans. Et que cet engagement, qui n'est pas forcément perceptible par eux à leur âge, est réellement concret dans l'exercice de ce mandat d'élus jeunes.
»
Cette visite d'une heure trente leur a permis d'entrer dans le bureau du maire, de prendre sa place quelques instants, de découvrir la salle du conseil municipal et tous les différents services.
« Je me sers de la visite de la mairie pour ensuite les amener à se poser des questions. Donc ils étudient,
ils
voient la Marianne, donc ils se posent la question d'où vient la Marianne. Ils voient la liberté, égalité, fraternité sur le fronton de la mairie. Donc systématiquement, derrière, on va travailler dessus pour qu'ils comprennent toute l'historique de la France et tout ce que ça apporte au niveau de la République. « Dans toutes les mairies de France, vous aurez systématiquement
le
portrait
du président de la République.
» Ces jeunes conseillers municipaux ont été surpris. Une mairie, c'est pour eux un très grand bâtiment où de nombreuses personnes s'activent. «
On rencontre les personnes qui travaillent, le bureau du maire, sa secrétaire, les adjoints, les élus. Moi, je pensais que c'était plus petit
parce
que
d
'habitude, quand je viens à la mairie, je vois que le hall, pas tout ce qui est
en
coulisses. »
«
Pas tous les citoyens peuvent le faire, donc c'est privilégié. Je croyais qu'ils n'en voyaient pas beaucoup comme ça, mais
ça
bouge beaucoup. » D'ici quelques jours, le conseil municipal jeune se réunira pour débriefer sur cette visite avec
en parallèle un autre dossier qui les concerne directement. Ils seront aussi en train de travailler sur la présentation de la chapelle Saint-Luc comme ville
amie
des enfants de l'UNICEF.
Fin
2013, la digue de Sangatte s'effondrait sur plusieurs dizaines de mètres suite au passage de la tempête Xaver. Après quatre ans de montage, le dossier, la pierre symbolique de ce chantier a été posée. Sur 2,4 kilomètres, la digue va être reconstruite. Et le coût des travaux, c'est 19 millions d'euros entièrement pris en charge par l'État. Caroline Fichten pour OUEO à Lille.
Pause symbolique de la première pierre sur le chantier de rénovation de la digue de Sangatte. Une
rénovation attendue et pour cause, c'est fin 2013 que des dizaines de mètres de la digue s'étaient effondrés lors de la tempête Xaver. La digue, c'est un équipement indispensable à la protection des terres. Sangatte est en zone submersible. Sur 2,4 kilomètres, l'ouvrage doit permettre de mieux absorber l'énergie des vagues.
Dans le cadre du dimensionnement de cet ouvrage, il y
a
eu plusieurs scénarios qui ont été élaborés. Mais on est ici sur un site submersible. Comme vous le savez, le site de Sangatte est sur des pôles d'air. Donc il y avait lieu de protéger avec un ouvrage en dur sur le secteur. Donc le rangement était la meilleure solution pour le secteur. Le chantier consiste à approvisionner entre autres 380 000 tonnes de rangement. Pour éviter les problèmes d'approvisionnement, on est en train de stocker aujourd'hui au rythme d'à peu près 1 000 tonnes par jour. Donc on a à peu près aujourd'hui 45 000 tonnes de stockées sur place.
Le
chantier doit durer jusqu'à octobre avec une pause cet été. Le dossier a mis 4 ans à se monter. Et c'est l'État qui prend en charge la totalité des travaux, 19 millions d'euros, l'ouvrage étant de sa responsabilité.
C
'est, je dirais, l'exception de Sangatte d'avoir ce statut juridique qui, bien sûr, sauve la commune d'une dépense astronomique. Parce que je ne
vois
pas comment une commune de 5 000 habitants aurait pu satisfaire un investissement de 19 millions d'euros quand on a un budget de 5 millions d'euros de fonctionnement.
A
l'automne, l'ouvrage devrait être prêt. Les habitants pourront alors retrouver la digue pour profiter d'un paysage splendide.
On
part pour la Bretagne maintenant. Handicap, une innovation pour plus de mobilité. Le force wheel, c'est le nom du concept innovant mis au point par Mathieu Rietman. L'objectif de sa création est d'apporter une plus grande mobilité aux personnes en situation de handicap. Il vient de reporter un prix au premier concours national start-up et handicap. A l'Orient, Karine Chevrolier pour Tébé Sud.
Cette
roue fixée sur le châssis de son fauteuil, Adrien l'utilise depuis un an et demi. Ce module lui offre une assistance électrique et lui permet ainsi de retrouver une plus grande mobilité.
Cette
roue-là permet quand même de sortir plus, faire des promenades plus longues et sans se soucier de problèmes de distance ou quoi que ce soit. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je peux faire des promenades de 10-15 kilomètres sans me soucier de douleur d'épaule ou quoi que ce soit.
A l'origine de ce projet, Mathieu Rietman, régulièrement au contact de personnes en situation de handicap, il a été sollicité pour mettre au point un dispositif robuste et compact
pouvant soulager les déplacements. Deux ans auront été nécessaires à l'aboutissement du projet. Il y a une batterie qui est sous la chaise, tu as la roue moteur et la manette de vitesse. La roue moteur est fixée sur le bar entre les deux grands roues de fauteuil rollant et qui pousse. Et il pousse simplement, il ne va pas à droite à gauche. C'est comme si tout le temps on a une descente.
Et
cette force wheel a de l'avenir. Mathieu
Rietman recevait ce jeudi le second prix d'un concours national, start-up et handicap. Dont l'objectif est de favoriser l'émergence de projets à destination de personnes à mobilité réduite.
Les quatre lauréats ont non seulement l'idée pour aider les personnes en situation de handicap, mais en plus il
y a
une vraie potentialité marché derrière. Ça veut dire qu'on peut avoir une entreprise qui fonctionne, qui vive, qui se développe et qui crée des emplois derrière. Formation
en
entrepreneuriat, conseil d'experts, études de marché ou accompagnement financier.
Les jeunes pousses vont ainsi bénéficier d'un coup de pouce pour s'ouvrir de nouvelles opportunités. Voilà toutes nos félicitations à Mathieu Rietman à la découverte du caviar made in Gers. Et oui, réputé pour ses canards, le Gers est aussi un producteur de caviar. Et c'est d'ailleurs un caviar très convoité. Agnès Grimaldi pour la dépêche du midi vidéo.
Et
si vous mangez du caviar en provenance du Gers,
dans la ville de Ryscle, où longe le fleuve Ladour, des esturgeons sont élevés depuis 1986. Cette entreprise produit aujourd'hui près de 9 tonnes de caviar. Elle est intégrée à la deuxième société française productrice de caviar et se vend partout dans le monde.
Dans la pièce où nous sommes, c
'est
les closeries, où là nous faisons naître les petits alvins dont nous avons besoin pour les deux sites. Et enfin, toute la phase finale,
c
'est-à
-dire
transformation du produit, production du caviar, se fait sur l'autre site en Ordonne. Donc tous les poissons sont amenés vivants sur l'autre site. Ils ont une période de 15 jours, 3 semaines d'adaptation avant d'être sacrifiés pour le laboratoire. Le processus de production va se faire sur une période, donc on a dit de 8 à 10 ans. Pour produire autant de caviar, il faut beaucoup d'esturgeons. Aujourd'hui, pour 9 tonnes et demie, on a sur les deux sites environ 700 tonnes d'esturgeons. Dans l'avenir, on va monter à 1 000, 1 200 tonnes pour atteindre des productions de l'ordre de 18-20 tonnes. Voilà, et paraît-il, il est très bon. C'est la fin de ce journal.
Dans un instant, le débat des éditorialistes de la presse quotidienne régionale. Mais pour l'instant, la une de vos journaux aujourd'hui.
