Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRadio J — L'interview politique· 1 juillet 2026 15 min

Aurélien Pradié - L'interview politique du 01/07/26

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Olivier Pradier, vous êtes député de la première circonscription du Lot. On va bien sûr parler de politique, de la droite, de la gauche, de la présidentielle, mais d'abord un mot sur l'événement de la matinée, ou plutôt de la soirée. C'est la belle victoire des Bleus, qualifiée en huitième de finale de Coupe du Monde après une magnifique démonstration 3-0 contre la Suède. Toute la presse internationale s'est extasi. Vous êtes confiant pour l'équipe de France ? Vous avez regardé le match déjà ?

0:24
Aurélien Pradié

Je l'ai regardé sur la fin. J'étais dans un avion. Moi je suis dans une terre de rugby, donc on est beaucoup plus assidu au rugby qu'au football, mais c'est une très belle victoire. Ce qui est magnifique, c'est que de telles victoires sportives puissent commencer à embarquer un pays. Donc on leur souhaite évidemment bonne chance, parce qu'il en faut toujours un peu, et beaucoup de force pour la suite.

0:41
Présentateur

Vous pensez que ça peut mettre un peu de baume au cœur de notre pays, qui est quand même perclue de divisions, de fractures, de tensions ? On se souvient de 1998, on avait salué la victoire de la France Black-Blanc-Beurre, et puis quatre ans plus tard, Jean-Marie Le Pen était au deuxième tour de la présidentielle.

0:55
Aurélien Pradié

Oui, ça nous donnera évidemment du baume au cœur, mais enfin si tout ça pouvait nous faire oublier les drames qui traversent notre pays, ce serait un peu facile. Je ne pense pas qu'aujourd'hui notre pays ait besoin de baume, il y a besoin d'une solution.

1:06
Présentateur

Alors la solution, il y en aura peut-être à l'issue de l'élection présidentielle l'année prochaine. Les dates sont tombées, ce sera le 18 avril pour le premier tour, le 2 mai pour le deuxième, au lendemain de la fête du travail. Vous, Aurélien Prédit, vous avez été membre de l'UMP, puis des Républicains, vous avez même été secrétaire général et vice-président de LR, puis vous avez quitté le parti en juin 2024, quand le président de l'époque, Éric Ciotti, est parti pour chercher fortune électorale avec le Rassemblement national. Quel regard vous portez aujourd'hui sur votre ancienne famille politique ?

1:39
Aurélien Pradié

Ça reste ma famille politique, puisque c'est là où je me suis engagé depuis le début de mon engagement politique, il y a de nombreuses années maintenant. Mais je ne pense pas qu'il reste grand-chose de la droite républicaine, égauliste, dans l'organisation qui est aujourd'hui celle de LR. Et le drame de tout cela, c'est qu'on en vient parfois être très attaché au parti, aux structures presque fétichistes avec la boîte, sans être très attaché à ce qu'il y a à l'intérieur. Qu'est-ce qu'il en reste aujourd'hui, après l'épisode où Éric Ciotti est allé à l'opportunisme électoral facile, après qu'on ait gouverné avec Emmanuel Macron ?

Parce que, pardon, mais ça faisait aussi partie d'un de mes points de désaccord. Je n'ai pas totalement oublié qu'y compris le président des Républicains aujourd'hui, qui dit son anti-macronisme, a été ministre d'Emmanuel Macron, sans que ça ne lui pose aucun problème. Bref, vous voyez que tout ça, c'est une fin d'époque, en réalité. Et je n'ai aucune acrimonie à l'égard de cette famille politique, ça a été la mienne. Mais simplement, je pense que tout ça, ce sont des astres morts. Ça vaut pour le Parti Socialiste comme pour LR. Et ce n'est pas grave, parce qu'il faudra demain que notre parti gaulliste se reconstruise, comme ça a toujours été le cas par le passé.

Les partis meurent et d'autres renaissent.

