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[Extraits 17/01/25 : Entretien Mediapart]

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Ils ont compris que la clé de tout, c'est de contrôler la société. C'est la force du collectif, l'idée que nous avons des États-Unis, ce pourquoi nous aimons et nous avons aimé les États-Unis, pourquoi nous avons lutté pour l'indépendance américaine. Et tout cela est bien loin.

Nous sommes là aujourd'hui pour cette Amérique-là, dans une bataille de la puissance. Et à l'opposé, nous avons un modèle chinois, qui lui est construit d'abord sur une leçon tirée de l'histoire. Chacun apprend de l'histoire, qui est d'abord fondée sur une nécessité du contrôle de la société. 1989, c'est une date qu'on a retenue à moitié.

La répression de Tiananmen, très violente. Oui, mais nous, on a retenu la chute du mur de Berlin. On a oublié Tiananmen.

Les Chinois, eux, n'ont pas oublié ce à quoi ils ont été confrontés, et pas plus qu'ils n'ont oublié la chute du mur de Berlin. Ils ont compris que la clé de tout, c'est de contrôler la société. C'est la force du collectif.

Et nous, qui sommes-nous dans tout ça ? Eh bien, nous, nous sommes les héritiers, les gardiens du droit, d'une certaine idée de coopération entre les hommes. Mais surtout, nous sommes les gardiens d'une idée de l'homme, dont la Révolution française s'est fait le promoteur, l'homme nu, l'homme dans son universalité, l'homme libre et égo en droit.

Et nous voyons bien que, face à nous, c'est une autre conception de l'homme. Aux États-Unis, c'est aujourd'hui l'individualisme roi. Ce n'est pas le citoyen, comme chez nous.

Et en Chine, et dans un certain nombre de pays autoritaires, c'est le collectif qui prime l'individu et le citoyen. Nous, nous mettons au cœur, le citoyen, la conscience du citoyen. C'est-à-dire que nous parlions sur l'éducation, sur la liberté.

Vous voyez bien que dans ce choc des mondes, inévitablement, il y a un formidable combat à mener.