On
va justement en parler dans un instant, dans le débat des éditorialistes. François Fillon, toujours à la une de la presse quotidienne régionale aujourd'hui. Avec pour commencer, ce titre du télégramme, toujours sous pression. François Fillon, vous le savez, toujours sous pression. Dans la dépêche avec Fillon, affaires non classées. Le parquet national financier a annoncé hier qu'il ne classait pas sans suite l'affaire Fillon. Pour l'instant, les investigations continuent. Pour le Maine Libre, Fillon, pourquoi tous ses soutiens y croient encore ? Et c'est un reportage au Mans hier soir où les élus républicains de la Sarthe ont présenté le comité de soutien de François Fillon.
D'une même voix, ils souhaitent remettre ses idées au cœur de la campagne. Pour le Courrier de l'Ouest, présidentiel, le blues des militants Angevin. Ils partagent un atelier en pleine ville. Quatre jeunes artisans d'art juridiquement indépendants utilisent bureaux et machines en commun dans un même espace au cœur de la Doutre. Ils y gagnent en frais et bien sûr en dynamique. Pour la presse de la Manche, c'est la course au parrainage. Les maires des petites communes reçoivent depuis plusieurs semaines des demandes de candidats pour les parrainer lors de la prochaine élection présidentielle. Basé sur plusieurs critères, leur choix n'est pas toujours évident.
À un mois de la date butoir, le Sprint est lancé. Pour la Provence, la campagne s'embrase en Provence. Après les propos polémiques sur la colonisation, Emmanuel Macron est aujourd'hui à Carpentras sur le thème de la sécurité. Et Xavier Bertrand, hier au Ponté, et Marion Maréchal-Le Pen, FN, ont occupé le terrain sur ces thèmes ces derniers jours. Pour le courrier Picard, c'est l'élu en passe bien à l'étranger. C'est l'élu FN, pardon. L'élu Front National, peu connu en Picardie. Et Patricia Chagnon est pourtant très sollicitée par des médias étrangers, notamment à la télévision publique russe RT. C'est la une du courrier Picard aujourd'hui. Pour l'Ardonné, la dérive djihadiste de Soré.
L'Ardonné Thomas Soré est soupçonné d'avoir fomenté un attentat, vous le savez, de sa conversion à l'islam, à sa mise en examen. C'est le récit d'une dérive djihadiste qui est en page 4 de l'Ardonné aujourd'hui. Pour la Charente libre, trop de collèges en Charente. Le département a présenté hier une étude sur la démographie de ces collèges. Et en 30 ans, la Charente a perdu 5000 collégiens et risquerait d'en perdre entre 900 et 1400 autres d'ici à l'horizon 2025. C'est de quoi préparer le terrain à de futures fermetures. Pour Ouest France Énergie, la France a l'heure des choix. Et pour Sud-Ouest, une une intéressante, les nouveaux chercheurs d'or en Dordogne et aux Pays Basques.
La peur de nuisances liées à deux projets miniers mobilisent. En France, l'exploitation du sous-sol retrouve de l'intérêt avec la hausse des cours des minerais. Et c'est dans Sud-Ouest, les nouveaux chercheurs d'or aujourd'hui. Voilà, comme chaque matin à cette heure-ci, on va balayer l'actualité avec nos éditorialistes de la presse quotidienne régionale. Elle est nationale, l'actualité aujourd'hui. Elle est territoriale et elle est aussi d'outre-mer, vous le verrez dans un instant. J'accueille donc Julien Sartre pour le quotidien de la Réunion. Bonjour, merci d'être avec nous. Julien, Jérôme Cordelier, du Point,
des rédacteurs en chef des
éditions locales de ce magazine. Et j'accueille Zoé Cadiot pour l'indépendant et le midi libre, comme d'habitude, et souvent chaque vendredi. Bonjour Zoé, merci d'être avec nous. Bonjour, c'est vrai. Voilà, Tours, Versailles, Bordeaux, Toulouse-Nantes, hier soir un peu partout en France, se sont tenus des réunions publiques de soutien à François Fillon.
Pour
les orateurs comme pour les militants, il aura surtout été question du Pénélope Gaët, toujours et encore. Mais François Fillon tient bon, Zoé Cadiot
? Alors,
il tient bon dans la mesure où on sent quand même qu'il arrive quand même à faire passer quelques idées, malgré la polémique qui continue sur le Pénélope Gaët.
On l'a vu notamment
sur l'abaissement de l'âge
pénal pour les mineurs à 16 ans. Ou alors, encore, sur... C'est une bonne idée, vous voyez comme quoi je suis aussi très imprégnée par le Pénélope Gaët. Parce que toutes ces idées-là, elles ont du mal à s'imposer, parce qu'à chaque fois, le feuilleton est encore alimenté. Et on l'a vu encore avec la décision du parquet hier, qui a décidé en état,
c
'est très important, de ne pas classer l'affaire. Alors, pour Fillon, pour les soutiens de Fillon...
Votre titre,
c'est la pression judiciaire s'accentue sur
lui. Tout à fait.
Alors, la pression judiciaire, dans la mesure où si, du côté des Fillonistes, on voit ça un peu comme une bonne nouvelle en disant qu'en fin de compte, ça va les donner du temps, pour
les spécialistes de la préjudiciaire, on est déjà dans la deuxième étape, quoi. On dit que s'ils disent en état, ça veut dire que dans leur dossier, ils ont des preuves, et que contrairement, il n'y
a
pas de classement sans suite, et qu'il y a deux options qui restent pour François Fillon, c'est soit transmettre le dossier pour qu'il y ait l'ouverture d'une information judiciaire, ou alors directement une plainte au tribunal correctionnel. Et il semblerait qu
'on
s'oriente vers cette décision. Mais peut-être que Jérôme n
'est
pas d'accord, parce que je le vois bouger sur son fauteuil. Jérôme Cordelier. Oui, parce que je pense que le communiqué du parquet, c'est de la communication, quoi.
C'est ce que dit d'ailleurs, quand
François Fillon... Voilà, c'est une décision. C'est vrai que c'est un peu surprenant, quand même, un communiqué de dire comme ça, bon, finalement, on ne conclut pas encore, quoi, en l'état. En l'état, je vous trouve un peu hâtive, mais peut-être avez-vous accès au dossier, moi je ne l'ai pas. Mais vous êtes un petit peu hâtive dans la conclusion, parce qu'on peut aussi conclure de l'autre côté. En l'état, il peut aussi classer sans suite dans quelques
semaines. Mais vraiment, on n'en sait
rien. C'est vraiment un communiqué pour ne rien dire. C'est un communiqué qui ne peut rien dire, mais qui répond aussi aux attaques d'illégitimité qui ont été portées par les avocats de François Fillon. Et par ailleurs, je ne connais pas le dossier, je suis comme vous, j'ai mis ça au conditionnel. Mais
il y a quand même quelque chose qui m'inquiète, c'est quand on voit, certes, Georges Fenech, député LR, ancien magistrat, qui, pendant des années et des années, a été quand même l'image, la signature
judiciaire de
LR. Tout
de même sarkoziste. Exactement, et qui est
sarkoziste et qui se dit très inquiet.
Oui, mais depuis le début, Georges Fenech, c'est un cas particulier. Vous le savez bien, depuis le
début... Non, mais moi je suis l'avocat de personne. Ce que je constate juste, c'est que c'est un communiqué pour ne rien dire, quoi. Donc c'est plutôt intéressant. On voit bien qu'il
y a
une guerre, mais on
a l'impression que François
Fillon, évidemment, veut passer cette vague et qu'il n'y arrive pas si mal, il résiste bien. Alors ses soutiens hier, Valérie Pécresse était en mode défensive, à Sautron, près de Nantes. Alain Juppé, lui, a concédé, ça va être dur, il l'a dit. Mais François Fillon, il tient dans la tempête.
C
'est d'ailleurs ce qu'a assuré François Pinte, le président de l'air de Loire-Atlantique, assez militant hier soir. Il tient son socle.