2:47
Présentateur

Alors, ça veut dire que quand Bruno Retailleau, qui a tenu son premier meeting de campagne il y a quelques jours au Bois de Vincennes devant 6000 personnes, selon les organisateurs, explique, je cite, « 2027, c'est l'élection, la dernière chance, ce sera soit l'effondrement, soit le redressement, et qu'il promet de remettre la France à l'endroit, vous ne lui faites pas vraiment confiance, s'ils ont croit votre discours sur les astres morts. »

3:06
Aurélien Pradié

C'est très bien, tous ces mots-là, c'est formidable. « Mettre à l'endroit », « la tête à l'endroit », « renverser la table », enfin, tout ça, c'est formidable. Enfin, j'essaie juste de faire preuve d'un peu de clarté et de lucidité. Et pour le cas d'espèce que vous évoquez à l'instant, pardon, mais pendant de longs mois, LR, Bruno Retailleau, a siégé au Conseil des ministres entouré de ministres socialistes sans que ça ne lui pose aucun problème. Il a été ministre d'État d'Emmanuel Macron. Enfin, moi, je veux bien qu'on ait tous des mémoires de poisson rouge et qu'on prenne les Français légèrement pour des bonnets. Enfin, quand même, ce n'est pas totalement oublié.

On a tous les débats sur l'Algérie, y compris Bruno Retailleau, en a eu de nombreux. Mais Bruno Retailleau, il n'a pas quitté le gouvernement sur la question algérienne. Il a quitté le gouvernement sur la question de Bruno Le Maire. Parce qu'il n'arrivait pas à faire entrer certains de ses copains au gouvernement. Enfin, vous voyez, on est quand même très loin de l'antimacronisme dont on nous parle aujourd'hui. Mais je le redis, je pense que tout ça, c'est une fin d'époque. Et une fin d'époque, c'est jamais très glorieux. Voilà, ça finit, ça meurt petit à petit.

Et donc, si vous voulez que je réponde pleinement à votre question, en ce moment, je vois bien, vous savez, c'est comme quand le Titanic sombrait. Il fallait que l'orchestre joue fort. Et donc, en ce moment, les orchestres jouent très fort. On a des grands concerts, de meetings. Alors, c'est 2000, 3000, 6000. Et c'est celui qui va faire pipi le plus loin. Vous voyez, l'expression qu'on emploie parfois. Mais franchement, ça ne casse pas trois pattes à un canard.

4:25
Présentateur

Ça veut dire qu'aucun candidat ne trouve à ce stade, ou aucune candidate ne trouve à ce stade grâce à vos yeux ?

4:30
Aurélien Pradié

Ce n'est pas une question de grâce, c'est une question de lucidité. Franchement, quelles que soient les idées politiques que l'on ait, vous voyez un seul candidat aujourd'hui qui soit à la hauteur de la situation. Et vous voulez qu'on s'habitue à ça ? Le grand danger des fins d'époque et des démocraties fatiguées, c'est l'habitude. C'est qu'on s'endort, on roupille. Puis petit à petit, on finit par se dire, bon, ce n'est pas si grave. Au fond, tout ça est médiocre. Mais dans la médiocrité, on va peut-être trouver un truc intéressant. Un peu moins médiocre que les autres ? Oui, je ne me suis pas engagé pour mon pays pour choisir ce qui est un peu moins médiocre.

Je me suis engagé, même si ça vous paraît un peu curieux, pour choisir quelque chose qui soit grand pour mon pays.

5:05
Présentateur

Alors, vous êtes plutôt pessimiste dans votre pronostic. Il y a beaucoup de Français également qui le sont et qui redoutent. Au second tour, Jean-Luc Mélenchon, Jordan Bernal ou Jean-Luc Mélenchon Marine Le Pen. Je rappelle que le 7 juillet, c'est-à-dire mardi, on aura le jugement de la Cour d'appel dans l'affaire des assistants parlementaires qui dira si oui ou non Marine Le Pen peut se présenter. Est-ce qu'un second tour Mélenchon-Rennes, c'est possible ? Et qu'est-ce que ça dirait finalement de l'état de notre démocratie ?

5:33
Aurélien Pradié

D'abord, je veux vous corriger ce que j'ai dit, si vous l'avez compris comme ça. Je ne suis pas pessimiste. Au contraire, je suis optimiste. Si j'étais pessimiste, je me contenterais de ce que nous avons sous les yeux. Et c'est justement parce que je suis optimiste que je dis qu'il faut que tout ça meure une bonne fois pour toutes et qu'on puisse passer à autre chose.