C
'est-à-dire que, contrairement aux autres candidats, il sait que son socle est à peu près à 18-19%. Il semblerait aujourd'hui, sur ce 18-19%, il y
a
60, on peut dire 70% de ses électeurs qui vont voter pour lui et qui ne changeront pas d'avis. Donc il a vraiment un socle solide. Mais ça, c'est la marque de fabrique, je dirais, des Républicains, d'une certaine manière. Mais ce qui est important quand même, parce qu'avec l'énorme tourmente et l'énorme pression qu'il y a, garder
un socle comme ça, c'est quand même intéressant. Et la
volatilité du vote Macron. Je suis d'accord avec vous. Mais, en même temps, ce n
'est
pas avec ça qu'il arrivera à se qualifier encore aujourd'hui. Parce que tout le problème de François Fillon, c'est
de passer le deuxième tour. Vous avez cadu, il reste du temps. Ça, c'est juste.
Il reste
du temps, oui.
Deux mois, c'est une éternité en politique. Deux mois, c'est une éternité, mais on vit quand même une campagne qui est quand même assez inédite et que tous les jours, il y a un feuilleton, il y a quelque chose. Et c'est comme la mer, vous savez, il y
a
une érosion. Et au bout d'un moment, qu'on le veuille ou non, le sondage de l'Ipsos dit qu'il y a une érosion du vote. Julien ? Eh bien, ce qui est surtout significatif,
c
'est le... En fait, il joue la montre, finalement, puisque le temps judiciaire sera forcément plus long que le temps de la campagne. Ça, quelles que soient les décisions, non-décisions, communiqués ou communication du parquet. Il était à la Réunion, alors j'en profite pour vous interroger. Ça s'est bien passé, alors on a eu des images de ce voyage.
Ça
s'est bien passé là-bas, parce qu
'on
a l'impression qu'il y avait beaucoup de contestations dès qu'il se déplaçait, des militants anti-Fillon le suivaient. Ça s'est réellement passé de cette manière ? En fait, sur place, c'était rien de moins que mitigé, tout simplement. C'est-à-dire qu'il a bénéficié d'un... Lui voulait plus ou moins se refaire une virginité. Alors son objectif, une virginité politique, reparler des vrais sujets, aller loin pour mieux revenir. Il en a été empêché par des militants, mais qui n'étaient pas extrêmement nombreux. Il a été largement soutenu par la droite locale, qui a fait bloc derrière lui.
Et ce sont quelques militants, quelques employés communaux de mairie PS aussi, qui lui ont mis des bâtons dans les roues et qui ont donné cette impression de demi-teinte. C'est intéressant
ce que vous dites, pardon
Zoé, parce qu'on l'a assez peu lu en fait, ce que vous venez de dire. Oh si ! Que c'était des militants PS de communes...
Il y a un grand quotidien
du soir qui justement a dit que le problème,
c
'est que justement dans le genre de déplacement,
c
'est que c'était souvent instrumentalisé et qu'ils n'étaient pas très nombreux, mais que ça faisait beaucoup de bruit.
En
plus sur une île, comme ça, il est facile de savoir qui fait quoi.
Oui, tout à fait. Il
y
avait presque un chassé
croisé avec lui et ses
opposants. Mais les
images ont été très... On revient sur les soutiens de François Fillon. Valérie Pécresse, donc je le disais, la soutient, Alain Juppert a
fait
quand même un meeting, a présidé un meeting. Il y a 17 personnalités du PS.
Donc
au fond, ça tient. Je veux dire, par là qu'on disait qu'il y avait énormément de dissensions, peut-être cachées d'ailleurs, officiellement ça tient. Ils animent des meetings, ils réunissent des militants, des électeurs, et ils parlent les soutiens de François Fillon. Oui,
mais
ils parlent, mais est-ce qu'ils
sont...
Toute tendance des républicains confondus. La question c'est, même eux ont du mal à être audibles. On l'a vu encore hier avec Dermain. On l'a vu encore hier, que ce soit dans le sud de la France, ou notre ami Barouin, qui a été animé des meetings. Ils ont vraiment du mal à se faire entendre, d'une certaine manière. C
'est ce que disait Christian Estrosi
sur ce plateau hier. Voilà. Il y a 17 personnalités qui se sont engagées, mais elles n'ont pas le choix. Parce que d'une certaine manière, bon d'accord, il y
a
le problème Fillon, mais enfin, ils veulent quand même gagner. Pour eux, cette victoire a été acquise il y a encore quelques semaines. Il est là, le problème. C
'est bien sûr. Cette
victoire, elle aurait été promise. En même temps, on peut constater quand même que les ténors de la droite font bloc. Ce qui est intéressant, et d'ailleurs c'est pour ça que c'est là-dessus que joue François Fillon, c'est qu'il y a un socle dans les sondages électoraux qui fait bloc, et les ténors de la droite qui font bloc. Il n'y a aucune tête d'affiche, à part Georges Fenech, qui encore une fois est un cas particulier très perso.
Oui, mais il y a Marceau
aussi qui commence. Oui,
mais
enfin,
je
veux dire, Georges Fenech et Alain Marceau ne peuvent pas dire que ce soit des ténors des
républicains. Je veux dire que c'est des ténors, mais Alain Marceau, quand même,
ce
n
'est
pas un cas particulier, c'est quelqu'un qui connaît
bien sa région,
qui a un
poids particulier
quand même dans la région du Sud,
et que le vaillement est finit
en ce moment. On
ne
vous mettra pas d'accord. Non, parce que ce n
'est
pas des
ténors,
ce n
'est
pas des têtes d'affiche,
ce n'est pas des
représentants d'un courant au sein des républicains. Le parti de la faillite dans le point, comment près de la moitié du corps électoral aujourd'hui est prête à voter pour des candidats anti-Europe. Oui, ça c'est vraiment quelque chose qu'on a repéré au journal et qui nous étonne, c'est plus de la moitié même, plus de 50% des intentions de vote vont à des candidats qui sont hostiles à l'Europe libérale, ou alors en tout cas qui veulent un bras de fer, c'est le cas de Benoît Hamon par exemple, avec l'Allemagne. Donc c'est vraiment, c'est une source d'inquiétude quand même. Et
en même temps, pour les marchés... Un sous
-titre, c
'est
Giscard qui dit « Europe, une chance historique ». C'est un autre sujet.
Oui, bien sûr.
Mais
bien sûr, l'Europe,
il faut remettre en service l'idéal européen. Et ce qui est vrai que c'est quand même préoccupant que plus de la moitié du corps électoral putatif se disent prêts à donner son suffrage pour des gens qui sont hostiles à l'Europe. Et donc, ce n
'est
pas uniquement pour des raisons symboliques ou des raisons politiques, c'est aussi pour des raisons économiques. Puisque Clément Lacombe et Marc Vignon ont interrogé tous les experts des marchés, les observateurs, et qui disent que si d'aventure, d'aventure, l'un d'eux en venait à prendre les manettes du pouvoir, évidemment, il y aura un risque très fort que les investisseurs désertent le territoire.
Ce qui est très marrant, c'est que comme
disait Giscard, une chance historique, c'est un peu ce que dit Oti Terrasame, qui dit qu'elle aime l'Europe, mais elle n'aime pas l'Union Européenne. Donc aujourd
'hui,
il
y a un nouveau...
Non, je sais bien que ce n
'est
pas un peu Giscard. Mais ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui,
il
y
a
une véritable interrogation sur quelle Europe
on
veut demain, à vrai dire. Oui, mais là, avec le parti de la faillite comme en titre, on va au-delà de ça. Et c'est ça qu'on tire un signe à l'alarme, en fait. Julien Sartre, le quotidien de la Réunion, on va voir votre une, bien sûr. Et puis vous allez nous conter l'histoire de réunionnais qui ont été des victimes. Et hier, la ministre de l'Outre-mer, Érica Barès, a pris des mesures en faveur de certaines de ces victimes réunionnaises. Oui, en fait, c'est une histoire qui est connue, enfin, disons, qui a émergé dans l'espace public il y a deux ans, jour pour jour. Une résolution à l'initiative de l'actuel ministre de l'Outre-mer,
Érica Barès,
qui à l'époque n'était que député de la Réunion. En fait, elle a permis à l'Assemblée, elle a proposé au vote des députés une résolution qui reconnaissait la responsabilité de l'État
français.
Et qui créait une commission historique sur le déplacement de milliers d'enfants réunionnais dans les années 60. Jusqu'à 82, ça a duré,
1982.
Oui,
c
'est ça. Et ces milliers d'enfants ont été déplacés de force. Ils étaient dans des situations sociales difficiles. Mais parfois même, il est arrivé qu'ils soient arrachés à leur famille par les services sociaux.
Alors c
'était quoi ? Pour repeupler des départements oubliés, des départements désertifiés ?
C
'était ça l
'idée
? En fait, il y avait deux parties à ce problème. La première partie, c'était traiter une sorte d'exportation de la population réunionnaise dans les départements. En fait, ils voulaient d'abord traiter les problèmes sociaux réunionnais, donc faire partir ces enfants. Et ils les ont mis dans les départements où l'exode rural avait désertifié les campagnes,
en
fait. Donc la Creuse et le Cantal. Et ça en partie, il y en avait plusieurs. D'où le nom de ces personnes. Enfin,
leur
nom, plutôt leur surnom, en fait. On les appelle les réunionnais de la Creuse ou les enfants de la Creuse. Et donc, il y a deux ans, l'Assemblée nationale a voté la mise en place d'une commission historique d'enquête. Et cette commission a fait un point d'étape aux côtés de la ministre des Outre-mer, qui en a profité. Donc d'abord, la commission historique a précisé le nombre de victimes. Elles sont plutôt autour de 2150 plutôt qu'autour de 1600. Le chiffre était minoré jusqu'ici. Les responsabilités, le système institutionnel qui a permis ce drame, en fait, a été un peu précisé. Et la ministre en a profité pour annoncer des mesures en faveur de ces victimes.
Ce qui est le plus horrible aussi dans cette histoire, c'est que de la réunion, quand les enfants partaient, on leur promettait un monde meilleur. On ne leur disait pas qu'ils allaient être les enfants
fermes dans la Creuse. Mais leur
intégration aujourd'hui, ceux qui, il y en a, évidemment, beaucoup sont restés, un
peu
sont retournés à l'arrière. Comment ils le vivent, eux ? Est-ce que vous avez des informations là-dessus ? Eh bien, tout dépend. La plupart, malheureusement, et c'est ce qui a été exposé par la commission d'enquête historique, ont subi du racisme, des difficultés d'adaptation, des difficultés d'intégration. Et ont été, voilà... C'était
bien mal d'oeuvre à le marché.
Donc, certains sont rentrés, d'autres à la réunion, d'autres n'ont pas pu le faire. Et certains souffrent. Pour ceux qui souffrent et qui sont sur une liste des victimes qui a été établie, une aide psychologique est désormais accessible. Et à qui on va aussi procurer des billets d'avion gratuits ? Certains d'entre eux, oui, qui n'ont pas pu rentrer jusqu'ici, pourront rentrer enquêter sur leur cas,
en fait,
éventuellement
récupérer des documents.
Merci de nous avoir
parlé de cela, Julien Sartre, pour le quotidien de la réunion. Merci, Zoé Cadiot, du Midi Libre et de l'Indépendant. Merci, Jérôme Cordelier, du Point. On se retrouve tout à l'heure avec vous pour le débrief de notre invité David Assouline, qui sera l'invité politique à 8h de Territoires d'Info pour l'instant,
c
'est la météo. La météo des territoires français d'outre-mer aussi. On la regarde ensemble.
La météo vous est présentée par Terroliopro,
avec
le concours de l'Assemblée des départements de France.
C
'était la météo, avec Terroliopro et l'Assemblée des départements de France.
Voilà, dans quelques minutes, David Assouline nous rejoindra sur ce plateau, ça sera l'invité de Territoires d'Info, mais pour l'instant, c'est le Zap, Élisée, le premier zapping politique des matinales d'Info qu'on regarde ensemble.
Dès qu'on parle de Fillon, tout le monde a envie de rigoler. Parce qu'on ne le voit pas donner la moindre leçon de morale à qui que ce soit, il n
'est
plus crédible.
François Baroin est-il encore en situation de gagner la présidentielle et à quelles conditions ? François Fillon. Oui, on veut nous faire taire, et bien moi je vous le dis, je persiste et je signe. L'abaissement de la majorité pénale
à
16 ans, ça sert à quoi François Fillon ? Alors si vous pouvez m'appeler François Baroin, c'est bien aussi. Disons que j'en ai rêvé et que François Fillon serait prêt à le faire, et bien je ne peux forcément que
m'en satisfaire.
François Fillon réoriente sa campagne, c'est comme ça que vous le percevez, que vous le comprenez François Baroin. On a l
'impression qu'il ne... Baroin, pardon ? C'est ce que vous lui avez imposé en échange du soutien des sarcosistes ? Alors comment expliquer qu'il
y a
un mois il est contre, qu'aujourd'hui il est pour ?
S'il faut faire quelque chose à 16 ans, oui, j'ai une proposition et je veux la refaire devant vous. C'est qu'on donne le droit de vote à 16 ans.
Pourquoi vous avez changé d'avis sur cette majorité pénale à 16 ans
? Le
parquet national financier qui décide de poursuivre dans l'affaire Fillon, les magistrats n'envisagent pas de classer cette affaire sans suite. L'information qui n'aura pas de classement sans suite, évidemment, ça se traduit par qu'il y aura des poursuites, sous quelle forme, citation directe, ouverture d'information, je ne sais pas, personne ne sait si ça appartient au parquet de prendre cette décision. Il est toujours éthique que cette épée de Damoclès va rester toujours sur notre tête.
Et alors que François Fillon dénonce l'attitude du parquet financier, le garde des Sceaux lui répond.
Les magistrats sont indépendants. Si au sommet de l'État il n'y a pas cette exemplarité, comment
donner
confiance
?
Comment appeler
à
l'effort
? Comment
donner
une
perspective à notre pays ? La colonisation fait partie de
l
'histoire française.
C'est un crime. C'est un crime contre l'humanité. C'est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses.
Emmanuel Macron n'a aucune colonne vertébrale. Il dit simplement ce que ceux qui l'écoutent veulent entendre.
Moi, je n'utiliserais pas le terme de crime contre l'humanité parce que c'est une notion juridique très particulière et je pense qu'il faut utiliser les bons mots au bon endroit.
C
'est
des propos assez immatures. Je pense qu'il
y a
une supercherie Macron aujourd'hui et qu'elle se voit tous les jours. Mais comment voulez-vous faciliter l'assimilation
de jeunes issus de l'immigration quand vous leur dites que leur nouveau pays est coupable vis-à-vis de leurs parents et de leurs grands-parents de crimes contre l'humanité et
vous allez créer du ressentiment ?
Vous dites que c'est une faute très grave. Je ne cèderai rien
à
tous les responsables politiques
qui
aujourd'hui cherchent à instrumentaliser notre histoire, à instrumentaliser mes propos
à
des fins clientélistes
ou
électoralistes.
Territoire d'info, Public Sénat, Sud Radio.
Voilà,
l'invité politique de Territoire d'info sur Public Sénat, Sud Radio avec la presse quotidienne régionale ce matin,
c
'est David Assouline. Bonjour, merci d'être avec nous.
Vous
êtes sénateur de Paris, en charge de la riposte dans la campagne de Benoît Hamon. Argument et riposte. Oui, la terminologie est intéressante d'ailleurs, la riposte, on en
parle un peu tout à l'heure.