5:47
Présentateur

Tout ça meure, ça veut dire quoi ? Une victoire du RN ?

5:49
Aurélien Pradié

Bien sûr que non. Je ne souhaite évidemment pas que le bouleversement soit au moment de la présidentielle. Moi, je pense qu'à la fin de l'année, il y aura d'autres offres politiques sur la table. Que là, aujourd'hui, ce sont les premières parties des premières parties. Vous savez, c'est ce qu'on supporte lors des concerts, qui ne paraît pas génial. Mais enfin, on le supporte quand même en attendant que la scène se mette en place. Et donc, je pense qu'à la fin de l'année, il y a d'autres offres politiques. Ne me demandez pas lesquelles, je n'en sais rien. C'est dommage, c'était ma prochaine question. C'est le propre aussi de ces fins d'époque.

Vous savez, quand les époques s'effondrent, on ne sait jamais exactement celles qui arrivent derrière. Je ne crois pas une seule seconde que tout ça soit l'horizon. Donc ça, c'est mon optimisme. Pour répondre à votre question, sur le deuxième tour hypothétique, Le Pen-Mélenchon, c'est évidemment une hypothèse. Évidemment. La question, c'est de savoir ce que l'on est capable de faire pour l'empêcher. Et je veux de toutes mes forces pouvoir l'empêcher.

6:36
Présentateur

Alors, vous pouvez évoquer un candidat qui surgirait. L'année dernière, vous aviez débattu avec Dominique de Villepin sur le thème de la dignité. Je le sais, j'étais présent. Est-ce que ça peut être un bon candidat pour la droite ou même au-delà, Dominique de Villepin ?

6:50
Aurélien Pradié

J'avais débattu avec Dominique de Villepin. J'avais aussi débattu avec bien d'autres personnalités politiques et hors politiques. Et vous étiez là pour nous animer.

6:59
Présentateur

Mais c'était le seul candidat potentiel.

7:01
Aurélien Pradié

Oui, non, il y en avait d'autres potentiellement. Enfin, en tous les cas, je n'ai pas de candidat à ce jour. Et je pense qu'aucun de ceux qui a quelques qualités ne pourra faire les choses seul. Moi, ce à quoi je crois, c'est à une bande. Je pense que des grands moments historiques comme ceux-là n'ont jamais pu être relevés sans qu'il y ait un groupe qui s'organise. Alors, ça paraît bizarre parce qu'on a l'obsession de la personnalité qui va sauver le machin.

Mais je pense vraiment que comme à la fin de la Quatrième République, comme à l'après-guerre, dans des situations qui ne sont pas similaires mais qui sont des étapes de reconstruction, on a besoin d'un groupe, d'une bande un peu pirate qui soit capable de sortir du lot. Et donc, ni Dominique de Villepin, ni aucun autre n'a aujourd'hui la solution à lui seul. Ce qu'il faudra, ce sont des personnalités un peu difficiles à classer sûrement, un peu originales, qui soient capables d'allier leur force.

7:53
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas ce que proposait en 2017 Emmanuel Macron ? Le dépassement des clivages, le nid droite-lid gauche, des personnalités nouvelles ?

8:00
Aurélien Pradié

Vous savez, moi, j'ai toujours été un opposant à Emmanuel Macron depuis le premier jour. La différence d'autres, je ne suis pas allé lui servir la soupe au gouvernement. Mais je ne peux pas retirer à Emmanuel Macron qu'en 2017, il portait une espérance. Je n'ai pas partagé cette espérance, je n'y croyais pas. Mais il portait une espérance qui était effectivement l'espérance d'une coalition de volontaires. Sauf que le drame, c'est ce qu'il en a fait. Il a absolument gâché par des bidouillages politiques, par méconnaissances profondes du pays, par orgueil, ce qui pouvait être une belle promesse à l'époque. Je pense qu'aujourd'hui, cette promesse-là, elle peut prendre beaucoup plus de sens.