Argument et riposte. D'accord, pour vous interroger aujourd'hui à mes côtés, et bien Christophe Bordet, le rédacteur en chef de Sud Radio, bonjour Christophe, et Mickaël Zames de Public Sénat. Bonjour à tous. David Assouline et Emmanuel Macron à Carpentras et à Toulon pour parler sécurité. Il veut créer 15 000 places de prison, 10 000 postes de policiers, une amende de 100 euros pour des actes de petite délinquance. C'est un début de programme, ça, quand même
? Je
ne sais pas, parce qu'un programme, c'est une cohérence. Et j'ai lu en même temps hier que le point a révélé qu'il comptait procéder à une baisse des dépenses publiques de 60 milliards, notamment dans la masse salariale des fonctionnaires d'État. Donc,
c
'est des suppressions de fonctionnaires. Alors, je ne sais pas comment on fait. Et ici, 15 000 policiers, j'avais même entendu qu'il voulait augmenter le nombre de professeurs, notamment dans les petites classes. Vous
êtes
en train de dire quoi ? Qu'il part un peu dans tous les sens, Macron, là
?
Ces derniers jours aussi, j'ai pu constater cela. C'est
-à
-dire que c'est la conséquence...
C'est la boule de
flipper ? C'est la conséquence de ni droite ni gauche. Et gauche et droite, c'est contradictoire, bien entendu. Et je crois que là, on rentre dans la campagne, que les cartes sont abattues, qu'il y a des clarifications. J'espère que la campagne va servir à ça, à clarifier, à débattre. Et on ne pourra pas dire tout et son contraire, des choses que l'on... Tout
et son
contraire. Essayons
un
petit peu plus loin,
David Assouline. Hier, Emmanuel Macron parle encore une fois de cette histoire de la colonisation. On en a entendu parler pendant de nombreuses heures. Un crime contre l'humanité, a-t-il dit
? Est-ce qu'il est allé trop loin, selon vous
?
Ce n
'est
pas une question de loin.
C
'est que quand on touche à l'histoire contemporaine, c'est-à-dire qu'il y a encore des vivants de ces époques, et puis leurs enfants, leurs descendants, et que ça touche à des événements qui ont provoqué des blessures, des meurtrissures encore très ouvertes. Alors on mesure ces mots, puisqu'il s'agit quand même d'une campagne pour être chef d'État. Et que les mots ont un sens, ou alors ils ont des sens symboliques, ou des sens juridiques. La colonisation, c'est l'oppression d'un peuple contre un autre. Ça ne peut jamais être un progrès. Ça, je le dis pour la droite qui a vu des bienfaits. Et en même temps, ça a été de la répression, des massacres, des humiliations. On le sait.
La qualification de crime contre l'humanité est rentrée dans le droit international, à travers le tribunal de Nuremberg, pour qualifier ce qui s'était passé, notamment avec l'extermination des Juifs, des Ziganes, etc. Et aujourd'hui, venir juste dire ça à Alger, alors qu'on avait dit à Paris quelque chose de bien différent, qui était plus tôt que la colonisation avait amené des bienfaits aussi. C'est-à-dire des choses contradictoires.
Mais est
-ce
qu'il a eu tort ? Ça fait
très électoraliste. Est
-ce qu'il a
eu tort d'ailleurs de le faire à Alger
? Parce
que la signification à Alger ne sera forcément pas la même que celle en France. Non, mais c'est parce qu'il parlait. Excusez-moi de le dire, j'ai eu ce sentiment. Moi, je respecte les candidats, etc. À
qui parlait-il
? Il parlait à ce qu'il croit être une clientèle électorale. Et à Paris, il disait autre chose, à peut-être d'autres clientèles. On peut le voir sur d'autres sujets. Et je trouve que ce n
'est
pas bien. Parce que c'est ça aussi le dit droit demi-gauche. C'est essayer de ratisser dans tous les sens. Je pense qu'il faut avoir sa cohérence, ses convictions profondes.
Mais quelle clientèle électorale ? Est-ce que vous pouvez citer exactement
quelle
clientèle électorale ? Je finis
parce que j'aime la précision dans les choses et je ne fais pas de procès d'attention. La seule, entre guillemets, précision qu'apporterait le crime contre l'humanité, c'est que c'est un crime imprescriptible et qu'on pourrait donc poursuivre aujourd'hui ceux qui seraient considérés comme ayant participé à ce crime, entre guillemets, contre l'humanité. Alors qu'ils nous disent si c'était ça, c'est-à-dire quelque
chose de précis, il veut poursuivre
aujourd'hui.
Il dit aujourd'hui,
il
apporte un bémol. Parce qu'il dit crime contre l'humain. Et puis il rajoute, voilà, le traité de Rome en 2010 a été accepté par Fillon, par Sarkozy, mis en oeuvre, etc. À ce niveau-là, ça a élargissé le champ d'action. Donc aujourd'hui, on pourrait effectivement dire, eh bien on
poursuit. Alors s'il pense ça... C'est ce qu'il a dit hier. Bah s'il pense ça, qu'il dit ce qu'il veut poursuivre en France de ce crime contre l'humanité. Enfin, je pense pas que c'est... Si on veut dire qu'il y a l'atteinte à l'humanité, ce sont des humiliations,
ce
sont... Par exemple, y compris quand on a mis la traite des nègres et l'esclavage, ça n'avait pas une conséquence directe du point de vue juridique, parce qu'il n'y a pas de survivants, on va dire, de cette époque. Et ça permettait surtout de poursuivre ce qui le niait. Et ça, c'était important. Enfin bon, y a pas de choses en plus. Et j'ai l'impression que, et je trouverais ça choquant et pas bon, que sur des drames humains, on puisse essayer de faire de la démagogie.
Donc là, il a
fait une erreur. Et sur les lois ? Je sais pas
si c'est une erreur.
J'espère que c'est qu'une erreur, oui. Emmanuel Macron, hier, encore une
fois,
les anti-mariages pour tous ont été humiliés par le gouvernement dans
ce quinquennat. C'est un autre exemple,
c'est pour cela. Voilà un autre exemple. Je sais pas, j'ai vécu cette période. Les débats parlementaires, on peut pas dire qu'il n
'y a
pas eu de débat, y compris la loi a été retardée, ce qui a fait qu'il y a eu encore de nombreux mois, presque une année de manifestations. Donc
autre exemple de quoi ?
Électoraliste, c
'est
ce que vous voulez essayer de nous dire ce matin. Encore une fois, cette phrase, c'est électoraliste. Eh bien, là, on a l'impression, oui, pardonnez-moi, je n'ai pas... Non,
là, il
va draguer l'électorat catholique, par exemple, en disant ça. C'est vous qui
le dites. Non, je sais pas, je vous le demande. Vous
nous
parlez de l'électoraliste. Non, mais moi, ce que
je constate, je pense que c'est pas juste de dire ça. Ensuite, pourquoi il l'a fait ? On peut se demander en période électorale pourquoi on fait de telles choses qui sont complètement incohérentes. Moi, j'ai plutôt vécu pendant de nombreux mois l'humiliation faite aux homosexuels dans ce pays. Quand vous avez des millions de personnes qui manifestent avec les dérapages, dans l'hémicycle même, mais aussi dans la rue, des agressions d'homosexuels. J'ai des amis dans le 18e arrondissement qui s'étaient fait agresser. On a vu ce qu'on a fait avec Mme Taubira, les insultes de singes, la zoophilie. Mais tout ça est encore présent dans ma tête. Et je me disais, les jeunes, par exemple, qui ont
peur, qui se disent qu'à
ce moment-là, il y a eu cette humiliation. Et il choisit de parler de l'humiliation de ceux qui ont eu tout le droit de manifester et de dire complètement ce qu'il pensait, parfois avec des extrêmes.
Est-ce que c'est totalement faux ce
qu
'il
dit par rapport à ça,
ce ressenti de
la part de ces personnes ?
Et je me suis dit, mais est-ce qu'on vivait dans le même pays ? Est-ce qu'on regardait la même chose de ce qui se passait dans l'opinion et la pression, l'humiliation
? Vous êtes choqué ce matin par
les propos d'Emmanuel Macron ? Je trouve que ça va dans tous les sens et que quand c'est une élection présidentielle, il faut choisir ses mots, mesurer ce que l'on dit et surtout être dans une vérité de conviction et pas dans de la communication. J'ai l'impression qu'on est à essayer d'attraper tout. Le ni droite ni gauche, c'est peut-être ça. C'est l'invité politique de Public Sénat aujourd'hui, de Sud Radio, avec la presse quotidienne régionale, c'est David Assouline. Selon un sondage ce matin d'Odoxa, 38% des sympathisants de gauche préfèrent Emmanuel Macron à Benoît Hamon. Est-ce que le vrai candidat de la gauche, c'est Emmanuel Macron ?
Oh, moi je crois que je viens de vous répondre quand même.
On
ne peut pas en plus... Ça vous interpelle ou pas ce sondage ? Ah mais
moi j
'ai quand même constaté ce matin par un sondage qu'il y a des électeurs de gauche qui sont tentés et qu'il faut convaincre.
Mais ça va être aussi
la clarification qu'il va y avoir dans la campagne.
On a l'impression quand même...
Moi
je trouve très
intéressant ce qui s'est passé avec la candidature de Benoît Hamon. Voilà qu'au-delà de ce que l'on pouvait penser uniquement, un positionnement dans l'échiquier socialiste qui était critique vis-à-vis de certains aspects du quinquennat, gauche de la gauche, etc. Moi j'ai vu autre chose. J'ai vu une dynamique qui s'est créée parce qu'il a abordé des questions qui sont l'avenir, pas le passé et les bilans. Et l'avenir, la transformation du travail avec les nouvelles technologies...
La dynamique n'est pas du côté de Hamon pour l'instant dans les études d'opinion par exemple. Je ne crois pas
que vous pouvez dire ça parce que si vous... Ah oui, les dynamiques c'est d'où on vient, d'où on vient et où on va. Et si vous regardez, c'est les plus grosses progressions en un mois... Les notoriétés.
Dans tous les domaines, pas seulement de
notoriétés. Alors les intentions de vote, je constate que pendant la primaire, on donnait d'ailleurs les deux candidats qui ont été finalistes entre 7 et 5% et qu'aujourd'hui il
y
a une stabilisation autour de 15% de Benoît Hamon, ce
qui est un bon de près de 10%. Vous faites partie du staff de campagne. Donc vous êtes d'accord avec le
revenu universel ?
Vous
êtes d
'accord avec l'idée de la fin du travail qu'il existe aujourd'hui ? La taxation des robots
? La
légalisation du cannabis ? Vous êtes d'accord avec tout ça ? Je ne suis pas pour qu'on caricature. Il y a eu un débat
et des fois...
Alors je vais vous dire, des fois on force le trait dans les polémiques de campagne. J'ai entendu ce que dit Benoît Hamon et je trouve que sur 15 à 20 ans, il faut regarder cette option. y compris un rapport qui avait été remis à Barack Obama, le disait pour les Etats-Unis, il y a une telle transformation que peut-être que la création d'emplois qui existe encore, il y a encore
des
emplois détruits et il y a des emplois avec les nouvelles technologies qui nécessitent plus de qualifications, qui peuvent compenser. À terme, peut-être pas. Et que la croissance ne sera pas que cela, ce sera dans la valeur ajoutée du travail, dans la dignité au travail, dans les nouvelles solidarités sociales qu'il faudra créer parce que le travail change. Et lui, quand il en a parlé, indépendamment de est-ce qu'on est d'accord exactement avec telle ou telle mesure pour y faire face, les jeunes, notamment les jeunes actifs, ont considéré qu'on parlait vraiment de leur vie et de ce qu'ils vivent déjà aujourd'hui. et sur la préservation de la planète, l'alimentation, toutes ces choses-là qui
sont pour
tout le monde quelque chose d'important, pour tous ceux qui vivent maintenant et qui pensent
à leur enfant demain,
eh bien il a posé les questions qu'il fallait poser à la
société. David Assouline,
contact établi entre Hamon et Mélenchon. Mélenchon a envoyé une lettre à Benoît Hamon pour obtenir un certain nombre de garanties. Exemple, il demande, est-ce que les personnalités ministres sont les candidats de Benoît Hamon aux législatives ? Sous-entendu, Mélenchon ne veut pas
se retrouver à cautionner ses personnalités qui pour lui sont à l'origine de l'échec de la gauche. Vous lui répondez quoi ce matin
? Moi
je réponds qu'il faut absolument regarder l'enjeu. L'enjeu c'est que Marine Le Pen peut être demain la présidente de la France, ce qui serait une catastrophe pour notre pays, tant pour sa cohésion sociale,
sa cohésion
civile,
y
compris pour son dynamisme économique, et que par rapport à un tel enjeu,
il
faut arrêter de jouer à je voudrais la tête de ceci ou de cela, mais de savoir si sur le fond la gauche doit et peut se rassembler.
Et
je pense que déjà...
Quand vous lui dites, Jean-Luc,
rejoins-nous. Ce que je dis c'est qu'il y a Benoît Hamon qui montre qu'il est en dynamique, qu'il y a Yannick Jadot qui a reçu l'autorisation de ses adhérents de faire un accord, parce que c'est cela l'essentiel. Et je pense que quand la gauche commence à se regrouper, on ne vient pas uniquement à essayer de jouer la politique politicienne, à essayer de parler d'un tel ou d'un tel ou du passé, mais à voir si on a ensemble un projet possible
pour l'avenir. On
a envie de vous entendre également sur François Fillon. Il a dit qu'il allait s'en remettre au suffrage universel, quoi qu'il arrive. Cela veut dire que même mis en examen, il pourrait être candidat à l
'action
présidentielle. Vous appelez
cela comment, vous
?
Non, moi je pense qu'il assume, il assume. Il y a des faits qui sont sur la table,
il
y a la justice qui est sur l'affaire. Et moi je fais confiance en général sur toutes ces questions au processus judiciaire, parce que c'est le seul garant. Et puis ensuite, que lui décide d'aller au bout, c'est l'affaire de la droite, c'est son affaire. Hier, Benoît Hamon a dit que par rapport à cette défiance qui existait de plus en plus et qui rejaissait sur tous les politiques, et je le répète, le danger c'est Marine Le Pen qui profitera toujours de cela, même quand elle est impliquée elle-même dans telle ou telle affaire, parce que c'est elle qui soutient cette idée de tous pourris, etc.
La campagne est pourrie,
tiens.
Elle est pourrie la
campagne ? Je pense qu'elle est très très malsaine et que c'est bien d'aller sur le fond. Mais sur cette question,
il
y
a
une question de fond. Il faut donc, pour recréer la confiance, qu'il y ait plus d'éléments de transparence. Et Benoît Hamon hier a dit notamment, sur un enjeu essentiel de l'indépendance
du politique vis-à-vis des lobby, qu'il fallait
dévoiler, et lui il le faisait, les donateurs,
sur 2
500 euros pour les candidats à la provinciale,
que tous les candidats
fassent
pareil. Une
question qui vous intéresse, vous êtes toujours intéressé aux questions culturelles, le réalisateur Roman Polanski veut retourner aux Etats-Unis pour mettre fin à l'affaire de viol qui le concerne, d'une mineure, et qui le poursuit depuis 40 ans. Est-ce que vous le soutenez dans cette démarche ? Est-ce que vous êtes
derrière lui ?
Je n
'ai
pas à le soutenir.
Dans
l'idée de retourner aux Etats-Unis, d'aller faire un mande honorable, il souhaite ne pas être incarcéré s'il y va, est-ce que c'est une démarche que vous soutenez
? Je
pense que, si, il pense que c'est le bon chemin pour qu'il n'y ait plus de polémique et qu'il puisse, indépendamment de ce qui s'est passé 40 ans après, pouvoir être considéré comme un artiste comme les autres. Vous
avez vu la
polémique sur les Césars ? Oui,
justement, j'ai vu
ça. Et à partir du moment où il n'y a pas eu de décision du CISNI, de propos clairs sur cette question-là, de sa part devant la justice, il traînera les choses. Et je pense que c'est son... Merci David Assouline. Sa décision. D'avoir été l'invité de Territoire d'Info. On passe au débrief de vos propos dans un instant. Voilà, j'accueille Jérôme Cordelier, le rédacteur en chef des éditions locales du Point. Merci d'être avec nous. J'accueille Zoé Cadiot. Je la réaccueille parce que vous étiez tous les deux dans la première partie de cette matinale d'Info. Zoé Cadiot du Midi Libre et de l'Indépendant. Pour débriefer les propos de David Assouline.