Le problème, ce n'est pas ce qu'Emmanuel Macron avait en tête. Le problème, c'est le gâchis qu'il en a fait.

8:40
Présentateur

Alors, coalition, disiez-vous, ce n'est pas vraiment notre culture. Est-ce que la proportionnelle aux législatifs pourrait constituer une solution, dans le sens où elle pourrait nous permettre de nous convertir à cette culture de coalition que beaucoup de nos voisins pratiquent, mais pas nous ?

8:54
Aurélien Pradié

Non, je vous ai parlé de coalition de volontaires, pas de coalition de boutiques politiques. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Je tiendrai de vous dire tout à l'heure que tous ces astres morts qui s'agitent dans leur bocal ne pouvaient pas reconstruire le pays. La proportionnelle, c'est leur donner les clés du camion. La proportionnelle, ça ne va pas permettre une meilleure représentation démocratique. Ça va permettre aux partis politiques de continuer à discuter dans les couloirs. Je vous prends quelques cas d'école, mais lorsque vous êtes élu à la proportionnelle, vous êtes élu sur des listes. Ça paraît très technique, tout ça.

Et pour être sur la liste, il faut être dans les bons petits papiers du petit parti. Donc, vous allez avoir des dizaines et des dizaines de partis qui vont organiser leur candidature, leur liste, et puis certains vont avoir quelques candidats ici ou là. C'est la quatrième république. C'est le pire de ce qu'on peut connaître dans une démocratie.

9:40
Présentateur

Justement, vous êtes gaulliste. Est-ce que cette cinquième république ne commence pas à ressembler à la quatrième, à ce régime des partis, entre guillemets, que fustigé ? Le général de Gaulle.

9:47
Aurélien Pradié

Vous avez tout à fait raison. Je pense qu'il ne reste de la cinquième république aujourd'hui que le nom et un bout de constitution. Mais la cinquième république n'a toujours été forte que lorsqu'elle était dirigée par des femmes et des hommes qui respectaient l'esprit de la cinquième république. Aujourd'hui, tout pue la quatrième république. Tout pue le bidouillage politique, l'enfumage, l'escroquerie généralisée. Enfin, pardon, mais l'escroquerie politique, je veux dire. Vous vous rendez compte, je regardais ça il y a quelques jours. L'essentiel des mesures fiscales qui ont été dilées. Je dis dilées parce que c'est vraiment ça.

Avec le parti socialiste pour sauver le gouvernement lors du dernier budget. L'essentiel de ces mesures fiscales, on est en train de découvrir aujourd'hui qu'elles n'ont quasiment rien rapporté de ce qu'elles devaient rapporter. Tout le monde le savait. Et tout le monde a pris les français pour des jambons. On a fait semblant de négocier des bouts de machins. Tout ça avec quel objectif ? Sauver le gouvernement. Sauver le gouvernement. Faire en sorte que ça tienne encore un peu. Sauf que plus on joue cette durée, plus on fait traîner la fin d'époque, plus on fait monter les extrêmes.

10:46
Présentateur

Donc pour vous, ce n'est pas simplement une crise politique, même longue, même durable, c'est une crise de régime ?

10:52
Aurélien Pradié

Oui, les deux. Mais les deux d'ailleurs se nourrissent. Il n'y a pas de crise politique profonde sans qu'il y ait aussi une crise de régime. Et je pense que nous avons un vrai sujet sur le rapport à la constitution de la Ve République. Mais là aussi, disons les choses clairement. Être gaulliste, ce n'est pas être fétichiste, ni pour les partis politiques, ni pour la constitution. Il faut la toucher d'une main tremblante, la constitution en effet. Mais le général de Gaulle lui-même a toujours cherché à adapter la constitution, à la rénover. Je n'ai pas besoin de vous rappeler le référendum qu'il avait souhaité lui-même, qu'il a fait sortir de l'engagement politique à ce moment-là.

C'était contraire à l'esprit de la Ve République.

11:27
Présentateur

Mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? C'est-à-dire qu'il faut en finir avec cette Ve République ? Il faut changer sa constitution ? Il faut passer à la sixième ?