On démarre tout de suite avec les clarifications qu'il demande, qu'il n'a cessé de demander à Emmanuel Macron, Jérôme Cordelier.
Oui,
il n'est pas le seul.
C
'est vrai qu'actuellement... Bon, j'ai retenu de David Assouline qui disait qu'Emmanuel Macron en substance était un candidat attrape tout. Bon, c'est vrai que là, ces derniers jours, il donne un peu ce sentiment-là de la colonisation, le mariage gay. Enfin, voilà. Et puis en plus, il se déjuge. Enfin voilà, c'est vrai qu'il y
a
un problème de clarification là, évidemment. On peut le suspecter quand même de faire un peu de clientélisme. Mais bon, en même temps, dans une campagne électorale, on ne peut pas accuser quelqu'un de faire du clientélisme. C
'est
vrai qu'il y
a
des autres. Tu l'accuses d'être un peu... Je n'accuse personne, moi.
Non, enfin, tu
soulignes le fait qu'il soit un peu un candidat attrape tout, mais il le revendique. C'est son ADN. Il dit qu'il est transpartisan. Donc, d'une certaine manière, on ne peut pas lui reprocher.
Ce n'est
pas la même chose. Transpartisan attrape tout, ce n
'est
pas la même chose.
Enfin,
il drague quand même un large public, on va dire. Et on l'a vu d'ailleurs avec les deux dernières polémiques sur la colonisation ou sur le mariage gay. D'ailleurs, je ne pense pas que ce soit une bavure comme on l'entend. Je pense qu'Emmanuel Macron, c'est exactement ce qu'il dit. Il faut quand même rappeler son parcours intellectuel. Il connaît très bien le poids des mots. Et je pense que ce qu'il a fait est complètement politique. Alors, justement, David Assouline a dit ce matin, la qualification de crime contre l'humanité, c'est le tribunal de Nuremberg qui l'a qualifié comme tel. Et que donc, aujourd'hui,
il
parlait lui plutôt d'une atteinte à l'humanité, David Assouline, en contestant au fond qu'Emmanuel Macron soit allé aussi loin. Alors justement, David Assouline disait que justement, il y avait cette référence à l'Holocauste d'une certaine manière. Mais il a aussi rappelé qu'il y avait eu le traité de Rome et qu'il y avait aussi une autre définition. Mais dans l'esprit des Français, qu'on le veuille ou pas, c'est quand même l'Holocauste, d'une certaine manière, quand on parle de crime contre l
'humanité. Donc, il a quand même joué la provocation. Mais comme il a joué la provocation avec l'histoire de la colonisation de
cette
séquence qui, en plus, a eu lieu en Algérie. Surtout, nous, dans nos régions où on a beaucoup d'anciens rapatriés, des pieds noirs, c'est quelque chose qui est assez épidermique. Il joue un peu avec le feu. Jérôme Cordelier, c'est parce qu'il parlait de ce qu'il croit être une clientèle électorale. Je trouve que ce n'est pas bien, dit David Assouline, à propos d'Emmanuel Macron et de ses propos. Non, enfin, bon, la polémique... D'abord, moi, je ne comprends pas pourquoi on réveille encore ces choses-là. Il y
a
quand même beaucoup de choses à parler actuellement sur l'état de la France, l'avenir de la France, le futur. Et puis, en plus, on a quand même
des
Français qui sont en pleine inquiétude, en pleine doute sur leur dirigeant politique actuellement. Donc, réveiller une polémique comme ça, je ne vois pas tellement, en fait, l'intérêt. Qui plus est en Algérie, c'est vrai, hors du territoire national. Voilà. Je pense que,
après, c'est une affaire d'histoire.
Ça
a été un
énorme débat ces deux derniers jours. Le
problème, c'est qu'on
reparle de lui, qu'en ce moment, Emmanuel Macron, il est quand même dans un espèce de faux plat, qu'on le veuille ou non. Oui,
mais je ne suis pas sûr que c'est une polémique qui est montée.
Et en ce moment, il a du
mal aussi à exister. Comme vous le disiez, son problème de rarquissé large, au fond. Il est là, le problème aussi. C'est ce qu'a dit David Assouline.
Mais comme l'ensemble de ses concurrents, tout le monde se rend compte qu'en fin de compte, l'affaire Penelope Guet, elle est en train de vampiriser complètement le débat public. Et on ne parle plus que de ça.
C
'est
ce qu
'a
dit Jean-Luc
Mélenchon également. Et ce qui est très
intéressant avec David Assouline, c'est qu'il a aussi un petit peu de replacer un peu le débat sur des choses plus politiques. On est revenu aussi sur la question, sur la mesure de Benoît Hamon sur les robots. Ce qui est intéressant aussi, c'est de voir qu'aujourd'hui, l'Europe se pose aussi la question. Donc que tout le monde traitait cette mesure un petit peu complètement en disant
que... Et sur
le financement de
ce que
propose Emmanuel Macron, sur lequel il était très critique.
Oui, mais en même temps, il est très critique. Mais c'est aussi la part d'Emmanuel Macron qui est un peu plus là, qui s'adresse un peu à l'électorat de droite, quand il reprend aussi les mêmes objectifs que
Benoît Hamon.
Non,
mais c'est vrai que le problème, Emmanuel
Macron patine un peu, là. Il faut quand même être clair. Il a besoin quand même d'obliger un programme, maintenant. Quand ?
Parce
qu'on ne peut pas tenir le... Quand même. On ne
peut
pas faire du stand-up. Quand même,
quand même. Revenons à Benoît Hamon, puisque
nous avons accueilli ce matin quelqu'un en charge de la riposte de sa campagne. David Assouline était en charge de la riposte de la campagne
de Benoît Hamon. On se demandait
avec Zoé ce que ça voulait dire « riposte de la campagne
». Est-ce que ça vient de guerrier ? Oui, ça vient de guerrier.
38% des sympathisants de gauche préfèrent Emmanuel Macron à Benoît Hamon. Je lui ai posé la question, d'ailleurs.
C
'était moi. Est-ce que le vrai candidat de gauche, c'était Emmanuel Macron
?
Évidemment, il n
'est
pas du tout d'accord avec ça. Et alors, qu
'est
-ce que vous voulez que je vous dise ?
Non, mais là, tu
es... Au fond, les Français ont fait leur choix. Enfin, en tout cas, ce sondage indique que les Français
ont déjà fait leur choix. Oui, mais il y a un autre candidat de gauche,
qui est Jean-Luc Mélenchon aussi.
Qui aimerait bien exister, d'ailleurs.
Mais ce qui est très marrant, c'est que dans les sondages que vous évoquez, justement...
Alors, c'est une photographie de l'instant. C'est à l'instant T.
Donc, on s'aperçoit, effectivement, qu'Emmanuel Macron a une couleur un peu de gauche. Mais il faut savoir que dans l'électorat de gauche, ça reste quand même Benoît Hamon leur candidat.
Et
d'ailleurs, il dépasse même Mélenchon. Enfin, il a plus... Un étiage de 15%, à peu
près.
C
'est ça.
Et ce qui est très marrant, c'est qu'il n'est pas très loin, finalement, de François Fillon, qui, lui, a une base solide de 17%. De point, c'est rien du tout. Et c'est là où est véritablement le danger. C'est que, contrairement à Emmanuel Macron, Fillon et Hamon ont une base solide. Alors, une dynamique du côté de Benoît Hamon, c'est ce qu'il a pointé, évidemment, David Assouline. C'est parce qu
'on
pointe sur le terrain. Et il dit, d'ailleurs, il faut regarder d'où on vient et où on va, il a dit, pour qualifier une dynamique. Non,
mais parce qu'il a fait un jeu
de mots entre notoriété
et
dynamique. Mais bon, sur le terrain, pour l'instant, les observateurs, on sent quand même que, là aussi, la campagne de Benoît Hamon, elle patine. Problème d'organisation, problème de relation, il n'arrive pas à rassembler la gauche comme il le veut. Il n'arrive même pas à rassembler le PS. Il a peu de têtes d'affiches du PS qui le soutiennent ouvertement. Donc, pour l'instant, il marque le pas. Donc, tu es en
train de nous dire qu'il nous
faudrait à Nicolas Sarkozy à gauche pour pouvoir, que Benoît Hamon
puisse relancer
sa campagne comme François Fillon ? Je n'irai pas sur de telles conjectures, parce que ça me paraît hasardeux.
Complètement,
mais c'est ce qui est très
marrant. Mais quels sont les
moyens qu'il a, Benoît Hamon, revenons à lui, puisqu'on a accueilli l'un de ses porte-parole ce matin, de dynamiser, redynamiser sa campagne ? Emmanuel Macron, il est revenu sur le devant de la scène cette semaine avec son voyage en Algérie. Mais qu
'est
-ce que peut faire concrètement Benoît Hamon ?
Benoît Hamon, déjà,
il essaie un peu de reprendre la main.
On
l'a vu hier avec notamment ses déclarations
sur la transparence. Il a publié son patrimoine. Il a demandé, justement, comme nous rappelait David Assouline, qu'il y ait une nouvelle transparence pour les candidats par rapport aux micro-parties, ce qui n
'est
pas inintéressant vu ce qui se passe aujourd'hui. Mais
c'est vrai que Benoît Hamon, il a un problème de popularité et même de visibilité. Mais tous les candidats, à vrai dire, c
'est
le pénible guette. Ce n'est pas tellement un problème de
popularité. À mon
avis, il a surtout un problème au sein de son camp. C'est-à-dire qu'il a un problème d'organisation, parce qu'il ne s'attendait pas quand même à être le porte-flambeau. Et ensuite, puisque vous dites qu'il faut qu'il revienne sur le fond. Il faut qu'il revienne tous sur le fond. C'est ça, le problème. C'est-à-dire que, bon, Emmanuel Macron, on ne comprend plus, on ne sait plus, il n
'y a
pas de programme. François Fillon, complètement plombé par l'affaire. Et Benoît Hamon, qui, pour l'instant, n'est pas encore redescendu de son nuage, parce qu'il se demande comment il a été fait roi. Donc, il est encore en train de se demander pourquoi il a
été élu.
Donc,
chacun a besoin de se clarifier et
revenir sur le fond, le débat d'idées. Mais bon, il faut espérer que ça va arriver, parce que c'est vrai que ça donne un climat, quand même, un peu... Qui profite
à Marine Le Pen, Zocadio.
Qui profite à Marine Le Pen, quoi, qu'aujourd'hui, elle est un peu en difficulté. Regardez par rapport à l'Europe et les
dernières révélations. Pas dans
la
photographie,
pas dans les sondages,
pas dans les
enquêtes d
'opinion.
Ce
qui
est très marrant, d'ailleurs, c'est que ce qu'on reproche à François Fillon par rapport aux emplois fictifs, c'est aussi rapproché à Marine Le Pen.
Qui
a été condamné. Qui a été condamné
pour ça. La grande différence,
c'est ça, quoi.
Et on a l'impression que ça n'apprime pas.
Il y
a
un phénomène, Marine Le Pen, dans les sondages et tout, alors qu'elle a été condamnée
pour les choses qu'on reproche à François Fillon. C'est énorme.
Rédacteur en chef des éditions locales du Point. Merci, Zoé Cadiot, du Midi Libre et
de l'Indépendant.
Les deux. On passe au zapping. Le premier zapping politique des matinales d'info qu'on regarde ensemble.
Dès qu'on parle de Fillon, tout le monde a envie de rigoler. Parce qu'on ne le voit pas donner la moindre leçon de morale à qui que ce soit. Il n
'est
plus crédible.
François Baroin est-il encore en situation de gagner la présidentielle et à quelles conditions ? François Fillon. Oui,
on
veut nous faire taire.
Eh
bien, moi, je vous le dis, je persiste et je signe. L'abaissement de la majorité pénale
à
16 ans, ça sert à quoi, François Fillon ? Alors, si vous pouvez m'appeler François Baroin, c'est bien aussi. Disons que j'en ai rêvé et que François Fillon
serait prêt à le faire. Eh bien, je ne peux forcément que m'en satisfaire.
François Fillon réoriente sa campagne. C'est comme ça que vous le percevez, que vous le comprenez,
François Baroin. On a l'impression qu'il ne... Baroin, pardon. C'est ce que vous lui avez imposé en échange du soutien des sarkozistes ? Vous, je truque. Alors, comment expliquer qu'il
y a
un mois, il est contre et qu'aujourd'hui, il est pour ?
S
'il faut faire quelque chose à 16 ans, oui, j'ai une proposition et je veux la refaire devant vous. C'est qu'on donne le droit de vote à 16 ans.
Pourquoi vous avez changé d'avis sur cette majorité pénale à 16 ans
? Le
parquet national financier qui décide de poursuivre dans l'affaire Fillon. Les magistrats n'envisagent pas de classer cette affaire sans suite. L'information qui n'aura pas de classement sans suite, évidemment, ça se traduit par qu'il y aura des poursuites. Sous quelle forme ? Citation directe, ouverture d'information, je ne sais pas. Personne ne sait si ça appartient au parquet de prendre cette décision. Mais toujours est-il que cette épée de Damoclès va rester toujours sur notre tête ?
Et alors que François Fillon dénonce l'attitude du parquet financier, le garde des Sceaux lui répond. Les
magistrats sont indépendants. Si au sommet de l'État il n'y a pas cette exemplarité, comment
donner
confiance
? Comment
appeler
à
l'effort
? Comment
donner
une
perspective à notre pays ? La colonisation fait partie de l'histoire française. C
'est un crime. C'est un crime contre l'humanité. C'est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses.
Emmanuel Macron n'a aucune colonne vertébrale. Il dit simplement ce que ceux qui l'écoutent veulent entendre.
Moi je n'utiliserais pas le terme de crime contre l'humanité parce que c'est une notion juridique très particulière et je pense qu'il faut utiliser les bons mots au bon endroit.
C
'est
des propos assez immatures. Je pense qu'il
y a
une supercherie Macron aujourd'hui et qu'elle se voit tous les jours. Mais comment voulez-vous faciliter l'assimilation de
jeunes issus de l'immigration quand vous leur dites que leur nouveau pays est coupable vis-à-vis de leurs parents et de leurs grands-parents de crimes contre l'humanité et
vous avez créé du ressentiment ?
Vous dites que c'est une faute grave
? C'est une
faute très grave. Je ne cèderai rien
à
tous les responsables politiques
qui
aujourd'hui cherchent à instrumentaliser notre histoire, à instrumentaliser mes propos
à
des fins clientélistes
ou
électoralistes. Voilà, fin de territoire d'info pour aujourd'hui. Demain matin, je vous accueillerai à 7h30 pour les meilleurs moments des interviews politiques de la semaine. Bon week-end à tous, à lundi. Au revoir. Politique matin, présenté par Brigitte Boucher, dans un instant.
Santé au quotidien. Demain, tous allergiques, vous êtes d'accord ?
Tous, je ne pense pas, mais plus qu'aujourd'hui, c'est quasiment
sûr. Recherche. Je peux retrouver des sensations plus humaines, comme par exemple la sensation de taper sur mon ordinateur.
Prévention. Je suis vraiment convaincue que le dépistage organisé sauve des vies et qu'il faut le faire. État de santé, présenté par Elisabeth Martichoux, aujourd'hui à
9h30.