11:34
Aurélien Pradié

Je pense qu'on a un sujet institutionnel fort. On a une question sur le lien qu'il y a entre l'élection législative et l'élection présidentielle. Si on veut demain une vraie démocratie parlementaire, il faut dissocier les deux mandats. C'est-à-dire qu'il ne faut pas élire les députés juste après l'élection du président de la République. Moi, je suis assez favorable à ce que le président de la République soit élu pour cinq ans, mais que les députés le soient pour une durée plus longue, ce qui permet d'inverser le rapport de force. Et je pense que nous avons un vrai sujet, y compris sur le rapport au référendum et sur l'organisation démocratique de notre pays.

Donc oui, ça passera par une réforme de la Constitution. Mais tout ça, vous ne pouvez le faire que si vous avez les idées claires, y compris politiquement. Si vous rentrez demain dans une espèce de marchandage entre Olivier Faure, Bruno Retailleau, et puis je ne sais qui, quel autre gestionnaire de petite épicerie, vous n'arriverez jamais à réformer ce pays. Vous vous rendez compte ? Je regardais ça hier, mais ça peut vous paraître fou, et vous allez vous dire que tout m'indigne. Mais je pense qu'il faut lutter contre la capacité que nous avons à nous habituer aux choses.

J'ai écouté il y a deux, trois jours, le ministre du Travail, qui a été patron d'une grande entreprise française, il est ministre du Travail de la 7e puissance mondiale. Il était lors d'une interview... Jean-Pierre Ferrandou, pour ne pas le citer. Il était dans un expliqué lors d'une interview ce qu'il était capable de tolérer en termes de tenue vestimentaire pour les travailleurs. Et il avait tout un développement sur les bernudas bien taillés, ajustés au mocassin, et de savoir s'il trouvait que le polo était mieux que le t-shirt. Mais on est chez les... Pardon, mais on est chez les foiliers. On est chez les foiliers.

Et vous voulez que je m'habitue à entendre le ministre du Travail de la 7e puissance mondiale, le matin lors d'une interview, m'expliquer quelle doit être la longueur de mon bernudas ? Pardon, et s'habituer à ça, c'est ahurissant. Je n'ai aucune intention de m'y habituer.

13:18
Présentateur

Un mot sur les suites du choc, du traumatisme créé dans l'opinion par l'affaire Liana. Il y a l'affaire elle-même, il y a les dysfonctionnements de la justice, il y a les réactions du gouvernement après. Vous aviez été l'auteur d'une loi sur les violences familiales qui avait été adoptée, c'était en 2024, si ma mémoire...

13:33
Aurélien Pradié

En 2022 et en 2019.

13:35
Présentateur

En 2019, pardon. Qu'est-ce que ça vous inspire, vous, la façon dont la justice a dysfonctionné et la façon dont le gouvernement a géré ce dysfonctionnement ?

13:43
Aurélien Pradié

Il y a une thèse à laquelle je n'adhère pas, c'est la thèse des erreurs individuelles. C'est trop facile. C'est trop simple d'aller chercher ici ou là quelques boucs émissaires, de faire tomber trois têtes et de se dire que le problème est réglé. D'abord, nous avons un problème de fond majeur qui est la manière dont nos sociétés, aujourd'hui, sont devenues des sociétés de prédation, notamment de nos enfants. Et ça, c'est un drame. Les affaires explosent et c'est pas rien. Puis la deuxième chose, c'est l'indifférence. Vous le disiez tout à l'heure, j'ai porté deux lois, une qui a été adoptée en 2019 et une en 2022 qui crée une juridiction spécialisée. Rien n'a avancé depuis.

Elle a été votée en première lecture, ça n'est pas allé au Sénat. Donc il y a une forme de lâcheté sur ce sujet, alors que c'est un des sujets les plus importants. Que faisons-nous pour protéger nos enfants dans des sociétés où tout se consomme, y compris parfois nos enfants ?

14:33
Présentateur

Merci Aurélien Pradié pour cette interview sans concession. Et à bientôt sur Radio-J. Merci beaucoup David. Votre invité demain sera Bruno Milian, ancien conseiller de François Bayrou à Matignon, ancien député des Yvelines.